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Le Chinon 35FS-II

Encore un drôle d’appareil, chiné dans une brocante, un Chinon 35-FS II (logique comme me le faisait remarquer Phil de Filimage).

Bon, comme d’habitude, grand nettoyage de l’engin et même de la trappe de piles car un peu d’oxydation marque la porte mais heureusement pas d’autres traces plus haut dans le logement (ouf !).

Par certains côtés, il me rappelle le Lomo LC-A, sans doute à cause des réglages de la distance à côté de l’objectif et de la sensibilité (ici en dessous), avec son volet coulissant qui cache l’objectif et met en batterie le boitier.

Mais la comparaison s’arrête ici : il est plus massif, plus épais, plus long que le Lomo.

Pour autant, il reste original et j’en profite pour vous le faire découvrir.

Cet appareil fut présenté à la Photokina de 1984, en même temps qu’un 35F-II et un 35 FS-A.

Plus sophistiqué que le premier, il ne possède pas la mise au point autofocus du second. Disons qu’il s’agit d’un bon milieu de gamme.

Si le 35F-II ne possède aucuns réglages, excepté la sensibilité du film de 100/200 ou 400/1000 Iso, sa vitesse d’obturation est unique et c’est la sensibilité de la pellicule qui fixe l’ouverture, qui sera de f3,8, f8 ou f16. Un petit flash à extraire manuellement sera souvent nécessaire. D’ailleurs le boitier vous le signale grâce à une petite diode rouge.

Par contre le Chinon 35FS-II possède des réglages un peu plus fins : celui de la sensibilité du film, de 100 à 1000 Iso et celui des distances, symbolisées par des pictogrammes représentant une personne, un groupe, une foule et une montagne. Soit de 1,2m à l’infini, à la louche.

C’est un fix-focus qui fonctionne par zones. Son objectif de 35mm, ouvrant à f3,5 est bon, comme le sont les autres objectifs de chez Chinon.

Pour le mettre en route, facile : vous glissez deux piles AAA très communes dedans, vous ouvrez la porte coulissante et vous voilà prêt.

Ah oui, pour y mettre une bobine, ne tirez pas sur la molette de rembobinage, il y a un verrou sur la tranche gauche, qui libère le dos. Vous devrez juste soulever un peu la molette pour y glisser le film.

Vous réglez la distance, vous visez, il fait le calcul de l’exposition automatiquement et hop, c’est dans la boîte.

Notez que le boitier peut lire le codage DX de votre film mais que vous avez toujours la latitude de faire le réglage des Iso manuellement, avec la réglette sous l’objectif.

Le petit flash est extractible via le bouton orange situé en dessous de l’appareil, avec une grille de distances imprimée vers vous. Enfin, il possède aussi un retardateur de 10 secondes environ (le bouton coulissant marqué ST au dessus) qui égrène le temps avec une diode rouge qui clignote avant le déclenchement.

Nous n’en sommes pas encore au « tout électrique » et donc vous devrez manœuvrer la molette d’avancement du film entre chaque vue.

Le viseur ne comporte aucune indication de vitesse ou ouverture, il faut lui faire confiance. Par contre, il est collimaté et finalement bien clair et confortable.

Bref, un petit appareil sympathique qui se glissera dans un petit sac à défaut de le faire dans une poche.

Vite prêt, il saura vous seconder efficacement en toutes circonstances. A ce sujet, je vous résume les photos que vous trouverez sur le site de Ian : alors qu’il découvrait les possibilités de son appareil, son épouse doit rentrer plus tôt que prévu en maternité. Lui est au travail lorsque l’hôpital le prévient. Hop, ni une ni deux, il fonce rejoindre son épouse et se rend compte que l’appareil et la pellicule qu’il avait prévues pour cet évènement sont restés à la maison. Mais il a le Chinon 35FS-II avec lui et il lui confie les images intimes de ce moment de bonheur. Ce qu’il ne regrettera pas car les photos, pourtant prises dans des conditions limites, sont excellentes.

Voilà. Si vous aussi avez la chance d’en trouver un, embarquez le dans vos aventures, il vous sera fidèle.

Peu courant, avec une esthétique bien à lui et pourtant typique des années quatre-vingt, ce petit boitier sera un chouette compagnon de rue et d’escapades.

Pour une fois, j’hésite à vous donner un prix car je me rends compte que ma petite croisade personnelle pour que ces appareils ne dépassent pas (trop) souvent les 50€ devient vaine devant les candidats acheteurs, toujours persuadés de faire « un placement » judicieux, quoiqu’ils achètent et qui a plus de 20 ans et dès lors, ils paient toujours plus cher l’objet de leurs désirs, alimentant ainsi un cercle vicieux qu’ils entretiennent confusément !

En tout cas, le mien partira pour 50€.

Video d’illustration

Quelques références : https://www.35mmc.com/21/04/2018/chinon-35-fs-ii-review/, en anglais, https://www.flickr.com/photos/collection-appareils-photos-bernard/34399966143/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-5206-Chinon_35%20FS-II.html en français

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