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Le Nikon EM

Franchement, pas facile de trouver des Nikon mécaniques à prix abordables … le prix des légendes sans doute.

Après quelques autofocus plus récents (les Nikon F 50F 60 et F 65), je voulais faire l’expérience d’un tout mécanique.

Et j’ai trouvé celui-ci, le Nikon EM à un prix abordable …. et ce n’est pas un hasard.

Mais commençons par le … début !

LA gamme de chez Nikon, c’est la gamme F, créée en 1959 et destinée aux professionnels, qui fut de tous les conflits, aux quatre coins du monde.

A côté de celle-ci, dès 1960, la firme lance la gamme Nikkormat, destinée aux amateurs. Cette gamme, progressivement, reprendra les attributs de la gamme F jusqu’à la monture Ai (index d’ouverture sur la bague de diaphragme) et même, le premier Nikon a adopter un obturateur électronique et l’automatisme à priorité d’ouverture sera le Nikkormat EL. Elle finira par disparaître dans les années septante.

Puis vint le Nikon FE, le premier boitier compact et automatique à priorité ouverture avec un obturateur électronique qui reprend les recettes du Nikkormat EL et EL2. Il sera suivi d’un Nikon FM, semi-automatique et simplifié.

Au début des années quatre-vingt, nous avions donc la gamme Pro avec les déclinaisons des F, les semi-pro avec les FA, FM2 et FE2, puis les amateurs avec le FG puis le FG20.

Bon, chez Nikon, il y a amateurs et amateurs … alors quand ils décident de s’attaquer au marché de « masse » des « amateurs », ils lancent le … Nikon EM en 1979.

C’est clairement une série « économique » : la monture est simplifiée (objectifs série E, plus légers et compacts que les Ais), totalement automatique, sans réglage manuel des vitesses et – le comble pour les puristes de la marque – avec du plastique dans la construction du boitier et des objectifs.

Vous avez compris, c’est l’appareil boudé par les aficionados de la marque, ce qui explique qu’on le trouve à prix décent, lui.

Pourtant, Nikon a bien essayé d’attirer le « grand public » par exemple à confiant le design de l’engin à un designer de chez Ferrari (légende ou pas ?)

Pour compresser son prix donc, Nikon a raboté quelques éléments : il n’y a pas de mémorisation de l’exposition, ni de testeur de profondeur de champ, la taille du boitier rend quelques éléments difficiles à lire, comme le compteur de vue, le prisme et le verre de visée ne sont pas interchangeables, la monture de type Ai est en polycarbonate.

Et Nikon a développé une gamme d’objectifs spécifiques, la série E, qui ne comprenait que 3 optiques : un 35mm f2,5, un 50mm f1,8 et un 100mm f2,8. Si la monture était de type Ai, ils étaient plus compacts et très plats, pour s’assortir à la taille du boitier.

Ceci étant, nous sommes chez Nikon, ils ne vont pas brader leur matériel quand même !

Ce Nikon EM est donc automatique à priorité ouverture.

La vitesse choisie par le posemètre apparait à gauche dans le viseur et elle est effective de 1s à 1/1000s, plus pause B. L’obturateur est un plan focal métallique à déplacement vertical.

La cellule, au silicium, est placée au dessus de l’oculaire et elle est pondérée central avec une légère prédominance pour le bas de l’image (ce qui se trouve le plus près de soi en somme)

La cellule s’active dès que vous pressez à mi-course le déclencheur. Si plus rien ne se passe endéans les 30 secondes, le posemètre se coupe. La sensibilité de la cellule est réglée de 25 à 1600Asa

La sur ou sous exposition est signalée par un bip, non débrayable (mais bon, c’est léger comme bruit) et il y a moyen de corriger l’exposition mais seulement de +2 (non variable donc), grâce à un petit bouton en façade (pas forcément pratique).

L’appareil ne fonctionne qu’avec 2 piles de type LR44 quoiqu’il soit possible de déclencher au 1/90s en tout mécanique (sans le secours de la cellule donc).

Si l’appareil est plus léger (460gr tout nu) et qu’il comporte effectivement quelques pièces en plastique, c’est parce qu’il est fabriqué avec un châssis en alliage d’aluminium moulé sous pression.

Il est possible de lui adjoindre un moteur, deux en fait : le MD-E qui permettait d’avancer à deux images/seconde et le MD-14 qui atteignait trois images/seconde.

Le flash se synchronise à 1/90s, via la griffe flash. Le fonctionnement du flash dédié, le SB-E, est semi-automatique. En effet, la griffe transmet les infos sur la vitesse du film (sensibilité) et des informations sur l’ouverture du diaphragme. Lorsque le flash est activé, il règle automatiquement l’appareil sur le M90 (le 1/90s) et active une diode dans le viseur. Si celle-ci clignote, c’est que l’exposition est insuffisante.

Pensez cependant que les flashs « classiques » demandent que vous sélectionniez vous même la vitesse (mettre le barillet sur M90). Seuls les SB-E et SB-10 font basculer l’appareil automatiquement sur la vitesse de synchronisation.

Voilà, vous avez un appareil simplifié mais pas simpliste, qui délivre de bonnes photos, qui est léger et agréable à tenir en mains, que demander de plus .

Car même s’il fut boudé par les puristes de la marque, ses ventes – rappelons le destiné au « grand public » – a permis à Nikon de se refaire une santé et de préparer la venue d’autres boitiers à un moment ou Nippon Kogaku n’allait pas trop bien financièrement.

Il faut aussi se rappeler que cet appareil est sorti pour contre carrer le Canon AE-1, plus coûteux avec sa priorité à la vitesse.

Finalement, que penser de ce Nikon EM ?

Franchement, lorsque je l’ai reçu, je me suis dit « mais il est tout petit ! ». Dans la veine des Fujica AX ou Minolta XG-1n.Et puis, quand j’ai fait le tour du boitier, je me suis dit :  » ben voilà un petit automatique facile à manipuler », ses commandes étant réduites au nécessaire.

Commandes qui sont douces et agréables.

Pourtant, il m’a fait paniquer quelques instants : je venais d’y mettre des piles neuves et la cellule ne réagissait pas. J’ai bien vérifié l’ouverture, je me suis mis sur f3,5, l’ai orienté vers la lumière … rien !

Je l’ai testé ainsi 5 ou six fois, en réarmant à chaque fois et puis… clic, la cellule s’est mise en branle. Ouf ! Bien plus tard, en préparant cet opus, j’ai lu quelques articles qui expliquaient que de fait, il fallait armer et déclencher au moins deux fois, après avoir changé les piles, pour refaire partir la cellule. Bon à savoir si vous en essayez un et que vous devez négocier le prix !

Parlons en de ce prix/ Sans objectif, vous devriez pouvoir en trouver vers les 40€, sinon 50€ avec un objectif.

Ce qui est abordable pour un Nikon, convenons-en.

Résumé technique :

Monture d’objectif: Monture à baïonnette Nikon F-Mount, Ai, E
Objectifs: 50 mm f / 1.8 Série E et bien d’autres
Obturateur: Lame métallique verticale du plan focal
Vitesses: B, 1 – 1/1000 secondes
Cellule au silicium pondéré central TTL avec affichage du viseur à aiguille analogique
Batterie: 2 piles S76 ou LR44 à l’oxyde d’argent ou alcaline
Monture Flash: griffe synchro

Source : http://www.appaphot.be/fr/brands/nikon/nikon-em/
source : Collection-appareils, Seras 1979

Petite video de présentation

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_EM, http://www.appaphot.be/fr/brands/nikon/nikon-em/ http://pictchallenge-archives.net/COLLECT/collecNikon1.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11614-Nikon_EM.html en français, https://www.nikonians.org/reviews/the-nikon-em, https://cameralegend.com/tag/nikon-em-review/ https://www.mikeeckman.com/2015/10/nikon-em-1979/ en anglais

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