Numérique

Le Nikon D800, un moyen format qui se cache dans un reflex ? Seconde partie.

Préambule.

Cet article méritait d’être coupé en deux afin de ne pas être indigeste. Après l’histoire qui situe ce Nikon D800, nous pouvons passer à sa présentation et à nos conclusions, toujours éminemment subjectives, comme il se doit.

Présentation du Nikon D800.

Rassurez-vous, je ne vais pas faire le décompte de tous les aspects techniques de l’engin, en numérique, il y en a trop. Le lien vers la fiche sera repris sous la rubrique un peu de technique.

Juste revenir sur quelques points qui m’ont interpellé : le premier, c’est évidemment la résolution du capteur de 36 Mpx ; le second, le côté massif du boitier ; le troisième étant le fait qu’il reste encore dans le coup 13 ans plus tard.

Vue rapprochée d'un appareil photo reflex Nikon D800 avec objectif, sur un bureau encombré.

Franchement, si j’avais un jour imaginé un tel nombre de pixels, c’est dans un moyen format que je les voyais, style Phase One, pas dans un reflex semi-professionnel.

Et tout aussi honnêtement, si je n’avais pas changé de matériel informatique récemment, jamais je n’aurais fait le pas car il faut être réaliste, même en RAW (pardon, en NEF ici) les fichiers sont lourds : 70 Mo/ pièces !

Donc, première question à se poser avant l’achat d’un tel appareil, en neuf ou occasion : vais-je avoir assez de ressources informatiques pour le gérer ? Et – finalement celle-ci pourrait être la première question – vais-je avoir besoin d’une telle résolution ?

De nos jours la question peut sembler anecdotique car d’autres modèles ont fait mieux, ou pire, c’est selon :

  • les Sony A7R V et Sony A7C R atteignent 61Mpx ;
  • Leica propose le SL3 à 60 Mpx ;
  • le Sony A1 second du nom donne 50 Mpx,
  • Nikon et son Z8 puis le Z9 sont presque raisonnables avec 45,7 Mpx ;
  • Canon avec son R5 Mark 2 atteint 45 Mpx.

En moyen format, la palme revient au Fujifilm GFX 100 II avec 102 Mpx, talonné par le Hasselblad X2D 100C à 100 Mpx.

Et pour ceux qui penseraient que leur engin ne va pas assez loin, il y a encore (pour certains boitiers) la technique du Pixel-Shift qui est un mode qui se base sur la fusion (en interne ou via un logiciel) d’un certain nombre d’images générées grâce aux micro-déplacements du capteur stabilisé. Idéal pour un usage ponctuel.

Pour achever de vous donner le tourni, citons en vrac :

  • les Nikon Zf, un full frame de 24,5 Mpx qui passe alors à 95 Mpx ;
  • Panasonic Lumix S5 II aussi un full frame de 24,2 Mpx qui atteint aussi 95Mpx ;
  • Panasonic G9 II, un premier micro-4/3 qui va de 24,2 Mpx à 50 ou 100 Mpx – à main levée SVP ! ;
  • (Olympus) OM System avec les OM-1 et OM-5 qui passent à 80Mpx sur trépied ou 50Mpx à main levée ;
  • et en APS-C, Fujifilm XT-5 et X-H2, qui ont déjà des résolutions de 40,2 Mpx passent alors à 160 Mpx !

Il est loin le temps où les appareils professionnels proposaient 16 Mpx (voir article sur le Canon Eos-1Ds Mark II) et où on estimait que c’était un bon rapport qualité/vitesse de traitement.

Petit résumé intermédiaire pour y voir plus clair : ai-je besoin d’une telle définition ; ai-je les ressources numériques pour les traiter ?

Car vient ensuite un corollaire assez simple à comprendre : avec de telles définitions, il faut aussi des optiques de haut vol, capable d’aller chercher les détails qu’offrent la technologie.

Objectif Nikon AFS NIKKOR 24-70mm f/2.8 monté sur un boîtier avec pare-soleil.

Alors, imaginons un instant que nous sommes photographes de mode, appelés à faire effectuer des tirages publicitaires en 12m² (4m par 3m, les affiches en bord de route, par exemple), sans contraintes techniques ni financières et empoignons le Nikon D800, qui a en quelque sorte, ouvert la voie.

Première remarque, si l’engin est solide, c’est parce qu’il est fait de métal enrobé de plastique renforcé. Il est imposant et … lourd. Dans la veine des Eos 5D Mark III. Autrement dit, ne faites pas l’économie d’une bonne sangle ou mieux, d’un système vous permettant de le porter sur le côté, dont voici quelques exemples.

Vos vertèbres, vos cervicales, vos trapèzes vous disent déjà merci !

Ensuite, c’est – comme tous les appareils numériques – un engin qu’il faut apprivoiser et avant tout, régler à votre convenance puisqu’il vous permet de le faire. Vous trouverez ci-plus bas une chouette vidéo pour le faire.

Vue arrière du Nikon D800 montrant l'écran de contrôle et les boutons de paramétrage.

Pour ma part, un des premiers réglages que j’effectue, c’est celui de la dioptrie (ben oui, je vieilli aussi) et j’apprécie de pouvoir le faire sans devoir rien changer sur le boitier, juste une petite molette à tourner.

Vue du dessus d'un appareil photo Nikon D800, affichant les réglages de l'écran LCD.

Familiarisez-vous avec les boutons, ils tombent tous sous les doigts de façon naturelle mais lorsque l’on vient d’une autre marque, un petit temps d’acclimatation est nécessaire.

Premier constat au niveau des menus : nous ne sommes pas chez Canon mais c’est quand même assez logique (de prime abord) comme défilement et explications. Je pressens que le boitier hésite entre vraiment professionnel et amateur (très) averti. En tout cas, vous pourrez pratiquement tout paramétrer et régler à vos habitudes.

Au niveau connectique, certains lui réclamaient le GPS et le Wi-fi et d’autres (ou les mêmes, allez savoir) que sa rafale à 4i/s était trop lente pour les disciplines sportives.

Mais il possède quand même un port USB 3 pour transférer rapidement ses images, un double emplacement pour carte CF (au format UDMA) et SD (au format UHS-1), sur lesquelles vous pouvez enregistrer en NEF et/ou JPEG, sur l’une et puis sur l’autre ou les deux à la fois. On peut éventuellement insérer une carte Eye-Fi (Wi-Fi) dans le compartiment dévolu à la carte SD.

Et, surtout, c’est ce qui m’intéresse, un magnifique viseur à 100% et un obturateur costaud.

Diagramme illustrant l'interface utilisateur du Nikon D800, montrant les différents éléments et boutons de contrôle pour la prise de vue.

Comme d’habitude, je ne parlerai pas de la section vidéo, que je n’utilise jamais sur un appareil photo mais il tourne avec un mode HDTV 1080 à 30,25 et 24p et possède une sortie HDMI non compressée pour connecter un enregistreur externe.

Et puis, venons-en au cœur de ce boitier, il vous propose 36,7 Mpx de résolution, soit la capacité d’un moyen format (comme le Pentax 645D à son époque).

Elle apporte une définition disons, superlative, et l’appareil fera merveille en studio mais il est aussi capable d’évoluer sur (presque) tous les terrains car il ne perd rien de sa polyvalence de reflex (gamme d’objectifs et autres accessoires)

Qu’en est-il de la qualité des images ? Je vais me permettre de citer in extenso un passage de l’interview du photographe David Lefevre pour Les Numériques car il y répond mieux que moi, l’ayant utilisé plus d’un mois en situation de reportage aux USA : C’est le point fort du D800E. La qualité d’image est vraiment très élevée. Les 36Mpx apportent vraiment quelque chose dans le rendu des détails. Il est possible de recadrer sans arrière-pensée même si je suis plutôt un aficionado du « cadrage au cordeau ». La cellule expose bien et la colorimétrie est fidèle tout en restant neutre. Le D800E gagne en définition ce qu’il ne perd pas en sensibilité. Si le gain est finalement assez faible dans les hauts iso, la large plage dynamique et le modelé des images sont exemplaires. Néanmoins, il faut savoir ce que l’on veut faire de ses photo : si le but final est simplement de les poster sur internet je ne pense pas que la qualité d’image du D800E fasse la différence par rapport à la concurrence ou du matériel plus « bas de gamme » de la marque. En revanche si un utilisateur à l’intention d’imprimer celles-ci, de se faire exposer ou éditer je pense que le rendu du D800 compte parmi ce qui se fait de mieux.

Ce capteur offre aussi une très large dynamique.

Au final, le D800 propose des fichiers bruts avec un énorme potentiel. Comme nous l’avions déjà mentionné dans notre face-à-face avec des moyens formats, le D800 rivalise sans peine avec les dos numériques 40 Mpx actuels. Avec une excellente gestion du bruit électronique, une dynamique importante et un excellent rendu des couleurs, le D800 est une excellente surprise.

Voilà qui est écris …

En ce qui concerne l’ergonomie du boitier, les Nikonistes ne seront ni surpris ni dépaysés, ils seront bien à la maison, même si chaque nouveau modèle évolue toujours un peu. Et je pense qu’ici, 13 ans après sa sortie, cet appareil est toujours parfaitement dans le coup comparé aux autres reflex de la marque voire même par rapport à la concurrence de son meilleur ennemi, Canon.

Il offre toutes les facilités demandées, y compris le LiveView appelable d’une seule touche, à l’arrière. Vous pouvez donc viser et composer directement via l’écran. Un écran de 8cm qui affiche 921.000 pixels au rapport 4:3.

Ceci étant, il faut aussi nourrir le boitier : c’est une batterie EN-EL 15 qui s’en charge et elle vous offrira une autonomie non négligeable d’environ 900 images. De quoi faire frémir beaucoup d’hybrides !

Il est possible d’encore améliorer cette autonomie en ajoutant une poignée d’alimentation MB-D12 soit en utilisant une seconde batterie soit en installant 8 piles AA. A noter que si vous optez pour une batterie EN-EL18 (celle du D4) vous pourrez encore augmenter le nombre de vue mais aussi la cadence rafale, qui passe alors à 6i/s.

Pour l’appareil que j’ai acheté, j’ai reçu une poignée signée Patona compatible, qui a dû coûter bien moins cher et qui offre les mêmes compétences (déclencheur, sélecteur multi-directionnel, boutons d’activation AF, molettes de commande principale et secondaire).

Contrairement aux appareils professionnels, sans flash, le D800 (D800E) possède un flash pop-up de NG 12 (pour 100 Iso). Ce petit flash propose plusieurs modes comme la synchro au premier rideau, la synchro lente, sur le second rideau, l’atténuation des yeux rouges, y compris en synchro lente, etc.

Il est aussi capable de piloter des flashs distants sans fil, pour autant qu’ils soient compatibles avec le Créative Ligthing System (CLS) maison. Ainsi, vous pourrez piloter plusieurs flashs répartis en 2 groupes et le boitier peut imposer certains réglages pour ces flashs.

C’est donc un appareil complet, voire ultra-complet qui sous un vêtement classique nous propose des performances exceptionnelles, même 13 ans après être sorti sur le marché.

Que penser de cet appareil ?

Le Nikon D800 est un reflex qui en impose, d’abord par sa présentation de gros réflex, dans la veine de ces boitiers professionnels monobloc, ce à quoi il ressemble encore plus si on lui adjoint le grip qui contient les batteries supplémentaires.

Ensuite, il en impose encore de nos jours par le nombre de pixels, 36,5 Mpx, c’est énorme.

Oui, des boitiers plus récents font encore mieux mais est-ce bien nécessaire ? Sauf pour des applications bien particulières, des métiers exigeants ce type de haute résolution, il ne faut pas oublier que derrière chaque déclenchement, il faudra une sacrée chaine informatique pour traiter le flux des images et pour les stocker.

Ceci étant posé, il reste un appareil d’exception, comme les grandes marques peuvent en proposer : bien construit, fait pour durer plus qu’un été, il est toujours dans le coup.

Certes, il pourra avoir certaines faiblesses, notamment au niveau des images en (très) faible lumière, mais pour le reste, difficile de le prendre en défaut.

Dans le genre, il me fait penser à mon bon vieux Canon Eos-1 Ds Mark II. Ces appareils sont faits pour vous accompagner longtemps, comme autrefois ces reflex d’une vie, que l’on chérissait parce qu’on en connaissait les qualités et les défauts, que l’on savait en tirer le meilleur par mille astuces forgées par l’expérience.

Ils ne sont plus à la mode mais ils sont toujours là, fidèles. Vous le savez, j’ai un compte sur Youpic et Flickr pour exposer mes photos. Souvent je vois des images sublimes et lorsque je m’y arrête pour laisser un commentaire, je peux voir (dans la majorité de cas) avec quel appareil elles ont été captées. Et ce sont parfois de vieux appareils, que l’on décrierait pour leur vétusté au regard de ce qui se fait de nos jours, ou des appareils d’entrée de gamme. Mais n’oublions jamais que ce n’est pas (que) l’appareil qui fait les photos, avant tout, c’est le photographe.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Vidéos d’illustration.

Enfin, une vidéo que je vous invite à traduire directement via YouTube car elle est très bien faite et intéressante pour découvrir le boitier.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Pour les données techniques, voir les pages 423 et suivantes du mode d’emploi.

Résumé rapide (Les numériques) :

Les plus
Les moins
Définition des images importantes : 36,7 Mpx
Excellente gestion du bruit électronique jusqu’à 3200 voire 6400 ISO
Module autofocus performant en basse lumière et en suivi de sujet
Reconnaissance des visages en visée optique toujours pratique
Autofocus fonctionnel jusqu’à f/8
Flash intégré pour déboucher les ombres ou piloter des flashes distants sans fil
Très bonne prise en mains. Fabrication de haute volée
Potentiel des fichiers raw (NEF) important : dynamique, accentuation, traitement du bruit électronique
Viseur optique 100% avec information en surimpression
Ecran assez fidèle en colorimétrie
Synchro flash au 1/250 s. Connexion USB 3
Fonctions d’exposition : HDR, intervalomètre, time lapse, bracketing 9 vues…
Mode vidéo HDTV 1080 à 24,25 et 30p avec autofocus Full Time en continu
Sortie HDMI non compressée (8 bits) en vidéo
Deux emplacements pour les cartes mémoire (UHS-I et UDMA)
Possibilité de photographier (et filmer) en mode DX (1,5x)
Rafale limitée à 4 i/s en 24×36 : un peu juste pour la photographie sportive
Couverture AF un peu étroite
Pas d’écran monté sur rotule
Autonomie de la batterie en deçà des précédents modèles (mais pas loin de 850 vues quand même)
Balance des blancs automatique peu fidèle sous un éclairage tungstène
Rendu un peu trop doux des fichiers JPEG
Ecran LCD au format 4:3 au lieu de 3:2
Pas de module GPS ou Wi-Fi intégré. Pas de connexion sécurisé pour le mode connecté
Sortie HDMI non compressée limitée à 8 bits seulement et un peu fragile
Peu d’assistants pour la vidéo : peaking pour la mise au point, zebra pour l’exposition, oscilloscope…
Latence au déclenchement proche du 10e de seconde
Deux formats de cartes différents (SD et CF)
L’interface graphique ne s’adapte pas à l’orientation du boîtier
Format raw (.NEF) propriétaire


Des références.

https://wanumart.be/wp-content/uploads/2023/01/201707-DCI-Nikon-a-100-ans.pdf, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Histoire_de_nikon.html, https://leclaireur.fnac.com/article/cp59522-lhistoire-de-nikon-de-loptique-a-la-photo-grand-public/, https://lesphotographes.org/fr/magazine/histoire-nikon-8-appareils-legende, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://www.equitylab.fr/transition-numerique-l-evolution-des-appareils-photo-nikon-au-fil-des-decennies/, http://apphotnum.free.fr/N2B10.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d800-p46453/test.html, en français

Numérique

Le Nikon D800, un moyen format qui se cache dans un reflex ? Première partie.

Préambule.

Vous le savez, j’aime bien Canon depuis de nombreuses années et j’apprécie toujours autant leur ergonomie et la limpidité de leurs menus, surtout maintenant qu’ils sont numériques et hybrides.

Pour avoir testé Olympus, Sony, Lumix, Fuji (voir la rubrique les appareils que j’ai essayés), je suis toujours revenu chez Canon. Parfois en râlant car j’estime qu’ils ont laissé tomber des pans photographiques où ils auraient pu faire bien mieux (les compacts pro avec viseur par exemple, que Fuji a intelligemment investi).

En numérique donc, j’ai opté pour un Canon RP d’occasion (comme toujours) avec un 24 – 105 f4 de la marque et une bague de conversion EF vers R pour les objectifs que je possède encore.

Un fidèle Canon Eos 70D secondait habituellement celui-là, mais c’est un APS-C et pour des raisons de compatibilité avec la majorité de mes objectifs EF destinés au plein format (héritage de l’Eos 5D Mark III et du Eos 6D), j’aurais aimé trouver un autre full frame à prix décent.

C’est à ce moment que ma route a croisé celle d’un Nikon D610 qui m’offrait le plein format et la possibilité d’utiliser des objectifs Nikkor venant de mes Nikon 801s, et avec 24,3Mpx (contre 20,2 pour le Canon 70D).

C’était une bonne occasion et j’avoue avoir pris plaisir à l’utiliser, même s’il faut repenser certains gestes et certains réglages. L’habitude aide à s’y faire.

Et puis, quelques mois plus tard, re-hasard mais je tombe sur la vitrine d’un Cash Converter qui vend un Nikon D800 pour un prix fort sympathique. Je craque, et même deux fois car à côté trônait un 24 -70mm f2,8 constant de la marque. Bref, même si la Visa a frémi, me voici en possession de ce qui se faisait de mieux chez Nikon il y a … 13 ans (comme le temps passe !)

Un peu d’histoire.

Je ne reviendrais pas sur toute l’histoire de la marque, que vous retrouverez dans les différents articles que j’ai consacré à quelques uns de ses plus beaux appareils, d’autant que nous sommes passé de l’argentique et ses gloires anciennes aux appareils numériques.

Le premier Nikon numérique produit industriellement fut le Nikon D1, en 1999. Il a existé d’autres essais d’appareils numériques, qui résultaient d’assemblages – presque du bricolage – entre Nikon et Kodak, à l’image du Nikon DCS100, dès 1991 ou encore des accords avec Fuji pour les Nikon E2 et E2s en 1996.

Un appareil photo Nikon avec un objectif et une unité de stockage Kodak DCS, présentant une conception vintage.
Source : apphotnum. Un Nikon F3 avec un capteur CCD de 1.3 Meg et son unité de stockage Kodak de 4,5kg

Ce D1 offrait une résolution de 2.7Mpx, une sensibilité de 1600Iso et des vitesses d’obturation jusqu’au 1/16.000s. Des évolutions successives (D1h et D 1X) vont faire évoluer sa résolution et sa sensibilité notamment.

En 2003, Nikon dévoile le D2H, un boitier professionnel très rapide pour l’époque et avec un capteur avec 4Mpx. Puis ce sera le Nikon D2X qui offre un capteur de 12,4 Mpx.

Pour les photographes non professionnels, il y aura le D100, basé sur un ancien boitier argentique, le F80, mais doté d’un capteur numérique de 6Mpx. Il faudra cependant attendre la série des D70, D70s et D50 pour que la marque offre réellement des appareils destinés au grand public.

C’est à ce moment-là que la rupture sera brutale avec le monde de l’argentique, le public vient enfin a découvrir les joies du numérique : ils offrent 6Mpx avec des caractéristiques autrefois réservées aux professionnels mais à prix (plus) abordables.

En 2006, le D80 remplace le D70s cette fois avec un capteur signé Sony de 10,2Mpx. Le D90 le remplace en 2008, toujours avec un capteur CCD Sony mais cette fois une résolution de 12,3Mpx qui permet en plus de filmer au format 720p.

Jusque là, tous ces appareils ont des capteurs APS-C. Ce n’est qu’en 2007 qu’apparait le D33 avec 12,3Mpx, un autofocus de 51 collimateurs dont 15 en croix et une sensibilité de 25.600 Iso, mais c’est encore un appareil destiné aux professionnels, plein format.

Dans la course aux ultra-hautes sensibilités, retenons le Nikon D3s, le premier à proposer 102.400 Iso.

En entrée de gamme, le Nikon D5000, qui reprend quelques caractéristiques du D90 propose la vidéo en HD (2009). Un an plus tard, le D3100 offre un capteur de 14,2 Mpx et cette fois la vidéo Full-HD autofocus.

Les modèles se suivent , qui voient augmenter régulièrement la résolution des capteurs, le nombre de collimateurs et la sensibilité.

En 2011, l’entrée de gamme Nikon D5100 utilise un capteur de 16,2Mpx mais offre la vidéo HD au format 1080p.

Le Nikon D4, présenté en janvier 2012 gère la lumière comme aucun autre avant lui et est capable de rafale à 11i/s.

Celui qui nous intéresse aujourd’hui, le Nikon D800 sort en février 2012 avec un capteur FX (full frame) de 36Mpx. Il sera suivi d’un D800E dépourvu de filtre anticrénelage, apportant une netteté d’image encore meilleure.

Un appareil photo Nikon D800 avec un objectif zoom installé, posé sur un bureau.

Enfin, puisque je le nommais dans le préambule, le D610, qui est une refonte du D600, possède un capteur FX de 24,3Mpc (2013)

C’est en 2017 qu’apparaît le D850 et son capteur de 45,7Mpx. Puis ce sera la série des reflex hybrides dont le premier, le Z7 sortira à la mi 2018, mais c’est un autre monde.

En quelques tableaux, voici le résumé de ces évolutions :

Chronologie des appareils photo reflex numériques Nikon de 1999 à 2018, montrant les différentes catégories et modèles sortis au fil des années.
Chronologie des appareils photo reflex numériques Nikon depuis 2019, montrant les différents modèles professionnels, semi-professionnels et grand public.
Chronologie des appareils photo hybrides Nikon Z de 2018 à 2027.
Source : Wikipédia

Actuellement, Nikon développe sa série Z, avec une projection de 850.000 appareils et 1.350.000 objectifs pour 2025.

Comme les autres marques, la société vise surtout le développement des appareils à haute valeur ajoutée, comme le Z8, le Z6 III, le Zf, ce qui contribue à l’augmentation du prix unitaire. Cette stratégie porte la part de marché en termes de chiffre d’affaires à 25,4% même si le nombre d’appareils vendus ne représentent que 13,95% du marché total (chiffres 2025).

Historiquement, Canon et Nikon étaient les seuls grands du reflex argentique, Minolta ayant jeté l’éponge, Pentax, Olympus et Fuji restant dans la course.

Au début du numérique, Canon et Nikon ont continué à défendre leurs places sur l’échiquier des nouveaux appareils, bientôt rejoint par Fuji et Olympus, puis par Sony. Avec l’arrivée des appareils sans miroir, Sony a pris de l’ampleur et a étendu son emprise sur le marché des reflex.

En 2024, le résultat était : Canon premier (43,2%), Sony second (28,5%) et Nikon troisième (11,7%). A noter la progression de Fuji (9%) et la diminution des parts d’Olympus devenu OM System (1,9%).

Les années qui viennent nous promettent encore de belles bagarres et, surtout, la présentation d’appareils toujours plus perfectionnés, repoussant encore les limites de ce que l’on pensait possible. Mais le rythme des changements et les prix toujours plus élevés risquent d’en rebuter quelques uns (vive l’occasion !).

Affaire à suivre comme on dit dans la presse …

Des références.

https://wanumart.be/wp-content/uploads/2023/01/201707-DCI-Nikon-a-100-ans.pdf, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Histoire_de_nikon.html, https://leclaireur.fnac.com/article/cp59522-lhistoire-de-nikon-de-loptique-a-la-photo-grand-public/, https://lesphotographes.org/fr/magazine/histoire-nikon-8-appareils-legende, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://www.equitylab.fr/transition-numerique-l-evolution-des-appareils-photo-nikon-au-fil-des-decennies/, http://apphotnum.free.fr/N2B10.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d800-p46453/test.html, en français