Argentique

Le Canon Eos 300X : un argentique tellement moderne

Préambule.

Celui-ci, ça faisait un moment que je le cherchais. J’ai souvent trouvé des 300 et 300N mais le dernier des Eos argentique m’échappais toujours.

Cette fois, j’en ai trouvé un, avec sa boite et un grip, lui aussi avec son emballage. C’est dire qu’ils ont peu servi … Je m’étais égaré dans un Cash Converter où ils le bradaient à un prix ridicule, personne ne s’intéressant à lui depuis des mois. Une bonne intuition ce jour-là.

Il est le dernier X, avec film !

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne fais pas vous refaire toute l’histoire de Canon, un article n’y suffirait pas.

Vous retrouverez les grandes lignes dans les articles consacrés à l’Eos 300 (pas de 300N hélas, je l’ai vendu avant d’avoir pu faire l’article) et à l’Eos 300V. J’y notais que la série des Eos 300 a été une des meilleures séries de la marque : légers, performants, rapides, avec un autofocus prédictif à la pointe, une ergonomie soignée qui autorise à photographier d’une main si besoin, faciles à utiliser avec tous les modes que nous connaissons aujourd’hui, déjà installés. Bref, un best-seller qui allait passer la main en septembre 2004 (date de sortie de l’Eos 300X) devant les premiers Eos numériques (le premier Canon numérique entièrement dû à la marque fut le Canon Eos D30, apparu en 2000).

Un an avant (2003) donc, Canon sortait un Eos 300D de 6,1Mpx. Il allait signer la fin des appareils argentiques destinés au grand public. L’Eos 300D était un APS-C qui, heureusement, allait pouvoir réutiliser les optiques EF des anciens Eos, avec toutefois un coefficient de conversion de x1,62, ces optiques ayant été pensées pour l’équivalent des full frame, c’est-à-dire la taille du film 24x36mm.

Pour mémoire, le système EOS (Electro-Optical System) a tout changé dans la gamme Canon car il abandonnait la monture FD pour la EF à moteur intégré (USM). Les nouveaux Eos sont des appareils modernes qui embarquent une électronique sophistiquée, dotés d’un autofocus rapide et précis, notamment grâce à la communication tout électrique des boitiers vers les optiques et réciproquement.

Il n’y a plus de compatibilité avec les optiques FD et leur petite came qui dépassait à l’arrière, qui faisait la liaison avec les boitiers. Sauf à utiliser des bagues de conversion.

Le design de la gamme Eos s’inspire du T90, dû à Colani (inventeur du bio-design), le dernier appareil avec l’ancienne monture.

Présentation du Canon Eos 300X et du grip BP-220.

Comme d’habitude, si cet appareil s’appelle Eos 300X en Europe, il se nomme Rebel T2 aux USA et Eos Kiss 7 au Japon.

Il est donc le successeur du Canon Eos 300V dont il reprend les codes de design, mais son micro-processeur en est à la version trois, plus rapide. Ce qui accélère la réactivité de l’autofocus, qui peut travailler dans les 3 modes One-Shot, Servo-Ai et Ai Focus.

Cet appareil rattrape de cette façon la gamme des appareils destinés aux experts, les EOS 30/33, mais il reste un appareil destiné aux amateurs.

Et, surtout, il répond au dernier sursaut de Nikon avec son F75, lui aussi destiné aux consommateurs amateurs. Si les Eos 500 et Eos 300 distançaient le Nikon F70, la marque jaune voulait un baroud d’honneur avant elle aussi de passer au numérique. Canon allait réagir …

Si je devais résumer la position de cet appareil, c’est qu’il possède en son sein la technologie dernier cri de la marque, presque à jeu égal avec les appareils destinés aux experts très exigeants (de ce fait, certaines fonctions sont bridées) mais habillé dans une robe considérée comme légère, tout en plastique (sauf la monture, en acier), qui se griffe vite et perd alors de sa superbe, même si la technologie embarquée n’en souffre pas.

Voyons ça de plus près, en reprenant les points essentiels.

Commençons par la mise au point automatique, basée sur 7 collimateurs AF, que l’on peut sélectionner individuellement. Ce sont des capteurs croisés, plus précis car ils utilisent 2 capteurs pour donner un meilleur positionnement. Ce sont des capteurs CMOS TTL-CT-STR (TTL Cross Type secondary image registration) – ouf !

L’appareil possède un aperçu DoF (aperçu de la profondeur de champ), pas souvent mis en avant sur des appareils destinés aux amateurs.

Puis, un mot sur le calcul de l’exposition, autrefois chasse gardée de Nikon avec sa mesure matricielle. Ici, Canon travaille sur 35 zones (au lieu de 25 pour le F75), en plus d’une mesure spot et une pondérée centrale.

Ensuite, l’obturateur travaille de 30s au 1/4000s (le Nikon plafonne au 1/2000s). Il y a bien sûr la pose B, un retardateur (10s), avec télécommande si besoin. Si on ajoute la synchro flash au 1/125s, on n’est plus vraiment dans les performances habituelles de l’entrée de gamme.

Comme souvent, l’appareil lit le codage DX des films, de 25 à 5000Iso et on peut toujours faire un réglage manuel entre 6 et 6400Iso. On peut aussi faire une compensation d’exposition de 3EV, par demi-crans, en plus ou en moins.

Le viseur est un pentamiroir (pas un pentaprisme, question de budget) qui reste étonnamment lumineux, avec une couverture de 90%. L’affichage reprend le verrouillage de la mise au point, la vitesse, l’ouverture, la compensation EV, des infos sur le flash et le blocage de l’exposition (AEL = Auto Exposure Lock).

Vous verrez des petits carrés piqués d’une LED rouge dans le viseur, ce sont eux qui vous indiquent si la mise au point est bonne.


Un mot aussi sur le flash, pop-up (qui sort automatiquement ou manuellement). Sa sensibilité est de 13GN pour 100Iso, ce qui est très raisonnable. La vitesse de synchronisation est fixée au 1/125s. Mais comme l’appareil est dit E-TTL 2 (calcul à travers l’objectif), vous pouvez utiliser les excellents flashs de la série Speedlite EX – xxx et vous obtiendrez une synchro flash à haute vitesse si besoin. N’oublions pas que dans les Eos la communication se fait du boitier ver l’optique et inversement : les informations sur la distance et l’ouverture permettent d’affiner la puissance du flash intégré ou des flashs externes pour un meilleur équilibre entre le sujet et l’arrière-plan.

Pour alimenter tout ça, le boitier demande 2 piles CR2. On peut s’en passer si on ajoute un grip, comme ici, le BP 220 qui ingère 4 piles AA très communes. Il faut pour cela ouvrir la petite porte du compartiment piles et y glisser la tige du grip, l’attacher au boitier par la vis de serrage et le tour est joué.

L’ergonomie est classique des Canon et les boutons, molette de réglage des fonctions, molette de réglages particuliers, le trèfle à l’arrière sont facilement accessibles et judicieusement placés.

A l’arrière, un grand écran(30x30mm) qui, éteint, pourrait faire penser à un numérique, nous renseigne sur les fonctions choisies. L’écran est rétro éclairé si besoin pour favoriser les réglages quand la lumière manque. Il donne accès à des fonctions comme le réglage des Iso, la compensation d’exposition, la suppression du bip de mise au point, en plus de 6 autres paramètres personnalisables (réglage des zones de mise au point) ou paramètres du flash. Deux fonctions, bien utiles aux distraits auxquels je me compte : impossible de déclencher si on a oublié de mettre un film dans l’appareil ou s’il n’y a pas d’optique fixée.

La grande roue PSAM reprend les mode habituels de Canon : programme P, modifiable, ou rectangle vert pour le programme tout automatique ; priorité vitesse (Tv), priorité ouverture (Av) et manuel (M). Viennent ensuite s’ajouter les modes dits créatifs : portrait, portrait de nuit, macro, sport et une spécialité maison, le A-DEP qui permet de juger de la profondeur de champ optimale entre deux points, l’un situé au loin et l’autre plus près du sujet. N’oublions pas la possibilité de désactiver le flash.

Je reviens (encore !) sur la monture EF car elle vous permet de choisir dans un immense catalogue d’optiques généralement très bonnes, y compris les fameuses séries L (pro). Les objectifs plus anciens peuvent encore être utilisés, moyennant des bagues d’adaptation et en acceptant de perdre certaines fonctionnalités. Vous perdrez l’autofocus mais garderez une mesure en mode stop down (calcul de la luminosité) si vous êtes en mode Tv.

Compact et léger (365gr), il possède une poignée encore plus ergonomique que celle de son prédécesseur. Toutes les commandes ont été regroupées d’un côté de l’appareil ce qui permet de l’utiliser à une main si besoin. Un bip vous avertira aussi si à main levée vous êtes à la limite du flou.

Enfin, le chargement a été simplifié au maximum : vous posez la bobine dans la chambre, vous tirez sur l’amorce pour l’amener à la tête de flèche et puis vous refermez le tout. Le boitier se charge de charger (c’est le cas de l’écrire) le film correctement. On dit merci qui ?

Publicité d’époque.

Que penser de cet Eos 300X ?

Je l’ai acheté muni du grip d’origine BP 220 qui, s’il améliore l’alimentation de l’appareil, assure aussi une très bonne tenue en mains mais a tendance à déséquilibrer le tout lorsqu’un objectif un peu long, comme le 28 – 90 du kit, est monté : il pique du nez ! Rien de grave, mais à ne pas oublier quand on le pose sur une surface plane. Ce grip n’augmente pas la vitesse en déclenchements continus ou rafale.

Avec ou sans cet appendice, l’appareil est agréable à tenir en mains, facile d’usage. Finalement, il contient tout le savoir faire de Canon en appareil argentique mais sous une robe non professionnelle, c’est-à-dire en plastique non renforcé, sans joints d’étanchéité, avec quelques fonctions bridées mais avec les mêmes ingrédients que les Eos 30/33, voire Eos 3.

Avec lui vous ne prenez pas de risque : selon le choix du programme que vous faites vous aurez toutes les chances que les réglages soient justes et vos photos réussies, tout en ayant en mains un appareil très proche des standards actuels et des commandes que l’on utilise encore presque comme à l’époque de son lancement, il y a vingt ans. Presque hier en somme …

Je pense l’avoir déjà écris souvent dans ce blog, si vous voulez vous lancer dans l’argentique sans avoir connu ce milieu auparavant, donnez-vous toutes les chances de réussir vos images pour ne pas vous décourager. Les réglages des appareils plus vieux (années septante et quatre-vingt) n’ont rien d’ésotériques mais un minimum de compréhension de ceux-ci est nécessaire pour tirer la quintessence de ces anciens boitiers. Ici, pas de casse-tête mais des menus simples et assez évidents.

En plus, cet Eos possède une fonction que j’aime beaucoup : lorsque vous chargez un film dedans, celui-ci précharge le film et le dévide vers la bobine réceptrice au fur et à mesure. L’avantage est énorme : en cas d’ouverture intempestive du dos, seules les photos non encore exposées seront voilées.

Ensuite, ces appareils n’ont pas encore vraiment le statut d’anciens et donc ils ne sont pas encore très recherchés, avec dès lors des prix attractifs. Comptez environ 40€ pour un très bel exemplaire avec un objectif (souvent ceux du kit d’origine). Ça ne va pas vous ruiner et vous ferez des économies sur les photos que vous réussirez presque toutes à coup sûr.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  1. AF One-Shot : l’appareil photo verrouille la mise au point sur les sujets immobiles
  2. AI Servo AF : l’appareil photo suit en permanence les sujets en mouvement
  3. AF AI Focus : l’appareil photo évalue le sujet et sélectionne automatiquement l’AF One-Shot ou l’AF AI Servo.
    L’autofocus est activé en enfonçant le déclencheur à mi-course
    Plage de travail AF EV 1-18 (à 100 ISO)
    Méthode d’assistance AF Via le flash intégré : émet des impulsions répétées de faible luminosité si le flash est levé.
    Contrôle de l’exposition
    Modes de mesure 1. Mesure TTL à pleine ouverture à l’aide d’un SPC (cellule photoélectrique au silicium) à 35 zones. Trois modèles de mesure disponibles.
    a. Mesure évaluative à 35 zones.
    b. Mesure partielle centrale qui couvre environ 9,5 % de la surface du viseur.
    c. Mesure moyenne pondérée centrale (réglée automatiquement en mode M)
  4. E-TTL II : mesure du préflash sur 35 zones à l’aide des flashs macro Speedlite 550EX, 420EX, 220EX ou EX MR-14EX ou MT-24EX. Flashs Speedlite de la série EX ou flash intégré requis.
    Plage de mesure EV 1-20 (avec objectif 50 mm f1.4 à 100 ISO)
    Modes d’exposition 1. Programme AE intelligent avec décalage variable (P)
  5. Priorité à la vitesse d’obturation : AE (Tv)
  6. Priorité à l’ouverture AE (Av)
  7. DEP AUTOMATIQUE (A-DEP)
  8. Entièrement automatique (programme intelligent AE, non décalable)
  9. Modes de zone d’image programmés : portrait, paysage, gros plan, sport, portrait de nuit et flash désactivé
  10. Programme E-TTL II FLASH AE
  11. Réglage manuel aidé par la cellule
    Exposition multiple : jusqu’à 9 expositions peuvent être préréglées. Effacement automatiquement une fois terminé. Annulable à mi-chemin
    Compensation d’exposition 1. Bracketing d’exposition automatique (AEB) jusqu’à +/-3 IL en 1/2 arrêts
  12. Correction d’exposition manuelle jusqu’à +/-3 IL par 1/2 arrêts.
  13. Disponible en modes entièrement automatique et programmé
    Obturateur
    Type Obturateur à déplacement vertical, plan focal avec toutes les vitesses contrôlées électroniquement. Les rideaux des obturateurs avant et arrière sont tous deux dotés d’un contrôle de déclenchement électromagnétique dédié. (Vitesse du rideau : 6,3 ms/24 mm)
    Vitesses d’obturation Vitesses d’obturation 30s à 1/4000 s, pose , X-sync à 1/125s
    Flash intégré:
    Type : Flash automatique E-TTL II intégré pour des expositions au flash stables et de haute précision (flash FE activé)
    Commandes AE du flash 13 m (42,6 pi) (ISO 100)
    Angle de couverture du flash : couvre l’angle de vue de l’objectif de 28 mm
    Durée du flash : 1 ms ou moins
    Temps de recyclage : environ 2 secondes. L’icône s’allume dans le viseur lorsqu’elle est prête
    Température de couleur équivalente à la lumière du jour
    La lampe de réduction des yeux rouges s’allume lorsque le déclencheur est enfoncé à mi-course et que la mise au point et la mesure sont réalisées
    Transport de films
    Système de pré-enroulement automatique du chargement du film. Après le positionnement du film et la fermeture du capot arrière, le film s’enroule automatiquement jusqu’à la fin du rouleau. Au fur et à mesure que les photos sont prises, le film est rembobiné image par image dans une cassette.
    Réglage de la vitesse du film ISO 25-5000 automatiquement réglé par incréments de 1/3 d’arrêt selon le code DX. Peut également être réglé manuellement à partir de 6-6400 ISO par incréments de 1/3 d’arrêt
    Transport du film Avance sur une seule image ou avance continue réglée automatiquement en fonction du mode de prise de vue
    Bobinage de film L’un des deux modes suivants peut être réglé : Image unique et Continu. (En mode continu, avec AF verrouillé, environ 3,0 ips et en mode AF AI Servo, environ 2,8 ips)
    Rembobinage du film Rembobine automatiquement à la fin du rouleau. Rembobinage à mi-rouleau possible
    Source d’alimentation
    Batterie : deux piles au lithium CR2 logées à l’intérieur de la poignée de l’appareil photo
    Le niveau de la batterie est affiché par l’indicateur de niveau de batterie sur l’écran LCD. Le niveau de la batterie est indiqué sur l’un des quatre niveaux.
    Dimensions
    Dimensions (L x H x P) : 130 x 90 x 64 mm (5,1 x 3,5 x 2,5 po)
    Poids 365 g (12,9 oz) (sans piles)
    Autre : dos dateur avec Date/Heure Mentions légales Jour/Mois/Année, Mois/Jour/Année, Année/Mois/Date, Date/Heure/Minute

Des références.

https://studio-argentique.fr/2015/10/15/le-canon-eos-300x-pour-mettre-un-pied-dans-largentique/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-9607-Canon_EOS%20300X.html, en français ; https://www.35mmc.com/07/10/2017/canon-eos-300x-40mm-f2-8-stm-review/, https://www.the3rs.uk/the-final-eos-film-slr-culmination-or-capitulation-the-canon-eos-300x-review/, https://austerityphoto.co.uk/last-of-the-line-canon-eos-300x/, https://global.canon/en/c-museum/product/film248.html, en anglais ; https://filmphotography.eu/kamera/canon-eos-300x/, en allemand