Argentique

L’Olympus Pen EE-3, l’autre demi format de légende

Préambule

Voici donc le troisième appareil recueilli lors de la brocante où j’ai emporté les deux Fujica Half et Half 1,9.

Avec celui-ci, je peux presque faire la synthèse de cette mode du demi-format, qui ne s’est pas tout à fait éteinte à la fin des années septante, heureusement pour nous.

Ce Pen EE-3 est un très bel exemplaire, bien propre et fonctionnel, noir comme j’aime ce genre d’appareil. Je ne devrai refaire que les mousses, comme d’habitude, pour assurer une parfaite étanchéité.

Mais partons à sa découverte …

Un peu d’histoire

Lors de la présentation de l‘Olympus OM-2N, j’ai longuement repris l’histoire de cet homme extraordinaire qui est à la source des Olympus Pen, Monsieur Y. Maitani. Je ne vais donc pas y revenir, sauf pour vous conter l’histoire du Pen en particulier.

Celle-ci commence en 1959. A l’époque, acheter un appareil photo était (déjà !) un investissement que tout le monde ne pouvait se permettre. Mais c’était un investissement pour la vie, car on n’envisageait pas de changer de boitier aussi vite que de nos jours. La photographie apportait beaucoup de satisfactions mais elle avait un coût dont on tenait compte.

Nombreux étaient d’ailleurs les photographes un peu plus avertis qui développaient et tiraient leurs photos eux-mêmes, souvent en noir et blanc, parce que plus accessible financièrement (la chimie N/B se dégrade moins vite que celle de la couleur).

Il existait bien les alternatives des appareils de type box, très limités techniquement et encombrants ; quelques folding aussi mais moins pratiques car en film 120.

C’est dans ce contexte qu’Olympus a fait le pari d’un appareil de petite taille, facile à emporter, peu cher à l’achat, techniquement plus évolué et économique à l’usage : Yoshihisa Maita, le designer de l’époque, a alors créé le Pen, premier du nom.

Un appareil réellement de poche, facile à utiliser, abordable et qui va multiplier par deux le nombre de photos utilisables sur un film car c’est un demi-format.

Cet appareil aura un grand succès et donc une descendance qui en reprend les grands principes, en ajoutant des améliorations, comme une cellule au sélénium et un automatisme qui simplifie encore l’utilisation.

Ainsi nait la gamme des EE pour Electric Eye, la cellule en nid d’abeille qui entoure les objectifs Zuiko des descendants.

Le Pen EE ajoute cette cellule en 1961, couplée à un objectif dit rapide ; le Pen EE-2 l’améliore sensiblement et le Pen EE – 3 encore un peu. Voici d’ailleurs un petit tableau qui reprend leurs caractéristiques :

ModèleAnnéeCelluleFix FocusGriffeSynchroOptiqueProduction
Pen1959SéléniumOuif3,527.000
Pen EE1961SéléniumOuif1,7584.000
Pen EE-21968SéléniumNonOuif2,81.143.000
Pen EE-31973SéléniumNonOuiOuif3,51.731.000

Leurs qualités principales sont donc :

  • la compacité
  • la facilité d’utilisation
  • le demi format
  • l’objectif Zuiko D
  • la cellule au sélénium (donc pas de piles)

Le Pen EE-3 qui nous occupe aujourd’hui fait une certaine synthèse de la famille Pen EE car il propose une cellule au sélénium qui autorise le fonctionnement automatique, et de passer en manuel si besoin ; un mode flash qui fige l’ouverture à f3,5 et la vitesse de synchro à 1/40s, notamment grâce à une griffe dite chaude, c’est-à-dire avec un contact de synchronisation au centre ; un objectif Zuiko D de 28mm ouvrant à f3,5.

Tout comme le box de Kodak en son temps, le Pen va démocratiser la photographie et permettre à tout un chacun de remplir ses albums de souvenirs de vacances, sans se compliquer la vie, techniquement.

Présentation de l’Olympus EE-3

Si l’on rejoue au jeu des 7 erreurs avec un Pen EE-2 et un Pen EE-3, on remarquera vite quelques différences marquantes :

  • alors que sur le Pen EE-2 la bague autour de l’objectif ne compte que deux échelles, il y en a trois sur le EE-3
  • sur le Pen EE-2, l’échelle graduée en Asa autorise l’automatisme et l’autre donne les ouvertures pour un fonctionnement manuel du flash
  • sur le Pen EE-3, seule la troisième échelle est tout à fait différente. Notée for flash GN 14, elle vous évite de calculer l’ouverture en fonction de la distance puisque elle vous donne la juste ouverture pour un flash GN 14 (GN = nombre guide)
  • l’ouverture du dos se simplifie puisqu’il n’y a plus qu’un verrou à tirer vers le bas sur l’EE-3
  • le compteur de vue se remet à zéro lorsque l’on ouvre la porte

Le Pen EE-3 aura encore l’insigne honneur d’être construit tout en métal. Il sera en production de 1973 à 1982.

Sinon, pour le reste, le boitier présente toujours le même minimalisme :

  • sur le capot, à droite, le rond du compteur de vue (remarquez qu’il est gradué jusque 72) et devant lui, presque petit, le déclencheur ; au centre, la griffe porte accessoire qui a cette fois un contact central pour la synchronisation ; à gauche, la manivelle de rebobinage
Un appareil photo vintage argenté avec des cadrans pour la vitesse et l'exposition.
  • sur la semelle, le petit bouton pour débrayer le film lors du rebobinage, le filet pour le trépied
Appareil photo vintage vu de dos, avec une sangle en tissu et un design en métal.
  • sur la face avant, le viseur, un peu décalé ; presque sous l’objectif, la prise PC pour les flashs plus anciens
Appareil photo Olympus Pen avec un design compact, couleur argentée et noire.
  • le dos ne montre que le viseur, qui parait bien petit (mais c’est trompeur) et la molette crantée pour faire avancer le film et réarmer l’obturateur
Appareil photo vintage noir et argent vu de l'arrière avec une sangle en cuir.
  • sur la tranche gauche, discret, un petit verrou pour ouvrir le dos
Un appareil photo moderne avec une texture en acier inoxydable, vue de côté.
  • revenons sur la face pour découvrir l’objectif et la cellule en nid d’abeille.
Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo vintage avec des réglages d'exposition. La marque 'Olympus-Pen' est visible sur le corps de l'appareil.

Commençons par le début : le EE-3 est équipé d’une fonction d’exposition entièrement automatique et l’EE signifie Electronic Eye. Il mesure la lumière disponible avec sa cellule au sélénium autour de l’objectif et choisit entre deux vitesses d’obturation: 1/200s et 1/40s. L’ouverture est fixée via la cote ISO/ASA du film. Pour la photographie flash, l’ouverture peut être réglée manuellement.

Comme les autres Pen, c’est un demi cadre, ce qui se voit immédiatement à la forme du viseur, placé verticalement. Lorsque vous ouvrez la chambre du EE-3, vous découvrez une espèce de plaque soudée et qui occupe la moitié du cadre 24x36mm. C’est un montage différent que celui du Fujica Half 1,9 que j’ai déjà déposé sur le site.

Vue intérieure d'un boîtier de caméra, montrant le compartiment du film et d'autres composants internes.

C’est un fix focus, donc pas de réglage de distances. Vous visez, vous déclenchez.

Un appareil photo vintage Olympus EE-3 vu de face, avec un objectif et des commandes visibles.

Je reviens sur ces différents éléments, dont le principal est l’objectif Zuiko D de 28mm ouvrant à f3,5, constitué de 4 éléments répartis en 3 groupes. La plage d’ouverture court de f3,5 à f22. Si vous avez lu l’histoire consacrée à l’Olympus OM-2N, vous savez que cet objectif est une pièce de grande précision, qui a couté une fortune mais qui est capable de rivaliser avec un Tessar. Cet objectif est tellement bon qu’il équipera le premier Pen (1959), les Trip 35 (1967) ensuite et jusqu’au Miju (1991).

Le diamètre des filtres, si vous désirez en utiliser, est de 43.5mm (les anciens filtres de 22.5mm ne peuvent pas être montés ici).

Autour de cette belle pièce, la cellule au sélénium, qu’il faut préserver au maximum en utilisant un bouchon d’objectif car elle peut s’épuiser et rendre l’appareil inutilisable (drapeau rouge bloqué, j’y reviendrai).

Les réglages sont autour de cet objectif : la sélection de la sensibilité Asa, de 50 à 400. Selon la sensibilité choisie, en automatique, la vitesse de l’obturateur se règle sur 1/200s, l’ouverture se régulant de f11 et f22 lorsqu’il y a beaucoup de lumière ; au plus lent, dans de mauvaises conditions de lumière, la vitesse sera de 1/40s avec un objectif ouvrant entre f3,5 et f8. L’appareil n’a donc toujours que deux vitesses, le 1/40s et le 1/200s.

Gros plan sur un appareil photo vintage avec un objectif et une molette d'ouverture.

Si vous passez en manuel, en réglant l’ouverture entre f3,5 et f22, la vitesse sera de 1/40s. Si jamais la vitesse devait chuter sous le 1/40s , il faudra utiliser le système Flashmatic, introduit sur le EE-3 avec les flashs Olympus de nombre guide 14. Ce système Flashmatic permet de définir une valeur d’ouverture correcte en faisant correspondre manuellement le réglage de l’anneau d’ouverture à l’une des distances estimées (1-4m) gravées sur le fut.

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur à mi course, la cellule mesure la lumière. Si celle-ci est suffisante, la photo est captée en appuyant à fond ; s’il n’y en a pas assez, une espèce de drapeau rouge se lève et bloque le déclencheur. Pour détourner (un peu) le système, vous pouvez viser une zone plus claire, en maintenant le déclencheur à mi course, puis revenir à votre cadrage et appuyer à fond.

Petit aparté au sujet de ce drapeau rouge : c’est une fonction que l’on retrouve sur les Olympus Pen et les Trip. De fait, elle vous empêche de prendre une photo sous exposée et donc gâchée. C’est un système malin (voyez dans la vidéo du démontage complet comment cela est construit, c’est brillant) que l’on peut contourner si besoin.

Rappelez-vous, le Pen EE-3 possède deux vitesses fixes, le 1/200s et le 1/40s. La première ne sera utilisée que si vous êtes en automatique alors que la seconde est celle de la synchronisation du flash. Donc, si vous stabilisez fermement l’appareil, vous pouvez contourner la limitation en choisissant l’ouverture (entre f3,5 et f22), auquel cas vous passez en mode manuel et l’appareil fera tout au 1/40s.

Si vous passez au flash, regardez les réglages pour utiliser un flash, qui doit être de de nombre guide 14 (c’est la puissance). Ces réglages tiennent compte de la distance, qui doit se situer entre 1,5m à 4m. Notez, comme je l’ai déjà signalé, que le système Flashmatic vous dispense de faire des calculs de mesure, il le fait lui-même pour doser correctement l’éclair.

Affichage du calculateur Prinz Jupiter 277C avec un tableau de conversions en pieds et mètres.
Exemple d’une grille d’aide sur un flash électronique de l’époque. Vous y voyez la corrélation entre la sensibilité, la distance et l’ouverture recommandée.

Un mot aussi sur le viseur. Extérieurement, et surtout vu du dos, il semble minuscule. Il est juste confortable, avec ses lignes de cadre lumineuses, et rappel de la parallaxe. N’oubliez pas que la tenue normale de l’appareil induit une photo au format portrait et qu’il faut mettre le boitier à l’horizontale pour retrouver une image en paysage. Attention si vous comptez créer des diptyques, des histoires.

Voilà, voilà … j’ai fait le tour de ce sympathique petit appareil (113x70x44mm), léger (280gr nu) que l’on glisse dans toutes les poches et petits sacs. Il sera très à son aise en photographie de rue, avec un peu d’habitude.

Catalogue de caméras compactes Olympus et Ricoh, incluant des descriptions et des spécifications techniques, datant de janvier 1979.
Petit tour d’horizon des Olympus en 1979 – 1980 (Phokina) et de quelques concurrents.

Encore un détail, peut-être, au sujet de la date de construction de votre appareil : elle se trouve généralement sous la plaque de pression. Je vais reprendre l’exemple cité dans un site de référence : K98. Le « K » est le code de l’usine de production. Le 9 est l’année. Ce modèle a été fabriqué de ’73 à ’83 donc c’est 1979, et le 8 est le mois – août.

Si vous cherchez un peu d’inspiration pour vos premiers essais, regardez sur ce site ICI (en anglais).

Que penser de cet appareil ?

Si ce Pen s’est vendu si longtemps et s’il suscite encore de nos jours autant d’engouement, c’est parce que c’est un appareil bien né.

Il répond à ce que demande un photographe amateur, qui veut se faire plaisir sans se ruiner (prix d’achat, cette fois en occasion, et pellicule) et qu’il emporte facilement avec lui, tout le temps.

Il est vrai que d’autres appareils, y compris dans la même marque – je pense ici au Miju ou à l’AX – ont été encore plus loin, surtout au niveau technologique (cellule couplée, zoom, etc.), aucun de ceux-là ne peut se targuer de la solidité et de la longévité des Pen. Ce que de nombreux photographes ont parfaitement compris.

Comme vous avez pu le voir dans un des tableaux cités dans l’article, ces boitiers ne sont pas rares, ils ont été produit en million d’exemplaires et tous n’ont pas finis à la déchetterie. Toutefois, je vois parfois des prix hallucinants à leur sujet.

Pour ma part, un bel exemplaire, tout à fait fonctionnel, avec les mousses refaites et un bouchon d’objectif (important), je considère qu’il ne doit pas dépasser les 80€.

Et si jamais il tombe en panne, dans les vidéos ci-dessous, vous verrez comment le démonter et le réparer.

Ah, encore quelques petites choses … si vous trouvez que le noir ou le gris lui va bien, ne changez rien, mais sachez que chez Ashahi Aki vous trouverez des covering de toutes les couleurs et parfaitement coupés à des prix très attractifs. Pourquoi photographier triste si vos cuirettes se font la malle ?

Il me reste à vous souhaiter de trouvez le Pen de vos rêves et de l’emmenez partout avec vous pour raconter vos histoires … différemment.

Vidéos d’illustration

Et au cas où vous tomberiez sur une épave

Un peu de technique

AttributSpécification
Type d’appareil photoAppareil photo demi-format
Format de film35mm
Avancement du filmManuel
Mécanisme d’entraînement du filmMolette de pouce
Format d’image24 mm x 18 mm
Nom de l’objectifOlympus D. Zuiko
Focale28 mm
Ouverture la plus grandef/3.5
Mise au pointFixe
Construction de l’objectif4 éléments dans 3 groupes
ViseurViseur à cadre lumineux
Temps d’exposition1/200 seconde à 1/40 seconde
PosemètrePosemètre au sélénium
Sensibilités de film prises en chargeISO 25 à 400
Modes d’expositionProgramme automatique
Connexion flashHot Shoe, Flash PC
Vitesse de synchronisation du flash1/40 s
Fixation trépiedOui
Filetage pour déclencheur soupleOui
RetardateurNon
Fixation pour sangle d’appareil photoOui
Taille11,3 x 7 x 4,4 cm
Poids280 grammes
Prix moyen d’occasion dans l’année 2025130,27 euro

Des références

https://www.imagingpixel.com/p/pen-ee-3.html, https://www.camerasbymax.co.uk/blogs/featured-cameras/featured-camera-the-olympus-pen-ee-3, https://kosmofoto.com/2023/10/olympus-pen-ee3-review/, https://cameragocamera.com/2023/10/27/olympus-pen-ee3/, https://andysphotoblog.org/2025/11/06/olympus-pen-ee-3/, https://www.lomography.com/magazine/71576-olympus-pen-ee-3-pen-o-tastic-half-frame-camera, https://cameracollector.net/olympus-pen-family/ (pour vous y retrouver dans tous les PEN), en anglais ; https://pelloche.com/olympus-pen-ee3/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2044-Olympus_Pen%20EE-3.html, https://filmphotography.eu/t/fr/olympus-pen-ee-3-5/, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/olympus-pen-ee-3-half-frame-icon-in-2025, https://appareil-photo-laviale.com/marque/olympus/ (une mine de renseignements utiles), en français

Argentique

Le Yashica 107 Multi Program, le premier samuraï ?

Préambule

Aïe, celui-ci je ne me souviens plus où je l’ai acheté. Simplement que je l’avais pris parce qu’il était tout beau avec son imposant zoom et sa sacoche pratique.

J’avais juste vérifié que le compartiment piles était propre, pour me rassurer, car je ne connaissais pas ce modèle : un Yashica 107 Multi Program.

Vous non plus vous ne le connaissez pas ? Commençons alors la visite.

Un peu d’histoire

Ce sera aussi assez court car je vous ai déjà écris pas mal sur cette marque, notamment lorsque j’évoquais les classiques Yashica Minister, les tout aussi célèbres Electro 35 et quelques uns des plus abordables 6×6, les Yashica C, D, Mat, Mat LM et suivant, sans oublier les fameux reflex Yashica conçus en collaboration avec Carl Zeiss et qui sont souvent la base des Contax 139 et consorts, fabriqués par Kyocera.

Fondée en 1949, elle sera rachetée en 1983 par Kyocera, qui vendra encore des appareils sous le nom Yashica jusqu’en 2005, date de la cessation d’activités. La marque sera cédée une première fois en 2008 à JNC Datum Tech International, filiale de MF Jebsen Group. Finalement, en mars 2015, les droits liés à la marque ont été transférés à Yashica International Company Limited, et la société 100 Entreprises International Group Co. Limited a été désigné comme représentant Yashica exclusif au niveau mondial.

Je vous invite à fouiller un peu le site, notamment via la recherche rapide des menus et vous découvrirez les pans de l’histoire riche de cette marque finalement assez discrète et elle aussi disparue trop tôt.

Et ce ne sont pas les tentatives maladroites des repreneurs du nom qui vont ranimer les meilleurs souvenirs de ces appareils qui ont eu leurs heures de gloire des années cinquante à quatre-vingt.

Histoire des réflex Yashica

Partons plutôt des bons réflex que la marque a produits pour présenter celui-ci, que vous trouverez parfois sous d’autres noms : Yashica 107 MP, Yashica TR7000 MP, ou encore Daewoo 107 Multi Program, et Revue AC7 de Foto-Quelle, et enfin, plus incongru, l’Oeil dentaire (Dental Eye), j’y reviendrai.

En 1973, Yashica entame donc une collaboration avec Car Zeiss pour créer les réflex Contax 139 et suivant. Les deux marques vont alors partager la même baïonnette et les mêmes optiques de haute qualité.

Cette baïonnette ou monture appelée Y/C, restera en fonction jusqu’au terme des activités de la marque et on la retrouve donc ici dans ce modèle, sorti en 1988.

Le 107 MP est le cadet d’une fratrie qui compte aussi un 108 MP et un 109 MP. Chaque numéro étant doté de spécificités plus affinées.

Mais revenons un instant sur des dates clés de la marque :

  • le premier réflex Yashica est le Pentamatic (1958), qui aura peu de succès à cause d’une baïonnette propriétaire et d’un parc optique trop restreint ;
  • le second opus sera le Yashica TL-Super (1966), qui sera décliné en TL Super et Electro X. Mine de rien, il introduit deux nouveautés : les piles à l’oxyde d’argent et non plus au mercure et ensuite la mesure TTL via deux cellules au CdS. Autre bon point, il abandonne la baïonnette de son prédécesseur pour utiliser la monture vissante M42, qui offre un vaste parc optique aux photographes. Dans la famille, en 1972, il y aura le Yashica TL-Electro, un réflex à posemètre intégré électronique et obturateur Copal contrôlé électroniquement
  • Le troisième jalon des réflex est celui concocté avec Carl Zeiss pour produire les Yashica FR et le Contax RTS dont l’obturateur est contrôlé électroniquement. Introduction de la monture Y/C pour Yashica/Contax et une gamme d’optiques de haute qualité.
  • la quatrième date clé sera 1979 avec l’introduction du FX-3, un réflex destiné aux amateurs mais pourvu de la monture Y/C qui leur ouvrait de larges perspectives
  • et enfin, en 1983, toujours en collaboration avec Contax, naissance du FX-103, le premier réflex de la marque à proposer des modes programmes et le flash TTL. Il garde toujours la monture Y/C.

Une petite idée des appareils Yashica de l’époque :

Catalogue Yashica de 1969 présentant divers modèles d'appareils photo, y compris le Yashica TL Super et le MINISTER III, avec descriptions et prix.

Les nouveaux réflex Yashica

En 1988, afin de répondre à la demande d’appareils à exposition automatiques programmée et motorisés grand public, Yashica/Kyocera met sur le marché un appareil Multi Program, le 107MP. Il sera suivi par les modèles 108MP et 109MP.

Une caméra Yashica 107 Multi Program avec un objectif visible, en gros plan.

Cet appareil rompt avec le design des autres réflex de la marque car il introduit le polycarbonate à la place du métal (il devient léger), son ergonomie est revue et plus intuitive (forme arrondie, poignée plus prononcée pour faciliter la prise en main, meilleur positionnement des commandes), son viseur est très clair

Comme je l’écrivais plus haut, il va exister trois modèles de ce nouveau boitier :

  • le Yashica 107 Multi Program (MP pour les intimes) – 1988. Il existera aussi sous les noms de Revue AC7, TR-7000 et DAEWOO 107MP
  • le Yashica 108 MP (ou Revue AC-8 – FX80 – Yodobashi Camera) – 1989
  • le Yashica 109 MP – 1995
  • le Yashica 109 MP De Luxe (1995) de couleur champagne

Un petit résumé sympa des 3 boitiers :

Tableau comparatif des modèles Yashica 107, 108 et 109, avec des informations sur le mode de conduite, les programmes d'exposition, et les spécifications de batterie.

Nous entrons dans la pré-modernité avec cet appareil, celle des moteurs intégrés qui dispensent de réarmer et donnent une cadence à la rafale, mais pas encore d’autofocus.

Découverte du Dental Eye

Nous allons découvrir cela ci-dessous, mais avant j’aimerais faire un aparté sur un appareil tout à fait spécial : l’Oeil du Dentiste ou Dental Eye en anglais.

Chaque marque développe, à côté des appareils grands publics ou professionnels de la photographie, une série d’appareils plus spécifiques et répondant à des besoins bien particuliers. Je vous ai par exemple proposé un Polaroid étonnant à ce sujet.

Ici il s’agit d’un appareil destiné aux dentistes.

Il sera d’abord basé sur un Electro 35 et appelé Oral-Eye, cet appareil était distribué par une entreprise spécialisée dans les équipements dentaires, Tokyo Shizaisha.

Appareil photo dentaire Yashica avec accessoires, incluant un étui noir marqué 'ORAL-EYE'.

Puis cet appareil sera construit sur base de réflex Yashica, le FX-3. La conception de cet appareil est optimisée pour des applications médicales et scientifiques. Il est équipé d’un objectif macro fixe et un flash annulaire était fixé d’origine à l’avant.

Aucun de ces Dental Eyes ne peut focaliser à l’infini, ils ne fonctionnent qu’en zone de mise au point (très) rapprochée, jusqu’à un grossissement de 1:10. L’ouverture est mécaniquement liée à la distance de mise au point.

Le premier Yashica Dental Eye, sur Yashica FX-3 (1983), avait un objectif de 55mm ouvrant à f4 avec un grossissement de 1:10. Ensuite, le Dental Eye II sera construit sur un Yashica 107 avec avance motorisée et équipé d’un objectif de 100mm ouvrant à f4. Le grossissement passe alors à 1:15. Pus il y aura un Dental Eye III, produit de 1997 à 2006, toujours basé sur un 107. Il sera très épuré et ses fonctions réduites à l’essentiel, ce qui autorisera une refonte du boitier, plus petit et maniable.

Ces appareils sont assez limités dans leur utilisation et particulier à trouver (sauf si vous connaissez de vieux dentistes). Toutefois, chez Lomography, quelques uns ont trouvé des utilisations dérivées. Voyez ICI ce que cela donne.

Présentation du Yashica 107 Multi Program

Comme je le signalais au chapitre précédant, le Yashica 107 MP, sorti en 1988, rompt avec la forme classique des réflex antérieurs. L’utilisation du polycarbonate autorise des formes plus anatomiques et ergonomique, voire une certaine beauté (quoique celle-ci soit toujours relative à chacun).

Lorsque l’on pense aux derniers réflex d’avant le numérique, celui-ci parait comme anachronique : il est motorisé et perd donc le levier d’avance et d’armement mais son objectif est encore à réglages manuels (l’autofocus, c’est pour bientôt) et il y a encore une molette pour rebobiner le film à son terme, avec l’habituel bouton de débrayage sur la semelle.

Ceci dit, il est agréable à prendre en main, même avec un gros zoom comme celui qui équipe cet exemplaire, un 28 – 200 ouvrant de f3,5 à 5,6. Et puisque j’évoque les optiques, sachez qu’elles sont à monture Y/C, ce qui permet de monter sur cet appareil des Carl Zeiss très qualitatifs et des Yashica très performant.

Appareil photo numérique noir avec un objectif zoom, vu de dessus.

Puisque ce Yashica 107 est Multi Program, voyons donc ceux-ci. Ils sont cinq : un programme auto (Program), programme Haute Vitesse (HP), programme à basse vitesse (LP), exposition manuelle, exposition flash manuel (synchro X à 1/90s avec les flashs non dédiés).

Le déclencheur est électronique.

Boutons et molette d'un appareil photo noir sur fond blanc.

Lorsque toutes les photos sont prises, l’appareil s’arrête. Pour rembobiner, il faut enfoncer le bouton sur la semelle et utiliser la molette pour rebobiner le film manuellement.

Diagramme d'un appareil photo avec des annotations des différentes parties, incluant des boutons et des fonctionnalités.
Schéma d'une caméra avec annotations des différentes parties et fonctions, y compris le œilleton, le verrou du dos, la prise de déclenchement, et le couvercle du compartiment de la batterie.

Mettre un film est simplifié par la motorisation : il suffit de placer la cartouche dans la chambre, de tirer l’amorce jusqu’à un trait orange, refermer le dos de l’appareil et appuyer sur le déclencheur. La motorisation tire le film et l’enroule jusqu’à la première image. Lecture du code DX des films pour régler la sensibilité de la cellule, de 50 à 3200Asa.

Vue intérieure d'un appareil photo reflex, montrant le compartiment du film et les connexions électriques.

Le compteur de vue, situé sur le capot, près du bouton de réglage, se met sur la position S. Vous pouvez y aller, tout est prêt. Notons que le compteur de vue se remet à zéro dès l’ouverture de la porte.

La mise au point est manuelle, aidée par un stigmomètre à coïncidence, entouré de micro prisme fin.

Le viseur propose un grossissement de 0,82 dans un champ de vision de 92%. Dans ce viseur, des diodes signale qu’il faut ajouter un flash (risque de sous exposition), que l’on est en mode P (programme) ou M (manuel). Lorsque la diode clignote si la vitesse descend sous les 1/30s, elle reste fixe lorsque le flash est complètement chargé

L’appareil effectue ses mesures en prépondérance centrale à travers l’objectif (TTL).

Comme il est destiné aux amateurs, tout est pensé pour simplifier la vie mais obtenir de bonnes photos :

  • en mode P (AE) : le boitier choisit un couple vitesse/ouverture afin que l’image soit bien exposée.
  • en mode HP (program vitesse élevée) : l’appareil choisit une vitesse plus élevée au détriment de l’ouverture.
  • en mode LP (program vitesse basse) : l’appareil choisit une ouverture plus élevée au détriment de la vitesse
  • en exposition manuelle : on choisit le couple vitesse/diaphragme de son choix.

Vous n’aurez donc pas trop d’informations dans le viseur mais encore une fois, le Yashica 10 MP était prévu pour des amateurs, ceux qui désirent que l’appareil s’occupe des réglages et offre de bonnes photos à la fin.

Ceci étant dit, la marque s’est souvent illustrée pour la gestion des images délivrées par ses appareils, faisons lui donc confiance. Toutefois, pour les modes programmes HP et LP, il pourrait être nécessaire de modifier l’exposition. Le correcteur d’exposition, de +/- 1,5 est accessible via un petit bouton placé à côté (gauche) de l’objectif. Toujours utile en cas de grand contraste dans l’exposition.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo, mettant en évidence la molette de réglage du mode macro et une inscription indiquant '28'.

Comme tout appareil de cette génération, il s’inscrit dans une foule d’accessoires, ce qui le rend très polyvalent.

Schéma des accessoires du système Yashica 107 Multi Program, incluant un appareil photo, des objectifs, un déclencheur à distance, et des accessoires variés.

Il possède aussi un minuteur, placé juste à côté du déclencheur, mais vous faudra courir vite car il ne vous offre que 10s. Une diode rouge clignote lentement et plus vite lors des deux dernières secondes.

Un gros plan sur le dessus d'un appareil photo Yashica, montrant le bouton de prise de vue et la lentille.

Le dos est interchangeable et vous pouviez y placer une unité avec dateur. Pour ouvrir le dos, il faut appuyer sur un minuscule bouton et baisser le petit verrou (impossible d’ouvrir l’appareil par inadvertance). C’est une précaution que l’on trouve surtout sur des appareils plus professionnels d’habitude.

Tiens, au sujet des piles, le boitier réclame 4 AAA très courantes pour alimenter le moteur d’entrainement, la cellule et l’obturateur. Sans elles, pas de photos !

Pour ôter l’optique, il suffit d’appuyer sur le petit bouton à côté de l’objectif, à droite, et de tourner dans le sens anti-horaire. Pour le remettre, il faut faire coïncider les deux points rouges et tourner dans le sens horaire jusqu’au clic discret qui vous assure que l’objectif est bien fixé.

Le boitier propose des vitesses de 16s à 1/2000s plus pose B et une synchro flash au 1/90s, en mode automatique, et de 1s à 1/2000s en mode manuel.

Des flashs lui étaient dédiés, parfois aussi sous le nom de Revue. Il s’agit des flash Électronique CS-15, flash CS-140 et CS-220 Auto Flash.

A l’époque, le Yashica 107 MP est en concurrence avec le Canon T50, le Nikon F301, le Pentax P30, le Minolta X300-MPS, par exemple. Du beau monde, difficile à départager, qu’en pensez-vous ?

Que penser de cet appareil ?

Je vous avoue que je l’aime bien, mieux qu’un Canon de la série T notamment et à égalité avec un Pentax P30 ou un Minolta X300.

Ce n’est pas un petit boitier mais on l’a bien en mains et il est vraiment confortable à utiliser. De plus, dans sa configuration ici, avec le 28 – 200mm, il est très polyvalent.

Bref, c’est un chouette appareil qui mérite d’être redécouvert et utilisé. N’oubliez pas que le parc optique qui lui est dédié, les optiques Y/C, sont de grandes qualités et assez faciles à trouver sur la Grande Toile. La combinaison des deux vous offrira beaucoup de plaisir.

Et pour ceux qui débutent, c’est un excellent appareil école car on passe sans complexe des automatismes au manuel et vice-versa.

Son prix d’achat, en très bon état, ne devrait pas dépasser les 50€, avec un 50mm à minima.

Vérifiez bien le compartiment à piles, qui ne doit pas être oxydé pour éviter les soucis, et la mousse du miroir ainsi que celle autour de la fenêtre qui vous permet de voir si un film est inséré dans la chambre. Du classique en fait …

Et vous, vous ne pensez quoi ?

Vidéos d’illustration

Un peu de technique

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI (multilingues).

  • Yashica – Kyocera, introduit en 1988 jusqu’en 1990
  • réflex mono-objectif à baïonnette Y/C
  • obturateur à plan focal vertical métallique, contrôlé électroniquement
  • vitesses en mode auto : 16s à 1/2000s, pose B et synchro flash 1/90s ou plus lente selon le programme
  • vitesses en mode manuel : 1s à 1/2000s, pose B et synchro flash 1/90s
  • minuteur électronique de +/- 10s
  • mesure centrale pondérée, TTL, cellule de photodiode au silicium ; sensibilité de 50 à 3200Asa (si film sans codage, sensibilité automatique de 100Asa)
  • viseur à 92%, grossissement de x82
  • affichage du mode et flash par diode dans le viseur (sur la droite)
  • 5 modes : Program, LP (programme lent), HP(programme rapide), mode manuel
  • alimentation par 4 piles AAA
  • poids : 500gr nu

Des références

https://camera-wiki.org/wiki/Yashica_107_MP,c https://www.365electric.com/cameras/filmcameras/56767.html, https://stason.org/TULARC/recreation/photography/yashica-35mm-slr-camera/3-3-107MP-108MP-109MP.html, https://camera-wiki.org/wiki/Yashica_Dental_Eye, https://www.lomography.com/magazine/19173-yashica-dental-eye-no-longer-for-the-teeth, en anglais ; https://fotobox.over-blog.fr/2024/03/yashica-mp-107-108-109.html, https://528506.com/Appareils/Appareils-photo/Sp%C3%A9cifications-de-la-cam%C3%A9ra-Yashica-TR7000-.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-5175-Foto-Quelle_Revue%20AC8%20Multiprogramm.html, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/yashica-107-multi-program/, https://maniacphotos.com/yashica-107-multi-program-multi-gut/ en allemand

Argentique

Avant le Canon FTb, il y eut le Canon FT QL

Préambule

Ah, celui-ci vient de chez Emmaüs. Selon la personne qui me le présentait, il a appartenu à un monsieur qui en prenait soin et dont c’était le seul appareil. Il était propre, c’est vrai, livré un 50mm f1.8 FL, avec une bague FL vers M39, une seconde M39 vers FL, un tube pour la macrophotographie, un câble souple qui avait bien vécu et une lanière en cuir tressé.

Toutefois, il était complétement bloqué !

Pas moyen ni d’armer ni de déclencher, et le minuteur avait souffert. Heureusement, la pile n’avait pas coulé dans le boitier.

Au vu de l’état, petite négociation pour l’emporter à un prix plus raisonnable que demandé initialement. Et le voilà dans le coffre de la voiture pour un éventuel dépannage car je ne sais pas encore si je vais réussir à le débloquer.

Un peu d’histoire

Il y a un moment déjà que je vous ai présenté le Canon FTb QL. Ce dernier succédait au Canon Ft QL qui nous occupe aujourd’hui en 1971. Et il inaugurait une nouvelle monture, la FD, qui remplaçait l’ancienne FL dédiée elle au FT.

Mais reprenons depuis le début. Canon s’est forgé une excellente réputation, comme d’autres fabricants japonais, avec la production de télémétriques efficaces et moins onéreux que leurs homologues allemands comme le Leica ou le Contax (voir le Canon P).

Au tournant des années cinquante – soixante, c’est le réflex qui s’impose et Nikon lance le plus gros pavé dans la marre, le Nikon F (1959).

Canon n’est pas encore prêt à riposter et il multiplie les tentatives pour répondre à Nikon : du Canononflex (1959) au Canonex (1963), il propose des solutions parfois osées mais peu convaincantes (comme le Canonflex R 2000 – 1960). Puis vient le FX (1964), le premier réflex de la marque qui propose une cellule CdS, des objectifs interchangeables, des vitesses jusqu’au 1/1000s.

Outre la parenthèse Pellix (un miroir fixe semi-transparent plutôt qu’un à retour instantané), c’est le FT QL (1966) qui lance les réflex Canon dans la cours du grand public : objectifs à monture FL interchangeables, vitesses jusqu’au 1/1000s, semi-automatique, minuterie, possibilité de bloquer le miroir et chargement rapide (QL = quick load).

A partir de ce moment, l’histoire est lancée. En 1971 sortent deux appareils qui vont changer les choses : le F1, appareil professionnel qui inaugure la nouvelle monture FD et le FTb destiné aux amateurs et experts. Nous connaissons la suite.

Mais revenons un moment sur ce Canon FT QL, lancé en mars 1966, un an après le Pellix, un peu comme si la marque hésitait entre deux concepts. Et de fait, les retours clients ont marqué la fin du second, notamment à cause de la mauvaise luminosité de la visée et de l’usure rapide du miroir fixe, que les clients astiquaient de trop bon cœur pour qu’il résiste.

C’est donc la technique du miroir mobile, à retour instantané qui restera en lice. A cela, Canon ajoute la mesure de la cellule à travers l’objectif (TTL) et le chargement rapide (QL), la monture à baïonnette FL, la prévisualisation de la profondeur de champ, un minuteur, une cellule au CdS, un testeur de pile et la synchronisation du flash (1/60s).

Nous allons découvrir tout ceci plus en profondeur …

Présentation du Canon FT QL

Comme nous venons de le voir, le Canon FT QL est le premier d’une série qui aboutira au FTb, plus moderne, en 1972. Les trois appareils sont respectivement le FX, équipé d’une cellule placée en façade et donc non TTL ; le FP, qui n’a pas de cellule et est donc l’entrée de gamme de la série ; le FT QL, le haut de gamme.

Concrètement, que nous propose-t-il à cette époque ?

  • tout d’abord la monture FL, qui présente un verrouillage assez semblable à celle qui va lui succéder en 1972, la FD
  • ensuite, et c’est une première pour Canon, la mesure de la lumière à travers l’objectif, dite TTL (Through-The-Lens). Le condensateur de lumière est placé sur une surface réfléchissante qui représente 12% de l’image, incliné à 45°. La lumière passe à travers un miroir semi-transparent et frappe le posemètre. Celui-ci, alimenté par une pile, indique la quantité de lumière reçue dans le viseur via une aiguille qui bouge selon les réglages effectués, le but étant de la stabiliser dans le petit cercle.
  • cette technique, bien que précise par temps clair, montre vite ses limites en faible lumière. Un accessoire était prévu, le Booster Canon. Il permettait d’augmenter la plage de sensibilité des films de 25Asa à un incroyable 12.800Asa. Il était pratiquement possible de photographier en pleine nuit, avec un film de 100Asa, comme en plein jour. Monté sur la griffe porte accessoire, ce Booster amplifiait la lumière entrante. Sans cet accessoire, la sensibilité des films est de 25 à 2000 Asa.
Appareil photo reflex numérique Canon FT QL avec un boîtier et un cordon de connexion, affichant des indications concernant la compensation d'exposition.
  • qui dit cellule au CdS dit pile. Au mercure à l’époque, vous pouvez remplacer la PX625 de 1,35v par une pile moderne PX635A de 1,5v, mais il faudra corriger la sensibilité du film. Ou alors, mieux, utiliser une pile zinc-air destinée aux appareils auditifs, à placer dans un adaptateur, ou une WinCell, plus chère mais qui est la copie conforme de la PX625 d’origine (taille) et qui propose le même voltage
  • le réglage de la sensibilité s’effectue en soulevant la molette sur laquelle les vitesses sont notées. En face des mots Din ou Asa, il y a deux petites fenêtres dans lesquels vous verrez défiler les chiffres des sensibilités des films
  • le viseur est une lentille de Fresnel avec un cercle de micro-prisme au centre, fixe. La mise au point se fait en centrant l’image dans le rectangle gris (12% de l’image). Sur le côté droit, en bas, l’aiguille du posemètre. Il faut régler l’exposition en mode arrêt (stop-down).
Une jeune femme s'accroupit près de l'eau, souriant, avec un bateau à voile en arrière-plan.
  • l’obturateur est en tissu. Il est à plan focal horizontal et offre des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, plus une pose B et la synchro flash au 1/60s. La griffe porte accessoire ne porte pas de contact
  • de synchronisation, il faut donc relier le flash à la prise PC

Comment s’y retrouver dans les commandes de l’appareil ?

Vue d'un appareil photo Canon avec des étiquettes indiquant ses différentes fonctionnalités et réglages.
Vue de dessus d'un appareil photo Canon FT avec étiquettes indiquant les différentes parties, notamment le viseur, le compartiment de la batterie, le rail pour correcteurs dioptriques, et le bouton pour libérer le rebobinage.

Du classique, vous en conviendrez. La nouveauté, à l’époque, est à l’intérieur (mesure TTL).

Un objet a son importance avec ce boitier : c’est le petit levier multi-fonctions qui est à l’aplomb de la marque FT.

Appareil photo Canon FT avec objectif visible et détails du boîtier.

Si vous le poussez vers l’objectif, il agit comme un bouton de prévisualisation de la profondeur de champ, que vous pouvez bloquer en faisant glisser sur L le petit interrupteur à son côté.

Et lorsque vous le poussez dans l’autre sens, il libère la minuterie.

Je vous avoue que j’étais un peu frustré ici car sur mon exemplaire, ce levier était bloqué je le rappelle. Parce qu’on avait forcé les fonctions de ce levier. Je l’avais d’abord neutralisé mais en parcourant le Net, j’ai trouvé comment tout remettre dans le bon ordre et tout fonctionne correctement.

De l’autre côté de l’objectif, l’autre petit levier permet de bloquer le miroir et, en dessous, c’est la prise pour la synchronisation du flash.

Un appareil photo argentique Canon FT avec un objectif visible, sur fond blanc.

Enfin, pour ouvrir le dos de cet appareil, ne vous acharnez pas sur la tirette de rebobinage, il y a un discret verrou par dessous.

Une fois ouvert, vous découvrez le mécanisme, bien pensé de l’aide au chargement (QL = quick load)

Appareil photo argentique ouvert montrant le compartiment à film.

Que penser de cet appareil ?

Selon le code inscrit dans la chambre, à l’emplacement de la bobine de film, (K522) cet appareil daterait du 5ème mois 1970 (voir références).

A son époque, ses concurrents étaient le Pentax Spotmatic SP II, le Nikkormat FTn, le Minolta SR T 101, l’Olympus OM-1 ou le Fujica ST 701 par exemple et pour rester chez nos amis Japonais.

Des appareils simples, où le mécanique l’emporte encore sur l’électronique, balbutiante mais déjà équipé de cellule embarquée et couplée.

Aujourd’hui, je les appelle des appareils-école car c’est avec eux que vous aurez le plus de chance d’apprendre le triangle d’exposition (sensibilité-vitesse-ouverture) ou la règle du Sunny f16 (revoir l’article sur le Fujica ST 701 pour ceux qui ne connaissent pas). Chaque action sur un des éléments influencera le résultat de votre photo.

Tiens, petit aparté à ce sujet : il peut être utile d’emporter avec soit un petit carnet où vous noterez les conditions de prise de vue et le réglages que vous avez choisis. Lorsque votre film sera développé, c’est un mémo utile pour savoir si vos choix étaient les bons, ou s’il faut les corriger.

Il fait son poids mais il est tout en métal, donc solide. En cas d’achat, pensez à vérifier qu’il déclenche à toutes les vitesses, que les mousses sont à faire ou ont été refaites et que le compartiment pile n’est pas oxydé. Idéalement vous devriez avoir sur vous une pile PX625A pour tester la cellule mais dites-vous bien que même si elle est HS, l’appareil fonctionne toujours et donnera d’excellentes photos.

Le levier du retardateur possède 2 utilisations : remonté dans le sens anti-horaire, c’est un retardateur mécanique. Poussé vers l’objectif, il ferme l’objectif et met la cellule sous tension pour une mesure à ouverture réelle. C’est peut-être le reproche qu’on peut lui faire, contrairement au FTb QL qui lui succèdera car lui fait la mesure de la lumière à l’ouverture choisie.

Sinon, c’est un superbe appareil, construit pour durer … longtemps.

Vidéos d’illustration

Un peu de technique

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Réflex SLR 35mm (image 24×36)
  • Monture objectif : Canon FL
  • Obturateur à plan focal horizontal ; vitesses de 1s à 1/1000s et pose B ; synchro flash par prise PC au 1/60s
  • Mesure via une cellule au CdS, à travers l’objectif (TTL)
  • Sensibilité de la cellule : de 25 à 2000Iso, sans Booster
  • Viseur par pentaprisme fixe, lentille de Fresnel avec mise au point sur cercle dépoli
  • Chargement simplifié, technique QL (Quick Load)
  • Pile PX625A avec compensatin ou WinCell
  • Poids avec objectif 50mm: 1095gr (+/-)

Des références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_FT_QL, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1250-Canon_FT%20QL.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Canon-FT-QL.htm, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_canonftql_fr.html, https://mhphot.fr/Notices/Canon_FT_QL/canon_ft_ql.pdf, https://wikimonde.com/article/Canon_FT_QL, en français ; https://vintagecameralab.com/canon-ft-ql/, https://all-my-cameras.com/2022/06/26/the-canon-ft-ql/, https://www.localpointphotography.com/canon-ft-ql-review/,https://www.vintagecamerareviews.com/brands/canon/canon-ft-ql/, https://www.imagingpixel.com/p/canon-ft-ql.html, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/canon/fdresources/ftql/index.htm, http://www.luistriguez.es/fotos/cameras/canonft/index_canonft.htm, https://www.imagingpixel.com/p/canon-ft-ql.html, https://canon.cavey.org/en/canon_date_codes.php, https://blog.jimgrey.net/2013/08/02/canon-ft-ql/ , en anglais

Argentique

Le réflex le plus compact de son époque, l’Olympus OM-2N MD

Préambule

Une braderie/brocante de fin d’avril, où le ciel hésite entre soleil rare et pluies fréquentes.

C’est dire si nous regardions autant à nos pieds qu’au-dessus de nous car les exposants étaient sur le qui-vive et prêts à jeter leur bâche à la moindre alerte.

Enfin, la majorité. D’autres avaient choisi l’insouciance et un seul petit parapluie pour se mettre (un peu) à l’abri. C’est dire, dès lors, qu’il faut toujours bien regarder ce qu’on achète dans de tels lieux car certains ne protègent rien, même si ce sont des objets électriques ou électroniques. Traquez les traces d’oxydation et de gouttes de pluie, cela vous évitera des soucis.

Et pourtant, il y a parfois des exceptions, car le matériel ancien est souvent très solide : c’est le cas de cet Olympus dont le petit sac où il s’abritait avait pris toute la pluie et épargné partiellement le boitier.

Encore un qu’il va falloir négocier et, une fois rentré à la maison, sécher quand même un peu et bien nettoyer. Comme de plus je ne pouvais pas le tester (pas de pile) et que le levier du retardateur s’était fait la malle, c’était un pari à gagner. En effet, ici pas de vitesse mécanique pour vous sauver la mise.

Mais nous allons découvrir cela ensemble …

Un peu d’histoire

Puisque vous êtes fidèles au site, vous vous souvenez sans doute de l’Olympus OM-1 qu’Olivier nous avait présenté, de celui que j’avais eu entre les mains et de son petit frère, l‘Olympus OM-10.

A l’occasion de ces billets, j’ai déjà survolé la riche histoire de la marque, sur laquelle je vais revenir un moment, à travers un homme.

Le génie d’un homme

Un homme qui a révolutionné la conception des appareils photographiques chez Olympus et, par ricochet, chez les autres :

Un homme souriant présente une caméra, entouré de plusieurs appareils photo Olympus sur une table, avec un article de publicité sur les innovations de Maitani en matière de conception de caméra.

[…. Un fabricant d’appareils photo qui copie simplement l’idée des autres n’a pas le droit de se qualifier de créateur original en premier lieu.] – Yoshihisa Maitani (1933 – 2009), créateur du Pen, du système photographique OM, et du XA, entre autres.

Encore étudiant en ingénierie mécanique à l’Université Waseda, Yoshihisa Maitani aimait la photographie, qu’il pratiquait avec un antique Leica IIIf équipé d’un Tessar. Son esprit inventif lui avait déjà donné quelques envies de fabriquer des appareils et à 16 ans, il avait déposé 4 brevets pour ceux-ci.

Lorsqu’en 1956, il reçoit deux offres d’emploi, la première chez un constructeur automobile et la seconde pour Olympus. Au risque de froisser son université, il choisit la seconde.

[En ce temps-là, un étudiant qui refusait de travailler pour la première entreprise qui lui offrait un emploi était considéré comme une honte pour son université. J’avais reçu une offre d’emploi d’un constructeur automobile, mais j’ai prétendu que je ne l’avais pas fait et je suis donc allé travailler pour Olympus à la place.] dixit Y. Maitani.

C’est le concepteur des premiers appareils Olympus, Eiichi Sakurai, tombé sur les brevets de Maitani, qui a insisté auprès de sa direction pour que celui-ci rejoigne son équipe de concepteurs.

Olympus lui propose alors un parcours original : dans un premier temps, il ne doit rien concevoir mais faire le tour des différents postes dans l’usine. De fait, tous les 6 mois, il change de secteur, ce qui lui permet de s’imprégner de la philosophie et des méthodes de la marque.

Au bout de deux ans de ce parcours formateur, Monsieur Sakurai lui propose d’essayer de concevoir quelque chose.

Il s’est fixé un objectif hors du commun : concevoir un appareil qui couterait le quart du prix du boitier le moins cher de chez Olympus. Il pouvait se le permettre, ayant obtenu un degré inhabituel de liberté … et un budget conséquent.

Pour Y. Maitani, l’appareil photo doit être le prolongement du photographe, ce qui implique que cet outil doit être léger, peu encombrant et contenir la meilleure technicité possible. Son second crédo est que l’objectif est lui le prolongement de l’œil du photographe et l’âme de la caméra.

Sans doute des réminiscences de son expérience avec le Leica et le Tessar. Il demande alors qu’on lui conçoive une lentille exceptionnelle, capable de rivaliser avec l’optique de Carl Zeiss.

Le résultat sera le D-Zuiko, une optique de grande qualité mais dont la conception lui a couté la quasi totalité de son budget.

Il est donc revenu à sa planche à dessin : il avait une optique de feu, restait à concevoir l’appareil qui irait avec, tenant compte de ce qui lui restait d’argent !

Après avoir développé plusieurs prototypes, il soumet ce qui deviendra l’Olympus Pen à Monsieur Sakurai. Conquis par le concept de cet appareil demi-format avec un objectif éblouissant, ce dernier décide de lancer immédiatement la fabrication.

Mais le directeur de l’usine de production s’est opposé à la mise en œuvre de ce qu’il considérait comme un jouet ! Finalement, Olympus confiera la production à Sanko Shoji, une entreprise tiers.

Lancé en 1959, ce sera un premier succès : en quelques mois, l’usine fabriquait 5000 appareils par mois et n’arrivait pas encore à répondre à toutes les demandes.

Séduite, la direction d’Olympus lui assigna une nouvelle tâche : faire de nouveaux appareils, plus rapidement.

Ainsi, lorsque Olympus voudra lancer le Pen S, le directeur de l’usine qui avait opposé son refus au premier du nom, suppliera qu’on lui en confie l’honneur de le fabriquer.

Y. Maitani dira [ … J’ai senti que j’avais enfin gagné la reconnaissance au sein de l’entreprise, et que j’avais finalement franchi la barrière de la sagesse acceptée. Cela était dû en partie au soutien de mes supérieurs, qui ont pu voir au-delà de la barrière, mais un autre facteur était le soutien des innombrables utilisateurs qui ont acheté la caméra après sa sortie].

Le Pen et ses nombreuses itérations se vendra, in fine, à plus de 17 millions d’exemplaires. Un premier succès pour Maitani.

L’idée qui révolutionne le réflex

En 1963, c’est Y. Maitani qui dirige maintenant la création et le développement chez Olympus. Fort du succès du Pen, un appareil avec un viseur simple, il décide de s’orienter vers un réflex à objectifs interchangeables munis d’une suite d’accessoires pour créer un système capable de rivaliser avec leurs concurrents.

Faisant fi de la croyance qu’un réflex de qualité devait être surmonté d’un prisme, il créera le Pen F, un chef d’œuvre mécanique, plein d’innovations techniques dont je vous parlerai sans doute un jour, le temps de mettre la main sur un bel exemplaire abordable.

Toutefois, il n’eut pas le succès escompté … trop en avance sur son temps peut-être et, surtout, les professionnels (à qui il était destiné) ne voulaient pas d’un appareil demi-cadre.

Ce demi échec relança la machine à inventer de Y. Maitani et il allait en surprendre encore plus d’un.

[Il y a peu de valeur dans la production d’un nouvel appareil photo qui ne se distingue guère de ses concurrents], écrira-t-il quelques années plus tard.

[ Si, cependant, une nouvelle caméra reflex à objectif unique apparaît sur le marché qui offre des fonctionnalités et une performance du système indisponibles dans les caméras précédentes de ce type, son accueil sera assuré puisqu’il apporte une véritable contribution à l’amélioration des normes et à l’établissement de nouvelles valeurs. Si, en plus, c’est le genre d’appareil photo qui inspire une satisfaction croissante au fur et à mesure que le photographe apprendra à mieux le connaître, il gagnera une place permanente dans ses affections en tant qu’outil photographique indispensable. Atteindre une telle distinction était le but du système de l’OM et la raison de sa conception].

Pourtant, ce ne fut pas facile car il fallait convaincre la direction pour un autre appareil révolutionnaire. Il utilisera toute l’année 1967 pour convaincre celle-ci du bien fondé de son nouveau concept.

A l’époque, le Nikon était LA référence, notamment pour les professionnels et le Pentax Spotmatic rendait l’appareil photo de type réflex populaire auprès des amateurs. Bien que Olympus eut sorti un FTL (1971), très classique, avec objectif à monture visante M42, Y. Maitani pressentait que ce type d’appareil n’avait rien d’exceptionnel et ne révolutionnerait rien.

Ses exigences sont simples : fabriquer un réflex mono objectif qui sera 20% moins grand en largeur et en hauteur que n’importe quel concurrent et 50% que le Nikon F, avec un obturateur capable d’effectuer au moins 100.000 cycles.

Pendant 4 ans, ses équipes et lui même vont rogner tous les millimètres superflus, repositionner les fonctions incontournables, telles que le sélecteur de vitesse ; ils vont exploiter le moindre espace sous-utilisé dans le châssis.

Envers et contre tous, il a maintenu les dimensions de son nouveau bébé, même si, en fin de compte, l’appareil fini sera un millimètre plus grand que prévu !

C’est à la Photokina de 1972 que ce nouvel appareil sera dévoilé : l’Olympus M-1 (M pour Maitani, belle reconnaissance de son travail acharné) est un SRL (Single Reflex Lens) avec un viseur extraordinairement grand et clair, des commandes faciles à faire bouger (même avec de gros doigt), une taille et un poids extrêmement réduit mais capable de faire tout ce que les autres appareil professionnels de l’époque faisaient. Même se retrouver en zone de conflit, dans des laboratoires, des salles de presse, des sacs à dos de baroudeurs, les sacs photo des familles, des studios de mode, etc.

Y. Maitani et ses équipes venaient de produire un nouveau chef d’œuvre d’ingénierie mécanique, qui allait changer la vision du réflex pour les années à venir. La course à la miniaturisation était lancée, sans sacrifier les capacités de ces nouveaux boitiers.

Les 25 années qui suivront verront constamment évoluer ce boitier devenu légendaire. De Monsieur et Madame-tout-le-monde aux photographes professionnels, il y aura un modèle OM.

Pour mémoire :

  • L’OM-1, celui qui bouscule tout : un réflex pas plus encombrant qu’un télémétrique !
  • L’OM-2 introduit le semi-automatisme à ouverture contrôlée électroniquement
  • L’OM-3 perfectionne l’OM-1, destiné aux professionnels et reste entièrement mécanique
  • l’OM-4 faisait évoluer le semi-automatisme de l’OM-2 et raffine encore la mesure de la lumière
  • Les OM-10, OM-20, OM-30 et OM-40 sont des boitiers simples d’emploi, plus abordables et orientés vers les amateurs
  • Enfin, les OM-3 et OM-4 en titane, plus légers et plus solides encore, offrent aux professionnels une meilleure protection contre les intempéries.

Aux boitiers s’ajoutaient une série d’objectifs de petites tailles et très performantes, les OM-Zuiko. Elles rejoignaient l’obsession de Y. Maitani pour la qualité des optiques. Celles-ci étaient non seulement plus légères et plus petites que celles de la concurrence, mais offraient un rendement incroyable.

Tiens, petit aparté : pourquoi l’appareil a-t-il changé de nom de modèle ? C’est Leica qui vint jouer les troubles fêtes, arguant que la lettre M leur était réservée. Y. Maitani aura pu faire observer qu’il s’agissait d’un réflex et non d’un télémétrique, ce qui n’entrainait aucune confusion, mais c’était aussi quelqu’un d’affable et conciliant, aussi accepta-t-il que l’on rebaptise l’appareil O (Olympus) M (Maitani)-1.

Mais quelles étaient ces révolutions ?

La liste est longue, outre l’exploitation particulièrement intelligente du moindre espace et le fait de repenser les liaisons mécaniques modifiées par leurs nouvelles implantations.

  • Pour atteindre un poids plume, c’est un alliage qui sera utilisé en remplacement du laiton pour le corps de l’appareil
  • On utilisera des vis en acier plutôt qu’en laiton pour grappiller quelques milligrammes précieux
  • Le mécanisme de l’obturateur et du miroir – amorti par air – a été revu pour qu’il soit plus silencieux et crée moins de vibrations
  • Le viseur du pentaprisme est entièrement revu pour gagner de la place. Exit donc le condenseur de lumière traditionnel
  • Le miroir reçoit une section semi-translucide au centre pour faciliter la mesure lorsque celui-ci est en position base
  • L’obturateur est entièrement mécanique
  • Le viseur couvre environ 97% du cadre, lumineux, épuré et vraiment étonnant lorsqu’on le porte à l’œil (grossissement de x0.92)
  • Réglage des vitesses autour du support de l’objectif pour garder ceux-ci rapides et instinctifs, sans quitter le sujet des yeux
  • Minuteur et verrouillage du miroir intégré dans un seul contrôle pour réduire les vibrations
  • Poids réduit à 490gr boitier nu
Schéma d'un appareil photo Olympus avec des détails internes exposés.

Comme tous les boitiers bien nés, il va évoluer au fil du temps. Car à l’origine il n’était pas prévu de monter un moteur, sauf à modifier la plaque inférieure. En 1974, Olympus va lancer un OM-1MD (Motor Drive) qui n’a plus besoin de cette modification. Une discrète marque MD est fixée sur la face avant. Ensuite, en 1979, le OM-1N remplaçait le précédent et apportait un peu de revue cosmétique (le levier d’armement), mais surtout une diode pour indiquer que le flash était prêt ou pas, une synchronisation automatique du flash (X-sync) avec les flashs de la série T.

En 1975, c’est l’OM-2 qui pointe son nez.

Celui-ci ouvre de nouvelles perspectives avec des évolutions importantes et inédites :

  • L’obturateur devient électronique (plus précis et stable, mais nécessite toujours une pile)
  • Les cellules de mesure de la lumière sont déplacées dans la boite du miroir. Elles peuvent ainsi continuer à prendre des mesures jusqu’à ce que l’exposition soit terminée (système TTL – OTF), ce qui permet de tenir compte des changements soudain de luminosité pendant la prise de vue
  • La mesure de lumière au flash est aussi plus précise grâce à une section translucide au centre pour faciliter la mesure quand il est en position basse.

Puis ce sera un OM-2N, celui que nous allons examiner, qui sera lui-même suivi d’un OM-3 et d’un OM-4, le summum de la gamme. Ce dernier sera un revirement complet de la politique d’Olympus, qui s’était égaré dans des modèles autofocus comme l’OM-101 et l‘OM-707 … assez catastrophiques il faut en convenir.

Présentation de l’Olympus OM-2N

De l’Olympus OM-1 à l’OM-2

Si l’OM-1 a bien secoué la planète photo, l’OM-2 a accroché une autre étoile dans le ciel des photographes professionnels et/ou amateurs avertis.

Sorti en 1975, ce second opus reprend la compacité de son ainé (78.6 x 83 x 50 mm), semblable au millimètre près à celle du Leica M3, qui n’a portant pas de prisme de prise de vue puisqu’il s’agit d’un appareil télémétrique.

Comparé à ses rivaux du moment, le Nikon F2, le Canon F-1, le Pentax LX, il fait vraiment petit. Pourtant, il apporte lui aussi un système sophistiqué et complet : moteur à 5i/s, optiques de grande qualité à foison, flash dédié et toute une série d’accessoires parfois plus anecdotiques. Là où on pourrait chicaner, c’est que le prisme n’est pas interchangeable mais on peut changer les verres de visée.

Mais outre sa taille, ce qui frappe dans ce boitier, c’est le nombre d’articles disponibles pour répondre à toutes les demandes des photographes, qu’il soit destiné à des scientifiques, des chercheurs, des architectes, des astronomes, ou des photo reporters, des photographes de studio ou des amateurs.

Toutefois, c’est à l’intérieur que tout se passe …

L’Olympus OM-2 dispose d’un système de mesure directe à travers l’objectif (TTL) pour la pellicule (OTF), appelé Auto Dynamic Metering (ADM). A l’époque, c’est une première mondiale car le calcul de la lumière se fait en continu, en mesurant la quantité de lumière réfléchie par le film.

Deux capteurs jumeaux (cellules bleues en silicium) mesurent la lumière réfléchie sur une surface graduée tournée du côté de l’objectif. Pour des vitesses d’obturation inférieures à 1/60 s, l’exposition est calculée à partir de la quantité de lumière réfléchie sur la surface du film pendant l’exposition. L’obturateur est de type tissu à coulée horizontale. En mode automatique, l’appareil est capable d’afficher des expositions allant de 60s à 1/1000s, tout comme en mode manuel, avec là des vitesses de 1s à 1/1000s, plus la pose B.

Plus simplement, au lieu de mesurer la lumière à travers l’objectif avant de prendre une photo, l’OM-2 la mesure sur le rideau de l’obturateur (pour les expositions courtes) ou directement hors de la surface du film (pour les longues expositions) lors de l’exposition réelle elle-même.

Cette manière de faire permet d’obtenir d’excellents résultats même dans des conditions d’éclairage difficile.

Ensuite, l’OM-2 est un hybride mécanique/électronique : il y a deux vitesses mécaniques, le 1/60s et la pose B, les autres vitesses sont électroniques.

C’est donc un semi-automatique à priorité ouverture : vous réglez celle-ci et l’appareil sélectionne automatiquement la vitesse d’obturation, ajustant parfois de manière invisible l’exposition médiane si nécessaire.

Plusieurs photographes célèbres ont utilisé l’OM-2, dont Patrick Lichfield, Kon Sasaki, Don McCullin, Roy Morsch, Jacques Schumacher, Robert Semeniuk et James Sugar (si, comme moi, vous ne les connaissez pas tous, un petit tour sur la Grande Toile pour parfaire notre culture photographique).

Mais comme je l’écrivais plus haut, les appareils bien nés évoluent par petites touches (OM-2, OM-2 MD – avec moteur, OM-2N- MD, OM-2S – OM-2 Spot Program – avec mesure spot entre autre), même si celles-ci sont des révolutions.

De l’Olympus OM-2 au OM-2N

En 1979 apparait donc l’Olympus OM-2N. Il sera fabriqué jusqu’en 1984.

Pas de grands chambardements mais des évolutions en douceur :

  • Amélioration de l’OTF pour les faibles luminosités
  • La synchro flash devient TTL avec les flashs de la série T
  • Le moteur se monte sans modification sur le boitier
  • Informations plus précises dans le viseur (introduction de diode, indication de la compensation d’exposition)
  • Gamme de mesure du posemètre élargie
  • Le viseur est encore plus lumineux
Image d'un appareil photo Olympus OM-2 avec des étiquettes détaillant les différentes fonctionnalités et réglages de l'appareil.

Point de vue purement esthétique, les OM-2, OM-2N et OM-2MD ont existé en livrée bis-colors ou noire, alors que le Spot Programme n’existait qu’en noir.

Revue de détails de l’OLympus OM-2N

Ensuite, vous avez sans nul doute remarqué le minuscule N majuscule gravé sur la face avant et le fait que la fonction de réinitialisation a été déplacée en haut de la caméra via l’interrupteur d’alimentation et le mot Reset est gravé à côté du mot Check sur la plaque supérieure de la caméra.

Commençons en haut, sur le prisme. Première remarque, le sabot du flash est amovible et non fixe comme sur les concurrents, ce qui ajoute à la compacité de l’ensemble. A la place donc, une douille filetée avec deux trous pour les broches de contact. Juste au dessus du viseur, il est écrit shoe 4 pour vous aider dans le vaste choix de sabot ayant existé pour la gamme.

Vue rapprochée du sommet d'un appareil photo argentique OM-2N avec des boutons et un objectif.

Les contacts du flash modifient les informations dans le viseur : une lumière signale que le flash est prêt à l’emploi et une seconde, rouge, confirme l’exposition correcte du flash après déclenchement. Si vous utilisez un flash de la série T, celui-ci et l’obturateur se synchronisent au réglage X.

Si vous regardez sur la gauche de la monture de l’objectif, vous verrez une prise PC. Autour de celle-ci, un interrupteur vous permet de choisir entre X ou FP. Le X est à choisir pour tous les flashs électroniques, y compris bien sûr ceux de la marque ; le FP est à réserver aux flashs plus anciens, à ampoules.

Appareil photo argentique Olympus avec objectif, vu de côté.

Si nous continuons le tour du propriétaire, nous ne pouvons rater ce qui fit, aussi, la réputation de la gamme OM et ce que HBC (Henri Cartier Bresson pour les intimes) disait en précisant que l’appareil était une extension de son oeil : le viseur !

Sa taille, sa lisibilité facilite la relation du photographe avec son boitier et c’est surement ce qui explique l’engouement que cette gamme continue d’entretenir auprès des amateurs.

Alors, nous allons y coller notre œil … et regarder les positions du sélecteur.

Au centre, un stigmomètre à coïncidence entouré d’un champ à micro-prismes très fin. Lorsque vous basculez du mode manuel en automatique,

Un gros plan sur le bouton de réglage d'un appareil photo OM-2N, avec un doigt touchant le sélecteur entre les modes AUTO et MANUEL.

sur la gauche, vous voyez apparaître une échelle avec une aiguille qui bouge en fonction soit de l’ouverture, soit de la vitesse.

Illustration montrant un viseur avec l'indication 'OFF' à gauche et 'AUTO' à droite, indiquant un changement d'état.

Si vous êtes resté en mode manuel, les indications sont plus succinctes mais néanmoins suffisantes et précises :

Symboles d'exposition photographique : 1 stop surexposé, 1/2 stop surexposé, exposition correcte, 1/2 stop sous-exposé, 1 stop sous-exposé.

En mode automatique, c’est plus précis : l’aiguille vous indique la vitesse retenue fonction de l’ouverture que vous avez déterminée (priorité ouverture).

Panneau de contrôle avec indicateur de réglage en position AUTO, OFF et MANUAL, affichant des chiffres et des flèches pour le réglage.

Le plus surprenant sur l’Olympus OM-2N c’est vraiment son système de mesure de la lumière en automatisme ; il analyse la lumière, renvoyée par le premier rideau ou le film (tout dépend de la vitesse d’obturation), grâce à deux photodiodes au Silicium (SBC).

Lorsque le circuit de commande estime que le film a reçu suffisamment de lumière, il libère le second rideau, ce qui du même coup interrompt l’alimentation des SBC. Au 1/60 s, l’estimation de l’exposition se fait sensiblement pour moitié sur le premier rideau et pour moitié sur le film. Cependant, en raison de la disposition fortement pondérée des éléments réfléchissants du premier rideau, on conserve une nette impression de pondération centrale. Cette variation de la pondération peut-elle affecter l’exposition ? Dans la plupart des cas, elle sera sans doute négligeable. Sans doute, néanmoins, y aura-t-il des cas de luminosité où cela ne fonctionnera pas. Les deux photodiodes SBC servent également au contrôle de l’exposition en temps réel avec les flashs Olympus de la série T, dont celui dédié à ce boitier, le T20.

En mode manuel, deux cellules au CdS classiques mesurent la lumière au niveau du dépoli, à pleine ouverture et pondérée.

Un tel système interdit la mémorisation, mais pas la correction volontaire d’exposition qui, lors de sa mise en œuvre est rappelée dans le viseur, bravo ! De plus, il est totalement insensible aux lumières parasites provenant du viseur.

Petite particularité de cet appareil : si vous êtes en OFF vous pourriez croire que tout est éteint. Ce n’est pas tout à fait exact car si vous appuyez sur le déclencheur pour prendre une photo, le mode Auto s’allume automatiquement et momentanément pour vous donner une photo correctement exposée, pour autant que la vitesse soit au minimum de 1/30s. Petite précaution pour les photographes pro qui doivent faire face à une situation inopinée.

Enfin, sur le bouton de sélection il reste check-reset : poussé vers cette position, c’est un contrôle de l’état de la batterie (si elles sont bonnes, une diode rouge s’allume et clignote si elles sont faibles) et il réinitialise le miroir si l’appareil le verrouille en position haute.

Vue rapprochée du boîtier d'un appareil photo OM-2 N avec des réglages de mode et un indicateur de contrôle.

Un mot à ce sujet (à vous de l’exploiter en cas d’achat par quelqu’un qui ne connait pas l’appareil … chuuuut, je n’ai rien écris) : le miroir est verrouillé si vous avez enfoncé le déclencheur avec des batteries fatiguées ou si le film est avancé lorsqu’une longue exposition. Le manuel indique que le verrouillage du miroir est une caractéristique de sécurité et non un défaut mécanique.

Bon, continuons la visite …

Sur le capot, près du prisme, un cadran rond qui a deux fonctions. La première, si vous tirez dessus, vous permet de régler la sensibilité du film (Asa/Iso) ; si vous ne le levez pas, vous réglez la compensation d’exposition, par 1/3 d’arrêt. Notez que si vous utilisez la compensation, un petit indicateur +/- glisse dans le viseur, à gauche.

Détail d'un appareil photo argentique montrant le cadran ASA et des boutons de réglage.

En façade, un petit bouton rond, à côté duquel un R rouge est gravé, indique qu’il permet de déverrouiller l’avance du film pour le rebobinage. La semelle ne porte plus alors que les couvercles pour les piles, pour l’entrainement du moteur et les contacts de celui-ci.

Détail d'un appareil photo OM-2N avec un bouton de recharge et un objectif visible.

En dessous de ce petit bouton, un large levier actionne le minuteur, modulable de 8 à 12 secondes.

Autour du bloc objectif, un anneau avec deux excroissances faciles à appréhender permet de modifier rapidement la vitesse, et sans regarder ce que l’on fait. L’aiguille du posemètre, dans le viseur, montre immédiatement les conséquences des changements.

Appareil photo argentique Olympus OM-2N avec objectif visible et cadrans détaillés.

Si vous désirez ôter l’objectif, il suffit d’appuyer sur les deux boutons sur le pourtour et de tourner dans le sens anti horaire. Pour le remettre, il faut aligner les deux points rouges et tourner dans le sens horaire.

Un mot d’ailleurs au sujet de la monture OM : tous les objectifs antérieurs ou postérieurs de la gamme sont compatibles avec les boitiers de la gamme, tout comme les autres éléments du système Olympus OM. C’est ce qui a permis à la marque de rivaliser avec d’autres modèles professionnels de son époque, comme le Nikon F2, le Canon F-1, le Minolta XK et aussi le système Pentax K.

Les objectifs Zuiko ont en plus une excellente réputation et couvrent tous les besoins des photographes. Sur l’exemplaire que je vous propose, j’ai d’ailleurs un étonnant zoom 24 -48mm ouvrant à f4 constant (Zuiko OM-System S Auto-zoom, diamètre de 48mm), très compact.

Un mot aussi sur les piles qui vont alimenter le boitier : il s’agit de deux SR ou LR 44 de 1,5v.

La gamme de vitesses du OM-2N est assez spécifique. Elle s’étale de 1s au 1/1000s plus pose B en mode manuel mais passe de 120s à 1/1000s en mode automatique.

Enfin, un dernier mot au sujet du rideau, sur lequel est dessiné un damier très particulier, celui sur lequel la mesure de la lumière se fait. Deux mots à retenir absolument : pas touche !

Ce damier noir et blanc fait partie du système OTF (off the film), que vous apercevez derrière le miroir. Il permet de faire la mesure de la lumière hors du film de manière très précise et en continu, ce qui évite les erreurs dues au changement de lumière pendant la prise de vue. Il permet encore de contrôler la durée de l’éclair du flash en dosant la lumière qui frappe le film lui-même.

Petit résumé

Si je devais résumer cet Olympus OM-2N, je reviendrais sur quatre mots : léger (510gr nu), compact, évolutif et solide.

J’ai déjà largement évoqué les trois premiers mais je reviens sur le quatrième. De nos jours, dans l’imagerie collective, on retient les Nikon comme étant de tous les fronts de guerre (quelques exemples ci-dessous) ou les lieux sensibles, voire chez les peoples.

Mais d’autres ont mouillé leurs chemises avec des Olympus OM

Bref, les Olympus OM ont encore de l’avenir malgré leur plus de 50 ans !

Petite revue de ce qu’en disait la presse spécialisée/ la publicité de l’époque

Description de l'appareil photo reflex Olympus OM 2 N, avec vue de l'avant, de l'arrière et du dessous, accompagné de spécifications techniques.
Granier-Natkin 1981
Un article présentant des appareils photo reflex, notamment le Minolta XD 5 et l'Olympus OM 2n, avec des spécifications techniques et des descriptions.
Camara 1981, les meilleurs réflex de l’époque (voir encadré en bleu)

Que penser de cet appareil ?

Comme je le précisais dans le préambule de cet article, cet exemplaire semblait n’avoir pas trop souffert, hormis le petit cache qui tient le minuteur qui s’est fait la malle !

Bien nettoyé, j’ai refait les mousses du miroir et du dos, remis des pile neuves et collé le bouton du minuteur au gaffer, en attendant mieux.

Il est vrai que c’est un appareil plaisant à manipuler et, je l’avoue, j’ai repris mon OM-D EM-1 à ses côtés : la filiation est étonnante et Olympus avait gardé la philosophie de feu Y. Maitani intacte. Gageons que OM System perdure celle-là.

Deux appareils photo Olympus sur un bureau, l'un est numérique OM-D et l'autre est un ancien modèle OM-2.

Il faut un peu s’habituer au réglage de la vitesse, autour du fut d’objectif mais c’est plus une question de pratique.

Pour le reste, c’est un appareil classique qui cache bien son jeu car, extérieurement, rien n’indique sa très bonne maitrise de la lumière. Sa compacité vous encourage à le prendre souvent avec vous en sortie et ses petites astuces vous aideront bien à capter sur le vif. C’est aussi un excellent compagnon en street photography.

Si l’OM-1 a ouvert une brèche quant au design des boitiers réflex, amenant une vraie réflexion sur leur taille et leur ergonomie, l’OM-2N a clairement posé cet appareil comme un incontournable, recherché et bien plus abordable que les opus 3 et 4.

Donc, si vous croisez la route d’un très bel exemplaire, laissez-vous tenter, c’est un appareil que vous en regretterez que lorsque vous devrez le quitter.

Une idée des images captées par ce type d’appareil ICI.

Quelques vidéos d’illustration

Rappel utile :

Petits conseils pour ceux qui utilisent peu YouTube : vous pouvez (presque) toujours traduire les vidéos dans votre langue. Voici comment faire :

Bon visionnement :

Un peu de technique

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Comment estimer l’âge de votre OM-2 ou OM-2N

Plage de nombres en sérieModèleAnnées De Production Approximatives
100000 – 299999Début OM-2Catégorie: 1975 à 1977
300000 – 499999OM-2 / OM-2 MD tardifCatégorie: 1977-1979
500000+OM-2N1979-1987

Où trouver le numéro de série :

  • Le numéro de série est gravé sur la plaque supérieure près du levier de rembobinage.

Données techniques

  • Olympus OM-2n introduit en 1979
  • Obturateur horizontal en tissu caoutchouté à plan focal, à commande électronique
  • Plage de vitesse d’obturateur: 1s-1/1000s plus pose B, synchro flash et vitesse mécanique 1/60s ; prise PC pour les flashs ; minuteur
  • Sensibilité de la cellule : 12-1600Asa ; mesure TTL directement sur le rideau (cellules SPD)
  • Indications dans le viseur : aiguille avec sur et sous exposition en manuel, indicateur de la vitesse en automatique
  • Griffe porte accessoire optionnelle et détachable (référence n° 4)
  • Alimentation : 2SR44 ou 2LR44
  • Modes d’exposition : priorité ouverture (automatique) ou manuel
  • Viseur : 97% du champ, grossissement x.84
  • Ecran de visée interchangeable (13 modèles)
  • Monture : Olympus OM
  • Flash dédié Olympus T20
  • Poids 519gr

Des références

https://expert-photo.fr/olympus-om-2n-avis-test-complet/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11635-Olympus_OM-2n.html, https://www.appaphot.be/fr/brands/olympus/olympus-om-2n-md/, https://35mm-compact.com/reflex/olympusom2n.htm, https://parlonsargentique.com/olympus-om-2n-fiche-technique-avis/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Olympus-OM-2N.htm, en français ; https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_OM-2, https://thenoisyshutter.com/2024/05/06/classic-camera-review-olympus-om-2n/, https://zuikography.com/olympus-om-2-family-precision/, https://www.35mmc.com/29/07/2024/olympus-om2n-best-of-both-worlds/, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/olympusom1n2/ (lien désactivé à la demande de l’auteur, pour ne pas bloquer le serveur qui l’héberge), https://amateurphotographer.com/technique/film-photography/classic-film-cameras-olympus-om-2n/, https://zuikography.com/olympus-om-2-family-precision/, https://www.edwardmunn.co.uk/blog/olympus-om2n-review-the-best-value-film-slr-in-2025, https://www.digitalcameraworld.com/features/the-man-behind-the-olympus-om-camera-yoshihisa-maitani, https://zuikography.com/yoshihisa-maitani-the-visionary-behind-olympuss-revolutionary-cameras/, https://casualphotophile.com/2018/01/12/yoshihisa-maitani-the-man-who-made-olympus/, en anglais

Argentique

L’Agfamatic 4008 Sensor : un vrai argentique au format 110

Préambule.

Mon (petit) stock de découvertes de la brocante de Maroilles diminue encore.

Cet appareil est plus commun que les autres déjà vu jusqu’ici mais comme le format 110 revient à la mode (merci Lomography), il est un bel exemple des bons appareils dans ce format, facile à utiliser et bien construit. La preuve ? Cinquante ans après sa première sortie, il est toujours en forme.

Un peu d’histoire.

Je ne vais pas revenir sur l’histoire du format 110, que vous pourrez découvrir au fil de vos lectures sur les appareils pocket déjà vus sur le site.

Simplement re-préciser que si c’est Kodak qui l’a inventé, dix ans après le format 126, le format 110 a détrôné l’ancien format 16 (des Minolta MG-16), alors le plus courant pour les tous petits appareils de poche (hormis le 8×11 des Minox, mais ce n’est pas le même monde).

Ce nouveau format (1972) a été adopté par presque toutes les marques, qui ont inventé des boitiers de plus en plus petits, parfois très simples, souvent un peu plus sophistiqués, pour tenter de pallier la médiocre qualité des grandissements du film, un négatif de 13x17mm.

La plupart des appareils Instamatic ou Agfamatic, comme ceux des concurrents, sont équipés d’optique en plastique, qui ne contribuent pas à l’amélioration de la qualité des photos. Cependant, même chez Kodak et Agfa et surtout chez leurs concurrents, de nombreux boitiers seront aussi équipés d’optiques en verre, voire d’objectifs avec plusieurs lentilles (Canon, Minolta, Rollei, Pentax, par exemple).

Les Agfamatic ont bénéficié du concours de Schlagheck Design pour définir leur forme que beaucoup considère comme presque parfaite. C’est vrai que les contours arrondis, le mélange du métal satiné et du noir, plus l’intégration du gros bouton rouge du déclencheur Sensor, lui vont à ravir.

Dans la gamme des Agfamatic, apparue en 1974 et qui s’éteindra au seuil des années quatre-vingt,il y a des séries :

  • celles en millier (1000, 2000, etc.) qui sont équipées de Magicube (flash carré à 4 ampoules) ; elles s’appelleront Flash Pocket si un flash est intégré
  • celles des huit (1008, 2008, etc.) qui travaillent avec des Flipflash, ces rampes de 8 ou 10 ampoules flash (qui ont l’avantage d’éloigner la source de lumière de l’objectif pour éviter l’effet yeux rouges) ; elles peuvent être Télé Pocket si une lentille additionnelle donne cet effet télé ; elles peuvent aussi être Macro Pocket si l’objectif est macro (disons plutôt proxiphotographie)
  • la série des 901avec une taille différente car équipé d’un moteur
  • quelques appareils portant des noms seuls, sans numéro (Snapper, Traveler, Sport, par exemple), surtout donnés à des appareils de fin de règne, au début des années quatre-vingt.

Personnellement, j’ai tendance à considérer les séries en huit comme étant des hauts de gamme et celles en millier comme des entrées de gamme. Les appareils motorisés étant une série à part.

Une page de catalogue montrant différents modèles d'appareils photo Agfa, avec des descriptions et des spécifications techniques, y compris le modèle Agfamatic 4008 Pocket Sensor.
Source : Collection-appareils.

Tous ces boitiers ultra légers et éminemment destinés à être glissés dans toutes les poches, sont équipés du système Répitomatic, que la plupart des utilisateurs vont exprimer en nommant les appareils schris-scrach-click du fait des bruits émis par ceux-ci lorsque l’on déplie puis replie le boitier pour armer et le click pour la prise de vue.

Tous sauf ceux équipés, bien évidemment d’un moteur (901, Tramp, Sport et Star).

En effet, le mouvement d’avant- arrière opéré par le photographe arme l’obturateur, le déclencheur et allume la cellule. Pour éteindre le boitier, il faut le refermer et faire glisser une espèce de verrou, situé en dessous, pour bloquer le mouvement et fermer la cellule. Il faut remarquer que si vous ouvrez-fermez plusieurs fois de suite l’appareil sans déclencher, une protection spéciale fait que le film n’avance pas tant que vous n’avez pas déclenché en appuyant sur le Sensor.

Les moins de cinquante ans se souviennent sans doute avec nostalgie de ces pocket, que l’on offrait pour les communions, les anniversaires, les réussites scolaires. Abordable, simple d’utilisation (chargement facile du film, utilisation quasi instinctive pour la prise de vue) en ont fait des grands succès des années septante et quatre-vingt. Si vous fouillez un peu dans les albums photos familiaux, vous en trouverez des traces émues ou émouvantes …

Présentation de l’Agfamatic 4008 Sensor.

Ce 4008 est en fait un 4000 a qui l’on a offert un nouveau flash : exit le Magicube, voici le Flipflap.

Si le 4000 était le fleuron de la série des millier, le 4008 sera précédé des 1008, 2008, 3008 et suivi par un 5008 et, le haut de la gamme, le 6008.

Pour le reste, rien ne change (ou comment faire du neuf avec de l’éprouvé) : système Repitomatic, objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles de verre, cellule CdS qui commande la vitesse lors de la prise de vue, automatiquement ; utilisation de deux piles A625 (ou 2 LR44 dans un adaptateur) et vous voilà prêt pour des images instinctives, amusantes.

Comme je le faisais remarquer dans l’article sur le 2008, Bernard Plossu a utilisé ces appareils pour un projet devenu livre, justement à cause de l’instantanéité de la prise de vue, la facilité de celle-ci qui fait que l’on se concentre sur le cadrage ou sur la spontanéité de l’action.

Le viseur est projeté et collimaté, avec un signal lumineux lorsqu’on descend sous le 1/30s et qu’un Flipflash est nécessaire. Très clair malgré la taille de l’appareil, c’est très agréable de viser à travers.

Vue à travers le viseur d'un appareil photo, montrant une tasse colorée avec des motifs.

Sur ce modèle, vous avez trois positions de prise de vue : pour le portrait (de 90cm à 1,2m), pour un groupe (de 1,2m à 2m) et pour l’infini (montagne). On peut juste regretter qu’il n’y a pas de rappel des distances choisies dans le viseur, mais ça, c’est pour le 5008 et le 6008 seulement.

Vue en gros plan du dessus d'un appareil photo Agfamatic 4008 Sensor, montrant le bouton de déclenchement rond rouge et les réglages de mise au point pour portrait, groupe et infini.

Pour alimenter la cellule et l’obturateur, il faut glisser 2 piles A625 dans un petit compartiment dont l’ouverture se situe sur le côté.

Vue rapprochée du compartiment des piles d'un appareil photo Agfamatic 4008, montrant les inscriptions sur le couvercle de la batterie.

Que penser de ce pocket ?

C’est un petit appareil bien fini, bien construit. La seule chose à laquelle faire attention, c’est (comme d’habitude) au compartiment des piles, dans lequel on les a vite oubliées. Et elles peuvent faire des dégâts irrémédiables.

Pour le reste, ouvrez le compartiment du film et actionnez le mécanisme d’avant – arrière pour vérifier si les roues dentées tournent correctement, ce sont elles qui doivent entrainer les vues du film.

Les objectifs sont rarement sales car ils sont généralement protégés par une plaquette qui ne s’escamote qu’au moment de la prise de vue.

Si vous en trouvez un exemplaire avec son petit sac de transport et sa dragonne en métal, vous ne devriez pas dépenser plus de 20€ (soit 6 fois moins que le 110 de Lomography) et vous en aurez autant de plaisir.

Et vous savez que si je taquine bien volontiers Lomography, je leur suis reconnaissant d’encore sortir des films en 110, avec des coloris spéciaux parfois, voire des déclinaisons d’appareils marrants.

Ils nous offre d’ailleurs une belle collection de photos réalisées, notamment, avec cet Agfamatic 4008, que vous pouvez découvrir LA.

Ce pocket, comme tous ceux de cette famille de petits appareils, méritent vraiment d’être redécouverts par les plus jeune (et les autres aussi, en souvenir). Outre ce que j’ai déjà écris au sujet de leur facilité d’emport, d’usage, de spontanéité, de plaisir simple, c’est une manière de photographier, décomplexée, qui rappelle l’âge d’or de la photographie.

Soyez raisonnable, faites-vous plaisir …

Vidéos d’illustration.

Ces appareils se prêtent à toutes les fantaisies.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Caméras : analogique catégorie/type appareil photo de poche
Marque : Agfa, Allemagne
Film photographique : format 110
Film photographique format négatif 13 x 17 mm (pochette)
Transport de films : manuel
Posemètre intégré, couplé au CdS, sensibilité de 25 à 400Iso
Contrôle de l’exposition automatique (priorité vitesse)
Objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles en verre, mise au point minimale de 90cm, mise au point sur personne, groupe, montagne
Obturateur à plan focal de 1/30s à 1/500s ; déclencheur Sensor d’Agfa avec possibilité de monter une commande filaire à viser
Flash : Flipflash, possibilité de monter sur le côté un flash électronique Agfalux 400T à brancher sur la prise du Flipflash
Période de production à partir de 1975
Matériaux du boîtier : Métal (aluminium), plastique

Des références.

https://kameramuseum.de/objekte/agfa-agfamatic-4008-pocket-sensor/, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/agfamatic-pocket/agfamatic-pocket-4008/ en allemand ; https://camera-wiki.org/wiki/Agfamatic_4008_pocket_sensor, http://www.submin.com/110/collection/agfa110/cameras/4008.htm, https://www.aperturepreview.com/agfamatic-4008-pocket-sensor, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10015

Argentique

Découvrez le FED 2 : un classique des appareils photo russes

Préambule.

Voici le dernier appareil acheté sur la grande brocante de Maroilles. Les autres objets étant des accessoires pour lesquels j’écrirai plus tard quelques lignes.

En fait, ça fait bien longtemps que je n’ai plus eu un Russe entre les mains. Sans doute à cause de ce qui se passe en Ukraine, j’ai l’impression que ceux qui en possède les gardent précieusement et en tout cas, le marché me semble au ralenti. Ne parlons plus de la Russie, sous embargo, ni de l’Ukraine, qui a d’autres chats à s’occuper que quelques amateurs en quête d’un bel appareil.

Donc, quand j’ai vu ce sac tout prêt en bon cuir solide, engravé du mot Fed 2 en russe dessus, je n’ai pas pu résister. Bien m’en a pris car le vendeur le laissait pour un prix très raisonnable que j’ai presque eu scrupule à négocier encore un peu.

Un peu d’histoire.

Si vous me suivez depuis un moment, vous avez déjà découvert au détour de quelques articles des appareils russes (notez qu’il y a deux liens distincts sur les 2 mots), comme les Zorki 4 et 4K, le Fed 1G et ses successeurs, le Gomz Leningrad, par exemples.

Pour ceux qui viennent d’arriver, c’est un bon moyen de découvrir le site …

Car je ne vais pas reprendre toute l’histoire des Fed, elle est dans ces articles, na !

Juste rappeler que le Fed 1 est une copie assez conforme du Leica II de 1932. Le Fed 1, et ses déclinaisons, fut fabriqué de 1934 à … 1955. Pourquoi une copie du Leica ? Sans doute parce que Felix Edmundovitch Djerzinski, créateur de la marque FED et accessoirement fondateur de la Tcheka (ancêtre du KGB pour faire court), dirigeait aussi une Commune ouvrière pour enfants, installée à Kharkov en 1920 et destinée à réinsérer des orphelins grâce au travail et aux études.

Au début, ils copiaient des perceuses électriques de divers fabricants mais en 1932, il est décidé que l’on fabriquera aussi un appareil photo, copie du Leica 1sous le nom de FED, en hommage au fondateur, disparu en 1926. Mais la production peine et seuls quelques exemplaires sous le nom de FED pourront sortir (on estime le chiffre à 30).

Cependant, en 1934, on a remis les pendules à l’heure et on commence à produire le FED 1, copie du Leica II (1932). La production démarre bien et la Commune est encensée par la presse pour avoir réussi à copier et fabriquer le nouvel appareil seulement 18 mois après avoir reçu l’original.

Le Fed sera produit et décliné en plusieurs versions, qui se vendent toutes très bien, tellement bien que la Commune devient un Kombinat. Près de 500.000 appareils sortiront des chaines de fabrication jusqu’en 1941 car l’armée allemande envahi l’Ukraine et le Kombinat décide d’évacuer.

Kharkov est rasée par les allemands et ceux qui ont réussi à évacuer à Berdsk (Sibérie) avec outils et archives sont priés de fabriquer des pièces pour avion. Toute les archives de la Commune sont détruites, l’usine aussi. Seuls sont sauvés les quelques uns qui ont pu s’échapper avec quelques outils, leurs souvenirs et les rares archives qu’ils ont pu emmener.

C’est en juin 1945 que la production d’appareils photo reprend à Berdsk d’abord, à Kharkov ensuite, où l’on reconstruit l’usine. Dès 1947, la production reprend presque normalement.

Vous comprendrez aisément, avec tous ces soubresauts , qu’il y a ceux qui trouvent que tous les FED sont mauvais et les autres, beaucoup plus raisonnables, qui estiment qu’il y en a de très bons et quelques uns qui méritent un petit coup de main pour devenir meilleur !

Présentation du FED 2 modèle B.

Le premier FED ou FED 1 s’est décliné, au fil des subtiles améliorations apportées à l’appareil, en modèles A jusque G. Plus un modèle particulier, produit seulement à moins de 1000 exemplaires, le Fed TSVVS ou ou T.C.B.B.C en cyrillique, est le sigle du Service Topographique de l’Armée de l’Air Soviétique. Il va s’en dire que ce modèle est rare et sujet à de nombreuses contrefaçons.

Le Fed 1 est le plus proche du Leica II qui servit d’inspiration. Ensuite, les autres modèles vont petit à petit s’éloigner du modèle original car Fed va y introduire des modifications propres à la marque. Dès le FED 2, on ne peut plus, à mon sens, parler de copie servile du Leica.

Donc, le FED 2 débute sa longue carrière dès 1955. Lui aussi aura droit à une succession de déclinaisons, au fil des modifications. Mais tant qu’ à compliquer la vie des collectionneurs ou simples amateurs qui veulent s’y retrouver, il y eut plusieurs A – B – C – D – E (là il n’y eut qu’un seul E). Et un modèle particulier, le Zarya, qui est un type 2 sans télémètre (pour mémoire Leica a aussi sorti un modèle basé sur le M sans télémètre, le M1, destiné à des applications particulières.

Je vais alors m’arrêter sur ce modèle FED 2 modèle b de la dernière génération des b, puisque son numéro se situe entre les numéros de série 236.000 et 475.000.

Détail de la partie supérieure d'un appareil photo FED 2, montrant le numéro de série gravé, des boutons et un mécanisme de montage.

En tenant compte de la période de développement des FED 2 modèle b, soit de 1956 à 1958, on estime qu’environ 300.000 boitiers ont été construit.

Dans le détail, les FED 1 possédaient encore, comme les vieux Leica, deux fenêtres : une pour le viseur, la seconde pour le cadrage grâce au télémètre. Sur le FED 2, tous modèles confondus, il n’y a plus qu’une seule fenêtre pour la visée et le cadrage. La base du télémètre a été augmentée et on atteint maintenant 67mm entre l’oeil du télémètre et le viseur. C’est une base très large, un peu comme sur les Contax. Elle assure une meilleure netteté dans la visée et le cadrage.

En plus, une correction dioptrique est ajoutée autour du bouton de rembobinage, afin d’adapter la visée à votre vue. Petit conseil que j’utilise : lorsque j’ai réglé la dioptrie, je trace un trait sur le capot. Comme ça, si je la dérègle par inadvertance, c’est facile de la remettre en place.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo télémétrique FED 2, montrant des mécanismes, un bouton de rembobinage et des détails de finition en métal.

Ensuite, le sélecteur de vitesses a été modifié ; sur le centre, il y a un repère, sur lequel on peut sélectionner la vitesse choisie, même si l’obturateur n’est pas armé. Attention, c’est le contraire du Fed 1 et des Zorki où il faut toujours armer avant de changer la vitesse.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo FED 2 modèle B, mettant en évidence le sélecteur de vitesse et les commandes en métal.

Ceci étant et pour éviter toute mauvaise surprise, je recommande l’ancienne solution : armer avant de changer les vitesses, ça évite les salades de pignons.

Puis, une synchro flash a été ajoutée sur ce modèle, la prise étant placée sur la face avant. Les modèles ultérieurs la trouveront sur le capot. Et ils gagneront un levier pour le retardateur (1958), que ne possède pas ce modèle.

Appareil photo télémétrique FED 2 avec objectif Industar 26M, sur un fond bleu.

Enfin, l’Industar 26M est apparu sur cette version « b », la première version sur les anciens modèles était l’Industar 26 téléscopique (ou rentrant). Le pas de vis est au standard LMT 39, soit celui du Leica (à quelques microns près, mais n’ergotons pas)

Cet objectif donne de très bonnes photographies, quoique l’on considère que l’Industar 61 soit un brin supérieur. Mais il n’a pas le charme de l’objectif rentrant. Ceci étant, rien de vous empêche de monter dessus n’importe quel objectif au pas LTM 39 (ou des Canon, Nikon, Voigtländer, pour ne citer que les plus connus).

Gros plan sur la bague d'ouverture d'un objectif de caméra avec des nombres marqués en argent sur fond noir, le tout sur un fond bleu.

J’écrivais quelque part que FED s’était émancipé de sa copie Leica, mais ils ont quand même gardé quelques équipements, comme l’obturateur, en toile caoutchoutée. Dès lors, les vitesses sont indiquées de 1/30 – 1/60 – 1/125 – 1/250 – 1/500s et la pose B. Rien de transcendant mais dans la norme pour les années cinquante. La donne changera dans les années soixante.

Voilà le tableau est brossé. Je vais voir avec vous le reste :

  • commençons parle chargement d’un film. Il faut tourner les deux clé, sur la semelle, pour ôter tout le dos, en le fais glisser dans les rainures prévues.
  • on dépose la bobine à droite et on tire sur l’amorce que l’on va s’efforcer de faire glisser dans la petite fente métallique de la pièce. Attention, en cas d’achat, vérifiez bien que cette bobine existe car c’est une bobine amovible mais propriétaire.
  • remettez la bobine en place puis refermez le dos soigneusement pour ne pas plier les bords et rendre l’ensemble bien hermétique à la lumière.
  • avec le bouton à droite, faites avancer le film et déclenchez au moins deux fois. Vous voilà prêt à sortir avec ce drôle d’engin. N’oubliez pas d’indexer le compteur de vue en le remettant sur le 0 à l’aide des minuscules ergot fixer sur la pourtour de la couronne.
  • Avec une cellule à main, une cellule électronique fixée à la griffe porte-accessoires, la règle du Sunny Fun ou au pifomètre, réglez la vitesse avec la molette située après la molette d’armement et le déclencheur.
  • armez en tournant la grosse molette d’armement.
  • pour la visée, vous collez votre œil au viseur et vérifiez la mis au point des 2 images que vous devez faire se superposer parfaitement. Nous avons ici un télémètre à coïncidence, avec un beau patch orangé au milieu.
  • il ne reste plus qu’a noter l’ouverture désirée à l’aide de la bague située sur l’objectif,
  • et à appuyer sur le déclencheur !
  • vous êtes arrivé au bout du film, il faut le sortir. Pour cela, il faut appuyer et tourner la bague autour du déclencheur dans le sens horaire afin de débrayer le mécanisme. Ensuite, relever la molette de rembobinage et tourner dans le sens de la flèche. Ne pas oublier de remettre le mécanisme en place au nouveau film !

Attention, j’ai bien écris qu’il valait mieux armer avant de changer la vitesse, comme sur les autres appareils russes. Même si ici, c’est moins indispensable, faites-le par habitude, cela vous évitera des déconvenues avec d’autres appareils russes.

Voilà, nous en avons fait le tour.

Que penser de ce FED 2 modèle B ?

C’est vraiment un appareil fait pour apprendre la photo et pour ceux qui connaissent déjà, c’est un chouette moyen de rester attentif à sa manière de photographier.

Avec lui vous allez jongler avec les trois piliers de notre passion : la lumière, la vitesse, la sensibilité du film, soit le fameux triangle d’exposition.

Quelques esprits chagrins vous diront que c’est rustique, pas agréable à manipuler, mal fini.

Que nenni comme disent nos amis liégeois !

  • Rustique, sans doute un peu mais lorsque Oleg, le sorcier Ukrainien des télémétriques de l’Est, aura pu reprendre du service, confiez-lui votre appareil, vous serez surpris(e) de la qualité de l’engin une fois toutes les surfaces bien polies.
  • Désagréable à manipuler ! Là, on frise la mauvaise fois ou alors vous n’avez jamais eu un vieux Leica en mains. Déjà le système de chargement fait toute la différence, bien plus aisé qu’un film a glisser dans une fente minuscule. Entre autre car vous pouvez le customiser sans regretter le prix qu’il vous a coûté. Personnellement, j’ajoute toujours un soft release à viser sur le déclencheur, pour plus de confort.
  • Mal fini. Là encore, c’est injuste car toutes les pièces sont bien ajustées et, surtout, faciles démonter en cas de problème. Le granité qui recouvre les surfaces métalliques ne s’écaille pas facilement, il semble faire corps avec le support. Les objectifs avec fut, noirs ou argentés, lui donne une belle allure. Et puis il y a de petits détails intéressants, comme la correction de dioptrie, facile à régler, les points d’ancrage sur le corps, pour y poser une sangle. N’oublions pas le fameux sac tout près, en vrai cuir russe, à l’odeur si particulière (produits de tannage).

En résumé, le FED 2 a apporté le brin de modernité qui manquait aux Leica II et III. Il reste éminemment utilisable à moindre coût et si vous trouvez de bonnes optiques, russes, allemandes ou nipponnes, faites-vous plaisir, le boitier n’étant jamais qu’une chambre noir alors que l’objectif est le point d’entrée de tout ce que vous allez photographier.

Parlons budget maintenant : un bel exemplaire, avec un objectif correct (Industar 61 ou autre) et son sac tout près en bon état se négocie autour des 80 à 100€. Ce qui vous laisse encore plein d’argent pour acheter une cellule si vous n’en avez pas et des films pour l’essayer.

Tenté de faire le pas ? Soyez raisonnable, faites-vous plaisir. Et si vous connaissez déjà, dites-le nous.

Vidéos d’illustration.

Il s’agit ici d’un FED 2 modèle B postérieur car la prise synchro flash est sur le capot et non plus la face.
Idem

Ici, c’est un FED C, pas très différent du 2 et la présentation en français.

Un peu de technique.

  • Appareil photo télémétrique 35 mm
  • Fabricant : FED
  • Période de production : de 1955 à 1970
  • Format : 24x36cm sur film 135
  • Monture d’objectif : monture filetée m39
  • Objectif : Industar-26M 2.8/50 ou Industar-61 L/D 2.8/55
  • Base du télémètre : 67 mm
  • Obturateur : obturateur à plan focal (rideau) avec des vitesses de B, 1/25s, 1/50s, 1/100s, 1/250s, 1/500s
  • Viseur : un seul pour le cadrage et la mise au point, correction dioptrique
  • Synchronisation du flash : prise de synchronisation sur la face avant, vitesses de synchronisation à partir de 1/25 s.
  • Chargement par le dos, qui se déboite ; bobine réceptrice amovible et propriétaire
  • Poids : 900 grammes

Des références.

https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/FED, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/2259/category/507, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-708-Fed_2d.html, http://t.hacquard.free.fr/site1/fed_2.html en français ; https://web.archive.org/web/20021122183325/www.geocities.com/fzorkis/, https://mikeeckman.com/sovietcams/indexc42c.html?tmpl_into=middle&tmpl_id=198&_m_e_id=16&_menu_i_id=91, https://oldcamera.blog/2015/03/07/fed-2-b4-%D1%84%D1%8D%D0%B4/, https://galactinus.net/vilva/retro/fed-2.html, https://sovietcameras.org/fed-2/ en anglais ; la bible de tous les amateurs passionnés : The Authentic Guide to Russian and Soviet Cameras

Argentique

Le Savoy Royer 3F, l’élégance vintage de l’argentique.

Préambule.

Ça diminue mais cet appareil fait aussi partie des trouvailles de la brocante de Maroilles. Ici, sur un stand de particuliers, une dame vend cet appareil et un reflex Zenit. Vous vous doutez bien que c’est le premier qui a de suite attiré mon œil curieux.

C’est le drapeau Suisse qui m’a intrigué : mon amis de l’autre côté des Alpes ne fabriqueraient donc pas que du chocolat, des couteaux de poche et des montres ! Notez que j’avais déjà découvert leur activité photographique avec l’Alpa SI 3000 que j’ai présenté il y a un moment déjà.

Un peu d’histoire.

hihihi … et là je me suis planté complètement car ce n’est pas le drapeau Suisse qui orne cet appareil, mais il semblerait que ce soit celui de la Savoie. En effet, Monsieur René Royer, ingénieur industriel qui, après avoir travaillé chez Lumière, fonde en 1947 la société française SITO (Société Industrielle de Technique Optique), établie à Fontenay sous Bois (Seine), a possédé quand même une usine de montage à Annemasse, en Savoie. C’est là que seront fabriqués les Savoy dès 1956.

Ceci étant, la marque SITO n’apparait jamais sur les appareils mais bien le nom du fondateur/concepteur, Royer qui est, de fait, le nom de marque commercial.

A ses débuts, l’entreprise fabrique essentiellement des obturateurs qu’elle livre en tant que sous-traitant.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, les appareils pliants ou folding ont encore du succès. C’est avec eux que commence l’aventure de Royer. Ils proposent toute une série de très beaux pliants avec soufflet et corps en fonte d’aluminium, qui seront présentés en 1948 au Salon de Paris.

On dit d’ailleurs que la gamme rivalisait en qualité et ingéniosité de fabrication avec Zeiss Ikon, c’est peu dire. L’appareil la plus abouti de cette gamme sera le Teleroy, concurrent direct du Super Ikonta. Pensez donc : télémètre couplé, prévention des doubles expositions, synchro flash et retardateur.

Mais dans les années cinquante, le pliant s’essouffle alors que le 6×6 a encore du succès. Rolleiflex n’ayant toujours pas le droit de sortir de ses frontières teutonnes, les français Semflex et Royer sortent des bis-objectifs de grande qualité. Pour Royer ce seront les Royflex (1952). Le plus perfectionné sera le Royflex III, automatique et équipé du Téléligth, un système qui assurait une visée très claire

Source : mes appareils photo

Les années soixante annoncent un autre bouleversement : le 6×9 est mort, le 6×6 agonise tandis que les films 24×36 en N/B et, surtout, en couleur, commencent à prendre le pouvoir. Royer fait face en sortant le Royer 35. Hélas, celui-ci contient une erreur de conception (il ne s’ouvre pas ni derrière ni en dessous, il faut ôter la face avant pour le charger d’un film) qui poussera l’entreprise à revoir sa copie et cet appareil deviendra bien vite le Savoy (1956). Il se déclinera en 1 – 2 – 3. Le Savoya couronne la gamme, titillant les Foca Sport.

Source : mes appareils photos, magazine Photo Cinéma, 1954

Et puis, en 1959 sort la bombe appelée Nikon F, le reflex qui va en ébranler plus d’un !

Royer réplique avec les SAVOYFLEX, leurs premiers réflex. Mais ceux-ci ne sont pas à la hauteur : ils ne proposent qu’un obturateur central, un objectif fixe, que viennent compléter des compléments optiques, dépassés.

Cet échec et la concurrence de plus en plus féroce sur ces gammes auront raison de l’entreprise, qui disparait en 1965.

Elle laisse derrière elle quelques beaux appareils, très bien construits et fiables

On estime à plus de 200.000 obturateurs fabriqués et environ 200.000 appareils photo jusqu’aux années soixante. S’il y eut effectivement quelques ratés incontestables, le reste de la production était bien considéré.

Présentation du Savoy-Royer 3F.

La série commence donc en 1956 par la production du Royer 35, mal pensé car, comme dit plus haut, il fallait démonter la face avant pour remplacer le film, ce qui n’est guère pratique.

On recommence et enfin sort le premier Savoy, construit dans la nouvelle usine de Annemasse. Il n’est pas encore parfait car Royer sort un premier modèle 2, qui garde la platine avant amovible , que l’on pouvait utiliser comme porte-objectif pour agrandisseur (agrandisseur resté à l’état de projet) mais gagne un dos monté sur charnières. Viennent ensuite un second Savoy II au viseur plus grand, un Savoy III avec viseur collimaté qui auront tous le dos ouvrant et auront abandonné définitivement la platine amovible.

Vous pourrez découvrir sur Collection-appareils la liste des appareils antérieurs à celui qui nous préoccupe et leurs performances.

Car ce Savoy-Royer 3F est un des derniers construits et c’est un haut de gamme, nous allons voir pourquoi.

Sa forme, tout d’abord, a été singulièrement renouvelée et modernisée, voyez plutôt :

Par rapport aux Voigtländer Vito de la même époque, il est plus moderne et présente aussi très bien au niveau qualitatif : le métal est encore majoritaire et cela se ressent au niveau du poids (675gr nu).

Avec son sac tout prêt, il est magnifique. Presque au centre, son grand viseur, légèrement décalé de l’objectif, semble presque du même métal que le reste car il est argenté (viseur dit Cristal, fabriqué par Som Berthiot). De chaque côté, le blason et de l’autre, la marque Royer-Savoy.

Sur le capot, le levier d’armement avec son bout en forme de roue (original). A côté, un minuscule bouton, que l’on pourrait croire être celui du déclencheur. Non, il sert à débrayer l’appareil lors que rembobinage. Par contre, juste devant, une prise PC pour y raccorder un flash électronique. Car cet appareil possède un flash intégré, muni d’une parabole en métal, et qui accepte les ampoules flash AG-1. Et en plus, il y a une griffe porte – accessoires pour y fixer un autre flash, à relier donc à la prise PC (la griffe est dite froide, sans contact pour la synchronisation). C’est la raison du F=flash du modèle.

Autour du levier d’armement, le compteur de vue, qui est dégressif et qu’il faut indexer soi-même du nombre de vues prévues sur le film.

A l’autre extrémité, la molette avec la manivelle pour le rembobinage. Juste devant elle, un voyant, celui du flash, pour signaler quand il est opérationnel.

Un mot encore de la plaquette striée devant la griffe flash : elle permet d’illuminer le viseur afin d’y apercevoir les distances relevées avec l’objectif (symboles 1 m – portrait – groupe – paysage).

Car le viseur est collimaté et lorsque vous tournez la bague des distances sur l’objectif, elles se voient sur le dessus du viseur (bien pratique comme idée mais il faut y être attentif pour bien les distinguer).

Ensuite, sur la face avant, un cercle avec des indications : c’est le bouton de fermeture de la trappe de la pile, entouré d’un indicateur de portée du flash. Attention, c’est tout le panneau strié du côté droit qui tombe, dévoilant l’emplacement de la pile, introuvable car c’est une 15v (comme sur les flashs d’époque). Je vais voir si on peut bricoler quelque chose pour y suppléer mais la place est limitée. Dommage.

Notons que ça n’empêche pas l’appareil de fonctionner, la pile ne servant qu’à faire brûler la lampe bleue. A défaut, il reste toujours la possibilité d’utiliser un flash électronique de cette époque.

L’obturateur est central, ce qui autorise la synchro flash à toutes les vitesses, sauf s’il s’agit d’un flash à ampoule, dit magnésique, car alors la synchro est au 1/30s (la lumière émise par la lampe est moins rapide et précise que celle du flash électronique). Les vitesses sont de1/30s au 1/300s, plus la pose B. Il n’y a pas de retardateur. Et, spécificité du boitier, le déclencheur est située sur la gauche du fut d’objectif.

La multi exposition est possible si vous appuyez sur le petit bouton de débrayage, ce qui empêche le film d’avancer lorsque qu’on réarme le déclencheur.

Pour ouvrir le boitier, il faut tirer vers le haut le verrou placé sur la tranche droite. Tout le dos s’ouvre sur la chambre, avec une bobine fixe pour y glisser la nouvelle pellicule. Le dos est profondément nervuré, sans mousse et je pense que la qualité de l’assemblage évite les fuite de lumière à ce niveau.

L’objectif est un Som Berthiot, le concurrent des Angénieux. Il s’agit ici d’un triplet, traité contre les reflets. On peut monter des filtres sur l’objectif mais attention, au diamètre de 36mm (pas courant). C’est un 50mm ouvrant à f2,8, avec une mise au point de 80cm minimum. Les Berthiot ont généralement très bonne réputation, surtout ceux avec 4 lentilles (le Flor Berthiot, en formule Tessar), hélas absente en monte ici.

Dernière revue en images :

Que penser de cet appareil ?

Franchement, c’est un appareil qui sort de l’ordinaire. A l’époque concurrent des Foca, il était plus accessible et d’aussi bonne qualité.

La seule chose qui semble ne pas bien résister au temps, ce sont les inserts en faux cuir, qui ont tendance à se décoller, mais rien de grave à ce niveau.

Pour le reste, l’aluminium de l’ensemble résiste bien et les quelques chromes aussi.

Le fonctionnement est onctueux, le déclenchement, inhabituel sur la gauche, discret.

Ce n’est pas un télémétrique mais l’astuce qui permet de voir le réglage de la distance dans le viseur est un plus indéniable. Bien que l’on puisse choisir aussi le zone focus, la table de profondeur de champ indiquée sur l’objectif y aide bien.

Seul (gros) bémol, la pile pour alimenter la lampe magnésique est introuvable de nos jours. Quoique, à bien y regarder, les ampoules AG-1 ne courent pas les rues non plus. Alors, opter pour un flash électronique ou se battre avec un montage hétéroclite pour griller une bleue ? A chacun de choisir son camps !

C’est encore un boitier qu’il vaut mieux acheter accompagné de son sac tout prêt car il n’y a pas moyen de mettre une sangle de portage sur celui-ci, elle est sur le sac.

Au niveau prix, il faut reconnaître qu’il n’est pas courant et j’écrirais même rare dans nos contrées (sans doute moins en France). Un exemplaire complet, avec son sac, en très bon état, devrait se négocier autour des 50€.

Un prix finalement fort raisonnable pour photographier différemment, avec classe et discrétion.

Le prendriez-vous pour sortir en rue faire un peu de street ?

Un peu de technique.

Appareil 24×36 à obturateur central
Pays de fabrication France
Disponibilité 1958 –> 1964
Format de film 135
Construction du boîtier métal ; corps en alliage d’aluminium moulé sous pression (fonderies Thecla)
Avance du film couplée à l’armement, par levier (à main droite) ; débrayage par petit bouton sur le dessus (même côté) ; rembobinage par manivelle dépliable (à main gauche)
Compteur de vues dégressif (collerette graduée sous le bouton d’armement)
Optique : objectif SOM Berthiot 50 mm f/2,8 (triplet) traité antireflets
Diaphragme iris pentagonal, index de la bague de réglage tournant devant une échelle graduée 2,8-4-5,6-8-11-16-22 ; le chiffre 8 est gravé en rouge
Filetage pour filtres (mm) 36
Visée : viseur collimaté à fenêtre unique
Informations dans le viseur cadre collimaté + repères de parallaxe + réglage de distance (symboles 1 m – portrait – groupe – paysage) + lampe témoin de tension du flash
Mise au point : manuelle par rotation de la lentille frontale (couronne graduée tournant devant un index et une échelle de profondeur de champ) ; la distance 3 m est gravée en rouge
Distance minimale en mode normal (cm) 80
Obturateur : Fabricant ou marque S.I.T.O.
Vitesse minimale (s) 1/30
Vitesse maximale (s) 1/300
Pose B
Déclencheur levier de déclenchement sur le bloc optique à main gauche ; prise pour déclencheur souple protégée par un bouchon
Expositions multiples possibilité de découpler armement et entraînement du film en appuyant sur le bouton de débrayage
Flash : flash intégré flash escamotable à lampes magnésiques type AG1
Synchronisation oui, magnésique au 1/30 s (index de la bague des vitesses sur la position FLASH), électronique à toutes les vitesses
Modes : nombre-guide et portée cadran sur la platine avant indiquant le diaphragme à utiliser en fonction de la distance pour la sensibilité affichée
Prise pour flash externe coaxiale, sur le dessus du capot
Autres caractéristiques : écrou de pied filetage au pas Kodak
Alimentation pile (15 V ?) logée sous le cadran indicateur (platine avant)
Contrôle des piles voyant de charge du condensateur du flash visible dans le viseur
Dimensions L x h x p (mm) 130 x 90 x 74 ; épaisseur du boîtier : 40
Poids (g) 675
Accessoires en option sac en cuir « toujours prêt » avec logement pour 3 ampoules de flash , filtres, bonnettes et pare-soleil

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Royer_(photographie), https://cameras-obscuras.blogspot.com/2008/11/chapeau-bas-monsieur-ren-royer.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_963.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11489-Royer_Savoy%203F.html, https://collection.click-clack.fr/pontiac-appareils-photo-3×4-cm-et-24×36-mm-2/, https://collection.click-clack.fr/royer-histoire-et-publicites/ en français.

Argentique

Toute une Histoire : le Kodak Vest Pocket Autographic (Ball Bearing Shutter) type 3.

Préambule.

Encore un petit appareil sauvé d’une caisse à brol lors de la brocante de Maroilles. De fait, il y en avait plusieurs exemplaires et j’ai choisi celui qui me semblait le moins abîmé, même si on voit qu’il a été utilisé. Mais vous le savez, j’aime bien ces appareils qui ont une histoire, qui ont été frotté par tant de mains que chacune y a laissé sa trace.

Un peu d’histoire.

Ah, ici, nous ne pourrons pas faire l’impasse de l’Histoire pour raconter celle de cet appareil discret et singulier, vous allez comprendre.

Les premiers Kodak Vest Pocket sont produits à partir de 1912 et jusqu’en 1914. Ils seront remplacés dès cette date par les Vest Pocket Autographic et produits jusqu’un 1935, avec pas mal de variations sur le même thème.

Vous avec compris, nous sommes au seuil de la Première Guerre Mondiale, celle que les états majors français et autres pensaient être très courte. D’attaques en retraites, de victoires en défaites, de généraux incompétents en décisions catastrophiques, de par aussi l’utilisation d’armes nouvelles (chars, avions) et pas toujours régulières (gaz toxiques), de l’Europe aux Balkans, de l’Empire Ottoman à l’Afrique, le monde s’enflamme et plus de 18 millions de personnes perdront la vie dont près de 10 millions de soldats.

De guerre offensive puis guerre de tranchées, l’horreur de celle-ci n’est pas bonne à montrer aux populations, galvanisées par les propagandes de l’un ou l’autre camp et qui pense encore revoir les siens, au moins vivants.

C’est dans ce contexte chaotique que le Kodak Vest Pocket puis Vest Pocket Autographic voient le jour et sauront s’exprimer, au grand dam des Etats Majors qui tentent d’imposer une censure sur les terribles images des fronts, surtout ceux des tranchées, ces cloaques innommables où meurent tant de Poilus, tant de soldats courageux, cloués au sol par la mitraille et la stupidité de certains généraux.

Construit donc de 1912 à 1926 à plus 1.750.000 exemplaires, ce petit folding (pliant), conçu pour pouvoir être glissé dans une poche de chemise ou de gilet, prendra place dans les paquetages de nombreux soldats, sous-officiers et même certains officiers, en tout cas généralement assez aisés que pour l’acheter et la pellicule qui va avec (l’appareil valait 45F et un soldat touchait 1,5F par … mois). Kodak le distribuera massivement un peu partout dans le monde et donc ce petit témoin sera de tous les camps.

Au début, il devait être le témoin d’évènements dont les soldats pensent qu’ils seront exceptionnels et marquants. On n’entre pas en guerre tous les jours !

Mais la rapide progression de certains et les retraites tout aussi rapides des autres, la rage des combats n’incitent pas à la pratique de la photographie, d’autant que le climat de défiance est bien présent : on traque les espions et on fusille sans procès. Un décret français de 1915 empêchait les civils et les militaires de photographier la guerre.

D’un autre côté, les familles sont dans l’expectative et l’incertitude, sans nouvelles de leurs proches engagés dans les combats car la presse n’a pas non plus d’informations, le courrier ne circule plus et la Section Photographique et Cinématographique de l’Armée (SPCA) pour la France – et c’est le même dans les autres camps – est singulièrement muette. Ces petits appareils restent le secret espoir qu’un jour on comprendra ce qu’était la vie dans ces moments-là.

Pendant la Grande Guerre, Kodak lance aux USA une campagne de publicité qui incite les recrues à acheter ce type d’appareil, en remède contre l’ennui dans les camps d’entrainement et un moyen de faire partager leur quotidien aux familles. En France, Photo-Plait fait de la publicité pour le Vest Pocket, présenté comme le Kodak du soldat.

C’est sans doute le texte du catalogue Photo plait de 1916 qui donne l’origine de la légende de L’appareil du soldat : Chaque soldat désire garder des souvenirs durables du rôle joué par lui et son régiment dans la grande guerre et il lui est facile d’en fixer les meilleurs avec le petit Vest Pocket Kodak. En résumé le Vest Pocket Kodak est le Kodak du soldat.

De fait, finalement, de nombreuses clichés seront pris, tant sur le front qu’à ses abords, qui illustreront même parfois les journaux. Certains de ces journaux iront même jusqu’à proposer des concours récompensant la meilleure photographie de guerre amateur ! D’autres soldats transmettent les pellicules à l’arrière via un camarade en permission. Cela permet de se dérober à la censure postale, sévère.

Un exemple concret est celui de Jean Decressac : trop jeune pour être mobilisé (18 ans), il devancera l’appel en décembre 1914 et s’engage dans un régiment d’artillerie. De fait, avec son frère jumeau, Georges, ils s’engagent tous deux et tiennent chacun des carnets de route où ils racontent leur vie de soldat tout au long du conflit. Ils illustrent ces récits de dessins et de photographies (300 photos) de ce qu’ils découvrent. Ces photos ne seront vue par leurs familles que lorsqu’ils reviendront du front. Mais, fait remarquable, dès 1919, Jean recopie ses carnets au propre puis il les recopie en 1927 – 28 car il veut en faire des Projets d’Actions Educatives (PAE) et ceux-ci seront publiés et déposés aux Archives Nationales. Dans les années quatre-vingt, il ira dans le lycée Guez de Balzac d’Angoulême (son ancien lycée) expliquer la teneur de ces carnets aux jeunes de l’époque.

Comme son nom l’indique, le Vest Pocket est d’un volume si réduit qu’il peut tenir dans une poche de gilet. Appareil pliant, il doit sa petite taille également à l’utilisation du film 127, plus compact que ses prédécesseurs. Ses dimensions, sa simplicité d’utilisation et son coût relativement modéré en ont fait un véritable succès populaire dès son apparition en 1912.

Si cet appareil ne fut pas le seul à braver la boue, les balles et les bombes, les poux, le choléra et la mort, il en donne une large vision de ce que vivaient les soldats, notamment grâce à sa discrète présence, je vais en reparler.

Source : Vieilalbum, photo de guerre 14 -18
Source : Collection-appareils, photo(prêtée par Monsieur Michel Del) où l’on voit un Kodak Vest Pocket sur la table.

Présentation du Kodak Vest Pocket Autographic type 3.

Comme je l’ai déjà écris plus haut, c’est un petit appareil pliant (63 x 120 x 25 mm, 310 g), tout métallique. La platine, qui porte le combiné objectif/obturateur est relié au corps par des bras en croisillons, qui ont la forme d’un double X, gage de facilité pour ouvrir et fermer l’ensemble.

Si vous regardez bien sur les côtés de l’appareil, deux repose-doigts permettent de tirer vers soi toute cette partie avant. Le soufflet limite l’élongation maximale et donne le tirage. Fermé, vous pouvez voir l’avant de l’objectif et de l’obturateur, avec ses commandes.

Au rayon des avantages de cet appareil, outre donc sa taille et sa facilité de manipulation, c’est qu’il utilise du film en bobine, du 127 (je le rappelle encore, toujours produit de nos jours même s’il faut le commander via Internet), évitant de cette manière la contrainte des appareils à plaques de verre.

Lorsque le soufflet est déplié, vous découvrez un petit viseur redresseur, pivotant, derrière la platine. Honnêtement, on n’y voit pas grand chose à travers. Par dessous, une simple barrette pivotante sert de béquille, verticale.

A côté de ce viseur, une tirette sur laquelle il faut appuyer pour déclencher. Attention, il n’y a pas de protection contre les doubles expositions, pensez donc à chaque photo prise de remonter la clé sur le côté, qui enroule le film d’une vue. Le compteur étant la fenêtre en rouge inactinique au dos.

Les commandes sont minimalistes : au dessus, un petit curseur pour régler la vitesse, de 1s à 1/50s plus pose B et T. La disposition des chiffres est étrange : 1/25s – B – T – 1/50s. Les inscriptions sont très petites et ont tendance à s’effacer avec le temps, pensez-y lors d’un achat.

Franchement, ça sent le réglage au pifomètre tout ça …

Je reviens un instant sur cette disposition bizarre des chiffres des vitesses. Cela est dû à l’obturateur, un Kodak à roulement à billes (ball bearing), un système assez courant chez Kodak dans ces années-là parce que Kodak voulait regagner son indépendance par rapport à ses fournisseurs d’obturateurs (souvent des Bausch & Lomb).

C’est un obturateur avec cinq lames, souvent avec un choix entre deux ou trois vitesses instantanées plus la pose B et le mode T. Il a un support à vis pour un câble de déclenchement distant. L’obturateur avec roulement à billes est célèbre pour son échelle de sélection de vitesse impaire avec le mode B entre la première et la deuxième vitesse instantanée, et le mode T à côté du B.

L’ouverture du diaphragme est ici l’échelle de Kodak 1 – 2 – 3 – 4 mais il a existé une échelle d’ouverture dite américaine ou le 4 équivaut à f8 et le 64 à f32.

Pour mettre un film dans l’appareil, il faut retirer la plaque sur laquelle il y a une clé. Faites glisser le verrou, au centre, puis tirez sur la clé de rembobinage et la plaque tombe. Vérifiez qu’il y a bien une bobine réceptrice, mobile, lors d’une acquisition.

C’est d’ailleurs en retirant la plaque de côté que l’on voit comment est fabriqué cet engin : deux tôles de bonne épaisseur en aluminium serties sur elles-mêmes, sans soudures. La plaque de l’autre côté est simplement visée et maintient les deux parties ensembles.

Le film se glisse dans la fente ainsi ménagée, comme sur les anciens Leica mais en plus facile : bobine débitrice à gauche, on tire sur l’amorce, que l’on glisse dans la large fente de la bobine réceptrice, mobile. On fait tourner un peu pour amorcer puis on rentre le tout dans l’appareil, on referme la plaque de côté en faisant bien glisser le verrou vers la position lock, on arme et déclenche une ou deux fois et en route.

Sur l’arrière de l’appareil, ici un Kodak Vest Autographic, autour de la fenêtre rouge, un grand cercle un peu en saillie, sur lequel sont notés les différents brevets attachés à l’appareil dans les différents pays où il est commercialisé.

Et puis par dessous, une étrange fenêtre qui s’ouvre et au bord du volet de celle-ci, un stylet en métal est attaché : il permettait de tracer sur la pellicule des indications (date, lieu…) pour aider à identifier la prise de vue. C’est la caractéristique du modèle Autographic. Cet appareil était un bloc-notes avant l’heure …

Source : Phototimetunnel, voyez, en dessous du négatif, l’inscription notée avec le stylet L’anniversaire de Betty, 5 ans 29/06/14

La fenêtre est notée use autographic film, n° A 127 en lettres embossées dans le métal. Ne rêvons pas, le film permettant cet ajout n’existe plus depuis bien longtemps (arrêté en 1934), il faut se contenter du film 127 tout simple (arrêté lui par Kodak en 1970 mais repris par d’autres depuis).

Un mot quand même sur ce système autographic, caractéristique propre aux seuls Kodak : il concerne tant l’appareil que le film, spécifique.

  • le film 127 est normalement protégé, comme les films 120, d’un papier qui porte les numéros de vue et d’autres indications pour le positionner dans l’appareil. Le A 127 possédait, en lieu et place du papier, un complexe de tissu et de papier carbone sur lequel on écrivait le texte ou les indications quelconques que l’on voulait voir apparaître sur le bas de la photo. Une exposition de 5s est nécessaire pour que la surface sensible soit marquée. L’inscription apparaîtra ensuite sur le négatif et le tirage.
  • sur l’appareil, une fenêtre étanche à la lumière, peut être ouverte et elle laisse alors apparaître le complexe tissus-carbone au dos du film. Avec le fin stylet attaché à cette ouverture, on peut noter quelques mots ou autre sur le complexe ainsi découvert.

J’imagine qu’il ne faut pas effectuer cette opération en plein soleil mais plutôt protégé et à l’ombre. Si la fenêtre, fermée, est étanche à la lumière, une fois ouverte, c’est le film qui est directement en contact avec l’extérieur. C’est bien la chambre noire que l’on entre ouvre !

Le film 127 permet 8 vues.

L’objectif est un ménisque achromatique de 75mm f8 avec une mise au point fixe ou un Rapid Rectilinear, lui aussi fix-focus, voire encore un objectif Anastigmat de 84mm ouvrant à f7,7. Je pense que c’est celui qui équipe cet exemplaire.

Les réglages par dessous font varier l’ouverture du diaphragme et sont notées, en anglais, de gauche à droite : Near view – Portrait ; Average view ; Distant view ; Cloud’s Marine, avec les chiffres de 1 à 4 par dessous, qui représentent la notation Kodak.

Mais il y eut toute une série de propositions, fonction du modèle, de l’année, du pays … et l’âge du Capitaine ! Je vous encourage à aller voir sur le site toujours bien documenté de Collection-appreils.fr car vous y trouverez une liste impressionnantes d’objectifs prévus et un tableau fort bien fait qui résume la plupart des modèles produits.

Et sur le pdf du site Club Niepce-Lumière vous trouverez aussi plein d’informations utiles, comme les numéros de série. Celui-ci est noté sur la petite béquille et sur mon exemplaire il est 1009145, donc l’appareil date de 1919 (il n’a pas connu la guerre, en tout cas, pas celle-là).

Il a existé un boiter recouvert d’un cuir noir, le Vest Pocket Autographic Special. Sur le mien, il manque une vis pour tenir le bloc obturateur/optique, c’est plus embêtant car il ne se positionne dès lors pas bien. Je vais faire des fouilles dans mes petites réserves de vis minuscules.

Que penser de cet appareil ?

L’appareil est sympathique, réellement petit, agréable à prendre en mains mais l’attrait s’arrête là, en tout cas pour moi.

Pourquoi ?

Tout d’abord les inscriptions sont très petites et si je dois me balader avec mes lunettes de vue sur le nez constamment, ça ne va pas le faire !

Ensuite, et j’ai là une vive admiration pour les personnes qui ont utilisé ce boitier, en leur temps car ce ne devait pas être évident d’être ni net ni lisible avec si peu de réglages. Voyez les quelques photos mises dans l’article.

Mais c’est un appareil souvenir, qui a traversé le temps, pour la plupart des boitiers avec succès car on peut être petit et simple mais costaud.

Au niveau prix, il y a de tout comme souvent. Si vous en trouvez un qui a appartenu à un Poilu (appartenance confirmée), il peut coûter très cher. Sinon, les prix s’échelonnent de 50€ à 100€ selon l’état des boitiers et s’ils sont accompagnés d’un sac, d’une pochette, d’anciennes photos, etc.

Alors, appareil historique ou histoire d’appareil ?

Vidéos d’illustration.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ball_Bearing_Shutter, https://pheugo.com/cameras/index.php?page=kodakbb, https://en.wikipedia.org/wiki/Vest_Pocket_Kodak, https://camera-wiki.org/wiki/Vest_Pocket_Kodak, https://casualphotophile.com/2023/02/13/vest-pocket-kodak-camera-retrospective/ en anglais ; https://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible.php?id=66&marque=Kodak, https://www.cameramuseum.ch/decouvrir/exposition-permanente/le-siecle-du-film/vest-pocket-lappareil-du-soldat/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-20546-Kodak_Vest%20Pocket%20Autographic%20serie%20III%20Special.html, https://www.museedelagrandeguerre.com/collections/vestpocket/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Kodak-Vest-Pocket-Autographic.htm, https://www.club-niepce-lumiere.org/media/files/PDF-F/019-20.pdf , http://www.vieilalbum.com/VestPocketAutogrFR.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=309 en français

Argentique

Le Braun Super Paxette II : un argentique bien vintage

Préambule.

Ce n’est pas dans l’ordre des trouvailles, mais ce nouvel appareil date aussi de la grande brocante de Maroilles.

Il était dans une caisse, mélangé à quelques épaves à soufflet et l’un ou l’autre Voigtländer Vito en plus ou moins bon état.

Celui-ci m’a attiré par sa petite taille, son côté solide et sa forme inhabituelle. Il ne semblait pas avoir trop souffert de son transport musclé dans cette vieille caisse.

Un peu d’histoire.

Tout d’abord, ne confondons pas Braun AG ou Braun GmbH et Karl Braun qui devint Braun Photo Technik GmbH en 2000. Si le premier groupe est surtout actif dans l’électroménager (même s’il s’est égaré dans la vente de projecteur Dia avec le Braun 17 par exemple), le second n’a jamais fabriqué que des appareils photos et des … projecteurs de diapositives !

Karl Braun de Nuremberg était d’abord une entreprise spécialisée dans l’optique. Elle fut créée en 1915 sous le nom de Karl Braun KG, Fabrik optische Geräte und Metallwaren (pour fabrication d’appareils optiques et d’articles en métal).

Ce n’est qu’en 1948 que la société commence à produire des appareils photographiques en format 24×36. Elle change alors de nom et devient Carl Braun Camera-Werke. Elle produit alors des box, des pliants (folding) Norca, des moyens formats rigides Paxina

Les appareils les plus connus de sa production sont les Paxette (à partir de 1951) qui deviendront les Super Paxette (à partir de 1956), tout d’abord sans télémètre et objectif fixe, puis télémétrique couplé avec objectif interchangeable au pas de 39mm (mais incompatible avec le LTM 39 de Leica) sur les Super Paxette II.

Les Paxettes ont connus trois générations : la première, toute en métal ; la seconde, avec des lignes un peu plus arrondies et introduisant une cellule et des automatismes ; la dernière se réduisant à des appareils de type Instamatic, utilisant des films en cassette 126 de Kodak.

Les appareils Paxette avaient une convention de dénomination de modèle, non sans exception (sinon ce n’est pas drôle pour les collectionneurs) :

  • Pas de suffixe – base, premier modèle
  • «Je» – base, premier modèle
  • «II» – lentille interchangeable, support de filetage
  • «III» – Lentille interchangeable, support à baïonnette
  • «B» – compteur photoélectrique
  • «L» – levier d’armement, le suffixe est tombé sur des modèles ultérieurs
  • «M» – télémètre
  • «Super» – télémètre couplé

Il y eut même plus tard des Reflex Paxette (3 modèles en tout), qui n’ont absolument pas marché car vendus trop chers. Et, surtout, des projecteurs de diapositives, dont le Paximat qui fut le tout premier projecteur automatique.

Vers le début des années soixante, la marque décide d’arrêter la production d’appareils photo, la concurrence nipponne étant trop forte pour ce marché, mais elle a continué la production de projecteur de dias. Plus de 4 millions de ces projecteur Paximat ou Novimat seront vendus, avec des innovations comme la télécommande filaire puis indépendante, la focalisation automatique, l’utilisation de lampes halogène.

Dans les années quatre-vingt, le nom fut revendu à une entreprise qui refit des reflex, sans doute fabriqués par Chinon ou Cosina. Ils sont assez rares mais toutefois n’ont aucune valeur car trop bâtards.

Elle s’intéressera aussi aux scanners numériques, qu’elle produit toujours. En 2004, Braun a de nouveau changé son nom. Il devient Braun Photo Technik GmbH et continue de vendre et /ou de fabriquer des scanners et des applications optiques.

Présentation du Super Praxette II.

De 1955 à 1957, c’est l’appareil le plus évolué de la gamme : télémètre couplé, objectif interchangeable et obturateur Gauthier Prontor SVS.

En 1958, le design changera et le boitier gagnera une cellule au sélénium.

Commercialement, les boitiers de la marque se positionnent comme destinés au grand public, donc vendus à prix raisonnable (pour une production allemande s’entend).

Le Super Paxette, comme je l’écrivais plus haut, est très compact, dense. De prime abord, on trouve assez vite ses marques, pour peu qu’on ait un peu l’habitude de ce type d’appareils plus anciens.

Tout est là et pourtant, c’est un peu perturbant. La faute à ces blocs de métal qui tiennent le fut de l’objectif, démontable ? A la succession des réglages (vitesses, distances, ouvertures) ? A la position inhabituelle du déclencheur, que l’on cherche sur le capot ? Je ne sais pas trop …

A côté de cela, il y a quelques trucs faciles, comme cette grande roue en dessous, qui est le verrou qui libère le dos, tout le dos, et qui tient en son centre le filetage pour le fixer sur un trépied. L’assemblage des deux parties est ferme et je doute qu’il y ait des fuites de lumière par là. Comme le presse film, qui se referme sur la pellicule et la tient correctement appuyée, bien plane. La bobine réceptrice est une bobine fixe. Lors de l’installation du film, il faut soulever la molette de la bobine réceptrice puis la rabattre car un système interne permet de faire bouger la bobine pour y enrouler le film.

Vous pourriez, comme moi, vous dire que fixer le trépied sur une roue qui sert à fermer l’appareil est risqué. Non, car celle-ci se vise sur un fut, qui porte le pas de vis de trépied, fixé à l’appareil. Bien vu.

Et d’un autre côté, des fonctions déconcertantes comme le levier d’armement, très court, qu’il faut armer une fois et demie pour pouvoir déclencher !

De fait, j’ai d’abord crû que l’obturateur était bloqué, ayant armé une fois. C’est en essayant de nouveau le mouvement que j’ai par hasard appuyé sur le déclencheur et que celui-ci a fonctionné.

Ou comme le compteur de vue, qu’il faut d’abord mettre à la taille du film et qui décompte. La roue, dentée, n’est pas un modèle de douceur pour la faire bouger.

Autre particularité, le sélecteur du flash M – X – V : la position M permet l’utilisation de flash à ampoule et donne une synchronisation de 1/50s à 1/300s ; la position X permet l’utilisation de flash électronique et sa vitesse de synchronisation est de 1/25s ; la position V est celle du retardateur. La prise PC du flash se situe au dessus des lettres.

L’obturateur est un Gauthier Prontor SVS qui donne des vitesses de 1s au 1/300s, plus la pose B. Le déclenchement est discret, presque silencieux, un bon point.

Le viseur est donc couplé au télémètre. Un vague rond, au milieu, permet de faire la mise au point lorsqu’on fait tourner la bague de distance. C’est trop imprécis (à moins que le patch se soit effacé) et il vaut mieux travailler en zone focus.

Néanmoins, en l’absence de came à l’intérieur du fut de l’objectif, j’avoue ne pas comprendre comment le télémètre fonctionne, puisqu’il est couplé. Est-ce la pastille en fonds de fut qui agit sur celui-ci ? Sans doute car elle semble montée sur ressort, avec une broche, mais je ne vois pas bien comment ça marche. Si quelqu’un à une idée, elle est la bienvenue en commentaire.

Ceci étant, le viseur est étroit et peu clair.

Normalement, les Super Paxette étaient équipés de diverses objectifs : des Staeble – Katagon de 45mm f2,8 ou des Pointar de 45mm f2,8. L’exemplaire que je vous présente ici est équipé d’un Car Zeiss Tessar de 50mm ouvrant lui aussi à f2,8. Une proposition spéciale, une modification particulière de l’objectif ?

En tout état de cause, les viseurs étaient calibrés pour les objectifs montés d’origine. Si vous pouviez joindre d’autres focales, il fallait équiper le boitier d’une tourelle pour compenser la visée.

D’ailleurs, ces accessoires étaient prévus par la marque :

Pour installer un film dans la chambre, il faut d’abord rembobiner la pellicule ; un tout petit bouton, sur le dessus du boitier, permet de débrayer le mécanisme. Puis il faut soulever la molette de gauche et tourner dans le sens de la flèche pour rentrer le film dans la bobine. Ensuite, dévisser le verrou et ôter le dos. Pour remettre un 24×36, opération inverse. Notez la grosse base sur la bobine réceptrice, crantée, pour bien faire avancer le film en douceur.

J’écrivais un peu plus haut que le cercle ou patch du télémètre n’était pas très visible et qu’il était sans doute plus utile de travailler en zone focus. Ça tombe bien, ils ont prévus une échelle de profondeur de champ, gravée sur le fut de l’objectif.

Ai-je oublié quelque chose ? Ah oui, le mémo, fixé sur la tête de la molette de rembobinage pour se souvenir du film introduit dans le boitier.

Petit tour de l’engin.

Que penser de cet appareil ?

Je l’ai déjà écris, c’est un appareil assez déconcertant. Pas désagréable mais délicat à manipuler. Mais c’est toujours une question d’habitude à prendre.

Ceci étant, c’est un appareil solide, construit pour durer. Celui-ci va fêter se 70 ans et il fonctionne toujours.

S’il est petit, il est lourd mais si vous ne possédez pas le sac tout prêt qui devrait l’accompagner, il n’y a pas de moyen pour fixer une lanière de portage. Petit sac photo nécessaire.

Hors de l’Allemagne, il n’est pas courant, sans être rare. Pour un bel exemplaire, complet (objectif, sac tout prêt), comptez 120€, sinon le prix se négocie autour des 70€.

A découvrir, pour le plaisir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12420-Braun_Super%20Paxette%20I.html, en français ; https://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Braun_Super_Paxette.html, https://camera-wiki.org/wiki/Paxette, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Braun_Paxette_series, https://retinarescue.com/paxettehistory.html, https://en.wikipedia.org/wiki/Carl_Braun_Camera-Werk, en anglais

Argentique

Le Konica Pocket 400 : le vrai vintage en format 110

Préambule.

Ah, la grande brocante de Maroilles, capital du fromage du même nom. Pour tout vous dire, nous avions prévu d’utiliser le camping car pour y arriver la veille au soir afin de pouvoir nous lever tôt sans être trop fatigués car on nous annonçait pas loin de 600 exposants.

Las, une stupide panne de clignoteurs nous privait de ce fidèle compagnon. Nous avons donc loué une chambre tout près. Afin de voir comment cela allait se présenter, après le souper (diner pour nos amis français), nous sommes partis en repérage des lieux. Et comme à Amiens; nous avons eu la surprise de voir certains brocanteurs déballer et faire quelques ventes à des chineurs de toutes les nationalités.

Un bref tour des premiers exposants nous à toutefois convaincu d’aller dormir, tout le monde n’étant pas encore là, toutes les marchandises en peu fragiles pas encore déballées.

Et donc, le 15 juin, dès 4h30 du matin, nous étions à flâner, les yeux et les oreilles aux aguets. Une vraiment belle brocante.

Petite remarque de vocabulaire : en Belgique, une brocante équivaut à un vide-grenier en France, c’est-à-dire que tout le monde vend ses propres affaires et c’est du tout venant (vêtements, livres, jouets, objets usuels d’une maison, appareils domestiques, etc.). Par contre, une brocante française présente des objets destinés à la revente chez des antiquaires, d’autres brocanteurs professionnels, des particuliers qui cherchent un objet bien précis. Nous appelons cela une belle brocante ou un antiquaire. Ceci pour vous préciser que nous fûmes surpris par la qualité, l’originalité, l’étrangeté, les prix de certains objets présentés, agréablement surpris.

In fine, au bout de près de onze kilomètres de marche, d’aller – retour, de tours en détours, j’ai quand même dégoté quelques beaux appareils que je vous présenterai au fur et à mesure.

Mais, dans cette foule immense, Olivier et moi avons essayé, en vain de nous retrouver (encore toutes mes excuses pour ne pas avoir entendus tes appels dans le bruit ambiant).. On fera mieux la prochaine fois car je sais qu’il a aussi trouvé quelques jolis boitiers/objectifs/accessoires (biffer la mention inutile).

Un peu d’histoire.

De nos jours, la marque Konica seule est un peu oubliée, sauf des plus de 35 ans qui ont connu les différents appareils présenté par la société. Elle est souvent associée à Minolta, qui fusionnera avec Konica en 2003.

Mais commençons par le début. En 1873, Rokusaburo Sugiura vend du matériel photographique et lithographique à Tokyo pour un grossiste en médicaments créé par son arrière-grand-père. Pour ses 25 ans, il aura la chance de se faire photographier dans un studio photo et c’est cette séance qui lui donnera l’idée de son commerce.

En 1897, il importe du matériel cinématographique et il aide à la réalisation du premier film entièrement japonais (1899).

C’est en 1903 que l’entreprise fabrique ses premiers appareils photos, le Cherry Hand Camera. Elle sera la première entreprise à fabriquer en série un appareil photo et à le commercialiser au Japon.

Le Cherry Hand Camera pouvait accueillir six plaques sèches (57 mm × 83 mm) et était vendu à un prix raisonnable. Alors que les appareils photo étaient un produit spécial disponible uniquement pour un groupe limité de personnes, comme les propriétaires de studios de photographie ou de riches amateurs, l’introduction de l’appareil photo Cherry Hand a rendu les appareils photo plus abordables pour le grand public.

Source : Konica Minolta.

Rokuemon Sugiura VII (à part le numéro de succession dans la dynastie, on ne peut pas dire qu’ils ont fait preuve d’imagination pour les prénoms !), pour honorer la mémoire de son père, fonde la Konishi Professional School of Photography pour former les photographes aux compétences techniques et artistiques de la profession. Connue aujourd’hui sous le nom de Tokyo Polytechnic University, cette école forme toujours de nombreux photographes/chercheurs dans la technologie et l’art.

La société produira et commercialisera le premier film pour appareil 24x36mm en 1928, le Sakura film (N/B).

Dès 1896, la société a importé des machines à rayons X au Japon pour la première fois (les rayons X ont été découverts par Wilhelm Conrad Röntgen, un physicien allemand). Pour contribuer à l’avancement du Japon dans l’univers de la médecine, elle a aussi importé des appareils de raidographie. Trente-sept ans plus tard, en 1933, Sakura Film X-ray a été développé, produit et commercialisé avec la même qualité que les films étrangers, auparavant importés.

Le premier film couleur, développé en interne, sera annoncé en 1940 et commercialisé l’année suivante.

L’entreprise ouvrira sa première filiale aux USA en 1956. Elle ne cessera de se développer et d’innover dns tous les domaines de la photographie et de la lithographie.

Ainsi, devant tous les autres grands du secteur photographique japonais, Konica sort le Konica C35EF. Ce sera le premier appareil au monde a présenter un flash intégré (1975). L’appareil aura un énorme succès et se vendra très bien.

Dans le domaine des films, en1976, l’entreprise sort le premier film couleur en 24 vues (Sakura Color 24) alors que la norme était celle de films en 12, 20 et 36 vues. Vendus au même prix que les 20 vues, ces Sakura Color 24 ont établi une nouvelle norme.

Encore une fois, au nez et à la barbe des autres grands fabricants, l’entreprise lance en 1977 le premier appareil photo autofocus au monde, le Konica C35AF (surnommé « Jaspin Konica »). Avec sa fonction de mise au point automatique, cet appareil photo permettait aux utilisateurs de prendre des photos claires simplement en appuyant sur le déclencheur.

L’entreprise continue à se développer et se diversifier, dans le médical, l’impression jet d’encre privée et professionnelle, des appareils pour analyser l’évolution des plantes, etc.

Toujours dans le domaine de la photographie, elle sort le premier papier photographique garanti pour une tenue de 100 ans (1984).

1987, commercialisation du premier film haute sensibilité, le Konica Color GX3200 à 3200Iso.

La société continue à développer ses photocopieurs et entreprend dès 2001 une collaboration avec Minolta pour la fabrication d’encre polymère, moins chère à produire et qui assure une meilleur tenue, plus de précision sur la papier.

Enfin, en 2003, après une longue collaboration avec Minolta dans tous les domaines technologiques, les deux entreprises fusionnent.

2004 verra la commercialisation du Konica Minolta α-7 DIGITAL (MAXXUM 7D aux États-Unis, DYNAX 7D en Europe), le premier appareil photo reflex numérique mono-objectif à objectif interchangeable au monde équipé de la technologie anti-tremblement CCD intégré dans le boitier.

Mais en 2006, le groupe décide d’abandonner la division photographique, qui sera reprise par Kiocera Minolta. L’entreprise développe toujours de nos jours des photocopieurs très performants, des appareils digitaux destinés aux entreprises et à la médecine, des spectromètres pour analyser automatiquement les couleurs, des appareils de radiographies, etc.

Une longue histoire industrielle qui fait que Konica Minolta. Inc. (Konica Minolta) figure parmi les 100 sociétés les plus durables au monde selon l’édition 2023 du Global 100.

Et tout ça grâce à un portrait réalisé en 1873 …

Présentation du Konica Pocket 400.

Comble de l’ironie, si j’ai raté mon ami Olivier, j’ai retrouvé là une dame déjà rencontrée en voisine lors d’une brocante à … Baudour ! Avouez, venir en France pour acheter à une vendeuse belge …

Mais voilà, elle avait quelques chouettes appareils, dont ce petit Konica Pocket 400, auquel je n’ai pas résisté.

Vous le savez, la mode revient à ces appareils qui utilisent le format 110 (voyez aussi l’article sur le Minolta Autopak 450E) et comme j’aime bien la fantaisie de certains de ces appareils, quand j’en trouve un chouette, je le prends.

Celui-ci m’a attiré pour sa (toute) petite taille : guère plus grand, me semble-t’il que le Minolta 16-MG. Un peu plus large car il utilise donc le fameux film en cassette de 110.

Voyons cela de plus près …

Le film au format 110 est apparu en 1972 grâce à Kodak qui voulait un film encore plus petit mais aussi facile que sa cassette 126 (1963). Ce n’est qu’en 2009 que la production de ce film finira, pour être reprise en 2012 par Lomography (merci qui ?).

Comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles relatifs à ce format, il faut un bon appareil pour obtenir le meilleur résultat de cette pellicule, tant à cause de la taille du film lui-même que de la piètre qualité de certains appareils, les Kodak en tête d’ailleurs.

Donc, ici Konica va nous gâter en 1975 avec ce petit parallélépipède qui tient dans toutes les poches, jugez plutôt : objectifs Couleur Hexar f28mm f8, exposition automatique grâce à une cellule précise, alimentée par une 4LR44, deux positions de prise de vue (infini et personnage), cadre lumineux avec correction de la parallaxe dans le viseur, très clair et prise pour un flash sur le côté, synchronisé au 1/30s ou MagiCube sur le dessus.

L’objectif, en verre, est composé de 3 éléments en 3 groupes. La mise au point commence à 1 mètre jusque l’infini. L’obturateur offre des vitesses de 4s à 1/450s.

Contrairement aux Kodak ou Agfa, et quelques clones, pas question ici de tirer sur la moitié de l’appareil pour armer. Vous le faites en actionnant le bouton poussoir judicieusement placé en dessous, là où le pouce le trouve naturellement pour armer.

Sur le dessus, un gros bouton orange sert de déclencheur, aussi doux que les Sensor d’Agfa.

Je le signalais plus haut, il faut une 4LR44 pour alimenter la cellule de l’appareil. Mais celui-ci fonctionne aussi sans pile (et sans cellule alors), à la vitesse de synchronisation (1/30s).

Dernier raffinement, une diode rouge vous signale que la vitesse risque de chuter sous le 1/30s, avec risque de flou de bougé.

J’aime bien aussi la possibilité d’utiliser deux flashs : les Magicube classiques ou un flash électronique dédié (que je n’ai pas), voire un flash d’une autre marque puisqu’il y a un contact central.

Publicité d’époque, merci Collection-appareils.fr

Que penser de cet appareil ?

Franchement, difficile de faire plus compact et agréable à tenir en mains, ni plus simple d’utilisation : vous ouvrez la porte situé à l’arrière, y glissez une cartouche de film (et Lomography vous offre une belle gamme de films, de quoi s’amuser), refermez le dos, actionnez deux ou trois fois l’armement et le déclenchement jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse dans la fenêtre au dos et c’est prêt.

Il ne reste plus qu’à vous balader, le nez en l’air et le Konica dans une poche … pour le sortir au bon moment, en toute simplicité, comme dans les années septante.

C’est une vraie machine à remonter le (bon) temps cet appareil, alors, faites-vous plaisir car il ne vous ruinera pas : comptez 25€ pour un exemplaire en parfait état et 30€ si le flash d’origine est toujours ok et vendu avec.

Un peu de technique.

  • Lentille: hexar 28 mm f / 8 (3 éléments, 3 groupes)
  • Focus: 1 m à l’infini
  • Obturateur électronique Copal : 4 – 1/450 s, synchro flash au 1/30s.
  • Cellule CdS de 100 à 400Iso
  • Alimentation: 1 x 4LR44 Batterie alcaline
  • Dimensions et poids: 108 x 52 x 26 mm, 160 g.

Des références.

whttps://camera-wiki.org/wiki/Konica_Pocket_400, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208728/konica-pocket-400-camera-camera, https://cameragocamera.com/2017/06/25/konica-pocket-400-110mm/, https://collectiblend.com/Cameras/Konishiroku-(Konica)/Pocket-400.html, en anglais ; https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/30519, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3985.html en français

Argentique

Le Nikon FM : un argentique recherché

Préambule.

Parfois les planètes s’alignent, on ne sait pourquoi … Toujours est-il qu’après les FG et FA précédent, j’ai trouvé sur la brocante de Braine-l’Alleud ce bel exemplaire de Nikon FM.

Toute petite négociation car le prix était très attrayant et hop, dans le sac à dos, où il est bien seul. Comme le faisait remarquer Olivier, j’ai parfois l’impression, comme lui, que la source se tarit. Mais ça dépend des jours et des … brocantes.

Parfois il n’y a rien à se mettre sous les yeux et parfois on ne sait pas où donner de la tête et des mains, en tout cas pour être dans les premiers à trouver de belles affaires, en connaisseurs. Franchement, ce qui m’agace le plus, se sont ces gens qui achètent en lot, sans savoir ce qu’il y a dans ledit lot et qui essaieront ensuite de revendre à la pièce parce qu‘ils ont été voir le prix sur Internet mais qui sont incapables de faire la différence entre 2 Zeiss Ikon, par exemple. Quel gâchis souvent !

Un peu d’histoire.

Ici encore, je vous la fait courte parce que justement je me suis épanché dans les articles sur les Nikon FG et FA précités mais aussi sur le Nikon F2S et le Nikkormat FTn.

Pour plus de clarté, je reprends encore le tableau ci-dessous (merci Collection-appareils) :

Le Nikon FM fait partie des boitiers de moyenne gamme, destinés aux amateurs très exigeants et des pro en recherche d’un second boitier sérieux.

Il est dans la succession du Nikkormat déjà cité, un peu plus moderne et compact que son aîné. Fabriqué de 1977 à 1982 (commercialisé en mai 1977), il succède au Nikkormat FT3 et il sera le premier d’une lignée (FM, FE, FM2, FE2, FA et FM3A) qui perdurera jusqu’en 2006.

Source : Kamera museum, Photo : Ralf Peter Müller

Cet appareil, destiné au grand public exigeant, ne renie en rien la qualité de fabrication et le sérieux des ingénieurs nippons. Il permettait d’entrer dans le monde Nikon sans casser (trop) sa tirelire et en bénéficiant du sérieux de la maison.

A l’époque, ses grands concurrents se nommaient Olympus OM-2, Pentax MX, Canon AE-1 et Minolta XE, bien que, si on veut rester objectif, il commençait à dater un peu, surtout dans les dernières années de sa production.

Il inaugure le nouveau système de couplage du posemètre AI (Aperture Index) développé par Nikon et un nouveau design, plus compact et léger. Son corps, réalisé en un amalgame cuivre/alu, est solide. Ce châssis sera celui de nombreux autres appareils moyen de gamme de la marque.

De fait, la célèbre monture F évolue et elle autorise un couplage entre le boîtier et le diaphragme totalement automatique sans l’utilisation des « oreilles de lapin », classiques des objectifs non AI.

Si on y regarde de près, le Nikon FE et le FM sont comme de faux jumeaux : ils partagent le même châssis, les mêmes dimensions externes, les mêmes contrôles généraux et les mêmes spécifications de base, et la même conception globale. De fait, si vous enlevez simplement l’électronique du FE, vous avez un FM.

Je pose ici un nouvel aparté car l’Histoire de la photographie s’invite dans notre réflexion. A l’inverse du milieu automobile où la course a nourri les voitures de Monsieur Tout le Monde, en photographie, les constructeurs sont partis des demandes des amateurs pour faire évoluer leurs appareils. Ainsi les appareils ont perfectionnés leurs viseurs, télémétriques ou réflex ; les tailles des boitiers se sont condensées pour un port plus agréable ; le chargement des films s’est simplifié ; la mise au point s’est améliorée jusqu’à devenir automatisée (AF) ; la contrainte de juger de la qualité de la lumière s’est déplacée vers des cellules embarquées de plus en plus performantes ; la rapidité des prises de vue s’est affranchie du levier d’armement pour embarquer des moteurs de plus en plus silencieux et performants, etc.

Toutefois, n’en déplaise à certains, Nikon a toujours fabriqué d’excellents appareils, techniquement parlant, presque parfait pour leur fiabilité et leur précision (voir l’histoire du mythique F) mais la marque n’aime pas prendre de risques ni se lancer dans des innovations comme ont pu le faire Minolta, Fujica, Pentax, Miranda, par exemple.

Au moment de lancer le Nikon F, ils ont été confronté à un choix : se lancer dans des innovations peut-être éphémères, des gadgets peu utiles ou rester dans un conformisme rassurant mais susceptible de leur faire perdre des parts de marché.

Ils ont opté pour un entre-deux, plus Normand que Nippon : leur nouvel appareil serait simple, extrêmement bien construit, fiable, construit dans une robe nouvelle, dans l’ère du temps. Un appareil qui donnera l’impression aux amateurs d’être comme des professionnels de l’image, avec un boitier très sérieux. Et, concession à la nouveauté, les Led dans le viseur pour contrôler la luminosité. Puisque nous en sommes à faire les fous, on ajoute un petit bouton, près du levier d’armement pour pouvoir exécuter facilement des expositions multiples que Lomography ne renierait pas !

Finalement, la légende du Nikon FM tient plus à sa qualité de construction et sa fiabilité qu’à son audace novatrice, même si quelques améliorations ont pu conforter sa notoriété. Et, à l’époque, les gens de Nikon ne se sont pas trop trompés : les clients préféraient un appareil sûr, qui allait les accompagner longtemps et fidèlement.

Présentation du Nikon FM.

Ne cherchez pas un logo sur la face avant ou le prisme, le FM se fait discret. Ces deux lettres sont inscrites à côtés du numéro de série, à l’arrière, sous le levier d’armement.

C’est un appareil entièrement mécanique, qui peut fonctionner sans piles, celles-ci étant seulement destinées à alimenter la cellule. Et tant qu’à parler alimentation, deux LR44 suffisent.

Selon les critères de l’époque, il est très classique, voyez ce croquis annoté ci-dessous :

Source : Mes appareils photo.

Ah, que j’aimerais retrouver cette simplicité dans nos appareils modernes, bardés de fonctions, de trucs et de machins qui en arrivent aux mêmes résultats : savoir gérer le triangle d’exposition, c’est-à-dire la lumière, la vitesse, la sensibilité.

Petit aparté à ce sujet ; j’ai récemment eu l’opportunité de faire l’acquisition d’un Nikon Z Fc. Sa présentation et la manière de l’appréhender sont très proches de cet appareil. Même son design parait être un clone moderne. Je crois que, comme les Fuji XT et le dernier Fuji EX-5, c’est une idée qui mérite d’être suivie car elle permet de se concentrer sur l’essentiel : faire une photo pensée, réfléchie.

Mais revenons à notre bon vieux FM : bien qu’il semble conventionnel, ce boitier est entièrement parti d’une feuille blanche, pour de nouveaux concepts. Par exemple, sa taille, bien plus petite que les prédécesseurs Nikkormat. Sa conception même a fait appel à une réduction drastique du nombre de pièces internes, afin d’alléger l’ensemble mais aussi pour réduire les couts de fabrication.

Source : Nikonclassic. Si, si, je vous assure, il y a moins de pièces qu’avant !

Toutefois, il s’inscrit d’office dans le vaste système Nikon des objectifs F, des flashs et de moteurs d’entrainement (le défaut des Nikkormats, qui n’avaient reçus sur le tard qu’un ré-armeur bien lent), à savoir en l’occurrence le MD-11 et le MD-12. En effet, ce modèle est prévu, mécaniquement, pour recevoir l’ajout d’un moteur ; un dos dateur, le MF-12 pouvait être ajouté (date et heure).

Contrairement aux appareils destinés aux professionnels, on ne peut pas ici retirer et changer le prisme. Par contre, on peut changer les verres de visées, selon ses habitudes ou ses besoins. Pratique je vous écrivais.

Pour le reste, du conventionnel bien pensé, comme l’obturateur à plan focal vertical, qui donne des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, plus pose B et retardateur de 10s (levier en façade). La synchro flash est fixé au 1/125s. Un levier, à côté du fut d’objectif, permet d’estimer la profondeur de champ.

Le viseur couvre 93% du cadre avec un grossissement de 0,86x. A l’intérieur du viseur, en un seul coup d’œil, vous avez accès aux éléments utiles pour votre prise de vue : en haut, l’ouverture choisie ; à gauche, la vitesse ; et à droite, l’échelle avec les diodes qui vous indiqueront une sur ou sous exposition.

À l’aide d’une paire de photodiodes au gallium logées juste à côté de l’oculaire, le système dispose du modèle de détection standard 60/40 avec pondération centrale. La plage de sensibilité est de 12 à 32000 Iso.

le circuit de mesure

Comme je l’écrivais ici plus haut, la petite innovation ce sont les petites lampes LED, bien visibles quelles que soient les conditions de lumière et en tout cas bien plus facile à lire que les anciennes versions à aiguille flottante.

Autre détail bien pensé, la mise sous tension de la cellule se fait lorsque vous écartez le levier d’armement du boitier, ce qui facilite aussi sa prise rapide en cas de photos rythmées. Ne pas oublier dès lors de bien le rabattre pour économiser les piles.

Le petit bouton coulissant, à côté du levier d’armement permet de faire, simplement, autant d’expositions que voulues sur la même image.

Enfin, par dessous, les contacts électriques bien visibles indiquent que l’on peut monter un moteur, le MD-12, pour atteindre les 3,5 ips (images par seconde).

Encore un mot sur ce qui pourrait n’être qu’un effet stylistique : la forme du support du prisme autorise toujours le montage des anciennes optiques F (pré-AI), celles avec les oreilles de lapin. Un onglet sur le pourtour de la monture permet toujours leur utilisation, à condition de composer diaphragme fermé.

Le système AI pour indexation d’ouverture maximale automatique autorise un couplage d’ouverture entre une optique Nikkor et la cellule. La mesure se fait à travers l’objectif (TTL). La force de ce système est de permettre la réversion de compatibilité et donc de toujours pouvoir utiliser une ancienne optique.

La modification des dispositifs de couplage a permit de renouveler tous les anciens modèles : le Nikon F2 Photomic est devenu le Nikon F2 Photomic A, le Nikomat/Nikkormat FT2 est devenu le Nikomat/Nikkormat FT3 , et le Nikomat/Nikkormat EL est devenu le Nikon EL2. On dit merci qui ? Le Nikon FM !

Pour ouvrir le dos de l’appareil et le charger d’une pellicule, comme d’habitude, vous tirez sur la bobine de rembobinage mais comme il y a une sécurité, il faut faire tourner la couronne autour de la manivelle, pour la déverrouiller.

Voilà, nous avons fait le tour de l’engin.

Que penser de ce Nikon FM ?

C’est un appareil que l’on prend plaisir à regarder, à toucher, à sentir. C’est fabriqué avec minutie et sérieux, fait pour durer une éternité si on y prend soin. Amoureux de belle mécanique, c’est un boitier incontournable.

Les commandes sont douces, précises, sans rien de superflu, que de l’essentiel mais judicieusement disposé pour que vous puissiez vous concentrer sur votre image.

Je parle souvent, sur le site, de boitier école : pour moi, celui-ci en fait clairement partie, et je ne suis pas le seul à le penser (voir la seconde vidéo ci-dessous).

En 1982, la marque proposera un FM2, qui reprend les caractéristiques de ce boitier bien né, et le fait doucement évoluer avec, notamment, un obturateur en titane, qui propose des vitesses de 1s à 1/4000s.

Il sera produit à des millions d’exemplaires, il n’est donc pas vraiment rare, mais sa robustesse et sa fiabilité renforce sa cote malgré le temps qui passe. Pour un bel exemplaire avec un objectif Nikkor, comptez quand même dans les 200€ en version bis-tons ou noire.

Publicité d’époque.

Source : Collection-appareils. Cliquez sur l’image pour ouvrir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FM, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-907-Nikon_FM.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Nikon-FM.htm, https://www.lomography.fr/magazine/78087-nikon-fm, https://35mm-compact.com/reflex/nikon-fm.htm, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FM, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/nikonfmseries/fm/index.htm, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins09-e/, https://casualphotophile.com/2018/05/11/nikon-fm-35mm-film-camera-review/, https://www.kenrockwell.com/nikon/fefm.htm en anglais ; https://nikonclassics-michalke.de/blog/?p=613, https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fm/, en allemand

Argentique

Le Canon Eos 300X : un argentique tellement moderne

Préambule.

Celui-ci, ça faisait un moment que je le cherchais. J’ai souvent trouvé des 300 et 300N mais le dernier des Eos argentique m’échappais toujours.

Cette fois, j’en ai trouvé un, avec sa boite et un grip, lui aussi avec son emballage. C’est dire qu’ils ont peu servi … Je m’étais égaré dans un Cash Converter où ils le bradaient à un prix ridicule, personne ne s’intéressant à lui depuis des mois. Une bonne intuition ce jour-là.

Il est le dernier X, avec film !

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne fais pas vous refaire toute l’histoire de Canon, un article n’y suffirait pas.

Vous retrouverez les grandes lignes dans les articles consacrés à l’Eos 300 (pas de 300N hélas, je l’ai vendu avant d’avoir pu faire l’article) et à l’Eos 300V. J’y notais que la série des Eos 300 a été une des meilleures séries de la marque : légers, performants, rapides, avec un autofocus prédictif à la pointe, une ergonomie soignée qui autorise à photographier d’une main si besoin, faciles à utiliser avec tous les modes que nous connaissons aujourd’hui, déjà installés. Bref, un best-seller qui allait passer la main en septembre 2004 (date de sortie de l’Eos 300X) devant les premiers Eos numériques (le premier Canon numérique entièrement dû à la marque fut le Canon Eos D30, apparu en 2000).

Un an avant (2003) donc, Canon sortait un Eos 300D de 6,1Mpx. Il allait signer la fin des appareils argentiques destinés au grand public. L’Eos 300D était un APS-C qui, heureusement, allait pouvoir réutiliser les optiques EF des anciens Eos, avec toutefois un coefficient de conversion de x1,62, ces optiques ayant été pensées pour l’équivalent des full frame, c’est-à-dire la taille du film 24x36mm.

Pour mémoire, le système EOS (Electro-Optical System) a tout changé dans la gamme Canon car il abandonnait la monture FD pour la EF à moteur intégré (USM). Les nouveaux Eos sont des appareils modernes qui embarquent une électronique sophistiquée, dotés d’un autofocus rapide et précis, notamment grâce à la communication tout électrique des boitiers vers les optiques et réciproquement.

Il n’y a plus de compatibilité avec les optiques FD et leur petite came qui dépassait à l’arrière, qui faisait la liaison avec les boitiers. Sauf à utiliser des bagues de conversion.

Le design de la gamme Eos s’inspire du T90, dû à Colani (inventeur du bio-design), le dernier appareil avec l’ancienne monture.

Présentation du Canon Eos 300X et du grip BP-220.

Comme d’habitude, si cet appareil s’appelle Eos 300X en Europe, il se nomme Rebel T2 aux USA et Eos Kiss 7 au Japon.

Il est donc le successeur du Canon Eos 300V dont il reprend les codes de design, mais son micro-processeur en est à la version trois, plus rapide. Ce qui accélère la réactivité de l’autofocus, qui peut travailler dans les 3 modes One-Shot, Servo-Ai et Ai Focus.

Cet appareil rattrape de cette façon la gamme des appareils destinés aux experts, les EOS 30/33, mais il reste un appareil destiné aux amateurs.

Et, surtout, il répond au dernier sursaut de Nikon avec son F75, lui aussi destiné aux consommateurs amateurs. Si les Eos 500 et Eos 300 distançaient le Nikon F70, la marque jaune voulait un baroud d’honneur avant elle aussi de passer au numérique. Canon allait réagir …

Si je devais résumer la position de cet appareil, c’est qu’il possède en son sein la technologie dernier cri de la marque, presque à jeu égal avec les appareils destinés aux experts très exigeants (de ce fait, certaines fonctions sont bridées) mais habillé dans une robe considérée comme légère, tout en plastique (sauf la monture, en acier), qui se griffe vite et perd alors de sa superbe, même si la technologie embarquée n’en souffre pas.

Voyons ça de plus près, en reprenant les points essentiels.

Commençons par la mise au point automatique, basée sur 7 collimateurs AF, que l’on peut sélectionner individuellement. Ce sont des capteurs croisés, plus précis car ils utilisent 2 capteurs pour donner un meilleur positionnement. Ce sont des capteurs CMOS TTL-CT-STR (TTL Cross Type secondary image registration) – ouf !

L’appareil possède un aperçu DoF (aperçu de la profondeur de champ), pas souvent mis en avant sur des appareils destinés aux amateurs.

Puis, un mot sur le calcul de l’exposition, autrefois chasse gardée de Nikon avec sa mesure matricielle. Ici, Canon travaille sur 35 zones (au lieu de 25 pour le F75), en plus d’une mesure spot et une pondérée centrale.

Ensuite, l’obturateur travaille de 30s au 1/4000s (le Nikon plafonne au 1/2000s). Il y a bien sûr la pose B, un retardateur (10s), avec télécommande si besoin. Si on ajoute la synchro flash au 1/125s, on n’est plus vraiment dans les performances habituelles de l’entrée de gamme.

Comme souvent, l’appareil lit le codage DX des films, de 25 à 5000Iso et on peut toujours faire un réglage manuel entre 6 et 6400Iso. On peut aussi faire une compensation d’exposition de 3EV, par demi-crans, en plus ou en moins.

Le viseur est un pentamiroir (pas un pentaprisme, question de budget) qui reste étonnamment lumineux, avec une couverture de 90%. L’affichage reprend le verrouillage de la mise au point, la vitesse, l’ouverture, la compensation EV, des infos sur le flash et le blocage de l’exposition (AEL = Auto Exposure Lock).

Vous verrez des petits carrés piqués d’une LED rouge dans le viseur, ce sont eux qui vous indiquent si la mise au point est bonne.


Un mot aussi sur le flash, pop-up (qui sort automatiquement ou manuellement). Sa sensibilité est de 13GN pour 100Iso, ce qui est très raisonnable. La vitesse de synchronisation est fixée au 1/125s. Mais comme l’appareil est dit E-TTL 2 (calcul à travers l’objectif), vous pouvez utiliser les excellents flashs de la série Speedlite EX – xxx et vous obtiendrez une synchro flash à haute vitesse si besoin. N’oublions pas que dans les Eos la communication se fait du boitier ver l’optique et inversement : les informations sur la distance et l’ouverture permettent d’affiner la puissance du flash intégré ou des flashs externes pour un meilleur équilibre entre le sujet et l’arrière-plan.

Pour alimenter tout ça, le boitier demande 2 piles CR2. On peut s’en passer si on ajoute un grip, comme ici, le BP 220 qui ingère 4 piles AA très communes. Il faut pour cela ouvrir la petite porte du compartiment piles et y glisser la tige du grip, l’attacher au boitier par la vis de serrage et le tour est joué.

L’ergonomie est classique des Canon et les boutons, molette de réglage des fonctions, molette de réglages particuliers, le trèfle à l’arrière sont facilement accessibles et judicieusement placés.

A l’arrière, un grand écran(30x30mm) qui, éteint, pourrait faire penser à un numérique, nous renseigne sur les fonctions choisies. L’écran est rétro éclairé si besoin pour favoriser les réglages quand la lumière manque. Il donne accès à des fonctions comme le réglage des Iso, la compensation d’exposition, la suppression du bip de mise au point, en plus de 6 autres paramètres personnalisables (réglage des zones de mise au point) ou paramètres du flash. Deux fonctions, bien utiles aux distraits auxquels je me compte : impossible de déclencher si on a oublié de mettre un film dans l’appareil ou s’il n’y a pas d’optique fixée.

La grande roue PSAM reprend les mode habituels de Canon : programme P, modifiable, ou rectangle vert pour le programme tout automatique ; priorité vitesse (Tv), priorité ouverture (Av) et manuel (M). Viennent ensuite s’ajouter les modes dits créatifs : portrait, portrait de nuit, macro, sport et une spécialité maison, le A-DEP qui permet de juger de la profondeur de champ optimale entre deux points, l’un situé au loin et l’autre plus près du sujet. N’oublions pas la possibilité de désactiver le flash.

Je reviens (encore !) sur la monture EF car elle vous permet de choisir dans un immense catalogue d’optiques généralement très bonnes, y compris les fameuses séries L (pro). Les objectifs plus anciens peuvent encore être utilisés, moyennant des bagues d’adaptation et en acceptant de perdre certaines fonctionnalités. Vous perdrez l’autofocus mais garderez une mesure en mode stop down (calcul de la luminosité) si vous êtes en mode Tv.

Compact et léger (365gr), il possède une poignée encore plus ergonomique que celle de son prédécesseur. Toutes les commandes ont été regroupées d’un côté de l’appareil ce qui permet de l’utiliser à une main si besoin. Un bip vous avertira aussi si à main levée vous êtes à la limite du flou.

Enfin, le chargement a été simplifié au maximum : vous posez la bobine dans la chambre, vous tirez sur l’amorce pour l’amener à la tête de flèche et puis vous refermez le tout. Le boitier se charge de charger (c’est le cas de l’écrire) le film correctement. On dit merci qui ?

Publicité d’époque.

Que penser de cet Eos 300X ?

Je l’ai acheté muni du grip d’origine BP 220 qui, s’il améliore l’alimentation de l’appareil, assure aussi une très bonne tenue en mains mais a tendance à déséquilibrer le tout lorsqu’un objectif un peu long, comme le 28 – 90 du kit, est monté : il pique du nez ! Rien de grave, mais à ne pas oublier quand on le pose sur une surface plane. Ce grip n’augmente pas la vitesse en déclenchements continus ou rafale.

Avec ou sans cet appendice, l’appareil est agréable à tenir en mains, facile d’usage. Finalement, il contient tout le savoir faire de Canon en appareil argentique mais sous une robe non professionnelle, c’est-à-dire en plastique non renforcé, sans joints d’étanchéité, avec quelques fonctions bridées mais avec les mêmes ingrédients que les Eos 30/33, voire Eos 3.

Avec lui vous ne prenez pas de risque : selon le choix du programme que vous faites vous aurez toutes les chances que les réglages soient justes et vos photos réussies, tout en ayant en mains un appareil très proche des standards actuels et des commandes que l’on utilise encore presque comme à l’époque de son lancement, il y a vingt ans. Presque hier en somme …

Je pense l’avoir déjà écris souvent dans ce blog, si vous voulez vous lancer dans l’argentique sans avoir connu ce milieu auparavant, donnez-vous toutes les chances de réussir vos images pour ne pas vous décourager. Les réglages des appareils plus vieux (années septante et quatre-vingt) n’ont rien d’ésotériques mais un minimum de compréhension de ceux-ci est nécessaire pour tirer la quintessence de ces anciens boitiers. Ici, pas de casse-tête mais des menus simples et assez évidents.

En plus, cet Eos possède une fonction que j’aime beaucoup : lorsque vous chargez un film dedans, celui-ci précharge le film et le dévide vers la bobine réceptrice au fur et à mesure. L’avantage est énorme : en cas d’ouverture intempestive du dos, seules les photos non encore exposées seront voilées.

Ensuite, ces appareils n’ont pas encore vraiment le statut d’anciens et donc ils ne sont pas encore très recherchés, avec dès lors des prix attractifs. Comptez environ 40€ pour un très bel exemplaire avec un objectif (souvent ceux du kit d’origine). Ça ne va pas vous ruiner et vous ferez des économies sur les photos que vous réussirez presque toutes à coup sûr.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  1. AF One-Shot : l’appareil photo verrouille la mise au point sur les sujets immobiles
  2. AI Servo AF : l’appareil photo suit en permanence les sujets en mouvement
  3. AF AI Focus : l’appareil photo évalue le sujet et sélectionne automatiquement l’AF One-Shot ou l’AF AI Servo.
    L’autofocus est activé en enfonçant le déclencheur à mi-course
    Plage de travail AF EV 1-18 (à 100 ISO)
    Méthode d’assistance AF Via le flash intégré : émet des impulsions répétées de faible luminosité si le flash est levé.
    Contrôle de l’exposition
    Modes de mesure 1. Mesure TTL à pleine ouverture à l’aide d’un SPC (cellule photoélectrique au silicium) à 35 zones. Trois modèles de mesure disponibles.
    a. Mesure évaluative à 35 zones.
    b. Mesure partielle centrale qui couvre environ 9,5 % de la surface du viseur.
    c. Mesure moyenne pondérée centrale (réglée automatiquement en mode M)
  4. E-TTL II : mesure du préflash sur 35 zones à l’aide des flashs macro Speedlite 550EX, 420EX, 220EX ou EX MR-14EX ou MT-24EX. Flashs Speedlite de la série EX ou flash intégré requis.
    Plage de mesure EV 1-20 (avec objectif 50 mm f1.4 à 100 ISO)
    Modes d’exposition 1. Programme AE intelligent avec décalage variable (P)
  5. Priorité à la vitesse d’obturation : AE (Tv)
  6. Priorité à l’ouverture AE (Av)
  7. DEP AUTOMATIQUE (A-DEP)
  8. Entièrement automatique (programme intelligent AE, non décalable)
  9. Modes de zone d’image programmés : portrait, paysage, gros plan, sport, portrait de nuit et flash désactivé
  10. Programme E-TTL II FLASH AE
  11. Réglage manuel aidé par la cellule
    Exposition multiple : jusqu’à 9 expositions peuvent être préréglées. Effacement automatiquement une fois terminé. Annulable à mi-chemin
    Compensation d’exposition 1. Bracketing d’exposition automatique (AEB) jusqu’à +/-3 IL en 1/2 arrêts
  12. Correction d’exposition manuelle jusqu’à +/-3 IL par 1/2 arrêts.
  13. Disponible en modes entièrement automatique et programmé
    Obturateur
    Type Obturateur à déplacement vertical, plan focal avec toutes les vitesses contrôlées électroniquement. Les rideaux des obturateurs avant et arrière sont tous deux dotés d’un contrôle de déclenchement électromagnétique dédié. (Vitesse du rideau : 6,3 ms/24 mm)
    Vitesses d’obturation Vitesses d’obturation 30s à 1/4000 s, pose , X-sync à 1/125s
    Flash intégré:
    Type : Flash automatique E-TTL II intégré pour des expositions au flash stables et de haute précision (flash FE activé)
    Commandes AE du flash 13 m (42,6 pi) (ISO 100)
    Angle de couverture du flash : couvre l’angle de vue de l’objectif de 28 mm
    Durée du flash : 1 ms ou moins
    Temps de recyclage : environ 2 secondes. L’icône s’allume dans le viseur lorsqu’elle est prête
    Température de couleur équivalente à la lumière du jour
    La lampe de réduction des yeux rouges s’allume lorsque le déclencheur est enfoncé à mi-course et que la mise au point et la mesure sont réalisées
    Transport de films
    Système de pré-enroulement automatique du chargement du film. Après le positionnement du film et la fermeture du capot arrière, le film s’enroule automatiquement jusqu’à la fin du rouleau. Au fur et à mesure que les photos sont prises, le film est rembobiné image par image dans une cassette.
    Réglage de la vitesse du film ISO 25-5000 automatiquement réglé par incréments de 1/3 d’arrêt selon le code DX. Peut également être réglé manuellement à partir de 6-6400 ISO par incréments de 1/3 d’arrêt
    Transport du film Avance sur une seule image ou avance continue réglée automatiquement en fonction du mode de prise de vue
    Bobinage de film L’un des deux modes suivants peut être réglé : Image unique et Continu. (En mode continu, avec AF verrouillé, environ 3,0 ips et en mode AF AI Servo, environ 2,8 ips)
    Rembobinage du film Rembobine automatiquement à la fin du rouleau. Rembobinage à mi-rouleau possible
    Source d’alimentation
    Batterie : deux piles au lithium CR2 logées à l’intérieur de la poignée de l’appareil photo
    Le niveau de la batterie est affiché par l’indicateur de niveau de batterie sur l’écran LCD. Le niveau de la batterie est indiqué sur l’un des quatre niveaux.
    Dimensions
    Dimensions (L x H x P) : 130 x 90 x 64 mm (5,1 x 3,5 x 2,5 po)
    Poids 365 g (12,9 oz) (sans piles)
    Autre : dos dateur avec Date/Heure Mentions légales Jour/Mois/Année, Mois/Jour/Année, Année/Mois/Date, Date/Heure/Minute

Des références.

https://studio-argentique.fr/2015/10/15/le-canon-eos-300x-pour-mettre-un-pied-dans-largentique/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-9607-Canon_EOS%20300X.html, en français ; https://www.35mmc.com/07/10/2017/canon-eos-300x-40mm-f2-8-stm-review/, https://www.the3rs.uk/the-final-eos-film-slr-culmination-or-capitulation-the-canon-eos-300x-review/, https://austerityphoto.co.uk/last-of-the-line-canon-eos-300x/, https://global.canon/en/c-museum/product/film248.html, en anglais ; https://filmphotography.eu/kamera/canon-eos-300x/, en allemand

Argentique

Le Nikon FA : l’argentique qui a ouvert la voie

Préambule.

Si vous vous en souvenez, c’est dans l’article sur le Nikon FG que j’expliquais la découverte de ce second Nikon, muni de son moteur et d’un flash. Si le premier était bis-tons, celui-ci est tout noir, comme je les aime.

Lorsque je l’ai trouvé, impossible de l’armer et de déclencher, parce qu’il était monté sur le moteur et que celui-ci – heureusement – ne contenait plus de piles. J’en ai donc remis dans le chargeur (4 piles AA classiques) et c’est reparti sans souci.

L’autre point que je voulais vérifier, c’était le flash car, généralement, après un certain temps, ceux-ci ne fonctionnent plus. De plus, pour celui-ci, la vitre striée à l’avant me semblait comme brûlée.

Et bien 4 nouvelles piles AA plus tard, il repartait lui aussi sans problème.

Finalement, l’achat de ces 2 appareils est finalement une bonne affaire !

Un peu d’histoire.

Encore une fois, je ne vais pas tout reprendre, les articles précédents sur la marque en ont déjà fait un beau tour et le dernier sur le FG l’a encore approfondi.

Je vais toutefois reprendre le tableau déjà utilisé car c’est un excellent résumé :

Grâce à ce tableau, nous pouvons resituer le Nikon FA dans la gamme : nous ne sommes plus dans l’entrée de gamme mais dans le milieu, à côté du FM2.

Pourquoi à côté et non pas sur le même pied ? Parce que le FA inaugure un nouveau système de mesure d’exposition innovant, le AMP pour compteur automatique à motifs multiples ou encore mesure matricielle.

Produit de 1982 à 1988, il va marquer durablement la manière de mesurer la lumière chez les reflex.

Présentation du Nikon FA.

Je reviens donc un instant sur cette mesure matricielle car elle mérite notre attention.

Comme un petit dessin vaut mieux que mille mots :

Le viseur est subdivisé en quatre zones de surface équivalente. Une zone centrale empiète sur chacune de ces quatre zones, un peu plus sur les zones basses. Pour chacune des quatre zones, une cellule mesure la lumière. La zone centrale est mesurée par deux cellules, placées de part et d’autre de la visée.

Ensuite, les valeurs qui sont mesurées sont envoyées vers un véritable calculateur, nourrit de millier de valeurs inscrites dans sa mémoire. Il va les comparer, choisir éventuellement de ne pas tenir compte des valeurs de certaines cellules ou les plafonner si elles sont trop extrêmes. Bref, on pourrait dire qu’il va faire des moyennes pondérées de la lumière pour déterminer la valeur la plus fine possible.

De nombreux tests auront lieu et la critique sera unanime : cet appareil était génial pour l’époque avec sa mesure matricielle (sur 5 zones). Il reçu d’ailleurs le Grand Prix Camera 1984 au Japon pour cette innovation.

Attention, à l’époque il n’y avait pas d’Intelligence Artificielle (AI) pour encoder les infos dans l’ordinateur de bord embarqué par le FA, mais la patience des ingénieurs …

Imaginez une surface équivalente à un film de 24x36mm. Sur celle-ci, les ingénieurs ont placé 24 SPD ou photodiode au silicium, soit de petits carrés de 5mm². Quatre sont placées à la verticale et six à l’horizontale. Ce support est fixé en lieu et place d’un film dans le corps d’un Nikon FE. A côté de cet appareil, un autre FE non modifié, que l’on charge de films différents, qui seront exposés avec un braketing d’exposition. Ensuite, les photos considérées comme les meilleures sont retenues et on introduit leurs références dans l’algorithme (méthode résolution d’un problème) qui alimentera la mémoire du FA.

Imaginez les milliers de photos que cette méthode requiert et la patience méticuleuses des ingénieurs Nikon de l’époque !

Ah, et encore une chose : cet appareil upgrade son micrologiciel à … chaque nouveau film que vous mettez dans la chambre. Facile, non ?

La mesure à pondération centrale écrit ses derniers jours … car la mesure matricielle se retrouve encore dans les appareils digitaux modernes.

Le boitier propose encore une vitesse de travail jusqu’au 1/4000s, alors que la concurrence plafonnait au 1/2000s (obturateur en titane et caoutchouc alvéolé du F2) ; une synchro flash au 1/250s ; l’ancêtre du PSAM avec un mode manuel, un priorité ouverture (A), un priorité vitesse (S) et un mode programme (P), qui offrait la sélection des vitesses hautes pour les téléobjectifs AI-S, et enfin la mesure TTL au flash.

Source : Camera Passion

Mais alors, pourquoi ne pas l’avoir considéré comme un appareil haut de gamme ?

Chez Nikon, on est perfectionniste et orienté professionnels de la photo. Or le FA a pour eux deux défauts (qui deviendront ensuite des qualités, mais ne brulons pas les étapes) : sans piles, rien ne fonctionne alors qu’un F3 travaille toujours – ce qui, in fine, n’est pas tout à fait juste car il y a une vitesse mécanique de secours, le 1/250s M250) ; ensuite, pour exploiter toutes ses possibilités, il faut utiliser des optiques AI-S. Les AI sont bien évidemment compatibles sauf en téléobjectif car le mode P ne les reconnait pas pour le décalage de programme en vitesses rapides.

Ceci étant, il accepte des verres de visée différents (quadrillé, dépoli), un dos dateur et un moteur, le MD 15, comme un vrai Pro.

Petit aparté utile sur les objectifs à réglages manuels Nikkor de chez Nikon (merci Nikon passion) : depuis 1959, la monture des boitiers reflex de la marque est la F, introduite avec le mythique Nikon F.

  • Nikon Nikkor non AI : objectif à réglages manuels (1959 – 1977) ; ils sont de trois types : A (couronne filtre chromée), C (couronne filtre noire) et K (revêtement caoutchouc). Ils possèdent une espèce de fourchette sur le pourtour, qui viendra s’embrocher sur l’index de l’appareil
  • Nikon Nikkor AI : toujours des objectifs à réglages manuels (1977) mais ils permettent cette fois l’indexation automatique de l’ouverture du diaphragme (AI = Automatic aperture Indexing). Le boitier interprète mécaniquement la valeur d’ouverture maximale et fait les calculs, diaphragme ouvert. Ils portent tous des rainures noires, une couronne de mise au point revêtue de caoutchouc, des lentilles traitées multicouches. Sur ceux-ci, la fourchette est ajourée, il y a deux lignes d’indications pour le diaphragme et une bague de couplage AI, ce qui rend l’objectif compatible tant avec les appareils à fourchette que ceux sans.
  • Nikon Nikkor AI-S : ils sont toujours manuels et une évolution des AI. Sorti en 1982, cette fois l’indexation automatique concerne la transmission au boitier de la distance focale de l’objectif en plus de l’ouverture maximale du diaphragme, d’où le Automatic aperture Indexing, and Shutter (indexation automatique du diaphragme et de l’obturateur). Le signal, positif ou négatif de la distance focale permet d’adapter le mode P (programme) des nouveaux boitiers (comme le FA). Pour les reconnaître, la valeur la plus petite est inscrite en orange et il y a un renfoncement sur la face de la baïonnette.
  • Nikon Nikkor série E : ce sont des objectifs AI-S, mais dans une version économique. Ils sont construit en matériaux composites, optent pour une formule optique simplifiée et le traitement multicouche a été réduit. Ils sont considérés comme de moins bonne qualité. Ils sont au nombre de huit : NIKKOR 28 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 35 mm f/2.5 Série E, NIKKOR 50 mm f/1.8 Série E, NIKKOR 100 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 135 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 36-72 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 75-150 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 70-210 mm f/4.5 Série E. Pour les reconnaître, l’indication de l’ouverture la plus faible est en orange et il y a une cuvette dans la monture arrière pour le couplage mais plus de fourchette.

De l’autre côté de la molette de commandes des vitesses et des modes, il y a la molette de rembobinage, qui permet aussi, en la soulevant, d’ouvrir le capot arrière ; autour de la couronne, le disque pour noter les mesure de la sensibilité (jusque 3200Asa, que l’on manipule après avoir appuyé sur le petit bouton argenté à côté et enfin la correction d’exposition (-2 à +2).

Sur la façade, le déclencheur, que l’on actionne en faisant descendre le levier. Vous avez 10 secondes pour rejoindre la photo de famille.

Le déclencheur est muni d’une position lock et il est fileté pour y adjoindre une télécommande filaire.

Notez encore la griffe flash, dans laquelle vous pourrez fixer un flash dédié (attention, pas un flash moderne, plutôt un SB-15 ou un flash tiers (ici un Metz faisait l’affaire). Il y a toutefois une prise pour les flash plus ancien (attention : ne jamais fixer un flash moderne sur ces appareils, vous allez griller votre flash, les valeurs ne sont plus les mêmes). La vitesse de synchronisation est fixée au 1/250s.

Un mot encore du moteur, un MD-15, développé pour le FA : celui-ci accepte 6 piles communes, des AA, et il alimente alors tout l’appareil (moteur et cellule). Il offre la motorisation automatique (pas de réarmement nécessaire) et il permet d’atteindre la cadence de 3,2 i/s. Avec ses 330 gr, ajoutés aux 625gr du boitier, on frôle le kilo mais la tenue en mains est confortable et le moteur apporte une double commande, bien pratique pour les cadrages verticaux, par exemple.

Au rayon des astuces bien pratiques, notons ce volet qui occulte l’oculaire de visée en cas de pose longue. Comme sur le Canon A-1 ou F-1 et en tout cas bien utile pour éviter les lumières parasites.

Ou encore ces fenêtres dans le prisme, qui illuminent littéralement le viseur, et cette petite poignée qui assure une meilleure prise en mains si on n’utilise pas le moteur MD-15.

Dernière petite revue de l’engin.

Que penser de cet appareil ?

Quels étaient les appareils en compétition en 1982 ?

Il y avait les excellents Minolta X700 MPS, Canon A-1, Pentax LX, Olympus OM-3, Fuji AX-5, par exemple, qui ont tous développé des nouveautés, que ce soit le mode PSAM, l’utilisation du premier CPU au monde, l’appartenance à un système complet d’accessoires, la compacité et la robustesse, notamment.

Le Nikon FA devait innover encore pour creuser la différence : ce fut chose faite avec sa mesure matricielle associée à un calculateur numérique et non plus analogique, et le fait d’atteindre la barre mythique du 1/4000s.

Pari réussi, nous l’avons vu. Et même si j’ai un grand faible pour le Canon A-1, je reconnais bien volontiers que ce Nikon est impressionnant.

Il fait partie de ces légendes qui ont perduré même après l’avènement, en 1985, du premier appareil doté de l’autofocus.

Bref, si vous avez la chance d’en trouver un, ne le laissez pas partir, c’est un compagnon d’excellente réputation. Mais il vous faudra délier les cordons de la bourse car il est délicat d’en trouver sous la barre des 150€ avec un objectif de 50mm. On passe celle des 200€ avec un moteur.

C’est, réellement, un appareil que l’on a envie de garder et d’essayer jusqu’à plus soif, un peu comme une tranche d’histoire que l’on garde pour soi …

Alors, soyez raisonnable, faites-vous plaisir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Reflex Mono-objectif
Format de Film 35 mm
Armement manuel ou avec moteur
Une image au format 24 mm x 36 mm
Monture d’objectif monture d’objectif Nikon F série AI-S ou AI avec restrictions
Réglage manuelle de la distance
Viseur avec pentaprisme
Temps d’exposition à 1/4000 seconde à 1 seconde, plus pose B
Mesure matricielle de la lumière sur 5 zones
Sensibilité de 12 à 4000Iso
Modes d’exposition : priorité vitesse, priorité ouverture, programme, mode manuel
Connexion flash via la griffe et prise PC-Flash
Vitesse de synchronisation du Flash 1/250 s
Filetage de trépied
Possibilité de déclencheur filaire
Retardateur
Alimentation 2x piles LR44
Taille 14,2 x 9,2 x 6,4 cm
Poids de 625 grammes nu

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FA, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11608.html, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_nikonfa_fr.html, https://camerapassion.wordpress.com/2013/05/07/nikon-fa/, en français ; https://www.kenrockwell.com/nikon/fa.htm, https://mynikons.org/manual/nikon-fa/, https://filmphotography.eu/en/nikon-fa/, https://casualphotophile.com/2021/10/20/nikon-fa-review/, https://all-my-cameras.com/2018/09/25/the-nikon-fa/

Les instantanés

Le Polaroid MiniPortrait : un appareil instantané déroutant

Préambule.

Maubray et sa grand brocante, d’habitude sous le soleil est aujourd’hui sous un fin crachin qui s’insinue partout. Pourtant, la plupart des vendeurs sont là et les chineurs aussi, tout va bien.

Mais, comme le faisait remarquer Olivier dans un de ses commentaires, les appareils photos sont rares sur les stands et pourtant nous étions là tôt.

Finalement, outre quelques petits compacts à la mode Lo-Fi, je n’ai pas encore vu un boitier qui me fasse frémir.

Et puis, au détour d’un stand, un appareil imposant où le terme « mini » fait presque sourire : un vieux Polaroid MiniPortrait à peu près en bon état. Petite négociation et j’essaie de le faire entrer dans le sac à dos, non sans difficultés.

Un peu d’histoire.

En fait de Polaroid, il s’agit plutôt d’un appareil inventé par la société Cambo, une des rares entreprises de matériel photographique hollandaise.

Fondée en 1946 par Roelof Bok à Hengelo, elle s’appelait alors Technica Hengelo. Elle se spécialisait dans des appareils professionnels de grands formats comme des appareils de reproduction ou des boitiers techniques.

Petit à petit, son expertise dans ces domaines lui a permis de se diriger vers la fabrication de chambre de grande qualité (Super Techna) et de toute une série d’accessoires comme des bancs de reproduction, des trépieds, des rotules, des chambres de développement, etc.

En 1965, pour éviter une confusion avec les chambres Linhof Technica lorsqu’elle exporte ses produits, elle change de nom et devient Cam(era) Bo(k) ou Cambo et elle déménage à Kampen, toujours aux Pays-Bas.

C’est en 1966 qu’elle présente le Cambo modèle 40, un appareil destiné aux professionnels pour effectuer des portraits … pour documents, comme les passeports.

C’est un gros boitier, en métal, destiné à être utilisé sur trépied, bien qu’une solide poignée soit ajoutée sur le côté. Il peut produire 4 images sur chaque feuille de film. Techniquement, ce sont 4 appareils photo similaires réunis dans un même boitier. Quatre carrossages distincts, à l’intérieur, définissent 4 cadres d’image de la taille d’une photo d’identité (format image de 2×2 images dans un rectangle de 73×85 mm, chaque image fait environ 36×42 mm ).

L’idée est originale et des milliers d’appareil de ce type seront vendus aux professionnels. Si vous avez fait faire des photos d’identité dans ces années-là, vous avez dû être face à un des ces gros appareils.

Devant ce succès, l’entreprise produira même, dix ans plus tard, un Combo du Cambo (sorry, pas pu m’en empêcher !) : une boite contenant un appareil photo et devenant un mini-stand avec flashs et support pour le document sur lequel imprimer la photo. La plastifieuse est aussi intégrée à la machine, permettant de réaliser en un tour de main le document officiel recherché, sans possibilité de falsification (heu, la machine à écrire pour compléter le papier était en option !). En options bien réelles celles-là, la pince à perforer le document, les œillets et la pince pour accrocher de suite la carte ainsi réalisée. On n’arrête pas le progrès mon bon Monsieur …

Intéressant me direz-vous, mais Polaroid dans tout ça ?

En fait, cet appareil est réalisé en partenariat avec Polaroid, partenariat qui s’arrêtera à la fin des années septante (soixante-dix pour nos lecteurs français).

La liste des apports de Polaroid : l’arrière de l’appareil reçoit des pack film instantanés Polacolor 125i à l’origine (des packs 100) ; le grand panneau d’objectif et l’obturateur proviennent du Polaroid MiniPortrait.

Moins sophistiqué, le Polaroid ne propose qu’une ouverture de f8, deux vitesses et une pose B et on ne peut que faire les 4 photos en même temps (ici le modèle 454).

Pour le reste, les objectifs sont des Schneider-Kreuznach Radionar de 125mm ouvrant à f8. Ils sont tous égaux, chacun étant focalisé sur la même distance, ce qui est la distance optimale pour les portraits photo d’identité.

Enfin, l’appareil photo a aussi quelques pièces Cambo : la chambre métallique massive contenant les quatre chambres de l’appareil photo ; le très fin viseur à cadre lumineux télescopique galiléen inversé ; en dessous, la plaque de trépied solide portant le numéro de série de l’appareil photo ; la poignée solide et le câble de déclenchement spécial ; le bouton du sélecteur, au milieu.

Polaroid a aussi produit ses propres appareils à portraits, sans collaboration toutefois. Quant à cette série, elle compte, si j’ai bien compris, deux itérations : le 401 et le 404.

La société Cambo, qui a plus de 80 ans maintenant, continue a produire des appareils pour studio, des accessoires (pieds, rotules, etc.) et s’est diversifiée dans le digital avec des produits de haute technologie.

Présentation du Cambo Polaroid MiniPortrait.

C’est fou ce qu’on découvre avec ces appareils, surtout ceux qui sortent de l’ordinaire. De prime abord, pour moi c’était un énième avatar de Polaroid, et bien non !

Bon voyons de plus près cet engin …

Outre sa taille, ce qui frappe le plus, ce sont les quatre objectifs sur la face avant et les multiples réglages que l’appareil suppose.

Puis vient la marque, Polaroid MINIPORTRAIT avec cette réglette organe au dessus, puis le viseur sur le côté et enfin la poignée et le câble de déclenchement.

L’arrière est plus sobre, il n’y a que le support pour le pack 100 et en dessous, le gros socle qui permet de fixer le boitier sur un trépied de photo solide. C’est aussi sur ce socle que vous trouverez les indications du modèle, ici un 401 et la marque.

Je reviens un instant sur les objectifs, qui sont signés ici Combonar, toujours des 125mm ouvrant à f8. Bien que peu connus du grand public, les objectifs Cambo ont une excellente réputation, notamment grâce aux nombreuses chambres produites par la marque.

C’est le moment d’expliquer comment cela fonctionne : au centre, un sélecteur, qui permet de choisir quel objectif sera utilisé et un point au sommet qui permet de choisir les 4 en même temps ; ensuite, de chaque côté vous voyez un sélecteur. Celui de droite sélectionne les vitesses de 1/50 ou 1/100s plus un pose B, tandis que celui de gauche permet de sélectionner l’ouverture choisie, de f8 – f11 – f16 puis encore f22 et f32. C’est la forme particulière des lames de l’obturateur qui nécessite ce positionnement des ouvertures. Les objectifs sont des fix focus avec une distance minimale de 1,2m à f8.

Petit tableau des distances selon les ouvertures.

Sur le bord extérieur de l’ensemble, un levier qui arme l’obturateur. Ce dernier sera libéré en appuyant sur le bouton du câble attaché à la poignée. Lorsque l’on tient l’appareil en mains avec la poignée, on peut facilement appuyer avec le pouce sur le dit déclencheur.

Finalement, on se rend compte que les réglages sont assez minimalistes.

J’allais oublier la griffe flash, au dessus de l’ensemble alors que la prise PC est juste en dessous de celui-ci. Il est possible de faire déclencher plusieurs flashs avec des éléments en option, voire même des flashs de studio, comme chez les photographes qui utilisaient cet appareil. La synchronisation du flash se fait à toutes les vitesses.

Encore un mot sur le viseur, situé à gauche du boitier. il possède un cadre vertical lumineux et projeté, avec la parallaxe corrigée pour les prises de vue aux distances données.

Enfin, pour en terminer, le dos porte-film. C’est un simple dos amovible dans lequel on insert un pack 100. Il a toutefois la particularité de posséder un darkslide, cette feuille métallique que l’on glisse à l’intérieur pour pouvoir ôter le dos sans que la lumière n’entre dans celui-ci. Il est également possible de remplacer le dos Polaroid par celui d’une chambre 4×5 ou un dos Pola 4×5.

Lorsque le dos est ôté, on peut parfaitement voir le cloisonnement des 4 appareils dans la chambre.

Lorsque la photo est prise, il suffit de tirer sur la languette du film pour en extraire la photo, qui passe entre le rouleaux et écrasent la chimie, permettant l’instantanéité de l’image (heu, compte quand même plus ou moins une minute pour voir le résultat se révéler).

Tiens, ça me fait penser que l’on pourrait sans doute utiliser un dos LomoGraflok 4×5 Instant et utiliser alors de l’Instax Wide à la place du pack 100, quasi introuvable de nos jours à prix raisonnable et encore utilisable. Notons encore que l’on peut utiliser du plan film en 4×5, on peut varier les plaisirs …

Que penser de cet appareil ?

Difficile de le sortir dans la rue celui-là, sauf à avoir envie de se faire remarquer vraiment !

Ou alors lors d’une fête, d’un évènement quelconque, pour tirer le portrait des invités, seuls ou à plusieurs, ce qui peut être rigolo. Mais au prix que coûte les antiques Fuji FP100 (pack 100 encore un peu disponible), ça va en décourager plus d’un.

Reste alors la solution du plan film, mais qui nécessite une autre logistique, ou celle du dos LomoGraflok, abordable.

Ceci étant, ça reste une pièce de collection ou de musée car même sil s’en est vendu beaucoup pour les professionnels, tous ne les ont pas gardés, la technologie étant depuis belle lurette dépassée.

Selon l’état et le fait qu’il soit complet ou non (surtout le raccord filaire et le dos Pola), comptez environ 80€ pour en acquérir un, si vous le trouvez.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

CAMBO POLAROID MINIPORTRAIT MODÈLE 401, fabriqué en Hollande par Cambo

Prise de photos d’identité sur un film pack 100
Distance focale 1,12 m.
Ouvertures de f 8 à f32.
Vitesses d’obturation : B, 1/50, 1/100s
Optiques Cambonar de 125mm à f8
Possibilité d’ajouter un flash avec un câble x-sync sur prise PC
Prise de 4 photos identiques ou 4 photos différentes.
Fonctionne sans piles.
Dos en film Polaroid amovible (avec darkslide)

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références.

https://www.polamad.com/polaroidshop-studioexpress.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo, https://www.cambo.com/en/about/history, https://www.nederlandsecamera.nl/cambo-info.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo_model_40, https://camera-wiki.org/wiki/Cambo_model_40, en anglais ; https://www.fotointern.ch/archiv/2012/12/02/cambo-kameras-aus-kampen/, en allemand

Argentique

Le Nikon FG : un moyen de gamme vintage de grande qualité

Préambule.

De passage dans l’Emaüs de Ghlin, je m’étonnais auprès du personnel à la caisse qu’il n’y ait pas de nouveaux appareils photo à se mettre sous la dent (il était 13h00 et je n’avais pas encore diné/déjeuné pour nos amis français).

Ah mais si, me répond une des dames, j’ai vu un sac beige avec deux appareils dedans, il doit être ici. Ce disant en le cherchant, elle le trouve et me le tend.

Un gros sac en tissus comme dans les années septante, avec des poches devant, un bon vieux Tenba Equal en bon état et … propre. C’est déjà un bon indice pour ce qui devrait se trouver dedans. J’ouvre et je découvre deux Nikon : un FG qui fait l’objet de cet article et un FA noir avec son moteur, un flash et un autre objectif !

Cruel dilemme : je suis dans un endroit destiné à aider de plus démunis et en même temps je n’ai pas envie de payer trop cher et je ne sais pas encore si tout ça fonctionne, le FA étant bloqué, sans doute à cause du moteur monté dessus et sans piles. Proposition honnête et accord de la dame, j’emporte le tout à la maison.

Je vais pouvoir tester tout ça, flash compris, pour vous proposer deux articles au sujet de cette belle trouvaille.

Un peu d’histoire.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la marque, déjà présentée dans les articles qui concernent les Nikon sur le site.

Juste revenir sur un point important au sujet de la manière dont les ingénieurs de Nikon considèrent leurs bébés : ils doivent être parfaits et répondre aux mieux aux besoins des usagers, surtout professionnels ou amateurs exigeants.

L’exemple le plus frappant est la mise au point et le développement du Nikon F, qui est comme le début de la légende.

Si chez Nikon on voulait choyer les photographes professionnels, ils se sont vite aperçu que les nombreux autres photographes attendaient aussi des solutions de confiance, abordables. C’est ainsi qu’est né le Nikkorex, pourtant particulier car fabriqué par Mamya pour Nikon. Puis sont venus les Nikkormat, appareils de milieu de gamme aussi sérieusement construits que les F et qui sont bien souvent devenus les seconds boitiers des professionnels.

En résumant, nous pouvons déterminer 3 grandes familles : les appareils professionnels, descendants du F et désigné par cette lettre ; les appareils destinés aux amateurs éclairés, les successeurs du Nikkormat qui redevient Nikon en 1976 pour éviter la dispersion des désignations et représentent le milieu de gamme ; les appareils destinés à un usage familial ou amateur, descendants lointains du Nikkorex des années soixante. Voyez le tableau ci dessous (merci Wikipédia).

Vous constaterez qu’il faudra attendre 14 ans pour que le Nikkorex ait un descendant destiné aux amateurs, le Nikon EM (1979), qui sera remplacé dès 1981 par celui qui nous occupe aujourd’hui.

Présentation du Nikon FG.

Ce FG ne sera pas produit très longtemps non plus, de 1981 à 1984 seulement. Plus cher que le EM qu’il remplaçait, il ne correspondait pas vraiment à la cible des amateurs. Il était de qualité, cela ne fait aucun doute mais les clients ne voulaient pas dépasser le budget de l’ancien EM. Nikon sorti donc ensuite un FG 20 et un F-301plus moderne et qui quittait le design des anciens Nikon pour se rapprocher des nouveaux standards du Canon Eos et du Minolta. L’autofocus était dans l’air du temps et n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez (1985).

Techniquement, il propose 3 modes d’exposition : un mode programme (automatique) un mode priorité à l’ouverture et un à la vitesse. Une position spéciale permet de travailler avec l’appareil même en l’absence de pile, le 1/90s, noté M90 (c’est une vitesse mécanique de secours). C’est le tout premier appareil chez Nikon a proposer un mode automatique.

Mais le point essentiel pour les Nikkonistes, c’est qu’il accepte la monture F de ses grands frères. Seules les optiques non Ai et celles de la série G ne sont pas compatibles avec le FG.

les objectifs prévus pour le Nikon FG lors de sa mise sur le marché.

Revenons un instant sur les point importants : c’est un appareil assez compact, bien plus qu’un Nikkormat ou un F2. Il est de fait plus léger et maniable (490gr nu). Pourtant il est construit majoritairement en métal (alliage à base d’aluminium) et polycarbonate. C’est du solide.

Tout un ensemble d’accessoires ont été prévu, comme les moteurs MD et MD 14 ou les flashes SB-E, SB-14 et SB-15 qui travaillent en TTL (mesure de la lumière à travers l’objectif). La vitesse de synchro flash est le 1/90s.

Ensuite, outre ses commodités liées aux automatismes, il propose un obturateur métallique à déplacement vertical qui offre des vitesses de 1s à 1/1000s, avec un mode B pour les longues expositions, et la vitesse mécanique du 1/90s. Il garde aussi la possibilité de tout contrôler manuellement en débrayant les automatismes.

Comme le Canon AE-1, c’est un appareil avec contrôle automatique de l’exposition à priorité ouverture. Vous définissez l’ouverture souhaitée et les automatismes ajustent la vitesse d’obturation pour garantir une exposition correcte. Une aide précieuse pour les sujets en mouvement ou pour les conditions de lumières difficiles.

L’autre atout majeur du Nikon FG c’est son système de mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL). Cette technique autorise aussi une bonne analyse de la lumière entrant dans le boitier, garantissant ainsi des images précises et correctement exposées. Il prend en compte la luminosité de la scène et ajuste l’exposition en conséquence. Pour la petite histoire, cette matrice de mesure de la lumière avait été inaugurée sur le F3 !

Un retardateur, positionné sur la face avant, offre un répit de 10 secondes à qui veut se trouver aussi sur la photo. Il est facile à mettre en œuvre, sans devoir passer par des menus et sous-menus.

Tout cela se règle du bout des doigts avec une large molette des vitesses, sous le levier d’armement et le déclencheur.

La sensibilité de la cellule va de 25 à 3200Asa, que l’on peut pousser à 6400Asa si vous utilisez la correction d’exposition, située elle sur la molette de gauche.

La mesure de la lumière est une mesure à pondération centrale, avec un capteur photodiode au silicium (SPD). Vous pouvez voir le bord extérieur de la zone dans le viseur, c’est un mince cercle noir. La méthode de mesure utilisée (arrêt instantané) sera reconduite jusqu’au Nikon F-501, même si elle n’est pas exempte de défaut, comme celui d’un temps assez long pour la mesure une fois le déclencheur enfoncé à mis course.

En effet, le miroir est complétement arrêté avant que la lecture de la lumière soit prise, et puis le miroir bascule et l’exposition proprement dite peut commencer. C’est, in fine, la technique utilisée dans le F3, professionnel

N’oublions pas le bouton AE, qui permet la compensation en contre-jour. Ce bouton vous permettra de surexposer l’image de deux arrêts. Cela est utile lorsque le sujet est éclairé par une fenêtre ou le soleil.

Petit plus moderne : un signal sonore (que l’on peut débrayer) vous indique si la vitesse choisie n’est pas trop base, vous évitant ainsi les flous de bougé intempestifs.

Que penser de l’appareil ?

Nikon peut bien le considérer comme un appareil destiné aux amateurs, il ne lui manque rien et il est superbement construit. En fait, il a le nécessaire sans s’encombrer du superflu !

Il est très agréable à prendre en mains, même si nous sommes encore loin de l’ergonomie des appareils des années nonante, mais toutes les commandes tombent bien sous les doigts.

Hormis deux piles LR44, il ne demande rien de spécial. Je ne m’attarde pas sur les manipulations, vous allez les découvrir dans la vidéo ci-dessous, c’est du classique (soit dit en passant, on voit que le créateur de celle-ci n’est pas un grand habitué des appareil argentiques).

Personnellement je trouve que c’est un appareil qui mérite soit un bon 50mm, soit un bon 35mm. Je le vois très bien en photo de rue ou en classique photos de voyage.

Le revers de la médaille, celle du très bon, c’est celui du prix : difficile d’en trouver sous la barre des 80€ s’ils sont en bon état et avec au moins un 50mm. Mais comme on dit, quand on aime, on compte moins …

C’est un appareil bien né, solide, dans la tradition d’excellence de Nikon, facile à utiliser et fiable. De quoi bien commencer dans le monde de l’argentique si vous êtres allergique aux appareils des années ’90.

Et je souris car je viens d’acquérir un Nikon Z fc, finalement assez proche, si ce n’est que chez Nikon ils ont oublié la petite poignée de maintient facultative qui existait pourtant bien sur le FG et rendait son port encore plus confortable, sans gros encombrement.

Vidéo d’illustration.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FG, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://benber.fr/presentation-nikon-fg/, https://focalcrafters.com/fr/appareil-photo-nikon-fg/, http://declic87.free.fr/Docu_PDF/Nikkorex.pdf en français ; https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins12-e/, https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FG, https://www.outsidetheshot.com/nikon-fg/, https://casualphotophile.com/2016/08/10/nikon-fg-camera-review/ en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fg/, en allemand