Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation de l’Agfamatic 3008 Pocket – Que penser de cet appareil ? – Un peu de technique – Des références
Préambule.
Celui-ci, je l’ai trouvé sur la brocante du Grand-Large, près de Mons. Il était dans une boite en simili cuir gris-bleue, très tendance dans les années soixante, ce qui m’a attiré vers lui. J’ai ouvert la boite, extrait l’appareil dans son sac-tout-prêt, ôté enfin ce dernier pour me retrouver face à un appareil tout à fait inconnu : un Taron Auto JE.
Chouette me suis-je dit presque tout bas, des recherches en perspectives et sans doute une chouette histoire.
Petite négociation avec la dame qui le vendait, et hop, sous le bras (je n’avais pas mon éternel sac à dos ce jour-là !)
Un peu d’histoire.
Et bien ce ne fut pas aisé de retracer l’histoire de cet appareil, ni celle de la marque. Il a fallu faire des recoupements, aller voir des modèles qui ne correspondaient pas pour trouver des pistes, fouiller un peu la Grande Toile puis assembler les éléments recueillis.
Il semble que ce soit en 1943 que cette société nippone ait vu le jour. Comme souvent avec les sociétés japonaises, il y aura plusieurs noms. Le premier, celui donné par son fondateur, sera Yanagihara Tasaburo (entreprise de fabrication), ensuite la société transforme son nom en Nihon Kosokki puis en Nippon Kōsokki Kōgyō K.K. (Industrie japonaise des géomètres optiques), en 1949 ; enfin, elle deviendra Taron en 1959, pour coller au nom de ses modèles.
C’est à partir de 1949 qu’elle produit des appareils photo mais pour compte de tiers comme Fujica, Topcon (Tokyo Kogaku Kikai), Mamiya, Tougo-Do et Yashima Kogaku Seiki.
Pourtant, ce n’est qu’à partir de 1955 qu’elle entreprend de construire ses propres appareils : des télémétriques, des compacts 35mm, un TLR en 6×6 (le Taroflex) et même un appareil avec cassette 126 (le Taromatic F).
Malheureusement, elle disparut peu après, vers 1967.
Sa production comptait surtout des télémétriques (13), les compacts en 35mm (4) dont un appareil demi-format (le Taron Chic), un 6×6 donc et un avec film en cassette 126.
Celui qui nous préoccupe aujourd’hui sera fabriqué en 1965. Comme il n’y a pas pléthore d’informations à son sujet, nous partirons donc à la découverte complète de cet appareil qui est, il va s’en dire, rare.
Présentation du Taron Auto JE.
Ce qui frappe d’abord avec ce boitier, c’est son caractère un peu frustre, même si tout est bien assemblé, que le métal est majoritaire, qu’il fait son (petit) poids (590gr). Ceci est sans doute dû à la forme du fut de l’objectif/obturateur, on ne peut plus dépouillé.


Cependant, il dispose d’une cellule au sélénium, placée autour de l’objectif proprement dit.
Mais commençons par le décrire :
- sur le capot, à gauche, la manivelle de rembobinage ; presque au centre, la griffe porte-accessoire, dite froide (pas de contact de synchronisation flash) ; à droite, le levier d’armement avec en son centre le compteur de vue, manuel, et un peu sur l’avant, le déclencheur avec un pas de vis pour y fixer un câble

- la semelle ne supporte qu’un petit bouton plat pour débrayer le mécanisme lors du rembobinage et un filet pour fixer un trépied

- la porte arrière s’ouvre en soulevant une tirette, qui libère le verrou, sur la tranche gauche de l’appareil. Elle est montée sur une charnière


- le viseur lui mérite toute notre attention. Si le carré arrière est assez petit, la surface à l’avant est plus confortable mais c’est à l’intérieur que cela devient intéressant car il possède un cadre lumineux collimaté, avec repères pour la correction de parallaxe et, surtout, si vous regardez vers le haut, un rappel de la distance choisie et si vous regardez vers le bas, l’ouverture choisie lorsque vous êtes en position Auto, ou l’ouverture si vous êtes en manuel.

- enfin, le fut d’objectif/obturateur porte plusieurs indications dont scènes – groups – close-up, en face desquels il faut faire correspondre un point vert sur la bague noire striée autour de l’objectif ; tandis qu’en dessous du fut vous trouvez une tirette pour mettre la position Auto (en rouge) ou l’ouverture que vous voulez choisir (de f2,8 à f22), la pose B et le type de flash à synchroniser (M)


- la prise coaxiale du flash est en haut du fut, sur la gauche
- sur le devant de l’objectif, par dessous, une autre tirette pour noter la sensibilité du film, en Din et Asa, de 25 à 400 Asa

- l’objectif est un Taronar de 40mm ouvrant à f2,8
- autour de l’objectif, le nid d’abeille (Electric Eye ou EE) de la cellule au sélénium (toujours active ici). On peut fixer un filtre devant la cellule, qui est tient compte dés lors.
- deux broches, sur les côtés, permettent de fixer une sangle, même si celle-ci est reprise aussi sur le sac-tout-prêt, en cuir noir.
Dans la boite, j’ai eu la chance de trouver son certificat et, surtout, son mode d’emploi, pas bien épais (16 pages) mais bien utile.

Il nous dit tout d’abord que la compagnie Taron est très gratifiée et honorée que nous ayons choisi cet appareil. Tout automatique, le Taron est un one touch camera qui peut être utilisé par chacun (en résumé, dès que nous avons les réglages de la sensibilité du film et de la distance, il reste à appuyer sur le déclencheur.
Autrement dit – je cite – avec le système EE, le cerveau électrique détermine l’ouverture automatiquement.
Dés le moment où un film est placé dans la chambre, que le compteur de vue est remis sur 1 pour la première photo, que la sensibilité de la cellule est réglée, il suffit ensuite de régler la bonne distance avec les 3 symboles qui apparaissent dans le viseur et d’appuyer sur le déclencheur pour capter votre sujet.

Le close-up (un personnage) détermine une distance de 1,5m, le groups (plusieurs personens) une distance à partir de 2,5m et scenes (une montagne) à partir de 10 m jusque l’infini. L’échelle de distance est notée dans le viseur. Lorsque la marque est verte, c’est que la mise au point est bonne. Ce qui veut dire que l’on peut prérégler la distance et l’affiner en tournant la bague à l’avant de l’objectif, comme s’il s’agissait d’un télémètre.
Pour le flash, il faut régler la distance comme s’il faisait jour. La synchro se fera au 1/60s. Petite subtilité, puisqu’on ne peut régler la vitesse soi-même, il faut calculer l’ouverture en fonction de nombre guide du flash (diviser le nombre guide par la distance au sujet), poser l’ouverture au chiffre obtenu puis remettre la tirette sur Auto. Une table est d’ailleurs fournie avec les vitesses par rapport aux ouvertures (voir ci-dessous).

Rien de bien compliqué en somme …





Que penser de cet appareil ?
Vraiment pas courant celui-là, je n’en ai trouvé qu’un seul à la vente sur le grand site de vente qui commence par E et nulle part ailleurs.
Outre cela, il ne manque pas d’attraits pour un boitier de son époque, ce qui le rend encore intéressant.
Fabriqué solidement, il peut encore rendre de bons services d’autant que les quelques articles que j’ai pu lire disent que l’objectif est de qualité.
L’autre avantage est que s’il est automatique, on peut quand même s’en servir en manuel, donc même si le sélénium vous lâche lâchement à un moment ou un autre.
Si vous aimez photographier différemment, voilà un bon candidat !
Au niveau cote, il devrait se négocier autour des 100€ avec son sac-tout-prêt, son manuel et sa seconde sacoche de transport. C’est raisonnable au regard de la rareté du Taron Auto JE.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Des références.
https://maniacphotos.com/produkt/taron-auto-je/, en allemand ; https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8819433/camera-taron-auto-je, https://filmphotography.eu/en-p/cameras/taron/, en anglais ; https://www.wikiwand.com/fr/articles/Taron_(Nihon_Kosokki), https://fr.wikipedia.org/wiki/Taron_(Nihon_Kosokki), https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1605904#Compact_35_mm, en français
