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Le Canon T50

Cet appareil est sorti en 1983 et fut produit jusqu’en 1989. Il fait partie d’une quintet : Canon T50 – T60 -T70 – T80 – T90, représentant l’entrée de gamme, le moyen de gamme et le haut de gamme.

Il marque la fin de la série A, reflex tout métallique de la génération précédente pour entrer dans l’ère du plastique (ici plastique renforcé de fibre de verre)

C’est un tournant dans l’histoire des reflex. Pourquoi ? Revenons un peu en arrière : tout au long des années soixante, puis septante, les différents constructeurs d’appareils reflex ont multiplié les avancées technologiques, rendant leurs appareils de plus en plus performants mais aussi « compliqués » pour les photographes amateurs.

Cela ressemble à un paradoxe mais c’était une réalité : les fabricants de reflex avaient inondé le marché d’appareil de plus en plus sophistiqués, qui ravisaient les « technophiles » mais qui ont eu pour conséquence d’effrayer les amateurs, qui cherchaient un appareil facile à appréhender et le plus automatisé possible. Ce fut la grande époque des compacts tels les Konica C 35 AF, les Canon AF 35 M II, les Fujica DL 100 et consorts, qui offraient un excellent confort d’utilisation et que l’on utilisait prioritairement en mode automatique.

Autre réalité, puisqu’ils avaient saturé le marché, il était difficile de vendre de nouveau un réflex, les photographes un peu expérimenté en ayant déjà un et les prix de l’époque ne favorisaient pas les achats compulsifs (et ce n’était pas dans les habitudes du temps : les appareils étaient fabriqué pour durer alors on les usait jusqu’au bout)

Nous étions donc devant une double difficulté : d’une part les amateurs avaient la crainte de se retrouver avec un appareil trop compliqué et d’autre part, le marché des compacts semblait répondre à leurs attentes de qualité et de simplicité.

Canon fut un des premiers à se rendre compte de cette situation – Konica y avait été sensible aussi lorsqu’il avait présenté son FP-1 – et il eu l’idée de produire un reflex aussi facile à utiliser qu’un compact tout en autorisant quelques fantaisies comme celle de changer d’objectifs pour voir large ou loin, ce que les compacts ne pouvaient faire.

C’est la raison de la sortie de ce Canon T 50, qui fut sans doute le reflex le plus simple de tous les temps.

Donc ici, pas de folie et cela se voit sur la forme de l’appareil et le dépouillement des commandes.

le panneau de commande(s) : j’ai hésité à mettre le « s » car il y a le déclencheur, le barillet de programme, le sélecteur Asa/Iso et … c’est tout !

L’exploit fut de proposer un, mode d’exposition unique, non débrayable en mode manuel ou semi auto. Le Canon T 50 ne propose qu’un mode Program dans lequel l’appareil choisi seul la vitesse et le diaphragme. L’utilisateur n’a plus qu’à régler la distance de son sujet (ben oui, l’autofocus n’est pas encore de mise sur les reflex).

Quelques autres caractéristiques de ce drôle d’engin :

Avez-vous noté le mot « moteur » dans cette petite liste ? Ce fut le premier réflex à en intégrer un en interne, … comme sur les compacts !

Mais pour se démarquer, il y avait quand même quelques accessoires, tel le flash Canon Speedlite 244T, spécialement conçu pour le T50 qui mesure par infrarouge la distance du sujet, tel le déclencheur à distance filaire (le Remote Switch T3) ou un contrôleur sans fil permettant le déclenchement de l’appareil par un faisceau infrarouge (le LC-1), ou encore un minuteur TM-1 Quartz, qui permet de programmer des intervalles temporels allant de 1 seconde à 30 minutes entre les photos

Pour les objectifs, du connu, c’est la monture FD (qui succédait à la FL) et celle-là seulement. Notez que l’appareil apprécie plutôt les focales courtes, ses capacités en basse lumière ne sont pas trop compatibles avec les longs télé peu lumineux.

Les focales recommandées sont :

  1. l’objectif de base – Canon FD 50mm f/1.8 ou un f/1,4 (un must !)
  2. un grand angle – Canon FD 28mm f/3.5
  3. un mini télé considéré comme celui pour les portraits – Canon FD 100mm f/2.8
  4. un zoom assez lumineux – Vivitar Series 1 70-210mm f/3.5
  5. un objectif macro – Vivitar 90mm f/2.8

Mais attention : sur les montures FD il y a un mode A, qui assure la totale compatibilité avec le mode Program du boitier. Si vous décidez de quitter ce mode A, l’appareil verrouille la vitesse au 1/60s, ce qui limite les possibilités. Le message est clair : restez en mode P (et sur A pour l’objectif !).

Le viseur est très lumineux à défaut d’apporter une foule d’informations. Vous y trouverez un stigmomètre entouré de microprisme pour la mise au point des objectif FD. A droite de la fenêtre du viseur, un petit écran LED affiche le mode P ou M, qui indique seulement que la bague d’ouverture de l’objectif n’est pas sur A.

Bon, vous avez mis des piles AA (2), vous avez placé une pellicule dans l’appareil, vous avez indiqué la sensibilité de votre pellicule, vous avez « réglé » l’appareil sur le mode P (aviez-vous d’autre choix ?), appuyez une fois sur le déclencheur pour amorcer le film et vous collez votre œil au viseur pour prendre votre première photo … alors vérifiez le P vert dans la fenêtre car il vous donne des infos utiles :

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur, le film avance automatiquement à la vue suivante. Si vous laissez le doigt sur le dit déclencheur, vous engagez une « rafale  » d’environ une image (1,4) par seconde. A la fin du film, un petit bip vous signale que vous êtes au bout et vous allez pouvoir rembobiner, manuellement.

Que dire d’autre sur cet appareil ?

Esthétiquement, ce n’est pas le plus beau mais pourtant il est dense et on l’a bien en mains, la petite poignée contribuant à ce confort.

Son moteur est bruyant mais efficace.

Le parc optique des objectifs en monture FD est large et généralement très qualitatif. Aujourd’hui, elles sont toutes abordables.

Si vous jouez le jeux avec l’appareil, à savoir le laisser se débrouiller pour tout, en connaissant ses limites, accouplé aux excellentes optiques Canon FD, vous ne serez pas déçu des résultats et vous aurez vraiment le sentiment d’un gentil saut dans le temps, celui d’une certaine insouciance, n’ayant plus qu’à vous concentrer sur la prise de vue.

C’est un appareil délaissé, parce que trop simple, mais il est amusant à manipuler et les résultats sont bons. Vous en trouverez en très bon état autour des 15€, parfois même avec un objectif !

Si vous vous sentez l’âme un peu aventureuse, laissez vous tenter, vous rajeunirez de 30 ans en quelques secondes …

Une petite vidéo d’illustration

Toujours pas convaincu des capacités de l’appareil ? Vous trouverez quelques exemples de photo sur le site Lomography

Pour le mode d’emploi, c’est ICI ou LA

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_T50, https://fr.wikihow.com/utiliser-un-appareil-photo-Canon-T50-35mm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10516-Canon_T50.html, https://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-t-90/, http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex-manuel.php?canon=63 en français, https://casualphotophile.com/2014/05/05/canon-t50-camera-review/, https://www.outsidetheshot.com/best-canon-t50-camera-lenses/ en anglais

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