Argentique

Un Lipca Flexora II bien mal en point.

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Préambule.

Là, dans une caisse, entouré d’épaves, j’aperçois un petit TLR mal en point mais peut-être récupérable.

Je l’extirpe du tas et force est de constater qu’il va y avoir du boulot pour le remettre en état. Déjà, les panneaux du tunnel de visée sont en vrac et il en manque un. Mais bon, les objectifs bougent de manière fluide, les vitesses fonctionnent, le déclencheur itou, le dépoli est sale mais intact. Tout n’est pas à jeter.

Grosses palabres avec le vendeur et finalement je l’emmène pour 10€.

Voyons voir maintenant qui est ce TLR car je n’ai pas vu de marque, hormis un sigle mal visible à l’arrière, ce qui ne m’aide pas beaucoup. Reste les optiques, des Ennar, ce qui va peut-être me donner une piste.

Après quelques clics sur la Grande Toile, enfin j’ai trouvé : c’est un Lipca Flexora.

Un peu d’histoire.

Lipca est le diminutif de Lippische Kamerafabrik Richter und Fischer Gmbh, une société fondée en 1947 par les époux Fritz et Charlotte Richter et Karl Fischer à Bartrup, en Allemagne de l’Ouest. Quelques mois plus tôt, les époux Richter quittaient la zone soviétique de l’Allemagne occupée, avec une partie des employés et des machines de la Kamera-Werk C. Richter Tharandt (près de Dresde). Ils s’installent d’abord dans une ancienne usine de cigarettes avant de trouver un nouveau bâtiment.

Malheureusement, début 1948, Fritz Richter décède dans un accident de voiture alors qu’il se rendait à une réunion pour discuter de projets pour une autre usine d’appareils photo à Bünde.

La Lippischen Camerafabrik Richter & Fischer GmbH à Barntrup fut alors officiellement fondée le 14 mai 1948 par la veuve Charlotte Richter et Karl Fischer.

Au cours des années cinquante, Lippische fut un fabricant très actif dans la fabrication d’appareils bis-objectifs, quoiqu’ils n’aient pas produit beaucoup de modèles différents : le Flexo, le Rollop, le Flexora qui nous occupe et les Optina/Optimet. Comme souvent, une partie de la production se retrouve aussi sous le nom de distributeurs.

A côté des TLR, l’usine fabriquait aussi des jumelles, un projecteur de diapositives, le Lipcascop. Elle a aussi conclu des accord de licences avec d’autres entreprises et produit un appareil photo instantané, l’Opiphot. En outre, elle a produit environ 2000 appareils pour la société Plaubel, avec qui elle entretenait de bonnes relations.

On estime que la production culminait à 1000 boitiers mensuels, pour une usine d’environ 50 personnes. Une petite usine presque familiale car lorsque les salariés partaient en vacances, ils pouvaient emprunter un appareil de la gamme pour prendre leurs photos souvenirs.

Les exportations toucheront aussi les États-Unis avec notamment le Rollop, le plus perfectionné de leurs appareils.

En mars 1961, l’entreprise déménagea à Bad Nauheim et s’y enregistra sous le nom de « Lipca GmbH ». On y produisit encore quelques TLR Rollop mais la fabrication d’appareils photos cesse au milieu de 1962. La Lipca GmbH a été officiellement dissoute le 29 mars 1972.

Pour en revenir à l’appareil qui nous préoccupe, sachez que le Flexo sera produit dès 1948 et jusqu’en 1954, et que quatre versions vont se succéder. Ensuite, à cause d’un différent avec Franke & Heideck (Rollei), le nom devra être modifié et deviendra Flexora.

Pour mémoire, de nombreux aspects techniques du Flexo, et donc du Flexora, sont issus du Reflecta TLR, que Kamera-Werk (de Karl Fischer) a construit avant et juste après la seconde guerre mondiale.

Présentation de l’appareil.

Comme pour le Flexo, le Flexora sera décliné en plusieurs versions, somme toutes assez peu différentes les unes des autres, sauf sur des détails esthétiques ou par l’évolution des couples objectifs/obturateurs. La production s’est étalée de 1951 à 1954.

On peut classer les trois premiers types ainsi :

  • Type I, un objectif Enna Ennar de 75mm ouvrant à f4,5 dans un obturateur Vario.
  • Type II, un objectif Enna Ennar de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-S.
  • Type III, un objectif Enna Ennagon de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-S.

À partir de 1953, les types suivants ont été ajoutés :

  • Type IIa, un objectif Enna Ennar de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-SV.
  • Type IIIa, un objectif Enna Ennagon de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-SV.

Toutes les lentilles sont traitées, même si c’est léger et parfois abîmé par le temps et les frottements.

Ajoutons que les Flexo Richard et Richard Reflex sont des variantes des Flexora et Flexora II produite pour un distributeur Suisse en 1952.

Petite astuce amusante : il n’y a pas de compteur de vue pour le Flexora, sauf en … option. Celui-ci était livré par Plaubel.

Les Flexora sont moins sophistiqués que les Rollop de la marque mais ils sont bien construits, faits pour durer.

En l’occurrence, nous allons découvrir l’appareil du jour, un Flexorat II, produit autour des années 1952.

Signalons une particularité qui me faisait penser à un autre appareil, déjà évoqué sur le site, le Meopta Flexaret : il dispose d’un système de mise au point hélicoïdale actionné par un levier sous l’objectif et c’est tout le bloc optique qui avance ou recule. La platine est interne. Comme l’objectif de visée et celui de prise de vue sont identiques, l’image projetée sur le dépoli est aisément lisible.

Normalement, la cheminée qui sert à la visée comporte 4 plaques, qui se déplient ou se replient automatiquement. Sur mon exemplaire, hélas, le fronton qui porte la marque de l’appareil a disparu et le chapeau du viseur aussi, tout comme la loupe qui y est souvent attachée. Je vais tenter de restaurer la plaque manquante mais il n’y aura plus de loupe, ni fronton, sauf à trouver une épave donneuse.

Avez-vous remarqué la barre métallique glissée dans le bloc avant ? C’est le viseur dit sportif, un simple fil de fer épais et chromé qui donne une idée vague de ce que l’on regarde.

Une petite remarque encore : les distances sont soit en mètres, comme ici, soit en pieds, exportation oblige.

Ensuite, pour armer l’appareil, il faut d’abord abaisser un levier, qui arme l’obturateur, puis ensuite un second, un peu plus bas, qui actionne le déclenchement. Attention, l’appareil n’a pas de dispositif pour empêcher la double exposition. Donc, si vous oubliez de tourner la molette d’avance du film, surprise !

Comme il n’y a pas non plus de compteur – sauf si la personne qui a acquis en son temps le boitier a pris l’option de Plaubel – il faut vous fiez à la fenêtre en rouge, au dos de l’appareil. Elle est munie d’un volet de protection, toujours utile si vous posez l’appareil au soleil.

Le réglage de la vitesse s’effectue par la rotation du disque autour de l’objectif de prise de vue. Celles-ci vont de 1/10s à 1/300s plus une pose B. Les vitesses ne sont pas linéaires mais proposent la progression suivante : 1 – 2 – 5 – 10 – 25 – 50 – 100 – 300. Pour mémoire, l’obturateur est un Prontor S. On a connu pire !

Au fait, il y a aussi un retardateur (la tirette avec un point rouge, à gauche face à l’objectif) qu’il faut toujours armer quand et seulement si l’obturateur est armé, sinon, on bloque tout et risque de case. En outre, juste au dessus du déclencheur vous pourrez insérer un déclencheur filaire, à viser.

Les ouvertures se règlent enfin en faisant glisser un curseur, en dessous de l’objectif de prise de vue. Elles vont de f3,5 à f25, en tout cas ici, avec un objectif Ennar de 75mm. Le C en rouge sur le pourtour de l’optique signifie qu’il est traité (C=colored). La progression des ouvertures est un modèle ancien, qui se décline en fait ainsi : f/3,5, f/4,5, f/6,3, f/9, f/12, f/18 et f/25

S’ils sont moins connus que d’autres, les objectifs Enna ont très bonne réputation. A vous de le découvrir à l’usage.

Pour charger un film dans l’appareil, il faut faire jouer le ressort en dessous, qui libère la porte du dos, montée sur charnière. Comme d’habitude, on tire sur le bouton d’avance et ici on retire tout le bloc de la chambre, comme sur les anciens box. Le film est le 120 qui donnera des images en 6x6cm

Ai-je oublié quelque chose ?

Ah oui, outre le fait qu’on puisse le qualifier de la mouvance art déco avec son décor autour de l’objectif, il y a un filet pour fixer l’appareil sur un trépied, une prise pour un flash en façade (mais pas de griffe). Et un guide d’exposition sur la plaque arrière du tunnel de visée.

Un mot d’ailleurs à son sujet. Il est basé sur la règle du sunny 16 mais il a été pensé pour des films beaucoup plus lents que de nos jours (faible valeur Iso). Cependant, le film est plus indulgent qu’un capteur et il vous donnera encore de bons résultats s’il est surexposé de 2 ou 3 valeurs, ou sous exposé d’une.

En cas de doute, rien ne vous empêche d’utiliser une cellule à mains.

Source : http://www.artdecocameras.com/cameras/lipca/flexo/

Qu’en penser ?

Le Flexora II n’est pas un appareil courant, même s’il n’est pas rare. Il est somme toute assez basique mais idéal, me semble-t-il, pour aborder le moyen format sans se ruiner et en offrant de bons résultats. Encore une fois, les optiques sont bonnes et l’obturateur est l’infatigable Prontor S que l’on retrouve aussi chez Zeiss Ikon, par exemple.

Des exemples de photos prises avec ce Flexora ICI achèveront de vous convaincre je pense.

Plus solide qu’un Lubitel en bakélite, il vous offrira une belle expérience de prise de vue sans mettre à mal votre portefeuille, et de nos jours, c’est appréciable.

Il n’est vraiment pas compliqué à utiliser et vous vous prendrez vite au jeu de le sortir souvent car il est compact et pas trop lourd pour un TLR.

Que demander de plus ?

Ah, son prix ? Comptez environ 90 à 100€ pour un exemplaire complet et fonctionnel. Ça vous laisse de la marge pour acheter des films.

Videos d’illustration

Une petite pub d’époque (merci Collection-appareils.fr)

Des données techniques.

Fabricant: Lipca
Produit en 1951
Classement : Moyen Format
Type de corps : Reflex à double objectif
Construction : Métal
Type de film : 120
Largeur du film : 62 mm
Taille de l’image : 6 x 6 cm.
Nombre d’images : 12
Type d’objectif : Ennar
Distance focale : 75mm
Type de mise au point : Variable
Portée focale : 1m – infini.
Type d’ouverture : Iris
Ouvertures :f/3,5 – f/25
Type d’obturateur : Prontor S.
Vitesses d’obturation : T, B, I (1/300 s à 1 s)
Taille du viseur ouvert (l x h x p) : 88 x 180 x 100 mm
Taille du viseur fermé (l x h x p) : 88 x 135 x 100 mm
Poids: 720g

Des références

http://camera-wiki.org/wiki/Flexo, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Flexo, http://www.tlr-cameras.com/German/Lipca.html, http://www.artdecocameras.com/cameras/lipca/flexo/, http://www.cjs-classic-cameras.co.uk/other/tlr.html, http://camera-wiki.org/wiki/Flexora, http://camera-wiki.org/wiki/Flexora_II en anglais ; https://dirapon.be/TLR.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11204, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=6321 en français ; https://web.archive.org/web/20160309015207/http://www.ukcamera.com/classic_cameras/lipca1.htm, en allemand et anglais.

Argentique

Le Yashica Flex S

Préambule.

Cet appareil fait partie de ceux ayant appartenu à la personne à laquelle j’ai consacré un article.

En fait , dans cette collection, j’ai acheté plusieurs TLR (twin lens reflex ou appareils à double objectifs) et il y avait deux Yashica Flex.

Si l’un est en parfait état, le second accuse moins bien le poids des ans et sans doute les mauvais traitements que lui ont fait subir les propriétaires précédents, avant d’arriver à l’achat par notre collectionneur.

Un article spécifique sera consacré à la restauration de ce boitier.

Mais venons-en à ce Yashica Flex S.

Un peu d’histoire (et de géographie).

La marque Yashica a une histoire peu commune, qui a laissé de beaux appareils dans l’histoire de la photographie, mais aussi quelques mémorables ratés sur la fin de son existence, chahutée.

Tout d’abord, de la vraie Histoire pour comprendre le phénomène japonais.

Après une longue période (250 ans quand même !) d’isolationnisme, le Japon s’ouvre au monde extérieur sous la pression des USA et des autres pays industrialisés. Nous sommes en 1853.

Il faut attendre le jeune Empereur Mutsuhito (1868 – ère Meijii) pour voir le pays se lancer dans un développement industriel fulgurant et rattraper son retard pour ne pas se faire manger par les autres pays économiquement forts de l’époque.

L’optique, la mécanique et la chimie sont les principaux domaines dans lesquels le pays excelle (et encore aujourd’hui d’ailleurs).

Mais il faut aussi se souvenir de la particularité du Japon : c’est un archipel de quelques 4000 îles. 75% du territoire sont des montagnes. Les plaines littorales sont étroites et ces rares espaces plats favorisent la concentration des hommes et de leurs activités (phénomène de littoralisation.)

Ensuite, le pays manque cruellement de ressources naturelles, qu’il est obligé d’importer.

Enfin, le pays est soumis aux caprices de ses volcans (70 sont toujours actifs), aux typhons nombreux sur sa façade pacifique et aux tsunamis dévastateurs.

Ce petit cours de géographie pour expliquer que les industries japonaises ont souvent commencé par de petits ateliers, qui se sont regroupés parfois, se sont rachetés les uns les autres. Et puis ils se sont ouverts à l’international avec des comptoirs un peu partout, mais ça, c’est une autre histoire …

Au début donc, nous avons des ateliers de mécaniques de précision (montre, horlogerie), d’optique de précision (microscope … tiens comme Leitz et Zeiss !)

Il faudra attendre le désastre de la fin de la seconde guerre mondiale pour que l’industrie photographique commence à se développer réellement.

Ils vont mettre leurs compétences au service de la copie d’appareils allemands, dont Leica, d’abord, pour ensuite s’en émanciper et dépasser l’original bien souvent grâce à une technologie inventive et réalisée selon des standards de qualité élevés.

Ainsi, l’histoire de Yashica commence par la Kogaku Seiki Co, entreprise d’optique née en 1930. Le ministère de la défense demande, en 1941, à cette entreprise de lui fournir un appareil photo. Ce sera le Nippon, une copie assez fidèle du Leica III de 1934. L’entreprise modifie son nom en Nippon Camera Works Ltd. en 1947 et invente un nom de produit, Nicca, qu’elle donne à ses premiers appareils, le Nicca III ou Type 3.

Ces appareils vont évoluer et dépasser le Leica en fonctionnalités et agrément d’utilisation.

« Oui, mais Yashica dans tout ça ? »

J’y viens … En 1949, la Yashima Seiki Company fabrique des pièces pour horloges électriques. Puis ils ont diversifié leur production et fabriqué des pièces pour appareils photographiques.

Finalement, en 1953, Yashima lance le Pigeonflex, un TLR 6×6 qui sera vendu par Endo sous la marque Pigeon.

Rapidement, la société décide de fabriquer et vendre des appareils sous son propre nom et elle lance le Yashima Flex en 1953, rebaptisé la même année en Yashica Flex.

C’est le début d’une longue lignée, qui évoluera de manière graduelle et que l’on pourrait diviser en modèles avec bouton ou à manivelle.

Pour simplifier, disons que les boitiers équipés d’un bouton pour le réarmement et l’avance du film sont restés proches du modèle original, même s’ils ont évolué, et ils sont restés les modèles d’entrées de gamme. Tandis que ceux avec une manivelle, modèles qui commencent avec le Yashica Mat (1957 – 1980), reprendra les caractéristiques des modèles allemands haut de gamme et sera la gamme réservée aux professionnels.

Les puristes de la marque me reprocheront de ne pas inclure dans ce schéma les TLR D et 635 qui ont pu avoir des fonctionnalités parfois plus avancées, mais ce n’est pas le propos de ce billet.

« Bon, et Nicca dans cette histoire, car on avait commencé par eux ! »

Et bien en 1958, suite à de gros soucis financiers, Nicca sera racheté par Yashima, qui changera pour l’occasion son nom en Yashica Company Ltd.

C’est à partir de cet instant que commence une autre histoire passionnante, celle du Yashica 35, sur laquelle je reviendrai peut-être un jour.

Présentation du Yashica Flex S.

J’ai écris, un peu plus haut, que Yashica pouvait s’inscrire dans l’histoire de la photographie grâce à quelques appareils innovant.

Parmi ceux-ci se place le Yashica Flex S.

En effet, il sera le premier TLR au monde à être équipé d’un posemètre intégré (non couplé) à cellule au sélénium.

Pour les plus fonceurs d’entre-vous, non le « S » ne vient pas du sélénium mais de Sekonic, la marque japonaise qui fabriquait des posemètres à cellule à sélénium, celui-là même qui fut greffé sur le Yashica.

Ce n’est pas un posemètre couplé ni à l’ouverture ni à l’obturateur. Il se cache derrière une plaque perforée, celle qui porte la marque et le modèle.

Outre ce posemètre « révolutionnaire », le boitier possédait l’enroulement du film avec arrêt automatique et un compteur de vue.

Introduit en 1954, les premiers appareils seront équipés d’objectifs Tri-Lausar avant d’être remplacé par un Heliotar de 80mm ouvrant à f3,5. Il utilise un filtre dit « à baie 1 », comme sur les Rolleiflex, car il se clipse sur les deux objectifs (viseur et objectif photo). De même, les premiers exemplaires seront équipés d’un obturateur NKS-FB B qui offrait des vitesses de 1s à 1/300s et un retardateur avant d’être remplacés par un obturateur Copal aux mêmes spécificités.

Produit donc de 1954 à 1957, il y aura une succession de changements surtout esthétiques (style des supports de sangles par exemple) et parfois ergonomiques (déplacement de la prise de synchronisation du côté vers l’avant).

Revenons un moment sur cette fameuse cellule Sekonic CB-1. Elle est fixée sur la gauche de l’appareil alors que les cellules pour recueillir la lumière sont situées sous le rabat de la plaque signalétique.

Cette plaque est percée de trous et, en cas de très forte lumière, on peut la laisser en position base.

Généralement, on soulève le rabat pour exposer les cellules aux rayons lumineux et puis on lit l’indice d’exposition dans la fenêtre de la cellule, sur la gauche.

Puis il faut régler l’appareil sur la valeur donnée et la vitesse appropriée.

S’il ne faut pas de pile puisque le sélénium produit l’électricité nécessaire au fonctionnement de la cellule, il faut bien admettre qu’avec le temps la substance s’épuise et il est rare de trouver encore des cellules fonctionnelles. Ceci n’empêchant pas l’appareil de travailler parfaitement et si vous avez besoin de mesurer la lumière, munissez-vous d’une cellule moderne, au CdS par exemple ou mieux, électronique.

Sinon, comment ça marche ?

Vous visez un sujet avec l’appareil, vous soulevez la plaque protégeant les cellules en appuyant sur le discret bouton au bout de la charnière, à droite.

En lisant le chiffre indiqué par la cellule, vous le reportez sur la grille en fonction de la sensibilité Asa de votre film (de 5 à 200Asa ici) et le curseur vous indique l’ouverture et la vitesse recommandées. Pratique et simple.

Pour le reste, c’est assez classique :

  • les deux objectifs sont des Heliotar de 80mm ouvrant à f3,5
  • les vitesses se règlent avec le curseur de droite (vu en tenant l’appareil en mains), de 1s à 1/300s, plus une pause B (obturateur Copal)
  • les ouvertures se manipulent avec le curseur de gauche, de f3,5 à f22
  • par dessous, avec un point rouge au centre, un curseur permet d’armer le retardateur (toujours armer l’obturateur avant d’enclencher ce dernier)
  • un dernier bouton permet, en le faisant glisser vers le bas, d’armer l’obturateur, qu’on libère en actionnant le déclencheur, en bas à droite (toujours dans la position du photographe)
  • on déverrouille la porte arrière en faisant tourner le gros verrou en dessous
  • sur la droite de l’appareil, deux gros boutons et le compteur de vue. Le premier bouton en haut sert à faire avancer le film et, accessoirement sert de pense-bête pour la sensibilité du film, alors que le second fait avancer la platine portant les objectifs, pour la mise au point. Il y a encore une petite tirette, à côté du bouton des distances, qui sert à remettre à zéro le compteur de vue
  • par dessus, le viseur caché dans son « tunnel » : le verre dépoli est quadrillé de rouge pour mieux cerner sa composition ; la traditionnelle petite loupe permet, parait-il, d’affiner le point sur le dépoli. Pour refermer le capot, il suffit de refermer la partie avant vers l’arrière, les différents volets se replient automatiquement dans l’ordre
  • sur la partie gauche, outre la cellule, deux petits boutons servent à introduire le film dans les bobines (on peut tirer dessus pour mettre le film en place correctement)

La synchro flash est à toutes les vitesses, pour terminer.

Qu’en penser ?

A son époque (1954), le fait de proposer une cellule embarquée et un mécanisme automatique pour l’avance du film et l’incrémentation du compteur de vues c’était une grande avancée technologique.

Aujourd’hui, la cellule, même si elle fonctionne encore, ne serait pas des plus précises et surtout limitée en sensibilité (de 5 à 200Asa). Rappelons-nous qu’à l’époque les films étaient plus lents que de nos jours. Rien n’empêche d’utiliser un film plus moderne mais dès lors la cellule à main est à privilégier de toute manière.

Reste que l’avance automatique et le compteur de vues restent un confort d’utilisation toujours d’actualité.

Pour le reste, l’appareil est beau avec son style finalement très classique mais rassurant.

Pas de fioritures inutiles, que du concret pour photographier dans de bonnes conditions.

L’engin est tout en métal, d’un poids (1,770kg nu) qui assure une bonne stabilité mais qui requiert une bonne sangle pour un portage agréable, ou un bon sac. On est loin de la bakélite d’un Lubitel !

Je pourrais lui reprocher sa vitesse maximale (1/300s) mais je n’oublie pas qu’il a été pensé pour des films moins rapides que de nos jours. J’achète donc ceux-ci en conséquence ou j’acquiers des filtres en baie 1 pour compenser (ceci étant, comme je n’aime pas les maths, je prends la première solution).

Pour le reste, c’est super bien construit, les assemblages sont très bons. Notons la plaque d’appui sur le film, dans la porte arrière, pour assurer une très bonne planéité.

Ensuite les optiques sont dans la moyenne supérieure. Allez faire un tour LA pour vous en convaincre.

Donc, si vous trouvez-un au alentours de 200€, dites-vous que vous faites une superbe affaire, surtout s’il est accompagné de sa superbe gaine en cuir.

Peut-être moins connu que d’autres appareil bis-objectifs, il mérite d’être (re)découvert, il ne vous ruinera pas.

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

  • Taille 6×6 sur film 120
  • Corps en aluminium léger moulé sous pression
  • Objectifs Héliotar de 80mm ouvrant à f3,5 jusque f22
  • Obturateur Copal avec 9 vitesses de 1s à 1/300s plus pause B
  • Avance du film semi automatique
  • Synchronisation du flash (X)
  • Cellule Sekonic CD-1 non couplée
  • Baïonnette baie 1 et diamètre de filtre de 30mm
  • Sac tout prêt en cuir
  • Poids : environ 1,770gr

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_6%C3%976_TLR_(knob_advance)#Yashica_Flex_S_.3F, https://www.thecamerasite.lauro.fi/06_TLR_Cameras/Pages/yashicaflex.htm, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_Yashimaflex/Yashicaflex#Yashicaflex_S, http://yashicatlr.com/, http://yashicatlr.com/66ModelsPage2.html (incontournable), https://yashicasailorboy.com/2021/12/02/revisiting-a-classic-yashica-flex-model-s/, https://yashicasailorboy.com/2016/02/16/yashica-flex-model-s-1954-to-1957/, en anglais ; https://fghphoto.be/blog/2017/yashica-35/, https://bromurefilm.com/fr-be/blogs/questions-generalistes-sur-la-photographie-argentique/lhistoire-dune-marque-iconique-yashica, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/yashica-retour-qui-empeste-imposture-marketing-n66775.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-8020-Yashica_Yashica-Flex%20S.html en français

Belles rencontres

Le vieil arbre, fin.

Il y a deux ans, j’écrivais que je ne citerais plus ce vieux bout de bois écartelé, brisé par le temps et ses vicissitudes.

Parce que je passe devant chaque fois que je sors et que je le vois maintenant comme mort, je ne le supporte plus.

Hélas, ce lundi 16 décembre, il m’est revenu à la mémoire comme une gifle en pleine figure : ma mère nous a quitté sous un ciel gris, qui pleurait doucement.

Je souhaite tellement qu’il ne voie plus, lui non plus, un nouveau printemps !

Argentique

Polaroid, une saga qui peut rendre fou !

Si vous avez lu les différents articles que j’ai consacrés aux appareils instantanés, vous aurez peut-être posé le même constat que moi au sujet des Polaroid : quelle inventivité !

Je vous avoue qu’au début de mes découvertes sur les appareils instantanés, j’étais un peu septique car j’avais le sentiment que la marque recyclait souvent le même modèle sous des appellations différentes, sans grands changements.

De fait, mais des spécialistes me feront peut-être remarquer que je me trompe, pour les modèles 600 et les SX-70 en dur (non pliants), il y eut peu d’évolutions, si ce n’est cosmétiques et par petites touches : on passe d’un fix-focus à un réglage de la distance succinct, on ajoute des lentilles pour faire des close-up ; ici et là, on ajoute un flash intégré plutôt que des lampes ; in fine, on ajoute un autofocus original par sonar mais qui semble peu évoluer au fil du temps.

Et pourtant, des premiers films en rouleau aux derniers en cassette, que de chemin parcouru, que d’inventions brevetées, que d’idées inédites mises en place, que d’appareils vendus, que de photos instantanées. Petit florilège :

  • En 1950, système du temps de pose automatique
  • En 1963 premier film instantané couleur
  • En 1972 premier reflex pliant, le SX-70
  • En 1974, Polaroid estimait à 1 milliard les photos prises avec le seul SX-70
  • En 1976, premier autofocus par sonar
  • En 1977, lancement du Polavision, un film super 8 a développement instantané
  • En 1981, lancement du Polaroid 600, décliné en une multitude de formes, de toutes les couleurs (il durera 20 ans)
  • En 1983, lancement du film diapositive Polachrome à développement instantané
  • En 1986, lancement des appareils Spectra et de leur nouveau film
  • A la mort de Land (1991), la somme de ses travaux représentent 537 brevets

Tout ça pour une charmante petite demoiselle, Jennifer (3 ans), qui avait demandé à son papa pourquoi elle ne pouvait pas voir tout de suite la photo qu’il avait prise d’elle avec son Rolleiflex …

Edwin Land et sa fille Jennifer. Photo de Meroë Marston Morse, 1945. Polaroid Corporation Records, Baker Library, Harvard Business School. © Polaroid.

Les boitiers Polaroid, sous des dehors simples, généralement peu couteux, sont truffés d’idées géniales, que l’on découvre souvent quand on démonte un boitier ou lorsqu’on prend la peine de lire de la documentation sur tel ou tel modèle, comme ces lentilles en forme de haricot qui, grâce à leur forme, permettent une mise au point presque parfaite, hélas parfois gâchée par des lentilles en plastique (question de coût !).

Parfois j’ai envie d’en démonter plusieurs pour n’en faire qu’un avec les meilleures pièces de l’un et de l’autre : des lentilles en verre, un sonar, un télémètre intégré dans le viseur, un système de mesure de la lumière, de nouvelles piles, …

Et je regrette que certains films ne soient plus reconduits, comme les pack 100 ou les Spectra.

Un mot à ce sujet : certains vendeurs de vieux Polaroid (Spectra, Image System, Pack 80 et Pack 100, film en rouleau !!) vous jureront sur ce qu’ils ont de plus cher qu’on trouve encore les films via Internet, en Pologne, en Russie (c’est pas gagné avec l’embargo), en Hollande. Soyons clair à ce sujet, c’est non.

Les seuls qui possèdent à ce jour les licences Polaroid sont … Polaroid. Mais entendons-nous bien, Polaroid a cessé ses activités en 2008. Impossible Project (qui est effectivement né et basé en Hollande) a repris la production des films en 2010, puis s’est appelé Polaroid Originals avant de revenir au nom initial de Polaroid.

Les Pack 100 qui sont encore en vente (des films Fuji) datent pour les derniers de 2013 (Fuji FP3000B, noir et blanc) et 2016 (Fuji FP100C, couleurs). Pour les Specra, il datent de 2019, moment où Polaroid Originals a décidé de ne plus suivre ces films au prétexte que les appareils, sortis en 1986, n’étaient plus fiables et viables. Les films 500 – Joycam – Izone n’existent plus depuis 2007. Quant aux films en rouleaux, ils n’existent plus depuis près de cinquante ans.

Il est toujours possible d’utiliser certains films forcément périmés, mais c’est très aléatoire, surtout si vous ne savez pas comment ils ont été conservé. La chimie s’épuise et parfois même, les pack rouillent sous l’action des produits qui percolent à travers les papiers. Inutilisables.

Enfin, je vous laisse découvrir aussi ce monde merveilleux et toujours amusant de la photographie instantanée car la multitude des modèles, leurs variations (couleurs, appellations) sont un formidable terrain de jeu.

Attention toutefois, la collectionnite aigüe pourrait vous guetter !

Argentique

Le Nikon F-401x

Recherche rapide : Préambule Un peu d’histoirePrésentation du Nikon F-401xQu’en penser ? Vidéos d’illustrationUn peu de techniqueDes références.

Préambule.

Ce Nikon me fut remis lors de mes derniers achats chez la dame qui liquidait la collection de son défunt mari, collection à laquelle j’ai consacré un article.

De fait, il était dans une caisse, avec d’autres appareils qui présentaient tous un défaut, qu’il allait me falloir chercher, rien n’étant indiqué sur les boitiers.

Pour certains c’était évident : objectif fixe cassé, compartiment piles oxydé, pièces manquantes, etc.

Et puis, il y avait deux Nikon : ce F-401x et un F-501, définitivement hors service lui.

Sur ce F-401x il y avait bien quelques traces d’oxydation, mais un rapide nettoyage les a fait disparaitre et lorsque j’ai placé un nouveau jeux de piles, tout fonctionnait. Seul hic restant : le verrou de la porte à pile était cassé. Qu’a cela ne tienne, j’ai commandé un rail Arca Swiss à fixer par dessous et qui bloque la porte.

Un peu d’histoire.

Dès les années septante les fabricants d’appareil photo rêvaient d’un système de mise au pont automatique. Polaroid a lancé son système de mise au point par sonar, Canon et Konica lancent respectivement leur système de mise au point automatique active et passive. Mais c’est Pentax, avec le Pentax ME-F qui arrive le premier en 1983. Il utilisait des objectifs avec un moteur intégré au corps de l’objectif pour assurer la mise au point, et un système de détection de phase TTL passif qui utilisait le contraste pour choisir le point autofocus approprié.

Nikon a choisi de prendre ces deux éléments (moteur externe et TTL passif) pour construire son premier réflex automatique. Nous sommes en 1983.

Pour base, ils ont pris le F3, leur appareil professionnel, sur lequel ils ont construit un nouveau viseur, qui contenait le capteur de détection de mise au point, le fameux TTL passif. Et puisqu’ils estimaient que l’autofocus intéresserait surtout les photographes de sports et d’action, ils ont construit un téléobjectif de 80mm et un autre de 200mm avec un moteur externe.

Las, malgré tous leurs efforts, ça n’a pas fonctionné et ils ont abandonné le projet.

Le coup de tonnerre vient en 1985 de Minolta et de son Minolta AF 7000. Cet appareil était équipé d’un moteur interne qui entrainait les objectifs grâce à une came montée sur la partie appareil le la baïonnette. Le boitier analysait la distance et la communiquait au réglage de l’objectif.

C’était révolutionnaire tant en fonctionnalité qu’en termes de forme qu’allait adopter dorénavant les nouveaux reflex.

Nikon prend note de cette avancée, tenant compte des leçons du F3AF qui n’avait pas marché : ils gardent leur monture F emblématique mais place un moteur de mise au point automatique dans le boitier lui-même. Le premier autofocus Nikon est le F-501.

Il rencontre un petit succès car il souffre d’une mise au point automatique lente et son système de mesure était encore un capteur à pondération centrale 60/40.

En 1987, Nikon lance alors le F-401 qui utilise un capteur de mise au point enfin revu (AM200) et une mesure de lumière à triple capteur (ce n’est pas encore une véritable matrice).

Petit à petit, Nikon améliore son produit, notamment grâce aux avancées consenties sur le F4 professionnel et le F-801, destiné aux amateurs avertis et exigeants. Ces mises à jour seront intégrées, en 1989, dans le F-401x.

Nikon a donc présenté un vrai autofocus en 1987, soit deux ans après les Minolta AF 7000 qui ouvraient la vie d’une nouvelle technologie, et en même temps que Canon et ses Eos.

Attention, par vrai autofocus j’entends des appareils qui comportent un moteur et qui possède un autofocus qui fonctionne via le boitier et non plus avec un moteur externe placé sur l’objectif, comme les premiers essais de Nikon, Canon et Pentax.

Le premier Nikon F-401 était un entrée de gamme, sorti en 1987 et fournit jusqu’en 1989.

Il succède aux F-301 et F-501. Il sera le premier appareil de la marque a avoir un boitier dit bio-design, que nous pourrions qualifier de nos jours comme ergonomique : c’est-à-dire que le dessin tient compte la morphologie humaine avant la technique pure pour donner un objet agréable et sûr à utiliser.

Autre nouveauté du F-401, il possède un flash escamotable monté sur le dessus du prisme, avec la mesure TTL afin de doser au mieux les lumières artificielles et ambiantes.

Autre amélioration, encore rare en 1987 et que Nikon maitrise bien depuis le Nikon FA, la mesure matricielle. Cette fois, c’est un véritable cœur informatique central (CPU) qui la gère et qui communique avec l’objectif pour déterminer automatiquement le meilleur couple vitesse/diaphragme et ce quelles que soient les conditions de lumière.

Son autofocus est aussi revu pour être plus sensible et rapide, mais il n’atteint pas encore la vitesse de l’autofocus de chez Canon, qui utilise une transmission électrique.

Finalement, il existera trois versions du F-401, chacune entrainant de petites améliorations :

  • le F-401, aussi appelée N4004 aux USA. C’est la version initiale, produite de 1987 à 1989
  • le F-401s (le N4004s aux States), qui voit son autofocus amélioré et un plexiglas est posé sur les molettes de réglages. Lui sera produit de 1989 à 1991
  • le F-401x (le N5005 aux Etats-Unis), qui apporte un autofocus dynamique pour les sujets en mouvement et qui supprime la plaque de plexiglas fragile et un peu inutile de la version antérieure. Sa synchro flash passe au 1/125s. Cette dernière itération sera produite de 1991 à 1998.

Il sera suivi par la série des F-50, F-60 et 65, F-70, F-80 et F-90.

Présentation du Nikon F-401x.

Comme je l’écrivais plus haut, il s’agit d’un appareil destiné aux amateurs.

Il ne manque cependant pas d’arguments pour leur faire aimer la photo et, qui sait, envisager de grandir dans le giron de la marque.

Par exemple, il reprend la matrice du F-801 (premier du nom) pour le calcul de la lumière. Ailleurs, il est un peu bridé mais reste tout à fait honorable.

Deux molettes, placées sur le capot, permettent de régler facilement l’ouverture et la vitesse. Cette dernière est plafonnée à 1/2000s mais offre une pose T (une pose B plus longue si on veut car on appuie une première fois pour ouvrir l’obturateur et une seconde fois pour le fermer, sans limite de temps entre les deux).

Une lettre A (aperture) indique un automatisme à priorité ouverture tandis que le L (lock) coupe l’alimentation et verrouille le boitier. Ne forcez pas pour ces deux positions, il faut juste appuyer sur le bouton chromé de déverrouillage qui est juste à côté.

La molette des ouvertures, elle, est graduée de f1,4 à f32 plus une position S pour la priorité vitesse (speed). Cette position doit aussi être déverrouillée en appuyant sur le bouton. Dans cette position, la bague de diaphragme de l’objectif doit être positionnée sur la plus petite ouverture (grand f) et verrouillée.

Si vous avez choisi de placer les molettes en A ou en S, vous faites basculer le boitier en mode automatique multi-programmes.

Et donc, si vous réglez les deux molettes aux valeurs que vous souhaitez (vitesses et/ou ouvertures), vous passez en mode manuel. Dans ce cas, dans le viseur vous verrez un « -« , un « O » ou un « + » s’allumer selon que la mesure de lumière est sous ou sur exposée, ou juste. La mesure est alors pondérée centrale. Un témoin vert signale aussi que la mise au point est faite et fixée.

Alors que dans les autres modes, la mesure de la lumière est par défaut matricielle sur 5 zones. Elle ne devient pondérée centrale que si vous passez en manuel ou que vous appuyez sur le bouton AEL.

Ajoutons qu’il y a un retardateur électronique de 10 secondes et la grande nouveauté du F-401, le flash électronique de nombre guide 12 pour 100 ISO, qui est incorporé au prisme. Il fonctionne avec la mesure TTL (à travers l’objectif) et est surtout utile pour déboucher les ombres. Dans les autres cas, un flash dédié est nécessaire.

L’objectif de dotation est le « classique » zoom Nikkor 35 -70mm f3.3 – f4.5 livré avec cette gamme d’appareils. Ce n’est pas un foudre de guerre mais il fait le job.

La sensibilité du film, et donc le réglage de la cellule, se fait lors du chargement du film car l’appareil « lit » le codage DX inscrit sur la cartouche. Elle offre une plage de 25 à 5000Iso.

L’alimentation de l’appareil est confiée à 4 piles AA tout à fait ordinaires, faciles à trouver et peu onéreuses. Elles se glissent dans une trappe avec verrou dans la semelle et leur position produit la forme de la poignée, assez creusée et agréable à la tenue en main. Toutefois le verrou, en plastique, est fragile et casse facilement avec le temps. Sur cet exemplaire j’ai donc placé une plaque de 7cm, compatible Arca Swiss pour bloquer la porte et ça fonctionne très bien.

Que penser de l’appareil ?

Le Nikon F-401x apportait enfin des réponses au problème d’autofocus de la marque : il était assez rapide, constant et la mesure de la lumière était une vraie mesure matricielle, fiable.

Ce n’est pas un hasard s’il sera produit de 1991 à 1998, avant d’être remplacé par le Nikon F-50, un nouvel appareil.

Sa taille contenue, sa forme agréable, son poids raisonnable (650gr nu) en font un bon compagnon de sortie.

Il est compatible avec tous les objectifs Nikkor AF (sauf ceux destinés au F3 AF). Dès lors on préserve les automatismes.

On garde l’autofocus TTL avec les flashs Speedlight SB-20, SB-22, SB-23 et SB-24.

C’est un appareil facile à appréhender car hormis les positions automatiques, on travaille avec lui comme avec un bon vieux manuel, grâce aux molettes de sélection et au petit sélecteur, à gauche de l’objectif (M/A). Les automatismes sont bons et la mesure de la lumière précise.

Vous le savez, pour ceux qui veulent débuter en argentique sans trop de déboires, je conseille souvent des appareils plus modernes que les tout mécaniques.

Celui-ci me semble faire une espèce de chainon manquant : il arbore les codes de la modernité mais reste un pied dans les appareils simples.

D’autant que son prix est souvent autour des 20€. Si vous voulez garder un peu de sous pour un bon objectif d’époque (ne montez pas là-dessus une optique moderne, vous seriez déçu), je pense que c’est un très bon achat.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Appareil photo reflex mono-objectif
Format de film 35mm
Transport du film automatique
Mécanisme de transport du film par moteur intégré
Format d’image 24 mm x 36 mm
Monture d’objectif Nikon F
Autofocus
Viseur pentaprisme
Temps d’exposition1/2000 seconde à 30 secondes
Posemètre
Vitesses de film prises en charge de ISO 25 à 5000
Prise en charge codage DX (sensibilité du film)
Modes d’exposition : programme automatique, priorité ouverture, priorité vitesse, mode manuel
Flash intégré
Connexion Flash avec contact au centre
Vitesse de synchronisation du flash de 1/125 s
Support pour trépied
Retardateur
Alimentation par 4x piles AA
Dimensions15,4 x 10 x 6,5 cm
Poids nu 650 grammes

Des références.

https://www.mes-appareils-photos.fr/Nikon-F-401X.htm, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_F-40, https://forum.nikonpassion.com/index.php?topic=14140.0 en français ; https://filmphotography.eu/en/nikon-f-401x/, https://austerityphoto.co.uk/nikon-f-401-review-the-1-50-slr/, http://www.alexluyckx.com/blog/2021/06/07/camera-review-blog-no-132-nikon-f-401-n4004/, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/nikon/htmls/models/specroom98/f401/f401spec.htm, en anglais.