Recherche rapide : Préambule – Présentation du Mamiya C33 Professionnal – Que penser de cet appareil ? – Vidéos d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule.
Le Mamiya C33 Professional fait partie de ces appareils mythique que l’on est heureux d’avoir en mains au moins une fois dans sa vie.
Son histoire est intéressante, vous avez pu la lire dans la première partie de cet article, et sa manipulation un peu particulière, même si elle n’est pas compliquée. Mais ses particularités ont toutes une explication rationnelle et utile qu’il est bon de comprendre pour en tirer le meilleur.
Nous allons essayer de vous les présenter … quoique les vidéos ci-dessous vous offrent une belle combinaison de manipulations.
Présentation du Mamiya C33 Professional.
Comme d’habitude, je ne vais pas faire le tour du mode d’emploi, ce serait fastidieux pour tout le monde, juste revenir sur quelques points intéressants.
La mise au point.
Ainsi que je l’évoquais dans la première partie, la mise au point utilise un système de soufflet et de crémaillère qui donne un extension d’environ 56mm. Cette extension dépend de la distance initiale requise pour la mise au point à l’infini selon chaque objectif.
Le soufflet est particulier au sens où il est divisé en deux parties, en déflecteur interne sépare la visée de la prise de vue.
Les échelles de mise au point varient d’un modèle à l’autre et elles peuvent être modernisées pour utiliser des objectifs plus récents. Cette plaque est fixée sur le cadre de montage du soufflet, à gauche.
Il est utile de manipuler les deux gros boutons en même temps pour éviter d’abîmer l’axe de sortie des platines, monté sur une crémaillère.
L’exposition multiple.
Généralement, lorsqu’on veut faire des expositions multiples, on essaie d’empêcher le film d’avancer lors du réarmement et on débraye le système d’avance.
Ici, on expose la première image, puis on passe en mode Multi avec la petite roue sur le côté droit, on réarme et on déclenche. Ne pas oublier de remettre la roue sur Single pour les autres images.
En fait cette petite roue ne fait que désengager le dispositif de prévention et pas l’avance du film.
Le chargement d’un film.
Vous avez ouvert la porte arrière et vous allez placer la bobine de film en bas, en tirant légèrement sur l’amorce que vous avez décollée et placée dans la fente de la bobine réceptrice. Pour engager les deux bobines, il faut faire tourner et tirer sur les deux boutons à gauche de l’appareil puis les remettre à leur place. Vous aller faire avancer le film avec la manivelle jusqu’à ce que la flèche inscrite sur le papier soit en face du repère (un point sur les bords). Puis vous refermez le dos et vous le bloquez. Faites encore tourner la manivelle jusqu’à ce qu’elle se bloque : vous êtes à l’image une ; il reste à tourner la manivelle dans le sens anti-horaire pour la mettre en position de repos..
Lorsque vous atteindrez la douzième image, le verrou d’avance se déverrouille et vous pouvez encore faire quelques tours pour déplacer tout le film sur la bobine réceptrice. N’oubliez pas de coller la languette de fermeture du film terminé et vous voilà prêt à tout recommencer.
Le déclenchement.
Il y a en fait trois manières de déclencher l’obturateur avec cet appareil. La première est de fixer un câble souple dans le filet prévu à cet effet et, après avoir armé l’obturateur avec la manivelle, à enfoncer le bouton de déclenchement.
La seconde est d’utiliser le déclencheur situé à droite, en dessous du filetage pour câble souple. C’est la méthode la plus simple et la plus commune.
La troisième en fait fait l’impasse sur la tige qui fait basculer le déclencheur et vous permet de pousser vers le bas directement le déclencheur placé sur l’objectif.
Vous le voyez, le reste est semblable aux autres TLR : réglage de la distance avec les deux roues qui fera avancer le soufflet et la platine d’objectifs. Vous pouvez toujours vérifier celle-ci sur la table fixée à droite, sur la platine et qui diffère selon les objectifs montés sur le boitier.



Pour les focales de 65 et 80 mm, l’échelle est sur la gauche, sous la manivelle.
L’équivalence des focales.
Quand j’écris que cet exemplaire de C33 est équipé d’un 105mm, de fait, si on le compare au standard du 24×36, on obtient une focale de 68mm.
Le 60 et le 80mm qui sont aussi prévus et qui font l’objet d’une échelle différente, représentent respectivement des focales de 37mm (un grand angle) et 51mm (la focale classique des réflex 24×36).
Le tableau ci-dessous reprend ces équivalences :

La correction de la parallaxe.
C’est une particularité du modèle : en fonction de l’objectif utilisé – et il ne faut pas oublier de l’indiquer lorsque vous changez d’optique sur la roue à gauche de l’appareil – vous verrez un indicateur sur l’écran de visée qui vous indique quelle partie de l’image ne sera pas vue si vous vous approchez beaucoup de votre sujet. Mamiya avait sorti un accessoire bien utile sur pied pour corriger non seulement la position mais aussi la perspective : le Paramender.


Et comme c’est plus parlant en images animées :
Les accessoires.
Ce genre de boitier s’inscrit surtout, comme son nom l’indique, dans le milieu professionnel. J’ai rencontré un photographe pour qui il fut l’outil de travail pendant des années (il en avait d’ailleurs plusieurs de la gamme) – mes amitiés Salvatore – lorsqu’il travaillait comme photographe pro pour des mariages, des photos de commandes en B2B, etc. Il en gardait un excellent souvenir mais était aussi content de son fidèle trépied !
Et, outre la gamme des objectifs adaptés aux besoins particuliers de chaque professionnel, il y avait aussi des accessoires pour aller encore un peu plus loin. Citons, en vrac :
- un viseur Porroflex pour un visée réflex classique
- des caches-objectifs avant et arrière
- des filtres
- des accessoires de trépied
- des poignées
- des accessoires pour glisser du film 135 au lieu du 120
- des sangles de transport
- des houses de protection
- des dos pour mettre du plan film
- etc.









Bref, tout un univers sensé rencontrer tous les besoins du photographe. Si vous surfez sur Ebay, vous aurez sans doute l’occasion de trouver l’accessoire qui vous manque …
Si vous voulez découvrir des images prises avec cet appareil, c’est ICI et LA.
Que penser de cet appareil ?
C’est un appareil que j’avais envie de manipuler au moins une fois car il fait partie de ces mythes historiques.
Il est agréable à manipuler, facile à utiliser et très polyvalent avec ses objectifs interchangeables – rare sur un TLR – et, si vous avez des besoins particuliers, pour ses nombreux accessoires.
Cependant, il est lourd : 1,8kg nu et plus de 2 kg avec ses objectifs. Il faut impérativement une bonne sangle pour le porter et un bon trépied pour le supporter. S’il ne rechigne pas à sortir, c’est surtout un appareil de studio ou en tout cas de photo posée.
Vais-je l’utiliser ? Non, mes vertèbres ne s’en remettraient pas et j’ai toujours le même souci avec ces TLR, je n’arrive pas à remettre l’image dans le bon sens !
Outre ces considérations toutes personnelles, il faut ajouter que c’est un appareil qui a fait et fait encore ses preuves et qui est toujours recherché car sur ce modèle le plastique reste encore exceptionnel alors que les suivants (pour alléger l’ensemble) y auront plus recours.
Question prix, il reste raisonnable, bien plus qu’un Rolleiflex par exemple, car vous pouvez le trouver aux environs de 250€ – 300€ avec un objectif. Les prix grimpent si la série est complète au niveau optiques, bien évidemment.
Tout ceci étant écris, quelle belle machine à photographier !
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par LA.
- Dates de fabrication : 1965 – 1969
- Poids (corps seul) : 1810 gr
- Avance du film : Manivelle, un tour à complet, retour d’1/2 pour la position repos
- Armement de l’obturateur : Automatique
- Déclencheurs : Simple, monté sur le côté
- Compensation de parallaxe : Automatique pour 80, 105, 135 et 180 mm
- Compensation d’exposition : Comme compensation de parallaxe
- Capacité 120/220 : 120 uniquement.
- Échelles de mise au point de l’objectif 65mm et 80mm dans la fenêtre sur le côté droit, 105mm (chrome), 135mm, 180mm sur les plaques montées sur le rack d’objectif sur le côté gauche. Les modèles de 1968 et ultérieurs peuvent avoir des échelles supplémentaires pour le 55 mm et le 250 mm. Une mise à niveau pour accepter les objectifs de 55 mm et 250 mm était disponible, ce qui diffère de la version C3/C22 qui n’ont pas d’échelles de 65 mm et 80 mm.
- Écrans interchangeables : Non.
- Griffe flash : dite froide, partie supérieure gauche
- Dos amovible : Oui, option de plan film, deux loquets à goupille à ressort, comme C3
- Multi-exposition : Oui
- Déclencheur par câble : Douille filetée conique sur le cadre du panneau d’objectif
- Vis de trépied : 1/4″
- Autres particularités : Revêtement en caoutchouc texturé, changement pour les boutons de mise au point noirs. La manivelle doit être enroulée à l’envers en position de repos après chaque avance d’une photo
Des références.
https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11288-Mamiya_C33.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Mamiya_(entreprise), https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Mamiya, https://fr.wikiital.com/wiki/Mamiya_(azienda), en français ; https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mamiya_C33_Professional, https://camera-wiki.org/wiki/Mamiya_C33, https://web.archive.org/web/20021210011821/http://www.btinternet.com/~G.A.Patterson/mfaq/m_faq-1.html#Heading21, https://prabook.com/web/seiichi.mamiya/3719183, https://www.jeremymuddphoto.com/blog/2020/8/13/life-in-squares-the-mamiya-c33-c330, https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Mamiya_products (tous les appareils Mamiya), https://www.readgrain.com/a-very-unique-tlr-mamiya-c33/, en anglais ; http://www.hmw-foto.at/kamera/c33.shtm, http://www.hmw-foto.at/kamera/c33.shtm#handling, en allemand ; https://web.archive.org/web/20130730211313/http://www.mamiya.co.jp/home/camera/museum/janru/chu-nigan.htm, en japonais (Mamiya museum)
