Site icon L'Atelier de JP

Le Canonet QL 17 G III

Bizarre, car en fait, cet appareil, j’ai déjà écris sur lui – notamment lorsque je présentais le Minolta Hi-Matic 11 Super 3 Circuit, les Electro 35, les plus beaux télémétriques (à mon humble avis), le Canonet QL 19 G III et un article rapide à son sujet – à chaque fois alors que je l’avais revendu !

Car j’ai eu le plaisir d’en posséder deux : un en livrée métallique et l’autre en noir, mon petit « must » à moi.

Première remarque, en passant : l’appareil a été fabriqué au Japon et à Taïwan. D’aucuns vous diront que les japonais sont meilleurs que les taïwanais et essaierons de justifier un surcoût qui n’a aucune raison d’être, les deux fabrication étant identique. Ensuite, si effectivement les noirs sont magnifiques, ils n’apportent rien de plus mais coûtent de 3 à 4 fois le prix de leur homologue métallique.

-« Mais bougre de cornichon, pourquoi les avoir vendus ? »

Ah, vaste question ! Peut-être parce que je ne suis toujours pas collectionneur, que mes armoires ne sont pas sans fonds, qu’il faut bien que je vende les appareils achetés pour en reprendre de nouveaux que j’ai envie de découvrir (je n’ai pas encore gagné au Loto – avec un seul « t » en Belgique), etc.

Bref, je vais tenter de clôturer la découverte de ce magnifique appareil construit à plus de 1.200.000 exemplaires entre 1972 et 1982, ce qui en fait sans doute le télémètre à posemètre intégré le plus vendu de tous les temps !

Tiens, j’ai même envie d’écrire que cet appareil a été utilisé de 1972 à … nos jours, ce qui en fait le télémètre à posemètre intégré le plus utilisé de tous les temps, na !

Mais commençons par le début de l’histoire …

En 1965, Canon présente le Canonet QL 17, muni d’un objectif de 40mm ouvrant à f1,7 à 6 éléments en 5 groupes. Il possède un obturateur Copal allant d’une seconde au 1/500s.

En 1969, c’est au tour du New Canonet QL17, plus léger d’environ 200gr que son paternel. Son objectif de 40mm ouvre toujours à f1,7 mais il est de 6 éléments en 4 groupes, tandis que son obturateur, toujours un Copal, ne démarre plus qu’au 1/4 de seconde jusqu’au 1/500. Le viseur dispose d’un marquage pour la correction de parallaxe.

Enfin, en 1972, présentation du Canonet QL 17 G-III, le chiffre romain indiquant la troisième génération (grade 3). Si elle garde les attributs de ses prédécesseurs, elle dispose d’un testeur de pile facile et d’une qualité de fabrication qui frise la perfection.

Décortiquons un peu le nom, assez long, de ce Canonet QL 17 G III.

Vous avez compris que le 17 vient de l’ouverture de l’objectif, que le G III indique la généalogie de l’engin, mais, et le QL ?

QL pour « quick loading » ou chargement rapide dans la langue de molière.

Car les Canonet qui bénéficient de ce QL possèdent un système génial pour charger rapidement et facilement le film dans l’appareil, ce qui était, semble-t-il, la hantise de nombreux photographes à l’époque.

Vous tirez la languette du film jusqu’au repère orange, en veillant à ce que les roues dentées soient bien dans les encoches du film, vous refermez le dos et vous actionnez trois fois le levier d’armement : c’est dans la boite et une fenêtre de contrôle vous rassure sur l’accroche correcte du film

Maintenant, tordons le coup à une phrase qui revient souvent et qui qualifie le Canonet QL 17 G-III de « Leica du pauvre »

Tout ça parce qu’il bénéficie d’un objectif superlatif, unanimement reconnu depuis tant d’années.

Ce boitier n’a jamais été conçu pour être un Leica de substitution mais bien pour être un télémétrique facile à utiliser, d’excellente qualité et procurant de vraies sensations et des images superbes, qu’il peut aller chercher même quand la lumière est chiche.

« Facile à utiliser » car si je compare le chargement du film d’un Leica (par la semelle) avec le « quick loading » du Canonet, « y a pas photo » : un zéro pour Canon ! Vous chargez votre film en quelques seconde avec un peu d’habitude, et celle-ci est vite prise.

Parlons justement un peu plus de l’objectif du Canonet : le choix du 40mm est judicieux car il représente ce qui est le plus proche de la vision humaine à travers un objectif pour un film donné. Et pour le 24x36mm, l’idéal absolu est de 42,5mm, soit la diagonale du négatif.

Ah, la distance de mise au point minimale est de 80cm, logique pour cette focale.

Le 35mm que beaucoup adore est plus « large » et le 50mm, tout aussi prisé, est plus « serré ». Un très bon choix de la part du constructeur.

Un autre avantage du Canonet, c’est son obturateur Copal à lames intégré dans l’objectif. Non seulement ça permet de synchroniser le flash à toutes les vitesses mais sa position « centrale » réduit presque à néant toutes vibrations intempestives. Ce qui est particulièrement utile pour photographier en basse lumière, à main levée.

Le boitier travaille soit en mode ‘automatique » à priorité vitesse (avec verrouillage de l’exposition) mais il offre toujours un mode manuel complet.

Techniquement, le système d’exposition fait appel à une cellule CdS placée sur le devant de l’objectif (pratique si vous montez des filtres, elle en tient compte). En position A (automatique) pour une vitesse donnée, l’appareil se charge de régler le diaphragme. Mais, comme écris plus haut, il peut fonctionner en mode manuel avec contrôle de l’exposition.

Le télémètre se règle très facilement grâce au levier fixé autour de l’objectif, que vous déplacez avec le pouce gauche. Un « patch » orangé, clair, se superpose à votre image jusqu’à ce que celle-ci soit nette.

Tout le monde tâtonne un peu au début, mais quand vous avez compris le truc, c’est hyper rapide et précis.

Et puis, rien en vous empêche, en plus, d’utiliser le « zone système » qui vous permet de « prédéterminer » la zone dans lequel vous allez placer votre sujet, net.

Je vous laisse regarder le mode d’emploi pour les manipulations (très simples) mais je m’attarde un moment sur le viseur qui contient les infos utiles pour la prise de vue (sans avoir besoin d’aspirine).

Tout est-il idéal avec cet appareil ?

Parlons un peu de son poids, 620gr, qui sans être vraiment lourd fait que vous le sentez bien en mains et déforme les poches, si toutefois vous en trouvez d’assez grande que pour l’y glisser (les compacts des années septante ne sont pas en plastique mais en bon métal, costaud, solide).

Et abordons le sujet de la pile : autrefois au mercure, elle peut être remplacée par une alcaline moderne (LR44) mais il faut penser à sous exposer d’un cran, ou alors utiliser des Weincell, plus chères mais qui respectent les 1,35v initiaux.

Notez que l’appareil fonctionne aussi sans pile mais alors sans l’aide de la cellule, tout en manuel, avec une cellule à main ou en jouant avec la règle Sunny 16, que je vous invite à découvrir si vous ne la connaissez pas.

Si vous en trouvez un, vérifiez toujours les mousses d’étanchéité, qui ne résistent pas à l’usure du temps et qu’il faut changer (c’est facile à faire et je vous recommande toujours Aki-Asahi pour ces fournitures.

Une petite attention à l’utilisation, recommandée par Canon lui-même, celle de placer un capuchon sur l’objectif pour économiser les piles. Bien que si vous mettez la bague autour de l’objectif au delà de la position A sur n’importe quelle ouverture au hasard, ça fonctionne comme un interrupteur OFF.

Le filetage de l’objectif est en 48mm, assez peu courant mais vous pouvez acheter une bague de 48 vers 49mm pour y suppléer.

Que retenir de cet appareil ?

En son temps déjà il a marqué les esprits de par sa simplicité d’utilisation et la qualité de ses images.

Bien construit, il traverse les âges et se vend, toute proportion gardée, bien plus cher aujourd’hui qu’à sa sortie en 1972, surtout dans sa version noire (il est vrai, magnifique).

Si je devais le comparer au Minolta du début de cet article, aux Electro 35 GSN, au Lynx 5000E difficile de faire un choix car ils ont chacun des particularités attachantes qui conviendront mieux à l’un ou l’autre, selon ses habitudes photographiques.

Mais ils auront un point commun : si l’on vous remarque prendre une photo avec ces appareils, il y a fort à parier que l’on viendra vers vous vous demander ce que c’est et vous n’aurez pas de mal d’engager la conversation, au point que la plupart oublieront qu’ils sont « dans la boîte ».

Je vois là un excellent moyen de communication, qui démystifie le photographe de rue, notamment et rapproche les curiosités.

Selon vos moyens, essayez de vous en procurer un et tentez le, c’est un régal, qui demande un peu de temps d’apprivoisement (rien de bien rédhibitoire) mais ensuite, que du plaisir et ça, honnêtement, ça manque avec les appareils modernes, trop « plein » de tout alors qu’ici, on vise à l’essentiel de l’acte photographique, sans renier un peu d’aide (automatisme).

source : Collection-appareils, Odéon 1973
source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1981

Videos d’illustration

Et pour ceux qui auraient la malchance de tomber en panne, une video pour le réparer

Des exemples de photos prises par des fans absolus de l’appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références : https://benber.fr/presentation-canonet-ql17-g-iii/, http://35mm-compact.com/compact/canonetql17g3.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10538-Canon_Canonet%20G-III%2017%20QL%20.html en français, https://www.filmshooterscollective.com/analog-film-photography-blog/canon-canonet-review-4-23, http://camera-wiki.org/wiki/Canon_Canonet_QL_17_GIII, https://www.cameraquest.com/canql17.htm, https://www.sharkandpalm.com/camera-reviews/canonet-ql-17-film-camera-review en anglais

Quitter la version mobile