Et si nous parlions (un peu) technique ?

Olivier a encore fait des miracles, cette fois sur un Minolta XG2

Olivier nous a fait l’amitié, comme les années précédentes, de venir nous faire une visite sympathique sur le stand lors de la 10ème Foire photo de Villers-Bretonneux.

Du coin de l’œil, je l’ai vu fureter à la recherche d’un objectif à réparer, d’un beau réflex ou de quelques cailloux à ajouter à son petit parc. Car notre ami compte aussi sa future belle-fille au rang des photographes qui aiment piocher dans ses réserves quant le besoin s’en fait sentir.

Quand j’ai enfin pu lui parler plus de 5 minutes sans être interrompu par un amateur arrêté sur le stand, je lui ai remis un objectif et deux appareils qui allaient avoir besoin de ses doigts agiles et de ses compétences : un zoom Sigma qui était tombé de haut, un Fujica AX-3 qui a décidé de ne plus donner signe de vie il y a un (long) moment déjà et un Minolta XG-2 dans le même état.

Vous dirais-je que j’ai vu ses yeux briller ?

Le soir même il me livrait déjà ses diagnostiques : l’AX-3 était en mort clinique assurée, un imprudent lui ayant déjà ouvert les entrailles et avait eu l’idée saugrenue de modifier la carte électronique ; il réservait son diagnostique pour le zoom car il semblait bien touché tant à l’avant qu’à l’arrière ; enfin, le Minolta XG-2 avait toutes les chances de revenir au pays des photographes.

De fait, ce pauvre hère était bloqué parce qu’un maladroit avait eu l’idée absurde de lui imposer un objectif tiers avec une bague Adaptal non … adaptée, qui avait ainsi bloqué le mécanisme de sélection et l’électronique.

Un retrait judicieux de la mauvaise bague et l’ajout de celle prévue pour Minolta avec un bon objectif réanime le Minolta, enfin libéré. Il est sauvé, ouf !

Mais tant qu’à redonner vie à l’engin, autant le faire bien : les mousses du miroir et internes sont changées afin d’assurer une parfaite étanchéité à la lumière et, comme le revêtement donnait des signes de fatigue, un beau vrai cuir vient lui servir de costume chic.

Là, je ne résiste pas au plaisir de vous le présenter dans ses nouveaux habits :

Franchement, il est magnifique comme ça et finalement unique.

Bravo Olivier, c’est du très beau travail.

C’est agréable de voir un passionné passionnant apporter autant de soin à un sauvetage et de savoir que ce bel appareil est reparti pour un (bon) tour.

Argentique

Le Minolta XG 2

Si vous avez lu l’article sur le Minolta XG-1, vous êtes déjà un peu au courant de cette série des XG chez Minolta, sortie en même temps que le (alors) révolutionnaire XD-7, et présentée en 1977.

Cette série commençait avec le XG-7, le haut de gamme de la série XG, qui était en fait la version « économique » du XD-7.

Heu… au USA c’est bien un XG-7 mais un XG-2 en Europe et un XG-E au Japon.

Alors, comme d’habitude, puisqu’on descend d’un cran, on ne garde pas toutes les options mais on préserve celles qui sont toujours utiles.

Par exemple, il garde le mode automatique mais les contrôles sont disposés un peu différemment, et pour faire bonne mesure, on ajoute de nouvelles fonctions comme le « touch switch » qui utilise la conductivité de la peau humaine pour mettre en service le circuit de la cellule (un contact sensitif très en avance sur son temps).

Mais ils ont sucré quelques autres petites choses, comme le mode priorité à la vitesse, ils ont remplacé le rideau métallique par un classique rideau en tissu (ce qui limite la vitesse de synchro flash au 1/60s), la cellule n’est pas en service quand on passe en mode manuel, la sensibilité est limitée de 25 à 1600 Asa, la cellule est au CdS et pas au sélénium et il n’est pas possible de faire des expositions multiples.

Tout ça pour économiser quelques Yens …. mais en même temps le rendre plus accessible.

Bon, tout cela n’empêche pas l’appareil d’être efficace et utilisable, et il fit le bonheur de nombreux amateurs, même pointilleux, mais moins argentés que ceux qui se payaient le XD-7.

Franchement, pour aller d’un point A à un point B, vous le faites aussi bien avec une 2CV qu’avec une Mercedes …. en plus, heu …. rustique, mais vous y arrivez quand même.

Si je vous ai énuméré ce qu’il n’avait pas, voici quand même tout ce qu’il possède :

  • un système de mesure pondérée centrale avec deux cellules CdS
  • un verre de mise au point « mat Fresnel field » (lentille de Fresnel ultra fine) avec un stigmomètre (rond brisé) horizontal entouré d’un champ de microprismes
  • le viseur affiche les vitesses automatiques de 1s à 1/1000s via des diodes'(mais pas en mode manuel)
  • si vous êtes en surexposition, (diode en haut de l’échelle des diodes), l’appareil empêche de déclencher si vous êtes sous les 1/1000s (un petit triangle rouge apparaît dans le viseur)
  • les vitesses sur la molette de réglage vont de 1s à 1/1000s, plus pause B et mode A pour la priorité à l’ouverture
  • vous pouvez aussi y régler les Asa
  • vous avez une correction d’exposition de -2 à + 2 si vous placez la lettre A devant le chiffre correspondant à la correction envisagée
  • l’arrière propose un support mémo (pour y glisser un morceaux de la boite du film inséré) et une échelle de conversion Din/Asa
  • le boitier accepte le couplage avec un « winder G » (un moteur)
  • le contacteur principal propose un réglage pour le minuteur (+/- 10sec), un voyant rouge, à l’avant clignote jusqu’au déclenchement
  • notez que sur le même commutateur, vous avez un contrôle de la batterie, qui actionne la même lumière rouge
  • le sabot du flash est le même que celui des XD et il propose un second petit contact qui permet la synchronisation avec les flashs Minolta X (p. ex. l’electroflash 200X)
  • en mode automatique, l’appareil règle la vitesse sur 1/60s pour la synchro flash et une diode clignotante signale que le flash est prêt (ou pas)
  • il y a toujours un contact flash, pour les plus anciens (avec câble), sur le support d’objectif
  • à côté, vous trouverez une prise pour un déclencheur électronique ou un déclencheur à distance
  • enfin, c’est un semi automatique à priorité ouverture ou un manuel

Le viseur, clair et net, contient les éléments utiles pour la prise de vue

1. Stigmomètre de mise au point et microprisme, 2. Échelle de vitesse 3. Voyants lumineux (mode automatique uniquement : affiche la vitesse d’obturation sélectionnée par le système d’exposition automatique ; en mode manuel et automatique, la diode « 60 » correspond également à un signal prêt pour le flash) 4. les indicateurs à diodes au-dessus ou au-dessous de la plage (mode automatique uniquement)
La commande pour allumer/éteindre, lancer le minuteur, le témoin de batterie – de l’autre côté, la molette des vitesses et le réglage des sensibilités, ainsi que le réglage de sur/sous exposition

En résumé, c’est un appareil en double mode : priorité ouverture (A), mesurée en enfonçant à mi-course le déclencheur. Dans ce cas, une diode rouge vous indique la vitesse sélectionnée. Ou manuel, mais qui nécessite qu’une pile soit dans l’appareil pour fonctionner et sans vous donner d’indication de la mesure de la cellule.

Il est, comme la série XD, le successeur des gammes précédentes des SR (1950) et SRT (1960), en plus petit, moins lourd et – forcément – plus performant. Il utilise aussi la nouvelle monture MD, créée pour le XD.

Personnellement, je le trouve bien complet et, j’avoue, j’aime bien qu’un appareil soit à priorité ouverture, comme le Canon AV-1 moins connu et couru que son cousin le AE-1 qui est un priorité vitesse. Vous pouvez mieux maîtriser ce qui entoure votre sujet.

Il est agréable à prendre an mains, à manipuler. Son viseur est lumineux et on y trouve vite ses repères.

Honnêtement, c’est vraiment dommage que cette marque ne soit pas plus reconnue. Elle a eu le tort de disparaître trop tôt, trop brutalement. Pourtant, elle nous a offert – et avec le temps nous offre encore – de beaux spécimens d’appareils performants des années septante et quatre-vingt pour les tout mécaniques (et il en sera de même avec les autofocus, plus tard).

Quoique en y réfléchissant, c’est une aubaine si vous cherchez des appareils moins suivis et donc plus abordables qui proposent tout ce dont nous avons besoin pour (re)découvrir la photographie argentique, sans se ruiner.

Car question budget, lorsque vous évitez les XD-7 et XD-11 trop chers, vous vous en sortez à 50€ maximum pour un boitier et son objectif.

Et c’est un appareil fait pour durer, la preuve, 44 ans plus tard, j’en parle encore … en bien !

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source : Collection-appareils, Sears 1978

Video d’illustration

Si vous cherchez le mode d’emploi, c’est ICI

Résumé d’un test effectué à l’époque de la sortie des Minolta XG-1 et XG-2

Quelques références : https://cameragocamera.com/2019/01/19/minolta-xg2/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_XG_series, http://www.rokkorfiles.com/XG%20Series.htm, https://www.mikeeckman.com/2015/03/minolta-xg7-1977/ en anglais, http://collection-argentiques.net/?p=2683, http://www.suaudeau.eu/memo/histoire/Histoire_reflexes_Minolta/Histoire-minolta-5.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11526.html en français