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Première sortie avec le Leica M6

Après le Leica IIIf, le M3, le M5, que je vous ai déjà présentés, voici le Leica M6.

Pour la petite histoire, cet appareil est sorti en 1984 (1984 – 1999), soit neuf ans après le M5 (1973).

Comme son grand frère, il est muni d’une cellule, non plus montée sur un bras articulé, qui s’estompe au moment du déclenchement, mais la photodiode au silicium est placée en haut de la chambre et est orientée vers une pastille blanche, peinte à même le rideau. Il s’agit d’une mesure sélective, très précise.

Alors que sur le M5 le réglage de l’exposition se donnait en faisant coïncider deux lignes (une horizontale et une oblique), il y a ici deux diodes sous forme de triangles, qui s’allument pour signaler une sous exposition, une surexposition ou une exposition juste (les 2 s’illuminent).

Par contre, sur le M5, la vitesse choisie apparaissait dans le viseur, lors du réglage, ce qui n’est plus le cas avec le M6. Et, autre petit avantage au M5, il était possible de régler la molette des vitesses du bout de l’index, sans quitter le viseur de l’œil.

Mais la grande différence entre ces 2 appareils, c’est la taille. Si, à l’époque, les aficionados de la marque ont boudé le M5, c’est parce qu’il était près d’un centimètre plus long et plus haut qu’un M3, ce qui paraissait énorme à leurs yeux. Tandis que le M6 gardait la même taille que l’étalon M3.

Hé oui, en 10 ans, l’électronique avait déjà fait d’énormes progrès au niveau de la miniaturisation des composants, ce qui permit donc au M6 de rester dans la « bonne » taille.

Autre petite particularité, dans la lignée Leica, le M6 vient après le … M4-2 et le M4-P, dont il a gardé la ligne, comme je l’écrivais, héritée du M3, mais avec la manivelle de rembobinage curieusement en oblique (alors que sur le M5 elle est sous la semelle, invisible).

Toutes ces précisions étant posées, quelles sont mes impressions ?

C’est un appareil agréable, tout à fait dans la tradition, y compris celle – toujours controversée – du chargement par la semelle, avec un dos qui s’ouvre pour vérifier le bon positionnement de la pellicule dont il faut glisser l’amorce dans une espèce de « tulipe » qui sert de bobine réceptrice.

Je veux bien admettre que je ne suis sans doute pas doué pour installer le film dans l’appareil mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pour mémoire, depuis 1958, un Canon P (p. ex.) était muni d’un dos à charnière, bien plus pratique pour le chargement.

Autre grand avantage, la clarté du viseur, qui contient les cadres du 35mm au 135 mm (affichage par paires). La cellule ne s’anime qu’après avoir armé l’appareil, et s’éteint une fois le cliché pris afin d’économiser la pile (comme sur le M5 au demeurant). Si l’idée est bonne, parfois c’est frustrant car j’ai envie de préparer mon cliché et je dois armer pour bénéficier de la cellule, alors que je ne prendrai peut-être pas la photo de suite (idem pour le M5). Mais bon, celle-ci ne consomme pas excessivement.

Il est très silencieux, dans la tradition. Stable en main même s’il n’est pas léger (620gr tout nu), il est aisément transportable. Comme souvent, j’ai accroché les « pastilles » Peak Design et je l’amarre à la sangle de poignet (Cluff) bien pratique. Et il se glisse dans soucis dans le Sling 5l de la même marque.

Comme ce dimanche, je partais à la découverte du nouveau (et j’espère très temporaire) visage des marchés, j’avais pris le M6 avec l’Eos 50M. Désolé, mais pour pouvoir vous mettre quelques photos rapidement, il me fallait bien passer par le numérique. Le film (36 pauses) étant presque terminé, je n’en verrai le résultat que d’ici 2 semaines.

J’ai équipé le M6 d’un objectif russe, le Jupiter 12, qui est un 35mm ouvrant à f1:2,8 dont la particularité est d’avoir un verre arrière qui s’enfonce assez profondément dans le boitier (voir l’article « Petit comparatif (très subjectif) de télémétriques argentiques »). Son gros avantage est sa compacité, et son ouverture favorable. Par contre, il n’est pas aussi aisé à manipuler que le Voigtländer Ultron que j’ai monté sur le M5. Nous verrons le résultat bientôt donc.

Ah oui, le mien a une petite particularité : lorsque je l’ai acheté, il était affublé d’un Winder, sans doute pratique mais qui lui donnait une carrure d’armoire normande. Lorsque j’ai ôté ce Winder (quasi neuf), je me suis aperçu qu’il allait me falloir une semelle. J’en ai finalement trouvée une, venant d’Espagne, mais elle est chromée. Ce qui donne un petit côté hybride à l’appareil, assez amusant.

Dans la gamme Leica M6 il y a d’ailleurs eu un M6 dit « panda » : des appareils chromés ont reçu – allez savoir pourquoi – des pièces noires (levier d’armement, manivelle de rembobinage, sélecteur de champs, barillet des temps de pause). Somme toute, le mien reste dans une certaine tradition avec sa semelle chromée.

En résumé (provisoire sans doute), il est très agréable à manipuler mais il me reste toujours le doute de savoir s’il est vraiment très supérieur au M5, hormis les modifications cosmétiques. J’attends de voir les pellicules des deux appareils pour comparer.

Comme d’habitude, les liens utiles pour aller plus loin : http://www.summilux.net/materiel/Leica-M6 et http://www.summilux.net/materiel/Leica-M5

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