Le Zinc du photographe

J’hésite …

Oui, j’hésite : garder le Canon EF 70-200mm f4 constant série L ou passer au Canon EF 70-300 f4 – 5,6 IS USM ?

Bon, posons la question autrement. Le 70 -200 f4 a une ouverture constante mais n’est pas stabilisé et il est « un peu court ».

Par contre, le 70 -300 commence à f4 et fini à f5,6 mais il est « plus long » et stabilisé. Sa construction est un peu plus légère, avec un fut en plastique contre du métal pour le « blanc »; le f4 a un diamètre de 67mm, celui-ci un diamètre de 58mm.

Petit tour sur le site Canon ( https://fr.canon.be/lenses/ef-70-300mm-f-4-5-6-is-usm-lens/) qui, en toute impartialité (!?) me confirme que cet objectif est léger, bien stabilisé, pensé pour pouvoir prendre des photos à main levée, avec des lentilles traitées pour réduire les aberrations chromatiques et améliorer le contraste. J’ajoute que la personne qui me l’a vendu avait pu réaliser de magnifiques filés à main levée grâce à la stabilisation et j’ai pu apprécier ses qualités sur des photos de petits animaux, saisis sur le vif.

Je l’ai monté sur l’Eos 5D Mark II et tout fonctionne correctement. La visée est rapide et franchement facile même en cas de faible lumière. Le moteur (à ultrasons) pourrait être un peu plus discret, mais rien de bien méchant car – et c’est le principal – il est rapide et très précis.

Grrr… tout ça ne résout pas mon problème !

Petit tableau, pour y voir clair :

caractéristiques1 -EF 70-200 f4 série L2 -EF 70-300 f4-5,6 IS USMAvantages
poids705 gr630gr2
stabilisationnonoui (2x)2
ouverturef4 constantf4 -5,61
longueur max.172mm200mm1
compatible extenderouinon1
prix (neuf)+/- 700€+/- 500€2
nbre éléments/groupes16/1315/101
ouverture max extenderf8NA1
mise au point mini1,2m1,5m1
bruitinfimebruyant1
luminosité*f4 constantf4 – 5,62
Bref, si j’étais raisonnable, je ne garderai que le 1 mais le 2 a aussi de sérieux atouts …
* à nuancer car je suis à f5,6 au 300mm et si je veux atteindre les 300mm avec le 70 – 200, je dois mettre le doubleur de focale mais là je suis à f8 !

Je ne suis pas plus avancé … ils ont chacun de solides arguments. Sans doute l’usage sur le terrain va t’il me permettre de les départager, in fine.

Vivement les vacances que je puisse les tester dans de magnifiques paysage.

Ceci étant, je me souviens avoir lu une « interview » d’un ambassadeur Canon, qui affectionnait les grands espaces et les paysages. Celui-ci recommandait aussi l’EF 70-300 pour ses qualités propres, notamment son poids plus contenu et ses stabilisations. Et il précisait que la qualité des images étaient excellentes. Cet objectif faisait partie de son sac, à côté des séries L classiques.

Le Zinc du photographe

Pourquoi je n’ai pas (toujours) choisi des focales fixes ?

C’est souvent le grand débat chez les photographes : focales fixes ou transtandards/zooms ?

Mais pourquoi ce débat ? Il est (presque) indéniable que les focales fixes (de qualité) seront toujours meilleures que les zooms, souvent parce qu’elles ont des ouvertures plus favorables (du f1:1,2 au f1:2), qu’elles sont plus légères (peu ou prou de pièces en mouvement), mieux finies (ça reste à voir) MAIS elles sont fixes !

Ce qui veut dire que si vous devez changer de point de vue, pour quelque raison que ce soit, vous devez changer d’optique. Lapalisse en eut dit autant, non ?

Et donc, dans votre fourre-tout vous aurez un 18 mm, un 21mm, un 24mm, un 50mm, un … Franchement, ça fait lourd à porter !

Mais, allez-vous me rétorquer, « lorsque l’on photographie, on a un style qui va avec une ou deux optiques et on les emporte avec soi ». Je dirais que c’est un peu le principe défendu depuis longtemps par Leica, qui vous permet de visualiser le cadre qui correspondrait le mieux à votre photo (voir mes articles sur le Leica M3 ou le Leica M5) et vous n’emportez que deux ou trois cailloux avec vous.

Soit. Et je vous avoue que c’est là le choix que j’ai porté avec ces appareils, en restreignant encore le principe car j’estime que ma pratique de la photo de rue s’accommode très bien avec le 35mm, et je n’en change pas, à moi de bouger lors de ma prise de vue. Même si je songe un jour à acquérir un 28mm (question de pouvoir utiliser le « focus zone » plus large de cette optique).

Et lorsque j’utilise le Canon New F-1 j’utilise des objectifs fixes en monture FD (35 – 50 – 135mm) parce que je trouve les zooms de l’époque peu pratiques et – surtout – de moins bonne qualité que les focales fixes.

Ceci dit, lorsque je pratique une photo plus généraliste ou plus spécifique, je préfère utiliser mes zooms car j’ai, en un seul objectif, les focales dont je vais avoir besoin. Mais j’ai fait l’effort financier d’acheter (d’occasion, vous connaissez mes principes) les « meilleurs » zooms qui correspondent à mes besoins.

Petit lexique : un transtandard est un objectif qui permet de passer d’une focale à une autre sans changer de caillou… un zoom fait la même chose (ex. 24 -70mm) à cette précision que le transtandard « tourne » autour du standard que représente le 50mm (qui est le plus proche de la vision humaine – ceci pour les 24×36). Par contre, un téléobjectif est un objectif qui permet de rapprocher un sujet selon une focale déterminée (ex. 500 mm). On parlera aussi souvent de zoom pour qualifier les objectifs qui vont au delà du 50mm et vont vers de longue focale (ex. 70 -200 mm)

Et donc je me suis fixé, en Canon, sur les cailloux suivants :

  • un Canon EF 17 – 40 mm f1:4 série L, qui est un très grand angle qui va vers le grand angle
  • un Canon EF 24 – 70mm f1:2,8 série L, qui va du grand angle au mini télé
  • un Canon EF 70 -200mm f1:4 série L, qui va du mini télé au téléobjectif
  • un OVNI de marque Centon, en monture M42 sur lequel j’ai fixé une bague d’adaptation Canon EF, qui est un 500 mm (téléobjectif) à miroir, qui « ouvre » à f1:8, sans autofocus ni stabilisateur, très léger et compact (mais délicat à manier sans trépied)
  • et – rien que pour me faire mentir – une focale fixe : un 85mm Canon EF Usm f1:1,8, idéal pour le portrait

Et si vous avez lu mon article sur le Canon Eos 50M, vous saurez que je l’accompagne d’un 22mm lorsque je le prends pour la photo de rue, et d’un 15 – 45 pour le reste.

Pour ma part, je clos là le débat : oui les optiques fixes sont de meilleure qualité que les zooms mais ces derniers sont plus polyvalents et, pour peu qu’on les choisisse de qualité, aussi bons en terme de restitution.

A vous donc de connaître vos besoins et d’adapter votre parc d’optiques en conséquence. Mais ne vous laissez pas entrainer par des querelles de « spécialistes » coupeurs de cheveux en quatre. Ni par ces « experts » des magazines qui vous assomment de tests (pseudos) scientifiques pour mieux couper les mêmes cheveux en huit !

Essayer de lire les essais que d’autres ont pu faire de telles ou telles optiques sur des forums (attention, les passionnés sont pires que les spécialistes et les experts !) et si vous en avez l’occasion, demandez que l’on vous prête l’une ou l’autre de ces optiques pour vous faire votre propre opinion. Certaines enseignes louent même parfois des objectifs particuliers, pour essayer avant – éventuellement – d’acheter un téléobjectif spécifique et cher.

A ce sujet, je vous recommande la boutique de Thierry : https://www.brupixel.be/index.html qui propose à la location des objectifs et des boitiers à des prix bien étudiés pour oser franchir le pas et se faire plaisir.

Mais, surtout, faites des photos pour découvrir ce qui vous convient le mieux.

En photo de paysage, portrait, urbaine

Canon Eos 5 D Mark II

En photo « généraliste », c’est un Canon Eos 5 D Mark II qui m’épaule pour exprimer ce que je ressens. Mes optiques privilégiées sont un 24 – 70 mm f1:2,8 série L constant de chez Canon et un 70 – 200 mm f1:4 (série L) de chez Canon, auxquels j’ai ajouté un 17 – 40 mm f1:4 toujours en série L. Ce n’est pas le plus léger des appareils mais il assure et me rassure.

Son viseur ne couvre que 98% du cadre ? Sa rafale ne dépasse pas 3,9 images seconde ? Sa sensibilité n’est que de 25600 ISO ? Bon, et alors ? Je l’ai payé un prix raisonnable avec moins de 40000 déclenchements. Pour avoir des caractéristiques plus « performantes », il me fallait sortir, au bas mot, 2500€. Donc, comme je ne photographie pas par nuit noire des endroits tout noirs, que je ne fais pas de photos sportives et que je connais les limites de mon cadre, il est parfait.

Du côté des avantages : il est tropicalisé, costaud (certains disent indestructible, mais je n’ai pas essayé !), très digne successeur du 5 D premier du nom, qui a ouvert la légende.

Et pour tout vous avouer, j’ai hésité à le revendre : j’avais acheté un Canon 6 D qui devait le remplacer dans mon sac, mais … il est très attachant et – petite coquetterie – il va bien avec les optiques au liseré rouge.

Ce n’est pas par snobisme que j’utilise les optiques Canon au filet rouge, mais pour leurs qualités optiques et leur solidité. Pour tout vous dire, j’avais d’abord acquis un Tamron 24 -70 f1:2,8 constant, qui faisait le job. Puis, j’ai eu l’occasion (c’est le cas de le dire puisque acheté en seconde main) d’acheter la même chose chez Canon, avec le liseré rouge et là, comme on dit, « y a pas photo » ! Tout d’abord, le silence de fonctionnement, l’onctuosité des bagues, leur tropicalisation, la qualité des images, p. ex., font toute la différence.

il y a même une échelle de profondeur, parfois bien pratique

Bref, le Canon Eos 5 D mark II est pour moi un excellent choix, même si je vous avoue que, parfois, il me semble bien lourd, d’où l’importance, comme souligné ailleurs, d’une bonne sangle et d’un bon sac.

Et finalement, j’ai racheté un troisième boitier Canon Eos, l’Eos 5D … Mark III . Je vais tester le nouveau venu pour voir qui sera le plus souvent dans le sac, avec le 24 – 70 mm f2,8. Mais je garde les deux, ils fonctionnement trop bien.

Comme je le dis souvent, même si mon premier réflex fut un Fuji ST 601, c’est avec le Canon Ftb des parents que j’ai appris et pris goût à la photo.

Je fus parfois infidèle à la marque, mais j’y reviens toujours car je n’ai pas encore trouvé mieux. Il y a une constance chez eux. Et, franchement, je commence à pouvoir en témoigner : le Canon P (1958), le Canonet 17 QL GIII (1972), le F-1 News (1981), l’Eos 30 (au début des années 2000), l’Eos 5D MII, l’Eos 5D mark III, l’Eos 6D, l’Eos 50M, le Zoemini C sont mes partenaires privilégiés.

Le Canon Eos 5 D MarkII est un appareil idéal, même s’il eut pu être plus léger. Mais vous pouvez le sortir partout, par tous les temps, il répond toujours présent. Au niveau ergonomie, la poignée aurait pu être un peu plus fine et creusée, comme l’Eos 5D Mark III, mais pour le reste, il ne lui manque rien et tout tombe sous les doigts, rapidement, presque sans plus regarder. Comme dit l’adage, « l’essayer, c’est l’adopter! »

La seule chose que l’on pourrait reprocher à ces appareils, en comparaison avec leurs aïeux, c’est qu’ils se marquent de manière moins esthétique !

Bon, écrit ainsi, ça à l’air bête, mais quand vous voyez un A-1 ou un F-1 patinés, c’est beau à voir. Alors que les nouveaux Eos, même si leur coque est composite (alliage de magnésium et « plastique » renforcé), se marquent de façon moins jolie : la couleur se perd et reste apparent le plastique gris qui est dessous, donnant air un peu « cheap » à l’ensemble, alors qu’ils sont très solides. Je crois que le gaffer va ressortir !

Tiens, ça me fait penser au malheureux photo-reporter Bill Biggart, tragiquement disparu dans l’effondrement de la seconde tour des Twin Towers, le 11 septembre 2001. Il était équipé de 3 appareils Canon, deux Eos argentiques et un Eos 30D numérique. Les sauveteurs ont retrouvé son corps et quelques effets personnels, dont les 3 appareils. Les deux argentiques, hélas, étaient éclatés et les pellicules à l’intérieur voilées. L’Eos numérique était lui fêlé de partout, toutefois Chip East, l’ami de toujours, réussit, avec mille précautions à sortir la carte et à la lire, dévoilant ainsi la toute dernière photo prise par Bill Biggart, moins de deux minutes avant son décès.

L’historie complète est à lire dans « les Héros du photojournalisme » dont les références sont dans ‘Les incontournables », les livres.