Ah, les Minolta SRT !

Du bon, du costaud, … et avec une cote qui grimpe, qui grimpe … Mais pourquoi ?

Je l’écris et le réécris à l’envi, Minolta est une marque disparue trop tôt et qui a laissé quelques belles machines à la mémoire des passionnés d’argentique.

Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire (quoique, ça me tente bien) alors je vous renvoie sur le site de Monsieur Suandeau qui a fait ça de main de … passionné.

Alors je vais résumer pour ce qui nous intéresse ici, le Minolta srT 100X.

Car il a une particularité, celle de sa monture, la célèbre MC, qui offrait des objectifs communiquant avec l’appareil photo afin que le photographe compose et puisse mesurer la lumière avec l’objectif grand ouvert. Cette série débute en 1966 et se clôture en 1986, avec l’introduction de l’autofocus dont Minolta fut le pionnier avec le 7000 AF sorti en 1985. Pendant cette période, 26 appareils différents vont utiliser cette monture.

C’est le SRT 101 qui ouvre la lignée et qui sera produit pendant 9 ans.

Un appareil à mise au point manuelle disposant de cellule fiable. Les concurrents de l’époque étaient le Pentax Spotmatic ou l’Olympus OM.

Qu’est-ce qui a fait le succès de cette gamme SRT ?

D’abord un viseur lumineux, un bouton de test de batterie, un obturateur en tissu qui pouvait donner des vitesses au 1/1000s, la possibilité de continuer à photographier même avec une pile épuisée (sans plus avoir de cellule alors) car l’obturateur était mécanique.

Un bagage assez unique à l’époque, qui a séduit quelques grands photographes, dont W. Eugene Smith qui a capté une des images les plus fortes du 20e siècle, celle de Tomoko Umeara dans son bain et qui dénonçait l’empoissonnement au mercure du village de pêcheurs japonais Minamata par l’usine Chisso.

Source : l’image historique du jour

Le SRT 101 sera suivi d’un SRT 202 puis SRT 303, les plus sophistiqués et destinés professionnels ou amateurs très éclairés et … fortunés.

Alors Minolta a sorti une version « ligth », le SRT 100, destinée au public plus nombreux des amateurs.

Pour faire des économies, le constructeur a réduit la vitesse au 1/500s, viré le verrouillage du miroir et le retardateur, supprimé la lecture des vitesses dans le viseur.

Ce qui n’a pas empêché cet appareil de bien se vendre, on estime que 130.000 exemplaires ont fait le bonheur d’autant d’amateurs.

Les ingénieurs de chez Minolta ne s’y sont pas trompé car c’est sur ce modèle (le srT 101b pour être précis) qu’ils ont créé les derniers boitiers de la gamme SRT, dont ce srT 100X.

Et ils l’ont revigoré avec une vitesse maxi de 1/1000s (comme les modèles pro de l’époque) et une griffe porte accessoires bien venue.

Ce Minolta srT 100X (ou SRT 200 aux USA et au Canada) sera donc le dernier représentant de la série des SRT de Minolta.

Présenté en 1977, il sera un peu revu en 1979 (cellule unique et non plus CLC), en le simplifiant un peu.

Normalement accompagné d’un très bon et économique MC Rokkor PF 55mm ouvrant à f2, il accepte cependant toutes les optiques en monture MC de l’époque.

Bon, je résume : l’appareil propose des vitesses de 1s à 1/1000s, plus une pause B, la synchro flash est au 1/60s; il n’a pas de retardateur et s’il n’a plus le relevage du miroir, il garde un bouton poussoir pour tester la profondeur de champ; il gagne un sabot avec contact central pour un flash et garde une prise X pour la synchro de flash plus anciens; le viseur est très clair et il y a deux aiguilles qu’il faut faire coïncider, sur la droite, pour le réglage de l’ouverture en fonction des indications de la cellule; un bouton, sur la semelle met en œuvre ou coupe la cellule et sert aussi à tester la batterie, une PX 625 classique.

Tiens, mais vous ai-je dit qu’il était TTL (mesure à travers l’objectif) et que sa cellule – CCL – était révolutionnaire pour l’époque ?

CCL pour « Contrast Light Compensator » : c’est un système de mesure à double cellule photoélectrique qui est conçu pour mieux compenser les situations d’éclairage à contraste élevé.

Introduit en 1966 sur le Minolta SR-T 101 ce système de mesure unique est conçu pour résoudre un problème de mesure moyenne simple. S’il y avait trop de ciel sur votre photo, le compteur classique sous-exposerait tout le reste. L’innovation de Minolta a consisté à utiliser deux cellules de posemètre, l’une pour la partie inférieure de la photo, l’autre pour la zone supérieure (qui était souvent ce ciel lumineux).

Le boitier compare la sortie des deux cellules photoélectriques (CdS = sulfure de cadmium) et le génie de ce système est que plutôt d’utiliser des circuits complexes pour calculer une exposition idéale, la cellule mesurant le bas de la photo était deux fois plus sensible, donc lorsque la sortie des deux cellules était moyennée, le premier plan avait environ un arrêt de plus que le ciel.

De plus, pour d’autres types de photographie, le CLC n’était pas significativement différent d’un posemètre classique. Il est resté une caractéristique de la famille d’appareils photo SR-T jusqu’à ce que les derniers modèles soient abandonnés en 1981. Le CLC a également été utilisé sur le premier système SLR professionnel de Minolta, le XK/XM/X-1 conçu pour concurrencer le Nikon F2 et le Canon F-1.

Ces deux cellules surveillaient les parties les plus claires et les plus sombres de la scène et atténuaient le contraste entre les ombres et les hautes lumières. Cela signifiait que plus de détails dans les ombres étaient conservés. Ce système unique pouvait mesurer de 6 à 6400 ISO (je vous rappelle que les premiers SRT en étaient équipé dès 1966 !) et le système de mesure du viseur prenait en compte la vitesse d’obturation, l’ouverture et l’ISO. C’est quelque chose que nous tenons pour acquis aujourd’hui, mais c’était une véritable révolution pour les photographes à l’époque.

En tout cas, les premiers modèles, comme celui que je vous présente, ont gardé cette cellule. Par la suite, pour simplifier encore le boitier, en 1979, Minolta remplacera le posemètre CLC par une simple cellule Cds à pondération centrale. Sur ces modèles, le sigle CLC disparait.

Mon conseil serait donc, en cas d’achat, d’essayer de vous tourner vers les modèles munis de ce sigle. Ils ne sont pas les plus courant car on estime que 100.000 exemplaires ont été produit avant le changement de 1979.

Notez que la brochure dont sont issues ces vues présente conjointement le srT 100X et le srT 101b

Que vous dire d’autre sur cet appareil, un peu boudé il est vrai, au profit des SRT 101, 202 et 303 ?

Il est facile à prendre en main (le mode d’emploi fait 49 pages). Lourd (700gr) il inspire confiance, le métal étant très présent. Il vaut mieux envisager une bonne sangle que le ridicule bout de plastique vendu avec à l’origine (ok, ça fait « vintage » mais vos cervicales ne sont pas à la mode).

Comme je l’ai déjà indiqué, le viseur est clair avec un stignomètre central à micro prisme, facile à régler avec un minimum d’habitude.

Sur la droite, deux aiguilles, dont une en forme de rond, doivent coïncider pour la mise au point juste de la vitesse et de l’analyse de la lumière.

Attention que sur le srT 100X il n’y a pas le rappel de la vitesse dans le viseur.

Pour le reste, c’est du classique :

  • vous ouvrez la trappe sous l’appareil pour y glisser une PX 625
  • ceci fait, vous tournez le bouton qui commande la cellule sur ON
  • vous ouvrez l’appareil en tirant sur la molette de rembobinage et le dos s’ouvre
  • vous glissez l’amorce du film dans la fente surdimensionnée de la bobine réceptrice
  • vous armez deux ou trois fois en vérifiant que la molette de gauche tourne (signe que le film est bien accroché)
  • vous réglez la sensibilité du film en soulevant la molette des vitesses
  • vous portez l’appareil à l’œil et faites coïncider les deux aiguilles en ajustant soit la vitesse soit l’ouverture ou les deux
  • il vous reste à déclencher : clic-clac, c’est dans la boite !

Je remarque que Minolta, à l’instar de Canon avec son Quickload, soigne la mise en place du film dans l’appareil, grâce à une bobine largement échancrée, ce qui facilite le chargement, la hantise des photographes amateurs.

Si vous décidez de changer d’objectif, il faut actionner le petit bouton rond, à gauche sur la platine de la monture et déverrouiller dans le sens anti-horaire. Pour le remontage faire apparaitre face à face les points rouges de l’objectif et de la platine et tourner dans le sens de votre montre (pour peu qu’elle soit encore à aiguilles).

Que penser de ce Minolta srT 100X ?

Il inspire confiance de par son apparente simplicité et sa construction tout en métal. Il est fait pour durer, la preuve, près de 50 ans plus tard, j’ai le plaisir de vous en présenter un très bel exemplaire.

J’ai juste dû changer la mousse du miroir et remettre une nouvelle pile pour qu’il soit prêt pour de nouvelles aventures.

Bon, d’accord, il n’a pas de retardateur, mais vous ferez comme tout le monde : préréglage de la prise de vue et trouver une personne sympathique qui va appuyer sur le déclencheur quand vous aurez arboré votre plus beau sourire.

Celui que j’ai acheté est équipé d’un magnifique MC Rokkor PF 50mm ouvrant à f 1,7.

Moins couru que ses grands frères, il reste une superbe occasion.

Si vous en trouvez un avec son objectif, sortez sans hésitation un billet de 50€, il les vaut largement et il vous accompagnera longtemps. Notez qu’à ce prix là, il vous faudra sans doute changer la mousse du miroir, mais ce n’est pas difficile.

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA

Petite video d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Que vous pouvez télécharger (en français)

Des références : , https://lowendmac.com/2018/minolta-clc-the-first-semi-intelligent-slr-metering-system/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_SRT_100X, https://www.japancamerahunter.com/2016/05/camera-geekery-minolta-srt-100x-review/, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_SR-T_100X en anglais; https://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/reflexes/sr_mc_md/Minolta_SRT_100x.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta-SRT100X.htm, https://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/Histoire_reflexes_Minolta/histoire_SLR.html, le site de référence sur l’histoire de la marque, en français,