Argentique

L’Olympus Pen EE-3, l’autre demi format de légende

Préambule

Voici donc le troisième appareil recueilli lors de la brocante où j’ai emporté les deux Fujica Half et Half 1,9.

Avec celui-ci, je peux presque faire la synthèse de cette mode du demi-format, qui ne s’est pas tout à fait éteinte à la fin des années septante, heureusement pour nous.

Ce Pen EE-3 est un très bel exemplaire, bien propre et fonctionnel, noir comme j’aime ce genre d’appareil. Je ne devrai refaire que les mousses, comme d’habitude, pour assurer une parfaite étanchéité.

Mais partons à sa découverte …

Un peu d’histoire

Lors de la présentation de l‘Olympus OM-2N, j’ai longuement repris l’histoire de cet homme extraordinaire qui est à la source des Olympus Pen, Monsieur Y. Maitani. Je ne vais donc pas y revenir, sauf pour vous conter l’histoire du Pen en particulier.

Celle-ci commence en 1959. A l’époque, acheter un appareil photo était (déjà !) un investissement que tout le monde ne pouvait se permettre. Mais c’était un investissement pour la vie, car on n’envisageait pas de changer de boitier aussi vite que de nos jours. La photographie apportait beaucoup de satisfactions mais elle avait un coût dont on tenait compte.

Nombreux étaient d’ailleurs les photographes un peu plus avertis qui développaient et tiraient leurs photos eux-mêmes, souvent en noir et blanc, parce que plus accessible financièrement (la chimie N/B se dégrade moins vite que celle de la couleur).

Il existait bien les alternatives des appareils de type box, très limités techniquement et encombrants ; quelques folding aussi mais moins pratiques car en film 120.

C’est dans ce contexte qu’Olympus a fait le pari d’un appareil de petite taille, facile à emporter, peu cher à l’achat, techniquement plus évolué et économique à l’usage : Yoshihisa Maita, le designer de l’époque, a alors créé le Pen, premier du nom.

Un appareil réellement de poche, facile à utiliser, abordable et qui va multiplier par deux le nombre de photos utilisables sur un film car c’est un demi-format.

Cet appareil aura un grand succès et donc une descendance qui en reprend les grands principes, en ajoutant des améliorations, comme une cellule au sélénium et un automatisme qui simplifie encore l’utilisation.

Ainsi nait la gamme des EE pour Electric Eye, la cellule en nid d’abeille qui entoure les objectifs Zuiko des descendants.

Le Pen EE ajoute cette cellule en 1961, couplée à un objectif dit rapide ; le Pen EE-2 l’améliore sensiblement et le Pen EE – 3 encore un peu. Voici d’ailleurs un petit tableau qui reprend leurs caractéristiques :

ModèleAnnéeCelluleFix FocusGriffeSynchroOptiqueProduction
Pen1959SéléniumOuif3,527.000
Pen EE1961SéléniumOuif1,7584.000
Pen EE-21968SéléniumNonOuif2,81.143.000
Pen EE-31973SéléniumNonOuiOuif3,51.731.000

Leurs qualités principales sont donc :

  • la compacité
  • la facilité d’utilisation
  • le demi format
  • l’objectif Zuiko D
  • la cellule au sélénium (donc pas de piles)

Le Pen EE-3 qui nous occupe aujourd’hui fait une certaine synthèse de la famille Pen EE car il propose une cellule au sélénium qui autorise le fonctionnement automatique, et de passer en manuel si besoin ; un mode flash qui fige l’ouverture à f3,5 et la vitesse de synchro à 1/40s, notamment grâce à une griffe dite chaude, c’est-à-dire avec un contact de synchronisation au centre ; un objectif Zuiko D de 28mm ouvrant à f3,5.

Tout comme le box de Kodak en son temps, le Pen va démocratiser la photographie et permettre à tout un chacun de remplir ses albums de souvenirs de vacances, sans se compliquer la vie, techniquement.

Présentation de l’Olympus EE-3

Si l’on rejoue au jeu des 7 erreurs avec un Pen EE-2 et un Pen EE-3, on remarquera vite quelques différences marquantes :

  • alors que sur le Pen EE-2 la bague autour de l’objectif ne compte que deux échelles, il y en a trois sur le EE-3
  • sur le Pen EE-2, l’échelle graduée en Asa autorise l’automatisme et l’autre donne les ouvertures pour un fonctionnement manuel du flash
  • sur le Pen EE-3, seule la troisième échelle est tout à fait différente. Notée for flash GN 14, elle vous évite de calculer l’ouverture en fonction de la distance puisque elle vous donne la juste ouverture pour un flash GN 14 (GN = nombre guide)
  • l’ouverture du dos se simplifie puisqu’il n’y a plus qu’un verrou à tirer vers le bas sur l’EE-3
  • le compteur de vue se remet à zéro lorsque l’on ouvre la porte

Le Pen EE-3 aura encore l’insigne honneur d’être construit tout en métal. Il sera en production de 1973 à 1982.

Sinon, pour le reste, le boitier présente toujours le même minimalisme :

  • sur le capot, à droite, le rond du compteur de vue (remarquez qu’il est gradué jusque 72) et devant lui, presque petit, le déclencheur ; au centre, la griffe porte accessoire qui a cette fois un contact central pour la synchronisation ; à gauche, la manivelle de rebobinage
Un appareil photo vintage argenté avec des cadrans pour la vitesse et l'exposition.
  • sur la semelle, le petit bouton pour débrayer le film lors du rebobinage, le filet pour le trépied
Appareil photo vintage vu de dos, avec une sangle en tissu et un design en métal.
  • sur la face avant, le viseur, un peu décalé ; presque sous l’objectif, la prise PC pour les flashs plus anciens
Appareil photo Olympus Pen avec un design compact, couleur argentée et noire.
  • le dos ne montre que le viseur, qui parait bien petit (mais c’est trompeur) et la molette crantée pour faire avancer le film et réarmer l’obturateur
Appareil photo vintage noir et argent vu de l'arrière avec une sangle en cuir.
  • sur la tranche gauche, discret, un petit verrou pour ouvrir le dos
Un appareil photo moderne avec une texture en acier inoxydable, vue de côté.
  • revenons sur la face pour découvrir l’objectif et la cellule en nid d’abeille.
Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo vintage avec des réglages d'exposition. La marque 'Olympus-Pen' est visible sur le corps de l'appareil.

Commençons par le début : le EE-3 est équipé d’une fonction d’exposition entièrement automatique et l’EE signifie Electronic Eye. Il mesure la lumière disponible avec sa cellule au sélénium autour de l’objectif et choisit entre deux vitesses d’obturation: 1/200s et 1/40s. L’ouverture est fixée via la cote ISO/ASA du film. Pour la photographie flash, l’ouverture peut être réglée manuellement.

Comme les autres Pen, c’est un demi cadre, ce qui se voit immédiatement à la forme du viseur, placé verticalement. Lorsque vous ouvrez la chambre du EE-3, vous découvrez une espèce de plaque soudée et qui occupe la moitié du cadre 24x36mm. C’est un montage différent que celui du Fujica Half 1,9 que j’ai déjà déposé sur le site.

Vue intérieure d'un boîtier de caméra, montrant le compartiment du film et d'autres composants internes.

C’est un fix focus, donc pas de réglage de distances. Vous visez, vous déclenchez.

Un appareil photo vintage Olympus EE-3 vu de face, avec un objectif et des commandes visibles.

Je reviens sur ces différents éléments, dont le principal est l’objectif Zuiko D de 28mm ouvrant à f3,5, constitué de 4 éléments répartis en 3 groupes. La plage d’ouverture court de f3,5 à f22. Si vous avez lu l’histoire consacrée à l’Olympus OM-2N, vous savez que cet objectif est une pièce de grande précision, qui a couté une fortune mais qui est capable de rivaliser avec un Tessar. Cet objectif est tellement bon qu’il équipera le premier Pen (1959), les Trip 35 (1967) ensuite et jusqu’au Miju (1991).

Le diamètre des filtres, si vous désirez en utiliser, est de 43.5mm (les anciens filtres de 22.5mm ne peuvent pas être montés ici).

Autour de cette belle pièce, la cellule au sélénium, qu’il faut préserver au maximum en utilisant un bouchon d’objectif car elle peut s’épuiser et rendre l’appareil inutilisable (drapeau rouge bloqué, j’y reviendrai).

Les réglages sont autour de cet objectif : la sélection de la sensibilité Asa, de 50 à 400. Selon la sensibilité choisie, en automatique, la vitesse de l’obturateur se règle sur 1/200s, l’ouverture se régulant de f11 et f22 lorsqu’il y a beaucoup de lumière ; au plus lent, dans de mauvaises conditions de lumière, la vitesse sera de 1/40s avec un objectif ouvrant entre f3,5 et f8. L’appareil n’a donc toujours que deux vitesses, le 1/40s et le 1/200s.

Gros plan sur un appareil photo vintage avec un objectif et une molette d'ouverture.

Si vous passez en manuel, en réglant l’ouverture entre f3,5 et f22, la vitesse sera de 1/40s. Si jamais la vitesse devait chuter sous le 1/40s , il faudra utiliser le système Flashmatic, introduit sur le EE-3 avec les flashs Olympus de nombre guide 14. Ce système Flashmatic permet de définir une valeur d’ouverture correcte en faisant correspondre manuellement le réglage de l’anneau d’ouverture à l’une des distances estimées (1-4m) gravées sur le fut.

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur à mi course, la cellule mesure la lumière. Si celle-ci est suffisante, la photo est captée en appuyant à fond ; s’il n’y en a pas assez, une espèce de drapeau rouge se lève et bloque le déclencheur. Pour détourner (un peu) le système, vous pouvez viser une zone plus claire, en maintenant le déclencheur à mi course, puis revenir à votre cadrage et appuyer à fond.

Petit aparté au sujet de ce drapeau rouge : c’est une fonction que l’on retrouve sur les Olympus Pen et les Trip. De fait, elle vous empêche de prendre une photo sous exposée et donc gâchée. C’est un système malin (voyez dans la vidéo du démontage complet comment cela est construit, c’est brillant) que l’on peut contourner si besoin.

Rappelez-vous, le Pen EE-3 possède deux vitesses fixes, le 1/200s et le 1/40s. La première ne sera utilisée que si vous êtes en automatique alors que la seconde est celle de la synchronisation du flash. Donc, si vous stabilisez fermement l’appareil, vous pouvez contourner la limitation en choisissant l’ouverture (entre f3,5 et f22), auquel cas vous passez en mode manuel et l’appareil fera tout au 1/40s.

Si vous passez au flash, regardez les réglages pour utiliser un flash, qui doit être de de nombre guide 14 (c’est la puissance). Ces réglages tiennent compte de la distance, qui doit se situer entre 1,5m à 4m. Notez, comme je l’ai déjà signalé, que le système Flashmatic vous dispense de faire des calculs de mesure, il le fait lui-même pour doser correctement l’éclair.

Affichage du calculateur Prinz Jupiter 277C avec un tableau de conversions en pieds et mètres.
Exemple d’une grille d’aide sur un flash électronique de l’époque. Vous y voyez la corrélation entre la sensibilité, la distance et l’ouverture recommandée.

Un mot aussi sur le viseur. Extérieurement, et surtout vu du dos, il semble minuscule. Il est juste confortable, avec ses lignes de cadre lumineuses, et rappel de la parallaxe. N’oubliez pas que la tenue normale de l’appareil induit une photo au format portrait et qu’il faut mettre le boitier à l’horizontale pour retrouver une image en paysage. Attention si vous comptez créer des diptyques, des histoires.

Voilà, voilà … j’ai fait le tour de ce sympathique petit appareil (113x70x44mm), léger (280gr nu) que l’on glisse dans toutes les poches et petits sacs. Il sera très à son aise en photographie de rue, avec un peu d’habitude.

Catalogue de caméras compactes Olympus et Ricoh, incluant des descriptions et des spécifications techniques, datant de janvier 1979.
Petit tour d’horizon des Olympus en 1979 – 1980 (Phokina) et de quelques concurrents.

Encore un détail, peut-être, au sujet de la date de construction de votre appareil : elle se trouve généralement sous la plaque de pression. Je vais reprendre l’exemple cité dans un site de référence : K98. Le « K » est le code de l’usine de production. Le 9 est l’année. Ce modèle a été fabriqué de ’73 à ’83 donc c’est 1979, et le 8 est le mois – août.

Si vous cherchez un peu d’inspiration pour vos premiers essais, regardez sur ce site ICI (en anglais).

Que penser de cet appareil ?

Si ce Pen s’est vendu si longtemps et s’il suscite encore de nos jours autant d’engouement, c’est parce que c’est un appareil bien né.

Il répond à ce que demande un photographe amateur, qui veut se faire plaisir sans se ruiner (prix d’achat, cette fois en occasion, et pellicule) et qu’il emporte facilement avec lui, tout le temps.

Il est vrai que d’autres appareils, y compris dans la même marque – je pense ici au Miju ou à l’AX – ont été encore plus loin, surtout au niveau technologique (cellule couplée, zoom, etc.), aucun de ceux-là ne peut se targuer de la solidité et de la longévité des Pen. Ce que de nombreux photographes ont parfaitement compris.

Comme vous avez pu le voir dans un des tableaux cités dans l’article, ces boitiers ne sont pas rares, ils ont été produit en million d’exemplaires et tous n’ont pas finis à la déchetterie. Toutefois, je vois parfois des prix hallucinants à leur sujet.

Pour ma part, un bel exemplaire, tout à fait fonctionnel, avec les mousses refaites et un bouchon d’objectif (important), je considère qu’il ne doit pas dépasser les 80€.

Et si jamais il tombe en panne, dans les vidéos ci-dessous, vous verrez comment le démonter et le réparer.

Ah, encore quelques petites choses … si vous trouvez que le noir ou le gris lui va bien, ne changez rien, mais sachez que chez Ashahi Aki vous trouverez des covering de toutes les couleurs et parfaitement coupés à des prix très attractifs. Pourquoi photographier triste si vos cuirettes se font la malle ?

Il me reste à vous souhaiter de trouvez le Pen de vos rêves et de l’emmenez partout avec vous pour raconter vos histoires … différemment.

Vidéos d’illustration

Et au cas où vous tomberiez sur une épave

Un peu de technique

AttributSpécification
Type d’appareil photoAppareil photo demi-format
Format de film35mm
Avancement du filmManuel
Mécanisme d’entraînement du filmMolette de pouce
Format d’image24 mm x 18 mm
Nom de l’objectifOlympus D. Zuiko
Focale28 mm
Ouverture la plus grandef/3.5
Mise au pointFixe
Construction de l’objectif4 éléments dans 3 groupes
ViseurViseur à cadre lumineux
Temps d’exposition1/200 seconde à 1/40 seconde
PosemètrePosemètre au sélénium
Sensibilités de film prises en chargeISO 25 à 400
Modes d’expositionProgramme automatique
Connexion flashHot Shoe, Flash PC
Vitesse de synchronisation du flash1/40 s
Fixation trépiedOui
Filetage pour déclencheur soupleOui
RetardateurNon
Fixation pour sangle d’appareil photoOui
Taille11,3 x 7 x 4,4 cm
Poids280 grammes
Prix moyen d’occasion dans l’année 2025130,27 euro

Des références

https://www.imagingpixel.com/p/pen-ee-3.html, https://www.camerasbymax.co.uk/blogs/featured-cameras/featured-camera-the-olympus-pen-ee-3, https://kosmofoto.com/2023/10/olympus-pen-ee3-review/, https://cameragocamera.com/2023/10/27/olympus-pen-ee3/, https://andysphotoblog.org/2025/11/06/olympus-pen-ee-3/, https://www.lomography.com/magazine/71576-olympus-pen-ee-3-pen-o-tastic-half-frame-camera, https://cameracollector.net/olympus-pen-family/ (pour vous y retrouver dans tous les PEN), en anglais ; https://pelloche.com/olympus-pen-ee3/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2044-Olympus_Pen%20EE-3.html, https://filmphotography.eu/t/fr/olympus-pen-ee-3-5/, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/olympus-pen-ee-3-half-frame-icon-in-2025, https://appareil-photo-laviale.com/marque/olympus/ (une mine de renseignements utiles), en français

Argentique

L’Olympus Pen EE-2

Si vous vous en souvenez, il y a peu, je vous présentais l’Olympus Pen-EE, un chouette petit boitier avec la particularité de faire des demis-photos.

Soit, si vous avez mis un film de 36 vues, vous en ferez 72, 48 si c’est un film de 24 poses qui est dans la chambre.

Et ça me fait penser au commentaire d’Olivier qui disait, en substance, qu’à l’époque, les fabricants trouvaient ça peu intéressant car ils voyaient leurs ventes divisées par eux. Car la qualité des images restaient bonnes même en agrandissement. Je lui répondais qu’in fine, avec l’augmentation du prix des films et de la chime, ces appareils allaient avoir une seconde chance.

De fait, les appareils photo demi-format ont commencé à disparaître à partir des années 70 alors que les compacts plein format devenaient plus petits, mais la série PEN a survécu jusque dans les années 1980. C’est déjà un gage de qualité cette longévité contre les modes, qui passent et … repassent.

Comme dans la même brocante j’ai trouvé un second Pen, je vais vous le présenter.

Autant le premier était en parfait état, propre et dans sa boîte, autant celui-ci a dû bénéficier de mes soins attentifs, mais, comme le dit la pub, « il le valait bien » !

Alors c’est bien un Pen mais le PEN-EE-2, soit le successeur de celui que je vous ai proposé.

Pour mémoire, le premier Pen est apparu en 1959. En 1961, un Pen – EE prend la relève. Il sera produit jusqu’en 1967 et sera remplacé, début 1968, par le PEN EE-2.

Si la forme générale reste assez identique, quelques modifications importantes font leur apparition.

Ce qui ne change pas, c’est l’excellent groupe optique, une focale fixe D. Zuiko de 28mm ouvrant à f 3,5, de 4 éléments en 3 groupes. C’est toujours l’équivalent d’un 40mm en 24×36.

Sachez que si vous avez de la chance, vous pourrez trouver des filtres à viser au diamètre particulier de l’Olympus Pen, le 43 et demi.

Les vitesses d’obturation restent à 1/40s et 1/200s et 1/40s avec connexion flash synchro X en mode d’exposition manuel.

Si la plage de vitesses semble banale, en fait elle a été déterminée pour obtenir une profondeur de champ maximale.

Dans une lumière ambiante ensoleillée, la vitesse d’obturation sera réglée sur 1/200s et la plage d’ouverture est régulée de f/22 à environ f/8. Lorsque la lumière est inférieure à celle-ci, l’appareil photo passe à l’exposition de 1/40s et l’ouverture de l’objectif est réglée de f/11 à sa plus grande ouverture. En empêchant l’ouverture d’être trop petite, on évite la diffraction et ses reflets parasites.

Avec lui vous serez net de 1,5m à l’infini et quasi toutes vos photos prises entre 3 et 5 seront nettes.

Reste que si vous arrivez en situation de « drapeau rouge », c.-à-d. lorsque l’obturateur est verrouillé car l’éclairage n’est pas suffisant, comme avec l’ancien modèle, vous pouvez essayer de vous en sortir en réglant l’objectif sur la plus grande ouverture pour le flash, ou en verrouillant l’exposition sur un autre point plus clair, en maintenant le déclencheur enfoncé à mi-course. Puis vous recadrez votre sujet. Ça, vous ne pouviez pas le faire avec son prédécesseur.

Au rayon des nouveautés toujours, la sensibilité monte maintenant de 25 à 400 Asa (contre 200 pour l’ainé).

Autre grande innovation, une griffe flash apparait maintenant sur le capot supérieur.

Et le dos de l’appareil est monté sur charnière, plus pratique que de devoir ôter tout le dos pour recharger. Attention, n’arrachez pas la manivelle de rembobinage pour l’ouvrir, il y a un petit loquet en bas, sur la tranche pour ce faire. Par contre, vous devrez la soulever pour y glisser la nouvelle bobine.

Ce qui ne se voit pas, c’est que les calculs d’expositions et le travail de la cellule ont été revu aussi.

Le viseur était bon, ils l’ont laissé tel quel.

Lorsqu’il est activé, le drapeau contextuel rouge de sous-exposition s’affiche en bas du viseur.

Oui, je sais, le drapeau devrait être rouge, mais le mode d’emploi de l’époque propose cette photo !

Ce nouveau Pen EE-2, produit de 1968 à 1977, est – finalement et à première vue – presque le même que le Pen – EE avec l’ajout d’un sabot.

Cependant, ce que l’on sait moins, c’est qu’il partage le même mécanisme d’exposition automatique que le Trip 35, LA référence de l’époque.

Il reste un petit appareil sympa et facile à utiliser, sans prise de tête.

Le compteur de vue, très clair, ne demande plus rien d’autre que de charger le film, armer une ou deux fois (appareil fermé) jusqu’à ce que le chiffre 1 soit pointé. Vous pouvez commencer à prendre vos photos. Si cela semble plus simple, il y a néanmoins un inconvénient à cette « nouveauté » : en effet, avec l’ancien Pen – EE, vous saviez le nombre de photos restantes; ici, il vous faudra une bonne mémoire car il n’y a pas le moindre mémo pour vous rappeler quel film vous lui avez fait avaler (même pas une plaquette mémo sur le dos) !

En relisant l’article du Pen – EE premier du nom pour préparer celui-ci, je ne suis aperçu que je n’avais pas beaucoup insisté sur le côté ludique de ces appareils.

Par contre, les Lomographistes ont bien compris tout l’intérêt de ses demis-photos, permises grâce à l’excellente construction de l’appareil et à l’avancement du film, qui reste très stable.

Pourquoi ludique ? Mais parce que grâce à sa faculté de « couper en deux » une image, vous pouvez la reconstruire selon votre envie de raconter.

Vous pouvez ainsi « reconstituer » un récit, en positionnant, par exemple, deux points de vue à la suite l’un de l’autre.

Si mes propos vous semblent obscurs, je vous invite à aller voir des exemples de photos prises avec cet appareil LA, ce sera plus clair et vous donnera sans doute l’envie de tester ses étonnantes possibilités.

D’autant que les films modernes sont mieux définis que ceux de l’époque et que le dégradation (granulation) due à l’agrandissement des vues est dès lors moins sensible. Ceci étant, l’excellent objectif du Pen EE-2 sauvera la plupart de vos clichés.

Juste s’habituer au fait que si vous gardez l’appareil en position « normale », votre photo sera au format « portrait » et que vous devrez le tenir verticalement pour être en « paysage ».

Si vous deviez choisir entre les deux, lequel privilégier ?

Difficile de répondre catégoriquement : autant le second a des avantages intéressants (sensibilité, vitesses, griffe flash), ils ne disqualifient pas le premier pour autant, qui garde sa bonne bouille et ses capacités propres. Il sera juste un peu moins « tout » terrain.

Moins couru que le Trip 35, qui n’offre pas les mêmes caractéristiques, ces petits appareils se trouvent encore assez facilement. Souvent en bon état (du costaud je vous disais), il faut quand même vérifier si la cellule n’est pas définitivement HS, ce qui limite son utilisation au 1/40s seul. Les mousses seront souvent à changer, mais c’est le plus facile.

En résumé, pour environ 40€ maximum pour un bel exemplaire, ne le laissez pas passer, vous allez découvrir le monde différemment avec lui.

Ah oui, un dernier conseil : achetez-lui un bouchon d’objectif ou mettez le dans une petite sacoche noire quand nous ne vous en servez pas, la cellule au sélénium vous remercia.

Quelques pubs d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1969. Notez qu’ils se trompent quand ils limitent la sensibilité du EE-2 au 200Asa. Ils sont encore sur « l’ancien » PEN et les vitesses décrites sont toutes erronées !

Videos d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://www.35mmc.com/16/05/2016/olympus-pen-ee-2-review-2/, https://www.imagingpixel.com/p/olympus-pen-ee-2.html, https://www.35mmc.com/02/09/2017/olympus-pen-ee-2-review/, https://pimhens.be/collection-item/olympus-pen-ee-2, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_Pen, https://analogclubamsterdam.nl/camera-review/olympus-pen-ee-2-halfframe-camera-half-the-frame-double-the-fun/, en anglais,