Le Zinc du photographe

Les procédés des tirages alternatifs

Une grande part de la richesse de l’argentique tient à la multitude de techniques de développement, inventées et mises au point depuis les débuts de la pratique photographique.

Si j’ai, un moment, effectivement pratiqué le labo, aujourd’hui je n’ai plus la place pour le faire, ni … l’envie (je n’aime pas la lumière inactinique rouge et avec la verte, je ne vois rien !).

Mais je reconnais qu’il y a là de quoi se passionner et comme disait quelqu’un « ne dites jamais, jamais ».

Bref, mes confrères de « Dans ta cuve » viennent de me soumettre la sortie de leur dernier opus, aux éditions Eyrolles sur « les secrets des tirages alternatifs« , que je partage avec vous qui aimez aussi les sels d’argent, le charbon, le cyanotype, etc..

Couverture du livre 'Les secrets des tirages alternatifs' par Anais Carvalho et Rémy Lapleige, montrant une personne marchant dans une flaque d'eau.

En voici le résumé :

Alors que la photographie s’est largement démocratisée et que des milliers d’images circulent, emprunter la voie des tirages alternatifs est un formidable moyen de donner un rendu unique à ses œuvres et de se distinguer par le développement d’une démarche artistique originale et singulière.

Apparus il y a plus de 150 ans, ces procédés sont accessibles à tous les photographes, débutants comme experts, et s’appliquent à tous types d’images (argentiques et numériques), que celles-ci aient été prises avec un Smartphone, un reflex, une chambre photographique ou tout autre dispositif de prises de vue. Dans cet ouvrage, les auteurs présentent une dizaine de ces techniques (matériel, préparation des solutions, mise en œuvre du procédé…), basées ou non sur l’utilisation de sels d’argent, de la plus abordable à la plus exigeante.

Ceci étant, je vous recommande d’explorer leur site, c’est une mine d’infos toutes très utiles sur la pratique de l’argentique : Dans ta cuve

C’est écris par des passionnés qui vous feront découvrir la richesse de ce medium que tant de personnes (re)découvrent de nos jours, avec plaisir.

Car la magie de l’image qui apparaît dans un bac de développement, il faut la vivre pour la comprendre, et grâce à leurs judicieux conseils, vous n’aurez plus de difficultés.

Et allez voir leur « mag« , un plaisir sans cesse renouvelé.

TitreLes secrets des tirages alternatifs
Sous-titreDémarche – Matériel – Procédés
Auteur(s)Anaïs Carvalho, Rémy Lapleige
Collection(s)Secrets de photographes
EditeurEyrolles
Parution11 février 2021
Le Zinc du photographe

Une vision de la photographie, de Joël Meyerowitz

Si vous avez parcourus mes « Incontournables », vous avez pu voir que j’ai eu le plaisir de lire quelques beaux livres traitant de la photographie.

Tous les photographes vous le diront : il faut s’enrichir de la vision des autres, de leur travail, de leur perception de la photographie, de leur manière d’y répondre. Pas pour les copier mais pour faire grandir sa propre vision. Et quoi de mieux qu’un livre ? Une expo, sans doute, mais nous n’avons pas toujours l’occasion d’aller voir celles-ci, tandis qu’un livre est facilement accessible. Et même si son prix peut parfois rebuter, n’oublions pas les bibliothèques, généralement bien fournies. Si vous constatiez des lacunes, vous pouvez toujours leur suggérer comment dépenser les budgets qui leurs sont alloués.

Après ce préambule, j’en reviens au livre que je viens de terminer. Il s’agit du résumé d’une Master Class organisée en 2019 avec Joël Meyerowitz.

C’est un des photographes de rue les plus reconnus de sa génération (il est né en 1938). Sa particularité est d’avoir promu la photographie couleur à une époque où le noir et blanc régnait encore en maître (dans les années ’60 et ’70).

Pas qu’il n’aime pas le noir et blanc, qu’il a par ailleurs pratiqué, mais il a toujours eu besoin de la vigueur de la couleur, qui est naturelle, car omniprésente, dans l’expression de sa photographie.

Il est donc surtout connu – et reconnu – pour ses visons de la photo de rue, mais il a aussi pratiqué la chambre, qu’il a découverte sur le tard, avec le même entrain qu’il maniait ses Leica.

Ce petit livre est vivifiant, écris à la première personne. Vous avez vraiment l’impression de parcourir les rues avec lui, de l’entendre vous donner des trucs et astuces, simples, facilement applicables et pleins de cette expérience de quelqu’un qui traine depuis 50 ans dans les rues du monde.

Bref, je l’ai découvert avec cet ouvrage, mais il en a écris plus de 25 autres. Nombreuses fois primé, exposé dans les plus grands musées, dont le MOMA, le Getty Museum, la Tate Galery, entre autres.

Homme de terrain et de convictions, il a encore « forcé » le blocus imposé par le maire de New York pour montrer Ground Zero après le 11 septembre 2001. Il était convaincu que tout ce qui se passait là, caché au public, était pourtant partie prenante de l’histoire de la Ville. 50 jours de parcours, avec 18 kg de matériel sur le dos, 10 à 15 kms chaque jour pour raconter cette triste histoire. Il était alors âgé de 62 ans. Chapeau l’artiste !

Voilà donc un petit bouquin que je vous recommande, surtout qu’il nous reste encore un peu de temps à utiliser dans ces périodes difficiles.

Couverture du livre 'Une vision de la photographie' de Joel Meyerowitz, montrant des scènes de rue animées avec des passants et un chien.
Informations sur le livre, incluant l'ISBN-10, l'ISBN-13, l'édition illustrée, l'éditeur Eyrolles et la date de publication du 13 février 2020.