Et si nous parlions (un peu) technique ?

Les APS

Et, non, il ne s’agit pas d’appareils numériques dans un format particulier mais bien d’un format de films argentique, apparu en 1996, à l’initiative de Kodak et Fujifilm pour les producteurs de pellicule et de Minolta, Canon, Nikon, Fuji, Kodak et quelques autres pour les fabricants d’appareils photo.

APS pour Advanced Photo System (Système Photographique Avancé).

Mais quelle était l’avancée de ce film ?

Extérieurement, la pellicule restait enfermée dans une cartouche, sensiblement de la même taille qu’une bobine de 135 classique.

Mais la bande du film était plus petite :

En fait, l’APS possède aussi une bande magnétique couchée sur le film, qui enregistre pour chaque image, en plus de son format de tirage, des informations telles que l’heure de la prise de vue, les données d’exposition, une légende éventuelle, etc.

Cette bande magnétique stocke aussi le numéro de la dernière vue enregistrée et permet donc de rembobiner la pellicule, puis de la réinsérer plus tard dans l’appareil – celui-ci déroulant alors automatiquement le film jusqu’à la 1re vue vierge.

Vous avez bien lu : vous pouviez interrompre une série de prises de vue, en N/B par exemple, charger votre appareil d’un film couleur et continuer à tirer. Lorsque vous alliez reprendre l’un ou l’autre des films utilisés, vous repartiez sur la dernière photo enregistrée, jusqu’à une nouvelle interruption ou jusque la fin du film.

Personnellement, je trouvais ça très pratique car il était facile de changer non seulement de type de films (couleur – N/B) mais aussi de sensibilité, si besoin. Attention, tous les appareils ne le permettait pas.

Plusieurs longueurs d’exposition étaient alors proposées : 15, 25 ou 40 expositions.

La cartouche du film permet un chargement complètement automatisé. Elle renferme complètement le film (pas de languette qui sort) lorsqu’il n’est pas utilisé. Et lorsque le film était terminé et développé, le labo vous renvoyait le film dans la cartouche, le protégeant des poussières, des marques de doigts, des griffes.

En fait, c’est l’appareil qui gérait l’amorçage, l’avance et le rembobinage du film. Celui-ci étant toujours à l’abri de la cartouche, la fente étant protégée par une « porte » étanche à la lumière.

L’APS permettait aussi de choisir des recadrages particuliers :

  • le H était le cadrage « normal » au rapport 16/9 sur une surface de 30,2 × 16,7 mm
  • recadrage en largeur : 25,1 × 16,7 mm – format C (classique), rapport 4/3 équivalent au 24 x 36 
  • recadrage en hauteur : 30,2 × 9,5 mm – format P (panoramique), rapport de 3/1.

Ne nous y trompons pas, le format réellement enregistré à la prise de vue est le H, les deux autres sont des pseudo-formats qui n’exploitent pas complètement la surface du film. A contrario, en 24×36 avec un appareil panoramique, vous exploitez la totalité de la surface de la pellicule.

L’univers de l’APS ne se limitait pas aux appareils photos, spécialement conçus pour ce film, mais il y avait aussi des lecteurs qui vous permettaient de « lire » vos photos directement sur un écran de télévision.

Mais pourquoi ça n’a pas marché ?

Créer pour rivaliser avec les plus petits appareils en 24×36, finalement le format n’a pas réussi son pari. En 2011, Kodak et Fuji arrêtaient les frais et abandonnaient la fabrication de l’APS. D’autant que depuis les années 2000, le numérique pointait le bout de son nez avec les développements que nous allons connaître, dont une miniaturisation extrême.

Les professionnels de la photo, la presse n’ont jamais vraiment crû à ce nouveau standard, notamment parce que la surface du film étant plus proche de celle des films au format 110 que du 24×36 classique, la qualité des photos était moindre. Ce type de film s’adressait surtout aux « amateurs » qui désiraient des appareils relativement performants mais très facile d’utilisation.

Je me souviens, par exemple, avoir offert à mes parents un Minolta Vectis, munis d’un zoom, pour leur faciliter les photos de leurs enfants et petits enfants.

Toutefois, ironie de l’histoire de la photographie, nous connaissons encore aujourd’hui le format APS mais suivi de la lettre C : celui des capteurs des appareils numériques !

Le sigle APS-C (Advanced Photo System type-C) désigne le format d’un capteur de taille approximativement égale à celle des négatifs APS argentiques. Ces négatifs mesurent 25,1 × 16,7 mm et ont un rapport de forme de 3/2 ou 1,5:1.

Pour compliquer les choses, évidemment, tous les constructeurs n’utilisent pas les mêmes tailles de capteur, ce qui contraint les utilisateurs à une nouvelle gymnastique mentale : celle de la conversion des optiques en fonction du capteur de leur appareil.

En effet, à focale identique, une image prise avec un capteur APS-C est différente de celle prise avec un capteur ou un film 24 × 36. Le capteur APS-C étant plus petit, l’image issue de ce capteur paraît être un agrandissement d’une partie de l’image prise avec un capteur 24 × 36.

Il faut donc une « coefficient de conversion ». Ce facteur multiplicateur est en fait le rapport de dimensions entre les capteurs 24 × 36 et APS-C.

Coefficients de conversion les plus courants :

  • 2.0× — Format dit « 4/3″ » : Olympus série E-System E-400/410/420/450, E-500/510/520, E-600/610/620, E-30, E-1/3/5, et les µ4/3″ E-P1/P2/P3/P5, E-PL1/PL2/PL3/PL5, OM-D E-M10/E-M5/E-M1/E-M1X et les boitiers Panasonic GF1 à GF6, G1 à G7
  • 1.7× — Sigma SD14, Sigma SD10, Sigma SD9, Canon EOS DCS3
  • 1.62× — Canon EOS 7D, 7D Mark II, 10D, 20D, 20Da, 30D, 40D, 50D, 60D, 60Da, 70D, 80D, 300D, 350D, 400D, 450D, 500D, 550D, 600D, 650D, 700D, 750D, 760D,800D,77D,1000D, 1100D, 1200D, 100D, M, D60, D30
  • 1.54× — Pentax K20D, Pentax K-7, Pentax K-5
  • 1.53× — Pentax *istD, Pentax *istDs, Pentax *istDs2, Pentax *istDL, Pentax *istDL2, Pentax K100D, Pentax K100D Super, Pentax K10D, Pentax K200D, Ricoh GR, Nikon D3300, Nikon D5300, Nikon Coolpix A, Sony NEX-7,† Sony NEX-6, Sony Alpha ILCE-6000, Sony Alpha 77, Sony Alpha 77 II, Sony Alpha 65, Sony Alpha 57, Sony Alpha 37, Sony Alpha 580, Sony Alpha 500, tous les Samsung NX sauf les NX5, NX10, NX11, NX100.
  • 1.5× — tous les appareils réflex numériques Nikon sauf les « full-frame » D4, D4s, D3, D3s, D3x, D700, D800 et D600 ; tous les Fuji, Sony (sauf les « full-frame » α 850, α 900, α 99) et les appareils réflex numériques Konica Minolta.
  • 1.3×7 — Canon EOS-1D Mark IV, 1D Mark III, 1D Mark II (et Mark II N), EOS-1D, Kodak DCS 460, DCS 560, DCS 660, DCS 760, Leica M8, M8.2

Et un résumé en image :

Tout ceci étant écrit, et j’espère que ça peut vous aider à comprendre certaines choses, il reste que la dure réalité revient au galop, surtout pour nos envies de vieux appareils à découvrir.

Car il existe plein de modèles intéressants en APS, généralement très petit et – finalement – pas si mauvais que ça MAIS le film n’est plus fabriqué et – pire – la plupart des labos n’ont plus les « rails » nécessaires pour, par exemple, les scanner, même s’ils savent encore, pour la plupart, les développer.

Il vous faudra donc, si vous êtes curieux, trouver des films forcément périmés ‘(mais ça ajoute au « fun » de la découverte) pour essayer vos appareils et un bon labo photo.

Je l’ai fait pour les appareils en photo ci-dessous mais je vous avoue que ces appareils seront sans doute remis au musée de la Photo de Charleroi, pour leur collection

Enfin, je vous ai trouvé une video, qui reprend – malheureusement seulement en anglais – tout « l’univers » du film APS : les films, les appareils, les lecteurs (avec quelques critiques du système).

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_APS, https://fr.wikipedia.org/wiki/APS-C en français, https://thedarkroom.com/film-formats/aps-film/, https://www.kenrockwell.com/tech/aps.htm, l’incontournable Ken Rockwel (même si je ne défends pas toutes ses idées), en anglais, http://fr.24assistant.info/article/comment-obtenir-les-ngatifs-aps-film en français ou comment récupérer ses négatifs APS pour les scanner

Et si nous parlions (un peu) technique ?

L’autofocus le plus rapide du monde …

Et il est …manuel !

Les deux termes sont l’hyperfocale et le « zone focusing », ce dernier que l’on pourrait traduire par zone de netteté. C’est dire que nous allons, avec cette technique, tenter de déterminer, à l’avance, une plage de netteté, dans laquelle nous essaierons de placer notre sujet (enfin, le but, c’est d’y arriver !).

En fait, nous allons faire la mise au point, mais … avant de cadrer et de viser. Le but étant d’évaluer avec la meilleure précision possible la distance à laquelle va se trouver le sujet de notre image. Sachant que dans une photo, il y a un peu de flou devant et derrière ce sujet, mais entre ces deux zones, tout est net. Et c’est dans cet espace que nous allons placer notre sujet.

Avec ce principe, nous ne faisons pas de uniquement de l’hyperfocale, dont le principe est très proche. Parce que nous ne chercherons pas toujours à être net jusque l’infini. Non, nous cherchons à être net dans une zone utile, à la profondeur qui peut être variable, mais qui ne dépasse pas quelques mètres. Ce qui permet de détacher notre sujet principal du fonds.

Génial, et ça marche comment ?

Tout d’abord ce principe sera très utile en photo de rue ou de reportage, surtout si vous travaillez en argentique ou lorsque votre autofocus à toutes les chances de patiner dans la semoule (ou sera trop lent !). Personnellement, je l’utilise quand je sors mes vieux télémétriques car là, forcément, c’était avant l’idée même que l’autofocus n’existât un jour.

Vous utiliserez ce principe avec – surtout – d’anciens objectifs qui ont la chance d’avoir une échelle de profondeur de champ gravée sur leur fut. Et tant que nous parlons objectif, sachez que ce principe fonctionne à merveille avec des grands angles (35 mm min en 24×36, le 28 mm étant l’idéal), parce que les courtes focales offrent une profondeur de champ suffisante, notamment autour de f5,6/8.

Encore, pensez à débrancher votre autofocus si vous utilisez ce principe car il essaiera sans doute de faire la mise au point là où vous ne voulez pas et travaillez en mode priorité à l’ouverture, qui permet le choix du diaphragme offrant la profondeur de champ souhaitée. Ça c’est pour ceux qui utilisent un appareil numérique.

Pour les autres, foin de tout ça, vous sélectionnez la vitesse avec votre cellule à main en fonction de l’ouverture choisie et puis vous regardez votre objectif :

Explication des images :

en premier lieu, l’hyperfocale :

  • si vous sélectionnez une ouverture de f8 sur le 35mm, vous placez la bague des distances pour que l’infini coïncide avec le chiffre 8 (flèche rouge) et vous verrez que le second 8 se situe vers 2,3m (flèche verte). Ce qui veut dire que vous serez net entre 2,3m et l’infini avec un objectif de 35mm ouvert à f8. Si vous placez votre sujet dans ces distances, il sera net et plus vous le placerez vers le milieu de cette plage, mieux il se détachera du fonds.
  • remarquez que pour un objectif de 50mm, en ouvrant à f22, vous serez net de l’infini (flèche rouge) à environ 1,7m (flèche verte). Mais si vous ouvrez à f8 comme avec le 35mm, vous serez net de l’infini à 5m seulement. Plus votre focale sera « large » – soit 35mm et mieux 28mm – plus votre latitude de netteté sera grande.

en second lieu, le principe du zone focus :

  • et ça fonctionne pour n’importe quelle autre distance : si vous regardez la dernière photo, l’ouverture choisie est de f5,6 : de part et d’autre du repère triangulaire noir, vous serez net d’environ 11 m (flèche rouge) à 2,4m (flèche verte)

En résumé, il vous suffit, avant de commencer vos prises de vue, de sélectionner l’ouverture qui vous offrira la plus grande plage de netteté, tenant compte de la vitesse que vous devrez utiliser pour éviter les flous (voir votre cellule à main). Et – mais c’est ce qui vous demandera des essais-erreurs – vous essayerez de placer votre sujet dans ces distances.

Cela demande un peu de pratique mais cela vous évitera, lorsque vous devez agir rapidement, de pouvoir réagir et ne pas rater la photo désirée.

Pour la petite histoire, c’est la technique que j’ai utilisée lors de mes essais des Zorki 1c, Leica IIIf, Leica M3 et M5, du Canon P. Parce que les viseurs du Zorki 1c et du Leica IIIf sont un peu difficiles, et même si ceux des Leica M et du Canon P sont beaucoup plus confortables et rapides, on manque parfois de temps pour effectuer une mise au point précise, dans le feu de l’action. Je vous mettrai les résultats lorsque j’aurai pu faire développer les films.

Comme d’habitude, des liens pour voir plus loin et ici, en images : https://www.youtube.com/watch?v=idaIzAnctf8 et la suite, https://www.youtube.com/watch?v=AMBuM5WKoZs, en français, puis https://www.youtube.com/watch?v=099t7rDQruA et https://www.youtube.com/watch?v=6vueOfDr4sQ en anglais.

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Les filtres pour nos objectifs

A quoi servent les filtres ?

Une sage recommandation, qui existe depuis que les objectifs ont un fut avec un bord possédant un pas de vise, c’est d’y fixer un filtre, neutre, pour (dans un premier temps) limiter les reflets mais aussi – et surtout ? – protéger votre lentille de tous objets pouvant la griffer ou pire, la briser..

Vaut mieux sacrifier un filtre UV ou Skylight que votre précieuse optique en cas de rencontre fortuite avec l’avant de votre objectif et un objet dur. Et il évite les griffes dues au sable, les traces de gras et d’eau sur votre lentille, que vous risqueriez d’abimer en la nettoyant trop, ce qui altérerait le traitement multi-couches patiemment posé par le constructeur.

Mais au delà de l’aspect « sécurité », les filtres ont pour mission d’améliorer la prise de vue, avec un encombrement réduit à sa plus simple expression.

Au temps (béni ?) de l’argentique, les filtres avaient aussi pour but d’améliorer la prise de vue. Par exemple, l’utilisation de filtre jaune densifiait les verts, faisait ressortir les nuages en assombrissant les cieux. Toute une série de filtres travaillaient en fait à rendre les « couleurs » plus sensibles au traitement du noir et blanc (vous trouverez, comme d’habitude, en bas de page, des liens utiles à ce sujet et le reste de l’article).

Aujourd’hui, avec nos appareils numériques, tout peut être retravaillé avec les programmes de « développement » tels Luminar, Lightroom, DXO, … Enfin, presque tout, car l’ajout de quelques filtres sur votre objectif vous donnera des latitudes de travail que le meilleur programme ne pourra vous donner, a posteriori.

D’accord, mais quels filtres ?

Quelques recommandations avant de parler réellement des filtres : n’achetez pas du premier prix, même pour le filtre « de sécurité », c.-à-d. neutre ou UV. En effet, le traitement des filtres doit vous assurer qu’il ne dégradera pas la photo, par exemple en modifiant les teintes que vous voulez restituer fidèlement, ni en introduisant des « halos » bizarres dus au mauvais traitement de surface.

Achetez toujours un filtre du diamètre exact de votre objectif. Quoiqu’il existe des bagues d’adaptation qui vous permettent d’utiliser un filtre plus grand que l’objectif choisi (ex. bague 77->72mm) mais ne faites jamais l’inverse pour la raison évidente que le champ de votre objectif sera coupé ! L’avantage de ces bagues est que vous pouvez investir une fois, même pour des objectifs de tailles (un peu) différentes.

Ensuite, il existe des filtres à viser et des filtres à glisser dans un porte-filtres. Les seconds ont quelques avantages et … défauts. Au niveau avantage, le porte filtre vous permet « d’empiler » des filtres pour obtenir l’effet désiré (p.ex. un GND dégradé et un ND fixe) mais, parfois, il est source de reflets car sur certains porte-filtres, en cas de très forte lumière, des rayons s’immiscent entre les lames insérées dans le porte-filtres. Là aussi, il faut en choisir un bon. Les filtres à viser n’offrent pas réellement la même latitude, même si on peut viser plusieurs filtres l’un sur l’autre, mais ça devient fastidieux et moins rapides que de glisser des lames dans un porte-filtres.

Sachez encore qu’il existe depuis peu un système magnétique qui fait gagner du temps lors de la pose/dépose soit des filtres, soit du porte-filtres. Il s’agit du système Xume de Manfrotto. C’est un ensemble qui se compose de 2 bagues : la première vient se visser sur l’objectif et la seconde se visse sur le filtre (Manfrotto ou autre). Lorsque vous voulez rassembler les deux, c’est juste un emboitement assuré par un puissant aimant. Perso, je trouve l’idée excellente car elle procure un gain de temps assuré lors des changements ou empilements de filtres MAIS les deux pièces se vendent séparément. Ce qui peut s’expliquer, car vous fixez généralement une fois pour toute la bague réceptrice sur votre objectif et ensuite les autres bagues sur vos filtres mais je trouve que ça fait cher : comptez (pour un 77mm) près de 34€ la bague réceptrice et près de 14€ pour l’autre bague, soit environ 48€ (hors frais de port) pour un jeux complet. Notons que Manfrotto propose un « Kit filtre UV Essential 77mm et adaptateur XUME » pour 82,81€ (hors frais de port) – le filtre UV + les 2 bagues. L’avantage, c’est que n’importe quel filtre, même d’une autre marque peut être monté sur ces bagues. Je me tâte …

La marque Freewell propose un système assez semblable, sauf que là vous devez acheter la bague réceptrice et un filtre, déjà équipé d’une bague magnétique. C’est, à mon avis, moins intéressant car vous êtes contraints de rester dans la marque pour les filtres (au demeurant très bons) et à chaque fois que vous en achetez un nouveau, vous vous retrouvez avec le kit complet (bague réceptrice + filtre choisi). Le système Manfrotto est plus souple et moins cher (le kit Freewell est annoncé à 150€)

Enfin sachez que tous les objectifs modernes sont traités anti-UV. Optez donc plutôt pour un filtre le plus neutre possible, ça ne sert à rien de faire double emploi.

Et en pratique ?

Commençons par les 4 (type de ) filtres que j’utilise, et pourquoi :

  • un filtre Skylight 1A, qui réchauffe les tons, atténue le voile atmosphérique et atténue certains reflets sur la peau (hé oui, héritage de l’argentique mais toujours utile en numérique) – c’est mon filtre « sécurité »
  • un filtre polarisant circulaire qui aide à diminuer les reflets des surfaces non métalliques (eau, verre…), réduit le voile atmosphérique, assure une bonne saturation des couleurs, assombris le ciel bleu, ajoute un (petit) effet de bronzage sur la peau pour le portrait. Le fait qu’il soit réglable permet d’ajuster l’effet désiré (circulaire tournant)
  • un filtre ND variable à viser, parce qu’il me permets de gagner quelques stops (ou réduire le diaphragme) en cas de pose longue inopinée
  • des filtres ND et dégradés GND avec un porte-filtres pour les pauses vraiment longues ou prévues telles (usage du trépied).

Heu … ça veut dire quoi ND et GND ?

Les filtres ND – pour neutral density – et GND – pour gradual neutral density – sont en fait des filtres gris neutres qui agissent comme des « lunettes de soleil » pour votre appareil. Ils assombrissent les lumières très vives (soleil, lune, flamme, ciel, etc.) mais sans modifier les couleurs de ce que vous voulez photographier (en tout cas, ceux de bonne qualité ne doivent pas les modifier). L’avantage de ces filtres est de vous permettre, p. ex., d’utiliser des pauses longues en plein jour.

Imaginons que vous vouliez photographier un lieu assez touristique mais que vous voudriez « vider » de toutes ces présences humaines : vous allez utiliser un temps de pose long, qui rendra ces importuns au mieux fantomatiques ou les ferra complétement disparaître et seuls les bâtiments, par essence statiques, resteront visibles. Si vous le faites en plein jour, sans filtre ND, vous ne pourrez pas suffisamment réduire votre vitesse d’obturation pour obtenir cet effet.

« Ah ! Et quelle différence entre les ND et les GND ? »… Les filtres ND sont uniformément neutres (toute la surface du filtre, rond ou en lame carrée, voire rectangulaire, a la même densité) tandis que les filtres GND sont « dégradés », seule une partie de la lame offre une densité uniforme, avec un dégradé soit franc entre les 2 moitiés, soit progressif. L’avantage de ce type de filtre c’est de vous permettre d’isoler la partie la plus claire de votre photo et de n’assombrir que celle-là. Notez que l’on peut juxtaposer un filtre GND et un filtre ND (voir exemple ci-dessus).

Ensuite, la valeur notée après ND (exemple ND2, ND4, ND8…) est un coefficient multiplicateur du temps de pose. Exemple avec un ND2 vous multipliez par 2 le temps de pose (vitesse d’obturation), avec ND4 par 4… Cela vous permet d’utiliser des temps de pose de 10s par exemple et ce en pleine journée alors que sans filtre vous auriez obtenu une photographie totalement sur-exposée et toute blanche.

Pour le porte-filtres et les filtres ND et GND j’utilise du Cokin , pour le Vario ND c’est du NiSi, pour le polarisant circulaire, c’est du K&F Concept, les Skylight et UV sont des Hoya.

Il existe quelques marques phares tels Lee (USA), Cokin (France), NiSi (USA mais avec un service NiSi France au top), B+W (Allemagne), Hoya (Japon), K&F Concept. Certaines sont plus onéreuses que d’autres . Personnellement, je trouve que Cokin et NiSi sont dans la bonne moyenne en termes de rapport qualité (haute)/prix.

Ah oui, encore une chose : essayez d’acheter ce que l’on appelle des Slim (fin), surtout si vous travaillez avec des grands angles, afin de minimiser le risque de vignetage.

Bon, c’est bien beau tout ça, mais en pratique ?

Imaginons, vous êtes à la côte, le soleil est éclatant et le sable blanc (oui, je sais ça fait rêver) et vous aimeriez prendre quelques photos du lieu, dont cette eau limpide aux vagues mousseuses que vous voudriez voir étale. Vive la pose longue, sauf que …

Vu la clarté, vous allez descendre vos ISO au maximum (certains réflex et compact – même haut de gamme – ne descendent plus sous les 200 ISO), vous allez diaphragmer à fond (f22), augmenter votre vitesse au maximum et peut-être encore régler votre exposition en sous-exposant tant et plus.

Votre photo sera acceptable mais même comme ça vous risquez de « cramer » certaines zones, que vous passerez des heures à essayer de rattraper avec votre programme favori.

Et bien, avec vos filtres GND vous allez pouvoir « isoler » les parties les plus claires et encore ajouter un ou des filtres ND pour faire descendre cette luminosité envahissante et vous pourrez envisager la pause longue qui fera de cette photo estivale LA belle photo de vos vacances !.

Voilà, je vous souhaite de découvrir le monde des filtres et leurs avantages. Bonnes photos.

Pour illustrer mes propos, je vous renvoie sur quelques liens de vidéos très explicites (il y en a plein d’autres, j’ai choisi celles que j’estimais les plus pertinentes) et en français :

Petit glossaire

  • UV : Ultraviolet
  • PL : Polarisant ou CPL pour polarisant circulaire
  • N : Neutre
  • ND : Densité neutre
  • GND : Densité neutre graduelle
  • HMC : Multi couches
  • NC : Chromatiquement Neutre
  • CIR : Filtre Circulaire
  • MRC : (Multi Resistant Coating), répulsion de l’eau, poussières, salissures et traitement contre les rayures – à privilégier selon ses moyens.
  • SLIM : Verre très fin adapté pour grand-angle (diminue l’effet de vignetage).

Comme d’habitude, d’intéressants liens pour aller plus loin : https://apprendre-la-photo.fr/filtres-utiles-photo-numerique/, https://www.fabienbeilhe.com/blog/filtre-paysage-photo/, https://www.digixo.com/passion-photo/actualites/40/comment-bien-choisir-ses-filtres-pour-son-appareil-photo.html, et pour ceux qui pratiquent encore l’argentique : https://www.la-photo-argentique.com/les-filtres-de-couleur-en-photo-noir-et-blanc/ et http://www.jeanchristophewiart.com/filtres-ecrans-colores/, encore http://gerard-verhoest.com/filtres.htm