L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Et si nous parlions (un peu) technique ?
quelques mots sur les techniques photographiques (zone focus, sunny 16, vitesse lente, expositions multiples, triangle d’exposition, exposer pour les ombres, exposer pour les hautes lumières, le flou de bougé, les flous artistiques, le flou, les objectifs, les focales, les ouvertures, les réglages, le flux informatique, Luminar, les programmes informatiques, …)
Les deux termes sont l’hyperfocale et le « zone focusing », ce dernier que l’on pourrait traduire par zone de netteté. C’est dire que nous allons, avec cette technique, tenter de déterminer, à l’avance, une plage de netteté, dans laquelle nous essaierons de placer notre sujet (enfin, le but, c’est d’y arriver !).
En fait, nous allons faire la mise au point, mais … avant de cadrer et de viser. Le but étant d’évaluer avec la meilleure précision possible la distance à laquelle va se trouver le sujet de notre image. Sachant que dans une photo, il y a un peu de flou devant et derrière ce sujet, mais entre ces deux zones, tout est net. Et c’est dans cet espace que nous allons placer notre sujet.
Avec ce principe, nous ne faisons pas de uniquement de l’hyperfocale, dont le principe est très proche. Parce que nous ne chercherons pas toujours à être net jusque l’infini. Non, nous cherchons à être net dans une zone utile, à la profondeur qui peut être variable, mais qui ne dépasse pas quelques mètres. Ce qui permet de détacher notre sujet principal du fonds.
Génial, et ça marche comment ?
Tout d’abord ce principe sera très utile en photo de rue ou de reportage, surtout si vous travaillez en argentique ou lorsque votre autofocus à toutes les chances de patiner dans la semoule (ou sera trop lent !). Personnellement, je l’utilise quand je sors mes vieux télémétriques car là, forcément, c’était avant l’idée même que l’autofocus n’existât un jour.
Vous utiliserez ce principe avec – surtout – d’anciens objectifs qui ont la chance d’avoir une échelle de profondeur de champ gravée sur leur fut. Et tant que nous parlons objectif, sachez que ce principe fonctionne à merveille avec des grands angles (35 mm min en 24×36, le 28 mm étant l’idéal), parce que les courtes focales offrent une profondeur de champ suffisante, notamment autour de f5,6/8.
Encore, pensez à débrancher votre autofocus si vous utilisez ce principe car il essaiera sans doute de faire la mise au point là où vous ne voulez pas et travaillez en mode priorité à l’ouverture, qui permet le choix du diaphragme offrant la profondeur de champ souhaitée. Ça c’est pour ceux qui utilisent un appareil numérique.
Pour les autres, foin de tout ça, vous sélectionnez la vitesse avec votre cellule à main en fonction de l’ouverture choisie et puis vous regardez votre objectif :
En haut, le moderne Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7 possède encore une échelle de profondeur de champ; le Canon FD 50mm f1:1,4 : le même ouvert à f22; le Canon S 35mm ouvert à f8
Explication des images :
en premier lieu, l’hyperfocale :
si vous sélectionnez une ouverture de f8 sur le 35mm, vous placez la bague des distances pour que l’infini coïncide avec le chiffre 8 (flèche rouge) et vous verrez que le second 8 se situe vers 2,3m (flèche verte). Ce qui veut dire que vous serez net entre 2,3m et l’infini avec un objectif de 35mm ouvert à f8. Si vous placez votre sujet dans ces distances, il sera net et plus vous le placerez vers le milieu de cette plage, mieux il se détachera du fonds.
remarquez que pour un objectif de 50mm, en ouvrant à f22, vous serez net de l’infini (flèche rouge) à environ 1,7m (flèche verte). Mais si vous ouvrez à f8 comme avec le 35mm, vous serez net de l’infini à 5m seulement. Plus votre focale sera « large » – soit 35mm et mieux 28mm – plus votre latitude de netteté sera grande.
en second lieu, le principe du zone focus :
et ça fonctionne pour n’importe quelle autre distance : si vous regardez la dernière photo, l’ouverture choisie est de f5,6 : de part et d’autre du repère triangulaire noir, vous serez net d’environ 11 m (flèche rouge) à 2,4m (flèche verte)
En résumé, il vous suffit, avant de commencer vos prises de vue, de sélectionner l’ouverture qui vous offrira la plus grande plage de netteté, tenant compte de la vitesse que vous devrez utiliser pour éviter les flous (voir votre cellule à main). Et – mais c’est ce qui vous demandera des essais-erreurs – vous essayerez de placer votre sujet dans ces distances.
Cela demande un peu de pratique mais cela vous évitera, lorsque vous devez agir rapidement, de pouvoir réagir et ne pas rater la photo désirée.
Pour la petite histoire, c’est la technique que j’ai utilisée lors de mes essais des Zorki 1c, Leica IIIf, Leica M3 et M5, du Canon P. Parce que les viseurs du Zorki 1c et du Leica IIIf sont un peu difficiles, et même si ceux des Leica M et du Canon P sont beaucoup plus confortables et rapides, on manque parfois de temps pour effectuer une mise au point précise, dans le feu de l’action. Je vous mettrai les résultats lorsque j’aurai pu faire développer les films.
Une sage recommandation, qui existe depuis que les objectifs ont un fut avec un bord possédant un pas de vise, c’est d’y fixer un filtre, neutre, pour (dans un premier temps) limiter les reflets mais aussi – et surtout ? – protéger votre lentille de tous objets pouvant la griffer ou pire, la briser..
Vaut mieux sacrifier un filtre UV ou Skylight que votre précieuse optique en cas de rencontre fortuite avec l’avant de votre objectif et un objet dur. Et il évite les griffes dues au sable, les traces de gras et d’eau sur votre lentille, que vous risqueriez d’abimer en la nettoyant trop, ce qui altérerait le traitement multi-couches patiemment posé par le constructeur.
Mais au delà de l’aspect « sécurité », les filtres ont pour mission d’améliorer la prise de vue, avec un encombrement réduit à sa plus simple expression.
Au temps (béni ?) de l’argentique, les filtres avaient aussi pour but d’améliorer la prise de vue. Par exemple, l’utilisation de filtre jaune densifiait les verts, faisait ressortir les nuages en assombrissant les cieux. Toute une série de filtres travaillaient en fait à rendre les « couleurs » plus sensibles au traitement du noir et blanc (vous trouverez, comme d’habitude, en bas de page, des liens utiles à ce sujet et le reste de l’article).
Aujourd’hui, avec nos appareils numériques, tout peut être retravaillé avec les programmes de « développement » tels Luminar, Lightroom, DXO, … Enfin, presque tout, car l’ajout de quelques filtres sur votre objectif vous donnera des latitudes de travail que le meilleur programme ne pourra vous donner, a posteriori.
D’accord, mais quels filtres ?
Quelques recommandations avant de parler réellement des filtres : n’achetez pas du premier prix, même pour le filtre « de sécurité », c.-à-d. neutre ou UV. En effet, le traitement des filtres doit vous assurer qu’il ne dégradera pas la photo, par exemple en modifiant les teintes que vous voulez restituer fidèlement, ni en introduisant des « halos » bizarres dus au mauvais traitement de surface.
Achetez toujours un filtre du diamètre exact de votre objectif. Quoiqu’il existe des bagues d’adaptation qui vous permettent d’utiliser un filtre plus grand que l’objectif choisi (ex. bague 77->72mm) mais ne faites jamais l’inverse pour la raison évidente que le champ de votre objectif sera coupé ! L’avantage de ces bagues est que vous pouvez investir une fois, même pour des objectifs de tailles (un peu) différentes.
Ensuite, il existe des filtres à viser et des filtres à glisser dans un porte-filtres. Les seconds ont quelques avantages et … défauts. Au niveau avantage, le porte filtre vous permet « d’empiler » des filtres pour obtenir l’effet désiré (p.ex. un GND dégradé et un ND fixe) mais, parfois, il est source de reflets car sur certains porte-filtres, en cas de très forte lumière, des rayons s’immiscent entre les lames insérées dans le porte-filtres. Là aussi, il faut en choisir un bon. Les filtres à viser n’offrent pas réellement la même latitude, même si on peut viser plusieurs filtres l’un sur l’autre, mais ça devient fastidieux et moins rapides que de glisser des lames dans un porte-filtres.
Sachez encore qu’il existe depuis peu un système magnétique qui fait gagner du temps lors de la pose/dépose soit des filtres, soit du porte-filtres. Il s’agit du système Xume de Manfrotto. C’est un ensemble qui se compose de 2 bagues : la première vient se visser sur l’objectif et la seconde se visse sur le filtre (Manfrotto ou autre). Lorsque vous voulez rassembler les deux, c’est juste un emboitement assuré par un puissant aimant. Perso, je trouve l’idée excellente car elle procure un gain de temps assuré lors des changements ou empilements de filtres MAIS les deux pièces se vendent séparément. Ce qui peut s’expliquer, car vous fixez généralement une fois pour toute la bague réceptrice sur votre objectif et ensuite les autres bagues sur vos filtres mais je trouve que ça fait cher : comptez (pour un 77mm) près de 34€ la bague réceptrice et près de 14€ pour l’autre bague, soit environ 48€ (hors frais de port) pour un jeux complet. Notons que Manfrotto propose un « Kit filtre UV Essential 77mm et adaptateur XUME » pour 82,81€ (hors frais de port) – le filtre UV + les 2 bagues. L’avantage, c’est que n’importe quel filtre, même d’une autre marque peut être monté sur ces bagues. Je me tâte …
La marque Freewell propose un système assez semblable, sauf que là vous devez acheter la bague réceptrice et un filtre, déjà équipé d’une bague magnétique. C’est, à mon avis, moins intéressant car vous êtes contraints de rester dans la marque pour les filtres (au demeurant très bons) et à chaque fois que vous en achetez un nouveau, vous vous retrouvez avec le kit complet (bague réceptrice + filtre choisi). Le système Manfrotto est plus souple et moins cher (le kit Freewell est annoncé à 150€)
Enfin sachez que tous les objectifs modernes sont traités anti-UV. Optez donc plutôt pour un filtre le plus neutre possible, ça ne sert à rien de faire double emploi.
Et en pratique ?
Commençons par les 4 (type de ) filtres que j’utilise, et pourquoi :
un filtre Skylight 1A, qui réchauffe les tons, atténue le voile atmosphérique et atténue certains reflets sur la peau (hé oui, héritage de l’argentique mais toujours utile en numérique) – c’est mon filtre « sécurité »
un filtre polarisant circulaire qui aide à diminuer les reflets des surfaces non métalliques (eau, verre…), réduit le voile atmosphérique, assure une bonne saturation des couleurs, assombris le ciel bleu, ajoute un (petit) effet de bronzage sur la peau pour le portrait. Le fait qu’il soit réglable permet d’ajuster l’effet désiré (circulaire tournant)
un filtre ND variable à viser, parce qu’il me permets de gagner quelques stops (ou réduire le diaphragme) en cas de pose longue inopinée
des filtres ND et dégradés GND avec un porte-filtres pour les pauses vraiment longues ou prévues telles (usage du trépied).
il s’agit de la même lune, prise à 10 min d’intervalle (le temps de régler le second dispositif) : la première a été prise sans filtre (f8 à 1/10sec pour 100 Iso avec le 70-200 à 200mm), la seconde j’ai installé dans le porte-filtres un ND 16 (1,2 diaph.) + un GND 8 (0,9 diaph.) pour un temps de pause de 25s à f8 pour 100 Iso avec le 70-200 à 200mm. Canon Eos 6D. Vous remarquerez en haut de l’image que l’on distingue un peu le « trait » du GND (bande un peu mauve) et un reflet (dus à l’éclairage public qui, vu le temps de pause, a pu s’immiscer). Pas évident de régler les différents filtres quand il fait noir.Toutes les nuances du ciel et les branchages sont apparus.
Heu … ça veut dire quoi ND et GND ?
Les filtres ND – pour neutral density – et GND – pour gradual neutral density – sont en fait des filtres gris neutres qui agissent comme des « lunettes de soleil » pour votre appareil. Ils assombrissent les lumières très vives (soleil, lune, flamme, ciel, etc.) mais sans modifier les couleurs de ce que vous voulez photographier (en tout cas, ceux de bonne qualité ne doivent pas les modifier). L’avantage de ces filtres est de vous permettre, p. ex., d’utiliser des pauses longues en plein jour.
Imaginons que vous vouliez photographier un lieu assez touristique mais que vous voudriez « vider » de toutes ces présences humaines : vous allez utiliser un temps de pose long, qui rendra ces importuns au mieux fantomatiques ou les ferra complétement disparaître et seuls les bâtiments, par essence statiques, resteront visibles. Si vous le faites en plein jour, sans filtre ND, vous ne pourrez pas suffisamment réduire votre vitesse d’obturation pour obtenir cet effet.
« Ah ! Et quelle différence entre les ND et les GND ? »… Les filtres ND sont uniformément neutres (toute la surface du filtre, rond ou en lame carrée, voire rectangulaire, a la même densité) tandis que les filtres GND sont « dégradés », seule une partie de la lame offre une densité uniforme, avec un dégradé soit franc entre les 2 moitiés, soit progressif. L’avantage de ce type de filtre c’est de vous permettre d’isoler la partie la plus claire de votre photo et de n’assombrir que celle-là. Notez que l’on peut juxtaposer un filtre GND et un filtre ND (voir exemple ci-dessus).
Ensuite, la valeur notée après ND (exemple ND2, ND4, ND8…) est un coefficient multiplicateur du temps de pose. Exemple avec un ND2 vous multipliez par 2 le temps de pose (vitesse d’obturation), avec ND4 par 4… Cela vous permet d’utiliser des temps de pose de 10s par exemple et ce en pleine journée alors que sans filtre vous auriez obtenu une photographie totalement sur-exposée et toute blanche.
Pour le porte-filtres et les filtres ND et GND j’utilise du Cokin , pour le Vario ND c’est du NiSi, pour le polarisant circulaire, c’est du K&F Concept, les Skylight et UV sont des Hoya.
Il existe quelques marques phares tels Lee (USA), Cokin (France), NiSi (USA mais avec un service NiSi France au top), B+W (Allemagne), Hoya (Japon), K&F Concept. Certaines sont plus onéreuses que d’autres . Personnellement, je trouve que Cokin et NiSi sont dans la bonne moyenne en termes de rapport qualité (haute)/prix.
Ah oui, encore une chose : essayez d’acheter ce que l’on appelle des Slim (fin), surtout si vous travaillez avec des grands angles, afin de minimiser le risque de vignetage.
Bon, c’est bien beau tout ça, mais en pratique ?
Imaginons, vous êtes à la côte, le soleil est éclatant et le sable blanc (oui, je sais ça fait rêver) et vous aimeriez prendre quelques photos du lieu, dont cette eau limpide aux vagues mousseuses que vous voudriez voir étale. Vive la pose longue, sauf que …
Vu la clarté, vous allez descendre vos ISO au maximum (certains réflex et compact – même haut de gamme – ne descendent plus sous les 200 ISO), vous allez diaphragmer à fond (f22), augmenter votre vitesse au maximum et peut-être encore régler votre exposition en sous-exposant tant et plus.
Votre photo sera acceptable mais même comme ça vous risquez de « cramer » certaines zones, que vous passerez des heures à essayer de rattraper avec votre programme favori.
Et bien, avec vos filtres GND vous allez pouvoir « isoler » les parties les plus claires et encore ajouter un ou des filtres ND pour faire descendre cette luminosité envahissante et vous pourrez envisager la pause longue qui fera de cette photo estivale LA belle photo de vos vacances !.
Voilà, je vous souhaite de découvrir le monde des filtres et leurs avantages. Bonnes photos.
Pour illustrer mes propos, je vous renvoie sur quelques liens de vidéos très explicites (il y en a plein d’autres, j’ai choisi celles que j’estimais les plus pertinentes) et en français :
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