Les nouveautés en un lieu

Le LG KC910 Renoir, le chainon manquant ?

Ah, l’aurais-je trouvé, cet objet qui expliquerait l’engouement actuel des smartphones pour photographier, au détriment des compacts ?

Si j’en crois l’accroche du site 01Net, « Le Renoir est un mobile qui vous fera oublier votre compact à la maison ». Voilà, c’est dit et nous étions en 2008 !

« Ita misa est » auraient dit mes lointains ancêtres (« la messe est dite » pour ceux qui ne se sont pas farci des humanités anciennes en latin).

De fait, lorsqu’on regarde l’appareil, on hésite encore entre un compact et un téléphone.

A l’époque, les « vrais » compacts s’appelaient Canon Ixus 90, Lumix FX-37 de chez Panasonic, Olympus Tough, Sony Cybershot série T ou W, Fuji FinePix F100d, Canon Powershot SD790 IS, Casio Exilim EX-S10, Fujifilm FinePix Z200fd, Nikon Coolpix S210, NIkon Coolpix S60, Olympus Stylus 1040, Pentax Optio S12, Sony Cybershot DSC-T700, etc. pour ne citer que ceux que l’on glissent encore dans une poche.

Ils offraient tous plus ou moins de 8 à 12 Mpx et donnaient un large compromis entre compacité et qualité d’image.

Quant au prix de vente, il atteignait 250€ pour les hauts de gamme des compacts voire ultra compacts, car le consommateur voyait, avec plaisir, les prix diminuer lentement (prix moyen de 170€ en 2008 pour un APN de qualité sans être expert) – source 01Net.

Un autre article, daté de 2012, confirme la descente aux enfers des compacts : moins 48´% par rapport à l’année précédente.

En quatre ans (2008 – 2012), le smartphone avait pris le pouvoir, au détriment des appareils photos compact (voire ultra compact pour certains).

Comment s’étonner qu’en 2022 il n’y en ait plus aux catalogues des enseignes ni mêmes des fabricants ?

Bon, allons voir cet épouvantail de plus près : son ramage vaut-il son plumage ?

Appelé aussi KC910 (c’est moins poétique), « le mobile 8 mégapixels de LG est excellent en photo sans faire l’impasse sur le reste » disait l’article déjà cité de 01Net.

Déjà une remarque : il propose nettement moins que les compacts, pour le double du prix (499€ au moment de son lancement).

Mais, ok, on continue …

Si, de fait, il ressemble à un appareil photo, impossible de s’en servir comme tel sans passer par le Tél…éphone ! – d’accord, celle-là, elle était facile.

Donc, ça ressemble à un appareil photo mais c’est avant tout un téléphone qui fait aussi office, le cas échéant, d’appareil photo.

Je ne vais pas refaire l’analyse qui fut faite en son temps dans l’article déjà cité sur 01Net, juste donner mes impressions avec ce compact qui téléphone ou ce téléphone qui fait des photos.

Ceci implique obligatoirement d’insérer une carte SIM et une carte mini SD dans l’engin et de passer par l’option « photo » pour arriver à l’appareil proprement dit. Pas rapide ni intuitif !

Avec un compact, j’ai juste besoin d’une carte mémoire … mais, d’accord, mon compact me téléphone pas à ma grand-mère …

Au rayon des choses pratiques, ou pas, notons que le fameux bouton autour de l’objectif, censé permettre les réglages, est vraiment mal fichu : il ne protège pas l’objectif comme les clapets sur les compacts et, pire, il incite à mettre les doigts sur l’objectif. Bonjour les traces grasses.

En plus, si vous laissez l’appareil trainer dans une poche, vous risquez de griffer le verre.

Ce serait dommage, il s’agit d’un Schneider-Kreuznach, en principe gage de qualité. Mais couplé à un tel appareil, il n’est même pas assez efficace en basse lumière Il faudra avoir recours au minuscule flash au Xénon, placé bien trop près de l’axe de visée, ce qui aura pour conséquence de faire rougir les yeux de vos victimes.

Le Renoir est équipé de deux zooms, dont un numérique, qui rendra les photos acceptables sur l’écran, minuscule, du téléphone mais montrera très vite ses limites sur un écran de PC et même à l’impression. L’autre zoom est a actionner avec le bouton en demi lune « à tout faire » autour de l’objectif : vous y mettrez forcément les doigts dessus tant sa position est peu confortable, à moins de retourner l’appareil vers vous pour y placer d’abord correctement les doigts, … toujours pas intuitif.

Je ne vous parlerai pas des fonctions vidéos, je ne m’en sert jamais car si je filme, je le fais avec une … caméra (je sais, je dois faire partie des dinosaures digitaux).

Ceci étant, je ris doucement quand je lis « qu’il est possible de faire son montage vidéo depuis le téléphone mais dans une résolution, elle aussi limitée à 320 x 240 pixels ». Si la résolution importe peu de nos jours (vu l’évolution), vouloir faire un montage vidéo sur cet écran tient de la gageure.

Bon, revenons à notre approche photo.

Je résume : j’ai allumé le LG Renoir (35 secondes, montre en main) mais admettons que comme tout téléphone, on l’éteigne rarement.

Je dois aller dans les applications pour trouver celle de l’appareil, qui doit se « charger » (encore 5 secondes).

L’écran qui apparait rappelle celui d’un compact et il est tactile (dans la norme de ce qui se faisait à l’époque, c.-à-d. pas rapide, pas très incisif).

Alors soit vous le laissez en tout auto et il fait ce qu’il peut, soit vous allez dans les paramètres pour le régler un peu. Ce que l’on peut faire pour la balance des blancs, la sensibilité ISO, la taille de l’image et sa finesse.

Vous aurez aussi les habituels modes portrait, paysage, photo de nuit, etc.

Ah, et si vous aviez l’idée saugrenue de vouloir basculer en « manuel », vous voyez apparaître au milieu de l’écran une barre avec un curseur, un moins et un plus à chaque extrémité. Ça, c’est pour régler la distance vous même du bout des doigts, mais faut être patient car le tactile est ce qu’il est. Franchement, ce n’est pas précis et la visée sur l’écran très mauvaise.

L’ancien propriétaire a oublié quelques photos à l’intérieur, dont je ne vous montre qu’une petite sélection, la majorité étant celles d’un petit enfant, que je ne montrerai pas.

A part celle d’une pièce, bien éclairée, et effacée par erreur, le reste laisse bien à désirer me semble-t’il !

Honnêtement, je me demande si le journaliste qui a écris l’article a eu l’engin entre les mains. En tout cas, je ne partage pas du tout son enthousiasme … J’en conviens, je le vois avec les yeux (et les doigts) de quelqu’un qui utilise un smartphone relativement récent (j’use un Samsung Galaxy S7 depuis un moment) mais l’appareil est lent, le tactile aussi et il faut bien plus de temps pour faire les réglages que sur un vrai compact.

Enfin, si on veut regarder les photos, il faut de nouveau patienter que « ça charge »et pour les regarder, il faut de bons yeux, l’écran étant tout petit.

Alors quand je lis : « Un petit labo de retouches intégré est proposé. Facile à utiliser, il saura séduire celles et ceux qui veulent passer leur clichés en noir et blanc, par exemple », je me dis qu’ils sont bien patients ceux qui veulent le faire. Moi, je renonce !

Là où le journaliste se rattrape, c’est quand il note : « Dans l’ensemble, le Renoir s’en sort bien… pour un mobile, mais il ne peut encore remplacer un très bon 8 mégapixels comme le 860 IS de Canon. » Ben tiens !

Car il faut bien le reconnaître, outre la mise sous tension looongue, le délai entre chaque prise de vue est aussi exaspérant. Si j’ajoute à cela une latence certaine entre les prises de vue, vous réserverez celles-ci aux objets relativement statiques. Je peux vous assurer que presque toutes les photos faites de l’enfant sont floues, sauf … quand il dort !

Comme je le disais déjà plus haut, en cas de lumière faible, le « bruit » sera vite perceptible, même en utilisant le flash.

Ensuite, la balance des blancs fait se qu’elle peut mais elle aussi montre vite ses limites, ce qui se voit dans les détails, mal dégrossis et les contrastes sont souvent bouchés.

Enfin, si vous utilisez l’appareil comme téléphone et comme appareil photo, n’oubliez pas votre chargeur car il ne tiendra pas un jour complet.

Voilà, voilà … si ce LG Renoir KC910 est sensé avoir été le tueur de compact, là, je ne comprends plus le photographe lambda !

Et le LG ne fut pas le seul à être encensé par la presse de l’époque, qui vouait déjà les compacts à une mort certaine, ce qui arriva assez vite, in fine.

En résumé, vous allez avoir l’impression que je suis cruel face à cet objet qui accuse ses 14 ans (nous sommes en 2022), une éternité en appareils technologiques.

Oui, et je le suis d’autant plus que ce type d’appareil – le LG n’était pas seul sur le marché – a vendu beaucoup de rêves, très loin de la réalité et a détourné nombre de potentiels clients des excellents compacts de l’époque, les vouant, finalement, à une disparition quasi complète de nos jours (il ne reste que ceux qualifiés d’expert, à des prix !).

Certes, les « photophones » comme on les appelaient encore à cette époque ont fait d’énorme progrès, très vite mais ils restent des compromis pour beaucoup de choses : bons partout mais jamais excellents nulle part.

C’est à cette relative médiocrité que l’on nous a habitué et qui semble combler la plupart des utilisateurs qui, souvent, n’ont rien connu d’autres.

Ne nous trompons pas, le vingt et unième siècle a commencé par la plus vaste escroquerie marketing de tous les temps – le fameux « bug » des années deux mille qui fut surtout l’occasion de vous faire renouveler vos parcs informatiques ! – et ça continue encore de nos jours avec une obsolescence programmé toujours bien présente.

Alors, le LG Renoir vaut-il encore la peine d’un achat de nos jours ?

Non : il n’est pas un téléphone aussi performant que le plus bas de gamme actuel et c’est un mauvais compact, peu utilisable.

Cruelle évolution de la technologie, que nous pourrions appliquer à tant d’autres objets …

Petite video d’illustration

Si vous aimez la technique, quelques infos :

Les infos techniques :
Format du téléphoneClassique
Type de clavierNumérique
Système d’exploitationPropriétaire
Compatible JAVAOui
Mémoire interne100 Mo
Support cartes mémoiresmicroSD, microSDHC
Commandes vocalesNon
Fonction mains libresOui
Navigateur InternetNon
Client e-mailOui
GPSOui
Diagonale de l’écran7.6 cm
Technologie de l’écranTFT
Nombre de couleurs de l’écran262144
TactileOui
Accelérateur graphique 2D/3DZoran
Second écranNon
Appareil Photo IntégréOui
Capteur photo8 Mpx
Zoom numérique16 x
FlashOui
Capteur photo pour la visio0.3072 Mpx
Lecture musiqueOui
Radio FMOui
Enregistrement vidéoOui
Support de l’infra-rouge (IrDA)Non
Support du BluetoothOui
Synchro données PCOui
Sortie PictBridgeOui
Prise casqueOui
Sortie TVOui
Compatibilité USBOui
Capacité de la batterie1000 mAh
Autonomie annoncée veille14 j 14 h
Autonomie annoncée communications4 h
Poids128 g
Largeur5.6 cm
Hauteur10.8 cm
Epaisseur1.4 cm
Compatible réseaux GSM850 MHz, 900 MHz, 1800 MHz, 1900 MHz
Compatible réseau GPRSOui
Compatible réseau EDGEOui
Compatible réseau 3G (WCDMA)Oui
Compatible 3,5G (HSDPA)Oui
Compatible UMA (Unlicenced Mobile Access)Non
Modem intégréOui

Caractéristiques générales

  • Type Classique Ecran Tactile Oui
  • Clavier Azerty Non UMTS 2100
  • EDGE Oui GPRS Oui
  • HSDPA HSDPA 7.2 Bande GSM 850 / 900 / 1800 / 1900
  • Dimensions : LxHxP (mm) 108 x 56 x 14 Poids avec batterie (g) 106
  • Type de batterie Lithium Ion 1000 mAh Autonomie Veille / Communication (h) 350h / 4h
  • DAS (W/kg) 0.492 Mémoire interne 100 Mo

Photo

  • Appareil Photo Oui Résolution capteur photo 8MP
  • Zoom x16 Flash intégré Oui
  • Mode rafale Oui Retardateur Oui
  • Formats supportés JPEG / PNG / GIF / GIF animé

Video

  • Vidéo streaming / téléphonie Oui / Oui

Affichage

  • Résolution écran principal (pixels) 240 x 400 Nombre de couleurs 262000

Des références : https://www.lg.com/fr/smartphones/lg-KC910, https://www.lesmobiles.com/telephones/lg-kc910-renoir.html, https://www.lesnumeriques.com/telephone-portable/lg-renoir-kc910-p3937/test.html, https://www.01net.com/tests/lg-renoir-kc910-fiche-technique-8903.html

Les nouveautés en un lieu

Préparer son sac photo pour les vacances…

… mais pas que ! Conseils valables pour toutes vos sorties photos.

Que le premier d’entre vous qui n’a jamais oublié un objectif, une carte mémoire, une batterie avant une sortie me lance le premier caillou !

Eh oui, ça nous est déjà arrivé à tous … et comme je suis un éternel distrait, j’ai déjà commencé des sorties photographique avec un appareil à la batterie en fin de vie, et celle de remplacement, aussi (la honte, j’vous dis pas !).

J’ai même un jour demandé à mon épouse de grimper sur un tronc, au dessus de l’eau, pour immortaliser son portrait dans une lumière magnifique, un endroit idyllique … j’ai pris une dizaine de photos …et je me suis aperçu que j’avais oublié de remettre un film dans le Canon Eos 30. Fâcheux … elle n’a pas voulu remonter sur l’arbre !

Bref, si vous êtes sur le départ, voici un petit truc tout simple pour ne rien oublier : la check liste.

N’en faites pas une à rallonge, car, découragé, vous ne vous en servirez pas, mais pointez ce qui est important.

Allez, on se lance : une feuille assez rigide et – idéalement – que vous allez plastifier (elle va souvent servir).

Mais avant de partir, vérifiez le matériel de base :

  • y a t-il une carte mémoire (deux le cas échéant) dans le boitier ? Ne refaites pas le coup du film oublié version moderne !
  • est-elle formatée ? A vérifier avant de partir, ça évite d’effacer des souvenirs précieux que vous n’auriez pas encore versés dans votre PC. Si c’est trop juste pour le faire, pensez à avoir toujours au moins deux cartes vierges avec vous, vous ne perdrez rien et vous pourrez repartir faire de nouvelle images sans regrets.
  • encore au rayon des cartes mémoires, certains sacs ont la bonne idée de vous permettre de séparer les cartes utilisées des cartes vierges (Lowepro p. ex.). Pensez à un petit truc pour marquer votre étuis à cartes, comme une gommette de couleur (vert = vierge; rouge = utilisée)
  • tant que vous êtes dans le compartiment carte (ce n’est pas le cas de tous les appareils, qui peuvent avoir deux baies séparées), vérifiez qu’il y a bien une batterie
  • et que celle-ci est pleine. Perso, vu la gourmandise des appareils modernes, surtout les hybrides, j’ai toujours un jeu de trois batteries avec moi. Et comme pour les cartes, un système de gommette pour savoir celles qui ont été utilisées et les autres.
  • pour vous évitez la panne sèche, au cas où, achetez aussi un « power bank » (= batterie rechargeable indépendante) d’au moins 10.000Mha, que vous pourrez connecter à un chargeur nomade (= prévu pour fonctionner sur un chargeur de GSM). Cette capacité autorise la recharge d’au moins deux batteries, même s’il faut compter environ une heure et demie par batterie
  • pour les plus technophiles d’entre nous, il existe aussi maintenant de petits panneaux solaires souples que l’on peut fixer sur le sac à dos, qui rechargeront les batteries en marchant

Pour vous aider, j’ai créé un petit fichier PDF que vous pouvez télécharger gratuitement :

Bon, vous avez vérifié le matériel, il ne manque rien, vous êtes parés … enfin presque, car bien souvent, les premières photos vont payer votre précipitation car vous aurez oublié de revoir les réglages de votre boitier, qui retient les derniers utilisés.

Donc, vérification des ISO, du correcteur d’exposition, éventuellement de la balance des blancs, du mode sélectionné sur la roue PSAM pour éviter les déconvenues …

Ça se précise, vous allez pouvoir embarquer … dernières questions à se poser : quels types de photos vais-je envisager ? Du portrait, du paysage, du mouvement, de l’architecture ?

Selon ce que vous préfèrerez, vous choisirez les objectifs en adéquation avec votre pratique.

N’en prenez pas trop, c’est lourd et encombrant. Préférerez peut-être un moment les Zooms dits trans-standard, ils couvriront vos focales préférées. Et ceux de nos jours sont excellents, très proches des standards des focales fixes.

Bien évidemment, vos objectifs seront accompagnés des accessoires très utiles, comme les pare-soleil, les bouchons avant et arrière, plus celui du boitier. Ne faites pas l’impasse sur les filtres ND, GND, polarisant et consorts, ils vous sauveront la mise souvent.

Qu’aurions-nous oublié ?

Un trépied, voire un monopode – plus léger- et leurs sabots pour fixer votre appareil. Une sangle confortable pour le porter, voire un sac à dos qui doit être respirant à l’arrière et posséder des bretelles réglables pour que le port ne devienne pas un calvaire, surtout s’il fait chaud.

Aurez-vous besoin d’un flash ? Si oui, vérifiez les piles et prenez en de rechange.

Une télécommande serait utile (si vous comptez faire des pauses longues par ex.) – vérifiez aussi les piles.

En résumé, je dirais que ceci est la base, à laquelle vous pourrez ajouter, le cas échéant, quelques accessoires vraiment utiles, qui pourraient devenir vite indispensables : un chiffon en microfibres, du gaffer, un couteau Suisse, des diffuseurs de lumière, des sachets en plastique (pour mettre l’appareil à l’abri s’il pleut), un poncho (pour le photographe se mettre au sec), des pansements contre les ampoules si vous comptez marcher longtemps, des lunettes de soleil, de vue, etc.

Ceci étant dit, ne vous chargez pas comme un mulet non plus !

Allez, cette fois, vous avez le nécessaire (et même un peu de superflu bien utile). Il me reste à vous souhaiter d’excellentes vacances et de nous ramener de chouettes photos de vos pérégrinations.