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Le Fujica ST 605N

Ce qui est amusant quand on entreprend d’exhumer d’anciens appareils, pour tenter de les comprendre, de les expliquer, de penser s’il sont toujours utilisables de nos jours, c’est de passer de marque en marque et de découvrir la richesse des inventions depuis plus de 150 ans d’existence du médium photographique.

Personnellement, je ne pense pas que j’irai voir les appareils vraiment très anciens, de type chambre ou folding, les premiers reflex (quoique je vous ai présenté le Zeiss Ikon Contaflex Super de 1953 ou l’Exakta Varex 2A de 1956), sauf si je tombe sur un exemplaire très intéressant et … très abordable.

Ce petit préambule pour expliquer qu’après Minolta, Praktica, Ricoh, Mamiya, Miranda, etc. j’en (re)viens à vous parler de Fujica, en l’occurrence un Fujica ST 605N, apparu en 1978, qui améliorait le précédant ST 605.

Cet appareil est la version simplifiée du Fujica ST 705 (1976). Simplification qui s’explique par l’absence de blocage de l’objectif (vous le visez et il n’y a pas de « clic » de sécurité ensuite); ses vitesses sont restreintes et il n’a qu’une synchro flash pour flash électronique. Il sera précédé d’un Fujica ST 605 en 1976.

C’est aussi la mise à jour du ST 601 – si vous vous souvenez, c’est avec lui que j’ai commencé la photo « tout seul ». En effet, des modifications du circuit interne de mesure de la lumière ont permis d’utiliser des piles plus modernes (pour l’époque), en adoptant la LR44 de 1,5v.

C’est un reflex « tout manuel » avec mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL) qui utilise encore la monture en M42, assez universelle. Il fonctionnera même sans pile (qui ne sert qu’à alimenter la cellule) à toutes les vitesses.

Vous l’aurez compris, il fait partie de ces appareils tout simples qui ont fait le bonheur de tant de photographes amateurs, notamment pour illustrer les albums familiaux.

Que nous propose t’il ?

Donc en résumé, le ST 605N mesure la lumière à travers l’objectif (TTL). La cellule est couplée à la vitesse et à l’ouverture.

Au fur et à mesure que vous réglez l’ouverture sur l’objectif ou la vitesse sur le boitier, vous voyez une petite aiguille (à droite dans le viseur) qui se déplace sur une petite échelle marquée d’un + (surexposition) et d’un – (sous exposition). Lorsque vous êtes stabilisé au milieu, l’exposition est correcte.

source : Buktus manuals. 7 Écran du viseur. 8. Aire dépoli très fin. 9 Télémètre à image partagée Microprismes .1O Stigmomètre. 11 Avertissement de surexposition. 12. Aiguille indiquant l’exposition correcte. 13 Avertissement de sous-exposition

Lorsque vous appuyez sur le bouton qui lance la mesure (à droite de l’objectif), il entraine l’ouverture et la fermeture du diaphragme de l’objectif, fournissant ainsi une mesure à l’ouverture de la prise de vue (ce qu’on appelle la mesure arrêtée).

La mesure de l’exposition se fait par deux capteurs au silicium, un de chaque côté de l’oculaire du viseur, donnant une lecture moyenne de toute la zone du viseur (mesure évaluative)

Le levier d’armement est dit « rapide » parce que vous pouvez le garder légèrement décollé du boitier, se qui permet de l’actionner plus rapidement (préhension meilleure) et sa course est assez courte.

Il est assez compact et pourtant on l’a bien en mains. Avec un objectif 50mm, il pèse 730gr (n’oubliez pas de prendre une bonne sangle confortable, vos cervicales vous disent merci), ce qui n’est pas très lourd face à certains concurrents qui affichaient facilement 200gr de plus.

Lorsque vous arrivez au bout du film, le levier d’armement cale : surtout ne forcez pas, vous risquez de déchirer le film. Vous appuyez sur le petit bouton sous la semelle et vous rembobinez avec la molette à gauche. Lorsque vous ouvrirez le dos pour ôter la pellicule, le compteur se remettra à zéro automatiquement.

1 Compteur de vues. 2 Déclencheur. 3 Levier d’armement. 4 Réglage de la vitesse du film 5 Réglage de la vitesse d’obturation. 6 Oculaire du viseur. 7 Contact flash. 8 Marque du plan focal 9. Compartiment à piles. 10 Manivelle de rembobinage. 11 Bouton de rembobinage 13 Échelle de profondeur de champ. 14 Bague de mise au point. 15 Échelle de distance. 16 Réglage de l’ouverture. 17 Commutateur de cellule. 18 Retardateur. 19 Bouton de rembobinage. 20 Prise trépied 21 Prise flash.

Voilà, c’est du simple mais solide, tout en métal comme on le faisait encore dans ces années là. Et le fait qu’il soit encore en monture M42 vous ouvre un vaste choix d’objectifs de qualité et souvent très abordable niveau prix.

D’aucun trouve sa vitesse maximale un peu lente, mais à l’époque, de nombreux concurrents ne proposaient encore que le 1/500s. Donc, 1/700s n’est pas si mal, même si c’est assez anecdotique (pourquoi pas le 1/1000s ?).

Ceci dit, c’est un boitier agréable à prendre en mains, typique des années septante, quoique assez ramassé et facile à emporter partout.

Vous aurez remarqué qu’un des propriétaires précédents avait sans doute très peur que son appareil ne s’égare ou ne soit volé : il a gravé ses coordonnées sur la semelle, avec un rappel des initiales près du viseur.

Personnellement, je trouve ça touchant car ça crée un lien avec une personne qui a manipulé ce boitier. Toutes les hypothèses peuvent être posées (fréquentait il un club photo et voulait il éviter qu’on se trompe de boitier ?) mais c’est la preuve qu’il l’aimait bien son appareil.

Ok, si j’étais collectionneur, ça ne le ferait pas, mais comme je ne le suis pas, je confirme, j’aime bien ces traces d’un passé qui renvoie à un humain.

Ceci étant, voilà encore un excellent exemple d’appareil école, qui a permis à nombre d’entre nous de découvrir les joies de la photo, qui continue – je l’espère – encore de nos jours pour la plupart.

A quoi devez-vous faire attention si vous en trouvez un ?

Vérifiez que la pile n’a pas coulé car ça rendrait la cellule HS (hors service). L’appareil fonctionnera toujours mais vous devrez vous munir d’une cellule externe. Voir aussi si les mousses ne doivent pas être changées, pour assurer l’étanchéité à la lumière, vérifiez qu’il s’arme et déclenche et … c’est tout.

Au niveau prix, c’est un appareil qui devrait se négocier dans les 40€ avec un objectif. Rassurez-vous, celui-là ne vous ruinera pas mais pourra vous accompagner encore longtemps.

source : Collection-appareils, publicité Odéon Photo 1976

Comme d’habitude, une video d’illustration

Et le mode d’emploi est ICI ou sur ces trois liens pour des explications sur les systèmes Fujica ST (en anglais)

Quelques références : http://35mm-compact.com/reflex/fujicast605n.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10236, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10237-Fujica_ST605n.html en français, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujica_ST605, http://blog.bkspicture.com/review_Fujica_ST605N.html, http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_ST605 en anglais

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