Ou comment faire entrer un maximum de possibilités dans un minimum de place !
Comme souvent avec ce qui va devenir un best seller, l’histoire du ROLLEI 35 est une véritable saga !
Imaginé par Heinz Waaske dès 1963 (vous vous souvenez, l’ingénieur génial qui a aussi dessiné le Rollei A110 et le non moins étonnant Rolleimatic) , le prototype fut présenté à Henry WIRGIN, de chez Edixa, qui le refusa. H. Waaske avait déjà réalisé pour Wirgin le reflex EDIXA (d’abord appelé KOMET) et le minuscule EDIXA 16.
Mais le projet fut agréé par ROLLEI et ce fut le départ d’un énorme succès malgré un prix plutôt élevé. D’une compacité incroyable (l’encombrement d’un 1/2 format 18×24), très innovant par la disposition originale de l’obturateur, doté d’une optique irréprochable, le Tessar de Zeiss, bien construit, le ROLLEI 35 fut à la base d’une longue série de modèles.
L’aventure commencée en 1966 se terminera avec le Rollei 35SE en 1981.
Pour plus d’informations techniques, je vous renvoie sur le super site iconomécanophile (je traduis, collectionneur d’appareils photo) de Philcameras, incontournable et belge.
Quoiqu’il en soit, l’appareil est vraiment petit, honnêtement pas forcément facile à manipuler, mais quelle mécanique !






- l’objectif, un CARL ZEISS TESSAR f1:3,5 40mm en 4 lentilles, monté sur un tube rétractable. Mise au point à partir de 90cm, double échelles avec indications de profondeur de champ. Les distances 2m et 4m sont repérées en rouge
- le levier d’armement, qui se trouve à gauche sur le boitier
- obturateur central ROLLEI-COMPUR de 1/2 seconde au 1/500e + B dont le mécanisme est non pas autour de la monture de l’objectif mais réparti derrière la face avant du boîtier, Les molettes de sélection des vitesses et du diaphragme sont en façade de part et d’autre de l »objectif. La molette de réglage de diaphragme est munie d’un blocage qu’il faut enfoncer pour permettre sa rotation. Couplage de l’obturateur avec la cellule semi-automatique.
- la manivelle de rembobinage, située sous la semelle
- la pile est dans le corps de l’appareil, au dessus de la bobine de film
- la prise de flash, située sous l’appareil
- le viseur est lumineux, avec le cadre bien clair, un grossissement de 0,62x et des indications pour la parallaxe.
- compteur de vue sous la semelle, avec remise à zéro automatique
- sa taille : 97x32x60 mm pour 370 gr (et je vous assure qu’il donne l’impression d’être plus lourd vu sa compacité)
Comme le disait un ami, on compare souvent les mécanismes des appareils complexes à de l’horlogerie. Oui et non, car l’horlogerie est répétitive, au sens où on reproduit les mêmes mécanismes pour obtenir le même résultat : l’heure juste. Tandis qu’en photographie, les mécanismes ont toujours évolué pour obtenir de meilleurs résultats, différents : des photos à chaque fois singulières.
Ici nous sommes arrivés à un haut degré de sophistication en terme de complexité mécanique et pourtant, c’est très solide, très précis et quarante ans plus tard, ça fonctionne toujours parfaitement.
Pour autant que vous ayez pris soin du matériel, comme par exemple le fait de devoir armer avant de débloquer le tube de l’objectif et de le rentrer, en appuyant sur le petit bouton poussoir qui est à côté du déclencheur.
C’est un appareil finalement très discret, silencieux et redoutable d’efficacité si vous utilisez le zone focus (repères de mise au point sur l’objectif).
Personnellement, et parce que j’ai la vue qui baise, c’est comme avec les Minox, j’ai difficile sans chausser mes lunettes de faire les réglages.
Sinon, c’est un appareil qui a marqué son époque et qui a donné lieu à une belle descendance que la marque a eu l’intelligence de ne pas dénaturer dans sa qualité de fabrication, même si certains modèles sont plus simples que d’autres (le Rollei B35 p. ex.) .
Comme toutes les légendes, les prix des beaux exemplaires sont à la hauteur de la sophistication et de la singularité de l’appareil mais en cherchant bien …


Bonjour,
Merci de vos informations sur le Rollei 35 SE, petit appareil de grande qualité que j’ai beaucoup utilisé et rangé précieusement depuis … trop longtemps.
J’envisage de m’en servir à nouveau et de redécouvrir les joies de l’argentique mais je me pose une question relative à la cellule photo-électrique.
Le passage des piles au mercure de 5,6V aux piles de 6V (4×1,5V) risque t’il de modifier sérieusement le fonctionnement de la cellule ?
Si oui, savez-vous s’il est possible de faire un réglage de la cellule pour l’adapter à cette tension ?
Je vous remercie d’avance de votre aide.
Cordialement.
François
Bonsoir François, oui, il y aura un léger décalage. Si j’écoute mon ami Olivier, il est parfois possible de régler la cellule mais j’avoue que c’est au delà de mes compétences. Une autre solution est d’acquérir un adaptateur muni d’une diode qui régule la tension (on en trouve sur Ebay ou si vous êtes bricoleur il y a des tutoriels sur le Net). Enfin, peut-être le plus simple finalement : utiliser une cellule à main pour vérifier l’écart entre ce que donne la cellule de l’appareil et celle à main. Vous pourrez alors soit utiliser un film plus ou moins rapide pour compenser, soit modifier l’indication de la sensibilité ISO pour « tromper » la cellule, soit encore jouer sur les ouvertures. Cela étant, le plus radical, c’est de se dire que si vous faites autre chose que de la diapositive, la latitude des films vont encaisser, dans la majorité des cas, la légère différence perçue par la cellule de l’appareil. Et puis, il reste le bon vieux système du sunny f16 car il arrive aussi que les cellules lâchent et que cette méthode à le chic de rester immuable. Bien cordialement.