Les nouveautés en un lieu

Afilm, une application intéressante pour les photographes argentiques

C’est un peu par hasard que j’ai découvert une petite application qui, pour une fois, rendra le « smartphone » utile en photographie … quoique personnellement, je reste attaché au bon vieux carnet/stylo

Bref, ces considérations étant posées, de quoi s’agit-il ?

Vous le savez sans doute, de nombreux photographes qui pratiquent l’argentique aiment à noter les informations de leurs prises de vue.

Eh oui, mon bon monsieur, il n’y a pas de données Exif avec les sels d’argent !

Donc, si vous vouliez vous souvenir des conditions de vos prises de vue, rien ne valait – enfin jusqu’à présent – un bon vieux carnet de notes et le non moins incontournable stylo.

Cependant, quelques esprits modernes ont fait remarquer que l’on avait plus souvent sur soi son smartphone que le dit carnet et ce satané stylo, spécialiste de l’évasion impromptue.

Partant de ce constat, la photographe et designer ukrainienne Nadiia Shymchenko, a pensé à une application (une « app » comme disent les djeunes) et propose une solution utile pour consigner ses réglages de prise de vue simplement, rapidement… et gratuitement, sur Android et iOS.

Cette application, baptisée Afilm, vous permettra de consigner rapidement les paramètres de vos photos argentiques.

Si vous jonglez avec plusieurs boitiers, elle vous épargnera de longues réflexions, de celles que vous éprouviez à la relecture de vos notes parfois, heu… disons, embrouillées !

Assez intuitive, elle vous permet de pré-enregistrer vos boitiers, les pellicules, les objectifs afin de pouvoir les sélectionner rapidement sur le terrain, via des menus déroulants.

Après chaque cliché, vous pourrez sélectionner la pellicule en cours et noter les paramètres que vous avez utilisés.

source : Google Play

Il semble que le tout a été pensé pour rendre aisé la manipulation, laissant le photographe se concentrer dans ses prises de vues plutôt que celles des notes.

Petite attention qui pourrait être utile, celle d’ajouter une photo à ce bloc note « virtuel », pour mieux se rappeler quelle est la photo concernée par tels ou tels réglages.

Gageons que cette application connaîtra des évolutions. J’en entends déjà qui rêveraient de géolocalisation, de coupler un posemètre, que sais-je encore !

Comme je vous le signalais plus haut, l’application est gratuite et vous pouvez la télécharger pour Androïd et IOS

Argentique

Lomography Fisheye

Décidément, je trouve encore des pépites sur les sites de seconde main … tant que les brocantes n’ont pas la possibilité de remplir nos dimanches !

Et j’avais envie d’encore aller vers un gentil délire de chez Lomography et chez eux nous avons l’embarras du choix

.L’occasion faisant le larron, j’ai trouvé un appareil qui va me faire tourner en rond …à savoir un Fisheye, le One en particulier.

-« Mais pourquoi il nous parle de poisson là maintenant ? »

Ah oui, un « fisheye » est un objectif tout à fait particulier qui donne à vos photos une forme quasi circulaire et lui même arbore une lentille très protubérante, qui ressemble à une demi-sphère.

Déjà un conseil, ne laissez pas vos pieds trop près de la scène, ils seront sur la photo !

Mais revenons à notre Fisheye One ,… oui parce qu’aujourd’hui il y en a un qui se nomme Two et que, personnellement, je trouve moins facile à transporter.

Soyons de bon compte, nous ne sommes pas chez Contax avec un corps en alliage d’alu, ou chez Canon, avec un châssis en magnésium mais chez Lomography et donc c’est du tout plastique.

Ça ne veut pas dire que c’est mal fichu, juste qu’il ne faut pas brusquer la bête sous peine de devoir, à court terme, sortir le tube de colle rapide.

L’avantage par contre, c’est que l’appareil ne pèse rien et pourtant, il a un objectif « costaud » (mais avec lentille en plastique) et même un flash intégré.

On sait s’amuser sérieusement chez Lomography.

Parlons en de cet objectif : il offre un angle de 170° pour une focale de 10mm. Avouez que nous avons là le plus petit fisheye du monde (c’est d’ailleurs leur slogan).

Son ouverture est de f8 et sa vitesse d’obturation fixée à 1/100s. C’est un fix focus qui vous permettra d’être net de 20cm à l’infini.

Prudents, ils notent dans le capuchon de l’objectif qu’il ne se démonte pas et qu’il ne tourne pas (pour éviter les retours en SAV inutiles !).

Il faut reconnaître qu’un angle de 170°, ça ouvre des perspectives étonnantes … et des déformations importantes : avec ce type d’objectif, vous oubliez les lignes droites, les lignes de fuite à l’infini, non, avec lui, vous aurez l’impression de tout voir en « boule ».

Par curiosité, vous irez voir sans doute les exemples pour lesquels j’ai mis un lien ici-plus bas.

Avec son ouverture fixe de f8, à l’extérieur, photographiez de préférence lorsqu’il y a du soleil ou mettez un film rapide en cas de temps incertain (un 400 Asa sera idéal).

Pour l’intérieur, pas de panique, ils ont prévu un petit flash, bien suffisant vu la distance que vous choisissez pour capter vos sujets.

-« Oui, mais on peut photographier quoi avec cet appareil ? »

Mais tout ce qui vous passe par la tête, de la nature, que vous « encapsulerez » dans des sphères poétiques; des objets qui prendront des formes étranges; du portrait, en faisant attention que les déformations engendrées risquent de fâcher quelques personnes; du nu même, en jouant avec des parties de corps, … bref, tout le champ des possibles vous est ouvert.

Soyons toutefois réaliste, si vous ne photographiez qu’avec cet appareil, cela risque de devenir lassant car le type d’images sera, dans le style, toujours identique. A moins que vous ne vouliez créer une histoire, une série particulière avec ce type d’effet.

Sinon, en alternance avec d’autre styles, issus du monde Lomography ou « classique » (c.-à-d. avec un appareil argentique 24×36 comme je vous en présente habituellement), vous pouvez trouver un rythme intéressant pour narrer vos pérégrinations photographiques.

En plus, sachez que chez Lomo, ils ont inventé quelques gadgets amusants et complémentaires, comme un appareil pour découper vos photos en rond, des flashs annulaires avec lentilles colorées, etc. Bref, tout un univers décalé pour prendre plaisir à utiliser votre appareil.

Lorsque j’ai reçu mon Fisheye One, je ne vous le cache pas, je me suis dit « holala, tout est plastoc ! »

Et puis, en y regardant de plus près, je me suis aperçu que la fabrication était bonne, sans jeu excessif par exemple dans la molette de rembobinage, que la trappe pour installer la pile tenait bien, que le petit verrou pour le dos à charnière était ferme, qu’il y avait même un guide pour installer facilement le film dedans (comme sur les anciens compact Minolta ou Canon, p. ex.), la dragonne, en caoutchouc, bien pensée car elle sert aussi à ne pas perdre le cache objectif

Et puis le clin d’œil avec ce petit poisson embossé à côté du déclencheur et cette « garniture » en tellement faux bois que ça prête à sourire.

Bref, un appareil jouet qu’il me tarde d’essayer, maintenant que le labo New Prodia a pu ré-ré-ouvrir ses portes et que je pourrai y déposer mes films.

Les caractéristiques techniques :

Type de piles/batteries1 x AA
Ouvertures disponiblesFixe f8
Vitesses d’exposition1/100 (N)
Distance focale10mm
Zone d’exposition36x24mm
Avancement du filmBobine
Format de la pellicule35 mm
Mise au pointMise au point fixe
Distance de mise au pointRapprochez-vous le plus possible.
Compteur de posesRemise à zéro automatique
MatériauxPlastique
Emplacement pour trépiedNon
CelluleNon
ViseurViseur optique

Une petite vidéo d’illustration

Des exemples de photos complètement déjantées ICI

Quelques références : https://shop.lomography.com/fr/cameras/fisheye-family/fisheye-one-all-black-new, https://shop.lomography.com/fr/cameras/fisheye-family/fisheye-one en français

Les réflex

Le Contax 139

Avec cet appareil, nous entrons à nouveau dans l’histoire …

L’histoire des appareils photo utilisant le format 24×36 dans ses nombreuses déclinaisons.

Allez, petit rappel historique donc …

Nous sommes au début des années trente, à Dresde, chez Zeiss Ikon. Cette société, fondée en 1926 par la fusion de quatre fabricants d’appareils photo (Contessa-Nettel, Ernemann, Goerz et Ica) faisait partie de la fondation Carl Zeiss dont une partie était la société d’optique Carl Zeiss qui développait des optiques de grandes qualités, concurrentes de celles de chez Leitz, ceux-là même qui avaient rendu possible l’utilisation du film 24×36 dans un appareil léger, peu encombrant nommé Leica.

Le décor est planté. Zeiss Ikon allait développer un appareil pour concurrencer le Leica encore balbutiant mais promis à un bel avenir.

En 1932, la firme lance un appareil appelé Contax (nom qui fut choisi après un sondage auprès des employés), un télémétrique qui choisit des solutions différentes de celles de son concurrent direct :

  • son obturateur est métallique (contre un rideau de toile),
  • qui autorise des vitesses de 1/1000s puis 1/1250s (limité à 1/1000s pour le rideau toilé)
  • Le rideau métallique est à déplacement vertical (contre un déplacement horizontal), composé de lamelles qui s’enroulent comme une porte de garage
  • le corps de l’appareil est en alliage moulé
  • le viseur télémétrique bénéficiait de sa propre fenêtre (contre deux, viseur et télémètre)
  • le viseur était couplé au télémètre dont la base est très large (près de deux fois celle de son concurrent)
  • une molette permet de régler la distance sur l’objectif sans manipuler celui-ci directement
  • le déclencheur est situé sur le bouton d’avance du film (séparé sur le Leica)
  • le dos est entièrement amovible, rendant le changement de film plus aisé
  • un système de baïonnette permettait le changement rapide des optiques, qui étaient au demeurant de meilleure qualité que celles de son concurrent à l’époque.

Ce Contax initial fut décliné en version II puis version III (1936).

La seconde guerre mondiale eut pour conséquence la partition de l’entreprise : une partie resta en Allemagne, l’autre émigra (contrainte et forcée, les ingénieurs aussi ) à Kiev, mais c’est une autre histoire.

Pendant la guerre, justement, Le concepteur maison essaya de convertir le Contax en appareil reflex. Rappelez-vous, ce nouveau concept avait déjà un précurseur, le Ihagee Exakta en 1936 (voir l’article sur le Miranda Sensomat) révolutionnait la visée grâce au fait qu’elle s’effectuait à travers l’objectif et non plus en étant « déportée » par le truchement d’un télémètre ou via deux objectifs superposés

Toutefois, la conception interne de l’appareil ne permit pas cette transformation. C’est finalement le nouveau responsable de la conception qui, partant lui d’une feuille blanche, proposa le Contax S (Spiegelreflex), le premier « vrai » reflex au monde, avec pentaprisme. Nous sommes en 1949.

Ce Contax S allait définir la configuration du reflex 35mm moderne :

  • une monture facile, en l’occurrence la M42 qui allait devenir une norme pour de nombreuses années
  • un obturateur à plan focal horizontal
  • une vision de l’image qui n’était plus inversée mais vue « dans le bon sens et à l’endroit » grâce à l’introduction du pentaprisme. Une vision directe donc de ce que le photographe veut fixer sur sa pellicule

De nombreuses versions ont suivi (le D, E, F, FB, FM et FBM). Toutefois la société Zeiss Ikon VEB à Dresde (Allemagne de l’Est), sous la pression de la Zeiss Ikon AG, qui était en zone américaine, a peu à peu remplacé les noms de Zeiss Ikon et Contax par Pentacon qui, si elle offrait des appareils de qualités, ne put jamais vraiment percer et finalement cette lignée d’appareil disparu.

Alors que dans la zone libre, la marque Zeiss Ikon produisait de nouveaux modèles Contax, fortement révisés, les IIa et IIIa, qui seront fabriqués jusqu’en 1962.

Petite remarque, de grandes conséquences cependant : le Japon, qui avait très vite compris l’avantage de ce nouveau type d’appareils, avançait à marche forcée et proposait dès la fin des années cinquante, le début des années soixante, des reflex qui allaient mettre l’industrie photographique allemande à genou.

Ajoutons à cela la pénurie de matière première de l’après guerre. Dès lors la firme fut contrainte de former alliance avec une firme japonaise et non des moindres : Asahi Pentax, qui avait présenté l’Asahiflex, un des tous premiers réflex du soleil levant.

Cette collaboration favorisa la récupération de la monture M42 Est-Allemande par Pentax, qui en fit la Pentax Mount, puis la Pentax K Mount après la séparation des deux entreprise, tout cela pour éviter que le bloc de l’Est ne puisse aussi revendiquer la paternité de cette monture « universelle ».

Exit donc Pentax, une nouvelle alliance est alors conclue avec Yashica. Une nouvelle gamme de relfex est alors développée conjointement. En 1975, c’est la présentation du Contax RTS, un reflex « moderne ».

En 1983, Kyocera reprendra Yashica et continuera à produire sous les marques Yashica et Contax des appareils performants jusqu’en 2005, date fatale à la marque Contax, Kyocera décidant d’abandonner la fabrication de matériel photographique.

Rideau ….

Ce fut peut-être un peu long mais il ne semblait indispensable de resituer dans le temps la genèse de l’appareil que je vais vous présenter, le Contax 139.

Il est apparu sur le marché après le Contax RTS, (1974), l’appareil qui avait permis à Yashica de se positionner dans le segment supérieur des appareils professionnels grâce à l’excellence des objectifs produits par Carl Zeiss et grâce à l’adoption d’un obturateur à commande électronique, très précis et fiable. Cet appareil fut un succès immédiat !

En 1979, le Contax 139 reprenait les grandes lignes de son prédécesseur mais faisait un pas de plus dans la maitrise de son obturateur car il fut le premier appareil à utiliser la fréquence d’oscillation du quartz pour assurer la fiabilité de ses vitesses d’obturation.

Je vous invite à lire quelques lignes issues d’un magazine promotionnel de la marque :

« Après avoir révolutionné la technologie horlogère, le quartz s’introduit à présent dans le domaine de la photographie.Rien de plus normal puisque la photographie et la mesure du temps sont intimement liées. Les impulsions extraordinairement précises qu’engendre ce minuscule cristal commandent toutes les fonctions tributaires du temps du Contax 139 Quartz, le premier appareil photographique du monde à faire sienne la précision du quartz.
Ainsi, les vitesses d’obturation et toutes les séquences de fonctionnement de l’appareil sont pratiquement exemptes d’erreurs. Mieux encore, ce système de haute précision contrôlé par quartz est logé dans un boîtier ultra compact et léger.
Parmi les autres caractéristiques de cet appareil, notons le double système de mesure de l’exposition, à savoir, d’une part la mesure de la luminosité à travers l’objectif pour une exposition normale, et d’autre part la mesure de la luminosité réfléchie sur la surface du film pour la photographie au flash, ce qui permet un contrôle total de l’exposition à l’intérieur de l’appareil.
Dernier-né du système Contax, le Contact 139 Quartz vous invite à pénétrer dans ce monde unique qu’est celui de la photographie Contax. »

Comme son prédécesseur, son design sera confié au bureau de design de … Porsche !

Toutefois, ce boitier sera totalement innovant, très compact et léger car fabriqué en alliage d’aluminium (500gr nu).

Présenté en 1978 à la PhotoKina en présérie, il ne prendra son nom définitif que lors de sa sortie commerciale, en 1979 et devient le Contax 139Q. L’appareil sera produit à près de 200.000 exemplaires jusqu’en 1987..

Mais voyons le plus en détail.

C’est donc un cristal de quartz qui pilote l’obturateur en position Auto. Il propose des vitesses de 11s à 1/1000s et de 1s à 1/1000s en mode manuel, plus pause B, avec une synchro flash au 1/100s. Cet obturateur est métallique à déplacement vertical avec une commande électronique.

La cellule est une photodiode au silicium qui offre un système de mesure pondéré central.

Si l’appareil peut être utilisé en tout automatique, il est aussi semi-automatique avec priorité à l’ouverture et il peut être manuel. Il possède une fonction verrouillage AE pour l’exposition mesurée, un testeur de profondeur de champ, une compensation d’exposition allant de + 2 à – 2.

Le flash est synchronisé TTL (à travers l’objectif) si vous utilisez les flashs dédiés TLA20 ou TLA30; la synchronisation se fait alors automatiquement au 1/100s. Pour les autres flashs, il reste toujours une prise PC

Le viseur, très clair, lumineux même, ce qui favorise les prises de vue par faible lumière, utilise un champ mat avec un stigmomètre horizontal, entouré de microprismes fins. Les informations d’ouverture sont en haut du viseur tandis que les informations de vitesse sont sur la droite, matérialisées par des Led rouges.

Au niveau manipulations, le sélecteur de vitesses est à gauche tandis que la gestion des Iso se fait à droite, tout comme la correction d’exposition.

Il faut légèrement déplacer le levier d’armement pour soulever le bouton et sélectionner la sensibilité de votre film SI vous désirez corriger l’exposition, là vous devez pour le bouton à droite et déplacer la molette.

Normalement, l’appareil est livré avec un étonnant 50mm signé Carl Zeiss ouvrant à f1,7. Etonnant de par la qualité des images qu’il délivre pour sa petite taille.

Lorsque j’ai reçu mon appareil, il était livré sans objectif parce qu’il a servi d’appareil dans un …. laboratoire médical et donc il était monté sur un microscope. Il est équipé d’un dos dateur qui permet d’inscrire la date et d’autres données de prise de vue sur le film.

Le Carl Zeiss atteint des prix eux aussi étonnants alors je me suis tourné vers une monture Yashica dite Y/C puisque destinée indistinctement aux Yashica et aux Contax, d’aussi excellente qualité car eux aussi souvent signé de l’opticien allemand. Quoique j’ai choisi un 50mm f1,9 DSB fabriqué qu Japon, bien plus abordable.

Que retenir de cet appareil ?

Il est effectivement très agréable à prendre en mains, nonobstant le revêtement qui part en lambeaux, mais c’est un défaut connu, encore accéléré par le fait que cet appareil était très souvent désinfecté dans son travail en labo médical. Mais il est assez facile, pour moins de 20€ de changer le cuir.

J’avoue que j’aurais aimé passer par Asahi-Aki pour passer commande, mais les restrictions dues au Covid l’empêche de livrer en Europe.

Son viseur est vraiment agréable. Par contre, les touches pour la correction d’exposition ou la mémorisation d’exposition demandent un peu d’habitude mais sans être rédhibitoire.

Lorsque vous lancez le retardateur, une lampe rouge assez grande clignote sur la face avant pendant 10 secondes.

Le bouton pour la compensation d’exposition est un peu étrange mais finalement assez intuitive, en tout cas on s’habitue. Ou alors vous choisissez de mettre l’appareil sur AE et la mémorisation sera « continue » – ne pas oublier de repasser dans une autre position ensuite sinon les piles vont s’épuiser assez rapidement.

Est-ce un appareil abordable ? Oui … et non. Sur les grands sites de vente, vous en trouverez régulièrement avec au moins un objectif autour des 130€.

Pour le mien, j’ai dû acheter un objectif à part et je vais devoir refaire les mousses plus le cuir de revêtement. Ce qui veut dire que si je le revends, pour une fois, je ne pourrais pas descendre sous la barre des 100€.

Ceci étant, la réputation de cet appareil reste excellente et nous sommes loin des prix atteints par les Contax suivants, dont les prix s’envolent; surtout celui en Titane (le S2b).

Résumé technique :

  • Cellule au silicium
  • mémorisation de l’exposition
  • testeur de profondeur de champ
  • correcteur d’exposition (+2/-2)
  • Mode(s) d’exposition : Semi-Automatique, Automatique, Manuelle
  • Sélecteur d’ISO : de 12 à 3200 Iso
  • Vitesse : de 11 s à 1/1000ème en mode auto ou 1s à 1/1000s en mode manuel
  • synchro flash au 1/100s
  • Retardateur électronique de 10s
  • Alimentation par 2 piles 1,5v (SR44)
  • Accessoires : Flash, Dos dateur D-6, moteur d’entrainement
  • Flash TTL dédié ou flash électronique de marque tiers
  • déclencheur électromagnétique très doux et peu bruyant
  • possibilité de surimpressions multiples
http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335532840.jpg
source : Collection-appareils, Phokina 1979-1980

Petite video d’illustration

Pour des exemples de photos prises avec cet appareil

Le test Photo Argus du 3ème trimestre 1980, c’est par LA

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Si des réparations s’imposent, je vous recommande ce site (en anglais) : Contax 139 Resource

Quelques références : https://www.danstacuve.org/test-du-contax-139q/, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12254-Contax_139%20Quartz.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Contax en français, http://camera-wiki.org/wiki/Contax_139, http://www.contax139.co.uk/, https://kosmofoto.com/2020/02/contax-139-quartz-review/, https://casualphotophile.com/2016/02/13/contax-139-quartz-camera-review/, https://en.wikipedia.org/wiki/Contax en anglais, https://contax-cameras.reconact.com/contax-slrs/contax-139/ en allemand

Les réflex

Le Nikon EM

Franchement, pas facile de trouver des Nikon mécaniques à prix abordables … le prix des légendes sans doute.

Après quelques autofocus plus récents (les Nikon F 50F 60 et F 65), je voulais faire l’expérience d’un tout mécanique.

Et j’ai trouvé celui-ci, le Nikon EM à un prix abordable …. et ce n’est pas un hasard.

Mais commençons par le … début !

LA gamme de chez Nikon, c’est la gamme F, créée en 1959 et destinée aux professionnels, qui fut de tous les conflits, aux quatre coins du monde.

A côté de celle-ci, dès 1960, la firme lance la gamme Nikkormat, destinée aux amateurs. Cette gamme, progressivement, reprendra les attributs de la gamme F jusqu’à la monture Ai (index d’ouverture sur la bague de diaphragme) et même, le premier Nikon a adopter un obturateur électronique et l’automatisme à priorité d’ouverture sera le Nikkormat EL. Elle finira par disparaître dans les années septante.

Puis vint le Nikon FE, le premier boitier compact et automatique à priorité ouverture avec un obturateur électronique qui reprend les recettes du Nikkormat EL et EL2. Il sera suivi d’un Nikon FM, semi-automatique et simplifié.

Au début des années quatre-vingt, nous avions donc la gamme Pro avec les déclinaisons des F, les semi-pro avec les FA, FM2 et FE2, puis les amateurs avec le FG puis le FG20.

Bon, chez Nikon, il y a amateurs et amateurs … alors quand ils décident de s’attaquer au marché de « masse » des « amateurs », ils lancent le … Nikon EM en 1979.

C’est clairement une série « économique » : la monture est simplifiée (objectifs série E, plus légers et compacts que les Ais), totalement automatique, sans réglage manuel des vitesses et – le comble pour les puristes de la marque – avec du plastique dans la construction du boitier et des objectifs.

Vous avez compris, c’est l’appareil boudé par les aficionados de la marque, ce qui explique qu’on le trouve à prix décent, lui.

Pourtant, Nikon a bien essayé d’attirer le « grand public » par exemple à confiant le design de l’engin à un designer de chez Ferrari (légende ou pas ?)

Pour compresser son prix donc, Nikon a raboté quelques éléments : il n’y a pas de mémorisation de l’exposition, ni de testeur de profondeur de champ, la taille du boitier rend quelques éléments difficiles à lire, comme le compteur de vue, le prisme et le verre de visée ne sont pas interchangeables, la monture de type Ai est en polycarbonate.

Et Nikon a développé une gamme d’objectifs spécifiques, la série E, qui ne comprenait que 3 optiques : un 35mm f2,5, un 50mm f1,8 et un 100mm f2,8. Si la monture était de type Ai, ils étaient plus compacts et très plats, pour s’assortir à la taille du boitier.

Ceci étant, nous sommes chez Nikon, ils ne vont pas brader leur matériel quand même !

Ce Nikon EM est donc automatique à priorité ouverture.

La vitesse choisie par le posemètre apparait à gauche dans le viseur et elle est effective de 1s à 1/1000s, plus pause B. L’obturateur est un plan focal métallique à déplacement vertical.

La cellule, au silicium, est placée au dessus de l’oculaire et elle est pondérée central avec une légère prédominance pour le bas de l’image (ce qui se trouve le plus près de soi en somme)

La cellule s’active dès que vous pressez à mi-course le déclencheur. Si plus rien ne se passe endéans les 30 secondes, le posemètre se coupe. La sensibilité de la cellule est réglée de 25 à 1600Asa

La sur ou sous exposition est signalée par un bip, non débrayable (mais bon, c’est léger comme bruit) et il y a moyen de corriger l’exposition mais seulement de +2 (non variable donc), grâce à un petit bouton en façade (pas forcément pratique).

L’appareil ne fonctionne qu’avec 2 piles de type LR44 quoiqu’il soit possible de déclencher au 1/90s en tout mécanique (sans le secours de la cellule donc).

Si l’appareil est plus léger (460gr tout nu) et qu’il comporte effectivement quelques pièces en plastique, c’est parce qu’il est fabriqué avec un châssis en alliage d’aluminium moulé sous pression.

Il est possible de lui adjoindre un moteur, deux en fait : le MD-E qui permettait d’avancer à deux images/seconde et le MD-14 qui atteignait trois images/seconde.

Le flash se synchronise à 1/90s, via la griffe flash. Le fonctionnement du flash dédié, le SB-E, est semi-automatique. En effet, la griffe transmet les infos sur la vitesse du film (sensibilité) et des informations sur l’ouverture du diaphragme. Lorsque le flash est activé, il règle automatiquement l’appareil sur le M90 (le 1/90s) et active une diode dans le viseur. Si celle-ci clignote, c’est que l’exposition est insuffisante.

Pensez cependant que les flashs « classiques » demandent que vous sélectionniez vous même la vitesse (mettre le barillet sur M90). Seuls les SB-E et SB-10 font basculer l’appareil automatiquement sur la vitesse de synchronisation.

Voilà, vous avez un appareil simplifié mais pas simpliste, qui délivre de bonnes photos, qui est léger et agréable à tenir en mains, que demander de plus .

Car même s’il fut boudé par les puristes de la marque, ses ventes – rappelons le destiné au « grand public » – a permis à Nikon de se refaire une santé et de préparer la venue d’autres boitiers à un moment ou Nippon Kogaku n’allait pas trop bien financièrement.

Il faut aussi se rappeler que cet appareil est sorti pour contre carrer le Canon AE-1, plus coûteux avec sa priorité à la vitesse.

Finalement, que penser de ce Nikon EM ?

Franchement, lorsque je l’ai reçu, je me suis dit « mais il est tout petit ! ». Dans la veine des Fujica AX ou Minolta XG-1n.Et puis, quand j’ai fait le tour du boitier, je me suis dit :  » ben voilà un petit automatique facile à manipuler », ses commandes étant réduites au nécessaire.

Commandes qui sont douces et agréables.

Pourtant, il m’a fait paniquer quelques instants : je venais d’y mettre des piles neuves et la cellule ne réagissait pas. J’ai bien vérifié l’ouverture, je me suis mis sur f3,5, l’ai orienté vers la lumière … rien !

Je l’ai testé ainsi 5 ou six fois, en réarmant à chaque fois et puis… clic, la cellule s’est mise en branle. Ouf ! Bien plus tard, en préparant cet opus, j’ai lu quelques articles qui expliquaient que de fait, il fallait armer et déclencher au moins deux fois, après avoir changé les piles, pour refaire partir la cellule. Bon à savoir si vous en essayez un et que vous devez négocier le prix !

Parlons en de ce prix/ Sans objectif, vous devriez pouvoir en trouver vers les 40€, sinon 50€ avec un objectif.

Ce qui est abordable pour un Nikon, convenons-en.

Résumé technique :

Monture d’objectif: Monture à baïonnette Nikon F-Mount, Ai, E
Objectifs: 50 mm f / 1.8 Série E et bien d’autres
Obturateur: Lame métallique verticale du plan focal
Vitesses: B, 1 – 1/1000 secondes
Cellule au silicium pondéré central TTL avec affichage du viseur à aiguille analogique
Batterie: 2 piles S76 ou LR44 à l’oxyde d’argent ou alcaline
Monture Flash: griffe synchro

Source : http://www.appaphot.be/fr/brands/nikon/nikon-em/
http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276685060.jpg
source : Collection-appareils, Seras 1979

Petite video de présentation

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_EM, http://www.appaphot.be/fr/brands/nikon/nikon-em/ http://pictchallenge-archives.net/COLLECT/collecNikon1.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11614-Nikon_EM.html en français, https://www.nikonians.org/reviews/the-nikon-em, https://cameralegend.com/tag/nikon-em-review/ https://www.mikeeckman.com/2015/10/nikon-em-1979/ en anglais

Les réflex

Le Porst Compact Reflex OC

-« Heu oui, mais c’est quoi ? »

Mais un Cosina CS-3 voyons !

Bon, d’accord, ça ne saute pas aux yeux de prime abord mais permettez moi de vous expliquer et commençons par un mot sur Photo Porst qui, en 1996, était le plus grand détaillant de produits photographiques d’Allemagne.

Fondée en 1919 par Hans Porst à Nuremberg, la société achetait de nombreux appareils d’autres fabricants, tels Adox, Agfa, Balda, Braun, Dacora et Franka et elle les rebaptisait dans les premières années sous le nom de HAPO (acronyme de Hans Porst), en fait de 1930 à la fin des années 1950. Ensuite, les appareils de la marque maison sont apparus sous le nom de Porst et plus tard sous le nom de Carena pour des appareils spécifiques (plus bas de gamme).

Le génie de Hans Porst fut d’imaginer avant tout le monde le principe de la vente par correspondance et la pratique du paiement échelonné (sans passer par une banque), ce qui permettait de toucher de nombreux clients partout en Allemagne, même avec des moyens plus faibles mais férus de photographie.

Avant tout le monde, il a inventé les « témoignages » de ses clients en reproduisant dans ses magasines de vente les fac-similés de lettres de clients satisfaits.

Las, en 1964, sous la pression de Foto Quelle, le grand concurrent qui utilisait les mêmes recettes et celle des entreprises japonaises, qui avaient balayé l’industrie photographique allemande, Porst traverse une grave crise mais que l’entreprise résout en établissant des magasins dans toutes les grandes villes dynamiques, en gardant la recette qui avait fait son succès : l’accueil client et la convivialité

D’autres grandes marques ont été distribuées comme produits « maison ». Citons Cosina, Fuji, Mamiya, Taron et Yashica.

Après bien des péripéties, la marque fut déclarée une première fois en faillite en 1982. Puis reprise par Interdiscount (Suisse) qui a revendu ses parts à Spector NV (Belgique), enfin elle fut cédée en 2001 à la société Pixelnet et en 2002, devenue insolvable, les droits sur le nom Porst ont été revendu au groupe allemand Ringfoto.

Tout comme il l’avait fait avec Fuji (rappelez-vous l’histoire des Fuji AX notamment), la puissante société Porst revendait sous son nom et appellation des appareils fabriqués par Cosina.

C’est en 1978 que ce dernier dévoile ce modèle à la Photokina. Ils sont alors au top de leur forme en tant que marque à part entière et le CS-3 présenté est le haut de gamme de la marque.

Cosina a abandonné la monture à vis M42 pour adopter un autre standard, la monture Pentax K, ce qui permet d’améliorer les performances de l’appareil comme la mesure d’exposition TTL à pleine ouverture et un nouveau posemètre au silicium.

Le Cosina CS-3 peut se frotter sans complexes aux autres ténors de l’époque. Mieux, les journalistes de l’époque s’extasient devant les 16 diodes rouges de son viseur. Un record pour l’époque.

Bon, au delà de l’anecdote, l’appareil est un automatique avec priorité à l’ouverture, ou un semi-automatique, avec la possibilité de mémoriser l’exposition. Avec la possibilité d’utiliser l’appareil sans pile au 1/60s, au cas où.

Pour le reste, c’est du tout bon : obturateur à plan focal avec un rideau en tissus qui autorise des vitesses de 8s à 1/1000s plus le traditionnel mode B. Le flash est synchronisé au 1/60s et il y a encore une prise PC pour des flashs plus anciens. Il possède un retardateur électrique qui vous permet de courir pendant 10 s pour être sur la photo.

Son viseur est un vrai pentaprisme qui offre un champ de vision de 93% de la surface du film. Au centre du viseur, il y a un stigmomètre (rond brisé horizontal ici) entouré d’un champ de microprismes. En haut, vous voyez l’ouverture choisie et à gauche les vitesses d’obturation.

L’appareil a besoin de deux piles de 1,5v, des LR44 font l’affaire. On peut lui adjoindre un moteur qui permet juste de réarmer « automatiquement » (ne comptez pas faire des rafales avec).

L’appareil vous permet de corriger l’exposition sur -2 à +2 valeurs. Et, comme je l’écrivais un peu plus avant, vous pouvez mémoriser l’exposition (pour recadrer votre sujet p. ex.) en appuyant sur un bouton, sur le pourtour du fut d’objectif, au moment de la visée. Cette pression garde la mémorisation pendant 7 secondes

En mode automatique, si vous êtes hors du champ de la cellule, une diode Over ou Under clignote et vos signale qu’il faut soit utiliser un filtre ND ou le flash. Notez que si vous devez travailler en vitesses très lentes et monter l’appareil sur un trépied, vous pouvez monter un câble pour le déclenchement à distance et sans vibration (sur le fut porte objectif).

Lorsque vous êtes en mode manuel, lorsque vous faites vos réglages, des diodes s’allument pour vous suggérer la meilleure combinaison. Le boitier ne vous laisse pas tomber !

Ah oui, la sensibilité Asa est réglable de 25 à 3200. Et le déclencheur est basé sur un solénoïde et donc très sensible, de plus il est relativement discret.

Résumé des spécificités de l’appareil :

  • Monture d’objectif Monture d’objectif Pentax K
  • Mise au point manuelle
  • Viseur avec stigmomètre et champ de microprismes sur lentille de Fresnel très fine
  • Vitesse de 8s à 1/1000s plus pause B
  • Connexion flash sur la griffe ou cable PC-Flash
  • Vitesse de synchronisation du flash 1/60 s
  • Automatique à la priorité ouverture, semi-automatique, manuel
  • Alimentation 2 batteries LR44
  • Taille13,65 x 8,35 x 5,1 cm
  • Poids530 g

L’appareil que j’ai reçu, avec son « winder » (moteur), a l’air neuf !

Si l’aspect général est assez carré, en livrée noire, ça lui va bien. Paradoxalement, il est compact (de la même taille qu’un Contax 139 p. ex.) mais il donne la sensation d’être « plus grand ». Sans doute ses traits anguleux y sont-ils pour quelque chose …

Monté avec le winder, il parait alors vraiment imposant. Personnellement, je ne le mettrai pas sur l’appareil, qui est de ce fait déséquilibré : il vaut mieux le poser sur le dos pour éviter qu’il ne pique du nez, mais c’est commun aux autres appareils équipés de cet appendice pas forcément utile.

L’autre point intéressant de cet appareil, c’est sa monture, la Pentax K, qui vous autorise à monter un vaste choix d’optiques de qualité.

Honnêtement, lorsque je l’ai déballé, comme je l’indiquais ci-dessus, je me suis dis que cet appareil n’avait pas dû prendre beaucoup de photos, il semble sortir d’une boîte.

Méconnu de nos jours parce que dissimulé derrière une marque « peu courante » – en tout cas pas en tant que fabriquant historique – ce Cosina CS-3 mérite pourtant le détour car Cosina est une marque historique, certes plus connues pour être « un produit blanc » pour d’autres constructeurs (comme son concurrent Chinon) mais qui a sorti quelques petites perles, comme celle-ci.

L’avantage de cette « dissimulation » est que vous pouvez essayer de négocier (encore) le prix arguant que ce n’est pas une marque « connue » ce Porst Compact Reflex OC !

Et vous devriez pouvoir vous porter acquéreur sous la barre des 50€ pour un exemplaire en très bon état, avec au moins un objectif. Et ça, c’est une très bonne affaire !

Porst Compact-Reflex OC-N
Source : Collection-appareils, Image du catalogue Porst 1978

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA BAS

Le mode d’emploi est par LA

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/porst-compact-reflex-oc/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Porst, http://camera-wiki.org/wiki/Porst, http://camera-wiki.org/wiki/Cosina_CS-3, https://filmphotography.eu/en/cosina-cs-3/, https://trafalgarscope.wordpress.com/cosina-cs-3-35-mm-slr-camera-review/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Porst en anglais, http://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=14605, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-5481-Cosina_CS-3.html en français, https://de.wikipedia.org/wiki/Photo_Porst en allemand

Les réflex

Le Canon Eos 50E

Ah, voilà un boitier que je recherchais depuis quelque temps …

Parce qu’il a de la « gueule » cet Eos, dans sa robe bis-tons (il a existé en noir, plus rare).

Bon, d’accord, on voit tout de suite que c’est un Canon Eos, comme on dit « bon sang ne peut mentir ! » et cela fait maintenant plus de 35 ans que la gamme Eos existe.

Apparu dix ans après la naissance de la gamme (en 1985), il est un appareil conçu pour les amateurs éclairés qui voulaient les fonctions des appareils plus professionnels mais sans y laisser toutes leurs économies.

Et Canon les a parfaitement entendus, en créant un appareil en composite solide (la preuve, trente ans plus tard il est toujours en pleine forme) doté des fonctions des meilleurs appareils de la gamme d’alors.

Je m’arrête un moment sur les explications du succès de la gamme EOS.

Dès le départ, Canon a voulu que celle-ci soit évolutive. C’est-à-dire que si vous commencez avec un entrée de gamme et que vous gravissez celle-ci au fur et à mesure de vos besoins de photographe de plus en plus confirmé, vous ne serez jamais dépaysé car vous retrouvez toujours très rapidement vos marques et vos habitudes de prises de vue. Les commandes et leur logique sont toujours très proches, ce qui vous évite de devoir tout réapprendre quand vous évoluez dans la marque. Et c’est très confortable !

Même aujourd’hui, lorsque vous prenez les commandes d’un Canon Eos 5D Mark IV, si vous avez eu un Eos 50E en mains, vous ne vous sentirez pas dépaysé

L’Eos 50 et 50E ont été présenté en 1995 en Europe, aux USA sous le nom de Eos Elan II et Eos 55 au Japon.

Et dans ce boitier « en plastique » se trouvait réunies des spécifications impressionnantes, jugez plutôt :

  • Mesure TTL à six segments
  • Mode programme, priorité à l’ouverture, priorité à la vitesse, mode entièrement manuel, entièrement automatique et modes scène
  • Avertissement de bougé de l’appareil photo
  • ISO 6 à 6400 (25 à 5000 pour les films codés DX)
  • +/- 2 arrêts de compensation d’exposition
  • Transport de film motorisé, vue par vue / rafale + bracketing
  • Trois modes de mise au point automatique et mise au point manuelle
  • Vitesse d’obturation de 30sec à 1 / 4000sec
  • Retardateur électronique
  • Molettes de commande avant et arrière
  • Flash intégré
  • Synchronisation du flash au 1/125s ou à toutes les vitesses s’il s’agit d’un flash Speedlite EX (des E-TTL)
  • Écran d’information LCD du panneau supérieur
  • Fonctions de contrôle supplémentaires sur le panneau arrière
  • Fonctions personnalisées permettant de configurer d’autres préréglages selon les souhaits du photographe

Et – surtout – un contrôle apparu sur le Canon Eos 5 en 1992 : le pilotage de la mise au point par l’œil pour l’Eos 50E !

De fait, après une phase d’apprentissage où vous lui apprenez à reconnaitre votre pupille (et il est possible de mémoriser le profil de plusieurs utilisateurs), il vous obéit au doigt et … à l’œil, et il fait la mise au point là où vous regardez.

Si l’Eos 5 avait cinq capteurs répartis dans le viseur, aptes à capter votre regard, l’Eos 50E en garde trois, plus un quatrième pour le testeur de profondeur de champ. Cela fonctionne aussi bien en horizontal qu’en vertical.
Quel que soit le mode d’autofocus sélectionné, cela s’avère redoutable d’efficacité et de … facilité.

Concrètement, dans le viseur, vous regardez le point de mise au point que vous voulez utiliser, vous appuyez à mi-course sur le déclencheur et l’appareil se focalise sur lui.

Et si vous regardez en haut à gauche du viseur, toujours en appuyant le déclencheur à mi-course, vous activez l’aperçu de profondeur de champ … « comme j’vous l’dit mon bon monsieur ! »

Si cette fonction est formidable, restons les pieds sur terre car elle vous autorise de facto à regarder à gauche, à droite et au centre pour faire la mise au point mais c’est bien votre regard qui active le « collimateur » de mise au point. C’est surtout intéressant quand on veut « décadrer » sa photo sans bouger.

Et ça fonctionne parfaitement même pour les personnes qui portent des lunettes.

Cet appareil fut produit jusqu’à l’aube des années deux mille, où il fut remplacé par l’Eos 30, qui gardait ce pilotage par l’œil (et le principe de la double appellation : Eos 50E/30 pour le pilotage par l’œil, Eos 50/33 pour les boitiers sans).

Le système reste évidemment débrayable et vous pouvez alors fixer le collimateur manuellement

Outre cette particularité, le boitier est super complet :

  • modes d’autofocus : One shot (vue par vue), AI Focus (en continu), AI Servo (auto-adaptable).
  • des programmes : P (programme), Tv (priorité vitesse), Av (priorité ouverture), M (manuel), DEP (profondeur de champ), 4 modes résultats, rectangle vert.
  • position CF qui permet, via l’écran de personnaliser onze fonctions
  • position CAL permet de sélectionner le profil mémorisé d’un utilisateur pour la reconnaissance de l’oeil.

Le viseur est très informatif et répond à l’écran LCD, avec toutes les indications utiles

Voici l’appareil que j’ai reçu, assorti de son mode d’emploi et du livre de René Bouillot pour exploiter au mieux ses (nombreuses) possibilités.

Il est en parfait état, vendu donc avec sa documentation, la sangle Canon avec le cache œilleton (pour les pauses longues) et le vendeur a eu la courtoisie de mettre une batterie 2CR5 dans un sachet, à part. Si, si, il y a encore des vendeurs plus qu’honnêtes sur Ebay (merci Jlff314).

Six réglages peuvent être définis dans le logiciel, pour configurer le boitier à vos préférences :

  • les ISO, généralement lu à partir de la bobine de film via le système DX
  • le bracketing d’exposition automatique
  • la fonction réduction des yeux rouges
  • l’activation du bip ou pas lors de la mise au point
  • les expositions multiples
  • la compensation d’exposition au flash.
https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/images/eo_cfdis2.gif
source : https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/images/eo_cfdis2.gif. Une idée géniale pour ne plus chercher les infos des fonctions personnalisables, à coller dans le bouchon d’objectif.

Il possède un flash intégré plus une griffe flash, notamment pour les flashs Speedlite EX Canon qui autorisent toutes les synchronisations.

Et puisque je parle du flash, il est E-TTL, c.-à-d. qu’il déclenche un éclair de faible intensité juste avant l’exposition et mesure la lumière réfléchie, permettant ainsi le juste dosage de l’éclair. Le flash recommandé à l’époque était le Speedlite EX380.

L’appareil peut être déclenché à distance soit par un câble branché dans une prise jack soit par une télécommande infrarouge.

Autre particularité intéressante, la possibilité de rembobiner le film avant que celui-ci ne soit terminé. Normalement, en fin de course, l’appareil rembobine le film automatiquement mais si vous deviez/vouliez changer de bobine en cours de prise de vue, vous pouviez le rembobiner

Vous l’avez compris, j’aime bien ce boitier. Et là franchement, je le conseille si vous voulez vous initier avec une excellente machine à l’argentique : il possède absolument tout ce dont vous avez besoin, et même plus, pour tirer le meilleur profit d’un boitier argentique « moderne ».

Quasi aussi performant que le Eos 30, mais bien plus abordable.

Vous l’avez bien en mains car l’ergonomie Eos est toujours excellente et sa prise rassure.

Et puis, vous pouvez y monter tous les objectifs en monture EF que vous voulez (sauf les tous derniers prévus pour les capteurs très haute résolution) et ça, ça vous ouvre un parc immense et de qualité.

Comme je le faisais remarquer avec le Minolta Dynax 5, c’est – heureusement pour vous – un appareil qui a (pour le moment) moins d’aura qu’un A-1 ou un F-1 mais qui vous offre bien plus et surtout un confort d’utilisation « moderne ».

Un dernier argument pour vous convaincre ? Son prix évidemment ! Sans objectif vous pouvez déjà en trouver autour des 30€, sinon vers les 50€, prix conseillé avec un zoom trans standard de la marque.

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1476212008.jpg
source : collection- appareils, Porst 1996 -1997

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI ou par LA

Si vous possédez une version avec dos dateur, pas de miracle, la datation s’arrête en 2019. Les ingénieurs n’ont jamais pensé que leur appareil vivrait si longtemps ! Pensez à y mettre une pile 2025 que vous trouverez en ouvrant le dos de l’appareil.

Mais vous pouvez toujours régler l’heure, à défaut de la date.

Sélectionnez la date en appuyant sur le MODE, puis sur SELECT un petit moment, jusqu’à ce que les chiffres clignotent et vous les faites bouger en appuyant sur SET. Heu … une pointe de stylo bille fine est nécessaire pour y arriver !

Si vous ne voulez pas de mention sur le film, ré appuyez sur MODE pour le mettre sur les petits traits.

Quelques références : https://kosmofoto.com/2018/02/kosmopedia-canon-eos-50-50e/, http://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/eos/eoscamera/EOSElanIIE5055/eos50ElanIIspec.htm, https://simonhawketts.co.uk/2016/10/07/canon-eos-50e-35mm-autofocus-camera/, https://johns-old-cameras.blogspot.com/2012/02/canon-eos-50e.html en anglais, https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/textes/eo_ftech.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1693-Canon_EOS%2050E.html, https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/textes/eo_astu.htm, https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/ en français

Les réflex

Le Fujica AX-3

Voilà, je boucle la boucle des Fujica AX : après le AX-1, le AX-5 c’est au tour du AX-3.

Si je trouve un STX-1 abordable, j’aurais fait le tour de cette série, rappelons-le, sortie en 1979.

Je résume :

  • le STX-1 est une évolution du ST 601 sorti au début des années septante. Tout mécanique, il est l’entrée de gamme par excellence.
  • le AX-1 est un appareil tout automatique non débrayable à priorité ouverture, destiné aux photographes qui ne veulent pas se compliquer la vie et qui savent pouvoir faire confiance dans leur boitier
  • le AX-3 est le milieu de gamme, automatique à priorité ouverture, semi-auto ou manuel, destinés aux photographes passionnés et déjà un peu expérimentés
  • le AX-5 est le haut de gamme, avec tous les modes possibles, destinés aux amateurs exigeants ou aux professionnels, il se présente – sans complexes – comme une alternative abordable au Canon A-1

Donc, comme je l’écrivais, le Fujica AX-3 se positionne pour les photographes passionnés et déjà un peu expérimentés : il propose l’exposition automatique à priorité ouverture, un mode semi-automatique et manuel, un aperçu de la profondeur de champ, de l’ouverture et des informations sur la vitesse choisie, le verrouillage de la mémoire d’exposition (AE).

Il est compact, léger, avec une ergonomie agréable avec toutes les commandes regroupées sur le dessus du capot. Enfin – et ça mérite d’être souligné – c’est un appareil que l’on peut utiliser tout de suite, même sans lire un mode d’emploi tellement il est facile.

Techniquement, l’obturateur du plan focal est électronique et les vitesses vont de 2s à 1/1000s plus la pause B. La synchronisation du flash est de 1/60s et elle se fait automatiquement dès qu’un flash Fuji est monté sur la griffe bien qu’il reste toujours la possibilité de monter des flashs plus anciens (prise PC).

La vitesse d’obturation sélectionnée est indiquée sur le côté gauche du viseur par un indicateur LED. L’AX-3 affiche le réglage de l’ouverture en haut du viseur grâce à une liaison mécanique. L’AX-3 utilise une mesure moyenne pondérée centrale avec des cellules photoélectriques en silicium.

le résumé de ce que vous voyez dans le viseur

C’est donc un boitier à exposition automatique à priorité ouverture mais vous pouvez toujours basculer en mode manuel sans que l’appareil ne vous « lâche » car il suggère toujours une vitesse/ouverture idéale, que vous suivez ou pas.

Notez que l’appareil a toujours besoin de piles pour fonctionner car le déclencheur est électro magnétique (un 4LR44 de 6v). Cette pile alimente bien évidemment aussi la cellule et le calculateur, ici aussi un « vrai » micro ordinateur comme sur le Fujica AX-5.

Comme les deux autres, il accepte la nouvelle monture Fuji X, qui n’a rien à voir avec la Fuji X moderne. Outre les nouveaux objectifs, il accepte les anciennes optiques en M42 pourvu que vous ayez acheté un adaptateur qui vous permette de les monter sur le nouveau boitier.

Bien évidemment, il est compatible avec tous les accessoires prévus pour la série AX (moteur, flash, dos inscripteur, etc.).

C’est un appareil complet, destiné à combler les photographes . Il sera sans doute le plus vendu de la série car justement suffisamment complet et simple d’utilisation.

Un viseur clair, avec toutes les info nécessaires renforce cette impression de facilité. Un astucieux système permet en outre de voir l’ouverture choisie sur l’objectif directement.

source : Cameragx, le viseur du AX-3

Résumé technique :

Viseurverre de mise au point avec stigmomètre, microprismes et lentille de Fresnel
Informations dans le viseurrappel du diaphragme et échelle des vitesses, plus diode indiquant la pose B, une diode rappelant le mode de fonctionnement en semi-automatique
Mise au point manuelle avec touche de vérification de la profondeur de champ
Obturateurplan focal en tissu, à commande électronique, auto lubrifié au Teflon
Vitesse 2s à 1/1000s plus pause B
Retardement (s)électronique de 12s avec signal sonore, débrayable
Déclencheurélectromagnétique, filetage pour déclencheur souple
Expositions multiplescommandée par levier spécial (le R du rembobinage)
Modes photo automatique à pleine ouverture, semi-automatique à pleine ouverture ou à ouverture réelle, débrayable en manuel
Modes de mesurecellule au silicium couplée
Sensibilité du film (ISO)de 12 à 3 200
Correction d’expositionen jouant sur les réglages à l’aide des diodes indicatrices du viseur
Mémorisation de la mesureoui
Flash1/60 s, automatique
Prise pour flash externegriffe à contact central ou prise standard
Alimentationpile 6 V type 4LR44
Contrôle des pilespermanent par clignotement de la diode B dès la mise en route
Poids (g)520 gr tout nu
Accessoires en optionmoteur d’armement Fujica X, dos interchangeable permettant les inscriptions manuelles, flashes Auto-Strobo 300 X et Auto-Strobo AZ, bague d’adaptation pour objectifs M42
Petit truc utilele volet permettant d’occulter le viseur en cas de pause longue

Que penser de l’appareil ?

Comme ses frères, n’en achetez qu’un qui a été testé (ne vous faites pas avoir comme moi) car les déclencheurs électro magnétiques sont parfois capricieux.

Vous devrez peut-être changer la mousse d’amortissement du miroir et celle du bord de la porte arrière. Hormis cela, rien, de spécial, ce sont de bons appareils que l’on a envie de sortir tellement ils sont pratiques et sympa (hé oui, il y a des appareils que j’ai envie de qualifier de « sympa », pour leur bouille, leur confort d’utilisation, leur simplicité et leur fiabilité – ils ont quand même 40 ans)

Moins connus que les sempiternels Canon, Pentax, Minolta ou Nikon, ils méritent pourtant qu’on les considère lors d’un choix.

D’autant que leur prix reste stable. Normalement, pour un AX-3 fonctionnel, avec au moins un Fujinon 50mm, vous devriez débourser 50€ maximum.

Ils s’inscrivent résolument dans la mouvance des appareils encore tout en métal mais déjà bien compacts de la fin des années septante, début quatre-vingt.

Le Fuji AX-3, comme le reste de la série, ne prendra pas de place dans votre sac mais il sera toujours là pour vous aider à capter l’humeur du moment. En street photo, la qualité de sa mesure, sa petite taille et sa discrétion en font une arme redoutable

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335473115.jpg
source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1981

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujica_AX-3, https://cameragx.com/tag/fujica-ax-3/, https://filmphotography.eu/en/fujica-ax-3/, https://en.wikipedia.org/wiki/Fujica_X-mount en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1715, en français

Argentique

Le Diana F+

Un peu de fantaisie ne fera pas de tort en ces temps troublés … tout est bon pour oublier ce f… virus !

Je vais donc vous parler d’un appareil photo qui fera peut-être hurler les puristes mais qui ravira les explorateurs de ce médium … et je vous avoue que j’aime bien les seconds …

L’aventure commence au début des années soixante par la fabrication, par une usine de plastique de Kowloon (Hong Kong), la The Great Wall Plastics Factory, d’un appareil photo simplissime destiné à être un « cadeau » promotionnel.

Pour vous donner une idée, la Power Sales Company, l’importateur US, vendait le Diana par caisse de 144 appareils au prix délirant de 50 cent US pièce.

source Nation-Photo

Mais toute les bonnes choses ont une fin et celle du Diana fut entérinée dans les années septante, vaincu par la meilleure qualité des appareils Kodak Instamatic, par exemple, eux aussi devenus un appareil très bon marché et offert en cadeau promotionnel à tour de bras.

Pourtant, de nombreux « clones » ont continué à inonder les marchés par des sociétés basées à Hong Kong, Taïwan, ou dans le reste de la Chine.

C’est presque l’archétype de l’appareil jouet avec son corps tout en plastique, sa lentille simple ménisque elle aussi en plastique et très approximative, qui connait des fuite de lumière, des soucis d’avance de film.

source : http://glangl1.free.fr/Liste-Diana.html Le Diana de 1960

Pour enfoncer le clou (du cercueil), le magazine de photographie Réponses photo lui décerne le titre « de pire appareil photo jamais construit ». L’appareil aurait été distribué par le journal pour enfants Pif Gadget selon le magazine (que ceux qui s’en souviennent lève la main).

Mais finalement, tous ces défauts sont comme autant de qualités et l’appareil sera bientôt recherché pour prendre des photos au flou artistique avéré, des rendus impressionnistes qui rappellent le pictorialisme des photos « à grain », ses superpositions voulues ou subies comme d’heureux hasards artistiques et son aura onirique sur les clichés aux teintes aléatoires …

Le San Francisco Art Institute a sans doute été la première école à utiliser le Diana dans son programme en 1967 – 1968 pour stimuler la créativité de ses élèves. D’autres écoles vont reprendre le principe comme l’Université de l’Ohio. Le point d’orgue sera sans doute atteint lorsque la photographe Nancy Rexroth exposera en 1976 ses photos réalisées avec cet appareil, exposition qui fera l’objet d’un livre intitulé IOWA.

Techniquement, difficile de faire plus simple :

  • une boite noire plus ou moins étanche
  • une lentille en plastique (ménisque) qui produit un vignetage assez prononcé
  • un viseur en plastique (tunnel de Galilée ou viseur primitif)
  • un obturateur à ressort
  • une avance mécanique d’un film en bobine de 120

Mais l’appareil est tellement décalé que la Lomographic Society International (LSI) ne pouvait rester indifférente à son égard

Pour mémoire, cette société autrichienne a initié le mouvement photographique lo-fi qui porte le nom de « lomographie » en français, mot créé d’après le Lomo LC-A, appareil photographique dont elle a acquis une exclusivité de vente auprès de son fabricant LOMO, une entreprise russe d’optique qui avait elle-même repris le design et les caractéristiques d’un appareil Japonais, le Cosina CX-1 (ça va, vous suivez toujours ?).

De fait cet appareil s’inscrit dans la démarche lo-fi (low fidelity ou basse fidélité) initié dans le monde musical des années quatre-vingt lorsque des musiciens enregistraient leurs musiques en rejetant les techniques qui donnaient un son « trop propre ». Principe repris et adapté à la photo par les gens de Lomography.

A bas le formalisme des prises de vue, cadrées, léchées, parfaites, au piqué rigoureux, place à la fantaisie, l’envie de prendre des photos sans règles absolues.

Bref, vive le joyeux foutoir des photographes qui ont envie de redécouvrir les joies de la photo plaisir dans son sens premier, la découverte.

Connaissez-vous les 10 règles d’or du Lomographe ?

  1. Prenez votre appareil partout avec vous. (Take your camera everywhere you go)
  2. Photographiez de jour comme de nuit. (Use it any time — day & night)
  3. Lomography, c’est plus qu’un simple passage dans votre vie. (Lomography is not an interference in your life, but a part of it)
  4. Essayez de photographiez sans viser. (Try the shot from the hip)
  5. Approchez-vous au maximum de vos sujets. (Approach the objects of your lomographic desire as close as possible)
  6. Ne réfléchissez pas. (Don’t think)
  7. Soyez rapides. (Be fast)
  8. Ne pensez pas trop à ce que vous voulez prendre en photo. (You don’t have to know beforehand what you captured on film)
  9. Laissez-vous surprendre après (Afterwards either)
  10. Ne vous souciez pas des règles ! (Don’t worry about any rules)

En 2007, ils créent le Diana +, reproduction fidèle du modèle des années soixante. Cependant, au delà de la réplique, ils le peaufinent et le dotent de fonctions améliorées qui ouvrent la porte à d’autres fantaisies. Le Diana devient Diana F puis F+ .

Par exemple, il garde le format original du 120 mais passe aussi en 24×36 et même en version 110.

Aujourd’hui cet appareil est au cœur d’un véritable « système » avec des objectifs interchangeables, un flash avec une multitude de filtres colorés, un adaptateur pour flash Cobra ou autre et la possibilité de changer le dos pour y mettre d’autres films et même un appareillage pour qu’il devienne instantané avec les films Instax Mini.

Rendez-vous compte, il y a même des adaptateurs d’objectifs Diana pour des reflex « sérieux » comme les Canon Eos, les Nikon F-mount, le Micro Four Third (micro 4/3) !

Tout cela étant, si je reprends les données techniques du « nouveau » Diana, voilà ce que ça donne :

Fonctionnalités

  • Trois vitesses d’obturation, réglées pour une sensibilité de 200 Iso
  • Deux tailles d’image
  • Exposition multiples et partielles
  • Fonction sténopé
  • Possibilité de développement instantané avec dos spécifique
  • Possibilité de passer en 135 avec dos spécifique

Spécificités technique

Type de piles/batteries2 x CR2/DL CR2 lithium batteries pour le dos « instantané » uniquement
Ouvertures disponiblesPinhole, Nuageux= f/8, Semi-Ombragé = f/11, Ensoleillé = f/16
Vitesses d’exposition1/60 (N) – presque constant (!?), Bulb (B)
Distance focale75mm, mise au point minimale +/- 60cm
Avancement du filmmanuel ou automatique avec le dos « instantané »
Format de la pellicule120, 24×36 avec dos approprié ou Instantané Instax Mini
Connexion flashPrise de type Diana
Mise au pointMise au point par zones
Distance de mise au point1-2 м, 2-4 м, 4 м – Infini
Compteur de posesAutomatique
MatériauxPlastique
Emplacement pour trépiedNon
CelluleNon
ViseurViseur optique
source : Lomography Magazine

Si l’appareil est toujours « tout plastique », toutes les pièces s’emboitent proprement et de fines rainures devraient assurer une meilleure étanchéité à la lumière.

Il faut être attentif à ne pas forcer quand on change les objectifs pour ne pas briser les « pattes » qui assurent le verrouillage (baïonnette), ni quand on change le dos « classique » pour le dos instantané car il faut ôter une petite pièce qui paraît assez fragile et qui assure, normalement, le maintient des bobines de 120.

Lorsque vous placez le dos instantané, petite astuce pour faire tenir l’appareil droit, deux petits volets se déplient par en dessous, assurant la stabilité de l’ensemble.

Remarque utile à retenir : étant donné que le Diana F + est conçu pour des pellicules 200 ISO, vous devriez choisir le diaphragme “partiellement nuageux” en utilisant une pellicule 100 ISO pour l’exposer correctement. Avec une pellicule 400 ISO, la photo sera surexposée par une journée ensoleillée, c’est garanti.

En gros, n’utilisez l’ouverture « ensoleillée » que si la journée est sous un bon gros soleil. Sinon, à moins d’un mètre du sujet, mettez plutôt le curseur sur « partiellement nuageux » et sur « nuageux » au delà d’un mètre

Si vous retirez l’objectif (en fait la partie avant de celui-ci) vous pourrez prendre des photos comme si c’était un sténopé, la vitesse étant alors de 1/125s. Vous mettez le sélecteur sur P (pinhole ou sténopé en français) et vous réglez la vitesse sur B, c-à-d. que vous choisissez le temps d’ouverture (rassurez-vous, il existe des tables de temps fonction de l’ouverture – à chercher sur le Net).

Vous pouvez choisir parmi deux formats carrés avec certains cadres : avec le cadre 46,5 × 46,5 vous pourrez faire 12 photos, avec le cadre 42 × 42, vous pourrez prendre 16 photos sur une pellicule 120. N’oubliez pas de configurer la fenêtre à l’arrière et sélectionner le bon cadre.

Si vous utilisez l’objectif « grand angle », vous aurez besoin de lui adjoindre un viseur spécifique (comme sur les anciens télémétriques finalement)

Le réglage de la distance rappelle le bon vieux temps des fix focus et la mise au point par zones : 1-2m, 2-4m ou 4m-infini et se sera net (enfin, en théorie)

Franchement, à côté des appareils que je vous présente plus ou moins régulièrement, celui-ci fait partie des plus fous, comme celui que j’ai monté moi-même ou le sténopé VIDDY en carton.

J’espère qu’il pourra me transmettre sa fraicheur, sa douce folie … reste que pour l’essayer j’aurai besoin que mon « p’tit labo » près de chez moi puisse ré-ré-ouvrir (il est toujours considéré comme « non essentiel » par nos autorités si incompétentes !)

Sauf si je commence tout de suite avec le dos Instax !

Deux video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est LA et des explications pratiques ICI

Des exemples de photos par ICI et grâce à mon ami Fred, j’ajoute ce lien d’un grand adepte de ces appareils improbables Kevin Meredith et le blog que j’ai découvert, finalement très proche du mien Analogyou avec son LomoHome

Quelques références : https://shop.lomography.com/fr/diana-f?country=be, https://folkloredemode.wordpress.com/tag/diana-f/, https://www.lomography.fr/about/history, https://shop.lomography.com/fr/diana-instant-camera, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lo-fi, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lomography, https://www.nationphoto.com/fr/blog/le-lomo-diana-f-n10, https://analogyou.wordpress.com/2014/10/14/tout-savoir-sur-lomography/, https://www.stevenberruyer.com/argentique-2/diana-f/ https://www.lomography.fr/magazine/337781-diana-un-historique-rapide, en français, https://microsites.lomography.com/diana/,https://en.wikipedia.org/wiki/Diana_(camera) en anglais

Les réflex

Le Fujica AX-5

Lorsque j’ai abordé le Fujica AX-1, j’ai déjà un peu retracé l’histoire de la série des Fujica X.

Ici, puisqu’il s’agit du « haut de gamme » de la série, je vais en profiter pour approfondir un peu celle-ci.

Tout d’abord, précisons que Fuji ne fut pas dans les premiers constructeurs nippons pour présenter un reflex à objectif unique. Ils ont attendu que le train soit déjà bien engagé pour s’y risquer et ce n’est qu’en 1970 qu’ils ont proposé leur premier reflex, le Fuji ST 701 en l’occurrence.

Très vite, ils ont lancés des hauts de gammes innovants, comme le ST801 et le ST 901, les premiers au monde à proposer des diodes dans le viseur, et – pour satisfaire tout le monde – des entrées de gamme de qualité, comme le ST601 ou le ST605.

Ces premiers appareils utilisaient la monture « universelle » M42, bien pratique mais que les concurrents abandonnaient au profit de leurs baïonnettes maison.

Néanmoins, ces appareils répondaient parfaitement encore aux attentes d’un public, qui en fit des beaux résultats commerciaux.

Cependant, en 1979, Fuji lançait une nouvelle gamme d’appareils reflex, eux aussi avec une baïonnette propriétaire, la fameuse monture X (à ne pas confondre avec la X des appareils numériques actuels). Dans la foulée, ils ont évidemment sorti de nouveaux objectifs, les X-Fujinon de très bonne facture. Qui présentaient aussi une première mondiale : le bombardement d’électron (EBC) qui permet de poser onze couches infiniment fines et régulières de protection. Elles réduisent presque à néant le flare et les images fantômes et autorisent un passage de 99,8% de la lumière vers le film, sans dégradation.

Ne nous leurrons pas, la concurrence de l’époque était ardue, notamment un certain Canon A-1 et ses dérivés, réputés pour leur facilité et leur fiabilité, ce qui manquait un peu chez Fuji.

Ah, et si vous en souvenez, en même temps que le X-1, le X-3 et le X-5 qui nous occupe Fuji avait aussi lancé un STX-1, vite devenu STX-1n. Ces (2) derniers étaient en fait une mise à jour du bon vieux ST 601 mais avec la nouvelle baïonnette et des piles non plus au mercure mais à l’oxyde d’argent.

De bons semi-automatiques, basés sur des composants qui avaient fait leurs preuves, des mécaniques simples, qui les rendaient très fiables.

Les trois AX étaient eux tout nouveau, des appareils bien pensés et compacts, même s’ils ont souffert de quelques soucis notamment dus au déclencheur électromécanique qui pouvait être capricieux et les composants électroniques de l’époque, pas encore vraiment stables.

Ceci étant, ceux que l’on vend aujourd’hui sont ceux qui ont traversé le temps et dont les problèmes sont soit résolus, soit n’en ont pas été affecté.

Si les trois modèles partageaient la même carrosserie, le AX-1 semblait dépouillé tandis que le AX-3 et le AX-5 étaient presque identiques et bien complets.

Pour reprendre un peu les particularités de la trilogie, l’AX-1 était un automatique à priorité ouverture et comparable au Canon AV-1. Le AX-3 était destiné au amateurs passionnés en proposant le mode priorité à l’ouverture, un mode semi-automatique, un bouton pour vérifier la profondeur de champ. Et le AX-5 avait été conçu pour concurrencer le Canon A-1 (rien que ça !) et proposait en plus une priorité à la vitesse et un mode programme.

Nous parlons toujours de Fujica mais en 1983, changement de dénomination et les appareils sont désormais appelé Fuji. De plus, la marque simplifie son offre. Outre un STX-2 (entrée de gamme), il reste l’AX-Multi, qui est une évolution du AX-1 avec seulement trois modes programmes (normal, optimisé pour les sujets rapides, optimisé pour les paysages), qui ne fut pas une réussite tant pour sa qualité que pour sa facilité d’utilisation.

Un mot encore sur le sort de cette série mal aimée finalement, et qui ne le mérite pas, justement 40 ans après sa sortie. Lorsqu’ils sont apparus sur le marché, les photographes amateurs et la presse – surtout cette dernière – n’a pas beaucoup prêté attention à ces appareils, trop occupés à compter les points entre Canon et Minolta, les stars de l’époque, qui faisaient partie du club des 4 : les 2 cités plus Nikon et Pentax.

Au sujet du positionnement de la marque – décidément, on ne lui faisait pas de cadeau – sur l’important marché ouest-allemand, les contraintes locales ont obligé Fuji à s’associer à une chaîne de magasins photo – Photo-Porst, et les appareils photo ont été rebaptisés et vendus sous le nom de Porst CR-1 (le STX), CR-3 (AX-1 ), CR-5 (AX-3) et CR-7 (AX-5) … Triste sort.

Le coup de grâce sera porté par Minolta en 1985 avec la sortie de son Minolta 7000 AF et son autofocus performant. Cet appareil rendait obsolète tous les appareils purement manuel, dont le Fuji de la gamme AX.

Finalement, Fuji cessera la production de reflex en 1987. La firme allait se concentrer sur son cœur business, le développement des films argentiques et sortir quelques fleurons en moyen format, mais ce sont d’autres histoires.

Donc le AX-1 était destiné aux photographes n’ayant pas envie de se compliquer la vie (je vise, je fais clic et c’est dans la boîte), il propose naturellement un mode tout automatique performant non débrayable.

Ensuite, le Fujica AX-3 se positionne pour les photographes passionnés et déjà un peu expérimentés : il propose lui l’exposition automatique à priorité ouverture, un mode semi-automatique et manuel, un aperçu de la profondeur de champ, de l’ouverture et des informations sur la vitesse choisie, le verrouillage de la mémoire d’exposition (AE). Il est compact, léger, avec une ergonomie agréable avec toutes les commandes regroupées sur le dessus du capot. Enfin – et ça mérite d’être souligné – c’est un appareil que l’on peut utiliser tout de suite, même sans lire un mode d’emploi tellement il est facile. Nous y reviendrons …

Enfin, celui qui nous occupe, le Fujica AX-5 est le haut de gamme. Il ajoute aux fonctionnalités du AX-3 le mode priorité à la vitesse et toutes les informations d’ouverture, de vitesses sont affichées dans le viseur. Il est plus destiné aux « experts » et il aurait sans doute aimé titiller les professionnels mais, pour mémoire, son grand concurrent de l’époque était le Canon A-1 himself !

Pour mémoire, j’ai eu la chance de posséder un Canon A-1, qui m’a laissé un excellent souvenir et qui me permet de faire quelques justes comparaisons entre les 2 boitiers en lice.

Si vous voulez un comparatif assez exhaustif entre ces 2 appareils – le Canon A-1 et le Fuji AX-5 – je vous renvoie sur le site (en anglais) de Cameragx qui fait ça très bien et que je n’ai pas de raison de copier.

Bon, décortiquons l’engin :

  • une très bonne ergonomie sans trop de boutons ou interrupteurs
  • un gabarit compact, qui existe en finition argentée/noire ou noire (celle que je préfère vous vous en doutez)
  • posemètre au silicium
  • modes d’exposition programmés : automatique (AE), priorité à l’ouverture, priorité à la vitesse, manuel
  • obturateur à plan focal électronique , vitesses de 2s à 1/1000s, plus pause B et synchro flash au 1/60
  • le sabot du flash a un contact pour tous les flashs électroniques mais il y a encore un prise synchro X sur le fut de l’objectif
  • contrôle de la profondeur de champ
  • les informations sont reprises sur la gauche du viseur, dans une double colonne de diodes
  • verrou pour empêcher de changer accidentellement les vitesses (attention, toutes les versions chromées ne semblent pas posséder ce verrou)
  • alimentation par une pile 4LR44 (absolument nécessaires au fonctionnement de l’appareil) de 6v
  • si la tension devient trop faible, les vitesses risquent de ne plus être justes – vérifier la batterie en appuyant à mi-course sur le déclencheur (si la diode rouge en face du B clignote 4 fois, il faut changer la pile et si rien ne s’allume, c’est que cette dernière est à plat)
  • interrupteur ON/OFF sous le cadran Asa
  • un retardateur électronique de 12 s, avec signal sonore
  • la possibilité de faire des expositions multiples
  • remise à zéro du compteur de vue
  • témoin de film dans l’appareil

Et de petites astuces intelligentes comme ce petit levier, près du viseur, qui permet d’occulter celui-ci pendant une pause longue (comme sur le Canon A-1 d’ailleurs). Fini de perdre le cache normalement attaché à la courroie (Minolta, Pentax), il est à demeure ….

Le bouton du déclencheur est très doux et très discret. Il est électromagnétique et sa souplesse (100gr de pression) devrait permettre d’éviter les flous de bougé lors du déclenchement. Il possède toujours un filetage pour une commande filaire.

Le levier d’armement peut être décalé pour une prise rapide et sa course est courte

L’appareil possède deux systèmes de mesure de l’exposition : lorsque l’on appuie sur le déclencheur à mi-course, le circuit de la mesure se met en route et les diodes s’allument. Ce système peut aussi être mis en batterie par un appui sur le petit bouton blanc de mesure de la lumière, qui est sur le pourtour du disque de sélection des vitesses. L’affichage des diodes et la vitesse peuvent être réglées d’un seul doigt

Les multi expositions sont elles aussi très simples à réaliser : vous prenez la première photo, ensuite vous appuyez sur le bouton « R » et réarmez (le film n’avancera pas). La manœuvre peut-être répétée autant de fois que désirée.

En résumé, le Fuji AX-5 propose 5 modes d’exposition automatiques :

  • priorité à l’ouverture AE, avec possibilité de mémorisation,
  • priorité à la vitesse AE,
  • programme AE ,
  • diaphragme réel AE,
  • flash électronique AE.

Et n’oublions pas le contrôle de l’exposition en manuel.

Toutes les infos sont visibles dans le viseur

Attardons-nous sur ces différents modes :

Le premier est la priorité à l’ouverture AE : vous réglez le disque de sélection de vitesses sur AE ou AEL et vous réglez l’ouverture selon l’effet recherché (profondeur de champ). La vitesse sera automatiquement réglée par le boitier entre 2s et 1/1000s

Le second est la priorité à la vitesse AE : en alignant la marque « auto » – en forme de losange – de l’objectif contre l’index, vous pourrez choisir n’importe quelle vitesse, selon l’effet recherché (mouvement figé par une vitesse rapide ou effet de filé) et le diaphragme sera réglé sur l’ouverture correcte pour les conditions d’exposition choisie

Le troisième est le Programme AE qui prend en charge automatiquement les réglages pour une combinaison correcte de la vitesse et de l’ouverture, si vous placez le disque de sélection sur AE ou AEL. Utile si vous devez vous concentrer exclusivement sur la prise de vue.

Le quatrième est le diaphragme réel AE qui est un peu particulier. Il est utile lorsque vous utilisez des soufflets macro, ou de très longs téléobjectifs, ou s’il vous prenait l’idée de placer l’appareil sur un microscope car il vous permet de conserver l’automatisme de l’exposition. Lorsque vous réglez le sélecteur de vitesse sur AE ou AEL, vous réglez le diaphragme désiré et si vous maintenez enfoncé le bouton de diaphragme réel tout en appuyant sur le déclencheur, l’appareil réglera automatiquement la vitesse correcte à travers n’importe quel bonnette ou super téléobjectifs.

Le cinquième est le mode conçu pour le flash électronique dédié. Quand la charge du flash est complète, l’appareil règle automatiquement la vitesse sur 1/60s et il contrôle la puissance de l’éclair selon le diaphragme choisi et la distance sujet – appareil.

Et enfin, ce que j’appelle finalement le sixième mode, le manuel. Là, c’est vous qui êtes à la manœuvre pour tous les réglages. Toutefois, l’appareil vous indique toujours, selon les vitesses et/ou ouvertures choisies la valeur conseillée via une diode . Si vous la suivez, elle s’éteint lorsque votre combinaison est bonne. Et il vous est toujours loisible de jouer sur la compensation d’exposition.

Comme son grand rival, le Canon A-1, il est piloté par un véritable CPU numérique et non pas analogique.

Ce « pilotage » (que la marque appelait Cybernation) évite les sur ou sous expositions involontaires. Si vous êtes en priorité vitesse, en cas de sur ou sous ex, normalement l’appareil ne devrait pas pouvoir régler correctement l’ouverture du diaphragme. Si le CPU constate une telle anomalie, il recalcule les bases de l’exposition sur l’ouverture minimale ou maximale disponible et il règle alors la vitesse en conséquence. Il corrige automatiquement les données initialement entrées pour permettre la prise de la photo. Ce système ne fonctionne que si vous êtes dans les modes priorité à la vitesse AE et programme AE.

Si vous n’avez pas assez pour créer vos photos, il vous restera à vous tourner vers …. un appareil autofocus ! Car à part ce perfectionnement, il ne lui manque rien.

De fait, la série des AX a été conçue comme un véritable système, partant d’un appareil simplifié (mais pas simpliste), le AX-1, un moyen de gamme destinés aux amateurs éclairés, le AX-3 et enfin le AX-5 pour les experts, voire les professionnels.

Des accessoires intéressants sont apparus en même temps que la série : un moteur (l’Auto Winder X), un flash (le Fujica Auto Strobo 300X ou AZ avec contrôle automatique de puissance et une tête de flash auxiliaire incorporée), un dos marqueur (le Fujica Photo-Recorder qui permet au photographe d’enregistrer n’importe quel renseignement directement sur le film. en utilisant le « crayon lumière » incorporé).

N’oublions pas les nouveaux objectifs Fujinon X, conçus avec la nouvelle baïonnette maison,

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source : Alles over camera’s (a Dutch book from 1983, no author indicated). 1. Microprocesseur,
2. Contact du déclencheur, 3. Interrupteur marche / arrêt et retardateur, 4. Résistances pour la vitesse d’obturation et la mesure de la lumière, 5. Contacts flash, 6. Engrenages pour compteur de vues

Que penser de ce petit boitier sympathique ?

Vous l’aurez compris, je l’aime bien : il est compact, dense mais parfaitement portable, tout tombe immédiatement sous les doigts et en robe noire, il est magnifique (oui, je sais, je ne suis pas objectif …)

Il vous propose autant que le Canon A-1 en termes de possibilités photographiques mais pour (au moins) trois fois moins cher ! C’est tentant.

Que pourrions-nous lui reprocher ? La gamme des X-Fujinon qui semble peu fournie par rapport aux objectifs FD du Canon et qui sont un peu plus ardus à trouver sur le Net (quoique).

Son électronique qui a souffert de quelques faiblesses à son lancement (mais à l’époque, personne n’était à l’abri de ces défaillances, l’électronique balbutiait encore). Et comme je l’ai écris, ceux qui subsistent sont ceux qui ont échappé à ces soucis (en principe).

Franchement, je me suis souvent reproché d’avoir revendu mes A-1 (mais l’un a fait le bonheur d’un étudiant en photographie et l’autre d’un photographe passionné français). Je ne referai pas l’erreur avec celui-ci, je le garde.

Pour achever de vous tenter, parlons de son prix : environ 50€ avec un 50mm Fujinon X, c’est donné !

Si vous les comparez aux 150 voire 200€ du Canon, vous faites une excellente affaire.

Enfin, comme notre bon Lavoisier s’est aussi exporté au Japon (vous vous souvenez, « rien ne se perd, rien ne se crée, … »), sachez que l’AX-5 aurait été une des sources d’inspiration pour le modèle Fuji X-T10, un numérique de 2015 …

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1586364407.jpg
source : Collection-appareils, Photokina 1982 -1983

Une petite video d’illustration

Des exemples de photos ICI

Pour le mode d’emploi, comme d’habitude, c’est par LA

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_AX-5, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujica_AX-5, https://www.outsidetheshot.com/fujifilm-fujica-ax-5/, https://cameragx.com/tag/fujica-ax-5/, https://cameragx.com/2017/03/15/the-fujica-x-mount-definitely-too-late/, https://cameragx.com/2017/04/05/canon-a-1-or-fujica-ax-5/ en anglais, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T35/2095.pdf, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/B1/54.pdf, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3589-Fujica_AX-5.html en français

Argentique

Le dernier appareil classé X : le Minolta X9

Chez Minolta, rien n’est jamais simple pour s’y retrouver dans les modèles …

Ce Minolta X9 est en fait une série spéciale du X370N, la version américaine du modèle Minolta X300s pour le reste du monde, enfin … presque car certaines modifications en font un modèle à part entière.

Revenons un instant en arrière.

En 1977, Minolta sort le XD-7, le premier reflex qui offrait à la fois la priorité à l’ouverture et la priorité à la vitesse. Cette avance fut de courte durée, les concurrents n’allaient pas s’endormir sur leurs RD (recherches et développements). Canon, par exemple, lançait son A-1 (1979) qui envoyait la balle encore plus loin en introduisant le premier micro ordinateur numérique pour offrir les mêmes fonctionnalités, en mieux !

Il fallait dont réagir, ce que Minolta fait en 1981 en présentant le X-700, le premier appareil qui propose un mode tout automatique en plus des modes priorité à l’ouverture, et la possibilité de passer en manuel. C’est ce qu’ils ont appelé le « Minolta Program System » (MPS).

Comme tous les appareils bien nés, il donnera naissance à une belle descendance : le X500 (1983), réputé le petit frère mais qui proposait un mode semi-automatique à réglages croisés vitesse/ouverture mais pas le mode « Program » quoiqu’il soit automatique à priorité ouverture ou manuel. Puis le X300 (1984), plus basique car s’il garde le semi-automatisme et la priorité à l’ouverture, il perd le TTL au flash. Mais il en profite pour redessiner un peu le capot et les commandes, plus modernes.

Il est très simple à utiliser : le passage de l’automatisme au semi-automastisme s’effectue en tournant le barillet des vitesses, via une molette. Un interrupteur ON/OFF évite de vider trop vite la batterie par oubli.

Enfin vint le X300s, sortit en 1990. A une époque où les Dynax Autofocus étaient en plein développement, Minolta nous sortait un appareil à mise au point manuel avec la célèbre monture MD ! Ce sera un succès jusqu’en 2003.

Il sera l’appareil d’un grand nombre d’étudiants en photographie, curieux de manipuler un appareil « à l’ancienne », de découvrir les subtilités de la mise au point manuelle, etc..

Qu’est-ce qui a fait son succès ? Il est fiable, simple d’emploi et il reprend les (bonnes) bases du Minolta X300 :

  • Fenêtre de lecture de l’ouverture dans le viseur
  • Indication de la vitesse
  • Chargement facile avec le système Minolta d’accroche du film
  • Compatible avec tous les objectifs Minolta MD
  • Motorisable
  • Coque de plastique mais châssis métallique,

Mais que peut bien apporter en plus le X9 ?

  • un bouton de contrôle de la profondeur de champ qui fait son retour sur le bas de la cage reflex.
  • un stigmomètre incliné à 45°, alors qu’il était horizontal sur les modèles précédents.

Par contre, il perd le filetage pour déclencheur souple (réduction des coûts de production ?) ce qui pourrait être un défaut

Ceci étant, il ne lui manque rien et les informations, notamment dans le viseur, sont très compréhensibles et complètes. Vision à 95%, grossissement de 0,84 pour un objectif de 50mm

Le X9 est donc l’ultime évolution de la série des X, inaugurée par le X700 en 1981, soit près de 10 ans avant. Un final en beauté pour un appareil « hors de son époque » mais qui montrait déjà que le public aimait toujours les appareils « tout mécanique », pour peu qu’ils fusent de qualité et facile d’utilisation. Rappelez-vous, il sera vendu jusqu’en 2003 !

Lorsque j’ai reçu le mien, il lui manquait la petite manivelle de rembobinage (c’était noté dans l’annonce). Mais bon, ça n’a jamais empêché un appareil de fonctionner et de toute manière, c’est déjà réparé. Je lui ai installé une pile, trouvé un objectif (il était « boitier nu ») et il s’est animé.

C’est un boitier très agréable. Par certains côtés, il ressemble un peu au Pentax P30 avec ses lignes tendues, le levier d’armement intégré dans le capot, la molette de vitesses qu’on bouge du bout de l’index, même si techniquement il est bien plus avancé.

Je l’écrivais, un appareil bien né qui n’eut – à mon humble avis – que le tort d’être un peu trop discret mais l’époque de sa sortie ne s’y prêtait plus, l’autofocus ayant gagné tous les terrains. Son succès fut loin de n’être que d’estime, loin sans faut, et il aura conquis les personnes qui en avaient besoin.

Il est léger et pourtant on sent qu’il est construit solide, pour résister (pour mémoire, coque en plastique mais squelette en métal). Il ferait presque dépouillé mais tout est là, discrètement et efficacement : les vitesses que l’on actionne avec la roue crantée discrète, le contrôle de l’exposition (AE) que se manipule de l’index, sans quitter le viseur des yeux et ses précieuses informations.

Franchement, pour avoir eu aussi le X700 MPS, je trouve l’ergonomie de ce X9 plus moderne (ok, dix ans séparent les deux machines), moins « compliquée ».

S’il est plus simple, il n’est pas simpliste et vous avez toutes les fonctionnalités utiles pour réussir vos photos (auto, semi-auto, manuel, mémorisation exposition (AE), mesure TTL). C’est un boitier léger – je l’ai déjà écris mais je vous avoue qu’après avoir manipulé quelques vieux appareils des années septante, ça se sent – que l’on prend plaisir à manipuler et ça, ça compte aussi dans le choix d’un appareil pour se (re)mettre à l’argentique. Autant se dorloter un peu …

Venons en à la question du prix : s’il est plus rare que ces petits camarades, il n’est pourtant pas très connu de ce côté de l’Atlantique, et c’est tant mieux, il reste abordable : comptez encore 50€ avec un objectif et prêt à photographier.

Une excellente affaire ….

Les données techniques :

  • Obturateur à rideaux textiles, électromécanique contrôlé par quartz, vitesses de 1s au 1/1000s plus pause B,
  • Synchro flash au 1/60eme.
  • Optique interchangeable sur monture SR-MC/MD
  • Verre acute mat avec stigmomètre incliné à 45 degrés.
  • Testeur de profondeur de champs
  • Mémorisation d’exposition (AE) et mode d’exposition en manuel hérité du X500
  • Visibilité dans le viseur de la vitesse sélectionnée et de celle suggérée par le posemètre
  • Fenêtre dans le prisme pour lire le diaphragme dans le viseur.
  • Retardateur électronique (10s)
  • Sensibilité de 12 à 3200 Iso
  • Mesure TTL à prépondérance centrale avec cellule derrière le pentaprisme

Une video d’illustration

Des exemples de photos avec cet appareil sont visibles sur le site Lomography

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://cameras.pwnmusik.com/tag/minolta-x-9/, en anglais http://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html, http://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/reflexes/sr_mc_md/Minolta_X9.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2360-Minolta_X-9.html en français

Les nouveautés en un lieu

Perfide Albion …

Las, j’ai commandé sur Ebay un Fujica AX-3 que le vendeur présentait comme en très bel état, mais pas testé parce qu’il n’avait pas de pile sous la main (“this camera is in lovely condition. It may well be working, but I hvae not got a battery that filt it. It seems to be jammed but that may well be because it needs battery »)

De fait, lorsque je l’ai reçu et déballé – je vais y revenir – je l’ai trouvé magnifique, propre, sans griffe, avec sa lanière d’origine en aussi bon état … mais lorsque j’y ai mis une pile (ben oui, moi j’ai des réserve pour quand je vends quelque chose), rien, nada, niente … nothing ! L’appareil est bloqué !

Bon, ça fait partie des risques mais je ne serai pas tendre pour l’évaluation du vendeur car l’excuse est bonne « je n’ai pas de pile pour l’essayer » mais il semble quand même coincé …

Mais finalement ce qui me fait vraiment râler, ce sont les frais.

L’appareil m’a couté 29,32€ plus 17,28€ de frais d’envoi et « d’administration » (il a bon dos le Brexit) … plus 33,3€ de frais de douane.

Parlons en des douanes belges !

Ils ont ouvert le paquet au cuter, enlevé le papier bulle de protection, ouvert la pochette en plastique transparente (z’ont quand même pas ouvert l’appareil ces c… ?) puis tout retapé dans la boite, sans remettre le papier bulle autour du boitier alors que celui-ci avait encore un bon bout de chemin à faire avant d’arriver chez moi et nous connaissons tous la délicatesse des livreurs.

Alors faire payer 33,3€ de droits de douane pour un appareil d’occasion qui en a coûté 29,32€ c’est quand même se f… du monde !

Bref, la leçon que je retiens de cette triste expérience, que je partage avec vous, c’est que je n’achèterai plus au Royaume Unis (enfin, uni, pas tant que ça).

Tant qu’ à payer des frais de douane, je les paierai aux Japonais qui sont d’une correction exemplaire et ont toujours des piles pour tester ce qu’ils vendent, eux.

L’Europe est un merveilleux espace d’échanges, commerciaux et autres, qui permet aux citoyens et aux entreprises de se débarrasser de ces taxes devenues inutiles dans un contexte de libres-échanges.

Sorry, mais s’ils ont décidé de quitter cet espace qui nous assurait des échanges de qualité, je pense très sincèrement qu’ils ont commis une énorme boulette, et je refuse d’en payer les conséquences.

Argentique

Minolta SR-7

Si vous avez lu l’article consacré au Miranda Sensomat, vous vous souvenez peut-être de l’état des lieux du marché des reflex dans les années cinquante.

Pour mémoire (ben oui, je ne vais pas vous obliger à tout relire !), les appareils reflex à objectifs uniques ou SLR (par opposition aux reflex bi-objectifs de style Rolleiflex appelés TLR pour « twin lens reflex ») commençaient à gagner du terrain, au détriment des appareils télémétriques notamment.

Surtout en Allemagne et au Japon, qui avaient respectivement sorti les premiers appareils du genre dès avant la seconde guerre mondiale : le Ihagee Exakta et le Praktiflex dès 1936 puis le Contax S de Zeiss Ikon en 1949.

Le gouvernement japonais, conscient de ce futur marché, encourageait ses entreprises à développer leurs propres gammes d’appareils, et ce dès 1951. Si Miranda y répondit de manière originale, Asahi et Topcon s’étaient déjà lancé aussi et Minolta avait ensuite saisi la balle au bond, un an avant Canon et Nippon Kogaku (le futur Nikon).

Minolta sortira son premier reflex en 1958, le SR-2 (éh oui, ils auraient pu l’appeler SR ou SR-1, c’eut été plus logique, mais nous sommes chez Minolta …).

Il semble que dès le départ la politique de la firme était de viser « le grand nombre » et donc le Minolta SR-2 n’était pas destiné aux professionnels, il s’agissait plutôt d’un SLR assez basique, sans viseurs interchangeables ni testeur de profondeur de champ, ni mesure d’exposition mais il possédait un miroir à retour rapide et il présentait une baïonnette spécifique, la SR qui servira de base aux futurs objectifs MC et MD d’excellente réputation.

Dès 1960, la firme sortira le SR-1 et le SR-3 qui allaient combler quelques lacunes de ce premier jet.

Et dès 1962, sortait le SR-7, qui fut le premier appareil reflex au monde avec un posemètre CdS intégré (une bonne année 1962 !).

Nous n’en sommes pas encore à l’analyse de la lumière à travers l’objectif (mesure TTL) mais d’abord la cellule était intégrée et ensuite, elle était au CdS (sulfure de cadnium) alors que la plupart des cellules étaient encore au sélénium.

Produit de 1962 à 1966, avec quelques évolutions mineures, très bien construit, il propose des fonctionnalités inédites, digne d’un moyen voire d’un haut de gamme. Il fut l’appareil le plus en avance sur son temps de l’époque.

Par exemple, la boîte noire autour du miroir comporte deux petites chicanes qui bloquent toute intrusion de lumière, la plaque de pression du film est « gaufrée » pour éviter les griffes par un contact moins important sur la surface, il y a deux guides pour éviter que le film ne glisse et avance bien droit, l’oculaire est très grand pour offrir le viseur le plus lumineux, mais la caractéristique la plus remarquée est la cellule au CdS et le sélecteur de vitesse d’obturation qui est couplé.

la cellule positionnée en façade

Autour des années soixante, les mesures s’effectuaient avec une échelle de valeur de la lumière qui demandait au photographe de vérifier la mesure de la cellule puis à traduire celle-ci en valeur de vitesse ou d’ouverture du diaphragme pour obtenir une exposition correcte.

Ici, la cellule est couplée à la molette des vitesses. La cellule correspond correctement à la vitesse d’obturation sur laquelle l’appareil est réglé et le photographe doit alors sélectionner l’ouverture à laquelle la cellule renvoie. Le tout est visible à l’extérieur du boitier, par un affichage sur le capot.

Quand vous tournez le sélecteur des vitesses, le ruban dans la fenêtre d’exposition se déplace, faisant bouger deux rangées de nombre des ouvertures et une petite aiguille rouge se déplace en fonction de la quantité de lumière reçue par la cellule.

Ça à l’air compliqué ? Prenons un exemple : vous avez réglé la sensibilité du film sur 100 Asa, vous réglez la vitesse sur le 1/125s. La fenêtre d’exposition affichera les ouvertures de f2 à f22. Pour choisir l’ouverture de l’objectif, regardez vers quel chiffre l’aiguille rouge pointe, elle vous indiquera l’ouverture recommandée.

Plus tard, ce système sera remplacé, dans le viseur, par l’aiguille allumette que l’on ajuste entre des signes plus ou moins et plus tard encore, des diodes remplaceront cette aiguille baladeuse.

Comme je l’ai écris plus haut, quelques améliorations ont accompagné la vie du modèle, la plus utile sera sans doute l’interrupteur ON/OFF de la cellule qui, auparavant, était toujours en fonction et avait la fâcheuse habitude de vider la batterie rapidement, à moins de laisser le boitier dans son « sac tout prêt » et donc dans l’obscurité (1963).

La cellule est à double plage, soit une base et une haute, sélectionnée au début par un bouton poussoir à l’arrière de l’appareil puis par un nouveau bouton situé sur la monture porte objectif (modèle V), à gauche de celui-ci.

Notez que l’appareil est entièrement mécanique. Donc, même si la batterie est vide, tout fonctionne … sauf la cellule, qui nécessite une pile (une PX625, celle au mercure étant depuis 2007 interdite).

Au rayon des petites choses auxquels nous sommes habitués mais qui étaient modernes, notons que pour ouvrir le dos de l’appareil, il suffit de soulever la molette de rembobinage.

-« Ben, c’est évident, non ? »

Eh non, auparavant, les appareils étaient munis d’une espèce de verrou qu’il fallait soulever ou enfoncer pour libérer la porte arrière …, moderne, je vous écrivais !

Mais résumons les fonctions du SR-7 :

  • retardateur de 10 secondes
  • verrouillage du miroir
  • déclencheur avec un filetage pour déclencher avec un câble si besoin
  • cadran mémo de la vitesse du film utilisé au dos du boitier
  • possibilité de régler la sensibilité de 6 à 6400 Asa
  • obturateur à plan focal offrant des vitesses de 1s à 1/1000s plus pause B
  • synchronisation du flash au 1/100s (prises X) et 1/30s (FP – lampe)
  • remise à zéro du compteur de vues
  • blocage du miroir en position haute
  • miroir à retour rapide
  • viseur avec mise au point par microprismes et lentille de Fresnel

Vous remarquerez qu’il n’y a pas de sabot flash sur le boitier, celui-ci sera en option, à glisser dans le cadre du viseur, avec un clip de fixation pour les dernières versions.

Le Minolta SR-7 sera le dernier de la série des SR. En 1966 elle sera remplacée par la nouvelle série des SR-T dont le fameux SR-T101, qui avait lui la particularité d’être TTL (through the lens = à travers l’objectif pour la mesure de lumière) et qui inaugurera une nouvelle monture, la MC car il y avait maintenant une broche de couplage pour la cellule.

La série des SR-T sera un immense succès pour Minolta qui proposera une douzaine de variantes de son cheval gagnant. Ceux-ci seront produits jusqu’en 1981, alors même que de nouveaux appareils, plus petits et légers étaient sur le marché.Mais c’est une autre histoire …

Comme je l’écrivais un peu avant, il y eut plusieurs versions du SR-7, la plus significative sera celle dite V (bien qu’elle ne soit notée nulle part sur l’appareil mais qu’elle apparaisse dans la documentation de l’usine). La carrosserie change et sera « allégée » par rapport à la première (épaules étagées sur le corps de l’appareil supprimées) et elle préparera la venue de la série SR-T

Finalement, que penser de cet appareil ?

Il a été construit solide, pour durer. La preuve, 59 ans plus tard, il fonctionne toujours !

Si sa cellule n’est pas TTL, elle n’en demeure pas moins efficace et précise.

Avec lui, vous aurez un beau morceau d’histoire de la photo en main et qui vous donnera encore pleine satisfaction qui plus est.

Moins recherché que les sempiternels SR-T 101 et consort, vous devriez pouvoir faire une bonne affaire avec lui, d’autant qu’il accepte toutes les optiques Minolta, même récentes (mais vous n’aurez pas les automatismes prévus), ce qui vous offre le champ d’un vaste choix de cailloux non seulement de qualité mais aussi abordables.

Comptez environ 30€ pour un boitier seul et 40€ pour un muni d’un objectif. A ce prix là, c’est presque donné pour la qualité offerte …. alors profitez en et offrez-vous un fleuron de la photographie à l’ancienne.

Quelques publicités d’époque

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1443735050.jpg
source : Collection-appareils, Foto-Quelle 1963
http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1242247661.jpg?__r=1.5846bb6f8d33e2de54f31a359160d731
source : Collection-appareils, Photo-Hall mai 1964

Une video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://minolta.suaudeau.eu/ressources_iconographiques/SR-7_fr.pdf, http://patrick.badaire.free.fr/mysite3/Minolta%20SR/minolta_sr-7.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11512-Minolta_SR-7.html en français, https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_SR-7, https://www.mikeeckman.com/2017/06/minolta-sr-7-1962/ http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_SR-7 en anglais, http://progsch.net/mediawiki2/index.php?title=SR-7 en allemand