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Le PF

Non, ce n’est pas un nouveau parti politique, ni une abréviation bizarre …

Dans mes rayons des appareils étranges, celui-ci a toute sa place, même si elle est toute petite, vu la taille de l’engin !

Typique de la fin des années quatre-vingt, début nonante, ce « gadget », de par sa simplicité extraordinaire, va à l’essentiel de l’appareil photo car, oui, c’est un appareil photo !

Sa boite reprend le minimum syndical, intriguant plus que donnant des informations si on n’a jamais connu ce type d’appareil (oui, d’accord, ça ne rajeunit pas certains d’entre nous !)..

Et une fois l’objet sorti de ce carton, on n’est pas beaucoup plus avancé !

Un bidule en plastique – très plastoc – qui, en y regardant de plus près, semble posséder un objectif, un bouton de déclenchement et même (si, si), un viseur …

-« Heu, ok, mais et la carte, je la mets où ? »

Mais mon bon monsieur, c’est avec un film que ça fonctionne !

– » !? »

Mais oui, et c’est là le trait de génie de ce minuscule appareil photo, c’est d’avoir pris le pari que c’est le film qui va faire corps avec la chambre noire qu’est un appareil photo.

Mais pour cela, il fallait un film en cassette, étanche elle-même à la lumière.

Ils auraient pu le faire avec un film en 126, mais la taille n’aurait pas été si réduite.

Il restait alors un autre format qui, je le rappelle, existe toujours : le format 110.

Pour mémoire, les films en cartouche ont été inventé par Kodak pour répondre aux amateurs (très amateurs) qui éprouvaient des difficultés pour mettre leur film dans l’appareil.

Pourtant, ce n’est pas faute que les fabricants aient rivalisé d’ingéniosité pour leur faciliter la tâche. Citons Canon, Minolta, Fuji, Praktica, par exemple à ce sujet, mais bon …

Et donc avec cette « cassette » non seulement il ne faut plus « charger » le film d’un contenant (la cartouche) vers un récepteur (la bobine), puisque la cassette contient les deux, mais en plus, elle garde votre film dans le noir. Ce qui veut dire que si, par inadvertance, vous ouvrez votre boitier, il n’y aura que la vue engagée qui sera voilée (en théorie), le reste du négatif étant à l’abri.

Et donc, en 1963, Kodak lance la 126 pour alimenter ses appareils « Instamatic », qui auront un succès fou, pas tant pour la qualité de ces appareils mais pour leur simplicité d’utilisation.

Ensuite, en 1972, les émulsions et les supports ayant encore bien évolués, Kodak lance le format 110. La cartouche contient un film de 16mm de large, avec une seule perforation par image, pour faire avancer le film à la bonne longueur.

La particularité du film est qu’il est couché sur papier, qui est visible à l’arrière de la cartouche dans une petite fenêtre, ce qui permet de voir le numéro des vues. Ce papier assure aussi une meilleure étanchéité à la lumière lorsque la cartouche est dans l’appareil.

A la fin des 12 -20 ou 24 vues, pas besoin de rembobiner le film, il est bobiné dans la cartouche, que vous déposerez dans votre laboratoire pour développement.

Officiellement, Kodak cessa la production du film en 1994, Fuji en 2009 mais d’autres marques, dont Lomography, ont remis ce format au goût du jour.

On lui a souvent reproché un manque de qualité – bien souvent due à celles des appareils utilisés – mais ce format et les appareils associés ont fortement démocratisé la photographie « plaisir ». Rappelez-vous les pockets de chez Agfa que (presque) tous les enfants ont reçu en cadeau de communion dans les années quatre-vingt – nonante, pour leur plus grand bonheur !

Et donc, dans ce tout petit boitier, vous avez un mécanisme pour faire avancer les vues (la petite molette à gauche), un viseur dit « sportif », un déclencheur (le bouton rouge), un compteur de vues (si, si, sur le film lui-même !), un obturateur avec une vitesse unique, un objectif … bref, un vrai appareil photo ultra compact !

L’idée d’exploiter la cartouche comme corps de l’appareil repose en fait sur la capacité de celle-ci a assure une étanchéité suffisante à la lumière (papier au dos de l’émulsion) … mais nous ne sommes pas à l’abri d’une fuite car il faut que l’assemblage soit précis pour éviter, dès le départ, tout soucis.

Ces petits appareils ont été décliné en une multitude de formes, souvent en porte-clés, voire en porte-monnaie (la « fausse » cartouche de 110 étant destinée à recevoir la monnaie), sous des marques toutes plus farfelues les unes que les autres mais généralement avec une constance, celle d’être fabriqué en Chine (déjà).

Bref, ne vous attendez pas à des résultats extraordinaires mais voilà un appareil qui aura au moins le mérite de vous faire sourire …

Et s’il vous prenait des les collectionner, ils ne vous ruineront pas et, au point de vue place, ne vous submergeront pas non plus. Par contre, ça devient vite addictif …

Pour découvrir une multitude d’autres délires en 110, je vous recommande ce site : Collection G. Even

Quelques références : https://en.m.wikipedia.org/wiki/110_film, https://camerapedia.fandom.com/wiki/110_film, en anglais, https://mgroleau.com/photo/util/format.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_de_pellicule_photographique en français

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