Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Konica Pocket 400 – Que penser de cet appareil ? – Des références
Préambule.
Ah, la grande brocante de Maroilles, capital du fromage du même nom. Pour tout vous dire, nous avions prévu d’utiliser le camping car pour y arriver la veille au soir afin de pouvoir nous lever tôt sans être trop fatigués car on nous annonçait pas loin de 600 exposants.
Las, une stupide panne de clignoteurs nous privait de ce fidèle compagnon. Nous avons donc loué une chambre tout près. Afin de voir comment cela allait se présenter, après le souper (diner pour nos amis français), nous sommes partis en repérage des lieux. Et comme à Amiens; nous avons eu la surprise de voir certains brocanteurs déballer et faire quelques ventes à des chineurs de toutes les nationalités.
Un bref tour des premiers exposants nous à toutefois convaincu d’aller dormir, tout le monde n’étant pas encore là, toutes les marchandises en peu fragiles pas encore déballées.
Et donc, le 15 juin, dès 4h30 du matin, nous étions à flâner, les yeux et les oreilles aux aguets. Une vraiment belle brocante.
Petite remarque de vocabulaire : en Belgique, une brocante équivaut à un vide-grenier en France, c’est-à-dire que tout le monde vend ses propres affaires et c’est du tout venant (vêtements, livres, jouets, objets usuels d’une maison, appareils domestiques, etc.). Par contre, une brocante française présente des objets destinés à la revente chez des antiquaires, d’autres brocanteurs professionnels, des particuliers qui cherchent un objet bien précis. Nous appelons cela une belle brocante ou un antiquaire. Ceci pour vous préciser que nous fûmes surpris par la qualité, l’originalité, l’étrangeté, les prix de certains objets présentés, agréablement surpris.
In fine, au bout de près de onze kilomètres de marche, d’aller – retour, de tours en détours, j’ai quand même dégoté quelques beaux appareils que je vous présenterai au fur et à mesure.
Mais, dans cette foule immense, Olivier et moi avons essayé, en vain de nous retrouver (encore toutes mes excuses pour ne pas avoir entendus tes appels dans le bruit ambiant).. On fera mieux la prochaine fois car je sais qu’il a aussi trouvé quelques jolis boitiers/objectifs/accessoires (biffer la mention inutile).
Un peu d’histoire.
De nos jours, la marque Konica seule est un peu oubliée, sauf des plus de 35 ans qui ont connu les différents appareils présenté par la société. Elle est souvent associée à Minolta, qui fusionnera avec Konica en 2003.
Mais commençons par le début. En 1873, Rokusaburo Sugiura vend du matériel photographique et lithographique à Tokyo pour un grossiste en médicaments créé par son arrière-grand-père. Pour ses 25 ans, il aura la chance de se faire photographier dans un studio photo et c’est cette séance qui lui donnera l’idée de son commerce.

En 1897, il importe du matériel cinématographique et il aide à la réalisation du premier film entièrement japonais (1899).
C’est en 1903 que l’entreprise fabrique ses premiers appareils photos, le Cherry Hand Camera. Elle sera la première entreprise à fabriquer en série un appareil photo et à le commercialiser au Japon.
Le Cherry Hand Camera pouvait accueillir six plaques sèches (57 mm × 83 mm) et était vendu à un prix raisonnable. Alors que les appareils photo étaient un produit spécial disponible uniquement pour un groupe limité de personnes, comme les propriétaires de studios de photographie ou de riches amateurs, l’introduction de l’appareil photo Cherry Hand a rendu les appareils photo plus abordables pour le grand public.

Rokuemon Sugiura VII (à part le numéro de succession dans la dynastie, on ne peut pas dire qu’ils ont fait preuve d’imagination pour les prénoms !), pour honorer la mémoire de son père, fonde la Konishi Professional School of Photography pour former les photographes aux compétences techniques et artistiques de la profession. Connue aujourd’hui sous le nom de Tokyo Polytechnic University, cette école forme toujours de nombreux photographes/chercheurs dans la technologie et l’art.
La société produira et commercialisera le premier film pour appareil 24x36mm en 1928, le Sakura film (N/B).
Dès 1896, la société a importé des machines à rayons X au Japon pour la première fois (les rayons X ont été découverts par Wilhelm Conrad Röntgen, un physicien allemand). Pour contribuer à l’avancement du Japon dans l’univers de la médecine, elle a aussi importé des appareils de raidographie. Trente-sept ans plus tard, en 1933, Sakura Film X-ray a été développé, produit et commercialisé avec la même qualité que les films étrangers, auparavant importés.
Le premier film couleur, développé en interne, sera annoncé en 1940 et commercialisé l’année suivante.
L’entreprise ouvrira sa première filiale aux USA en 1956. Elle ne cessera de se développer et d’innover dns tous les domaines de la photographie et de la lithographie.
Ainsi, devant tous les autres grands du secteur photographique japonais, Konica sort le Konica C35EF. Ce sera le premier appareil au monde a présenter un flash intégré (1975). L’appareil aura un énorme succès et se vendra très bien.
Dans le domaine des films, en1976, l’entreprise sort le premier film couleur en 24 vues (Sakura Color 24) alors que la norme était celle de films en 12, 20 et 36 vues. Vendus au même prix que les 20 vues, ces Sakura Color 24 ont établi une nouvelle norme.
Encore une fois, au nez et à la barbe des autres grands fabricants, l’entreprise lance en 1977 le premier appareil photo autofocus au monde, le Konica C35AF (surnommé « Jaspin Konica »). Avec sa fonction de mise au point automatique, cet appareil photo permettait aux utilisateurs de prendre des photos claires simplement en appuyant sur le déclencheur.
L’entreprise continue à se développer et se diversifier, dans le médical, l’impression jet d’encre privée et professionnelle, des appareils pour analyser l’évolution des plantes, etc.
Toujours dans le domaine de la photographie, elle sort le premier papier photographique garanti pour une tenue de 100 ans (1984).
1987, commercialisation du premier film haute sensibilité, le Konica Color GX3200 à 3200Iso.
La société continue à développer ses photocopieurs et entreprend dès 2001 une collaboration avec Minolta pour la fabrication d’encre polymère, moins chère à produire et qui assure une meilleur tenue, plus de précision sur la papier.
Enfin, en 2003, après une longue collaboration avec Minolta dans tous les domaines technologiques, les deux entreprises fusionnent.
2004 verra la commercialisation du Konica Minolta α-7 DIGITAL (MAXXUM 7D aux États-Unis, DYNAX 7D en Europe), le premier appareil photo reflex numérique mono-objectif à objectif interchangeable au monde équipé de la technologie anti-tremblement CCD intégré dans le boitier.
Mais en 2006, le groupe décide d’abandonner la division photographique, qui sera reprise par Kiocera Minolta. L’entreprise développe toujours de nos jours des photocopieurs très performants, des appareils digitaux destinés aux entreprises et à la médecine, des spectromètres pour analyser automatiquement les couleurs, des appareils de radiographies, etc.
Une longue histoire industrielle qui fait que Konica Minolta. Inc. (Konica Minolta) figure parmi les 100 sociétés les plus durables au monde selon l’édition 2023 du Global 100.
Et tout ça grâce à un portrait réalisé en 1873 …
Présentation du Konica Pocket 400.
Comble de l’ironie, si j’ai raté mon ami Olivier, j’ai retrouvé là une dame déjà rencontrée en voisine lors d’une brocante à … Baudour ! Avouez, venir en France pour acheter à une vendeuse belge …
Mais voilà, elle avait quelques chouettes appareils, dont ce petit Konica Pocket 400, auquel je n’ai pas résisté.
Vous le savez, la mode revient à ces appareils qui utilisent le format 110 (voyez aussi l’article sur le Minolta Autopak 450E) et comme j’aime bien la fantaisie de certains de ces appareils, quand j’en trouve un chouette, je le prends.
Celui-ci m’a attiré pour sa (toute) petite taille : guère plus grand, me semble-t’il que le Minolta 16-MG. Un peu plus large car il utilise donc le fameux film en cassette de 110.
Voyons cela de plus près …

Le film au format 110 est apparu en 1972 grâce à Kodak qui voulait un film encore plus petit mais aussi facile que sa cassette 126 (1963). Ce n’est qu’en 2009 que la production de ce film finira, pour être reprise en 2012 par Lomography (merci qui ?).
Comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles relatifs à ce format, il faut un bon appareil pour obtenir le meilleur résultat de cette pellicule, tant à cause de la taille du film lui-même que de la piètre qualité de certains appareils, les Kodak en tête d’ailleurs.
Donc, ici Konica va nous gâter en 1975 avec ce petit parallélépipède qui tient dans toutes les poches, jugez plutôt : objectifs Couleur Hexar f28mm f8, exposition automatique grâce à une cellule précise, alimentée par une 4LR44, deux positions de prise de vue (infini et personnage), cadre lumineux avec correction de la parallaxe dans le viseur, très clair et prise pour un flash sur le côté, synchronisé au 1/30s ou MagiCube sur le dessus.


L’objectif, en verre, est composé de 3 éléments en 3 groupes. La mise au point commence à 1 mètre jusque l’infini. L’obturateur offre des vitesses de 4s à 1/450s.
Contrairement aux Kodak ou Agfa, et quelques clones, pas question ici de tirer sur la moitié de l’appareil pour armer. Vous le faites en actionnant le bouton poussoir judicieusement placé en dessous, là où le pouce le trouve naturellement pour armer.

Sur le dessus, un gros bouton orange sert de déclencheur, aussi doux que les Sensor d’Agfa.
Je le signalais plus haut, il faut une 4LR44 pour alimenter la cellule de l’appareil. Mais celui-ci fonctionne aussi sans pile (et sans cellule alors), à la vitesse de synchronisation (1/30s).

Dernier raffinement, une diode rouge vous signale que la vitesse risque de chuter sous le 1/30s, avec risque de flou de bougé.
J’aime bien aussi la possibilité d’utiliser deux flashs : les Magicube classiques ou un flash électronique dédié (que je n’ai pas), voire un flash d’une autre marque puisqu’il y a un contact central.


Que penser de cet appareil ?
Franchement, difficile de faire plus compact et agréable à tenir en mains, ni plus simple d’utilisation : vous ouvrez la porte situé à l’arrière, y glissez une cartouche de film (et Lomography vous offre une belle gamme de films, de quoi s’amuser), refermez le dos, actionnez deux ou trois fois l’armement et le déclenchement jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse dans la fenêtre au dos et c’est prêt.


Il ne reste plus qu’à vous balader, le nez en l’air et le Konica dans une poche … pour le sortir au bon moment, en toute simplicité, comme dans les années septante.
C’est une vraie machine à remonter le (bon) temps cet appareil, alors, faites-vous plaisir car il ne vous ruinera pas : comptez 25€ pour un exemplaire en parfait état et 30€ si le flash d’origine est toujours ok et vendu avec.
Un peu de technique.
- Lentille: hexar 28 mm f / 8 (3 éléments, 3 groupes)
- Focus: 1 m à l’infini
- Obturateur électronique Copal : 4 – 1/450 s, synchro flash au 1/30s.
- Cellule CdS de 100 à 400Iso
- Alimentation: 1 x 4LR44 Batterie alcaline
- Dimensions et poids: 108 x 52 x 26 mm, 160 g.
Des références.
whttps://camera-wiki.org/wiki/Konica_Pocket_400, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208728/konica-pocket-400-camera-camera, https://cameragocamera.com/2017/06/25/konica-pocket-400-110mm/, https://collectiblend.com/Cameras/Konishiroku-(Konica)/Pocket-400.html, en anglais ; https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/30519, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3985.html en français
