Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Fujica Compact Deluxe – Que penser de cet appareil ? – Vidéo d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule
Comme d’habitude, une belle brocante mais sous un soleil de plomb (rare en Belgique les 33°C à l’ombre … et il n’y en avait pas !).
Heureusement, nous étions là tôt, ce qui permet de fureter au déballage des exposants et de repartir avant d’être cuits.
Bref, au détour d’un étal, un sac cout prêt en cuir noir, fatigué, me fait de l’œil car il est noté Fujica. C’est encore une des marques que j’aime bien. Donc, je me penche et ramasse l’appareil, qui fait peine à voir sous sa couche de poussière.
Petite négociation rapide et je l’enlève pour un prix dérisoire : le photo-wash, ça a un coût …
Pourquoi ce Fujica Compact Deluxe et pas le Yashica Minister D qui dormait à ses côtés ? D’abord parce que des Minister D j’en ai déjà quelques uns et ensuite – surtout – parce que je ne connaissais pas du tout ce modèle de compact Fuji, notamment avec son levier d’armement sur la semelle et une molette étrangement moderne au dos.
Hop, je le glisse dans le sac à dos et c’est reparti pour une autre chasse au trésor …
Un peu d’histoire
C’est à l’ombre des 3.776m du Mont Fuji, dans une modeste usine d’Ashigara, que nait Fuji Photo Film Co., Ltd en 1934. C’est une filiale de Daicel Corporation, dont l’activité est centrée sur les films photographiques.

Daicel Corporation est la fusion de huit fabricants de celluloïd, en 1919. Son nom initial était Dainippon Celluloid Company et elle ne prit son nom actuel qu’en 1966. Fuji Photo Film est sa première filiale, qui deviendra par la suite Fujifilm.
Dainippon Celluloid Company exerçait ses activités dans les technologies du celluloïd, les produits chimiques organiques, entre autres et l’acétate de cellulose, le support des films photographiques.
Ces premiers pas sont primordiaux dans l’histoire et la continuité de la marque Fuji : elle a intégré tous les produits de la photographie, les a améliorés et – surtout – rendus accessibles financièrement au plus grand nombre sans cesser de promouvoir une qualité certaine pour ses produits.
Dès 1934 donc, Fujifilm produira des matériaux de film pour le cinéma, pour la photographie et pour les appareils de radiographie. Elle fut une des premières entreprises à comprendre le potentiel du marché médical et est encore aujourd’hui à la pointe dans ce domaine. Les premiers films couleur sortent en 1948.
Les objectifs Fujinon ont précédés les appareils photo de la marque. Dès 1938, la société met en place une fonderie de verre optique à Odawara. Pour obtenir le verre le plus pur, Fujifilm utilise des creusets en platine. Fuji Photo Optical Co. Ltd. est fondée en 1944 pour s’occuper de cette branches d’activités qui apportera aussi son lot d’exclusivités mondiales, dont le revêtement par faisceau d’électrons (EBC) qui autorise la mise en place de nombreuses couches, très fines. Le premier objectif à revêtement par faisceau d’électrons sera l’EBC Fujinon 55mm f3,5 macro (1972). La transmission de lumière de ce revêtement (14 couches dont de l’oxyde de zirconium et de fluorure de cérium) était de 99,8% !
Le premier objectif Fujinon était en monture LM 39 pour Leica, le Cristar 50mm f2 (1949). Il fut mis sur le marché en même temps qu’un 35mm f3,5 et le Summitar 50mm f2. Le Fujinon 50mm f1,2 sera aussi construit en monture Nikon.
C’est à cette époque des premiers films couleurs que nait Fujica, la filiale qui commence à fabriquer des appareils photo.
Le premier appareil photo de la marque date donc de 1948, le Fujica Six, un pliant qui sera fabriqué jusqu’en 1953. Déjà à l’époque, il est pensé pour être très compact et donc transportable. C’est un moyen format qui utilise le film en bobine de 120.

Les années cinquante sont marquées par des appareils compacts, utilisant cette fois le film 135 (24×36). Ce sont des appareils sérieux pour les familles et les amateurs exigeants. Le Fujica 35 M et ses nombreuses déclinaisons en est l’exemple type.

Et à côté de ces appareils sérieux, Fujica ose un peu de fantaisie, notamment avec le Fujipet, souvent associé au Holga ou au Diana dans l’esprit. Cet appareil fut presque exclusivement destiné au marché japonais. Cet appareil, sous ses dehors très colorés, essentiellement vendu pour des familles ou des enfants, entend donner un caractère plus ludique à la photographie.

Les années soixante vont voir arriver des appareils qui répondent aux préoccupations des acheteurs : plus petits, plus simples, plus économes en pellicule : ce sera l’âge d’or des compacts, avec déjà des automatismes, des cellules, et celle des demis-formats, comme le Fujica Half 1,9.

Fujica innove encore et propose des boitiers devenus iconiques.
Par exemple, en 1961, il y aura le Fujica 35 EE, qui sera le premier appareil télémétrique, avec un objectif de 45mm, à proposer trois modes d’exposition : automatique, semi-automatique et manuel.

Puis, en 1964, le Fujica V2 au design magistral, offre un viseur télémétrique, que l’on surnommera Visible Control Center car il affiche l’ouverture et la vitesse, ce qui permet d’effectuer ses réglages sans quitter le viseur des yeux.

Cette époque voit encore le Super 8 de Kodak prendre beaucoup de place dans l’utilisation de caméras familiales. Fujica réplique avec le Single – 8, un film et une caméra pensée pour répondre aux besoins des images animées – souvenirs, entourée d’accessoires qui la rende très facile d’utilisation et accessible. Mais c’est une autre histoire.

Viennent enfin les années septante, l’ère des réflex, dans laquelle Fujica se plonge et propose des boitiers attrayants.
Le premier sera le Fujica ST 701, un reflex mécanique à monture M42 doté d’une mesure TTL utilisant des photodiodes au silicium, une première ! C’est – déjà – un appareil moderne, premier d’une trilogie fantastique : le ST 801 qui est le premier à offrir un affichage LED dans le viseur, puis le ST 901 qui pousse encore plus loin l’information dans le viseur, avec affichage numérique de la vitesse en mode automatique.

Ici déjà on se rend compte que Fujica ne suit pas le marché et il explore des voies différentes, comme l’affichage, la mesure de la lumière, l’ergonomie des boitiers.
De plus, les Fujica ST701 – ST 801 – ST 901 restent, encore de nos jours très intéressants car ils utilisent la monture M 42, celle des Fujinon traités EBC (excellents) mais aussi celle de nombreuses autres marques, ce qui ouvre un vaste choix pour les amateurs.
Les années quatre-vingt voient une nouvelle évolution majeure, celle de la monture Fujica X – attention, à ne pas confondre avec la Fujifilm X, celle des appareils numériques – et de la gamme AX : les boîtiers AX-1, AX-3 et AX-5 qui sont associés aux objectifs Fujinon X et X – Fujinar.
Le Fujica AX – 5 est le haut de gamme de la série : multi programmes, léger, très compact, avec une nouvelle ergonomie très moderne (que l’on peut qualifier d’électronique), il est, à mon humble avis, l’équivalent des Canon A-1 et du Minolta X-700, du Pentax LX. Sans rougir.

Cette série d’appareils marque aussi, progressivement, la fin de nom Fujica au profit de Fuji, puis Fujifilm, au gré de l’évolution de l’entreprise. Fujica reste associé à l’âge d’or de l’argentique chez Fuji.
Car les années nonante verront l’avènement des compacts tout électroniques, des appareils professionnels en moyen format, les appareils jetables, les instantanés et ensuite le numérique.
Petit résumé des appareils qui ont fait son histoire. Et je m’arrête volontairement aux premiers appareils numériques de la marque, les autres étant une autre histoire :
- 1948 : premier appareil photo Fujica Six
- 1950 : développement des appareils compacts en 35mm – Fujica 35 SE – et des télémétriques
- 1960 : apparition des demis-formats et des compacts automatisés – Fujica Half
- 1965 : sortie du film cinéma Single-8 (super 8), en même temps que Kodak mais dans une cartouche différente
- 1970 : premier reflex à cellule silicium Fujica ST 701
- 1972 : premier reflex à affichage LED de la vitesse dans le viseur Fujica ST 801
- 1974 : premier réflex à affichage numérique dans le viseur du Fujica ST 901
- 1979 : premier compact tous temps BAROUDEUR HD
- 1988 : premier appareil numérique avec carte mémoire Fuji DS-1P
- 1994 : premier reflex numérique à saisie intégrale de l’image dans le viseur FUJIX DS-505/515
- 1996 : premier minilab entièrement numérique à bloc laser bleu – FRONTIER
- 1998 : le FUJIFILM TX-1, appareil panoramique à visée télémétrique 35mm, à objectif interchangeable, développé en collaboration avec Hasselblad qui le commercialise sous le nom de XPan
- 2000 : premier appareil photo numérique doté du capteur Super CCD, le FinePix 4700Z
On peut considérer que si la marque est discrète, elle nous a quand même proposé quelques belles premières mondiales.
Toujours présente, elle explore encore des chemins de traverse (premier appareil numérique en demi-format avec le Fujifilm X-Half) et reste attachée à la qualité de ses choix comme celui de ne pas fabriquer de plein format mais un excellent APS-C ou celui du moyen format (presque) abordable (je n’en ai pas touché un mot dans la liste ci-dessus, mais depuis les années septante, Fuji a développé une très belle gamme de moyens formats comme les G690, GL690, GM670, GW690, par exemple).
Présentation du Fujica Compact Deluxe
Si vous vous en souvenez, en 1967, le premier distributeur automatique de billets (DAB) a été installé à Londres ; le Boeing 737 a effectué son vol inaugural ; Charles De Gaule était à l’Elysée et le président Lyndon B. Johnson à la Maison Blanche ; le Torrey Canyon polluait les Iles Scilly et la Cornouaille ; Che Gevara trouvait la mort ; transfert du SHAPE à Mons (Belgique) ; les trois communautés Ceca, CEE et Euratom étaient réunies pour former la Communauté européenne (CE) ; la guerre des Six jours éclatait entre Israël, l’Egypte, Gaza, le Liban, la Jordanie ; René Magritte, Spencer Tracy, Viviane Leigh, André Maurois nous quittaient tandis que Jean-Paul Rouve, Benicio del Toro, Kurt Cobain, Frédéric Lopez, Sandrine Bonnaire, Joël Cantona, Julia Roberts, Carla Bruni-Tedeschi et Laurent Guerra poussaient leurs premiers cris.
A cette époque, le salaire hebdomadaire moyen aux États-Unis s’élevait à 140,38 dollars alors que le Fujica Compact Deluxe était commercialisé au prix de 99 dollars américains, ce qui en faisait l’un des appareils compacts les plus chers de l’époque.

Il pouvait se le permettre car il proposait des caractéristiques bien particulières qui le distinguaient de la masse des autres boitiers de l’époque : disposition des commandes pour une utilisation à une main, objectif Fujinon de 45mm ouvrant à f1,8 avec mesure d’exposition par cellule photoélectrique, obturateur silencieux. Un des meilleurs télémétriques à objectif fixe jamais fabriqué.
Et en plus, il est (très) rare ! En effet, son prix de vente élevé, une publicité parcimonieuse de la part de Fujica et le lancement du premier réflex en 1971, le Fujica ST 701, ont raccourcis et la période de production et le nombre de boitier.
Rare, mais rare comment ? Un auteur consulté expliquait à ce sujet : […] J’ai vu des Minolta X700 qualifiés de « rares » sur eBay, alors qu’on trouve pratiquement n’importe quel appareil photo en vente en ligne. Alors, à quel point le Fujica est-il rare ? Disons-le ainsi : il m’a fallu trois semaines pour trouver un Polaroid SX-70 en or 24 carats, six semaines pour dénicher un modèle noir du Canonet QL17 GIII, et cinq mois pour trouver un exemplaire en état de marche de cet appareil. Au moment où j’écris ces lignes, il n’y a qu’un seul exemplaire du Fujica Compact Deluxe référencé sur eBay USA (il est « non testé » – et nous savons tous ce que cela signifie).
Voilà, je trouve, un bel exemple de rareté … subjective aussi.
Mais tant qu’a enfoncer le clou, un second auteur a lui interrogé le Musée de l’Appareil Photo Fujifilm au Japon au sujet de l’appareil qui nous préoccupe, et voici la réponse qu’il a reçue : Le Fujica Compact Deluxe (1967-1970) était une version remaniée du Fujica Compact D et intégrait certaines caractéristiques originales que l’on ne retrouvait pas sur d’autres appareils à télémètre à objectif fixe. Il proposait une exposition automatique en priorité à l’obturation et était équipé d’un objectif Fujinon f/1,8 à double Gauss de 45 mm, à 6 éléments répartis en 4 groupes, rapide et à haute résolution, doté d’un filetage pour filtre de 52 mm ; cet objectif comptait parmi les meilleurs de l’époque. Il était également doté d’un obturateur à lamelles Citizen MXV pratiquement silencieux. Le viseur est étonnamment lumineux et comporte un repère de télémétrie jaune facile à repérer, des repères de cadrage fixes, des repères de compensation de parallaxe et des indicateurs d’ouverture. Bien qu’il n’ait été officiellement commercialisé qu’en argent, il semblerait que quelques exemplaires noirs aient fait leur apparition sur le marché japonais.
Là, je vous sens attentifs !
Allons plus loin dans la découverte de ce petit bijou …
Personnellement, j’aime beaucoup son design élégant, épuré et sa magnifique qualité de fabrication. Tout est pensé en fonction de l’utilité réelle des commandes, c’est très ergonomique et intuitif (comme on dit maintenant).
Par exemple, le levier d’armement, situé sous le boitier, qui permet de tout faire avec la main droite, la gauche ne servant que de support.

Et puis, cette molette encastrée à l’arrière du capot, pour régler la distance. Bon, cette molette de mise au point a existé chez quelques constructeurs allemands. Je songe notamment à Contax et sa molette située sur le capot ou encore au Vitessa L de Voigtländer, voire au Vito II avec sa languette de réglage.



Fujica l’avait déjà utilisée sur le Fujica 35 – EE et il faut avouer que cet emplacement rappelle furieusement celui du Vitessa L et on sait à quel point Voigtländer aimait à se compliquer la vie. Cette construction est couteuse, compliquée à mettre en œuvre, ce qui explique sa rareté, mais quel confort d’utilisation !


Enfin, il y a aussi la porte arrière, qui s’ouvre avec un petit verrou situé sur le flanc droit de l’appareil et qui la libère avec ouverture vers la gauche. Cette disposition est destinée en fait à faciliter le chargement de la pellicule.

De fait, le Fujica est en avance sur son temps, par exemple c’est un des tous premiers à adopter un télémètre à coïncidence et une pile à l’oxyde d’argent de 1,5v et non plus une pile au mercure.
Continuons la visite …
Toujours sur le capot, à l’extrême droite, une fenêtre abrite un posemètre qui fonctionne en mode manuel et en priorité vitesse. Par contre, l’indicateur d’ouverture, dans le viseur, ne fonctionne qu’en mode priorité vitesse, mais en mode auto, l’ouverture choisie par l’appareil est affichée dans la fenêtre sur le capot et dans le viseur.

L’idéal en photo de rue : vous réglez la distance avec la molette, vous visez et déclenchez, l’appareil s’occupe du reste.
La genèse du boitier explique sans doute ces qualités : le premier fut le Fujica Compact D, remanié par le Fujica 35-EE (les 2 appareils partageaient le même châssis et certaines fonctionnalités). Ajoutons à cela l’objectif du Fujica V2, sans les cadres de visée toutefois et vous obtenez un boitier au design minimaliste mais tellement moderne : boitier en chrome satiné, simili cuir noir, fin liseré noir autour de la fenêtre de mise au point et du viseur. Et puis, le nom de l’appareil, souligné par cette fine ligne verte, une belle trouvaille stylistique.
Le plus beau reste à venir : l’objectif ! Un Fujinon de 45mm ouvrant à f1,8 que Fujica vantait en 1969 : Le meilleur [objectif] que nous ayons jamais fabriqué. Il offre un pouvoir de résolution des lignes fines qui vous garantit un niveau de détail et un contraste extraordinaires, tant en couleur qu’en noir et blanc.
Cet objectif, selon plusieurs auteurs, n’a rien à envier aux objectifs modernes en termes de netteté, de contraste, d’excellente fidélité des couleurs et de pouvoir de résolution.
Optiquement, c’est une conception Double Gauss qui se compose de six éléments répartis en quatre groupes. Le diaphragme est composé de six lamelles. Il bénéficie d’un traitement multicouche (onze en fait), précurseur du traitement que Fuji appliquera sur ses objectifs Fujinon (application par faisceau d’électrons EBC).
Attention toutefois, le revêtement de l’époque était encore sensible au flare. Un simple pare-soleil suffit pour éviter ce désagrément.
Je reviens un instant sur la cellule du Fujica Compact Deluxe. C’est une cellule au CdS (sulfure de cadmium) qui joue avec la vitesse de l’obturateur (priorité vitesse) ou mode manuel avec indication du posemètre dans le viseur et sur le capot. En mode ouverture automatique, le viseur affiche l’ouverture recommandée, et les surexpositions ou sous-expositions sont signalées par l’indicateur d’alerte d’exposition, un gros point rouge situé à droite du viseur.

Le système d’exposition fonctionne en réglant la vitesse d’obturation à l’aide de la bague située à l’avant de l’objectif, puis en déplaçant la bague de réglage de l’ouverture, également située à l’avant, jusqu’à ce que l’aiguille du posemètre se positionne sur le petit carré noir au milieu de l’échelle d’ouverture. Une fois ce réglage effectué, la vitesse d’obturation peut être modifiée et l’aiguille du posemètre restera centrée, car la combinaison est modifiée selon la méthode « un cran vers le haut – un cran vers le bas ». En appuyant alors à mi-course sur le déclencheur, le verrouillage de l’exposition automatique en priorité à l’obturation est activé, de la même manière qu’un verrouillage AE.
Malin, pratique et moderne pour un appareil des années soixante … (1967), il va fêter ses soixante ans bientôt.
Ensuite, je reviens aussi sur la molette de réglage des distances : sur celle-ci, il y a une échelle graduée en pieds (en rouge) et en mètres, de 90 cm à l’infini. Vous constaterez vite que la course de réglage est courte : l’action du pouce passe très vite du minimum à l’infini. Imaginez le défi technique que cela représente quand on sait en plus que l’objectif est très lumineux.
Venons-en au viseur : son grossissement est de 0,7x, les cadres sont nets et lumineux. C’est un viseur très confortable, sans doute un des meilleurs que j’aie jamais porté à l’œil (hormis celui du Contax ZM).

Encore un point qui pourrait susciter un débat, celui de la position du levier d’armement, en dessous de l’appareil. Il n’est pas le seul à en bénéficier, Kodak et ses Retina (dont le Retina IIIc), le Ricoh 35, l’Agfa Flexilette(un réflex) en sont des exemples.
Ici, c’est la taille réduite du boitier et la place prise par le posemètre qui justifient ce choix. C’est pour cette raison encore que le compteur de vue est relégué à l’arrière, près de la molette de réglage des distances/
En photo de rue, il est aussi un facteur qui revêt de l’importance : passer le plus inaperçu possible et donc, lorsqu’on bénéficie d’un obturateur quasi silencieux, on en profite. Celui du Fujica est un Citizen MXV, qui donne des vitesses de 1s à 1/500s (plus pose B et synchro flash), remarquablement silencieux.
Enfin, je l’ai déjà signalé mais j’y reviens car c’est important : le Fujica Compact Deluxe est un boitier à priorité vitesse, ce qui veut dire que vous allez sélectionner votre vitesse et que l’appareil va décider de l’ouverture adéquate. Mais vous pouvez aussi travailler en tout manuel, en sélectionnant vous même la vitesse et l’ouverture. Les bagues pour le faire sont très confortables. Et la cellule continue à travailler même en mode manuel.
Petit florilège des appareils de l’époque :


Franchement, je suis très heureux d’avoir déniché cet exemplaire pour lequel je n’ai pas beaucoup de travail à effecteur pour le remettre en route : un bon nettoyage, une nouvelle pile SR44 classique, remplacement des mousses de la chambre et il est (re)parti pour des années de bons et loyaux services, le style en plus !
Que penser de cet appareil ?
Quelques marques retiennent toujours mon attention, comme Minolta, Canon, Yashica et Fujica. Parce qu’elles me rappellent de beaux souvenirs de découvertes photographiques et parce qu’elles ont toujours été à la pointe des nouveautés.
C’est donc dans ces marques que je choisis, souvent, de garder quelques exemplaires pour mon plaisir et ma pratique : le Lynx 5000E, le Fujica AX5 (et grâce à mon ami Olivier, j’en possède un, noir, avec toute une collection d’optiques magnifiques), le Minolta 9000 AF, le Canon A-1 et ce magnifique Fujica Compact Deluxe sont les quelques appareils que je choisi de mettre de côté.
De par sa modernité, la qualité de sa fabrication, son ergonomie presque parfaite, c’est un boitier que j’ai envie de sortir et d’utiliser.
Au delà de ce plaisir, c’est un objet de collection qui, pour une fois, mérite le prix de sa rareté : comptez environ 700€ pour un très bel exemplaire, fonctionnel.
C’est toujours bien moins qu’en Leica et pourtant, il le vaut largement.
Alors, si vous avez la chance d’en croiser un sur votre route, un jour, ne le ratez pas.
Vidéos d’illustration
Un peu de technique
- Fujica Compact Deluxe, Japon, 1967
- Objectif : Fujinon 45 mm ouvrant à f1,8, 6 éléments en 4 groupes, mise au point minimale environ 90cm
- Obturateur : Citizen MXV avec vitesses d’obturation de 1/1 à 1/500 (B, 1, 2, 4, 8, 15, 60, 125, 250, 500) et mode B
- Minuteur : Retard d’exposition d’environ 10 secondes
- Visée : Télémètre à coïncidence avec cadre lumineux fixe, affichage du diaphragme et alerte de sous-exposition
- Ouverture de f/1,8 à f/22 par paliers entiers
- Sensibilité de la cellule de ASA 25 à 400
- Alimentation : piles à l’oxyde d’argent SR44 ou alcalines LR44
- Fonctionnement : Mode priorité à l’ouverture ou mode manuel
- Cellule : Mesure de l’exposition par cellule CdS
- Autres éléments : Sabot pour accessoires (griffe flash), prise de synchronisation PC, filetage pour trépied
Le Fujica Compact Deluxe est aujourd’hui très rare. Je le recommanderais sans hésiter à un collectionneur d’appareils à visée télémétrique.
Des références
https://casualphotophile.com/2020/01/22/fujica-compact-deluxe-review/, https://thegashaus.com/2021/12/20/fujica-compact-deluxe/, https://grainoverpixel.com/products/fujica-compact-deluxe, en anglais ; https://grainoverpixel.com/products/fujica-compact-deluxe, en allemand ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-3592-Fujica_Compact%20deluxe.html, https://appareil-photo-laviale.com/marque/fujica/, https://fuji.ch/fr/story/fujifilm-heritage-une-retrospective-de-lhistoire-de-90-ans-de-fujifilm/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Fujifilm, en français






































































































































































































































