Argentique

Un set complet, le Fuji 1000 Zoom Date Discovery

Préambule.

Celui-ci, je l’ai trouvé à la brocante de Jemappes, il y a un moment. Et je l’avais mis de côté car il me semblait vous avoir déjà présenté pas mal de compact des années nonante.

Je l’ai acheté parce qu’il était complet, dans sa boite (en mauvais état, certes), avec ses modes d’emploi, sa sacoche, des documents pour envoyer ses films à développer et une pochette pour y placer les photos prises avec l’appareil, plus un set de nettoyage. Un vrai set de découverte, comme le souligne le titre de la boite.

Boîte du Fujifilm DL-1000 Zoom avec accessoires, affichant les caractéristiques de l'appareil photo et son équipement, sur un bureau avec un clavier en arrière-plan.

A l’époque, on pouvait encore faire des cadeaux à ses clients car, ce qu’il manque dans cette boite, c’est la pellicule qui était livrée en plus, pour débuter tout de suite.

Un peu d’histoire.

Fuji fêtait ses 90 ans en 1994. C’est donc en janvier 1934 que Fuji Photo Film Co., Ltd., filiale de la Daicel Corporation, voit le jour à Ashigara, à 100km de Tokyo mais au pied du Mont Fuji (3776m, le point culminant du Japon), qui donnera son nom à l’entreprise. Créée suite à un programme gouvernemental*, la nouvelle entreprise reprend les activités de découpe des films photographiques de Dainippon Celluloid Company Limited.

Logo de Fujifilm représentant le Mont Fuji et le nom 'Fuji' stylisé à l'intérieur d'un cercle.
Le logo de Fujifilm en 1934.

Mais commençons par le commencement …

A ses débuts, Fujifilm produit des films destinés au cinéma, puis pour la photographie et enfin pour les appareils de radiographies. Il produit aussi des plaques d’impression et du papier. En fait tout ce qui a trait au photosensible. Dès 1948, il développe ses premiers films couleurs.

Fujifilm crée des usines et des sièges d’activités un peu partout dans le monde au fur et à mesure de son expansion : Brésil (1958), Royaume – Unis (1962), USA (1965), Allemagne (1966), Pays-Bas (1982), USA (1988).

Ensuite, il achète aussi toute une série d’acteurs dans le domaine de l’imagerie : Rank Xérox (1962), Chiyoda Medical Co., Ltd. (1993), Eurocolor Photofinishing GmbH & Co. KG (1997), Enovation Graphic Systems, Inc.(2001), Arch Chemicals, Inc. (2004), Arch Chemicals, Inc., (2005), Avecia Inkjet Limited (2006), Dimatix, Inc.(2006). Toutes ces entreprises ont un rapport avec l’image imprimée ou non et dénote la propension de Fujifilm a être toujours à la pointe du progrès dans ces domaines.

Dès les années quatre-vingt, Fujifilm est présent dans le domaine des appareils photos numériques mais continue à développer des produits destinés à la photographie argentique.

D’ailleurs, en écrivant au sujet des appareils photos, c’est en 1938 que Fuji-Photo Film Co. Ltd construit son usine de fonderie de verre optique (Odawara) pour la production d’objectifs haut de gamme. Pour obtenir le verre le plus pur possible à l’époque, Fujifilm utilisait des creusets en platine !

Il sera le précurseur dans le domaine du revêtement par faisceau d’électrons (EBC), qui permettait de cumuler des couches de revêtements (jusqu’à 14 couches), dans des matières différentes, qui avaient toutes une influence sur la qualité de la transmission de lumière. En 1972, l’EBC Fujinon 55mm f3,5 Macro fut le premier objectif a bénéficier de ce traitement. La transmission de lumière de ce traitement était de 99,8% !

Le premier objectif visant au standard LTM 39 (Leica) fut le Cristar 50mm f2 (1949). Suivi rapidement par le 35mm f3,5 et un Summitar 50mm f2. En 1954, Fujinon présentait un trio d’objectifs dits rapides, le Speed Trio : le 35mm f2, le 50mm f1,2 et le 100mm f2.

Moins connu peut-être mais toujours très apprécié, le FUJINON 50mmF1.2 fut également construit pour les montures Nikon. Dans les années soixante, Fujinon sortira des objectifs grand format (CM Fujinon) puis, lorsque les réflex seront plus nombreux, les ST et des objectifs en monture M42.

Oui mais, et les appareils photos ?

Ils arrivent, en 1948, sous la forme d’un pliant, le Fujica Six, qui sera fabriqué jusqu’en 1953. Plus tard, le Fujica 35-EE (1961) sera le premier appareil au monde à proposer trois modes d’exposition, ainsi que le compact 35mm V2, un télémétrique avec un objectif de 45mm (1964).


En 1970, le reflex Fujica ST 701, avec objectif Fujinon 50mm f1,8 en monture M 42, entre sur le marché : entièrement manuel, il est pourvu d’une cellule au silicium, plus précise que celle du CdS. C’est une première mondiale pour un appareil grand public. La mesure est TTL, à travers l’objectif. Le ST 801 qui lui succèdera (1972) introduira lui les premières LED pour indiquer les valeurs de la cellule.

Fujica investira aussi le marché des moyens formats avec brio. Le G690 est un télémétrique moyen format à objectif interchangeable et obturateur central (1968 – 1975). C’est un appareil conçu par les photographes professionnels pour des photographes.

En 1980, Fujica lance une trilogie : les AX-1 – AX-3 – AX-5. Ces trois appareils utilisent la nouvelle monture à baïonnette Fujica X et les nouveaux objectifs Fujinon X. Le AX-5 présente 3 modes d’expositions et un mode manuel (priorité vitesse, ouverture, programme et manuel), un obturateur électromagnétique rapide, un moteur, des dos interchangeables. Sous un design compact et léger, à un prix abordable, il entendait rivaliser avec les productions de Nikon, Canon et Minolta de l’époque.

Dans les années quatre-vingt et nonante, Fujica proposera de nombreux appareils compacts de qualité, rivalisant avec Canon, Nikon, Minolta, Olympus, Pentax. Ces appareils, mieux que quiconque sans doute, illustrent l’ambition de Fujica : proposer des appareils de qualité, abordable et performant.

Au niveau des appareils d’exception, en 1998, Fujica lance un appareil télémétrique panoramique à objectif interchangeable. Ce sera le TX-1, produit en collaboration avec Hasselblad qui le commercialisera sous la dénomination de XPan.

Toujours dans le domaine de la collaboration avec Hasselblad, Fujica sortira un appareil moyen format doté de l’autofocus, le GX645AF, qui s’appellera H1en Suède. Le Fujifilm GD645AF et le Hasselblad H1 disposent des mêmes fonctions et partagent les mêmes accessoires (2003 – 2010).

Plus anecdotique, en 2008 et cette fois en collaboration avec Cosina, Fujica développe un appareil à soufflet pour les prises de vue en 6x6cm ou 6x7cm sur film 120 et 220. Ce sont respectivement le Voigtländer Bessa III et le Fujifilm GF670.

Puis viendra l’aventure du numérique car là aussi Fuji développera, en collaboration avec Toshiba, le premier appareil réellement exploitable, le Fujix DS-1P, pourvu d’un capteur Super CCD (1988).

Celui que l’on retiendra le plus sera toutefois le FinePix S3 Pro, un réflex numérique développé avec Nikon sur base du F80 qui offrait 12Mpx grâce à un capteur Fuji Super CCD SR.

Depuis l’aventure Fuji continue. C’est une des rares entreprises à maitriser toute la chaine de ses appareils, de l’ingénierie à la construction en passant par l’informatique et les capteurs.

*Au sortir de la première guerre mondiale, le Japon est en plein essor industriel. Si depuis 1925, le pays est une démocratie avec élection au suffrage universel, le pouvoir appartient essentiellement à de hauts fonctionnaires, étroitement liés aux Zaibatsu (immenses conglomérats détenant l’essentiel de l’économie japonaise).

Présentation du Fujifilm DL 1000.

La gamme DL débute en 1984 avec le DL-50 et se termine en par celui-ci en 1996.

DL pour drop – in loading, ou chargement rapide. De nombreuses marques se sont attaquées au problème du chargement des films dans les appareils. Les réponses les plus radicales ayant été la création des cassettes 126 et 110 par Kodak, puis APS-C par un consortium de sociétés. Ici il s’agit d’une manière élégante d’y faire face : il suffit de sortir un peu l’amorce du film, de le glisser dans l’appareil et de le refermer. L’appareil entraine automatiquement la pellicule à la première image et, comble du bonheur, prébobine le film. Ce qui veut dire que l’appareil vide la cartouche pour poser le film dans un enclos prévu à cet effet et au fur et à mesure des prises de vue, le film réintègre sa cartouche. En cas d’ouverture accidentelle du dos, seules les parties non exposées seront voilées. Autre avantage, il ne faut pas rebobiner le film en fin de course puisque celui-ci a déjà réintégré sa cartouche.

Celui qui nous préoccupe aujourd’hui, le Fujifilm DL 1000 Zoom (aussi appelé Discovery 1000 – 1992) sera le compact le plus sophistiqué de la gamme DL.

En effet, il propose tout d’abord un zoom Fujinon motorisé 38 -80mm ouvrant de f3,8 à f8, 8 lentilles en 8 éléments. Une belle amplitude sans être extrême.

Appareil photo compact Fujifilm DL 1000 Zoom, posé sur un bureau avec un fond flou, montrant ses caractéristiques comme le zoom Fujinon et le mode autofocus.

Le zoom est couplé à un autofocus multi faisceaux précis (trois faisceaux croisés), pour assurer des images précises presque à tous les coups.

La mise au point se fait de 65cm à l’infini. Elle est automatique avec verrouillage de l’autofocus Il y a un réglage spécifique pour les paysages nocturnes : l’appareil règle l’objectif pour la prise de vue vers l’infini, éteint le flash et diminue la vitesse.

L’obturateur est électronique programmé, de 1/10s à 1/350s.

Bien évidemment, le DL 1000 est équipé d’une cellule, dont la sensibilité se règle automatiquement grâce à la lecture du code DX des cartouches. La plage de sensibilité va de 50 à 1600Iso.

Réglage de la vitesse du film : Automatique avec les films ISO 50, 100, 200, 400, 800 et 1600 DX.

Ensuite, le DL 1000 offre plusieurs modes : paysage, panoramique et des options de flash intelligentes, pour rendre chaque prise de vue optimale. L’affichage est à cristaux liquides et donne les indications suivantes : compteur de vue qui affiche les images restantes à faire ; la distance focale de l’objectif ; indication du mode retardateur ou charge du flash ; signale le mode réduction des yeux rouges, le flash d’appoint, le flash désactivé, le flash modéré pour les contre-jours ou les portraits de nuit et enfin il signale quand les piles sont faibles.

Un mot d’ailleurs sur le flash. Il est intégré et contrôlé automatiquement pour répartir uniformément la lumière à toutes les focales du zoom. Il y a aussi un mode déclenchement automatique (débrayable), le mode réduction des yeux rouges, un mode flash d’appoint (pour les contre-jours), le mode flash désactivé (pratique dans les musées)

Le mode panoramique fonctionne grâce à un cache amovible qui, de fait, réduit la hauteur de l’image et étire sa longueur.

Vue intérieure d'un appareil photo Fujifilm DL 1000 Zoom avec son objectif visible et le compartiment à film ouvert.

Le viseur est réglable selon sa dioptrie, ce qui est toujours un plus. C’est un viseur qui suit les mouvements de l’objectif, en taille réelle. Le grossissement va de 0,35 à 072x. Le cadre est collimaté avec des marques pour la correction de la parallaxe. Une lampe verte s’allume à côté du viseur quand la mise au point est fixée et elle clignote rapidement si le sujet est trop près ou trop loin ; enfin, elle clignote lentement pour signaler que la vitesse d’obturation est faible (risque de bougé).

On peut encore trouver un mode retardateur complet : il est aussi contrôlé électroniquement et vous laisse 10 secondes pour être aussi sur la photo. Son bouton de commande est aussi celui de la rafale (3 images à la suite). Pour les distraits, on peut l’arrêter à mi-parcours.

De ce que j’ai pu lire en préparant cet article, les avis sont unanime sur la simplicité d’utilisation du boitier et d’ajouter que le reste des commandes est intuitif : nous sommes loin des compacts numériques et leur foultitude de commandes !

Schéma de l'appareil photo Fujifilm DL 1000 Zoom, montrant les différentes parties et les étiquettes numériques pour identification.
Manuel d'utilisation du Fujifilm DL 1000 avec caractéristiques principales et schémas explicatifs en français.
Schémas explicatifs sur les fonctions et l'utilisation de l'appareil photo Fujifilm DL 1000 Zoom, comprenant des instructions de chargement du film, de prise de vue et de réglages divers.

Pour alimenter tout ça, deux piles CR123A suffissent.

Vue rapprochée d'un compartiment de batterie d'un appareil photo Fujifilm Discovery 1000, montrant les deux piles lithium et les indications de polarité sur la tranche.

Ce modèle est équipé d’un dos dateur, qui ne sert plus à rien car il n’a pas dépassé les années 2010.

Vue arrière du Fujifilm DL 1000 Zoom, montrant le sélecteur de mode et d'autres boutons de commande.

Si vous en trouvez un équipé de ce dos, retirez la pile pour éviter les problèmes.

Petit résumé en images du set discovery :

Que penser de cet appareil ?

Compact, c’est vite dit ! Vous le mettrez difficilement dans une poche, sauf celle, grande, d’un manteau. C’est pour ça que Fuji fournissait un sac bien utile et, ma foi, seyant avec sa belle ligne verte.

Ceci étant, il a tout ce qu’il faut pour vous accompagner partout et sans prise de tête. Son objectif est parait- il très bon, ce qui n’a rien d’étonnant puisque c’est un Fujinon.

La marque a mis tout son savoir-faire dans un appareil que l’on a envie de prendre avec soi pour faire des photos. Vous n’aurez pas le choix des focales, sauf celles comprises entre le 38 et le 80mm, ce n’est pas un réflex. Mais au vu de ses compétences, il est facilement comparable aux entrées de gamme des concurrents – et même de Fuji – en réflex, c’est peu dire.

Ce qui m’a intrigué et amusé, dans ce set, c’est que tout avait été pensé pour qu’une fois acquis vous n’ayez qu’à ouvrir l’emballage pour vous lancer, il y avait tout, même le film Fujifilm, mais pas les piles !

Mais le photographe qui vous le vendait en avait sans doute en stock.

Hormis donc sa taille, c’est un excellent appareil à faire voyager avec vous si vous voulez vous lancer dans un modèle argentique qui ne vous décevra pas aux premières images.

Question prix, si vous avez la chance de le trouver complet avec sa boite, disons dans les 40€, sinon, seul mais en très bon état, tablez plutôt sur 20 à 25€

Le plaisir n’a pas de prix dit-on…

Pour voir des photos prises avec cet appareil, c’est par ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (multilingues) et encore LA (anglais).

  • Type : Appareil photo 35mm compact et motorisé
  • Objectif : Zoom Fujinon 38-80mm f/3.8-8.2, optique de haute qualité
  • Mise au point : Autofocus multifaisceaux (3 capteurs) + mode simple faisceau
  • Modes de prise de vue : Auto, paysage (mise au point à l’infini), panorama
  • Obturateur : Électronique programmé, vitesse de 1/9s à 1/350s
  • Sensibilité du film : ISO 50 à 1600 (détection DX automatique)
  • Exposition automatique : Ajustement précis selon la scène
  • Transport du film : Avancement et rembobinage motorisés avec prébobinage sécurisé
  • Flash intégré : 4 modes (auto, réduction des yeux rouges, fill-in, désactivé)
  • Retardateur : Déclenchement programmable jusqu’à 3 photos consécutives
  • Alimentation : 2 piles CR123A (non incluses)
  • Dimensions et poids : 135 × 71,3 × 56,5 mm | 331 g (sans piles)
  • Autres fonctionnalités : Écran LCD informatif, correction dioptrique, filetage pour trépied

Des références.

https://bromurefilm.com/products/fuji-dl-1000-zoom, https://www.newwavepool.shop/fr/products/fujifilm-dl-1000-zoom-35mm-camera-serial-91113415, https://fuji.ch/fr/story/fujifilm-heritage-une-retrospective-de-lhistoire-de-90-ans-de-fujifilm/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-7371-Fuji_DL-1000%20Zoom.html, https://www.fujifilm.com/fr/fr/about/hq/corporate/history, en français ; https://heartswellco.com/fuji-discovery-1000-zoom-camera/, https://springcoffeebreak.com/fuji-discovery-1000-zoom/, https://lapinataoldtown.com/fuji-discovery-1000-zoom-camera/, https://camera-wiki.org/wiki/Fuji_DL-1000_Zoom, en anglais