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Le Canon AF 35 MII

Hé oui, encore un point and shoot de légende.

Si je ne le mets pas dans les concurrents directs de l’Olympus Mju, c’est pour deux raisons : d’abord sa taille. Il est plus proche d’un Canonet 28 en gabarit, même si lui est en plastique.

Ensuite, son âge. Le premier Canon AF 35 M est sorti en 1979 et son successeur, le MII qui nous occupe, en 1983.

Le Canon AF 35 M et son successeur ont été produit à quelques millions d’exemplaires, ils ne sont donc pas forcément rares, quoiqu’en trouver en excellent état ne soit pas toujours facile, car ils ont travaillé ces appareils !

Le Canon AF 35 M premier du nom

Ceci étant, il est le second appareil au monde à proposer une mise au point autofocus, le premier étant le Konica C 35 AF, (que je vous présenterai plus tard) en 1978.

Le système de mise au point automatique de l’appareil n’est ni la détection de contraste utilisée dans les appareils photo numériques actuels, ni la détection de phase utilisée dans les reflex numériques. Il utilise plutôt la triangulation du faisceau actif dans le proche infrarouge. Ce système n’offre pas de mise au point automatique multipoint ni de détection des visages, mais il permet à l’appareil photo de faire la mise au point dans l’obscurité totale !

Le système d’auto-exposition utilise une photorésistance CdS, et c’est l’un des meilleurs systèmes de mesure que l’on puisse trouver dans un compact d’époque. Même dans les situations les plus difficiles, comme la prise de vue de nuit et la prise de vue dans la neige claire, les sous-expositions et les surexpositions sont très rares.

Autre innovation, il est un des premiers appareils à proposer un objectif sans bouchon. En effet, un astucieux système d’ailettes servent à cacher la lentille et, lorsqu’elles sont fermées, empêche le déclenchement de l’obturateur.

Et encore, enroulement automatique du film (système QL simplifié) avec armement et avancement automatique du film. Bref, du costaud pour l’époque !

Puisque j’évoque l’objectif, il s’agit ici d’un 38mm ouvrant à f1:2,8 en 4 éléments et 4 groupes. La distance de mise au point minimale est de 90 cm.

Il fonctionne avec 2 piles AA, qui assurent environ 50 films de 36 vues. Pas mal au niveau autonomie, et pas ruineux ! Et, à la fin du film, l’alimentation de l’appareil se coupe, pour économiser encore un peu les piles. Il se remettra en route lorsque vous le chargerez de nouveau d’une pellicule.

Tout n’est pas parfait dans ce Canon AF 35 MII. Par exemple son viseur, s’il est relativement clair ne donne pas pléthore d’informations : le cadre collimaté pour viser avec correction de la parallaxe pour les prises de vue à distance réduite, et un témoin d ‘indication de mise au point … qui se fait au moment du déclenchement complet, après la prise de vue. Pas très logique.

Pourtant Canon a prévu une parade : un petit levier de pré-focus, qui permet de faire la mise au point où l’on veut (comme l’appareil photo utilise un point central dans le viseur pour la mise au point, c’est ce qui se trouve au milieu du cadre au moment du déclenchement qui sera mis au point). En utilisant l’autofocus… je veux dire le « levier de pré-focus », il est possible de faire la mise au point de manière sélective, de recomposer et d’appuyer à nouveau sur le déclencheur pour prendre la photo. Bien sûr, nous sommes loin de la facilité de presser à mi-course un déclencheur, comme c’est le cas aujourd’hui.

L’appareil accepte des films de 50 à 1000 Iso/asa, ce qui est intéressant si l’on doit travailler en basse lumière.

Le Canon est équipé d’un flash, que le photographe doit déployer si besoin, ou lorsque la cellule détecte un manque de lumière, qui est signalé dans le viseur par une diode rouge. Personnellement, j’aime toujours mieux ce système qui évite des coups de flashs intempestifs.

Certains modèles, comme le mien, ont été équipé qu’un dos dateur (prévoir une pile 2025) qui offre une petite particularité : impossible d’encoder l’année 2020, le système revient à 1980 dès que l’on dépasse 2019 ! Si les ingénieurs de Canon avaient prévu large, c’est encore trop court car leurs appareils fonctionnent toujours en 2020.

Enfin, pour la photo de rue, il faut – peut-être – un peu ruser : son moteur est assez bruyant, sauf si vous gardez le doigt sur le déclencheur car ce n’est qu’au moment où vous le relâchez que le moteur se met en route. Juste une petite astuce à avoir en tête pour ne pas (trop) se faire remarquer, le cas échéant, qui vous permet de vous éloigner discrètement après la prise de vue.

Ne comptez pas trop le mettre en poche, il fait son poids. L’idéal étant de le trouver avec sa sangle d’origine et sa pochette, que l’on peut porter autour du cou ou à la ceinture d’un pantalon. Pour le mien, il manque la lanière mais j’ai la pochette d’origine.

Reste que c’est un appareil agréable à tenir en mains, l’ergonomie étant soignée (petite poignée à l’avant). On aime ou pas son look très typé années ’80, mais ça lui donne un certain charme.

C’est un appareil qui se négocie aux alentours des 100€ avec sa pochette.

Encore une petite video d’illustration

Je vous ai trouvé un mode d’emploi (en anglais mais très compréhensible) : https://www.cameramanuals.org/canon_pdf/canon_af_35m_ii.pdf

Bien évidemment, les sites de référence : https://mycameracabinet.wordpress.com/2011/02/10/canon-af35m-ii/ et https://www.35mmc.com/07/03/2019/canon-sureshot-or-autoboy-af35m-ii-review/ en anglais

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