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Le dernier appareil classé X : le Minolta X9

Chez Minolta, rien n’est jamais simple pour s’y retrouver dans les modèles …

Ce Minolta X9 est en fait une série spéciale du X370N, la version américaine du modèle Minolta X300s pour le reste du monde, enfin … presque car certaines modifications en font un modèle à part entière.

Revenons un instant en arrière.

En 1977, Minolta sort le XD-7, le premier reflex qui offrait à la fois la priorité à l’ouverture et la priorité à la vitesse. Cette avance fut de courte durée, les concurrents n’allaient pas s’endormir sur leurs RD (recherches et développements). Canon, par exemple, lançait son A-1 (1979) qui envoyait la balle encore plus loin en introduisant le premier micro ordinateur numérique pour offrir les mêmes fonctionnalités, en mieux !

Il fallait dont réagir, ce que Minolta fait en 1981 en présentant le X-700, le premier appareil qui propose un mode tout automatique en plus des modes priorité à l’ouverture, et la possibilité de passer en manuel. C’est ce qu’ils ont appelé le « Minolta Program System » (MPS).

Comme tous les appareils bien nés, il donnera naissance à une belle descendance : le X500 (1983), réputé le petit frère mais qui proposait un mode semi-automatique à réglages croisés vitesse/ouverture mais pas le mode « Program » quoiqu’il soit automatique à priorité ouverture ou manuel. Puis le X300 (1984), plus basique car s’il garde le semi-automatisme et la priorité à l’ouverture, il perd le TTL au flash. Mais il en profite pour redessiner un peu le capot et les commandes, plus modernes.

Il est très simple à utiliser : le passage de l’automatisme au semi-automastisme s’effectue en tournant le barillet des vitesses, via une molette. Un interrupteur ON/OFF évite de vider trop vite la batterie par oubli.

Enfin vint le X300s, sortit en 1990. A une époque où les Dynax Autofocus étaient en plein développement, Minolta nous sortait un appareil à mise au point manuel avec la célèbre monture MD ! Ce sera un succès jusqu’en 2003.

Il sera l’appareil d’un grand nombre d’étudiants en photographie, curieux de manipuler un appareil « à l’ancienne », de découvrir les subtilités de la mise au point manuelle, etc..

Qu’est-ce qui a fait son succès ? Il est fiable, simple d’emploi et il reprend les (bonnes) bases du Minolta X300 :

  • Fenêtre de lecture de l’ouverture dans le viseur
  • Indication de la vitesse
  • Chargement facile avec le système Minolta d’accroche du film
  • Compatible avec tous les objectifs Minolta MD
  • Motorisable
  • Coque de plastique mais châssis métallique,

Mais que peut bien apporter en plus le X9 ?

  • un bouton de contrôle de la profondeur de champ qui fait son retour sur le bas de la cage reflex.
  • un stigmomètre incliné à 45°, alors qu’il était horizontal sur les modèles précédents.

Par contre, il perd le filetage pour déclencheur souple (réduction des coûts de production ?) ce qui pourrait être un défaut

Ceci étant, il ne lui manque rien et les informations, notamment dans le viseur, sont très compréhensibles et complètes. Vision à 95%, grossissement de 0,84 pour un objectif de 50mm

Le X9 est donc l’ultime évolution de la série des X, inaugurée par le X700 en 1981, soit près de 10 ans avant. Un final en beauté pour un appareil « hors de son époque » mais qui montrait déjà que le public aimait toujours les appareils « tout mécanique », pour peu qu’ils fusent de qualité et facile d’utilisation. Rappelez-vous, il sera vendu jusqu’en 2003 !

Lorsque j’ai reçu le mien, il lui manquait la petite manivelle de rembobinage (c’était noté dans l’annonce). Mais bon, ça n’a jamais empêché un appareil de fonctionner et de toute manière, c’est déjà réparé. Je lui ai installé une pile, trouvé un objectif (il était « boitier nu ») et il s’est animé.

C’est un boitier très agréable. Par certains côtés, il ressemble un peu au Pentax P30 avec ses lignes tendues, le levier d’armement intégré dans le capot, la molette de vitesses qu’on bouge du bout de l’index, même si techniquement il est bien plus avancé.

Je l’écrivais, un appareil bien né qui n’eut – à mon humble avis – que le tort d’être un peu trop discret mais l’époque de sa sortie ne s’y prêtait plus, l’autofocus ayant gagné tous les terrains. Son succès fut loin de n’être que d’estime, loin sans faut, et il aura conquis les personnes qui en avaient besoin.

Il est léger et pourtant on sent qu’il est construit solide, pour résister (pour mémoire, coque en plastique mais squelette en métal). Il ferait presque dépouillé mais tout est là, discrètement et efficacement : les vitesses que l’on actionne avec la roue crantée discrète, le contrôle de l’exposition (AE) que se manipule de l’index, sans quitter le viseur des yeux et ses précieuses informations.

Franchement, pour avoir eu aussi le X700 MPS, je trouve l’ergonomie de ce X9 plus moderne (ok, dix ans séparent les deux machines), moins « compliquée ».

S’il est plus simple, il n’est pas simpliste et vous avez toutes les fonctionnalités utiles pour réussir vos photos (auto, semi-auto, manuel, mémorisation exposition (AE), mesure TTL). C’est un boitier léger – je l’ai déjà écris mais je vous avoue qu’après avoir manipulé quelques vieux appareils des années septante, ça se sent – que l’on prend plaisir à manipuler et ça, ça compte aussi dans le choix d’un appareil pour se (re)mettre à l’argentique. Autant se dorloter un peu …

Venons en à la question du prix : s’il est plus rare que ces petits camarades, il n’est pourtant pas très connu de ce côté de l’Atlantique, et c’est tant mieux, il reste abordable : comptez encore 50€ avec un objectif et prêt à photographier.

Une excellente affaire ….

Les données techniques :

  • Obturateur à rideaux textiles, électromécanique contrôlé par quartz, vitesses de 1s au 1/1000s plus pause B,
  • Synchro flash au 1/60eme.
  • Optique interchangeable sur monture SR-MC/MD
  • Verre acute mat avec stigmomètre incliné à 45 degrés.
  • Testeur de profondeur de champs
  • Mémorisation d’exposition (AE) et mode d’exposition en manuel hérité du X500
  • Visibilité dans le viseur de la vitesse sélectionnée et de celle suggérée par le posemètre
  • Fenêtre dans le prisme pour lire le diaphragme dans le viseur.
  • Retardateur électronique (10s)
  • Sensibilité de 12 à 3200 Iso
  • Mesure TTL à prépondérance centrale avec cellule derrière le pentaprisme

Une video d’illustration

Des exemples de photos avec cet appareil sont visibles sur le site Lomography

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://cameras.pwnmusik.com/tag/minolta-x-9/, en anglais http://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html, http://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/reflexes/sr_mc_md/Minolta_X9.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2360-Minolta_X-9.html en français

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