Le Canon A-1, suite …

En rangeant quelques papiers, je suis tombé sur ce document, d’époque (1981).

Vous y trouverez les prix des reflex et compacts Canon du moment, y compris quelques accessoires

Je ne résiste pas au petit exercice qui consiste à mettre le prix du A-1 au goût du jour.

Et donc, si un Canon A-1, équipé d’un objectif Canon FD 50mm f1,8, valait 23.700 fb, cela équivaudrait à 81.368,34 fb actuels, soit 2.017,06€ (je vous renvoie sur l’excellent site de conversion de devises si vous voulez vous amuser à cet exercice pour vos propres appareils).

Etant donné la technologie qu’apportait le boitier à l’époque, qui rompait avec les anciennes gammes, je peux le considérer équivalent à un Canon Eos R, qui assure aussi une transition entre deux mondes au sein des reflex de la marque.

Sur le site de Canon Belgique, un Canon R équipé d’un 24 – 105 mm f4 constant est proposé à 2059, 99€ (mars 2022 – remarquez la concordance des dates !).

Même si je trouve toujours cela très cher, je dois constater que les prix actuels se maintiennent si on compare ceux de 1978 à aujourd’hui, tenant compte de l’inflation.

Pourtant, hormis quelques pièces mécaniques, de nos jours, tout est affaire d’électronique. Alors qu’à l’époque du Canon A-1, la mécanique était encore très présente.

Rappelez-vous :

source : documentation personnelle, documentation commerciale
source : documentation personnelle, documentation commerciale

Mais je doute qu’un Canon R soit encore utilisable dans 50 ans, alors que mon bon vieux A-1 fonctionne encore. Pour peu que je puisse l’alimenter avec des bobines, qui sont – à ce jour et même si l’offre se raréfie – toujours produites (et il y a du stock pour un moment encore).

Ne soyons pas passéistes, les technologies actuelles permettent des prouesses inenvisageables à l’époque du Canon A-1. Même si ça n’a pas empêché cet appareil de produire d’excellentes photos tout au long de sa longue carrière. Mais force est de constater que les appareils modernes ont pour vocation de nous faire changer rapidement de matériel, parce que rapidement obsolète, y compris l’environnement numérique pour pouvoir les exploiter.

9 commentaires sur “Le Canon A-1, suite …

  1. Je viens d’en trouver un ce week-end, en bon état cosmétique, avec un 50 mm 1.4 impeccable. Je demande le prix : 50€. Bon, ça m’a donné envie! Je glisse une pile, tout s’allume, il déclenche. Il a le souci du squeak (mais je sais grâce à toi comment régler ça) et les mousses sont à refaire (la routine). Évidemment, je l’ai pris. Un peu plus loin, un AE-1, bien (trop) patiné, avec un 50 mm f1.8 usagé. Prix : 150€, avec un vendeur qui m’explique que c’est une affaire… J’ai gentiment reposé cette « affaire ». Retour à la maison avec le A-1, problème du squeak réglé facilement, nouvelles mousses et nettoyage, il est tout beau. Reste plus qu’à le tester (mais pour l’instant je suis en conversation poussée avec un certain télémétrique allemand de luxe…). J’ai un AT-1 que j’adore mais je crois que cet A-1 est bien parti pour le remplacer!

    • Bonjour Gaël, je t’avoue qu’en Canon « ancien » je n’ai gardé que le A-1, bien plus polyvalent que les autres (il fait à lui seul ce que les autres font chacun dans leur coin). Juste une hésitation face au New F-1 … Et je suis heureux que mes petites explications aient pu t’aider à le relancer. Ceci étant, tu viens d’expérimenter les lois du « marché », complètement irréel, qui concerne le AE-1 (qui s’est vendu par camion et que tout le monde n’aime pas car priorité vitesse).
      Et comment vont tes réflexions avec la « Porche » ? J’espère qu’elle comble toujours tes attentes. Tu verras, ces deux appareils peuvent être complémentaires (mais évites de les porter ensemble, ils pèsent dans le sac ;-)).
      D’ici quelques jours, je réserve une surprise avec un nouvel appareil de légende, qui n’est pas un Canon, ni un Nikon, Minolta, Fujica, …
      Toutes mes amitiés

      • Evidemment, le new F-1… C’est du sérieux! J’apprivoise tranquillement la Porsche, on verra à l’heure du développement ce qu’il en est, mais c’est plutôt agréable à l’usage! En effet, avec l’A-1 ils peuvent être complémentaires.. pour faire des haltères au moins!
        L’AE-1 ne m’a jamais trop tenté je dois avouer. En effet uniquement le mode priorité vitesse, ça me semble bancal, je préfère encore le tout manuel de l’AT-1 ou le toutes options de l’A-1.
        J’attends avec impatience ton nouvel article!

  2. Merci pour cette démonstration qui bat en brèche que les prix ont explosé dans ce secteur. Les gens font souvent la conversion sans tenir compte de l’inflation et de tout ce qui a évolué depuis 50 ans.
    Le coût de l’environnement numérique a aussi peu augmenté si on faisait le même exercice, a possibilité et performance équivalente.
    Je profite de l’occasion pour évoquer l’environnement photographique et notamment les équipements de studio (flashs…). Un appareil des années 70 peut parfaitement exploiter un studio moderne, équipé de flashs de dernière génération. En effet, il suffit juste d’un mode manuel et d’une griffe flash (ou d’une prise de synchro). Tous les réflex de l’époque argentique en étaient dotés. 😉

    • Effectivement, il convient de relativiser les choses. Les prix restent « stables », avec – me semble-t-il – toutefois une nuance : auparavant le recours au travail humain était plus important que de nos jours où quasi tout est robotisé; le prix des matériaux s’il n’a guère évolué, a fait se substituer au métal un grand recours à des « plastiques » ou composites moins chers. Ces éléments devraient plaider en faveur d’un coût moindre mais se serait oublier la part du RD (recherche et développement), toujours onéreuse car les implications informatiques deviennent des intrications tant les éléments s’interconnectent, notamment dans la chaine informatique par après.
      Quant à ta seconde remarque, elle est tout à fait pertinente, surtout pour ceux qui voudraient pratiquer le moyen format à coût raisonnable car les Mamya C ou 645, les Rollei, Hasselblad et consorts sont toujours parfaitement utilisables en studio, faut juste la bonne prise !
      Bon weekend ensoleillé.

      • Je ne connais pas tous les appareils photos du marché depuis 50 ans, mais il me semble que la prise de synchro est toujours la même. D’ailleurs, le cordon est fourni avec les flashs de studio et non pas avec le matériel de prise de vue. 😉
        Pour les appareils « modernes » dépourvus de prise de synchro, il y a le petit cube qui se fixe sur la griffe flash de l’appareil et qui sert d’interface. Et si on ne veut pas de fil à la patte (comme moi), la télécommande radio fonctionne aussi avec toutes les générations d’appareils photo (là aussi, l’émetteur se fixe sur la griffe flash).
        Bon weekend à toi aussi !

        • Oui, il s’agit d’une prise dite allemande ou PC. Elle permet de faire fonctionner des flashs plus anciens ou de studio, effectivement. Et ces petits émetteurs sont bien pratiques en effet. Bon début de semaine à toi Phil.

  3. Bonjour JP, très bonne analyse sur le CANON A-1 et la technologie de l’époque. Je suis d’accord avec toi, l’électronique a autorisé pas mal d’évolutions mais a aussi engendré ses propres limitations. Nos appareils sont devenus au fil des ans de plus en plus automatiques et de moins en moins adaptables. Par exemple, le dernier appareil produit par FUJICA est le FUJICA AX-Program qui n’a plus de réglage manuel. On a vu aussi le remplacement des focales fixes par des zooms ( les appareils neufs n’avaient plus de traditionnel 50 mm mais plutôt un zoom trans-standard ). L’électronique a rendu ces objets de consommation exceptionnelle ( on achetait un appareil pour la vie ) en objets jetables et de durée de vie réduite. Le CANON A-1 n’était pas pourtant d’une solidité à toute épreuve. Son électronique n’est pas un modèle de durée de vie. Toutefois, quand on voit son successeur, le T-90 et tous les problèmes qu’il a maintenant, on comprend mieux pourquoi le T-90 n’est pas vraiment recherché. Grace à tes articles, j’ai cherché et trouvé un MAMIYA NC1000 S et j’ai examiné sa conception. Sa mécanique est exemplaire, tout en métal, son électronique est très limité. Ainsi, pour un appareil qui a maintenant un demi siècle, je pense qu’il pourrait en faire encore autant. Je n’ai aucun de mes appareils numériques qui n’a pas eu des problèmes en moins de 5 ans ! Il est donc assez difficile de comparer les prix des appareils de maintenant avec ceux d’avant, les conceptions sont différentes et l’aspect fiabilité n’est absolument plus présent. A quoi bon acheter une fortune un équipement qui sera inutilisable dans moins de 5 ou 10 ans. Je n’ai que deux appareils numériques qui n’ont jamais eu de problème. Un EPSON et un Olympus …. qui sont des appareils avec des définitions de l’ordre du Mpixel… Les autres ont tous eu des problèmes ( Perte de mise au point, casse des pièces en plastique, contacts électriques défaillants…)

    • Depuis les années quatre-vingt, nous sommes entrés dans une ère de (sur)consommation. Mais ne nous leurrons pas, les cas célèbres de réduction de vie « artificielle » des objets – l’obsolescence programmée – ne date pas uniquement de ces années là. Rappelons-nous le cas célèbre du consortium des ampoules qui décida, début du siècle passé, que celles-ci ne devaient pas bruler plus de 5000h, ou encore le cas des bas pour dame, dont les ingénieurs ont été priés de revoir la composition pour être moins solides.
      Si l’électronique des premiers appareils était balbutiante, elle eut le mérite d’exister et d’aider à la prise de vue. Puis je pense que c’est le propre du cerveau humain que de s’emballer pour des technologies qui s’affinent sans cesse, au risque de devenir contre productive parce qu’elles deviennent un frein à l’utilisation de l’objet.
      C’est à nous, consommateur, de raison garder et de bouder les appareils qui ne méritent pas notre attention.
      Bon weekend Olivier.

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