Le Yashica FX-3

Une fois n’est pas coutume, c’est comme vendeurs que nous participions à une brocante en cette fin de mois de novembre (2022).

Et heu … comme acheteur aussi, car je nous ai trouvé un Yashica FX-3 qui a bien voyagé, équipé d’un magnifique objectif Yashica DSB 135mm ouvrant à f2,8.

Oui, il a perdu une partie de la couverture de son « cuir » d’origine, mais c’est au soleil de la Vallée de la Mort, en 1992, lors du dernier voyage qu’il a effectué en compagnie de la charmante dame qui me l’a vendu.

Ceci étant, c’est un peu la « maladie » commune aux Contax (voir l’article sur le Contax 139). Heureusement, Aki-Asahi a une solution !

Vous avez déjà pu lire l’article consacré au Yashica FX-1, celui qui a inauguré la famille des FX en 1975. Et donc, vous vous en doutez, il y aura un FX-2 et un FX-3 (1979).

Et pour être complet, un FX-7 aussi en 1979 (là, ils ont sauté quelques numéros mais de fait, c’est le même appareil en bis-tons), un FX-3 Super en 1984, un FX-7 Super en 1985, puis un FX-3 Super 2000 en 1988, qui sera produit jusqu’en 2002.

Ce sera un des derniers appareils non autofocus a être encore produit à l’aube du numérique, comme le Pentax P30 ou le Minolta X9.

Petit exercice de comparaison : à gauche, le FX-3, à droite, le FX-1.

Vous remarquez au premier coup d’œil le changement de design. A droite, un appareil des années septante, tout en métal, anguleux et lourd (650gr nu), à gauche, un appareil des années quatre-vingt, plus petit, plus arrondi, avec un capot en plastique bien qu’il garde le corps et la semelle en métal, plus léger (450gr nu).

Un design plus « passe-partout » qui me rappelle furieusement celui des Cosina.

Et pour cause, c’est bien Cosina qui a conçu et fabriqué ce FX-3, en gardant la monture C/Y (Contax/Yashica) conçue par Zeiss pour Contax et … Yashica qui y posera juste son nom pour le commercialiser.

Deux remarques, en passant : la première c’est le coup d’accélérateur entre 1975 et 1979 dans l’évolution des formes, la seconde c’est que Yashica est déjà en mauvaise posture et essaie de sauver ce qui peut l’être en passant par la sous-traitance.

Bref, faut-il déjà condamner ce FX-3 ?

Surtout pas car grâce à sa monture, vous aurez accès aux objectifs de la gamme C/Y dont les fameux Zeiss T* (voir l’article sur le FX-1 pour ces optiques), les Yashica ML et quelques fabricants tiers, comme Vivitar.

C’est même un moyen d’entrer par la grande porte dans cet univers de très bons, voire excellents cailloux car Vivitar et Cosina ont commercialisé ce boitier en monture M42 et Pentax PK, notamment, pour attirer les débutants, les photographes et étudiants en photographie moins argentés que ceux qui s’offraient la monture C/Y.

Un dernier mot au sujet des optiques prévues pour cet appareil : si les Contax Zeiss T* vous semblent encore inabordables, visez les Yashica ML conçues sur le même modèle et aussi avec un traitement multi-couches, voire sur les DSB (comme celle installée sur cet appareil), qui garde la conception du Zeiss mais sont mono-couche.

Ah oui, pour déverrouiller l’objectif, il suffit d’appuyer sur le bouton à gauche du fut d’objectif et de tourner dans le sens anti-horaire.

De plus, comme il n’existe qu’en noir (vous connaissez mon penchant pour cette couleur), il donne un côté « pro » que son homologue, le FX-7 – pourtant identique – n’a pas avec sa couleur bis-tons argenté et noir.

Et puis ce FX-3 est reconnu pour être un appareil fait pour durer et fiable : sa conception simple et entièrement mécanique est robuste et bien pensée.

Les modèles ultérieurs (les Super) seront fabriqué en Chine avec un cahier des charges qui vise à diminuer les coûts drastiquement : la qualité et la fiabilité s’en ressentiront immanquablement.

Entièrement mécanique et pourtant, il y a une pile de 3v que l’on remplace aisément par deux LR44. Celle-ci ne fait qu’alimenter un posemètre et des LED indicatives car l’obturateur est bien tout mécanique. Toutes les vitesses et ouvertures sont utilisables sans pile.

Pour cette fois, la pile est conventionnelle, logée dans la semelle.

Parlons-en de cet obturateur puisque j’aborde le sujet : il est donc mécanique à lame métallique verticale et propose des vitesses de 1s au 1/1000s plus une pose B avec synchro flash au 1/125s. Il possède aussi un retardateur d’environ 10 secondes, qu’on arme avec le levier en façade. La lame métallique induit quelques micros vibrations mais se révèle assez silencieuse en action.

Contrairement à son aîné, pour le flash, il n’y a plus de connecteur PC pour les anciens flashs.

Le posemètre a une sensibilité réglable de 12 à 1600 Asa. Son réglage est des plus classique : vous soulevez le barillet des vitesses et tournez le cadran jusqu’à la valeur souhaitée.

Dans le viseur, trois LED vous indique si vous êtes en sur ou sous exposition (LED rouge en bas ou en haut) ou juste (LED verte). Certains n’aiment pas cette configuration, préférant la bonne vieille indication par aiguille. Elle n’est pas plus précise cependant.

Puisque nous sommes dans le viseur, celui-ci est clair, assez large et … dépouillé : vous verrez juste les LED s’animer non pas en appuyant à mi-course sur le déclencheur mais en enfonçant le petit bouton situé à l’arrière du boitier (sur les modèles ultérieurs ils abandonneront cette manœuvre pour revenir au bon vieux déclencheur). Par contre, la mise au point se fait grâce à un stignomètre à coïncidence qui a la bonne idée d’être en positon oblique, entouré d’un champ de micro-prismes fins.

Pourquoi est-ce une bonne idée cette inclinaison du stignomètre ? Elle permet de mieux faire coïncider les deux parties de votre images, plus rapidement, surtout sur les sujet verticaux et/ou difficiles à discerner.

Le déclencheur est ferme et produit un son bien net, pas trop bruyant finalement. Il n’y a plus de sélecteur pour le bloquer.

Enfin, pour ouvrir l’appareil, comme d’habitude, on soulève la molette de rembobinage et elle libère le verrou du dos.

Bon, si je résume, nous avons là un appareil simple, sans artifices mais solide. Pas d’autofocus, pas d’automatismes, ce sont vos réglages qui feront (ou pas) la différence. Bref, un bon boitier école qui utilise d’excellents optiques au service de votre créativité.

-« Pas de défauts alors ? »

Ah, comme je l’écris souvent, l’appareil parfait n’existe, hélas, pas.

Le premier et évident défaut, c’est le revêtement en simili cuir qui ne tient pas les années. Mais on peut le changer facilement via des « cuirs » prédécoupés comme ceux cités plus haut (Aki Asahi).

Ensuite, les mousses du miroir, du dos, qui sont à changer impérativement (mais comme sur les Canons, les Minolta, etc. de même époque). C’est un travail un peu minutieux mais facile à faire avec un peu d’attention.

Sur mon exemplaire, la pile a coulé. Heureusement, le moins vers le bas, la coulée n’a finalement endommagé que les contacts du réceptacle. Que je vais devoir refaire car ils sont complètement cuits par l’acide.

Ceci dit, rappelez-vous, ça n’empêche pas l’appareil de fonctionner mais vous n’aurez pas la mesure de la lumière à travers l’objectif et, franchement, ça aide même si ce n’est pas indispensable.

Cet appareil n’est pas très courant. Il n’est pas non plus sophistiqué donc le prix doit rester raisonnable. Je dirais maximum 40€ avec un 50mm (plus si l’objectif est un Zeiss T*, qui vaudra souvent plus cher que le Yashica).

Si vous cherchez un bon boitier école, celui-ci devrait faire l’affaire.

Pubs d’époque :

Des videos d’illustration :

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_FX-3, http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_FX-3, https://mattsclassiccameras.com/slr/yashica-fx3/, https://www.shootfilmco.com/blogs/shoot-film-co/50413700-gear-review-yashica-fx-3-35mm-film-slr, https://lens-db.com/camera/yashica-fx-3-1979/, https://filmadvance.com/2012/01/favourite-cameras-yashica-fx-3-super-2000/, http://cdegroot.com/photo-yashica/ en anglais; http://t.hacquard.free.fr/site1/yashica_fx3.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Yashica-FX3.htm, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=9565, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=58250, https://www.suaudeau.eu/memo/rep/Yashica_FX-3.html, https://www.central-manuels.com/manuel_notice_mode_emploi_appareil_photo/yashica.php (si vous devez le démonter pour réparation), http://aki-asahi.com/store/html/FX-3/index.php (pour retrouver un cuir neuf), https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10306-Yashica_FX-3.html

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