Le Zinc du photographe

Canon Eos 5D mark III

Il est tout frais, il vient d’arriver … d’Espagne (tiens, comme l’Eos 6D qu’il va remplacer !).

En superbe état, avec sa boîte et tous ses accessoires, j’ai hâte de l’essayer.

Ce que je viens de faire, un peu par hasard (vous comprendrez mieux si vous lisez mon article sur le doubleur de focale Canon) et franchement, il a l’air épatant.

Un premier constat toutefois : il ressemble plus à un Eos 6D qu’à mon bon vieux Eos 5D Mark II. C.-à-d. qu’il est un peu plus léger, plus compact, avec une poignée mieux marquée et agréable à saisir, et un bouton pour l’allumer qui se situe autour du barillet des modes d’exposition (alors que sur le 5D MI il est sur la face arrière, avec 3 crans). Il fait moins « costaud » que son grand frère et pourtant il a les mêmes caractéristiques au niveau protection – tropicalisation). C’est vraiment un premier jet, je vous en parlerai plus dans les jours qui viennent.

Mais voilà donc un nouveau pensionnaire pour mon sac et un nouveau copain pour les objectifs Canon qui s’y trouvent. Il y restera en compagnie de l’Eos 6D.

Voilà, nous sommes le 09 juin (2020) et je reviens – enfin – sur le Canon Eos 5D mark III, que j’avais un peu laissé de côté, occupé à découvrir le Zeiss Ikon ZM.

Peut être tout d’abord, un petit comparatif entre le Mark II et le Mark III, sans tomber dans le descriptif trop technique :

  • 52 plus de points de focalisation en plus (61 vs 9) – ok, utile. Ces collimateurs sont répartis sur une zone de couverture plus large que les collimateurs du 5D Mark II. Cela permettra de mieux suivre automatiquement un sujet en mouvement
  • 28 zones de mesure de la lumière en plus (63 vs 35 z). Cela apportera une mesure de l’exposition plus précise dans les conditions complexes en permettant de découper la scène photographiée en plus de zones, afin d’obtenir une mesure moyenne plus précise.
  • 10.9% de mégapixels en plus (23.4MPvs21.1MP) – ok, utile
  • 4x plus de sensibilité à la lumière maximale (102400 ISO vs 25600 ISO) – ouais, à voir si utile car la plupart des tests estiment qu’au delà des 6400 Iso l’image se dégrade trop
  • Durée de la batterie environ 100 shots plus longue (950 shots vs 850 shots) – ok, utile
  • Une prise de photos 1.54x plus rapide en haute résolution avec AF en format JPEG (6fps vs 3.9fps) – surtout utile pour les photos rapides mais nous n’en sommes pas encore à la photo de sport, réservée au 1DX.
  • Couverture de visée 2% supérieure (100% vs 98%) – oui, tout à fait utile et surtout confortable
  • Deux emplacements pour cartes mémoires : une CF (comme sur le 5D MII) plus une SD (compatibles cartes SDHC et cartes SDXC). On peut déterminer ce que l’on veut mettre sur chaque emplacement carte mémoire. Exemple : RAW d’un côté et JPEG de l’autre, ou RAW d’un côté et vidéo de l’autre. Pratique !
  • Un mode HDR que le 5D MII ne possède pas
  • Et – pour ceux que ça intéresse – le Canon Eos 5D Mark III est encore meilleur en vidéo, mais personnellement, je ne m’en sers pas.

Ils sont tous les deux tropicalisés, avec un peu plus de joints sur le MIII.

Au fait, petite précision sur cette notion de tropicalisation : cela veut dire que votre appareil résistera à un ruissellement, même important (genre « drache » nationale du 21 juillet en Belgique) mais en aucun cas il ne résistera à une immersion. Tropicalisation ne veut pas dire étanche ! Et après avoir été arrosé, même copieusement, votre appareil appréciera beaucoup que vous l’essuyez complètement (d’où l’utilité du carré de micro-fibres ultra absorbant dans votre sac). D’autant plus s’il y a des différences de températures importantes entre le dedans et le dehors car un autre élément risque de faire mourir votre chère électronique, la condensation. Donc, le mot d’ordre est : essuyez tout le matériel. Enfin, dernier petit truc utile : ne jetez plus les petits sachets de dessicant que vous trouverez dans de nombreux achats, notamment d’appareils électroniques et mettez les dans votre sac, ils vous sauveront la mise (et ils sont réutilisables après un petit passage au micro-ondes). Voyez aussi l’article « il pleut (encore) ! »

La question qui tue : l’Eos 5D mark II est il encore une référence intéressante ? La réponse est oui, cent fois oui. Les améliorations du Mark III ne le rendent pas complètement obsolète et il fera le plaisir de nombreux photographes qui n’osaient pas, faute de budget, faire le pas vers le plein format.

Sa solidité, ses capacités ont pleinement satisfait des générations de photographes pro ou experts, non sans raison. Si l’Eos 5D première génération est lui dépassé (18Mp et plus reconnu par les systèmes informatiques nouveaux), l’Eos 5D seconde génération est largement encore dans le coup, surtout si votre pratique est celle du studio et du paysage.

Pour en revenir à notre Canon Eos 5D mark III, il devient mon boitier principal, épaulé par l’Eos 6D.

Je le teste avec le doubleur et le 70-200 mm sur des Rouges-Gorges, Geais, Mésanges et quelques écureuils facétieux et gourmands. Les photos seront bientôt dans la rubrique « La Terre est belle« .

A ce sujet, je pense avoir trouvé l’explication de pourquoi l’autofocus du Eos 5D mark II et du Eos 6D ont déclaré forfait. Je vous la livre telle quelle : « … le module AF de Canon est le plus complet du moment avec 61 points dont 41 en croix et 5 en double croix. Mais attention, ces chiffres varient en fonction de la luminosité des optiques et des modèles. Ainsi, les 5 points en double croix ne sont actifs qu’avec certaines optique à f/2,8 ou plus lumineuses. A f/4, 5 les 5 poins en double croix ne fonctionnent plus et il faudra se «contenter» des 41 collimateurs en croix. À f/5,6 seuls les 21 collimateurs centraux en croix sont actifs, les 20 restant sur les 61 points sont linéaires. Avec certaines optiques le nombre total de collimateurs se réduit à 33.

Avec une ouverture à f/8, l’autofocus ne fonctionne simplement pas. Ainsi, les optiques f/4 utilisées avec un doubleur 2x ne disposeront pas d’autofocus ». Dixit un test fait par « Les numériques » (https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/canon-5d-mark-iii-p46451/test.html, pages consultées le 09/06/’20). Là où je pense que l’explication peut être logique avec le 6D et le 5D, elle est erronée avec l’Eos 5D mark III car il fonctionne parfaitement avec le doubleur, il suffit de monter un peu dans les ISO.

C’est donc un nouveau compagnon, bien agréable à prendre en mains et je vous avoue que j’aimerais pouvoir prendre quelques jours de vacances pour le tester en paysages, autres que ceux de mon quartier !

Le Zinc du photographe

J’ai reçu mes photos (bis) ! – Zorki 1c

Au tour du Zorki 1c maintenant.

Pour mémoire, je l’avais chargé d’une Kodak HD 200 Asa, expirée depuis mai 2005. Il est équipé d’un Industar 22 f3,5 (objectif rentrant). Il a 69 ans et fonctionne toujours parfaitement malgré les nombreux propriétaires qui ont dû le voir passer entre leurs mains. Mais il semble avoir été particulièrement bien soigné.

Je vous avoue que j’avais hâte de découvrir les photos faites avec lui, tant j’ai eu plaisir à le manipuler : il est petit – bien plus petit et léger que le Leica M3 – assez semblable au Leica IIIf dont je vous ai déjà fait la présentation.

La seule chose qui me chagrinait était cet objectif rentrant qui, s’il permet de gagner en compacité, n’est pas toujours le plus facile à manipuler (il se bloque en position sortie, mais pas lorsqu’il est en position rentrée et donc il se déplie parfois de manière impromptue). Cependant, sa construction est similaire au Elmar de chez Leitz, et particulièrement ceux des années 1958, qui semblent avoir été construits avec des éléments venant de l’opticien allemand.

Voici donc les photos reçues

Voilà, j’avais déjà écrit tout le bien que je pensais de cet appareil. Le résultat des photos me conforte dans mes impressions.

C’est une chouette machine à photographier, petite et discrète. Et, comme le disait quelqu’un (article lu sur le Net mais je ne me souviens plus où), photographier avec lui vous offre une certaine impunité car personne ne vous prend au sérieux quand vous photographiez quelqu’un avec ce Zorki 1c et pourtant, les résultats sont excellents.

Au prix où ils se vendent sur un grand site bien connu, faites vous plaisir. Le mien m’a coûté 100€, objectif et sacoche en cuir compris.

Le Zinc du photographe

J’ai reçu mes photos ! – Leica M3

Le Leica M3

Hé oui, depuis le 15 mars, j’attendais le développement des films du Leica M3, du M5 et du Zorki IIIc, et je les ai reçues hier, développées et scannées.

Ces films étaient, pour le Leica M3, un Fuji X-Tra 400 Asa, expiré depuis janvier 2015 et pour le Zorki 1c, un Kodak HD 200 Asa, périmé depuis mai 2005.

Ces deux appareils ne possédant pas de cellule, j’avais pris avec moi une cellule à main pas toute neuve non plus.

Pour mémoire, le Leica M3 date de 1957 et le Zorki 1c de 1951, soit respectivement 63 et 69 ans ! Pas mal pour des appareils tout à fait fonctionnels.

Et donc, voici les photos. Pour être tout à fait honnête avec vous, pour le Leica, j’ai dû, en post traitement avec Luminar 4, sous exposer systématiquement. Sans doute que la cellule utilisée était par trop optimiste.

Ceci étant, j’ai utilisé deux techniques pour ces photos : le zone focus et l’hyperfocale, ce qui m’a permis d’être net sans devoir régler le télémètre, sauf pour la photo du reflet dans la boule métallique, où j’ai fait les réglages avec l’objectif, ainsi que pour la plaque de rue.

Comme quoi ces technique vous permettent d’aller vite si besoin et d’obtenir de très bons résultats de netteté.

En résumé, que penser du Leica M3 et du Jupiter 3 ? C’est un superbe appareil, très agréable à manipuler mais pour le photographe « moderne », le manque de cellule ne simplifie pas les choses. Quant au Jupiter 3, je trouve que le rendu est très doux, tout à fait à l’aise avec le Leica M3 et pour le style de photo recherché. Un bel ensemble, que je ne regrette pas avoir essayé. Franchement, c’est une expérience et pour les photographes qui veulent revenir aux fondamentaux, cela vaut la peine d’investir dans ce type d’appareil, qui sera encore fonctionnel pour des années, sans soucis. L’obsolescence programmée l’a été bien plus tard et épargne complètement cet appareil et cet objectif.

Le Zinc du photographe

Pré-confinement : sortie avec le Leica M5

Si vous avez lu l’article « première sortie avec le M5 », vous avez compris que depuis le 15 mars j’attendais de voir le résultat de ce premier essai.

Pour mémoire, ce jour là, j’étais sorti photographier ce que je ne savais pas encore être le dernier marché dominical de la Ville de Mons (et ailleurs) avant … deux mois et demi !

La Belgique se préparait à « quelque chose », sans vraiment trop savoir quoi, ni comment. Nos sinistres nous parlaient de possible confinement, de sorties réglementées, de mesures d’hygiène particulières, … mais leurs panels d’experts n’étaient pas encore très bien entendu, ni compris, par nos éminences.

Bref, cette sortie fut étrange, le temps était gris, un ciel laiteux, pas trop froid, mais humide … un temps à ne pas mettre un vieil appareil dehors.

Mais c’est un Leica, le M5, que je sortais ce jour-là. Réputé pour leur solidité, un petit temps frais n’allait pas l’abattre, il est dans la fleur de l’âge : 47 ans (le mien est daté de 1973).

Côté « technique », j’avais monté dessus un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7, chargé un film Fuji X-Tra 400 Asa expiré depuis janvier 2014 (mais toujours resté dans un frigo).

Et voilà, j’ai reçu le film, développé et scanné, hier. Je vous livre le résultat, vous demandant votre clémence pour ce premier essai avec cet appareil télémétrique.

J’ai choisi de placer ces photos dans un article du « pré-confinement » car il me permet de respecter une logique dans les images.

Je vais reprendre cet appareil, y placer un film neuf et tenter d’autres réglages mais je suis assez satisfait du rendu des photos, qui collent bien au propos, à l’ambiance du moment.

La suite donc au prochain numéro, dit-on !

Le Zinc du photographe

Première sortie avec le Leica M6

Après le Leica IIIf, le M3, le M5, que je vous ai déjà présentés, voici le Leica M6.

Pour la petite histoire, cet appareil est sorti en 1984 (1984 – 1999), soit neuf ans après le M5 (1973).

Comme son grand frère, il est muni d’une cellule, non plus montée sur un bras articulé, qui s’estompe au moment du déclenchement, mais la photodiode au silicium est placée en haut de la chambre et est orientée vers une pastille blanche, peinte à même le rideau. Il s’agit d’une mesure sélective, très précise.

Alors que sur le M5 le réglage de l’exposition se donnait en faisant coïncider deux lignes (une horizontale et une oblique), il y a ici deux diodes sous forme de triangles, qui s’allument pour signaler une sous exposition, une surexposition ou une exposition juste (les 2 s’illuminent).

Par contre, sur le M5, la vitesse choisie apparaissait dans le viseur, lors du réglage, ce qui n’est plus le cas avec le M6. Et, autre petit avantage au M5, il était possible de régler la molette des vitesses du bout de l’index, sans quitter le viseur de l’œil.

Mais la grande différence entre ces 2 appareils, c’est la taille. Si, à l’époque, les aficionados de la marque ont boudé le M5, c’est parce qu’il était près d’un centimètre plus long et plus haut qu’un M3, ce qui paraissait énorme à leurs yeux. Tandis que le M6 gardait la même taille que l’étalon M3.

Hé oui, en 10 ans, l’électronique avait déjà fait d’énormes progrès au niveau de la miniaturisation des composants, ce qui permit donc au M6 de rester dans la « bonne » taille.

Autre petite particularité, dans la lignée Leica, le M6 vient après le … M4-2 et le M4-P, dont il a gardé la ligne, comme je l’écrivais, héritée du M3, mais avec la manivelle de rembobinage curieusement en oblique (alors que sur le M5 elle est sous la semelle, invisible).

Toutes ces précisions étant posées, quelles sont mes impressions ?

C’est un appareil agréable, tout à fait dans la tradition, y compris celle – toujours controversée – du chargement par la semelle, avec un dos qui s’ouvre pour vérifier le bon positionnement de la pellicule dont il faut glisser l’amorce dans une espèce de « tulipe » qui sert de bobine réceptrice.

Je veux bien admettre que je ne suis sans doute pas doué pour installer le film dans l’appareil mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pour mémoire, depuis 1958, un Canon P (p. ex.) était muni d’un dos à charnière, bien plus pratique pour le chargement.

Autre grand avantage, la clarté du viseur, qui contient les cadres du 35mm au 135 mm (affichage par paires). La cellule ne s’anime qu’après avoir armé l’appareil, et s’éteint une fois le cliché pris afin d’économiser la pile (comme sur le M5 au demeurant). Si l’idée est bonne, parfois c’est frustrant car j’ai envie de préparer mon cliché et je dois armer pour bénéficier de la cellule, alors que je ne prendrai peut-être pas la photo de suite (idem pour le M5). Mais bon, celle-ci ne consomme pas excessivement.

Il est très silencieux, dans la tradition. Stable en main même s’il n’est pas léger (620gr tout nu), il est aisément transportable. Comme souvent, j’ai accroché les « pastilles » Peak Design et je l’amarre à la sangle de poignet (Cluff) bien pratique. Et il se glisse dans soucis dans le Sling 5l de la même marque.

Comme ce dimanche, je partais à la découverte du nouveau (et j’espère très temporaire) visage des marchés, j’avais pris le M6 avec l’Eos 50M. Désolé, mais pour pouvoir vous mettre quelques photos rapidement, il me fallait bien passer par le numérique. Le film (36 pauses) étant presque terminé, je n’en verrai le résultat que d’ici 2 semaines.

J’ai équipé le M6 d’un objectif russe, le Jupiter 12, qui est un 35mm ouvrant à f1:2,8 dont la particularité est d’avoir un verre arrière qui s’enfonce assez profondément dans le boitier (voir l’article « Petit comparatif (très subjectif) de télémétriques argentiques »). Son gros avantage est sa compacité, et son ouverture favorable. Par contre, il n’est pas aussi aisé à manipuler que le Voigtländer Ultron que j’ai monté sur le M5. Nous verrons le résultat bientôt donc.

Ah oui, le mien a une petite particularité : lorsque je l’ai acheté, il était affublé d’un Winder, sans doute pratique mais qui lui donnait une carrure d’armoire normande. Lorsque j’ai ôté ce Winder (quasi neuf), je me suis aperçu qu’il allait me falloir une semelle. J’en ai finalement trouvée une, venant d’Espagne, mais elle est chromée. Ce qui donne un petit côté hybride à l’appareil, assez amusant.

Dans la gamme Leica M6 il y a d’ailleurs eu un M6 dit « panda » : des appareils chromés ont reçu – allez savoir pourquoi – des pièces noires (levier d’armement, manivelle de rembobinage, sélecteur de champs, barillet des temps de pause). Somme toute, le mien reste dans une certaine tradition avec sa semelle chromée.

En résumé (provisoire sans doute), il est très agréable à manipuler mais il me reste toujours le doute de savoir s’il est vraiment très supérieur au M5, hormis les modifications cosmétiques. J’attends de voir les pellicules des deux appareils pour comparer.

Comme d’habitude, les liens utiles pour aller plus loin : http://www.summilux.net/materiel/Leica-M6 et http://www.summilux.net/materiel/Leica-M5

Les nouveautés en un lieu

Couleur ou Noir et Blanc ?

Vaste question … qui dépend, somme toute, de la sensibilité de chacun.

J’ai commencé la photo en NB, parce qu’elle était accessible à notre petit labo, où nous apprenions à développer nous-mêmes les films tirés lors de la semaine qui s’étalait entre nos réunions du samedi.

C’est ainsi que j’ai découvert cette magie de l’image qui se forme, qui émerge du bain dans cette lueur rouge un peu fantasmagorique. C’est impressionnant et terriblement excitant mais je vous avoue que je ne supporte plus cette lumière et que j’ai perdu la patience des temps de pose, des mélanges, des températures, des … et je n’ai pas la place d’un labo chez moi, ce qui, in fine, simplifie les choses.

Le NB donc a bercé mes découvertes photographiques et j’apprécie toujours autant son charme.

Pourtant, contrairement à quelques photographes qui le déclarent, je suis incapable de voir en Noir et Blanc. Je m’accommode de voir la vie telle qu’elle est et de la transcrire en gammes de gris clairs ou très foncés (comme le chante si bien Francis Cabrel) mais j’ai besoin des couleurs.

Quelque part la couleur reste tellement réelle et le NB si détaché. J’oserais dire que ce dernier est poétique tandis que la couleur est expression de la vérité du monde, tel qu’il est ici et maintenant.

Et cependant, un de mes peintres préférés est Pierre Soulage dont les œuvres, quasi exclusivement en noir monumental, sont superbes de … nuances. Pour avoir, modestement, peint dans cette couleur quelques unes de mes propres toiles, j’ai éprouvé un plaisir difficile à exprimer, fait de sensations très particulières qui tiennent à la manipulation d’une matière complexe, celle de la lumière.

Paradoxalement, en photo, j’ai besoin de la couleur, très souvent. Même si parfois, lors de l’édition de mes photos, certaines ne « marchent » pas en couleur et sont comme révélées en NB.

Pour l’instant, lorsque j’utilise de vieux appareils, j’aime y mettre un film NB et garder la couleur pour le numérique. Un peu comme un « accord » avec le temps de ces anciennes machines.

Et pourtant, même si je n’ai pas encore trop trouvé le temps de le sortir assez, dans mon Canon Eos 30, j’ai envie de mettre de la couleur, car il se rapproche le plus de ce que je nommerais la modernité (il date des environs de 1995), en tout cas il est très semblable aux Eos modernes. Mais je n’arrive pas bien à insérer un film couleur dans le Canon F-1, fut-il New F-1… qui a dit que les photographes étaient compliqués ?

En résumé, le NB garde pour moi une « aura » de poésie ailleurs dans le temps, pour ne pas écrire intemporelle, alors que la couleur me parle du temps présent, avec douceur ou cruauté (parfois), sans omettre les détails « dérangeants » qui font la réalité de telle scène, de tel portrait, de tel paysage.

Il me semble que vouloir placer une technique au dessus de l’autre serait vain. Laissons à chacun exprimer sa sensibilité avec les gammes qui sont les siennes et apprécions les à leur juste valeur.

Les nouveautés en un lieu

Avez-vous (au moins) 50.000€ à placer ?

Mais non, pas pour moi, mais pour ceci :

Il s’agit du Leica M2 du célèbre photographe américain Walker Evans (1903 – 1975). Il sera vendu le 13 juin par la maison viennoise Leitz Photographica Auction (https://www.leitz-auction.com/auction/en/auktion34/auction36/article/202.html).

Ce Leica M2, en noir original (1871 appareils seulement ont été produit en noir), a été la propriété et a été utilisé par le célèbre photographe américain Walker Evans. La lanière en cuir est l’originale. Il est équipé d’un Summicron 2/35mm n° 1671593 à 8 éléments vissés. Cet appareil fut donné en cadeau à un assistant personnel et professionnel de Walker Evans .

Walker Evans a acheté cet appareil en 1962 et l’a utilisé aussi longtemps qu’il a utilisé le format 35 mm c.-à-d., jusqu’en 1973, date à laquelle il a commencé à utiliser presque exclusivement un Polaroid SX-70.

Dans le lot de la vente de l’appareil sont inclus deux livres : Jerry L. Thompson « The Last Years of Walker Evans » et James R. Mellow « Walker Evans » – tous deux contiennent des photos qu’Evans a prises avec son appareil photo Leica.

Walker Evans est surtout connu pour son travail pour l’Administration de la sécurité agricole (FSA) qui documenta les effets de la Grande Dépression sur la population rurale au milieu des années 1930. Les portraits des trois familles Fields, Borroughs et Tingle sont devenus des icônes de l’histoire de la photographie.

Après 1945, Evans a photographié, entre autres, des paysages urbains et des bâtiments industriels américains pour des magazines comme Harper’s Bazaar, Vogue, Architectural Forum, Life and Fortune. En raison de son style documentaire, il est considéré comme le précurseur du couple de photographes allemands Bernd et Hilla Becher.

En 1938, le MoMa a organisé la première exposition dédiée à un seul photographe pour Walker Evans : Photographies américaines. Depuis lors, nombre de ses œuvres font partie des collections permanentes de musées ou ont fait l’objet de rétrospectives dans des institutions telles que le Metropolitan Museum of Art, le George-Eastman Museum ou le Centre Pompidou.

Le Leica M2 est le petit frère du M3. Produit de 1958 à 1967, il fut le moins cher des Leica de l’époque. Sa fabrication fut (un peu) simplifiée, ce qui permit de contenir le prix de vente.

Il est considéré comme le Leica à la ligne la plus « pure », esthétiquement. Il possédait quasi toutes les fonctions de son grand frère et quelques modifications : le compteur de vue est à remise à zéro manuellement; mais la modification essentielle concerne le grandissement du viseur, qui passe de 0,91 à 0,72. Cette réduction permet d’incorporer un cadre correspondant au champ couvert par un objectif de 35 mm de distance focale (une telle innovation fut grandement appréciée par les photo-reporters). Trois cadres demeurent disponibles, mais sur le Leica M2 ils indiquent le champ couvert par les objectifs de 35, 50 et 90 mm de distance focale ; chacun de ces cadres est matérialisé par quatre segments lumineux et apparaît lorsque l’objectif correspondant est mis en place.

Il fut le modèle préféré des photo-reporters pendant près de deux décennies, ne disputant cette place qu’avec le Rolleiflex.

Voilà, je pense que vous en savez assez que pour casser votre tirelire à bon escient ! Bonne enchère, les 50.000€ étant l’estimation de base.

Sinon, sachez qu’à cette vente, il y aura un autre lot : un prototype de Leica 0, qui pourrait atteindre … un million d’euros !

Comme d’habitude, le lien vers Summilux pour d’autres infos sur ces appareils mythiques : http://summilux.net/materiel/Leica-M2 et http://summilux.net/materiel/Leica-0

Août 2020 : je reviens sur ces enchères car l’appareil de Walker Evans est finalement parti pour 60000€ (hors frais) mais d’autres Leica ont atteint des prix fous.

Il semble que de riches collectionneurs chinois soient à l’œuvre et que, dès lors, les prix s’envolent, surtout pour des appareils rares, aux caractéristiques particulières tels ceux ayant appartenu à quelqu’un de célèbre, les prototypes, les séries spéciales, etc.

Gageons que cela n’empêche les amateurs lambdas d’encore pouvoir se faire plaisir avec des appareils « normaux » et fonctionnels.

Enfin, sachez qu’à cette vente, un autre Leica M2 a été adjugé pour … 360.000 € ! (https://wlpa.auction2000.se/auk/w.object?inC=WLPA&inA=20190625_1054&inO=92)

Pourquoi ? Il faisait partie d’un lot de 20 appareils livrés à l’armée US en Allemagne, peint spécialement en gris. De ce lot, il ne reste que 10 exemplaires, dont celui-là, qui fut, en outre, le prototype présente à l’armée.

Mais surtout, contrairement aux caméras de série, il manque le cadre 135 mm, tandis que le point fort technique de la caméra est cependant caché à l’intérieur. Les deux volets ne sont pas fabriqués dans le tissu habituel mais en métal, recouvert de peinture noire. Jusqu’à présent, seuls quelques prototypes d’obturateurs étaient connus avec cette particularité – c’est le premier appareil photo Leica M complet connu avec un obturateur à plan focal en métal !

Le Zinc du photographe

Une vision de la photographie, de Joël Meyerowitz

Si vous avez parcourus mes « Incontournables », vous avez pu voir que j’ai eu le plaisir de lire quelques beaux livres traitant de la photographie.

Tous les photographes vous le diront : il faut s’enrichir de la vision des autres, de leur travail, de leur perception de la photographie, de leur manière d’y répondre. Pas pour les copier mais pour faire grandir sa propre vision. Et quoi de mieux qu’un livre ? Une expo, sans doute, mais nous n’avons pas toujours l’occasion d’aller voir celles-ci, tandis qu’un livre est facilement accessible. Et même si son prix peut parfois rebuter, n’oublions pas les bibliothèques, généralement bien fournies. Si vous constatiez des lacunes, vous pouvez toujours leur suggérer comment dépenser les budgets qui leurs sont alloués.

Après ce préambule, j’en reviens au livre que je viens de terminer. Il s’agit du résumé d’une Master Class organisée en 2019 avec Joël Meyerowitz.

C’est un des photographes de rue les plus reconnus de sa génération (il est né en 1938). Sa particularité est d’avoir promu la photographie couleur à une époque où le noir et blanc régnait encore en maître (dans les années ’60 et ’70).

Pas qu’il n’aime pas le noir et blanc, qu’il a par ailleurs pratiqué, mais il a toujours eu besoin de la vigueur de la couleur, qui est naturelle, car omniprésente, dans l’expression de sa photographie.

Il est donc surtout connu – et reconnu – pour ses visons de la photo de rue, mais il a aussi pratiqué la chambre, qu’il a découverte sur le tard, avec le même entrain qu’il maniait ses Leica.

Ce petit livre est vivifiant, écris à la première personne. Vous avez vraiment l’impression de parcourir les rues avec lui, de l’entendre vous donner des trucs et astuces, simples, facilement applicables et pleins de cette expérience de quelqu’un qui traine depuis 50 ans dans les rues du monde.

Bref, je l’ai découvert avec cet ouvrage, mais il en a écris plus de 25 autres. Nombreuses fois primé, exposé dans les plus grands musées, dont le MOMA, le Getty Museum, la Tate Galery, entre autres.

Homme de terrain et de convictions, il a encore « forcé » le blocus imposé par le maire de New York pour montrer Ground Zero après le 11 septembre 2001. Il était convaincu que tout ce qui se passait là, caché au public, était pourtant partie prenante de l’histoire de la Ville. 50 jours de parcours, avec 18 kg de matériel sur le dos, 10 à 15 kms chaque jour pour raconter cette triste histoire. Il était alors âgé de 62 ans. Chapeau l’artiste !

Voilà donc un petit bouquin que je vous recommande, surtout qu’il nous reste encore un peu de temps à utiliser dans ces périodes difficiles.

Couverture du livre 'Une vision de la photographie' de Joel Meyerowitz, montrant des scènes de rue animées avec des passants et un chien.
Informations sur le livre, incluant l'ISBN-10, l'ISBN-13, l'édition illustrée, l'éditeur Eyrolles et la date de publication du 13 février 2020.
Le Zinc du photographe

Il y a toujours une petite place pour un canif suisse dans le sac

« Mais pourquoi nous parle t’il couteau suisse dans un blog photo ? »- « Bah, ça doit être les effets du confinement ou du dé-confinement ! » – « Ouai, ça a dû taper dur en Belgique … »

Hé bien non, tout va bien, je vous rassure. En fait, depuis que je suis gamin (vers 6 ou 7 ans) j’ai toujours eu un canif sur moi. Aujourd’hui encore, j’ai toujours un petit Victorinox Manager dans mon Jean’s. Bien sûr, ça fait toujours rigoler mes collègues, … jusqu’au moment où ils en ont besoin, pour dévisser le panneau de ce f… machin qui vient de tomber en panne, resserrer la minuscule vis de la branche de lunette qui se fait la malle, pour dénuder ce bout de câble, pour couper cet emballage qui tient si bien, pour …

En photo aussi, vous seriez surpris du nombre de fois où un canif Suisse va vous tirer d’embarras. Pas seulement au niveau de votre matériel, mais lors de vos balades, de vos randos photos, de vos sessions urbex ou studio, cent fois vous pesterez de n’en avoir pas un sous la main, ou même celui du copain qui est devant !

Vous n’avez pas besoin d’un couteau à la Rambo, non, juste un bon canif, voire parfois, d’un multitools, ça peut aussi toujours servir.

Mais revenons à nos canifs Suisse. J’ai toujours dans mes sacs au moins un Victorinox Travaller, voire un Climber. Pas par snobisme mais parce qu’ils sont utiles, bien pensés et garantis à vie. Avec eux vous êtes rarement pris au dépourvu.

Mes préférés :

  • Victorinox Rambler (58mm, 30gr, 10 fonctions, art.0.6363) +/-24€
  • Victorinox Manager (58mm, 31gr, 10 fonctions, art.0.6365) +/- 29€ – le petit plus ? un stylo intégré qui est toujours sous la main.
  • Victorinox Camper (91mm, 74gr, 13 fonctions, art. 1.3613)) +/- 25€
  • Victorinox Climber (91mm, 82gr, 14 fonctions, art. 1.3703) +/- 30€
  • Victorinox Traveller (91mm, 110gr, 28 fonctions, art. 1.3705.AVT) +/- 115€ – les petits plus ? le stylo intégré, le mini tournevis plat, une aiguille, l’indication de la température.

Il existe depuis quelques années maintenant une autre marque, Suisse et innovante : Swiza, qui propose une ligne très urbaine et un petit plus, une lame qui se verrouille. Ils sont beaux et ils proposent une alternative très crédible à Victorinox. J’en ai racheté un à cause d’une …tique !

En effet, la marque a développé un petit outil intelligent pour ôter ces sales bêtes lorsqu’elles ont élu domicile sur votre peau (ce qui m’est arrivé 3 fois cette été en balade champêtre). Vous trouverez le lien avec les explications en bas de page.

Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de Wenger, l’autre marque historique du couteau Suisse. En fait, la marque a été absorbée par Victorinox, qui la propose dans sa gamme Delémont.

Franchement, avec un canif Suisse et du gaffer dans votre sac, vous êtes parés et vous vous sortirez de bien de mauvais pas (la trappe à pile/batterie qui se barre, le trépied qui se bloque, la vis de votre moyen format qui se fait la malle, le portillon de votre flash qui ne veut plus s’ouvrir, etc.).

D’autant que ça ne prend pas de place dans un sac, ça ne pèse pas lourd mais ça peut aider dans bien des situations. Moi, je ne m’en sépare jamais. Et puis, pour le sandwich en cours de route, on n’a pas encore trouvé mieux !

Comme d’habitude, un lien, celui vers le site officiel de Victorinox : https://www.victorinox.com/ch/fr/Produits/Couteaux-suisses/Couteaux-de-poche-medium/c/SAK_MediumPocketKnives?ScrollPosition=5491.2001953125&maxResults=30. Sachez que les canifs Suisse sont toujours vendus dans des boutiques agréées, qui garantissent le service après-vente éventuel (les canifs Victorinox sont garantis à vie pour mémoire). Et le lien vers Swiza : https://www.swiza.com/fr/?v=baa904278574, dont l’article sur le « Tick Tool« . Ils ont une boutique en ligne et on en trouve parfois chez AS Adventures.

Les nouveautés en un lieu

Le reflex va t’il disparaître ?

Le reflex, c’est comme le rock, on annonce sa disparition régulièrement mais tel le Phoenix, il renait encore et encore … en s’adaptant !

Petit rappel, dans le début des années ’60, Asahi Pentax introduit le premier pentaprisme fixe (1957), Nikon révolutionne le monde du réflex professionnel avec son mythique Nikon F (1959). Il ouvrira la porte aux innovations chez Nikon mais aussi chez les concurrents de l’époque, dont Canon qui, dix ans plus tard, sortira le Canon F-1, nouvelle légende.

Les Minolta, Asahi Pentax, Olympus, Rolleiflex, Contax, Miranda, Canon, Nikon, … n’auront de cesse d’apporter leur lot de nouveautés, jusqu’à l’autofocus au seuil des années ’80 (bon, ok, je résume très fort mais comme d’habitude, en bas de page, les liens intéressants).

Une chose est certaine en tout cas, le réflex va balayer une multitude de type d’appareils photo à tel point que même des marques comme Leica vont souffrir le martyr et qu’il en faudra de peu que les télémétriques disparaissent et les moyens format,comme les Rolleiflex ,vont avoir la vie dure.

L’autofocus sauvera, à la fin des années ’70, les petits « point and shot » (visez, tirez) et de petits compacts, assez voire très performants, survivront au côté des réflex.

Il est à noter que c’est surtout le dynamisme des firmes nipponnes et la puissance de leur marketing qui fera avancer la vente des appareils reflex.

Et puis, au seuil des années 2000 (ça fait juste 20 ans !) sont apparus les reflex numériques avec le succès que nous connaissons aujourd’hui : des appareils qui explosent les limites et réussissent à mixer les technologies (p.ex. le nouveau Canon EOS-1D X Mark III capable de rafales de 20 i/s et qui peut filmer en 5K).

Mais – parce qu’il y a toujours un mais – entre-temps de nouveaux venus sont venus chatouiller la prédominance des Nikon et Canon, Pentax, Sony, Fuji, … qui restaient presque les seuls représentant de ce type d’appareil.

En effet, les hybrides faisaient leur apparition aux alentours des années 2010. Ces appareils ont pour ambition de remplacer les reflex : ils sont plus légers, assurent des rendus excellents, peuvent accueillir une multitude d’objectifs, sont rapides et silencieux. En somme, ils tentent d’assurer le meilleur des deux mondes : le reflex traditionnel et le numérique pur et dur.

Sauf que – parce qu’il y a toujours un sauf que – la visée d’un appareil hybride est toujours assurée par l’entremise d’un capteur (celui de l’appareil ou un dédié à cet effet) et donc ce que vous voyez n’est pas l’exacte reflet de la réalité mais déjà une image formée. Et ce temps de « construction » de l’image dans vote viseur, qui s’appelle la latence, ajoute encore et toujours un décalage entre la réalité et votre vision.

C’est surtout vrai lorsque vous avez besoin de cette vitesse de vision et de réaction, notamment pour les images en sports rapides (ski, voitures et motos de compétition, foot, hockey, ….) ou même d’une vision d’anticipation, difficile à acquérir lorsque vous devez dépendre d’une image créée avec ce temps de latence. La visée d’un réflex est une visée optique, c.-à-d. directe de l’image vue ou en train de se construire (anticipation).

Dès lors, serait-ce à dire que les appareils hybrides vont être plus présents en photographie de mariage, de studio, de paysage, et les reflex traditionnels en photographie de sport ou animalière ?

Honnêtement, je pense que les deux vont se côtoyer encore un bon moment, jusqu’à ce que les hybrides parviennent à combler leur « retard » à ce niveau là. Les grands constructeurs historiques (Canon, Nikon), poussés dans le dos par la concurrence des hybrides (Sony, Fuji, Olympus, …) ont franchi le pas de l’hybridation, avec le succès que l’on sait et la capacité qu’ils ont (encore) de proposer des produits bien finis et aboutis (ce qui n’empêche pas les bugs et autres égarements parfois). Mais c’est un peu comme s’ils hésitaient entre le meilleur des deux mondes !

Quand je lis les publicités des uns et des autres, en tout cas, une chose est certaine : les appareils de demain seront toujours plus performants mais deviendront de plus en plus des « usines à gaz » ou, au contraire, extrêmement simplifiés, pilotés par des AI (intelligence artificielle) qui tenteront de prendre le pas sur les décisions du photographe lambda et lui assureront des photos correctes mais sans âme.

Les liens utiles : https://www.ifolor.ch/fr/inspirations/histoire-photographie-partie5 , un beau résumé des origines, http://www.lemondedelaphoto.com/Une-histoire-de-reflex,393.html , pour continuer l’histoire avec Asahi, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, qui nous conte la patte Canon dans l’aventure, http://www.fondsphotographiquepoyet.fr/les%2520appareils%2520photos%2520d’hier,les%2520progres%2520de%2520l’histoire.html et enfin un article très intéressant du site Canon : https://fr.canon.be/pro/stories/future-of-dslrs/?WT.mc_id=be_pro_0485-202005n_b_04052020_nso_be-fr_a_1_READ%20NOW&WT.tsrc=email&WT.dcvid=&utm_source=mc&utm_medium=email&utm_campaign=be_pro_0485-202005n_b_04052020&m_id=6fb55425e33c5beecc26afee2abbaf0e&utm_id=be_pro_0485-202005n_b&utm_content=nso_be-fr_a_1_READ%20NOW

Et si nous parlions (un peu) technique ?

L’autofocus le plus rapide du monde …

Et il est …manuel !

Les deux termes sont l’hyperfocale et le « zone focusing », ce dernier que l’on pourrait traduire par zone de netteté. C’est dire que nous allons, avec cette technique, tenter de déterminer, à l’avance, une plage de netteté, dans laquelle nous essaierons de placer notre sujet (enfin, le but, c’est d’y arriver !).

En fait, nous allons faire la mise au point, mais … avant de cadrer et de viser. Le but étant d’évaluer avec la meilleure précision possible la distance à laquelle va se trouver le sujet de notre image. Sachant que dans une photo, il y a un peu de flou devant et derrière ce sujet, mais entre ces deux zones, tout est net. Et c’est dans cet espace que nous allons placer notre sujet.

Avec ce principe, nous ne faisons pas de uniquement de l’hyperfocale, dont le principe est très proche. Parce que nous ne chercherons pas toujours à être net jusque l’infini. Non, nous cherchons à être net dans une zone utile, à la profondeur qui peut être variable, mais qui ne dépasse pas quelques mètres. Ce qui permet de détacher notre sujet principal du fonds.

Génial, et ça marche comment ?

Tout d’abord ce principe sera très utile en photo de rue ou de reportage, surtout si vous travaillez en argentique ou lorsque votre autofocus à toutes les chances de patiner dans la semoule (ou sera trop lent !). Personnellement, je l’utilise quand je sors mes vieux télémétriques car là, forcément, c’était avant l’idée même que l’autofocus n’existât un jour.

Vous utiliserez ce principe avec – surtout – d’anciens objectifs qui ont la chance d’avoir une échelle de profondeur de champ gravée sur leur fut. Et tant que nous parlons objectif, sachez que ce principe fonctionne à merveille avec des grands angles (35 mm min en 24×36, le 28 mm étant l’idéal), parce que les courtes focales offrent une profondeur de champ suffisante, notamment autour de f5,6/8.

Encore, pensez à débrancher votre autofocus si vous utilisez ce principe car il essaiera sans doute de faire la mise au point là où vous ne voulez pas et travaillez en mode priorité à l’ouverture, qui permet le choix du diaphragme offrant la profondeur de champ souhaitée. Ça c’est pour ceux qui utilisent un appareil numérique.

Pour les autres, foin de tout ça, vous sélectionnez la vitesse avec votre cellule à main en fonction de l’ouverture choisie et puis vous regardez votre objectif :

Explication des images :

en premier lieu, l’hyperfocale :

  • si vous sélectionnez une ouverture de f8 sur le 35mm, vous placez la bague des distances pour que l’infini coïncide avec le chiffre 8 (flèche rouge) et vous verrez que le second 8 se situe vers 2,3m (flèche verte). Ce qui veut dire que vous serez net entre 2,3m et l’infini avec un objectif de 35mm ouvert à f8. Si vous placez votre sujet dans ces distances, il sera net et plus vous le placerez vers le milieu de cette plage, mieux il se détachera du fonds.
  • remarquez que pour un objectif de 50mm, en ouvrant à f22, vous serez net de l’infini (flèche rouge) à environ 1,7m (flèche verte). Mais si vous ouvrez à f8 comme avec le 35mm, vous serez net de l’infini à 5m seulement. Plus votre focale sera « large » – soit 35mm et mieux 28mm – plus votre latitude de netteté sera grande.

en second lieu, le principe du zone focus :

  • et ça fonctionne pour n’importe quelle autre distance : si vous regardez la dernière photo, l’ouverture choisie est de f5,6 : de part et d’autre du repère triangulaire noir, vous serez net d’environ 11 m (flèche rouge) à 2,4m (flèche verte)

En résumé, il vous suffit, avant de commencer vos prises de vue, de sélectionner l’ouverture qui vous offrira la plus grande plage de netteté, tenant compte de la vitesse que vous devrez utiliser pour éviter les flous (voir votre cellule à main). Et – mais c’est ce qui vous demandera des essais-erreurs – vous essayerez de placer votre sujet dans ces distances.

Cela demande un peu de pratique mais cela vous évitera, lorsque vous devez agir rapidement, de pouvoir réagir et ne pas rater la photo désirée.

Pour la petite histoire, c’est la technique que j’ai utilisée lors de mes essais des Zorki 1c, Leica IIIf, Leica M3 et M5, du Canon P. Parce que les viseurs du Zorki 1c et du Leica IIIf sont un peu difficiles, et même si ceux des Leica M et du Canon P sont beaucoup plus confortables et rapides, on manque parfois de temps pour effectuer une mise au point précise, dans le feu de l’action. Je vous mettrai les résultats lorsque j’aurai pu faire développer les films.

Comme d’habitude, des liens pour voir plus loin et ici, en images : https://www.youtube.com/watch?v=idaIzAnctf8 et la suite, https://www.youtube.com/watch?v=AMBuM5WKoZs, en français, puis https://www.youtube.com/watch?v=099t7rDQruA et https://www.youtube.com/watch?v=6vueOfDr4sQ en anglais.