Argentique

Trop beau pour être vrai, le Halina A1 ?

Préambule

Voici donc le second appareil de la brocante de Braine-le-Château, sorti de la poussière comme le Yashica FX-D dont l’article est paru sous peu.

Hormis donc qu’il a fallu bien nettoyer intérieur et extérieur, son revêtement était partout décollé. Alors, comme pour le Yashica, j’ai puissé dans mon stock de feuilles de cuir pour le rhabiller. Comme j’avais lu en diagonale les articles qui ont servi à écrire celui-ci, je pense que le côté chic ostentatoire va lui aller comme un gant.

Cutter, ciseaux, colle et beaucoup de patience pour en venir à bout car, en passant, j’en ai profité pour refaire aussi la carrosserie rouillée et les chromes. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’un film était encore présent dans la chambre, arrêté à la photo 7. Un film a terminer donc, pour le fun.

Mais voyons voir de quoi il retourne avec cet appareil : son plumage vaut-il son ramage ?

Un peu d’histoire

Dans un article sur le Haking Compact-SC, j’ai déjà, rapidement abordé l’histoire de cette marque. Je vais y revenir un peu plus profondément car c’est une marque que l’on disqualifie souvent, considérant qu’elle n’est que du rebadging d’autres marques et qu’elle n’a écoulé que des appareils de piètre qualité. La réalité est un peu différente, vous allez voir …

Le début d’une longue histoire.

L’histoire débute au Siam (actuelle Thaïlande) où Wong Suen Chung (1872 – 1930) , le père de notre héro du jour, âgé de dix-huit ans, né dans une famille pauvre d’agriculteur chinois, s’y est installé pour rejoindre son oncle et y apprendre le métier de charpentier pendant trois ans. Il se fera connaître dans le quartier chinois de Bangkok en tant que maître artisan. Il y construit un bâtiment en bois de six étages, un exploit qui attire l’attention du roi du Siam.

Invité au palais royal, il réussit à réparer une porte que personne ne parvenait à réparer, ce qui entrainera d’autres commandes royales, de mobilier, un pavillon chinois, des murs du Palais d’Eté d’Ayutthaya, notamment. En remerciement de ses contributions, le roi du Siam lui décerne l’Ordre du Mérite de Première Classe.

Wong Suen Chung, le père de Haking Wong

Un personnage charismatique et visionnaire, le début de la légende

Huang Zuyi (1906 -1996) est né à Hong-Kong et hormis l’époque de l’invasion japonaise de la Chine et de la seconde guerre mondiale, il a toujours vécu dans la colonie britannique.

A quatre ans, il déménage dans le quartier chinois de Bangkok. A dix-sept ans, il épouse sa première femme et refuse le nom de Wong Chiu Wan, attribué par sa famille et choisi Haking Wong, qui signifie triompher de l’adversité, tout un programme.

En 1923, il est admis au collège St Stephen où il se fait remarquer par ses notes, son leadership et sons sens des responsabilités sociales. Alors qu’il est encore étudiant, il fonde la St. Stephen’s Free School à Sheung Wan et Sai Ying Pun (1924), qui offre des programmes d’éducation aux milieux défavorisés.

L’entrepreneuriat dans le sang

A l’obtention de son diplôme, il retourne à Bangkok avec son épouse pour aider à gérer la quincaillerie familiale. Cependant, il veut trouver sa propre voie et retourne à Hong Kong pour tester divers secteurs comme la fabrication de pneus de vélo et la confiserie. Puis, ayant remarqué la croissance des activités de constructions et réparations navales, il saisi cette opportunité et, avec un ami sorti lui aussi du St Stephen’s Collège et la Peninsula Dockyard Company, il se lance dans ces activités.

Hélas, deux ans plus tard, il doit abandonner, c’est un échec commercial. Cette expérience va renforcer sa détermination et sa résilience. Il reprend un emploi de salarié, le temps de retrouver uns stabilité financière et réfléchir à son avenir.

Il rejoint Hong Kong et le Rubber Manufactory Limited, un producteur de chaussures en caoutchouc et des bottes Wellington. Son ascension est rapide et il est nommé directeur général n 1928.

Ses résultats de vente de chaussures de sport et de bottes font qu’il sera surnommé le Roi de la chaussure de sport.

Il introduit des réformes dans la gestion de la production et renforce le contrôle qualité, tout en mettant fermement en avant le confort de ses salariés avec, par exemple, des examens médicaux obligatoires, l’organisation des consultations sur site. Il met en place des fonds dédiés pour soutenir le personnel en cas de besoin.

Comment passer de Roi de la brosse à dents à la photographie

Passe par là la Seconde Guerre Mondiale. En 1947, il co fonde la W. Haking & Company Limited, qui importe des produits occidentaux dont des machines à se brosser les dents !

Madame Chan Chiu Kam, alias Pauline Chan rejoint l’entreprise en tant que secrétaire. Elle devient rapidement directrice commerciale. Avec elle et Wong Chiu Lee (le frère ainé de Wong), ils fondent la W. Haking Industries Brushworks Limited et se lancent dans la fabrication de brosses à dent. Elle devient la plus grosse entreprise dans le domaine en Extrême Orient, ce qui valut le surnom de Roi des brosses à dents à Haking Wong.

Mais ce secteur devint très concurrentiel et comme les marges diminuaient, il cherche d’autres débouchés. C’est la rencontre fortuite avec un Kodak Brownie qui lui ouvrira de nouveaux horizons. Pour Haking Wong, l’appareil photo ne devait pas être un bien de luxe mais un outil pratique pour préserver l’histoire, notamment celle des familles et des jeunes générations.

Son credo sera de développer des appareils légers qui allient performances et prix abordables. Grâce à ses réseaux, il s’équipe de machines pour la production d’appareils photo au Japon et engage un ingénieur nippon pour la partie optique. Il fonde alors la W. Haking Industries Mechanics and Optics Limited, posant ainsi les bases de la fabrication d’appareils photo à Hong Kong.

Les défis techniques n’ont pas manqué, ni le scepticisme du marché lors de la présentation de ses produits dans les foires internationales. Il s’est accroché, en puisant dans les bénéfices générés par les brosses à dents.

Mais ces ressources n’étaient pas inépuisables, alors il s’est posé un ultimatum : si l’entreprise des appareils photo n’était pas rentable en 1959, il jetait le gant.

Une ascension bien pensée

Proche de la fermeture, lors d’un salon commercial en Angleterre, Wong réussi a obtenir un distributeur pour ses appareils photo, J.J.Silber Limited. Et dans un Royaume-Uni d’après guerre, encore soumis aux restrictions d’importation, ce qui limitait le choix des consommateurs, le modèle qui nous occupe aujourd’hui, le Halina A1, d’un prix très compétitif, a trouvé là un marché de choix. Fabriqué à Hong Kong, toujours sous protectorat anglais, et marqué comme Empire Made, l’appareil a bénéficié d’un avantage commercial intéressant.

Le Halina A1 a donc rapidement gagné de la popularité et un second modèle, le Halina 35X (film 35mm) élargit encore le marché, en rendant le format accessible à un plus large public. Haking Wong popularise la photographie en Angleterre, à tel point que certains le compare à Henry Ford car il a transformé un produit spécialisé en une marchandise grand public.

Dans le partenariat au sein de l’entreprise, chacun a ses responsabilités, clairement définies : Haking Wong s’occupe de la fabrication et du développement technologique ; Pauline Chan dirige les opérations commerciales internationales et les négociations. Avec ce duo, l’entreprise se développe rapidement.

Eastman Kodak devient leur plus grand client car il utilise les appareils de Wong pour augmenter la consommation de pellicule au niveau mondial.

Diversifiant encore ses activités, il s’est lancé dans la fabrication de jumelles, qui générait de fortes marges. Sa stratégie d’intégration verticale lui assurait des avantages en terme de coûts et de qualité : tous les composants, des lentilles aux plus petits ressorts, tout était fabriqué en interne. Associé à sa vision stratégique de conception assistée par ordinateur, qui améliorait la précision et donc la production et le temps de mise sur le marché, il gagne son pari.

A tel point que l’association japonaise des fabricants de jumelles lui a demandé de ne pas pratiquer des prix trop bas !

Dès les années septante, la W. Haking a adopté un modèle de double production : 80% de production d’équipements d’origine et 20% sous la marque Halina. Des entreprises comme Kodak, Fujifilm, Ricoh, Nikon, Polaroid, Agfa se fournissaient chez eux pour des produits optiques.

A son apogée, la firme produisait quotidiennement plus de 30.000 appareils photo et 6000 jumelles. Elle était la plus grande productrice mondiale de jumelles et l’une des plus grandes en instruments optiques.

Le roi de la brosse à dents devenait le père de l’optique !

Une conscience sociale et une éthique de travail

J’ai déjà signalé plus haut la préoccupation de Haking Wong vis-à-vis de son personnel, dont il plaçait le bien-être au centre de sa stratégie d’entreprise durable. C’est ainsi qu’en 1963 il inaugure à Quarry Bay (le district résidentiel et commercial de Hong Kong) le Haking Building. Un complexe qui prévoyait des installations de production avec des logements pour le personnel, avec des loyers abordables, un environnement de vie stable et accueillant. Ce qui a permis aux employés de s’installer en toute sécurité et de rester dans l’entreprise jusqu’à leur pension. De nombreux enfants ayant vécu dans cette communauté ont pu faire des études et sont devenus médecins, ingénieurs, enseignants, etc. contribuant à leur tour à la société, au sens large cette fois.

Cérémonie d’inauguration du bâtiment Haking en 1963. Loyauté, Pardon, Détermination et Patience étaient gravés sur la première pierre

Ce que d’aucuns appelleront sans doute paternalisme était peut-être une bonne idée, qui profitait à tous et respectait le personnel.

Education et philanthropie

Si le but de Haking Wong était de réussir dans les affaires, il estimait que les richesses devaient être redistribuées à la société citoyenne.

Il a ainsi consacré une énergie considérable au service public et s’est engagé dans la philanthropie utile : dès 1930, il a œuvré au sein d’un groupe d’hôpitaux et à soutenu des initiatives de bien-être social. Il s’est aussi engagé dans l’éducation professionnelle et technique, en encourageant la création d’institution pour former les talents du secteur manufacturier alors en plein essor à Hong Kong. Ce seront les bases de l’Université Polytechnique de Hong Kong.

Il a financé la création de l’Institut technique Haking Wong et celle du bâtiment du même nom à l’Université de Hong Kong, devenant l’un des plus importants bienfaiteurs de l’établissement. Sa co-équipière, Pauline Chan a aussi fait des dons importants la Faculté de médecine.

Vers la fin de sa vie, Haking Wong a encore investi dans sa ville natale, Xinhui. Il y a soutenu la construction d’écoles, de ponts, du système d’approvisionnement en eau, l’installation d’une fabrique d’optique. Il a ainsi contribué au développement local et à la modernisation de la population. Il sera fait citoyen d’honneur.

Cérémonie d’ouverture du pont Wong Chung Suen, Xinhui, le 26 décembre 1992

Une légende est née

Le Docteur Haking Wong occupe une place singulière dans l’histoire de Hong Kong. Il a donné un exemple rare de la manière dont le succès personnel peut rejaillir sur la société lorsque l’on assume sa responsabilité sociale. Entrepreneur, industriel, passeur d’idées et de valeurs, philanthrope, il laisse un héritage riche dans la société hong kongaise.

L’emblème de l’entreprise est une couronne et elle incarne la philosophie et l’identité de Wong : elle est formée à partir des initiales W et H ; la partie basse du H est sensé ressembler à un objectif et à un faisceau de lumière qui le pénètre. Une allégorie de la réputation du Père de l’optique.

Lorsqu’il s’est diversifié dans l’optique et les appareils photo, il avait plus de 50 ans. Grâce à ses innovations, il a amélioré les obturateurs, les prismes et le revêtement des lentilles. Il a détrôné les Allemands et les Japonais du secteur des jumelles et de l’optique.

Son credo était de produire des appareils simples, qui remplissent correctement ce pour quoi ils avaient été fabriqué, sans fioritures mais avec quelques trouvailles, plus dictées par un besoin de rentabilité que d’innovation à tout crin. Des appareils photo vendus à un juste prix, qui ont fait le bonheur de pas mal d’amateurs, un peu partout dans le monde.

Il méritait bien, outre ses titres honorifiques officiels, d’être reconnu le Roi de l’optique.

Haking Wong

Un peu de vie privée

Si le nom de l’entreprise porte le même nom que celui de son fondateur, tout comme ses produits, les premiers appareils photos se sont appelés Paulette, dérivé de Pauline Chan, son associée et co-fondatrice (1957) de l’entreprise.

Haking Wong s’est vu attribué nombre de titres honorifiques. Il fut notamment Docteur Honiris Causa de l’Université de Hong Kong (1980) et il reçut l’Ordre de l’Empire britannique (OBE) en 1968 , tout comme il sera nommé membre de la Cour universitaire en décembre 1978.

Plusieurs bâtiments portent son nom, car il les a financés : la création de l’Institut technique Haking Wong et du bâtiment Haking Wong à l’Université de Hong Kong, pour le département d’ingénierie, qui sera officiellement inauguré le 6 octobre 1983. Outre à Hong Kong, Haking Wong a également investi dans la construction du pont Haking Wong à Xinhui (1992). 

Il fut président honoraire de l’Association des fabricants chinois et membre du comité des fondateurs de la Fédération des industries de Hong Kong qui est devenue l’organisation représentant les industries à Hong Kong.

Si vous vous en souvenez, il s’est marié jeune (17 ans). De fait, il se convolera trois fois et eut onze enfants.

Bien que le nom de Haking Wong est indissociable de Hong Kong, malheureusement sa descendance ne se montrera pas digne de lui. Plusieurs procès ont eu lieu en raison de conflits financiers. En 2000, trois de ses fils ont demandé la liquidation de sa fondation, ce qui a conduit l’entreprise à s’exiler en Chine. Enfin, en 2002, la Titan Continental Ltd a racheté plus de 70% des parts de la fondation et à viré les descendants de la famille du conseil d’administration.

Triste sort …

Présentation du Haking A1

Le Halina A1 est donc un vrai TLR (double optiques), en métal, produit par Halina, la branche photographique de la Hanking Wong, au début des années soixante.

La coque est faite en tôle d’acier pliée et elle est commune à d’autres modèles de la marque (Halina Prefect, Kinoflex, Star-Lite, Sunscop, Votar Flex, Wales Reflex). Il semble que ce soit une copie assez proche du Ricohflex Model VI.

S’il en reprend l’architecture, il est néanmoins un (bon) cran en dessous du Ricohflex au niveau qualité. Mais c’est un vrai TRL (Twin Lens Reflex) avec son tunnel de visée qui s’ouvre et se referme automatiquement, son verre dépoli, une loupe pour affiner la mise au point.

Les vitesses sont limitées : 1/25 – 1/50 -1/100s et pose B. Elles se règlent avec une roue dentée chromée, située sous celle du réglage de la distance. Une prise PC permet de connecter un flash, synchronisé à toutes les vitesses.

L’obturateur est maison, à deux lames. Il ne provoque pas de vibrations, ce qui est avantageux.

L’ouverture se règle, elle, via un curseur qui tourne sur un quart de cercle gradué de f3,5 à f22.

L’armement est très court : il faut remonter le levier vers le haut, entendre le discret clac de l’armement puis abaisser le même levier pour déclencher. A noter que l’on peut aussi fixer un câble de commande.

L’avance du film se fait à l’aide du gros bouton sur la droite. Attention, il n’arme pas l’obturateur, il fait juste avancer la pellicule. Pas de compteur de vue, il faut regarder par la fenêtre en rouge inactinique, avec un volet, située sur le dos du boitier.

Pour ouvrir ce dernier, il faut faire tourner le verrou qui est en dessous et faire pivoter le dos vers le haut. Remarquez les deux petits pieds sous l’appareil, qui assurent son maintien sur surface plane. Ceci étant, comme il y a encore un film (à la 7ème image) dans l’exemplaire que je vous montre, je l’ai ouvert pas mégarde lorsque j’ai démonté le tunnel de visée pour le nettoyer, y compris le verre dépoli. Je l’ai refermé bien vite et avec un (tout petit) peu de chance, je pourrai faire développer le film. Ensuite, le dos fait des bruits étranges lorsqu’on manipule le boitier. J’imagine qu’il peut y avoir des fuites de lumière.

Ce qui saute aux yeux, c’est les chromes de la face : le cadre et les optiques. c’est assez heu … clinquant.

Les optiques sont aussi maison : celle du viseur (au dessus) est un 80mm ouvrant à f3,5 et celle du dessous (pour la prise de vue) un Halina Anastigmat de 80mm ouvrant aussi à f3,5.

Sous ces dehors chics, le reste est un peu léger : tout le revêtement se décolle et je l’ai donc remplacé par du vrai cuir gris. A certains endroits, la peinture est attaquée par la rouille. Je vais donc procéder à un ponçage partiel pour remettre de la peinture noire aux endroits nettoyés.

Mais, me direz-vous, pourquoi cet appareil a-t-il suscité tant d’achats ? Des années cinquante à la fin des années septante, les TLR étaient vus comme des appareils de qualité supérieure, tirés notamment par la réputation des Rolleiflex allemands, voire des Yashica Mat, des Minolta japonais, des Semflex français, par exemple. La taille de leurs négatifs n’y étant pas étrangère car elle autorisait plein de détails dans la prise de vue. Son argument de poids étant, bien entendu , son prix de vente !

Que penser de cet appareil ?

Honnêtement, par rapport un Lubitel 2 en bakélite, il n’est pas mal. Mais, à mon humble avis, il est trop limité au niveau des vitesses. Les autres TLR de l’époque proposaient souvent à minima le 1/300s, voire aussi un minuteur. Il est vrai que dans les années soixante, les films étaient plus lent, mais quand même …

Plusieurs auteurs signalent que l’optique n’est pas terrible, pourtant les quelques photos que j’ai pu voir ne sont pas si mal que ça. Certes, on est loin du piqué des Rolleiflex, mais on en a pour son argent.

Pour tenter de vous en convaincre, voyez sur le site de Lomography les photos réalisées avec cet Halina A1

Toujours au sujet des optiques, elle semblent être sujette au champignons, mais cela se nettoie assez facilement.

La construction est légère et le revêtement une catastrophe mais ce n’est pas ça qui fait les photos. Il faut plutôt prévoir de refaire un joint à la porte arrière pour éviter les fuites de lumière et, éventuellement, refaire la tapisserie.

Alors, que penser de cet Halina A1 ? Le prix d’achat est souvent à la hauteur de son état cosmétique, c’est-à-dire peu cher (de 20 à 40€). Une façon économique de rentrer dans le club des TLR par la petite porte, pour vérifier si cela vous plait et avoir encore assez de sous pour vous payer quelques bobines.

Tout n’est pas a jeter dans cet appareil, le système d’ouverture et fermeture du tunnel de visée est un modèle du genre, tout comme la position de la (grande) loupe.

Le mieux étant encore, si vous en trouvez un, de l’essayer par vous-même.

Qu’en pensez-vous ?

Vidéos d’illustration

Un peu de technique

Type : Appareil photo reflex à double objectif pour film 120
Fabricant : Haking
Année de lancement : 1957
Film : rouleaux de film type 120
Objectifs : Halina Anastigmat de 80mm ouvrant à f3.5
Obturateur : obturateur à deux lames avec vitesses B, 1/25, 1/50 et 1/100 sec., sélectionnable avec la molette autour de l’objectif
Armement : déplacer un peu le levier de déclenchement vers le haut
Ouverture : levier sous l’objectif, f3,5 à f22 sélectionnable
Mise au point : utilisation de l’une des roues dentées qui synchronisent le viseur et la mise au point de l’appareil photo comme molette
Viseur : viseur TLR pliable avec écran en verre dépoli, et loupe articulée pour usage optionnel
Avance de film : bouton, fenêtres de comptage d’exposition fermées à l’arrière
Accessoire : étui en cuir possède deux languettes en tôle pour fixer l’appareil photo
Remarque : le volet de la fenêtre en rouge inactinique porte l’empreinte Made Empire (= Hong Kong britannique)
Connecteur 1 : filetage de connexion pour déclencheur à distance
Connecteur 2 : connecteur flash
Connecteur 3 : filetage de connexion pour trépied

Des références

https://www.analogcams.com/cameras/a0cf85bf, https://camera-wiki.org/wiki/Halina_A1, https://licm.org.uk/livingImage/Halina_AI.html, https://foxesden.blog/2023/08/11/halina-a1-reflex-test-roll-its-foggy-out/, https://www.photo.net/forums/topic/326162-images-from-halina-a1-tlr/ (pour voir des images réalisées avec cet appareil), https://sites.google.com/bigcellence.com/hw120/panel-1, https://camera-wiki.org/wiki/Haking, en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2756-Haking_Halina%20A1.html, en français

Argentique

Le Canon Eos 3000 N : demain sera son présent

Préambule.

Brocante de Braine-le-Comte, très tôt le matin, nous déambulons dans les allées à la recherche de quelques objets intéressants, des appareils photo pour moi en tout cas.

Hélas, après avoir fait plusieurs fois le tour, le temps que les vendeurs s’installent, je dois bien me rendre à l’évidence, celle-ci est bien pauvre en argentique, hormis les éternels Kodak Instamatic invendables, les Agfa Clack, les box en plus ou moins bon état, des folding qui n’ont rien de folichon tant ils sont délabrés.

Un peu découragé, retournant sur mes pas, je débusque dans une remorque une boîte qui contient quelques vieux retardateurs mécaniques, un télémètre à glisser dans une griffe accessoire, une boîte d’un Agfa Optima Pocket Sensor (prochain article) et un vieux sac photo dans lequel se cache ce Canon Eos, tout beau, tout propre, livré avec un flash annulaire que je vais tester aussi.

Finalement, la pèche est maigre mais les poisons sont bons !

Un peu d’histoire.

Les habitués du site savent que j’aime bien cette marque, qui fut celle de mes débuts. Et comme j’ai déjà présenté plusieurs appareils à la marque rouge, je vous fais grâce de l’histoire de celle-ci.

D’ailleurs vous en retrouverez des extraits dans l’article que j’ai consacré à son prédécesseur, le Canon Eos 3000.

Sauf à vous préciser que ce modèle, sorti en 2002, est le pénultième Eos argentique, le dernier étant le 3000X. Faut-il préciser que ceux-ci ont été commercialisé à la charnière du numérique et que donc leur carrière connu quelques hésitations, les clients ne sachant pas encore dans quel camp se ranger. L’histoire nous a donné la réponse …

Présentation du Canon Eos 3000 N.

S’il s’appelle EOS 3000 N c’est donc qu’il fut précédé d’un EOS 3000, le N étant chez Canon le New (nouveau).

Le premier du nom sera commercialisé en 1999, soit seulement trois ans avant cet opus. Les changements seront surtout cosmétiques. Voici le texte qui accompagnait le lancement du boitier :

L’EOS 3000N allie simplicité et élégance, offrant une opérabilité améliorée et un nouveau design sophistiqué. Chargé de fonctionnalités, les utilisateurs n’auront aucun problème à capturer les photos qu’ils veulent. Avec sa finition métallisée argentée accrocheuse, l’EOS 3000N est le nouvel appareil photo EOS d’entrée de gamme de Canon. Adapté aux nouveaux venus dans la photographie reflex, mais doté de suffisamment de fonctionnalités avancées pour satisfaire les propriétaires à mesure que leurs compétences photographiques se développent, l’EOS 3000N est un appareil photo ultra-compact et léger doté de nombreuses fonctionnalités.

Ce qui veut dire, lorsque l’on lit entre les lignes, qu’ils n’ont pas changé grand-chose au précédant modèle, juste la carrosserie, plus flatteuse et un rien plus ergonomique. Pour le reste, on reprend ce qui fonctionne et on le garde.

Techniquement, même s’il affiche une belle quantité de fonctions et astuces, il reste l’entrée de gamme de la marque, surtout à cause de sa qualité de fabrication. Rassurez-vous, tout tient parfaitement et est assemblé avec précision mais la coque est toute en plastique ABS, y compris la baïonnette.

L’avantage est celui du poids et, honnêtement, je n’ai jamais vu un boitier fendu ni une monture partir en lambeaux ni se tordre.

Ce que j’aime bien avec ces mécaniques, c’est que nous sommes vraiment très proche de ce que les appareils numériques proposent à cette époque, et encore maintenant. On n’est jamais déconcerté par sa manipulation en quittant le numérique pour le prendre en mains, les commandes sont les mêmes.

Vous pouvez l’utiliser en tout auto ou avec la gamme de programmes PSAM et, bien sûr, en manuel. C’est clairement un appareil école car il va permettre aux débutants bien mettre le pied dans la série des Eos s’ils veulent progresser ensuite.

Car, autre gros avantage, le boitier accepte toutes les optiques Canon EF et la plupart des accessoires dédiés.

Son autofocus est rapide et précis, sa mesure de lumière exacte et sensible. Il est un peu bruyant mais rien de dramatique et sa cadence de prise de vue est réduite à une image seconde. Ce n’est clairement pas un boitier sportif mais il est à l’aise dans toutes les autres disciplines.

Pour l’alimenter, juste 2 CR123A. Faire attention à la porte des piles, comme souvent sur ces boitiers, sinon vous passerez par la case Gaffer pour tout faire tenir. Comme le faisait remarquer un gentil chat (il/elle se reconnaîtra), on peut fixer un grip, le battery pack bp8, qui fonctionne avec des piles AA, plus économiques.

Que penser de cet appareil ?

Au risque de me répéter, selon que l’on veut découvrir l’argentique en personne pratique ou en esthète, vous choisirez ce modèle ou ses frères, ou vous partirez vers un A-1, un FTb, un AE-1 (presque) tout métallique mais sans beaucoup d’aide (l’autofocus n’est pas à leur programme).

Si donc vous avez choisi la première solution, vous ne serez pas dépaysé en utilisant cet Eos 3000 N car ses commandes sont celles des premiers Eos numériques et des suivants.

Ce sont ces boitiers qui ont initié l’ergonomie des numériques, y compris la plupart de leurs commandes.

Ceci étant précisé, cet appareil ne manque de rien, même si à l’époque on le considérait comme un entrée de gamme (selon la notation chez Canon : 3000 = entrée de gamme, 300 = consommateur moyen, 30 = expert , 3 = professionnel). Voyez la fiche technique ci-dessous.

Il est précis et les photos qu’il délivre sont correctement exposées si vous ne flirtez pas avec les limites des grands contrastes lumineux. Léger et finalement bien construit, il vous suivra partout sans que vous ayez peur de le faire souffrir un peu. Car côté budget, comptez environ 40€ pour un exemplaire avec un objectif EF, souvent un zoom 24 – 90mm.

Ne trainez pas, leur valeur monte …

Vidéos d’illustration.

Camera bon marché – des images qui tuent ! – Un fantastique reflex pour des cacahuètes (n’oubliez pas que vous pouvez traduire les vidéos en cliquant sur paramètres – sous-titres)

Un peu de technique.

  • Appareil photo reflex analogique 35 mm (2002, Japon).
  • Autofocus : trois capteurs, dont un capteur central de type croisé, contrôlable individuellement, priorité à la mise au point ou servo AI, commutable en manuel, lumière d’assistance AF.
  • Mesure de l’exposition : mesure multi-champs à six zones, mesure intégrale sélective et pondérée centrale (avec réglage manuel de l’exposition).
  • Types d’exposition : programme automatique, cinq modes scène, plein, ouverture et priorité à l’ouverture, mesure manuelle par suivi, priorité à la profondeur de champ ; exposition multiple.
  • Flash : pop-up, NG 12. Exposition du flash : E-TTL (avec les appareils Canon EX), A-TTL (avec les appareils EZ/E), contrôlé par TTL via trois zones.
  • Temps d’exposition : 30 secondes à 1/2 000 seconde (par pas de 1/2) et B.
  • Sensibilités du film : en manuel ISO 6-6 400 ou via encodage DX, ISO 25-5 000.
  • Synchronisation du flash : automatique, synchro au 1/90 s.
  • Transport du film : automatique avec avance rapide jusqu’à la fin, exposition simple ou continue (maximum une image par seconde), retardateur, connexion de déclenchement à distance.
  • Alimentation : 2 piles au lithium de 3 volts (CR 123 A).
  • Monture d’objectif : Monture Canon EF

L’EOS 3000 N est identique à l’EOS 500 N, à l’exception de quelques différences extérieures mineures.

Des références.

https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS_3000N, https://www.danstacuve.org/test-du-canon-eos-3000n-lun-des-derniers-argentiques-canon/, https://lafillerenne.fr/blog/1308/ en français ; https://www.lomography.com/magazine/183308-my-new-love-canon-eos-3000n-and-its-perfect-bokeh, en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/canon-eos-3000-n/, en allemand

Argentique

Le babysem 2 : un argentique de poche.

Préambule.

Un matin franchement frisquet, le thermomètre affiche -2C en cette fin mars 2025. Peu de brocantes encore, sauf celle de Jemappes, où sont pelotonnés vendeurs et … acheteurs. Je déambule à travers les stands des courageux venus tôt ce matin et au détour d’une allée, je vois sur un stand une boîte d’ampoules pour flash ancien. Comme je m’enquiers du prix et que la dame est occupée, mes yeux furètent sur la table bien encombrée et ils s’arrêtent sur une petite house de cuir jaune. Je l’ouvre et découvre ce petit appareil sympathique. Petite transaction pour le prix des ampoules et du boitier et ils plongent dans le sac dos.

Je ne trouverais pas autre chose d’intéressant ce jour-là. Il est temps de rentrer boire un chocolat chaud …

Un peu d’histoire.

Je vous ai déjà présenté un SEM, le Semflex Standard 3,5B type 9 (ouf !) et j’aurais dû faire aussi la présentation d’un Babysem, premier du nom, mais j’ai eu la mauvaise idée de le prendre sur une bourse et il est parti trop vite.

Appareil photo vintage Babysem en métal avec un objectif OREC et un viseur en haut à gauche.

Ceci étant, le modèle que je vous propose est une extrapolation du premier Babysem, sur lequel on a greffé une face avant plus moderne.

Mais commençons par le début …

Vers 1940, la société Parisienne G. Cornu demande à la société Aluvac de lui couler les corps et dos de petits appareils 24×36. Ces pièces portent les marques Aluvac 3439 et 3440.

Avant la seconde guerre mondiale, l’industriel Stéphanois (St Etienne) Jean Cros fabrique des ailettes pour roquette. Il fait couler celles-ci par la société Aluvac. Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, il se doit se diversifier et produit pour G.Cornu des appareils photographiques Reyna Cross.

Monsieur Jean Cros obtient, en 1941, de la société G. Cornu une licence pour fabriquer à St Etienne un appareil photographique à partir des pièces détachées produites par Aluvac. C’est Paul Royet, un technicien en mécanique qui fabrique des obturateurs Micromécanic, qui sont installés dans les appareils photographiques Reyna Cross, qui mène à bien cette entreprise (1942).

Finalement, en 1946, Paul Royet et Jean Cros s’associent pour fonder la SEMM, Société des Établissements Modernes de Mécanique, appelée également SEM, d’abord établie à St Etienne, puis, dès 1947, à Aurec. Cette entreprise fabrique d’abord des appareils pour Cornu, sous licence, mais bien vite, réalise ses propres modèles, dont les plus célèbres et connus seront les Semflex, des reflex bis-objectifs de qualité (voir l’article cité ci-avant)

Dès 1949, SEM produit un petit appareil 24×36, le Babysem premier du nom (voir photo ci-dessus), inspiré du Reyna des Ets G. Cornu.

Un appareil photo ancien de marque Reyna, affichant un design vintage avec un objectif et des réglages visibles sur le devant.

Le Reyna est sorti en pleine seconde guerre mondiale, sans publicité, n’apparaissant dans aucun catalogue. Il a été perfectionné et modifié par Paul Royet pour devenir le Reyna Cross.

Paul Royet va optimiser le mécanisme pour en faciliter la construction et présentera le Reyna Cross 2. Rapidement, G. Cornu adoptera un certain nombre de modifications passant ainsi du Reyna au Reyna 2.

Petit à petit, d’améliorations en simplifications, le Reyna Cross prend le chiffre 3. SEM prend de plus en plus une dimension industrielle alors que Cornu reste artisanal. On estime que 95% des boitiers produits seront utilisés par SEM. La maison G. Cornu disparaitra petit à petit.

Les boitiers évolueront tant à cause de cette phase de pré-industrialisation (rationalisation de la construction) qu’à cause des difficultés d’approvisionnement toujours en vigueur au sortir de la guerre.

Le Babysem premier du nom va en profiter, ou en subir les conséquences, c’est selon, et il deviendra Babysem 2 lorsque sa façade sera réduite en épaisseur et modifiée pour s’installer sur le dos du Babysem Il perd aussi le déclencheur sur le capot, qui nécessite des liaisons mécaniques plus complexes.

Enfin, après des années de privations, de production plus ou moins organisée pour les entreprises, de difficultés économiques et de reconstruction, arrivent la fin des années cinquante et celles du retour à la prospérité, d’un pouvoir d’achat qui augmente et d’une nouvelle génération qui aspire aux loisirs, aux amusements, à une nouvelle vie.

Conscient de ces changements, SEM décide de moderniser ses appareils noirs et gris, qui ne sont plus dans l’air du temps. Ils font appel à Roger Tallon pour rajeunir le Baby Sem.

Trois nouveaux modèles verront le jour suite à ce ravalement de façade : le Babyjoy d’entrée de gamme et destiné aux plus jeunes, le Babysem qui nous préoccupe, le BabyLord qui sera le haut de gamme de la série.

A y regarder de plus près, les trois modèles sont construits sur la même base, pas très éloignée d’ailleurs du modèle précédent (même s’ils sont un peu plus grands) : la face avant est rectangulaire avec un carter échancré pour y loger l’optique et le mécanisme de l’obturateur (il n’y a pas de déclencheur sur le capot) ; sur le dessus, deux trous pour y loger un flash (brochage spécifique) ; le viseur n’est plus central mais décalé vers la droite ; un léger décrochage en bas est garni d’un simili-cuir coloré, qui fit d’ailleurs le tour du boitier ; la typographie a aussi été revue et le B majuscule disparait pour une minuscule.

C’est la partie arrière qui est la plus proche de l’ancien modèle, avec ses deux gros boutons ronds, en partie cachés par le retour de la face avant (avance et rebobinage du film) ; un large tunnel abrite un minuscule trou, celui du viseur, très approximatif (à se demander pourquoi ils ne l’ont pas fait plus grand vu l’espace inutilisé). Toute la surface du dos est gainée du même vinyl coloré.

Présentation du babysem.

Un mot encore des autres modèles, pour mieux apprécier les différences :

  • le babyjoy, produit de 1960 à 1965, est donc le modèle de base : il possède un obturateur Orec avec une seule vitesse (1/50s) ; on peut régler l’ouverture, illustrée par les chiffres 1-2-3 ou des pictogrammes météorologique ; la peinture est lisse sur ce modèle et il y a inversion des couleurs du bandeau vinyl.
  • le babysem, produit sur la même période, est le milieu de gamme : il ne possède pas de vitesses lentes et le maximum est le 1/250s avec une pose B ; les distances se règlent en continu de 75cm à l’infini ; la peinture est granuleuse et les bandeaux de couleurs sont identiques devant et derrière.
  • le babylord, produit de 1962 à 1965, plus rare, est le haut de gamme : il possède des vitesses lentes et sa limite est le 1/400s ; l’esthétique est identique à celle du babysem.
Publicité pour l'appareil photo Babyjoy, montrant les caractéristiques et fonctionnalités, avec des illustrations des appareils et des scènes de prise de vue.

Les trois appareils bénéficient du même objectif anastigmat Som Berthiot de 45mm ouvrant à f2,8. Toutefois, il y aura quelques rares modèles équipés d’un objectif Angénieux.

Pour en terminer, Photo-Hall distribuera le babysem sous les appellations de Photo-Hall 1A, puis de Photo-Hall SB1.

Venons-en à la présentation spécifique de ce babysem 2.

Je ne reviens pas sur la présentation générale mais j’ajoute que pour l’ouvrir, il faut tirer sur un loquet situé sur la tranche gauche, ce qui libère le dos, qui se retire en entier.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il y avait encore un film dans la chambre, que j’ai refermée bien vite. Le compteur de vues n’est pas clair, alors combien d’images encore ?

Ceci étant, comme le loquet ne tient pas bien, j’ai décidé de retirer le film, mais comment le rembobiner ?

C’est sur le site de Collection-appareils que j’ai, heureusement, trouvé le mode d’emploi dont le lien est ICI.

Premier constat, il faut de bons ongles pour tirer sur le minuscule bouton strié qui est sur la tranche. Une fois qu’on y est arrivé (plus ou moins 0,5cm de retrait), il faut encore le tourner d’un quart de tour pour débrayer le système.

Vue d'un appareil photo vintage Babysem avec un design rétro et une finition en métal, posé sur une surface texturée, avec une figurine en arrière-plan.

Enfin, là on pourra rembobiner en tournant la grosse molette à gauche dans le sens de la flèche. Ce qui a pour conséquence de réinitialiser aussi le compteur de vue (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai compris que le film était presque arrivé en fin de course).

Le réglage de la distance se fait avec la rotation de la lentille, non crantée, de 75cm à l’infini.

La vitesse se règle elle grâce à la roue striée derrière la lentille, de la pose B – 1/15s – 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s. Un filetage est prévu, en dessous du déclencheur, pour y fixer un câble.

Enfin, l’ouverture se règle avec une tirette située sous l’optique, de f2,8 à f22.

Appareil photo Babysem avec un design rétro, incluant un objectif Som Berthiot de 45mm, monté sur une surface texturée grise et une bande rouge.

Le flash, très rare, se fixe sur le dessus, dans les 2 broches prévues et un câble le relie au bloc optique/obturateur.

Comme je le signalais plus haut, il n’y a pas de déclencheur sur le capot. SEM utilise ici un vieux système, comme sur les anciens folding : on arme avec une tirette, on déclenche avec une autre située autour de l’obturateur. Simple, efficace et moins sophistiqué à produire qu’un autre système.

Autre bizarrerie, le bouton placé en façade, sur lequel il faut appuyer après chaque photo pour permettre d’avancer d’une vue. C’est une idée simple pour éviter la double exposition mais guère pratique dans l’absolu. Il faut donc appuyer sur ce bouton, tourner la grosse molette d’avancement, relâcher le bouton tout en continuant à tourner jusqu’à ce que celui-ci se bloque, puis vous pourrez faire une autre photo. On a connu plus simple dans les années soixante !

Le compteur de vue doit être initialisé sur 20 ou 36 manuellement. Il fonctionne par décompte des déclenchements.

Que penser de cet appareil ?

Tout en alliage d’aluminium, il a quelque chose de rassurant car il donne cette impression de solidité que confère le métal.

Cependant, les défauts sont nombreux :

  • viseur réduit à sa plus simple expression, un chat d’aiguille : on devine plus qu’on ne voit ce que l’on va photographier
  • le loquet de blocage du dos gagne du jeu avec le temps, rendant l’appareil moins étanche aux fuites de lumières
  • les réglages sont minimalistes et on ne peut rien contrôler (ouverture, vitesse, sensibilité)

Ceci dit, la prise en main n’est pas mauvaise et les réglages sont bien disposés, sauf ce f…. bouton pour débrayer l’enroulement en vue du rembobinage.

Dans son beau sac tout prêt en cuir, il a belle allure et vous pouvez alors le porter autour du cou car la lanière est sur ce dernier, pas sur le boitier.

En conclusion, c’est un appareil rare mais qui n’a pas une grande cote (50€ avec sa gaine en bon état). Il fait partie de ces boitiers intéressants à posséder en collection car il est le reflet d’une époque.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

Année 1960

Objectif : Som Berthiot 45mm ouvrant à f2,8, anastigmat

Obturateur central en Iris OREC de 1/15s au 1/250s plus pose B

Format : 24 x 36 mm

Viseur de type Galliée

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1030-Sem_Babysem.html, http://clicclac1.free.fr/old/Appareils_francais/SEM/Baby.htm, https://www.lesappareilsphotographiques.com/sem-p-186.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_1017.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12921-Photo-Hall_Baby%20Sem.html, http://glangl1.free.fr/Liste-Sem.html, https://stereoantica.com/sem-baby-sem/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_%C3%A9tablissements_modernes_de_m%C3%A9canique, https://collection.click-clack.fr/sem-histoire-et-publicites/, https://www.mes-appareils-photos.fr/SEM.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1079-Sem_Baby%20Sem.html en français ; https://cameracollector.net/sem-kim-baby-sem/, en anglais.