C’est avec Philippe, de Pix-Visu, que j’ai découvert une technique que je maitrisais mal – et que je dois encore perfectionner ! – celle de la « pause longue ».

Bien souvent, lorsque vous êtes au bord de mer, le soleil et le sable, l’eau ont une fâcheuse tendance à affoler votre mesure de lumière et même en ouvrant à f22, en se mettant au 1/2000, c’est encore limite.

C’est là qu’intervient un accessoire bien utile : le filtre ND pour Neutral Density.

Ceux-ci sont gradués en fonction de leur capacité à absorber le surplus de lumière. Communément, la gradation est de ND2, ND4, ND8, ND1000

Je vous encourage à lire l’excellent article dont j’ai extrait ce tableau, très bien fait, sur le site Apprendre la photo.

Bref, je ne vais pas vous faire un cours sur les filtres ni sur la technique, tel n’est pas mon propos. Juste vous expliquer que nous avions la chance de pouvoir essayer celle-ci dans un lieu magnifique, la Côte d’Opale et ses deux caps : le Cap Blanc Nez et le Gris Nez.

Philippe nous avait concocté un magnifique parcours, tenant compte des marées, les plus hautes à cette époque (juin 2022), ce qui nous a permis de découvrir, par exemple, une épave autrement immergée en temps normal.

Donc, onze photographes, armés de leur trépied (indispensable), de leurs sacs gonflés de batteries (les pauses longues, ça consomme), de filtres et porte-filtres, de chiffons en micro fibres (les embruns), certain(e)s avec leurs bottes, ont arpenté les longues plages, sous un soleil généreux (d’aucunes avaient ajouté de la crème solaire dans leur sac) pour tester les conseils avisés de notre guide. Enfin, surtout le premier jour, le second fut moins propice, la météo de bord de mer étant ce qu’elle est.

Ah et j’allais oublier les « app » utiles pour calculer les temps de pause une fois les filtres visés sur les objectifs. Nous avons testé et approuvé LEE Stopper app et ND Calculator, que vous trouverez sur Google Play et l’App Store Ios.

Résultat ?

Allez donc voir celui de nos regards croisés, sur le site de Philippe, en cliquant ICI.

Quelques photos m’ont fait rêver d’aquarelles, notamment celles de Turner pour les couleurs. A vous de juger.

Honnêtement, c’est un très bel exercice qu’il faut pratiquer souvent pour bien le maitriser. Mais ça tombe bien, on peut utiliser le principe de la pause longue partout ailleurs qu’en bord de mer.

Pour lisser un ciel, pour estomper voire effacer des touristes sur une place célèbre, pour figer les vagues qui se brisent sur les rochers, pour rendre étale une eau déchainée, … votre imagination trouvera bien encore mille autres utilisations.

La pratique demande un minimum d’investissement : un bon trépied, stable auquel on peut, le cas échéant, accrocher un poids (le vent peut souffler fort et faire trembler l’appareil), un filtre ou plutôt des filtres de différentes densités et des batteries en suffisance, la séance pouvant être gourmande en énergie.

Au sujet des filtres, quelques écoles proposent leurs solutions : soit un porte-filtres dans lequel on glisse une ou plusieurs plaques de filtre ND, soit un système de filtre à viser sur l’objectif (avec une variante, celle qui accroche le filtre grâce à un anneau aimanté).

Personnellement, j’ai utilisé un porte-filtres Cokin série M et des filtres de la même marque et de la marque Rangers.

Un conseil, si je peux me permettre : ne lésinez pas sur la qualité des filtres. Ils doivent être absolument sans nuances pour respecter les couleurs et, surtout, … solides !

Si les Cokin n’ont pas bronché, j’ai dû jeter le ND 1000 de la marque Rangers, totalement griffé. D’autres du groupe ont utilisé des Nisi ou des Lee, si j’ai bien vu, sans aucun soucis.

J’ai quand à moi racheté un filtre à viser avec contact aimanté pour remplacer le ND 1000 que j’ai dû jeter, un K&F Concept traité avec un nano-revêtement de 28 couches, haute transmission, imperméable, résistant aux rayures, sans perte de piqué, ni de dérive des couleurs.

Je vous dirai s’il est bien plus tard.