Les nouveautés en un lieu

Et si nous parlions cinéma ?

En ces jours confinés, il est nécessaire de pouvoir s’évader, même en restant chez soi !

Bien sûr, il y a le refuge des livres, dans notre domaine de prédilection, la photo, il n’en manque pas. Mais que faire lorsque nous avons épuisé notre réserve et que les librairies, les bibliothèques sont fermées ?

Et bien, il reste le cinéma … à la télévision, ou le streaming sur nos PC !

Car la photographie et les photographes ont largement inspiré le monde du cinéma. Par exemples :

  • Blow-Up de Michelangelo Antonioni (en streaming), qui interroge sur le pont de vue du photographe qui capte un moment particulier (Rakuten TV)
  • Kodachrome de Marc Raso, (sur Netflix) qui raconte la recherche singulière du dernier labo développant la pellicule jaune
  • Life d’Anton Corbijn qui raconte la relation entre Dennis Stock, de Magnum, avec James Dean (Amazon Prime)
  • Ensuite, quelques documentaires très intéressants, dont ceux sur Gilles Caron, grand reporter disparu au Cambodge en 1970 (Histoire d’un regard, le Conflit intérieur )
  • ou encore sur Don Mc Cullin avec un documentaire éponyme de J et D Morris (Amazon Prime)
  • toujours dans les grands reporters de guerre, le War Photographer consacré à James Nachtwey.
  • Il y a encore le Sel de la Terre de Wim Wenders sur Sebastiao Segaldo
  • A la Recherche de Vivian Maier, de John Maloof et Charlie Siskel. Un reportage, sous forme d’enquête, consacré à Viviane Maier, de John Maloof – « l’inventeur » du trésor laissé par la photographe alors disparue. (You Tube VOD)
  • David Bailey, un photographe de légende, de J. de Missolz. Un portrait de l’irréductible photographe anglais qui révolutionna la photo de mode (Arte VOD)
  • The B-Side : Elsa Dorfman’s Portrait Photography, de Errol Morris.Une plongée au cœur de l’acte créatif d’une photographe américaine. (Netflix)
  • Mappelthorpe : Look at the Pictures, de Boris Lojkine. L’unique documentaire consacré au sulfureux photographe américain. ( VOD Dogwoof)
  • Le siècle de Cartier-Bresson, de Pierre Assouline. Un documentaire qui traverse le XXème siècle avec l’un de ses plus attentifs photographe. (VOD Ina)
  • Eloquent Nude. The Love and Legacy of E. Weston and C. Wilson, de Ian McCliskey. La vie d’Edward Weston vue par sa muse et modèle Chrisie Wilson. (Vimeo : vimeo.com/245309130)
  • La Bande à Man Ray, de Jean-Marie Drot. La vie du grand photographe, parmi ses amis de Montparnasse, Tristan Tsara, Alberto Giacometti, Max Ernst,… (VOD Ina)
  • Camille, de Boris Lojkine, retrace le destin de Camille Lepage, jeune journaliste tuée en mission en République Centre-Afrique (VOD Filmtv)
  • Le photographe de Mauthausen de Mar Targarona, inspiré de la vie du photographe espagnol Francisco Boix qui, enfermé dans le camp de Mauthausen, réussi l’exploit de cacher les films faits dans ce camp, preuves qui furent présentées lors du procès de Nuremberg (Netflix)
  • The Journey il the Destination de Bronwen Hugues Le triste destin du jeune photographe Dan Eldon tué en Somalie (Netflix)
  • L’épreuve de Erik Poppe, un film qui raconte le dilemme d’une femme photographe, déchirée entre sa vocation de reporter et sa vie de famille (VOD Orange)
  • La Cité de Dieu, de Fernando Merelles et Katia Lund. Deux amis aux destins liés par la violence d’un favela de Rio de Janero, l’un sombre dans la délinquance, l’autre raconte, à travers l’objectif de son appareil, cette descente infernale (Amazon Prime)
  • Eyes of War, de Danis Tanovic. Un vibrant hommage au photojournaliste au travers l’histoire de 2 photojournalistes envoyés au Kurdhistan couvrir la guerre qui vient d’éclater (Youtube VOD)
  • Paparazzi, de Alain Berbérian. Les péripéties du métier de paparazzo. ( VOD you tube)
  • Enfin, ARTE consacre des séries de deux ou trois épisode sur les grands photographes avec Les contacts et Photo, l’intégrale., qui raconte l’histoire du médium (10 volumes superbes). De fait, après avoir cherché sur la Toile ces épisodes, je n’ai trouvé que les DVD qui sont en coffret de 3 DVD, au prix de 30€ (boutique ARTE). Finalement, c’est moins cher qu’un livre photo (comptez environ 429 min de visionnage par coffret).

Voilà, en fouinant un peu, vous en trouverez sans doute d’autres (que vous pouvez partager) mais vous trouverez de quoi nourrir votre imaginaire et parfaire vos connaissances.

Bonnes découvertes, bons films.

Argentique

Canon F-1 Old

Hé oui, j’ai eu envie de m’offrir une légende. Et comme je ne suis pas Nikon, je suis resté chez … Canon.

A gauche, le Canon F-1 News et à droite le Canon F-1 Old

Je ne vais pas reprendre les explications détaillées que vous trouverez sur ces toujours aussi intéressants sites : http://35mm-compact.com/reflex/canonf1.htm. et https://www.danstacuve.org/test-canon-f1/ et bien sûr http://www.fou-du-canon-f-1.net/materiels/index-4/

Par contre, je vais (essayer de) vous donner mes impressions face à ce boitier mythique.

Enfonçons une porte ouverte, il est lourd (820 g tout nu), mais pas désagréable à tenir en main. Carré, bien équilibré, tout est à portée de main (ou doigts en l’occurrence). Tout en métal, à une époque où le plastique n’avait pas encore tout envahi, il respire le costaud de service.

Pour tout dire, avec son concurrent, le Nikon F, il fut de tous les champs de bataille de son époque (1971 – 1981), et il en eut : le Viêtnam, le Laos, le Cambodge, la Jordanie, la Rhodésie, l’Éthiopie, Israël, l’Égypte, le Liban, …. (voir la liste sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines).

A ce sujet, saviez-vous que Don Mc Cullin dû la vie sauve à son boitier Nikon F ? Je vous renvoie à cette image terrible (https://www.flickr.com/photos/martsharm/4683329492/) du boitier qui reçut la balle à sa place. Heureusement qu’à l’époque les constructeurs fabriquaient en métal, solide !

Malgré ce côté pro – ou à cause de – il est très facile a utiliser : vous sélectionnez la vitesse et le diaphragme et il ne reste plus qu’à faire la mise au point et déclencher. Avec l’excellent parc des optiques FD (créées pour lui), que l’on trouve encore à des prix abordables, vous avez une machine à faire de belles photos.

Celui que j’ai acheté m’a juste demandé de commander un 50 mm f1:1,4 monture FD (le f1:1,2 c’est un autre mythe, qui reste inabordable) pour l’accompagner. Je vais devoir changer les mousses, notamment celle du miroir, qui a disparu; de trouver des piles compatibles – et ici j’ai fait une exception à mon habitude de « fourrer » partout une LR44 – j’ai commandé une Weincel MRB 625 de 1,35 V car la cellule est sensible au voltage.

Dernier jour de l’année 2019 et j’ai terminé les petites réparations du F1. Tout d’abord les mousses : pas facile de nettoyer tout ça car il faut éviter que des résidus ne tombent sur le miroir ou, pire, le dépoli. Patience et concentration sont de rigueur … et un petit « PostIt » pour protéger le dépoli. Pour ôter les résidus de colle, un petit produit que l’on trouve en grande surface (trouvé chez Aldi), mieux que l’acétone tant pour les odeurs que pour les plastiques, qui sont sensibles à ce produit (même s’il n’y a pas de plastique sur le F1, mais juste avant lui, j’ai aussi changé la mousse du Ricoh R1, qui lui est tout en plastique). Puis il faut aussi s’armer de patience et de méticulosité pour couper les différentes mousses au bon gabarit. Notamment pour les rainures du dos (2 mm et 1 mm de largeur). Si vous deviez le faire, munissez-vous de bons cutters (genre scalpel) et faites gaffe à vos doigts, d’une plaque à découper (vous voyez, ces grandes plaques en plastique vert, graduées et quadrillées que l’on trouve dans les magasins destinés au hobby (ou bêtement chez Action); de quelques coton-tiges et, petite astuce, de baguettes (que vous avez souvent en trop avec vos sushis) et de cure-dents. C’est avec eux, taillés en biseau ou à plat, que vous allez pouvoir racler les vielles mousses. Comptez deux bonnes heures pour arriver au bout : changement de la mousse de la charnière, des deux rainures du dos, du miroir. Et où trouver ces mousses ? Parfois sur un grand site de vente mais toujours sur http://www.aki-asahi.com/store/html/light-seal/string/foam.php. (et, petite astuce, chez lui, vous trouvez les mousses prédécoupées). Ce site est incontournable pour les mousses et aussi pour les vrais ou faux cuirs de vos appareils, que vous pouvez customiser dans des couleurs parfois, disons, psychédéliques.

Ensuite, j’ai reçu et l’objectif commandé (comme neuf et il a près de 50 ans !) et les Weincel. Petite installation de tout et …. tout fonctionne comme au premier jour. Vraiment c’est extraordinaire de « sentir » ce vieux boitier (mon boitier date de février 1976, un des derniers « vrais » Old F 1) repartir sans rouspéter et de découvrir au fur et à mesure les astuces d’avant le « tout électronique ». Si un jour vous avez la chance de manipuler un F 1, vous comprendrez ce dont je parle (petite fenêtre pour éclairer la barre de mesure, rappel des vitesses avec couleurs différentes pour les rapides et les lentes, prismes interchangeables, verres de visées interchangeables, etc.).

A l’époque, on fabriquait solide et durable : la mise au point du F1 a pris 5 ans et Canon y a mis tout son savoir-faire de l’époque. Bien qu’il y eut, en 1976, une petite évolution avec le F 1 N, il sera opérationnel 10 ans, sans être dépassé (de 1971 à 1981). Ce n’est qu’à cette époque que sortit celui qui devait le remplacer, le New F 1.

Une petite video fort bien faite pour illustrer mes propos :