Le récapitulatif que je vous présente ici est celui des appareils que j’utilise vraiment régulièrement.
J’ai encore quelques pépites dans mes armoires, que je sors au fur et à mesure de mes envies d’essais, tests et autres comparaisons, toujours très subjectives, mais c’est plus pour le plaisir de découvrir ces quelques belles machines – et pourtant je ne suis pas collectionneur, je vous assure !
Donc, ceux que je vous présente ici sont mes appareils de « tous les jours ».
En photo de rue :
Lumix GX9 + 14 mm f1:2,5 (28mm en 24×36)
Leica M5
Ricoh R1 (argentique) focale fixe 30 mm f1:3,5
En photo de paysage, urbaine, portrait :
Canon Eos 6D
Canon 7D
Canon Eos 30 (argentique)
Avec ces trois Canon Eos, des objectifs de la marque :
EF 17 – 40 mm f1:4 série L,
EF 24 – 70 mm f1:2,8 constant série L,
EF 70 – 200 mm f1:4 série L,
EF 70 – 300 f1:4 -5,6 IS USM
EF 28 – 80 f1:3,5 – 5,6 autofocus
et un doubleur de focale Kenko (x2)
Pour les autres :
Mamya 645 Super (argentique) 4,5×6
Kodak Classic Smile (instantané) 89x108mm ZeroInk
Parfois je me dis que ce qui est fatiguant c’est de penser à ces appareils électroniques dont je sais que les jours sont comptés. Parce que les obturateurs ont été prévus pour X milliers de déclenchements et puis … on ne sait pas, sauf à – peut-être – devoir passer par le SAV, pour autant que le coût de la réparation ne dépasse pas la valeur de l’appareil et/ou que les pièces soient encore disponibles.
Avec les anciens appareils argentiques la question se pose sous une autre forme : jusqu’à quand fabriquera t’on encore les pellicules pour les alimenter ? Au rythme ou certaines disparaissent, ça fait peur.
Jamais je pense, depuis l’invention de la photographie, les industriels n’ont aussi bien orchestré l’obsolescence programmée de leurs appareils, obligeant à toujours faire « évoluer » son parc, pas seulement pour rester au goût du jour mais tout simplement pour pouvoir continuer à photographier.
A l’époque de l’argentique, ne nous leurrons pas, la bataille marketing faisait aussi rage et les nouveaux produits sortaient aussi régulièrement, mais pas au rythme d’aujourd’hui (Canon aura attendu 10 ans avant de remplacer son fleuron, le F-1 p. ex.). Et il n’était pas rare qu’un photographe garde son appareil dix, vingt ans sans que ses photos n’en pâtissent. Les réglages étaient toujours liés au triangle de l’exposition, point barre ! Mais il savait s’en servir et comprendre la lumière, plutôt que les 500 pages de réglages des appareils « modernes ».
Par contre, je vais (essayer de) vous donner mes impressions face à ce boitier mythique.
Enfonçons une porte ouverte, il est lourd (820 g tout nu), mais pas désagréable à tenir en main. Carré, bien équilibré, tout est à portée de main (ou doigts en l’occurrence). Tout en métal, à une époque où le plastique n’avait pas encore tout envahi, il respire le costaud de service.
Pour tout dire, avec son concurrent, le Nikon F, il fut de tous les champs de bataille de son époque (1971 – 1981), et il en eut : le Viêtnam, le Laos, le Cambodge, la Jordanie, la Rhodésie, l’Éthiopie, Israël, l’Égypte, le Liban, …. (voir la liste sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines).
A ce sujet, saviez-vous que Don Mc Cullin dû la vie sauve à son boitier Nikon F ? Je vous renvoie à cette image terrible (https://www.flickr.com/photos/martsharm/4683329492/) du boitier qui reçut la balle à sa place. Heureusement qu’à l’époque les constructeurs fabriquaient en métal, solide !
Malgré ce côté pro – ou à cause de – il est très facile a utiliser : vous sélectionnez la vitesse et le diaphragme et il ne reste plus qu’à faire la mise au point et déclencher. Avec l’excellent parc des optiques FD (créées pour lui), que l’on trouve encore à des prix abordables, vous avez une machine à faire de belles photos.
Celui que j’ai acheté m’a juste demandé de commander un 50 mm f1:1,4 monture FD (le f1:1,2 c’est un autre mythe, qui reste inabordable) pour l’accompagner. Je vais devoir changer les mousses, notamment celle du miroir, qui a disparu; de trouver des piles compatibles – et ici j’ai fait une exception à mon habitude de « fourrer » partout une LR44 – j’ai commandé une Weincel MRB 625 de 1,35 V car la cellule est sensible au voltage.
1ère photo : à gauche le Old; seconde photo, à droite, le Old
Dernier jour de l’année 2019 et j’ai terminé les petites réparations du F1. Tout d’abord les mousses : pas facile de nettoyer tout ça car il faut éviter que des résidus ne tombent sur le miroir ou, pire, le dépoli. Patience et concentration sont de rigueur … et un petit « PostIt » pour protéger le dépoli. Pour ôter les résidus de colle, un petit produit que l’on trouve en grande surface (trouvé chez Aldi), mieux que l’acétone tant pour les odeurs que pour les plastiques, qui sont sensibles à ce produit (même s’il n’y a pas de plastique sur le F1, mais juste avant lui, j’ai aussi changé la mousse du Ricoh R1, qui lui est tout en plastique). Puis il faut aussi s’armer de patience et de méticulosité pour couper les différentes mousses au bon gabarit. Notamment pour les rainures du dos (2 mm et 1 mm de largeur). Si vous deviez le faire, munissez-vous de bons cutters (genre scalpel) et faites gaffe à vos doigts, d’une plaque à découper (vous voyez, ces grandes plaques en plastique vert, graduées et quadrillées que l’on trouve dans les magasins destinés au hobby (ou bêtement chez Action); de quelques coton-tiges et, petite astuce, de baguettes (que vous avez souvent en trop avec vos sushis) et de cure-dents. C’est avec eux, taillés en biseau ou à plat, que vous allez pouvoir racler les vielles mousses. Comptez deux bonnes heures pour arriver au bout : changement de la mousse de la charnière, des deux rainures du dos, du miroir. Et où trouver ces mousses ? Parfois sur un grand site de vente mais toujours sur http://www.aki-asahi.com/store/html/light-seal/string/foam.php. (et, petite astuce, chez lui, vous trouvez les mousses prédécoupées). Ce site est incontournable pour les mousses et aussi pour les vrais ou faux cuirs de vos appareils, que vous pouvez customiser dans des couleurs parfois, disons, psychédéliques.
Ensuite, j’ai reçu et l’objectif commandé (comme neuf et il a près de 50 ans !) et les Weincel. Petite installation de tout et …. tout fonctionne comme au premier jour. Vraiment c’est extraordinaire de « sentir » ce vieux boitier (mon boitier date de février 1976, un des derniers « vrais » Old F 1) repartir sans rouspéter et de découvrir au fur et à mesure les astuces d’avant le « tout électronique ». Si un jour vous avez la chance de manipuler un F 1, vous comprendrez ce dont je parle (petite fenêtre pour éclairer la barre de mesure, rappel des vitesses avec couleurs différentes pour les rapides et les lentes, prismes interchangeables, verres de visées interchangeables, etc.).
A l’époque, on fabriquait solide et durable : la mise au point du F1 a pris 5 ans et Canon y a mis tout son savoir-faire de l’époque. Bien qu’il y eut, en 1976, une petite évolution avec le F 1 N, il sera opérationnel 10 ans, sans être dépassé (de 1971 à 1981). Ce n’est qu’à cette époque que sortit celui qui devait le remplacer, le New F 1.
Une petite video fort bien faite pour illustrer mes propos :
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