Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation de l’Olympus OM-2N MD – Que penser de cet appareil ? – Vidéo d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule
Une braderie/brocante de fin d’avril, où le ciel hésite entre soleil rare et pluies fréquentes.
C’est dire si nous regardions autant à nos pieds qu’au-dessus de nous car les exposants étaient sur le qui-vive et prêts à jeter leur bâche à la moindre alerte.
Enfin, la majorité. D’autres avaient choisi l’insouciance et un seul petit parapluie pour se mettre (un peu) à l’abri. C’est dire, dès lors, qu’il faut toujours bien regarder ce qu’on achète dans de tels lieux car certains ne protègent rien, même si ce sont des objets électriques ou électroniques. Traquez les traces d’oxydation et de gouttes de pluie, cela vous évitera des soucis.
Et pourtant, il y a parfois des exceptions, car le matériel ancien est souvent très solide : c’est le cas de cet Olympus dont le petit sac où il s’abritait avait pris toute la pluie et épargné partiellement le boitier.
Encore un qu’il va falloir négocier et, une fois rentré à la maison, sécher quand même un peu et bien nettoyer. Comme de plus je ne pouvais pas le tester (pas de pile) et que le levier du retardateur s’était fait la malle, c’était un pari à gagner. En effet, ici pas de vitesse mécanique pour vous sauver la mise.
Mais nous allons découvrir cela ensemble …
Un peu d’histoire
Puisque vous êtes fidèles au site, vous vous souvenez sans doute de l’Olympus OM-1 qu’Olivier nous avait présenté, de celui que j’avais eu entre les mains et de son petit frère, l‘Olympus OM-10.
A l’occasion de ces billets, j’ai déjà survolé la riche histoire de la marque, sur laquelle je vais revenir un moment, à travers un homme.
Le génie d’un homme
Un homme qui a révolutionné la conception des appareils photographiques chez Olympus et, par ricochet, chez les autres :

[…. Un fabricant d’appareils photo qui copie simplement l’idée des autres n’a pas le droit de se qualifier de créateur original en premier lieu.] – Yoshihisa Maitani (1933 – 2009), créateur du Pen, du système photographique OM, et du XA, entre autres.
Encore étudiant en ingénierie mécanique à l’Université Waseda, Yoshihisa Maitani aimait la photographie, qu’il pratiquait avec un antique Leica IIIf équipé d’un Tessar. Son esprit inventif lui avait déjà donné quelques envies de fabriquer des appareils et à 16 ans, il avait déposé 4 brevets pour ceux-ci.
Lorsqu’en 1956, il reçoit deux offres d’emploi, la première chez un constructeur automobile et la seconde pour Olympus. Au risque de froisser son université, il choisit la seconde.
[En ce temps-là, un étudiant qui refusait de travailler pour la première entreprise qui lui offrait un emploi était considéré comme une honte pour son université. J’avais reçu une offre d’emploi d’un constructeur automobile, mais j’ai prétendu que je ne l’avais pas fait et je suis donc allé travailler pour Olympus à la place.] dixit Y. Maitani.
C’est le concepteur des premiers appareils Olympus, Eiichi Sakurai, tombé sur les brevets de Maitani, qui a insisté auprès de sa direction pour que celui-ci rejoigne son équipe de concepteurs.
Olympus lui propose alors un parcours original : dans un premier temps, il ne doit rien concevoir mais faire le tour des différents postes dans l’usine. De fait, tous les 6 mois, il change de secteur, ce qui lui permet de s’imprégner de la philosophie et des méthodes de la marque.
Au bout de deux ans de ce parcours formateur, Monsieur Sakurai lui propose d’essayer de concevoir quelque chose.
Il s’est fixé un objectif hors du commun : concevoir un appareil qui couterait le quart du prix du boitier le moins cher de chez Olympus. Il pouvait se le permettre, ayant obtenu un degré inhabituel de liberté … et un budget conséquent.
Pour Y. Maitani, l’appareil photo doit être le prolongement du photographe, ce qui implique que cet outil doit être léger, peu encombrant et contenir la meilleure technicité possible. Son second crédo est que l’objectif est lui le prolongement de l’œil du photographe et l’âme de la caméra.
Sans doute des réminiscences de son expérience avec le Leica et le Tessar. Il demande alors qu’on lui conçoive une lentille exceptionnelle, capable de rivaliser avec l’optique de Carl Zeiss.
Le résultat sera le D-Zuiko, une optique de grande qualité mais dont la conception lui a couté la quasi totalité de son budget.
Il est donc revenu à sa planche à dessin : il avait une optique de feu, restait à concevoir l’appareil qui irait avec, tenant compte de ce qui lui restait d’argent !
Après avoir développé plusieurs prototypes, il soumet ce qui deviendra l’Olympus Pen à Monsieur Sakurai. Conquis par le concept de cet appareil demi-format avec un objectif éblouissant, ce dernier décide de lancer immédiatement la fabrication.
Mais le directeur de l’usine de production s’est opposé à la mise en œuvre de ce qu’il considérait comme un jouet ! Finalement, Olympus confiera la production à Sanko Shoji, une entreprise tiers.
Lancé en 1959, ce sera un premier succès : en quelques mois, l’usine fabriquait 5000 appareils par mois et n’arrivait pas encore à répondre à toutes les demandes.
Séduite, la direction d’Olympus lui assigna une nouvelle tâche : faire de nouveaux appareils, plus rapidement.
Ainsi, lorsque Olympus voudra lancer le Pen S, le directeur de l’usine qui avait opposé son refus au premier du nom, suppliera qu’on lui en confie l’honneur de le fabriquer.
Y. Maitani dira [ … J’ai senti que j’avais enfin gagné la reconnaissance au sein de l’entreprise, et que j’avais finalement franchi la barrière de la sagesse acceptée. Cela était dû en partie au soutien de mes supérieurs, qui ont pu voir au-delà de la barrière, mais un autre facteur était le soutien des innombrables utilisateurs qui ont acheté la caméra après sa sortie].
Le Pen et ses nombreuses itérations se vendra, in fine, à plus de 17 millions d’exemplaires. Un premier succès pour Maitani.
L’idée qui révolutionne le réflex
En 1963, c’est Y. Maitani qui dirige maintenant la création et le développement chez Olympus. Fort du succès du Pen, un appareil avec un viseur simple, il décide de s’orienter vers un réflex à objectifs interchangeables munis d’une suite d’accessoires pour créer un système capable de rivaliser avec leurs concurrents.
Faisant fi de la croyance qu’un réflex de qualité devait être surmonté d’un prisme, il créera le Pen F, un chef d’œuvre mécanique, plein d’innovations techniques dont je vous parlerai sans doute un jour, le temps de mettre la main sur un bel exemplaire abordable.
Toutefois, il n’eut pas le succès escompté … trop en avance sur son temps peut-être et, surtout, les professionnels (à qui il était destiné) ne voulaient pas d’un appareil demi-cadre.
Ce demi échec relança la machine à inventer de Y. Maitani et il allait en surprendre encore plus d’un.
[Il y a peu de valeur dans la production d’un nouvel appareil photo qui ne se distingue guère de ses concurrents], écrira-t-il quelques années plus tard.
[ Si, cependant, une nouvelle caméra reflex à objectif unique apparaît sur le marché qui offre des fonctionnalités et une performance du système indisponibles dans les caméras précédentes de ce type, son accueil sera assuré puisqu’il apporte une véritable contribution à l’amélioration des normes et à l’établissement de nouvelles valeurs. Si, en plus, c’est le genre d’appareil photo qui inspire une satisfaction croissante au fur et à mesure que le photographe apprendra à mieux le connaître, il gagnera une place permanente dans ses affections en tant qu’outil photographique indispensable. Atteindre une telle distinction était le but du système de l’OM et la raison de sa conception].
Pourtant, ce ne fut pas facile car il fallait convaincre la direction pour un autre appareil révolutionnaire. Il utilisera toute l’année 1967 pour convaincre celle-ci du bien fondé de son nouveau concept.
A l’époque, le Nikon était LA référence, notamment pour les professionnels et le Pentax Spotmatic rendait l’appareil photo de type réflex populaire auprès des amateurs. Bien que Olympus eut sorti un FTL (1971), très classique, avec objectif à monture visante M42, Y. Maitani pressentait que ce type d’appareil n’avait rien d’exceptionnel et ne révolutionnerait rien.
Ses exigences sont simples : fabriquer un réflex mono objectif qui sera 20% moins grand en largeur et en hauteur que n’importe quel concurrent et 50% que le Nikon F, avec un obturateur capable d’effectuer au moins 100.000 cycles.
Pendant 4 ans, ses équipes et lui même vont rogner tous les millimètres superflus, repositionner les fonctions incontournables, telles que le sélecteur de vitesse ; ils vont exploiter le moindre espace sous-utilisé dans le châssis.
Envers et contre tous, il a maintenu les dimensions de son nouveau bébé, même si, en fin de compte, l’appareil fini sera un millimètre plus grand que prévu !
C’est à la Photokina de 1972 que ce nouvel appareil sera dévoilé : l’Olympus M-1 (M pour Maitani, belle reconnaissance de son travail acharné) est un SRL (Single Reflex Lens) avec un viseur extraordinairement grand et clair, des commandes faciles à faire bouger (même avec de gros doigt), une taille et un poids extrêmement réduit mais capable de faire tout ce que les autres appareil professionnels de l’époque faisaient. Même se retrouver en zone de conflit, dans des laboratoires, des salles de presse, des sacs à dos de baroudeurs, les sacs photo des familles, des studios de mode, etc.
Y. Maitani et ses équipes venaient de produire un nouveau chef d’œuvre d’ingénierie mécanique, qui allait changer la vision du réflex pour les années à venir. La course à la miniaturisation était lancée, sans sacrifier les capacités de ces nouveaux boitiers.
Les 25 années qui suivront verront constamment évoluer ce boitier devenu légendaire. De Monsieur et Madame-tout-le-monde aux photographes professionnels, il y aura un modèle OM.
Pour mémoire :
- L’OM-1, celui qui bouscule tout : un réflex pas plus encombrant qu’un télémétrique !
- L’OM-2 introduit le semi-automatisme à ouverture contrôlée électroniquement
- L’OM-3 perfectionne l’OM-1, destiné aux professionnels et reste entièrement mécanique
- l’OM-4 faisait évoluer le semi-automatisme de l’OM-2 et raffine encore la mesure de la lumière
- Les OM-10, OM-20, OM-30 et OM-40 sont des boitiers simples d’emploi, plus abordables et orientés vers les amateurs
- Enfin, les OM-3 et OM-4 en titane, plus légers et plus solides encore, offrent aux professionnels une meilleure protection contre les intempéries.
Aux boitiers s’ajoutaient une série d’objectifs de petites tailles et très performantes, les OM-Zuiko. Elles rejoignaient l’obsession de Y. Maitani pour la qualité des optiques. Celles-ci étaient non seulement plus légères et plus petites que celles de la concurrence, mais offraient un rendement incroyable.
Tiens, petit aparté : pourquoi l’appareil a-t-il changé de nom de modèle ? C’est Leica qui vint jouer les troubles fêtes, arguant que la lettre M leur était réservée. Y. Maitani aura pu faire observer qu’il s’agissait d’un réflex et non d’un télémétrique, ce qui n’entrainait aucune confusion, mais c’était aussi quelqu’un d’affable et conciliant, aussi accepta-t-il que l’on rebaptise l’appareil O (Olympus) M (Maitani)-1.
Mais quelles étaient ces révolutions ?
La liste est longue, outre l’exploitation particulièrement intelligente du moindre espace et le fait de repenser les liaisons mécaniques modifiées par leurs nouvelles implantations.
- Pour atteindre un poids plume, c’est un alliage qui sera utilisé en remplacement du laiton pour le corps de l’appareil
- On utilisera des vis en acier plutôt qu’en laiton pour grappiller quelques milligrammes précieux
- Le mécanisme de l’obturateur et du miroir – amorti par air – a été revu pour qu’il soit plus silencieux et crée moins de vibrations
- Le viseur du pentaprisme est entièrement revu pour gagner de la place. Exit donc le condenseur de lumière traditionnel
- Le miroir reçoit une section semi-translucide au centre pour faciliter la mesure lorsque celui-ci est en position base
- L’obturateur est entièrement mécanique
- Le viseur couvre environ 97% du cadre, lumineux, épuré et vraiment étonnant lorsqu’on le porte à l’œil (grossissement de x0.92)
- Réglage des vitesses autour du support de l’objectif pour garder ceux-ci rapides et instinctifs, sans quitter le sujet des yeux
- Minuteur et verrouillage du miroir intégré dans un seul contrôle pour réduire les vibrations
- Poids réduit à 490gr boitier nu

Comme tous les boitiers bien nés, il va évoluer au fil du temps. Car à l’origine il n’était pas prévu de monter un moteur, sauf à modifier la plaque inférieure. En 1974, Olympus va lancer un OM-1MD (Motor Drive) qui n’a plus besoin de cette modification. Une discrète marque MD est fixée sur la face avant. Ensuite, en 1979, le OM-1N remplaçait le précédent et apportait un peu de revue cosmétique (le levier d’armement), mais surtout une diode pour indiquer que le flash était prêt ou pas, une synchronisation automatique du flash (X-sync) avec les flashs de la série T.
En 1975, c’est l’OM-2 qui pointe son nez.
Celui-ci ouvre de nouvelles perspectives avec des évolutions importantes et inédites :
- L’obturateur devient électronique (plus précis et stable, mais nécessite toujours une pile)
- Les cellules de mesure de la lumière sont déplacées dans la boite du miroir. Elles peuvent ainsi continuer à prendre des mesures jusqu’à ce que l’exposition soit terminée (système TTL – OTF), ce qui permet de tenir compte des changements soudain de luminosité pendant la prise de vue
- La mesure de lumière au flash est aussi plus précise grâce à une section translucide au centre pour faciliter la mesure quand il est en position basse.
Puis ce sera un OM-2N, celui que nous allons examiner, qui sera lui-même suivi d’un OM-3 et d’un OM-4, le summum de la gamme. Ce dernier sera un revirement complet de la politique d’Olympus, qui s’était égaré dans des modèles autofocus comme l’OM-101 et l‘OM-707 … assez catastrophiques il faut en convenir.
Présentation de l’Olympus OM-2N
De l’Olympus OM-1 à l’OM-2
Si l’OM-1 a bien secoué la planète photo, l’OM-2 a accroché une autre étoile dans le ciel des photographes professionnels et/ou amateurs avertis.
Sorti en 1975, ce second opus reprend la compacité de son ainé (78.6 x 83 x 50 mm), semblable au millimètre près à celle du Leica M3, qui n’a portant pas de prisme de prise de vue puisqu’il s’agit d’un appareil télémétrique.
Comparé à ses rivaux du moment, le Nikon F2, le Canon F-1, le Pentax LX, il fait vraiment petit. Pourtant, il apporte lui aussi un système sophistiqué et complet : moteur à 5i/s, optiques de grande qualité à foison, flash dédié et toute une série d’accessoires parfois plus anecdotiques. Là où on pourrait chicaner, c’est que le prisme n’est pas interchangeable mais on peut changer les verres de visée.
Mais outre sa taille, ce qui frappe dans ce boitier, c’est le nombre d’articles disponibles pour répondre à toutes les demandes des photographes, qu’il soit destiné à des scientifiques, des chercheurs, des architectes, des astronomes, ou des photo reporters, des photographes de studio ou des amateurs.
Toutefois, c’est à l’intérieur que tout se passe …
L’Olympus OM-2 dispose d’un système de mesure directe à travers l’objectif (TTL) pour la pellicule (OTF), appelé Auto Dynamic Metering (ADM). A l’époque, c’est une première mondiale car le calcul de la lumière se fait en continu, en mesurant la quantité de lumière réfléchie par le film.
Deux capteurs jumeaux (cellules bleues en silicium) mesurent la lumière réfléchie sur une surface graduée tournée du côté de l’objectif. Pour des vitesses d’obturation inférieures à 1/60 s, l’exposition est calculée à partir de la quantité de lumière réfléchie sur la surface du film pendant l’exposition. L’obturateur est de type tissu à coulée horizontale. En mode automatique, l’appareil est capable d’afficher des expositions allant de 60s à 1/1000s, tout comme en mode manuel, avec là des vitesses de 1s à 1/1000s, plus la pose B.
Plus simplement, au lieu de mesurer la lumière à travers l’objectif avant de prendre une photo, l’OM-2 la mesure sur le rideau de l’obturateur (pour les expositions courtes) ou directement hors de la surface du film (pour les longues expositions) lors de l’exposition réelle elle-même.
Cette manière de faire permet d’obtenir d’excellents résultats même dans des conditions d’éclairage difficile.
Ensuite, l’OM-2 est un hybride mécanique/électronique : il y a deux vitesses mécaniques, le 1/60s et la pose B, les autres vitesses sont électroniques.
C’est donc un semi-automatique à priorité ouverture : vous réglez celle-ci et l’appareil sélectionne automatiquement la vitesse d’obturation, ajustant parfois de manière invisible l’exposition médiane si nécessaire.
Plusieurs photographes célèbres ont utilisé l’OM-2, dont Patrick Lichfield, Kon Sasaki, Don McCullin, Roy Morsch, Jacques Schumacher, Robert Semeniuk et James Sugar (si, comme moi, vous ne les connaissez pas tous, un petit tour sur la Grande Toile pour parfaire notre culture photographique).
Mais comme je l’écrivais plus haut, les appareils bien nés évoluent par petites touches (OM-2, OM-2 MD – avec moteur, OM-2N- MD, OM-2S – OM-2 Spot Program – avec mesure spot entre autre), même si celles-ci sont des révolutions.
De l’Olympus OM-2 au OM-2N
En 1979 apparait donc l’Olympus OM-2N. Il sera fabriqué jusqu’en 1984.




Pas de grands chambardements mais des évolutions en douceur :
- Amélioration de l’OTF pour les faibles luminosités
- La synchro flash devient TTL avec les flashs de la série T
- Le moteur se monte sans modification sur le boitier
- Informations plus précises dans le viseur (introduction de diode, indication de la compensation d’exposition)
- Gamme de mesure du posemètre élargie
- Le viseur est encore plus lumineux

Point de vue purement esthétique, les OM-2, OM-2N et OM-2MD ont existé en livrée bis-colors ou noire, alors que le Spot Programme n’existait qu’en noir.
Revue de détails de l’OLympus OM-2N
Ensuite, vous avez sans nul doute remarqué le minuscule N majuscule gravé sur la face avant et le fait que la fonction de réinitialisation a été déplacée en haut de la caméra via l’interrupteur d’alimentation et le mot Reset est gravé à côté du mot Check sur la plaque supérieure de la caméra.


Commençons en haut, sur le prisme. Première remarque, le sabot du flash est amovible et non fixe comme sur les concurrents, ce qui ajoute à la compacité de l’ensemble. A la place donc, une douille filetée avec deux trous pour les broches de contact. Juste au dessus du viseur, il est écrit shoe 4 pour vous aider dans le vaste choix de sabot ayant existé pour la gamme.

Les contacts du flash modifient les informations dans le viseur : une lumière signale que le flash est prêt à l’emploi et une seconde, rouge, confirme l’exposition correcte du flash après déclenchement. Si vous utilisez un flash de la série T, celui-ci et l’obturateur se synchronisent au réglage X.
Si vous regardez sur la gauche de la monture de l’objectif, vous verrez une prise PC. Autour de celle-ci, un interrupteur vous permet de choisir entre X ou FP. Le X est à choisir pour tous les flashs électroniques, y compris bien sûr ceux de la marque ; le FP est à réserver aux flashs plus anciens, à ampoules.

Si nous continuons le tour du propriétaire, nous ne pouvons rater ce qui fit, aussi, la réputation de la gamme OM et ce que HBC (Henri Cartier Bresson pour les intimes) disait en précisant que l’appareil était une extension de son oeil : le viseur !
Sa taille, sa lisibilité facilite la relation du photographe avec son boitier et c’est surement ce qui explique l’engouement que cette gamme continue d’entretenir auprès des amateurs.
Alors, nous allons y coller notre œil … et regarder les positions du sélecteur.
Au centre, un stigmomètre à coïncidence entouré d’un champ à micro-prismes très fin. Lorsque vous basculez du mode manuel en automatique,

sur la gauche, vous voyez apparaître une échelle avec une aiguille qui bouge en fonction soit de l’ouverture, soit de la vitesse.

Si vous êtes resté en mode manuel, les indications sont plus succinctes mais néanmoins suffisantes et précises :

En mode automatique, c’est plus précis : l’aiguille vous indique la vitesse retenue fonction de l’ouverture que vous avez déterminée (priorité ouverture).

Le plus surprenant sur l’Olympus OM-2N c’est vraiment son système de mesure de la lumière en automatisme ; il analyse la lumière, renvoyée par le premier rideau ou le film (tout dépend de la vitesse d’obturation), grâce à deux photodiodes au Silicium (SBC).
Lorsque le circuit de commande estime que le film a reçu suffisamment de lumière, il libère le second rideau, ce qui du même coup interrompt l’alimentation des SBC. Au 1/60 s, l’estimation de l’exposition se fait sensiblement pour moitié sur le premier rideau et pour moitié sur le film. Cependant, en raison de la disposition fortement pondérée des éléments réfléchissants du premier rideau, on conserve une nette impression de pondération centrale. Cette variation de la pondération peut-elle affecter l’exposition ? Dans la plupart des cas, elle sera sans doute négligeable. Sans doute, néanmoins, y aura-t-il des cas de luminosité où cela ne fonctionnera pas. Les deux photodiodes SBC servent également au contrôle de l’exposition en temps réel avec les flashs Olympus de la série T, dont celui dédié à ce boitier, le T20.
En mode manuel, deux cellules au CdS classiques mesurent la lumière au niveau du dépoli, à pleine ouverture et pondérée.
Un tel système interdit la mémorisation, mais pas la correction volontaire d’exposition qui, lors de sa mise en œuvre est rappelée dans le viseur, bravo ! De plus, il est totalement insensible aux lumières parasites provenant du viseur.
Petite particularité de cet appareil : si vous êtes en OFF vous pourriez croire que tout est éteint. Ce n’est pas tout à fait exact car si vous appuyez sur le déclencheur pour prendre une photo, le mode Auto s’allume automatiquement et momentanément pour vous donner une photo correctement exposée, pour autant que la vitesse soit au minimum de 1/30s. Petite précaution pour les photographes pro qui doivent faire face à une situation inopinée.
Enfin, sur le bouton de sélection il reste check-reset : poussé vers cette position, c’est un contrôle de l’état de la batterie (si elles sont bonnes, une diode rouge s’allume et clignote si elles sont faibles) et il réinitialise le miroir si l’appareil le verrouille en position haute.

Un mot à ce sujet (à vous de l’exploiter en cas d’achat par quelqu’un qui ne connait pas l’appareil … chuuuut, je n’ai rien écris) : le miroir est verrouillé si vous avez enfoncé le déclencheur avec des batteries fatiguées ou si le film est avancé lorsqu’une longue exposition. Le manuel indique que le verrouillage du miroir est une caractéristique de sécurité et non un défaut mécanique.
Bon, continuons la visite …
Sur le capot, près du prisme, un cadran rond qui a deux fonctions. La première, si vous tirez dessus, vous permet de régler la sensibilité du film (Asa/Iso) ; si vous ne le levez pas, vous réglez la compensation d’exposition, par 1/3 d’arrêt. Notez que si vous utilisez la compensation, un petit indicateur +/- glisse dans le viseur, à gauche.

En façade, un petit bouton rond, à côté duquel un R rouge est gravé, indique qu’il permet de déverrouiller l’avance du film pour le rebobinage. La semelle ne porte plus alors que les couvercles pour les piles, pour l’entrainement du moteur et les contacts de celui-ci.

En dessous de ce petit bouton, un large levier actionne le minuteur, modulable de 8 à 12 secondes.
Autour du bloc objectif, un anneau avec deux excroissances faciles à appréhender permet de modifier rapidement la vitesse, et sans regarder ce que l’on fait. L’aiguille du posemètre, dans le viseur, montre immédiatement les conséquences des changements.

Si vous désirez ôter l’objectif, il suffit d’appuyer sur les deux boutons sur le pourtour et de tourner dans le sens anti horaire. Pour le remettre, il faut aligner les deux points rouges et tourner dans le sens horaire.
Un mot d’ailleurs au sujet de la monture OM : tous les objectifs antérieurs ou postérieurs de la gamme sont compatibles avec les boitiers de la gamme, tout comme les autres éléments du système Olympus OM. C’est ce qui a permis à la marque de rivaliser avec d’autres modèles professionnels de son époque, comme le Nikon F2, le Canon F-1, le Minolta XK et aussi le système Pentax K.
Les objectifs Zuiko ont en plus une excellente réputation et couvrent tous les besoins des photographes. Sur l’exemplaire que je vous propose, j’ai d’ailleurs un étonnant zoom 24 -48mm ouvrant à f4 constant (Zuiko OM-System S Auto-zoom, diamètre de 48mm), très compact.
Un mot aussi sur les piles qui vont alimenter le boitier : il s’agit de deux SR ou LR 44 de 1,5v.
La gamme de vitesses du OM-2N est assez spécifique. Elle s’étale de 1s au 1/1000s plus pose B en mode manuel mais passe de 120s à 1/1000s en mode automatique.
Enfin, un dernier mot au sujet du rideau, sur lequel est dessiné un damier très particulier, celui sur lequel la mesure de la lumière se fait. Deux mots à retenir absolument : pas touche !
Ce damier noir et blanc fait partie du système OTF (off the film), que vous apercevez derrière le miroir. Il permet de faire la mesure de la lumière hors du film de manière très précise et en continu, ce qui évite les erreurs dues au changement de lumière pendant la prise de vue. Il permet encore de contrôler la durée de l’éclair du flash en dosant la lumière qui frappe le film lui-même.
Petit résumé
Si je devais résumer cet Olympus OM-2N, je reviendrais sur quatre mots : léger (510gr nu), compact, évolutif et solide.
J’ai déjà largement évoqué les trois premiers mais je reviens sur le quatrième. De nos jours, dans l’imagerie collective, on retient les Nikon comme étant de tous les fronts de guerre (quelques exemples ci-dessous) ou les lieux sensibles, voire chez les peoples.


Mais d’autres ont mouillé leurs chemises avec des Olympus OM


Bref, les Olympus OM ont encore de l’avenir malgré leur plus de 50 ans !




Petite revue de ce qu’en disait la presse spécialisée/ la publicité de l’époque


Que penser de cet appareil ?
Comme je le précisais dans le préambule de cet article, cet exemplaire semblait n’avoir pas trop souffert, hormis le petit cache qui tient le minuteur qui s’est fait la malle !
Bien nettoyé, j’ai refait les mousses du miroir et du dos, remis des pile neuves et collé le bouton du minuteur au gaffer, en attendant mieux.
Il est vrai que c’est un appareil plaisant à manipuler et, je l’avoue, j’ai repris mon OM-D EM-1 à ses côtés : la filiation est étonnante et Olympus avait gardé la philosophie de feu Y. Maitani intacte. Gageons que OM System perdure celle-là.

Il faut un peu s’habituer au réglage de la vitesse, autour du fut d’objectif mais c’est plus une question de pratique.
Pour le reste, c’est un appareil classique qui cache bien son jeu car, extérieurement, rien n’indique sa très bonne maitrise de la lumière. Sa compacité vous encourage à le prendre souvent avec vous en sortie et ses petites astuces vous aideront bien à capter sur le vif. C’est aussi un excellent compagnon en street photography.
Si l’OM-1 a ouvert une brèche quant au design des boitiers réflex, amenant une vraie réflexion sur leur taille et leur ergonomie, l’OM-2N a clairement posé cet appareil comme un incontournable, recherché et bien plus abordable que les opus 3 et 4.
Donc, si vous croisez la route d’un très bel exemplaire, laissez-vous tenter, c’est un appareil que vous en regretterez que lorsque vous devrez le quitter.
Une idée des images captées par ce type d’appareil ICI.
Quelques vidéos d’illustration
Rappel utile :
Petits conseils pour ceux qui utilisent peu YouTube : vous pouvez (presque) toujours traduire les vidéos dans votre langue. Voici comment faire :




Bon visionnement :
Un peu de technique
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.
Comment estimer l’âge de votre OM-2 ou OM-2N
| Plage de nombres en série | Modèle | Années De Production Approximatives |
|---|---|---|
| 100000 – 299999 | Début OM-2 | Catégorie: 1975 à 1977 |
| 300000 – 499999 | OM-2 / OM-2 MD tardif | Catégorie: 1977-1979 |
| 500000+ | OM-2N | 1979-1987 |
Où trouver le numéro de série :
- Le numéro de série est gravé sur la plaque supérieure près du levier de rembobinage.
Données techniques
- Olympus OM-2n introduit en 1979
- Obturateur horizontal en tissu caoutchouté à plan focal, à commande électronique
- Plage de vitesse d’obturateur: 1s-1/1000s plus pose B, synchro flash et vitesse mécanique 1/60s ; prise PC pour les flashs ; minuteur
- Sensibilité de la cellule : 12-1600Asa ; mesure TTL directement sur le rideau (cellules SPD)
- Indications dans le viseur : aiguille avec sur et sous exposition en manuel, indicateur de la vitesse en automatique
- Griffe porte accessoire optionnelle et détachable (référence n° 4)
- Alimentation : 2SR44 ou 2LR44
- Modes d’exposition : priorité ouverture (automatique) ou manuel
- Viseur : 97% du champ, grossissement x.84
- Ecran de visée interchangeable (13 modèles)
- Monture : Olympus OM
- Flash dédié Olympus T20
- Poids 519gr
Des références
https://expert-photo.fr/olympus-om-2n-avis-test-complet/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11635-Olympus_OM-2n.html, https://www.appaphot.be/fr/brands/olympus/olympus-om-2n-md/, https://35mm-compact.com/reflex/olympusom2n.htm, https://parlonsargentique.com/olympus-om-2n-fiche-technique-avis/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Olympus-OM-2N.htm, en français ; https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_OM-2, https://thenoisyshutter.com/2024/05/06/classic-camera-review-olympus-om-2n/, https://zuikography.com/olympus-om-2-family-precision/, https://www.35mmc.com/29/07/2024/olympus-om2n-best-of-both-worlds/, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/olympusom1n2/ (lien désactivé à la demande de l’auteur, pour ne pas bloquer le serveur qui l’héberge), https://amateurphotographer.com/technique/film-photography/classic-film-cameras-olympus-om-2n/, https://zuikography.com/olympus-om-2-family-precision/, https://www.edwardmunn.co.uk/blog/olympus-om2n-review-the-best-value-film-slr-in-2025, https://www.digitalcameraworld.com/features/the-man-behind-the-olympus-om-camera-yoshihisa-maitani, https://zuikography.com/yoshihisa-maitani-the-visionary-behind-olympuss-revolutionary-cameras/, https://casualphotophile.com/2018/01/12/yoshihisa-maitani-the-man-who-made-olympus/, en anglais


Bonjour J-P, quel bel article avec une histoire passionnante qui nous montre que les talentueux ingénieurs japonais n’ont pas forcément eu que des jours heureux. Ainsi, le célèbre PEN de Olympus est avant tout le résultat d’une méthode de travail qui semble presque impossible à reproduire en Europe. Quel entreprise accepterai de laisser un ingénieur « voyager » pendant deux ans dans les ateliers ou les bureaux pour s’imprégner de la philosophie de l’usine. Et pourtant, le résultat est que cet ingénieur a réussi à tenir l’objectif de limitation des couts tout en arrivant à concurrencer LEICA ! Comme j’ai plusieurs OLYMPUS ( OM-1 , OM-2 et OM-10 ) je peux parler de la qualité de ces boitiers. L’OM-1 (ou OM-1n) est un monstre de silence… Les vibrations sont vraiment réduites et la visée est très claire. Par contre, pas de rappel de vitesse ou d’ouverture dans le viseur (dommage). L’OM-2 (Om-2n) est d’une précision dans l’exposition qui est remarquable (quand on sait qu’il recalcule la vitesse quand le miroir est levé en utilisant le rideau comme matériau réfléchissant, on se doute qu’il est difficile de le tromper). On est bien loin du FUJICA AX-5 qui, certes recalcule la vitesse quand on déclenche mais qui ne le fait pas en temps réel (faites un essai en mode TV et AV avec un AX-5 et vous vous rendrez compte qu’il met plus de temps à déclencher en mode priorité vitesse). Enfin, la gamme d’objectif ZUIKO permet de répondre à tous les besoins mais le marché de l’occasion n’est pas aussi important que pour CANON. Toutefois, avec un peu de patience vous arriverez à obtenir des objectifs allant du 24 mm au 300 mm. Bien évidement, restez dans des prix acceptables, un 24 mm f 2.8 n’a pas de raison d’être vendu à 150 euro alors qu’un TAMRON en 24 mm f 2.5 qui est d’une qualité remarquable peut se trouver à 50 euro. Enfin, je prendrais un peu de temps pour te faire un article sur le CANON AT-1 que tu n’as pas encore traité. Bien amicalement. Olivier
Bonjour Olivier, merci de ton commentaire bien utile. En effet, j’apprécie beaucoup tes impressions d’utilisateur et que tu puisses aider les lecteurs en proposant des alternatives intéressantes pour les objectifs dédiés à ce bel appareil, merci. Bien amicalement.
Great article, very informative. My first quality SLR was the OM2n, bought secondhand in 1992 for a visit to the USA. Love the Zuiko 24 mm f2.8. I still have the camera and it works perfectly. Also have an OM1n, OM30, OM40, OM2sp, and an OM4 !
Thank you so much for your comment. And you’re so lucky to have an OM-4! I hear it’s a fantastic camera. Best regards.