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Quel avenir pour la photographie ? Seconde partie : les compacts

Au début, il y avait les chambres, lourdes, encombrantes, malcommodes à manipuler hors studio.

Des inventeurs géniaux ont imaginé mille solutions pour réduire ces appareils et on a vu apparaître des box, des folding, des chambres de petits formats …. et puis un ingénieur photographe et en mauvaise santé a modifié la position du film des caméras de l’époque pour créer le format que nous connaissons aujourd’hui, le 24x36mm.

Ce format a mis du temps à s’imposer; il a longtemps côtoyé des formats plus grands, qui rendaient d’autres services, comme le tirage direct par contact des 9×12, 9×9, 6×9, 6×6, etc.

Puis, démocratisation de la pratique photographique aidant, les appareils se sont allégés et l’utilisation du format 135mm s’est peu à peu répandu pour le plus grand nombre, les professionnels gardant des formats spécifiques à leurs besoins.

Les premiers compacts sont apparus : les Leica et leurs inspirations ou copies, qui étaient des télémétriques. Une idée géniale, il faut le reconnaître : une fenêtre pour viser, des réglages des vitesses, un réglage de la distance qui influait sur le vision et permettait des corrections directement.

Jusqu’aux années du renouveau, après la seconde guerre mondiale, ce type d’appareil était comme la norme. Mais les Japonais ont investi, massivement, le secteur et ils ont introduit des idées nouvelles avec des appareils télémétriques encore plus simples car l’optique était fixe, les mécanismes de réglages pouvaient devenir automatique grâce à des cellules intégrées et fiables.

Puis ils ont perfectionné des idées venues d’ailleurs, comme le reflex, où ils ont assis leur suprématie.

Mais revenons aux compacts. Leur définition est : des appareils de petite taille et léger, le plus souvent avec des optiques fixes et automatisés.

Pour les plus jeunes, cette définition s’applique aux minuscules appareils numériques que nous trouvons dans tous tiroirs qui se respectent.

Pour les autres, ce sont des appareils qui ont introduit l’autofocus (sur le site, vous trouverez la description de quelques uns de ces pionniers), la lecture automatisée de la sensibilité des films, le chargement automatique des bobines, le réarmement automatique, les zooms électriques couplés au viseur, par exemple.

Ces appareils rivalisaient d’ingéniosité pour être toujours plus compacts et plus performants, le summum étant atteint par l’utilisation d’un film aujourd’hui quasi introuvable, le format APS.

Et quand le numérique est apparu, cette miniaturisation s’est accélérée en proposant des appareils ultra fins, avec un écran de dimension acceptable et les sophistications que permettent l’électronique.

Le grand perdant de cette évolution fut le viseur. Si certaines marques (Canon, Nikon) ont gardé cette accessoire plus qu’utile, il a peu à peu complétement disparu : les utilisateurs se sont habitués à viser … au pif !

Parce que viser sur un écran en plein soleil est quasi mission impossible et donc la plupart des photos sont faites « au jugé » mais en pestant contre cet écran devenu noir à cause des reflets.

Il a fallu attendre la renaissance d’appareils dits « experts » pour retrouver des viseurs plus ou moins acceptables, qui venaient plus en fait en dépannage des écrans qu’en tant que viseurs à part entière (les G de la série Powershot de Canon, par exemple).

Et puis, le « neo-retro » est arrivé, avec Fuji en tête, qui a relancé la mode du télémétrique, avec un vrai viseur, de vrais réglages presque comme sur les reflex (vitesses, correction d’exposition, etc.).

Mais, les ingénieurs se sont-ils sentis frustrés, qu’ils ont réintroduit de l’électronique dans ces viseurs et ensuite, ils les ont substitués à des écrans de TV glissés dans les mêmes trous de souris que celui des viseurs d’antan …

La boucle est bouclée, l’hybride a repris le dessus !

Mais tous les ingénieurs du monde, penchés sur leurs planches à concevoir n’ont pas vu que dehors, un autre appareil était en pleine évolution : ce qui était un téléphone est devenu un « smartphone », un téléphone intelligent, au sens où il pouvait presque tout faire et même prendre des photos !

Et donc, d’autres ingénieurs se sont penchés sur leurs planches et ont réussi à faire croire au commun des mortels que ces smartphones étaient aussi de super appareils photos, et à grands renforts de pub ultra léchées, ils en arriveraient presque à vous faire avaler tous leurs trucages pour de vraies photos.

Soyons de bon compte : il est vrai que la plupart d’entre nous ont toujours leur téléphone sur eux et qu’il est donc facile de le sortir pour immortaliser un moment. Quelques photographes de rue en usent et en abusent. Pourquoi pas ?

Mais est-il réellement plus difficile d’avoir toujours sur soi un « vrai » appareil photo, fut il un compact imparfait mais avec au moins un capteur digne de ce nom ?

Voilà de quoi vous donner une idée de la taille des différents capteurs. Vous noterez que celui des smartphone se réduit à partie congrue.

Si la publicité peut faire des miracles, les réalités de la physique font que ces « micro » capteurs ne pourront jamais reproduire la qualité de ceux qui sont plus grands qu’eux.

Cette impression de qualité n’est valable que sur une dalle, elle aussi relativement petite mais optimisée pour le rendu des couleurs et la « sensation » que cette image est le reflet de la réalité.

Mais le chant des sirènes frappe encore et toujours, au détriment des vrais appareils photos. Toute les grandes marques sont en difficultés dans le secteur des compacts, dont l’offre diminue drastiquement. Est-ce pour cela qu’ils compensent avec des prix toujours plus élevés dans leur offre reflex ?

Honnêtement, rien ne m’énerve plus que ces gens qui brandissent à bout de bras leur … tablette pour photographier tout et (surtout ?) n’importe quoi.

Un petit compact de qualité aurait pris moins de place et fait de bien meilleures photos.

Prenons l’exemple d’un Sony RX : vous le glissez dans toutes les poches mais il vous offre un vrai viseur et de vraies qualités photographiques. Avec lui, c’est vous qui décidez des réglages à appliquer à votre photo, pas des algorithmes obscurs qui triturent la réalité pour vous donner à croire que c’est ça que vous avez vu.

Regardez, par exemple, dans l’offre des appareils de seconde main pour vous offrir un compact digne de ce nom et vous serez surpris de pouvoir faire, de nouveau, de bonnes photos, que vous aurez pensées, composées et prises au moment le plus opportun.

Mais il est vrai qu’exhiber un appareil photo demande un peu de courage, mais je suis certain que vous n’en manquez pas.

Et si d’aventure une certaine timidité vous retenait encore, regardez sur la Grande Toile, vous trouverez des ateliers qui vous aideront à la vaincre et à vous faire plaisir.

Non, le compact de qualité n’est pas mort, mais il vous doit sa survie.

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