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Praktica B100

Cet appareil fait partie de la quatrième génération de Praktica, initiée par le B200 en 1978, toujours fabriqué par le Combinat Pentacon, à Dresden (alors en RDA).

Que proposait de mieux cette nouvelle génération de Praktica ?

Nous sommes bien face à des appareils qui rompent avec la génération précédente, et pas qu’au niveau esthétique.

De fait, Praktica a voulu se réinventer pour faire face à la déferlante japonaise, leader absolu de l’époque en matière d’appareils photos. Et si, auparavant, les reflex nippons étaient plus chers que la production de Pentacon – ce qui lui permit de vendre tant d’appareils des deux côtés du rideau de fer aux amateurs peu fortunés – la rationalisation de la production de masse, le passage progressif aux matériaux de synthèse rendait leurs appareils nettement plus abordables et donc concurrents de ceux de Praktica.

Ce Praktica B100 est sorti en 1981, d’abord avec un revêtement gaufré (peu courant), ensuite avec un revêtement lisse, plus « moderne ». On estime qu’environ 220.000 appareils en version « cuir lisse » sont sorties de janvier 1983 à décembre 1986. Dans cette version, il y eut quelques modifications esthétiques (rationalisation des coûts ?) avec par exemple un levier d’armement en plastique et non plus en métal, une manivelle de rembobinage elle aussi devenue en plastique pour la dernière génération.

Et pour éviter les impairs, entre 1985et 1986 il fut aussi exporté sous le nom de BC Auto, ne vous faites pas avoir, c’est le même appareil !

Contrairement au B200 qui l’a précédé, il est le premier appareil tout automatique de la série Praktica B.

Car en y regardant de près, on s’aperçoit que c’est (presque) un B200 mais à automatisme non débrayable (en effet sur le B200, on peut encore passer en mode manuel). Cela se voit au niveau du barillet des vitesses où il ne reste plus que les positions Auto -un éclair – B – batt. Plus simple que ça !

Donc, sur la mollette des vitesses, nous avons l’option automatique (Auto), l’option flash (l’éclair) et la pause B, plus une position pour tester la batterie. Ex æquo avec le Canon T50 dans le dépouillement !

-« Et il n’y a rien d’autre ? »

Si, de l’autre côté, sur la molette de rembobinage, vous pouvez régler la sensibilité du film (en DIN et ASA) et la compensation d’exposition (de -2 à + 2 par demi-crans), avec un bouton de sécurité pour ne pas modifier vos réglages par inadvertance.

Ça fait chiche n’est ce pas ?

Mais à part ce dépouillement minimaliste, je note que la monture de baïonnette est la fameuse Praktica maison, avec trois contacts électroniques pour permettre au système de lire l’ouverture définie sur l’objectif.

En cherchant encore un peu, je trouve un compteur de vues qui se remet à zéro automatiquement lorsqu’on ouvre le dos de l’appareil.

Et puis la griffe du flash a des contacts électriques. Elle est même marquée d’un X rouge qui indique qu’il y a synchronisation avec un flash électronique. Et bizarrement, il y a aussi une prise PC, près de la monture d’objectif, pour connecter un flash plus ancien. La synchronisation du flash se fait au 1/90s lorsque vous mettez la molette de sélection sur le symbole de l’éclair.

Petite particularité de cette « double » monte pour les flashs : comme ils ont chacun un circuit électrique distinct, vous pouvez les utiliser tous les deux en même temps, un sur l’appareil et un second déporté par exemple.

N’oublions pas le retardateur d’environ 10s

Le déclencheur mérite un mot aussi : il est souple et un appuis à mi-course lance les calculs de la partie électronique. En fonction de l’ouverture de l’objectif, de la sensibilité du film, l’appareil sélectionnera la meilleure vitesse possible.

Si l’appui sur le déclencheur est souple, le bruit du déclenchement est encore prononcé. Bien moins que sur les précédents Praktica mais il ne rivalise pas encore avec un Leica M5 !

Autre raffinement, sur l’avant du pentaprisme, vous verrez une petite fenêtre (comme sur le BX20) afin de pouvoir lire l’ouverture choisie sur le fut de l’objectif.

Et puisque je vous parle du pentaprisme, sachez que c’est un vrai, c.-à-d. un bloc de verre taillé, pas un pentamiroir (miroirs collés)

Le reste, vous ne le verrez que si vous démontez l’appareil : en effet, le B200 bénéficie d’un circuit intégré NEC, le B100 se « contente » d’un maison (GDR)

Bien que cet appareil ne puisse fonctionner sans pile, en cas de panne vous pouvez toujours déclencher en mettant le sélecteur sur le symbole éclair du flash. Votre vitesse mécanique sera alors de 1/90s et vous n’aurez pas le secours de la cellule.

Puisque nous parlons énergie, le B100 est alimenté par une pile en 6v, une 4LR44. Celle-ci se place dans la semelle.

Tant qu’à être sous lui, sachez que c’est sur la semelle que vous trouverez aussi un emplacement pour fixer un trépied et le petit bouton pour libérer le mécanisme de rembobinage du film. Enfin, comme je le signalais plus haut, il est motorisable et c’est donc sur la semelle que vous trouverez les connecteurs.

Remettons le sur ses pieds et retournons le : un petit truc très utile est ce « mémo » qui vous permet de glisser le carton de votre bobine dedans afin de vous souvenir de que film il est chargé.

Bon, jusqu’ici quel constat ? L’appareil est simplifié à l’extrême mais il se destine aux personnes qui veulent « juste faire des photos » sans se compliquer la vie (et il rejoint encore une fois la sobriété du Canon T50). Il est agréable à tenir en main, toutes les commandes (?!) sont facilement accessibles et bien pensées, avec de petits raffinements bienvenus (la fenêtre pour voir l’ouverture choisie sur l’objectif p. ex.) ou la plaque mémo à l’arrière.

C’est déjà pas mal. Et le confort de visée ?

Eh bien, le viseur est large et clair, bien fourni en indications (vision à 95% de la scène)

notez le côté « glamour » et dans le vent pour présenter le viseur !

Vous avez en un coup d’œil la vitesse sélectionnée (échelle de droite) en fonction de l’ouverture choisie sur l’objectif. Sur l’affichage des vitesses, le 125 correspond aussi à la valeur à atteindre lorsque vous faites le test de la charge batterie.

Et, ce qu j’aime bien vous le savez maintenant, un stigmomètre triple et incliné, pour mieux faire la mise au point quelque soit la position du sujet.

Si vous cherchez quelque chose de facile, le B100 est fait pour vous.

Finalement, que retenir de cet appareil ?

Si vous cherchez un reflex facile, qui prend la main pour vous simplifier la prise de vue, il est largement suffisant et il ne vous décevra pas. Tout « électrique » il offre quand même encore une solution de dépannage en autorisant une prise de vue toute mécanique au 1/90s si votre pile vous lâche.

Petit, compact, il tient facilement en main et ne demande qu’à sortir avec vous.

Son parc optique en Prakticar (baïonnette propriétaire) est suffisant pour couvrir presque tous les besoins et si vous avez pu trouver une bague de conversion vous autorisant à monter le parc des anciens objectifs Pentacon, c’est Byzance !

A quoi faire attention pour négocier éventuellement le prix ? La cuirette, qui a parfois tendance à se décoller (sans gravité, un point de colle est c’est reparti); la petite tige de la molette de rembobinage en plastique qui a tendance à casser (ça n’empêche pas de rembobiner ni d’ouvrir le panneau arrière mais c’est moins confortable); emportez une pile 4LR44 avec vous pour le tester si vous pouvez car les traces d’oxydations ne sont pas vite visibles (sauf si ça a coulé dedans des années !).

Sinon, le prix, avec au moins un objectif Prakticar et une pile est légèrement sous les 40€.

Honnêtement, je n’ai pas « accroché » avec cet appareil, pas plus qu’avec le Canon T50 auquel je le compare d’ailleurs, mais ça c’est toujours affaire de goût personnel. Sans doute parce que j’aime bien pouvoir maîtriser un peu plus mes prises de vue et faire « ce que j’ai envie » sans trop tenir compte des calculs savants de l’appareil.

L’exemplaire que j’ai reçu, en toute connaissance de cause, était défectueux : il déclenche mais parfois le miroir reste en position haute et il se débloque si je le mets sur B; j’ai beau y mettre une pile neuve, il ne s’anime pas. Il me servira de « banque d’organes » au besoin.

Les caractéristiques techniques

source : Collections-appareils

Petite video de présentation

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Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://www.praktica-collector.de/225a_Praktica_B100.htm, https://cameragx.com/2020/06/26/the-other-carl-zeiss-cameras/, https://oldcamera.blog/2017/05/28/praktica-b100-electronic/, https://simonhawketts.co.uk/2014/09/13/praktica-b100-electronic-camera/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12579-Pentacon_Praktica%20B100%20Electronic%20.html en français, https://www.dresdner-kameras.de/praktica/praktica.html#B en allemand

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