Argentique

Petit comparatif (très subjectif) de télémétriques argentiques

Voilà, comme je vous l’avais annoncé, j’ai reçu quelques pépites que j’ai envie de partager avec vous (article daté de février 2020, pour vous situer dans le temps).

Le facteur a déposé ce matin un Leica M5, un Zorki 1c et, il y a quelques jours, un Leica IIIf.

Quelques mots – juste pour vous faire saliver un peu – sur ces appareils :

  • le Zorki 1c est la copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Et, c’est vrai, c’est un bel appareil. Celui que j’ai reçu possède aussi sa gaine en cuir, du plus bel effet, car bien patinée par le temps (les photos suivront bientôt).
  • Le Leica III f est un des derniers Leica dit « à vis ». En effet, le Leica M viendra sous peu avec une baïonnette spécifique (1954), qui sera un nouveau standard pour les télémétriques. Même si Leica a prévu que la plupart des anciens objectifs à viser (le standard LTM 39) puissent être utilisés avec la nouvelle monture, moyennant une bague d’adaptation particulière. Et pour être précis, le dernier Leica à vis sera le Leica III G, apparu après le M3 mais qui fut un « champ du cygne » (produit de 1957 à 1960).
  • Le Leica M5 est un peu « hors catégorie » dans le match. Il est plus récent (1971 – 1975) et, surtout, il fut le premier Leica doté d’une mesure TTL (abréviation de through the lens, à savoir mesure d’exposition à travers l’objectif). Ce qui ne fut pas du goût des « puristes » de la marque, d’autant que sa forme était différente du standard de l’époque, le fameux Leica M3. Pour tout vous dire, il ne fut pas un grand succès commercial et d’aucun tente de lui imputer le risque de faillite de la marque qui s’en suivi. Les mauvaises langues ! Ceci étant, c’est un excellent appareil, qui eu le malheur d’arriver peut-être trop tôt (c-à-d à une époque où l’électronique ne pouvait pas encore être miniaturisée comme de nos jours d’où sa forme un peu « lourde » selon certains).
  • Le Leica M3 que j’avais commandé est arrivé (mars 2020). Je pourrai ainsi faire le tour de ces légendes et vous les présenter. Car le M3 est – à lui tout seul – une légende. Les puristes de la marque vous diront qu’il est parfait : son design est, il est vrai, intemporel. Inspiré du streamline (vous savez, ce que l’on a appelé la ligne « paquebot », toute en courbe et ligne tendue) et du Bauhaus (la fonctionnalité fait la forme), il est compact, ergonomique (pour l’époque), épuré. Et, cerise sur le déclencheur, pensé pour le photographe de reportage (de l’époque, et nous sommes en 1954 !). Ici, un seul viseur permet la visée et le réglage du télémètre (contre deux pour le Leica III f par exemple, ou le Zorki 1). Les cadres de visée du 50mm – 90 – 135 sont visibles dans ledit viseur, qui est grand et confortable, au rapport de 0,91 – soit presque la visée humaine 1:1, ce qui est exceptionnel pour l’époque. Il est usiné avec précision et la plupart des appareils produits sont toujours fonctionnels (même si certains nécessitent un petit passage chez Leica pour un bon entretien).

Voilà une première présentation, rapide, de ces appareils, sur lesquels je reviendrai bientôt.

Bon, le comparatif se précise. seront en lice, finalement, par ordre d’ancienneté :

  • un Leica III f de 1951
  • un Zorki 1c de 1953
  • un Leica M3 de 1957
  • un Canon P de 1958 (déjà présenté dans la rubrique « mes appareils … » et dans « pour la photo de rue »)
  • un Leica M5 de 1973
  • un Zorki 4K de 1974 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)
  • un Kiev 4AM de 1980 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)

En haut de gauche à droite, le Kiev 4AM, le Leica M5, au milieu le Leica M3; devant, de gauche à droite, le Canon P, le Zorki Ic et le Leica IIIf

Et, pour corser le tout, nous n’oublierons pas les objectifs qui vont avec :

  • un Industar 22 F 5cm f1:3,5 de 1958 (c’est un objectif dit « rentrant » qui sied fort bien à la petite taille du Leica III f ou du Zorki 1c). C’est la copie russe du Elmar de Leitz, et il supporte bien la comparaison.
  • Un FED 5cm f1:3,5 rentrant, comparable à l’Industar 22
  • Un Jupiter 3 F 5cm f1:1,5 de 1958 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5 et plus particulièrement, les objectifs entre 1956 et 1961 sont fabriqués avec des lentilles d’origine Zeiss)
  • Un Jupiter 8 F 5cm f1:2 de 1959 (un grand classique, performant et peu onéreux à l’achat)
  • Un Jupiter 8 50mm f1:2 de 1974 (idem, sauf que ce sera l’occasion de voir si les « nouveaux » sont aussi bons que les anciens)
  • Un Jupiter 12 F 3,5cm f1:2,8 de 1982 (c’est une optique basée sur le Biogon de Zeiss, bien plus abordable et qui ne déçoit pas, parait-il)
  • Un Helios 103 f1:1,8 de 1982. Cet objectif fut conçu pour remplacer les Jupiter 8 qui étaient la « dotation » des appareils Kiev (copie de Contax, pour mémoire). Il a la réputation d’être très bon, surtout en film couleur.
  • Un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7 de 2015. Tout aussi performant que les Zeiss mais plus abordable (surtout en occasion). En monture M, il sera monté sur le Leica M5
  • Un Canon S 35 mm f1:2,8 en monture Ltm 39 de 1959. Redoutable parait-il. Et nous savons que Canon a une excellente réputation en matière d’optique.

Tiens, au fait, j’ai appris il y a peu que les premiers objectifs Hansa Canon étaient fabriqués par … Nikon ! Hé oui, Nikon était une compagnie d’optique très réputée et ils fabriquaient des microscopes de grandes qualité et précision (tiens, tiens, comme Leitz …). Je vous invite à découvrir cette histoire étonnante avec cette vidéo : https://www.qwant.com/?q=histoire%20de%20nikon&t=videos&o=0:bd185b9d9ca7fe8a9d7a52936caaa223

La plupart des objectifs russes assez récents ont une marque rouge (un P mais en cyrillique П) qui indique que ceux-ci ont reçu un traitement spécial des optiques (coating) pour diminuer le flare (ces taches qui apparaissent lorsque le soleil joue avec votre optique). Cette pratique est inspirée du marquage par un T rouge des optiques Zeiss. Si la plupart des objectifs modernes sont traités « multi-couches », auparavant une seule couche de traitement était appliquée qui, hélas, disparait parfois (même souvent) si les lentilles ont été, disons, nettoyées vigoureusement !

Les objectifs des Leica m’ont toujours semblé faire partie d’un monde abscons, limité aux seuls initiés de la marque et de ses arcanes. Ben non, finalement c’est simple : les noms correspondent aux ouvertures maximales (du moins pour ceux en monture M) :

  • Noctilux pour les f inférieurs ou égaux à 1
  • Summilux pour les f1:1,4
  • Summicron pour les f1:2
  • Summarit pour les f1:2,4
  • Elmarit pour les f1:2,8
  • Elmar pour les autres

Enfin, bien sûr, tous ces objectifs sont des occasions. Vous pouvez vous faire plaisir dans la fourchette de 40 à 300€ et découvrir de petites merveilles optiques que vous pourrez, moyennant des bagues d’adaptation, utiliser avec vos numériques sans miroir (sauf peut être le Jupiter 12, de par sa conception). Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des Fuji X et des Sony E montés avec ce type d’anciennes optiques. Mais ils sont le mieux assortis avec un bon vieil argentique, tels ceux dont nous parlons ici.

Bien que je ne le fasse pas entrer dans ce comparatif, directement (je l’ai reçu bien après ce comparatif), je vous invite à lire mes articles sur le Zeiss Ikon ZM, que vous trouverez dans « les nouveautés en un lieu » et dans la rubrique argentique –> les télémétriques.

C’était l’outsider par excellence et comme tel, il a pris la première place !

Pour les infos techniques, comme d’habitude, voici les adresses intéressantes pour les optiques : http://www.sovietcams.com/index.php?-1674256906 (en anglais) et https://pierretizien-photos.blogspot.com/p/objectifs.html (en français) et un site assez incontournable pour les Leica : http://www.summilux.net/ (en français). Pour un peu d’histoire et de futur (eh oui, on refabrique certaines optiques de légendes : https://www.lesnumeriques.com/objectif/lomography-new-jupiter-3-p30961/new-jupiter-3-lomography-ressuscite-50-1-5-russe-n49159.html

Numérique

Fuji X 20

En fait, je voulais un petit appareil « bloc-note », à glisser dans une poche ou un petit sac, télémétrique et performant.

Ce petit Fuji X 20 n’a fait de l’œil et j’ai craqué pour sa bouille sympathique et ses performances.

Bon, je ne vais pas en faire l’article ici, vous trouverez sur la toile plein d’infos techniques à son sujet (perso, je vais souvent faire un tour sur ce site : (https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/fujifilm-x20-p15162/test.html) mais je résumerai en disant que ce petit appareil m’ a beaucoup plu et que j’ai cent fois regretté de l’avoir revendu.

Il avait ce petit côté rétro si séduisant que Fuji a réussi à mettre en avant et qui intrigue « …ah ! c’est un numérique ? Il ressemble à un vieil appareil avec film … ». Ça marche (presque) à tous les coups et en street photography (ou photo de rue), c’est pratique pour créer du lien et faire oublier que vous avez pris la photo !

Mais je me suis laissé piéger par le marketing (bon, ok, j’ai pas résisté longtemps) et j’ai craqué pour son grand frère, le Fuji X 100.

Et comme il n’y a que les cornichons qui ne changent pas d’avis, j’ai racheté d’occasion un Fuji X 20 en ce début 2020, tout complet et en très bel état (merci François). Juste commander 2 batteries supplémentaires pour être tout à fait à l’aise en cas de sortie longue durée, et c’est reparti.

Comme je l’ai écris ailleurs, je voulais retrouver un petit télémétrique mais qui soit numérique, avec un vrai viseur, en direct sur l’image que je veux capter.

J’avais donc déjà eu un Fuji X 20, que j’ai laissé partir pour un Fuji X 100, finalement très beau mais fragile, que j’avais remplacé par un Fuji X-E2 avec objectifs interchangeables. Qui ne me satisfaisait plus, malgré la qualité des photos parce que le télémétrique est devenu hybride. J’aurais dû investir dans un Fuji X 2 Pro pour retrouver le plaisir et du vrai télémétrique et des objectifs interchangeables.

Mais je me suis aperçu que ma pratique s’accommodait très bien d’un objectif zoom comme celui du Fuji X20 et donc, je suis revenu à mes premiers choix.

C’est un chouette petit appareil, qui tient au creux de la main, très discret et (relativement) facile à paramétrer. Juste qu’il faut prévoir plusieurs batteries d’avance lors des sorties car il consomme, comme tous ces appareils qui ont un viseur et un écran. Dans la mesure du possible, j’essaie de débrayer ce dernier, mais ce n’est pas toujours confortable, et donc j’ai investi dans 4 batteries de rechange.

(Mars 2020) Holà là … que je suis déçu ! Ben oui, le Fuji X20 est et reste un chouette petit bloc-note mais lorsque je compare les sorties photo avec mon autre « compact », à savoir le Canon Eos M50, ben … y a pas photo, justement !

Bon, soyons honnête : le Canon est un APS-C de 24,1 Mpx tandis que le Fuji est un 2/3″ de 12 Mpx. L’un date de 2018, l’autre de 2013. Même si le petit Fuji garde une bouille terriblement sympathique, il ne restera qu’un excellent bloc-note.

Ce qui est dommage chez Fuji, qui fait d’excellentes choses au demeurant, c’est qu’ils n’ont pas fait évoluer le X20. Il y a bien un X30 mais celui-ci a perdu ce qui faisait la force de son aïeul : son vrai viseur, qui est assisté mais pas hybride. Si l’on veut, aujourd’hui, bénéficier de cet avantage, il faut basculer sur le Fuji X100 (devenu V maintenant … au prix délirant de 1500€ !).

Et donc, je m’en retourne, marri, vers mon petit Canon Eos M50

Argentique

Mamya 645 Super

Le moyen format me fait rêver, de grand négatif, plein de détails mais qui doit rester abordable.

Le moyen format, c’est quoi ? Généralement, nous parlons de 135 mm pour le film « standard » – aussi appelé 24×36. Mais ce standard ne l’a pas toujours été.

A l’origine, il s’agissait de plaques de verre ou de métal enduis de produits réactifs à la lumière. Puis il y eut les plans-film que le photographe glissait, un à un, dans un chassis. Toutes les tailles étaient envisagées car peu standardisées, même si certaines devaient prendre le dessus. Il faudra attendre 1888 pour voir apparaître le premier film sur support souple, en 70 mm, qui sera commercialisé dès 1889 par Georges Eastman (qui deviendra Kodak plus tard). Mais début 1900, c’est le format 120 mm qui est le plus employé, notamment dans les folding (appareil à soufflet) ou les box (ces drôles de boîtes en carton que l’on trouve souvent en brocante).

C’est en 1913 qu’est apparu pour la première fois le format 24×36 mm, inventé par Oskar Barnack.

Bref, alors que l’optique et la mécanique étaient toujours plus précises, les films devenaient de plus en plus petits pour se fixer au standard qui aura cours jusqu’à l’avènement du numérique, le format 24×36.

Cette référence est toujours la norme puisque les full frame possèdent un capteur de la taille d’un film, soit 24 x 36 mm.

Mais, et le moyen format dans tout ça ?

On considère que les films dit 120 (et 220) sont du moyen format, qui autorise des négatifs en 4,5×6, 6×6, 6×7 et le 6×9, pour les plus courants. Notez qu’on ne parle pas de 120mm car le film fait 6cm de large.

Il y eut d’autres formats, que l’on trouve très difficilement, voire plus du tout, comme le 126, le 127. Ces formats doivent conditionner votre attention si vous voulez acquérir un ancien appareil en moyen format car vous risqueriez de ne plus trouver de quoi l’alimenter (par exemple un Yashica 44 demande du film en 127, que l’on trouve encore par exemple chez Retrocamera, même s’il est toujours possible de bidouiller des supports pour travailler en 24×36 sur ces appareils, mais alors, quel intérêt ?).

Aujourd’hui, en numérique, il existe aussi des capteurs en moyen format mais là, sauf si vous avez gagné au loto (ou lotto si vous êtes français), vous oubliez : le ticket d’entrée est à 6000€, sans objectif !

En résumé, si vous voulez vous faire plaisir avec du moyen format, vous avez le choix dans la vaste gamme des Rolleiflex et Rolleicord (attention au prix), les Yashica C – D – Mat, Les Minolta Autocord, les Kiev 60 ou 88 , les Mamya 645, les Contax, …

A ce sujet, je vous invite à découvrir : http://objectif-photographe.fr/appareil-photo-argentique/ et https://www.stevenberruyer.com/argentique-2/guide-dachat-moyen-format/

Bref, pour ma part, j’ai opté, après un passage par les Yashica C et D, un Rolleiflex, un Mamya 645M, un Zenza Bronica S2A, pour un Mamya 645 Super.

Pourquoi celui-là ? Les 6×6 sont de belles machines mais j’ai besoin de pouvoir viser directement, sans devoir redresser la photo vue sur le dépoli. Et mon Mamaya 645 Super m’offre ce confort, outre le fait qu’il soit un peu plus moderne et que le prisme de visée compte une cellule (ce modèle a vu le jour entre 1985 et 1993).

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_35_mm, http://www.didio.biz/histoire/1924.html et surtout http://maisondelaphotoargentique.fr/histoire-de-photographie/

Argentique

Canon Eos 30

C’est un Eos des années 2000, un des derniers avant le tout numérique de la marque.

Il s’agit d’une refonte, en profondeur, d’un autre best seller de Canon, le Canon Eos 50e, qui avait inauguré ce « pilotage par l’oeil ».

Notez que l’appareil a été décliné en Eos 30 et 33, ce dernier n’étant pas piloté par la vision du photographe.

Bref, c’est un Eos presque comme nous les connaissons maintenant : ergonomie, robustesse et facilité d’utilisation. Il est aussi parmi le plus silencieux des réflexes, même modernes.

Léger et compact, il est très agréable à tenir en main et il bénéficie de tous les agréments des Eos modernes. Vous ne serez pas dépayssé si jamais vous en prenez un en main. Positionné comme en appareil destiné aux « experts », il ne vous décevra pas et vous offrira tout le confort que l’on peut attendre d’un Eos : le boîtier propose outre les classiques modes Programme, Av, Tv et manuel, les habituels « programmes résultat » de Canon : tout auto (rectangle vert), Portrait, Sport, Paysage, Macro, Nuit.

Enfin, cerise sur la baïonnette, vos pourrez utiliser tous les objectifs de la gamme EF. En sachant toutefois que les derniers EF sortis pour les Eos de dernière génération (plus de 20 millions de pixels) risquent d’être trop « chirurgicaux » pour les films et d’affecter le rendu de vos photos. Ceci étant, ça vous ouvre des possibilités immenses d’objectifs de grandes qualités, souvent injustement délaissés à cause de la précision des nouveaux capteurs.

Si vous voulez commencer l’argentique dans de bonnes conditions, à prix raisonnable, avec du matériel efficace, déjà très moderne, l’EOS 30 est un excellent choix, sans doute moins « glamour » qu’un F1, un A1 ou même un AE-1 mais bien plus simple à utiliser.

Franchement, si je devais me remettre ou découvrir l’argentique, je me tournerais sans hésiter vers cet appareil, qui ne rebute pas ceux qui ont déjà eu un réflex numérique en main, car ils retrouveront rapidement leurs marques avec ce boitier … le film en plus !

Comme d’habitude, pour en savoir plus : http://35mm-compact.com/reflex/canon-eos-30.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1055-Canon_Eos%2033.html et http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex.php?canon=201 pour avoir une vue d’ensemble de la gamme des derniers Eos argentiques.

Argentique

Ricoh R1

C’est un petit appareil étonnant, apparu au tournant de 1996 en Europe, alors qu’il sévissait depuis déjà 2 ans au Japon.

Etonnant à plus d’un titre. La première chose qui frappe, c’est sa minceur. En effet, hormis le petit renflement qui sert de poignée et qui accueille la cartouche de film, le reste de l’appareil est plus fin. Parce qu’en fait, lorsque vous chargez le film, celui-ci sera enroulé sur lui-même, sans le support d’une autre bobine et, au fur et à mesure des prises de vue, le film rentrera dans la bobine. En cas d’ouverture accidentelle du dos de l’appareil, seules les photos non encore prises seront voilées. Déjà un bon point.

La seconde chose qui frappe, ce sont les modes de prise de vue : le 35 mm est le standard mais vous pouvez passer en mode panorama ou en wide panorama et là, l’objectif passe au 24 mm. Les cadres de visée suivent, sans que vous ne deviez modifier quoique ce soit. Pratique.

Enfin, mais c’est moins visible, vous pouvez activer ou désactiver le flash, lancer le retardateur et choisir un mode de prise de vue (spot, paysage, nuit). Bref, il a tout d’un grand et son autofocus est rapide et très précis.

Il sera le premier d’une longue lignée dont le GR1 est le suivant, qui se décline encore aujourd’hui en numérique.

Concrètement, il se cache dans la main et en photo de rue, il est redoutable de discrétion. Attention toutefois, il est (très) sensible au flare et il faut vérifier si la mousse qui entoure la fenêtre du film ne doit pas être changée (elle a tendance à devenir collante et à se désagréger), sinon entrée de lumière garantie (visible sur certaines photos prise avec lui en plein soleil).

En résumé, un chouette petit appareil, peu courant (ce qui justifie des prix parfois « irréalistes » sur certains sites de vente !) qui fonctionne très bien en photo rapprochée.

Pour en savoir plus sur cet étonnant petit appareil, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11834-Ricoh_R1.html (en français) ou https://classicameras.blogspot.com/2009/02/ricoh-r1.html ( en anglais)

Argentique

Canon P

Le Canon P est un appareil télémétrique, mis sur le marché en 1958 et ce jusqu’en 1961.

P pour Populaire, car Canon voulait produire un appareil télémétrique simplifié à moindre coût. Et ce fut un succès commercial avec la vente de 87875 exemplaires.

Ses plus :

  • monture visante LTM 39 mm
  • télémètre combiné à une correction automatique de la parallaxe avec des cadres pour les focales 35, 50 et 100 mm
  • armement par levier, obturateur à rideaux en acier donnant de la seconde au 1/1000s, synchro X et M au 1/25s
  • dos à charnière
  • manivelle de rembobinage intégrée dans le capot

Contemporain des Leica M2 et M3, il est sans conteste très moderne avec son dos à charnière, son levier de rembobinage, sa sécurité contre l’ouverture accidentelle du dos, son levier d’armement rapide.

Par comparaison :

  • les Leica M3 n’avaient pas de cadre pour le 35 mm (le 50, le 90 et le 135 mm étaient seuls affichés. Les Leica M2 – contemporains du Canon P (1958) – eux, en étaient pourvus mais le compteur de vues était manuel.
  • Tous les deux étaient à chargement par la semelle, certes simplifié depuis les Leica I à III, puisqu’il y a une « trappe » qui permet de bien positionner le film, et la bobine réceptrice est amovible. Tandis que le Canon a un dos monté sur charnières et une bobine réceptrice fixe.
  • Les Leica possèdent depuis toujours des rideaux en toile caoutchoutée qui assure une belle discrétion lors du déclenchement, qui nécessitent tôt ou tard un réglage (pour les retendre). Le Canon a un obturateur en lamelles métalliques, qui donnent un bruit un peu plus « sec » sans être plus bruyant. Les lamelles sont extrêmement fines et doivent faire l’objet d’attention pour ne pas les froisser complètement (à vérifier lors de l’achat de ce type d’appareil) – mon exemplaire est légèrement atteint et cela ne porte pas conséquence sur les photos.
  • Point de vue esthétique, c’est affaire du goût de chacun mais, perso, je les trouve chacun très beaux : d’inspiration Bauhaus et streamline, les Leica sont assez intemporels; le Canon est plus carré mais ses formes tendues sont très modernes pour l’époque et il y a aussi une grande recherche du détail (voir la manivelle de rembobinage).
  • Au niveau optique, les cailloux de chez Leitz sont magnifiques mais ceux de chez Canon ne déméritent pas (certains sont aussi inabordables que ceux du confrère allemand !).
  • Le Leica M3 inaugurait une nouvelle monture, plus facile et plus sécurisée pour les objectifs (baïonnette) alors que le Canon restait fidèle à l’ancien standard Ltm 39, qui assurait un parc optique immense (pour l’époque) sans nécessiter une bague d’adaptation, mais le principe du vissage était moins rapide et plus délicat (l’objectif pouvait ne pas être bien visé et donc fixé, ou alors trop serré et difficile à enlever)

Comme je l’écrivais, la qualité des optiques Canon de l’époque en font des objectifs recherchés et parfois à des prix … stratosphériques (surtout le 50 mm f1:1,2 ou le fameux f1:0,95 !).

Ici pas de plastique, que du bon métal. L’appareil n’est donc pas léger mais il tombe bien en main, très bien équilibré et si vous avez la chance de trouver un objectif dit rapide (comme celui illustré ici), c’est un régal pour les réglages.

Je rêvais d’un beau télémétrique et j’en ai trouvé un chez Canon.

Je vous encourage à lire l’article consacré au Leica M3 (Première sortie avec le Leica M3) pour y découvrir le comparatif que je propose avec le Canon P … qui reste un « maître achat » pour découvrir la photographie télémétrique avec un appareil de qualité. Tout comme je vous encourage à lire l’article intitulé « première sortie avec le Canon P« .

Pour des infos plus techniques, comme d’habitude, je vous recommande http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10534-Canon_P.html, en français, ou en anglais https://www.casualphotophile.com/2017/08/11/canon-p-camera-review/

Les télémétriques

Canonet QL 17 G 3

Cet appareil est l’aboutissement de la gamme Canonet, commencée au début des années ’60.

C’est un appareil relativement compact, même s’il fait son poids (620 gr.), tout en métal, à une époque où les constructeurs fabriquaient « pour durer ».

Cet appareil date de 1972 et il sera construit à plus de 1 200 000 exemplaires (jusqu’en 1982), tant son succès fut grand. Ridiculement appelé le « Leica du pauvre », il est toujours apprécié pour ses qualités propres : silencieux, facile à charger (le QL veut dire « quick loading » ou chargement rapide – essayez de faire ça avec un Leica M4 !); objectif fixe 40 mm ouvrant à f1:1,7; automatique à priorité vitesse ou tout manuel; la cellule est une Cds qui fonctionne en mode priorité à la vitesse, avec le rappel du diaph dans le viseur par un galvanomètre; retardateur et deux prises synchro flash. Bref, du classique qui plait toujours.

C’est un bel appareil, esthétiquement. Fabriqué en livrée bis-tons noir et argent, ou tout noir, c’est un appareil – un peu comme les Yashica Electro 35 – qui traverse le temps sans vraiment se démoder. Et, ce qui ne gâte rien, il est plaisant à prendre en main, bien équilibré et facile à appréhender.

Hormis remplacer les mousses, ce qui demande un peu de temps et de patience, trouver une pile pour remplacer celle initialement prévue au mercure, vérifier que le télémètre est bien calé, il y a peu de chose à faire pour que la machine se réveille et redevienne efficace.

A propos de pile, il faut noter que la cellule est sensible au voltage. Donc si vous optez pour une LR44 à tout faire, pensez à compenser sur la sensibilité car l’appareil aura tendance à surexposer. Sinon, une pile zinc-air PX 675 fera l’affaire (avec un adaptateur), voire une WeinCell MRB 625, plus onéreuse.

Au niveau des prix, comptez de 50€ à plus de 200€ pour la version noire, plus rare (prix indicatifs en début d’année 2020). Il est évident que sur l’exemplaire à 50€ (version bi-tons), vous devrez changer les mousses et le nettoyer. Disons que pour un exemplaire en parfait état de marche, prêt à prendre vos premières photos, vous serez plutôt vers les 90€ minimum.

Je viens de recevoir mon « nouveau » Canonet QL 17 G 3 en version noire : magnifique !

Le gros avantage de cet appareil est sa visée, très claire, large et lumineuse, à la Leica M3 (si, si j’ose … j’ai les 2!). Il est silencieux, vraiment facile à charger et rapide à mettre en œuvre.

Son seul « défaut » serait son objectif fixe, un superbe 40 mm ouvrant à f1:1,7 ? Pas forcément, en général on s’habitue à une distance, notamment en photo de rue et on change peu de focale, justement parce que l’on a bien appréhendé cette distance. D’autant que 35 et 40 mm sont très proches.

Honnêtement, j’ai parfois difficile à choisir qui je vais sortir en rue !

Pour des infos plus techniques, je vous renvoie chez http://www.suaudeau.eu/memo/collection/Tlmfx/canonetg3ql17.html, jamais avare en bons conseils, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10538-Canon_Canonet%20G-III%2017%20QL%20.html et http://35mm-compact.com/compact/canonetql17g3.htm, toujours utiles à consulter. Et j’ajoute http://benber.fr/presentation-canonet-ql17-g-iii/, qui lui aussi l’a testé et … approuvé !