Avec mon épouse, nous considérons qu’une brocante est réussie si nous voyons un livre de Rika Zaraï, à défaut un de Pierre Bellemare, un disque de Linda de Suza, une fanfare, des pains saucisse et … un Polaroid !
Et bien, sur celle-ci, nous avons été gâté et moi en particulier car j’ai déniché ce Polaroid 600 OneStep tout neuf, encore dans sa boîte (ok, elle a un peu souffert).
Franchement, je n’ai pas dû négocier longtemps, le vendeur voulait s’en débarrasser et n’imaginait même pas que l’on pu encore utiliser cet appareil de nos jours. Merci Monsieur.
Alors, ce OneStep 600, que nous réserve-t-il ?
Apparut en 1976, le OneStep 600 est le premier appareil conçu pour le film intégral 600. L’original manquait singulièrement de fonctionnalités : pas d’objectif gros plan, pas de flash intégré mais il a le fameux curseur Assombrir/éclaircir pour la correction d’exposition.
L’objectif était un 116mm ouvrant à f11, en plastique. La mise au point commençait à 1,2 m jusque l’infini. Comme il n’y a pas de flash intégré, il fallait mettre une rampe de flashbar dans la languette prévue à cet effet lorsque l’appareil était ouvert. La vitesse était automatiquement déterminée par l’appareil, entre 1/4s et 1/200s
Franchement, ce premier opus n’a pas d’autre intérêt qu’historiquement être le premier d’une longue série.
Le modèle va peu évoluer, si ce n’est l’ajout d’un flash intégré.
Les appareils désigné seulement par un chiffre 600 sont vraiment les entrées de gamme de chez Polaroid.
Celui qui nous préoccupe est apparu dans les années nonante. Si la forme s’arrondit, le principe reste le même, avec quelques améliorations, dont celles qui ne se voient pas car concernant l’électronique embarquée, plus performante que dans les années septante et quatre-vingt.
Il utilise le pack intégral 600 (c.-à-d. le film avec la pile dedans).
Dès que vous ouvrez l’appareil, en tirant fermement sur le dessus qui protège la lentille et le flash lorsqu’il est refermé, il se met en batterie. Entendez par là qu’il précharge le flash, dont il va avoir besoin.
La cellule, qui est sous le viseur, va analyser la lumière disponible pour régler automatiquement l’exposition et vous, vous devrez régler la distance à l’aide du curseur qui est à droite, face à l’appareil. Le déplacement de ce curseur entraine une lentille en plastique qui viendra se placer devant l’objectif.
Vous avez le choix entre portrait de groupe et montagne, soit à partir de 1,3m jusque l’infini, et le portrait rapproché où vous serez net dès 60cm jusque 1,2 m.
Point de vue réglages, c’est tout !
Ah si, vous pouvez décider d’utiliser le flash ou pas, en enfonçant à fond le gros bouton noir du déclencheur ou le second bouton noir placé derrière le déclencheur, ce qui coupe le flash.
Et le fameux curseur pour éclaircir ou assombrir la photo. Vous arriverez un jour à le maîtriser selon la quantité de lumière dont vous disposez, mais l’idéal est de le laisser au milieu, le flash faisant la différence dans l’appoint de lumière.
Alors, que penser de ce Polaroid OneStep 600 ?
C’est l’idéal pour s’initier à la photo instantanée mais les réglages sont vraiment réduit à leur plus simple expression.
Mais disons le tout de suite, les résultats sont à la hauteur de la lentille en plastique, pas vraiment flous mais pas vraiment nets non plus.
Si vous en trouvez un en brocante, ne dépensez pas plus de 15€ pour l’acheter. Ce sera un bon petit compagnon mais gardez en mémoire ses limites.
Souvent, c’est en ne cherchant pas que l’on trouve un modèle précis, de ceux que je note, en passant, lorsque je prépare mes articles et que je me dis « tiens, celui-là, si j’en trouve un …. »
Et j’en ai trouvé un, un Franka Solida, dans une brocante, au soleil, dans une caisse, pour une fois pas trop fouillis.
Petite négociation et il va rejoindre quelques autres pièces dans le sac à dos ce dimanche.
Très franchement, j’en vois souvent des Solida, mais comme les Agfa Isoly, ils ne m’attirent pas . Mais j’avais lu quelque part que celui-ci était intéressant car il possédait un petit plus, que vous allez découvrir.
Pourquoi ne m’attirent-ils pas ? La fabrication est légère, les objectifs pas vraiment top et je ne parle pas des obturateurs, très souvent limités. Il y a quelques marques comme ça. Et pourtant , elles ont fait la joie de milliers d’album photo, dans les années cinquante – soixante.
Commençons par la marque, Franka – Kamerawerk, qui fut fondée en 1909 à Bayreuth (Allemagne, en Bavière, surtout connue pour son opéra des Margraves, qui inspira tant Richard Wagner).
De fait le premier nom était Vysko-Fabrik Franz Vyskocil, St. Georgen und Bayreuth car créée par … Franz Vyskocil et son épouse.
Les fondateurs possédaient une petite usine et un magasin d’appareils photo et de fournitures à Stuttgart. Ayant déménagé à Bayreuth, ils y recommencent leur business et ont profité de ce changement pour fabriquer des appareils photo pliants (appelés aussi folding).
En 1910, leur associé et investisseur, Weigand de Berneck, entre dans la capital et ils renomment l’entreprise Weigand & Vyskocil.
En 1912, re-changement de nom, elle devient Frankonia-Kamerawerk. Puis, en 1913, le dénommé Weigand devient l’unique propriétaire et s’associe à A.W. Schulze, de Dresde.
Elle prend son nom définitif, Franka-Kamerawerk, en 1914.
Jusque dans les années soixante, elle fabrique essentiellement des appareils photo peu chers, accessibles au plus grand nombre. Ils ne sont pas mauvais mais sortent difficilement du lot des appareils de ce type. Ils étaient surtout destiné à l’exportation sous des noms différents, avec pour seul repère les objectifs qui portaient la marque Frankar.
Comme la plupart de ces appareils photo ont été fabriqués pour l’exportation, une légende est gravée sur le similicuir de l’appareil photo indiquant ‘Made in Germany – US Zone’.
Après la seconde guerre mondiale, elle eut quelques succès avec des 6×6 Solida (qui furent produit quand même jusqu’en 1965 !) puis elle se tourna vers une production axée sur le 24×36.
Ensuite, en 1962, l’entreprise est rachetée par Henry Wirgin, autre spécialiste allemand des appareils photo de grande distribution (les Adox et Edixa) et fabriquant de caméras.
Las, en 1967, elle cesse de fabriquer des appareils photo et disparait du paysage.
Voilà, voilà …
Revenons un instant sur le Franka Solida, leur succès.
Le premier est sorti en 1936. C’était un 6×6 pliant, avec soufflet, bien qu’il y eut aussi quelques Solida en 4,5×6.
Sans trop de surprises, les différentes versions seront appelées Solida I, Solida II, Solida III, Solida Junior et Solida Record.
A la différence de ces petits camarades, le Solida III est un pliant vertical alors que les autres étaient horizontaux.
Dans la gamme des Solida, retenons qu’il y en aura avec télémètre découplé et posemètre aussi découplé (les II E, II L, III L) ainsi qu’une version spéciale avec deux posemètres, la III EL.
Ces appareils seront produit jusqu’en 1962.
C’est assez étonnant car à cette époque les télémétriques avaient la cote, plus compacts et plus sophistiqués mais aussi plus … chers. Le grand argument des Solida étant leur prix !
Le grand concurrent de l’époque était le Balda, lui aussi équipé d’objectifs bon marché à 3 éléments de style Enna Ennagon ou Schneider Radionar, moins prestigieux que les Voigtländer ou Zeiss Ikon contemporains. Les obturateurs étaient des Gauthier voire du Synchro-Compur pour le haut de gamme.
Dites-vous bien cependant que même un objectif de moindre qualité, pour peu que vous l’ouvriez à la bonne ouverture (le bon fxx), donne toujours un bon résultat sur un film en 120, bien plus défini qu’un 24×36.
Et puis, ces appareils pliants ont quelque chose d’intriguant, voire d’amusant : on a envie de les tester car au prix auquel on les trouve, ça donne l’occasion de faire du 6×6 pas cher ! Et ils ne sont pas encombrants une fois pliés.
A quoi ressemble l’engin ?
Avec sa taille contenue, son déclencheur bien placé, son viseur assez agréable, vous avez la sensation de travailler avec un 24×36 alors que vous allez utiliser un rouleau de 120.
Pour ouvrir la face avant, ne tirez pas sur la barrette métallique du couvercle. Il faut d’abord appuyer sur le petit bouton en dessous, sur la semelle. C’est lui qui déverrouille l’ensemble.
Et pour refermer, il suffit d’appuyer sur les deux jambes, au centre, et l’ensemble objectif/obturateur rentre tout seul dans l’appareil.
Une fois le soufflet sorti, vous avez devant vous un superbe gros objectif Schneider-Kreuznach Radionar de 80mm ouvrant à un étonnant f2,9.
Cet objectif est monté sur un obturateur Synchro-Compur qui va de 1s au 1/500s plus pause B, mais il a existé aussi avec un Prontor SVS limité au 1/300s.
Si cet ensemble était perçu comme de l’entrée de gamme chez ceux cités plus haut, ici nous sommes dans le haut de gamme de la marque, cette version au 1/500s en tout cas.
Ce Radionar est un triplet, c.-à-d. en 3 éléments. Comme je l’écrivais, il propose un étonnant f2,9 (et jusque f22). C’est donc un objectif dit « rapide », en tout cas pour l’époque. Les auteurs consultés indiquent qu’il est au meilleur de sa forme à f8 ou f16.
On peut monter des filtres de 42,5mm. Le numéro de série de l’objectif permet de dater assez précisément l’appareil (enfin si on trouve où sont les tables !).
La mise au point se fait sur le devant de l’objectif, sur lequel vous reportez l’indication que vous donne le …. télémètre non couplé !
En fait, lorsque vous regardez dans le viseur, vous voyez un patch en forme de losange jaune. Vous devez faire correspondre l’image en actionnant la molette sur le dessus de l’appareil. Lorsque votre losange est net, vous reportez l’indication apparue dans la fenêtre du télémètre sur le devant de l’objectif.
Comme le viseur est assez déporté vers la gauche, par rapport à la molette de réglage, vous pouvez actionner celle-ci même en ayant l’œil collé au viseur, pratique !
D’accord, c’est moins facile qu’avec un télémètre couplé, comme sur le Kodak Retina IIIc mais c’est quand même plus précis que de travailler « au pif » pour la distance.
Pour prendre une photo, il et impératif de d’abord armer le déclencheur sur l’obturateur. Vous le libérerez en appuyant sur le déclencheur situé sur le capot.
Il y a aussi un petit bouton qui permet d’armer le retardateur (environ 12 secondes). Il faut armer jusqu’au bout puis pousser le bouton vers l’avant, qui « verrouille » le tout jusqu’à ce que vous déclenchiez.
Vous aurez remarqué la griffe porte flash, ou porte accessoire. Celle-ci n’est pas synchronisée. Il y a une prise PC sur le fut de l’obturateur, avec deux position X ou M. Position que l’on sélectionne avec un petit levier vert.
Manifestement, la hantise de l’époque, c’était les doubles expositions : ici aussi, il y a un mécanisme qui empêche celle-ci de se produire. Lorsque vous avez déclenché, même si vous armez l’obturateur, il est impossible de déclencher une seconde fois par inadvertance, sauf si vous avez fait tourner la bobine du film. Vous entendrez d’ailleurs un discret « clic » lorsque vous tournez celle-ci. Ce « clic » intervient au trois quart d’un tour complet. Ce qui n’est pas assez pour passer à l’image suivante « complète » et trop pour faire une surexposition de son image précédente.
Puisque je cite le film qui avance dans la chambre au fil de vos prises de vue, le compteur de celles-ci est rudimentaire : c’est par la fenêtre en rouge inactinique, au dos de l’appareil, que vous verrez les chiffres passer. Ah, et un conseil, refermez toujours bien le petit volet qui protège cette fenêtre, avec la tirette située en dessous.
Visiblement, l’autre gros soucis de l’époque, c’était le chargement du film. Ici, pour vous simplifier la chose, les deux bobines (celle contenant le film et celle qui le recevra) sont enveloppés dans un « box » rond monté sur charnière. De plus, la plaque de pression, plus grande que la taille du film, assure sa planéité tout au long des prises de vue.
Vous avez peut-être pu noter aussi que la bobine qui sert à enrouler le film porte un aide-mémoire pour la sensibilité du film. Celle-ci est exprimée en Asa/Din et s’échelonne de 25 à 200 Asa (14 à 23 Din). Vous actionnez le petit plateau avec les deux minuscules bouton rivés dessus.
Avez-vous remarqué le petit trou, derrière le déclencheur ? Il vous indique si l’appareil est armé et prêt à prendre une photo (un petit rond rouge apparait alors). Pratique si vous avez armé l’appareil celui-ci étant fermé. Vous savez que vous devrez armer le déclencheur pour prendre la photo.
Pour ouvrir le dos de l’appareil, il suffit de faire glisser le bouton du verrou dans le sens indiqué par la flèche.
Les vitesses se règlent avec la couronne autour de l’objectif et l’ouverture avec la tirette qui court sur le côté.
Ce Franka Solida IIIl daterait de 1957 et je dois avouer qu’il est en très bon état et fonctionnel. J’ai même la chance d’avoir la sangle de portage qui oblige à le tenir verticalement.
Ce qui, tout compte fait est logique puisque l’appareil s’ouvre verticalement.
Mais c’est aussi là un paradoxe me semble-t-il car le viseur étant où il est, il est plus naturel de le tenir horizontalement. Dès lors, lorsque vous ouvrez la porte, celle-ci vient se placer à votre droite, ce qui complique un peu la tenue en main. C’est une question d’habitude finalement.
Source : Butkus. Vous remarquez que ce Solida III L est équipé d’un Prontor SVS dont la vitesse maximale est le 1/250s. Celui que je vous présente possède un Synchro-Compur qui va jusqu’au 1/500s
Alors, que penser de cet appareil ?
Moins somptueux qu’un Voigtländer ou un Zeiss Ikon, il est aussi plus abordable. Son optique et son obturateur étaient considérés comme des entrées de gamme chez les deux précités, ce qui n’était déjà pas si mal.
Donc, si vous avez la chance d’en trouver un en bon état, ne le boudez pas, il en vaut la peine et vous donnera pleinement satisfaction.
Un moyen élégant et original d’entrer dans le monde du 6×6 à prix doux.
Le graal serait de trouver un Solida III EL, c-à-d avec télémètre et une cellule, non couplés. Mais ceux-là sont rares.
Si vous voulez une idée de prix, pour un exemplaire en très bon état, comptez dans les 75€.
Pour avoir une idée des photos réalisées avec cet appareil, c’est par ICI.
D’ailleurs je me faisais la réflexion il y a peu : les Polaroid, c’est un peu comme les Praktica, tant que la formule est bonne, on ne change rien, sauf un brin de cosmétique de-ci de-là et le reste ne se voit pas (électronique interne).
Alors celui-ci, il m’a attiré dans cette brocante par sa ceinture métallique et sa bande arc-en-ciel.
Je l’ai ouvert, vérifié que les rouleaux étaient propres, le miroir pas abîmé et j’ai, brièvement, négocié son prix avant de le mettre dans le sac à dos.
Petites recherches pour vous présenter ses principales caractéristiques et c’est parti.
Cet appareil a été lancé en juin 1985. Comme je l’écrivais, il ressemble très fort aux autres 635 de l’époque, si ce n’est sa robe métallisée et le sigle LM, pour Lightmixer, un système génial qui dose la lumière du flash par rapport à la lumière ambiante. Ainsi, au soleil, l’exposition sera basée à 75% sur la lumière du jour et l’appoint des 25% restant par le flash. S’il fait plus sombre, l’exposition sera réglée par le flash seul.
Çà c’est une règle à retenir : un Polaroid a toujours besoin de beaucoup de lumière. Alors si vous pouvez en acheter un, prenez le toujours avec un flash intégré, plus simple que les rampes de flashs qui ne sont pas faciles à trouver ou les Polatronic et consorts, à prix exorbitant.
Mais notre bon Supercolor 635 LM a un autre atout sous sa carapace noire, le système SPARR. Ce système permet au flash de se (re)charger en trois secondes, soit à l’ouverture de l’appareil, soit entre deux prises.
Ceci étant, pour le reste, du grand classique, de celui qui plait par son côté « vintage » assumé : une fois fermé, l’objectif est protégé et la visée impossible. Quand vous avez relevé le « nez » de l’appareil, il se met en batterie et est prêt pour la première photo : vous visez, déclenchez et ayez la bonté d’attendre plus ou moins 90 secondes avant de voir apparaître devant vos yeux attendris la photo prise.
Pour l’alimenter, comme d’habitude, vous ouvrez la trappe en dessous en poussant le curseur sous le déclencheur vers l’avant. Il suffit d’y glisser un film 600, de refermer, d’attendre quelques secondes que l’appareil « crache » une feuille noire (celle de protection du film) et vous voilà prêt.
La visée est assez claire même si aucune aide ne vient à votre secours (pas de cadre collimaté, rien). Mais dites vous qu’un discret système à infrarouge va calculer la luminosité de votre sujet à l’appareil et faire le réglage automatiquement de l’exposition (de 1/3s à 1/200s). Une petite remarque au sujet du viseur : il ne couvre pas toute l’image, qui sera un peu plus grande que ce que vous aviez vu. Y penser évite des surprises.
La mise au point est fixe et vous serez net de 1,2 m à l’infini grâce à son objectif à ménisque (une seule lentille de109mm, traitée contre les reflets). Pensez bien à cette limite de 1,2m car vos images seront floues en deçà.
Petite remarque utile : pour ouvrir l’appareil, tenir fermement le dessus entre le pouce et l’index et serrez en tirant vers le haut. C’est parfois assez « viril » mais n’ayez pas peur de tirer, c’est solide. Deux petites LED, une rouge et une verte, vont s’allumer pour vous indiquer que l’appareil est prêt et le flash chargé.
Comme d’habitude, le déclencheur est à double course : soit vous appuyez sur le gros bouton rouge, qui va activer le flash si le boitier estime son usage nécessaire (dans au moins 99,9% des cas), sinon, vous actionnez le second curseur, derrière le bouton rouge et l’appareil prendra la photo sans envoyer d’éclair flash.
Un autre réglage que, personnellement je trouve inutile, c’est le curseur pour régler l’intensité lumineuse, du très clair au plus foncé. Vous ne pourrez constater qu’une fois la photo prise si cette correction est utile, ou pas.
Ah oui, un classique : faites attention quand vous achetez vos films. Ils doivent comporter une mention (souvent écrit « vintage ») pour préciser qu’ils ont bien une pile à bord. Les films 600 destinés aux nouveaux appareils Polaroid ne contiennent plus de pile, celle-ci étant maintenant dans le boitier.
Et autre astuce à laquelle il faut faire attention : initialement, Polaroid vendait des films (les pack 600 intégral) de 10 vues. Le compteur de votre appareil ne va pas plus loin. Mais, comble de la fumisterie, les nouveaux films Polaroid (les ex « Impossible project ») ne contiennent plus que 8 vues. Donc, quand votre compteur affiche 8, vous êtes au bout.
Alors, si je résume : un appareil simple qui va gérer l’ouverture en fonction du calcul de sa cellule et qui va gérer l’utilisation et la puissance du flash selon la luminosité ambiante. Si votre sujet se situe à au moins 1,2 m, vous serez net, jusque l’infini.
Que demander de plus ?
Ah, je peux ajouter qu’il y a des films 600 avec des bords colorés, en N/B, avec des teintes originales pour ne pas photographier comme tout le monde. La marque se donne du mal pour que vous soyez satisfait(e) de votre appareil … et moi j’aimerais que pour le prix ils ajoutent deux photos en plus
Le pire dans cette histoire, c’est que Polaroid s’est fait larguer et a perdu tout ce qui faisait sa spécificité. Mais que ses appareils, pour simples qu’ils étaient, fonctionnent la plupart encore parfaitement. Et c’est grâce à l’opiniâtreté de quelques fondus qu’aujourd’hui vous pouvez encore trouver des films compatibles.
Si les films Fuji, les Instax, sont très bons, ils manquent de cette magie qu’à créée Polaroid et, à moins d’opter pour le format Wide, ils sont quand même petits à regarder.
Au niveau des prix, j’estime que tous les Polaroid qui ne possèdent pas le système de réglage par sonar (la fameuse pastille en nid d’abeille comme sur le 660) ne devraient pas dépasser les 25€.
Polaroid avec le système de réglage par sonar, le 660 Autofocus
Dites vous bien qu’un film coûte environ 18 à 19€. Tout le monde n’investira pas cette somme pour obtenir une photo instantanée, auquel cas le Polaroid du Monsieur ou de la Madame sur la brocante, risque de finir ses jours à la déchèterie quand ils en auront marre de le trimballer. Alors commencez par proposer 15€, vous verrez bien, et souriez !
Pour voir les gentils délires des Lomographistes inspirés, c’est ICI.
C’est presque en fin de brocante que je suis tombé, par hasard, sur ce petit Mju II. Il était bien caché dans un petit sac, et j’aurais dû me méfier car il était entr’ouvert, avec un film mal rembobiné dans la chambre.
Mais pour le prix que je l’ai enlevé, j’ai estimé pouvoir prendre le risque …
Car, disons-le tout se suite – et presque comme d’habitude – il est en panne.
Oh, c’est étrange, car il accepte un film, il le charge mais impossible de déclencher, quelque soit la condition de lumière !
Bref, et je pense l’avoir déjà écris, ces Mju sont très fragiles. J’en ai déjà acheté trois avec celui-ci et un seul a fonctionné.
Je comprends pourquoi tant de lecteurs se précipitent ces derniers jours sur l’article consacré au Fuji DL Super Mini, bien plus costaud.
Et pourtant, cette espèce de « savonnette » a un incroyable succès, vu les prix pratiqués !
Essayons d’y voir plus clair à son sujet …
Chez Olympus, et ils n’étaient pas à leur coup d’essai après les excellents Pen et Trip, ils avaient lancé le XA. Un minuscule télémétrique avec une optique de rêve, un Zuiko 35mm ouvrant à f2,8 (mise au point de 90cm à l’infini). C’est un priorité à l’ouverture qui, lorsque vous la réglez, établi la vitesse en fonction, de 10s à 1/500s.
Mais c’était encore un appareil des années quatre-vingt (de 1979 à 1985).
Et l’autofocus pointait son nez un peu partout. Alors Olympus a sorti le AF-1 en 1986. Il gardait l’excellent objectif du XA et introduisait donc le fameux autofocus. A l’époque, ce petit appareil était considéré comme le plus abouti de sa gamme. Je vous invite à relire l’article à son sujet.
Enfin, au seuil des années nonante, est apparu le µ-1 (Mju) premier du nom. Un autre petit appareil qui alliait la facilité d’utilisation initiée par le AF-1, une certaine qualité de fabrication et – mais ça c’est toujours éminemment subjectif – une sorte de beauté (on le compare à un galet ou … une savonnette).
On doit son design au célèbre Maitani Yoshihisa qui avait déjà commis les Pen et le XA, notamment.
Coup de maître d’Olympus, qui en vendit des millions. Facile, agréable à manier, que l’on pouvait glisser dans une poche de Jean’s, donnant d’excellents résultats, ce fut un vrai best-seller. Et il le reste, au vu des prix pratiqué à ce jour à son encontre.
Mais là aussi, il faut se rappeler qu’il est fragile : combien ne l’ont-ils pas « flingué » en essayant de retirer un film mal enroulé ou cassé à l’intérieur. Toute la mécanique est en plastique. Et je ne parle pas de son électronique qui est, disons le gentiment, un peu fantaisiste avec le temps.
Bref, en 1997, fort de ce succès, Olympus sort un µ-II (Mju II). Le boitier évolue un peu (et chacun aimera ou pas la nouvelle version, un peu plus « anguleuse »), il devient aussi encore plus compact que le premier et reste très léger (150gr tout nu).
Comment ont-ils pu encore réduire la taille de l’engin ?
Grâce à un tout nouveau système d’entrainement à moteur unique et un nouveau mécanisme d’entraînement par arbre.
« L’une des clés de la compacité du µ-II est une disposition qui intègre à la fois le moteur et le nouveau mécanisme d’entraînement de l’arbre dans la partie inférieure du boîtier de l’appareil photo. En donnant aux concepteurs une plus grande flexibilité, cette approche innovante a également ouvert la voie à la forme en coin et à l’équilibre stable. Toutes les fonctions de base, y compris l’avance/rembobinage du film, l’extension/rétraction du barillet de l’objectif de mise au point et l’ouverture/fermeture de l’obturateur, sont gérées par un seul moteur et piston. Développé spécialement pour le µ-II, le nouveau moteur compact est situé dans le sens de la longueur sous la barrière de l’objectif dans l’espace rendu disponible par l’utilisation d’un mécanisme d’entraînement par arbre au lieu des engrenages et de l’entraînement par courroie habituels. Bien que cette innovation contribue aux dimensions plus petites du corps, elle nécessite également un traitement avec des tolérances exceptionnellement fines. »
Source : Olympus global, au dessus le Mju 1 avec ses engrenages et en dessous le Mju 2 avec son arbre de transmission.
Ensuite, il gagne un objectif rapide, ouvrant à f2,8 contre f3,5 pour son aîné.
Puis, cerise sur le boitier, il devient « all weather », c-à-d. résistant aux éclaboussures, à la poussière, au sable grâce à des joints en caoutchouc disséminés un peu partout.
Attention toutefois, ces joints peuvent être un piège : il n’est pas possible de les changer s’ils vieillissent mal, ce qui peut occasionner des fuites de lumière rédhibitoires.
Mais commençons par présenter le boitier.
Devant, un clapet qui coulisse et découvre l’objectif et le viseur. Il sert aussi d’interrupteur pour mettre l’appareil en batterie.
Vu de dos, clapet ouvert, on voit le viseur, clair et spacieux vu la taille de l’engin et aussi un petit écran LCD, au dessus de deux minuscules boutons (pour les fonctions flash et retardateur).
Sur la tranche gauche, un autre petit bouton pressoir permet de déverrouiller le dos.
Au dessus, un seul bouton, le déclencheur que, personnellement, je ne « sens » pas sous l’index.
Que reste t-il à découvrir ? La trappe à pile (une CR123 de 3v), sur la droite et en dessous un pas de vis pour le fixer sur un trépied.
Alors, je vous ai écrit qu’il était facile d’utilisation, la preuve : vous l’ouvrez, glissez dedans un film avec codage DX, que l’appareil lit pour régler la cellule. Vous accrochez l’amorce dans la bobine réceptrice et vous refermez. Le boitier se charge d’amener la pellicule à la première vue.
Pour le piloter, de fait, il n’ y a que deux boutons : un pour régler le retardateur et le second pour gérer le flash. Attention, le flash est toujours en mode auto à l’ouverture de l’appareil. Si vous voulez le désactiver, il faut appuyer deux fois sur le bouton.
Et puis il y a le viseur, dit à « à image réelle » avec un grossissement de 0,45, qui aide grandement à la composition. Au milieu, une mire indique le point d’autofocus. Ensuite, sur le côté droit, deux petits voyants : le vert indique que l’autofocus a bien accroché le sujet et l’orange indique si le flash sera utilisé ou pas.
Un mot d’ailleurs sur ce flash, qui est à « équilibrage automatique des couleurs ». Grâce à lui, vos photos prises sous lumière fluo ou une quelconque autre lumière artificielle seront bien équilibrées. Son déclenchement, automatique vous garanti des couleurs claires et réalistes
De fait, il y a six modes différents pour ce flash intelligent à puissance variable :
Automatique : dans des situations de faible éclairage et de contre-jour, le flash se déclenche automatiquement pour s’assurer que l’éclairage est approprié.
Atténuation automatique des yeux rouges : l’effet yeux rouges – un problème courant avec les portraits au flash – est réduit par une série de pré-éclairs émis avant le déclenchement du flash principal.
Fill-in : idéal pour les situations à contraste élevé,comme les contre-jours. Le flash se déclenche toujours dans ce mode, éliminant les ombres causées par la forte lumière du soleil.
Flash désactivé : à utiliser lorsque la photographie au flash est interdite. Il est également idéal pour capturer une ambiance naturelle.
Scène de nuit : l’intensité du flash est déterminée par le premier plan, tandis que la durée de l’exposition est réglée en fonction de l’arrière-plan. Ralentissant la vitesse d’obturation jusqu’à 4 secondes, ce mode capture à la fois le sujet au premier plan et le paysage nocturne.
Scène de nuit avec atténuation des yeux rouges : ce mode réduit encore une fois l’effet des « yeux de lapin effrayé » sur les photos prises en mode Scène de nuit. Ce mode est identique au précédant mais sans les pré-éclairs.
Le flash est remarquablement équilibré et son utilisation évite généralement la surexposition.
Reste l’autofocus, à infrarouge, et la gestion de l’exposition est automatique. C’est un « point and shot » à focale fixe dotée de l’autofocus, généralement apprécié pour sa précision et sa capacité à se dépêtrer dans les situations plus complexes.
Au niveau production, il sera disponible en noir ou argent et plus de 3.800.000 millions d’exemplaires seront vendus. Une série limitée sera produite encore en 1998 pour fêter les 10 millions de Mju vendus. Se seront 65.0000 exemplaires exclusivement en fuchsia/bordeaux. Notons encore que quelques versions ont existé en QD, c.-à-d. avec un dos dateur (quartz date imprinting).
Que l’on ne vienne pas me dire qu’ils sont dès lors rares ! A moins bien sûr (je sais, là je suis vache) de ne plus compter que les quelques uns qui fonctionnent encore !
En résumé, pour l’époque, un petit bijou d’ingénierie qui a su capter la faveur d’un large public de par sa simplicité d’utilisation, son aspect agréable et la qualité des photos produites.
Pour vous convaincre de ses qualités, quelques exemples de photos ICI.
Que faire si vous en trouvez un (à un prix décent s’entend) ?
Munissez-vous d’un film test et d’une pile CR123 pour l’essayer. Il doit charger le film et vous devez pouvoir déclencher, avec et sans éclairs de flash. Si vous êtes satisfait, sachez qu’il existe un minuscule petit bouton (à côté des deux boutons du retardateur et du flash) pour activer le rembobinage automatique si vous ne déclenchez pas la totalité de votre film test.
Personnellement, je trouve exagéré les quelques 150 voire 200€ que certains réclament pour vendre leur appareils. A vous de voir.
Disons que pour un encombrement encore moindre et des résultats encore meilleurs, je préfère toujours le Ricoh R1.
Une brocante, en fin de journée, sous le soleil. Un vendeur qui commençait à remettre ses invendus dans les caisses et j’aperçois une boite noire, entr’ouverte sur un Polaroid noir.
Je m’approche et regarde l’engin : un Polaroid 2000, qui a une forme moins habituelle que les « classiques » de la gamme 600. Allez, je négocie et emporte le tout pour une bouchée de pain.
De retour à la maison, je constate qu’outre le boitier, dans la boîte (en cuir, recouverte à l’intérieur par un daim de qualité) il y a un flash à clipser et la facture d’achat (1978).
Je mets des piles dans le flash et il s’anime, chouette. Malheureusement, je ne peux tester l’appareil tout de suite, faute de film, ici un SX-70, toujours produit à l’heure actuelle. J’en ai commandés, je les attends.
Ce qui m’avais frappé lors de mon premier contact avec ce Polaroid 2000, c’est sa forme et sa taille, bien plus réduite que les « classiques » 600 qu’il faut ouvrir pour mettre en batterie.
Pas facile de trouver des infos sur lui, et pourtant il s’est vendu par million. Jusqu’à ce que je trouve qu’il s’appelle Pronto! et One Step sur le marché US.
Cet appareil est la formule simplifiée du non moins célèbre SX-70, qui utilise un film du même format que le 600 mais avec une sensibilité moindre (150 Asa en général).
Ce Pronto !/ One Step sera décliné en appareil piloté par sonar, avec mise au point par zones et en fix-focus
Le plus célèbre de la bande est le Polaroid 1000, apparu en 1976. Il s’en est fabriqué jusqu’à 30.000 par jour ! Qu’on ne me dise pas qu’il est rare celui-là ! Un « point and shot fix-focus » instantané.
Puis il y eut un Polaroid 1000S qui n’était en fait qu’un ensemble constitué d’un 1000 avec un flash Polatronic 1. Donc un Pola 1000S sans son flash n’est qu’un 1000 !
Ensuite, il y aura un 1500 qui n’a que la particularité qu’on puisse régler la distance de mise au point par zones, qu’il est de couleur marron et qu’il a vu le jour en 1977.
Ah oui, il y aura aussi un 500, aussi de couleur marron, qui n’est autre qu’un 1000 uniquement destiné à être donné comme article promotionnel par des grandes marques (on recycle, on recycle, …).
Puis, enfin, notre 2000, apparu lui aussi en 1976, en même temps que son petit frère simpliste, le 1000. Il sera le second best seller du moment.
Et on terminera la gamme par un 3000, une amélioration du 2000 par une mise au point à partir de 91cm et une meilleure gestion de l’exposition au flash.
Mais revenons à notre Polaroid 2000 ou Pronto !
Il utilise donc le fameux film SX-70 prévu spécifiquement pour la gamme d’appareil du même nom. La plus grande différence est que le film SX-70 a environ ¼ de la sensibilité du film 600 (pour 600 Asa), il a donc besoin de beaucoup plus de lumière pour obtenir une bonne photo.
De fait, le film SX-70 fut pensé à 80 Iso, les actuels sont à 160 Iso alors qu’un film 600 est à 640 Iso !
Première remarque dès lors : si l’appareil que vous achetez n’a pas son flash dédié, il vous faudra absolument trouver soit celui-ci, soit une rampe de lampe flash dédiée au Polaroid.
Ici, j’ai la chance d’avoir le set complet et fonctionnel.
Alors, il fonctionne comment celui-là ?
Bah, comme d’habitude, vous glissez dedans un film SX-70, qui contient une pile de 6v, qui alimentera l’appareil. Lorsque vous refermez la trappe, le boitier fait sortir une feuille noire, celle qui protégeait le film de la lumière.
Le viseur, toujours aussi rudimentaire, vous permet de visualiser la zone à photographier.
Une cellule électronique va déterminer pour vous l’exposition automatiquement.
Par contre, vous devrez régler la distance du sujet en utilisant les zones de distances, le minimum étant à 90 cm.
L’objectif, un 116 mm en 3 éléments dont un en verre, n’est pas un foudre de guerre mais n’est pas si mauvais que ça, tout compte fait. Son ouverture est de f9,4.
Donc, si vous conjuguez faible ouverture et film lent, vous obtenez une injonction claire : flash obligatoire, même au soleil et à fortiori en intérieur.
Ceci étant, un film lent donne généralement un meilleur rendu.
Je nous ai trouvé une petite video qui illustre cela.
En gros, le film SX-70 offre une meilleure saturation/tonalité des couleurs, pour peu que vous ayez assez de lumière, et/ou que vous utilisiez un trépied et/ou que vous ayez la patience d’une pose de 1 à 2 secondes.
Bon, vous avez chargé un film, installé le flash, allumé celui-ci, vous visez votre sujet après avoir réglé la zone de distance idéale. Il faut juste encore appuyer sur le gros bouton vert en façade pour prendre la photo. Celle-ci sort comme d’habitude mais il faut lui laisser une bonne demi-heure pour révéler tout son potentiel.
Et, petit rappel toujours utile, il ne faut jamais secouer un film Polaroid pour tenter d’accélérer le processus, vous allez faire pire que mieux, en brisant la chaine des 500 opérations nécessaires à un bon développement. Laissez-le retourné sur un endroit propre, à l’abri de la lumière vive et laissez-le faire !
Voilà, voilà …
Alors, si la forme élégante de l’appareil lui a conféré un succès certain, de nos jours, il est un peu moins utilisable que les autres Polaroid s’il n’est pas accompagné de son flash.
Mais c’est une question de tempo, finalement.
J’aime bien sa forme, qui a servi de modèle pour les nouveaux Polaroid Go.
Même si sa silhouette est alourdie par le flash, qui peut être remplacé par un flash de côté, le Polatronic 1.
Pour vous faire une idée de l’exemplaire que j’ai eu la chance d’acquérir, voici quelques photos de l’appareil et sa boîte.
Certains seraient tenté de placer un film 600 dans une cartouche SX-70. Pour rappel, les deux formats sont identiques, pas la cartouche.
Mais ce fut déjà le cas dans les années septante et si cela pouvait s’envisager, il fallait absolument placer un filtre neutre au dessus du film car l’appareil n’était pas prévu pour travailler avec des films « rapides ».
Une petite video illustre ceci.
Est-ce que de nos jours cet appareil a encore de l’avenir ?
Marrant d’écrire ça pour un appareil qui frôle les 50 ans ! Mais oui, c’est juste qu’il faut penser à l’utiliser à son rythme.
Honnêtement, si vous trouvez un 3000 ou un 3500 (avec sonar), prenez le, il est plus performant. Mais il ne discrédite pas le 2000 qui, bien utilisé, donne d’excellents résultats.
Il faut juste prendre le temps de l’apprivoiser, non pas qu’il soit difficile à utiliser mais parce que le film est plus lent que d’habitude et il faut se donner le temps de bien le comprendre pour en tirer la quintessence.
N’ayez pas peur de faire part au vendeur éventuel de ces écueils pour faire diminuer le prix. Et vous devriez pouvoir l’emporter, flash compris, pour 15€ maximum.
Finalement, celui que j’avais acheté, je l’ai donné à une demoiselle qui en fait un excellent usage et s’amuse beaucoup avec lui, en alternance avec un Polaroid Impulse (film 600).
Comme quoi le Polaroid n’est pas une question d’âge mais d’envie de faire de la photo !
En théorie – et bien souvent aussi en pratique – ces appareils donnent la main aux photographes exigeants, qui veulent sortir des modes tout automatique des appareils plus grand public. Ils ont normalement les mêmes capacités que les reflex de la marque qui les décline, l’encombrement en moins.
Serait-ce l’appareil parfait ?
Ben non, sinon les marques devraient revoir leurs gammes …
Pour la petite histoire, j’ai longtemps travaillé avec un Canon Eos 40D et un Canon Powershot G9. Lorsque je voulais rester discret, je prenais le G9, moins « intimidant » que le gros reflex, notamment pour faire des photos dans les lieux plus « étroits », comme les marchés. C’était pour moi le duo gagnant.
Mais reprenons le fil de cette gamme, les PowerShot déclinés par Canon.
De fait, il y a deux lignées dans la gamme : les PowerShot dit « grand public », très automatisés et d’excellente qualité; les PowerShot G, le haut de gamme, qui vise les photographes avertis qui veulent voyager léger.
Les G ont commencé par un numéro 1 (il en faut bien un, c’est le cas de le dire !) pour s’arrêter au numéro 6.
Leurs caractéristiques communes étaient un objectif « rapide » ouvrant à f2, un écran articulé à l’arrière et un second sur le capot, la possibilité d’enregistrer en JPEG et/ou en RAW, un capteur de 1/1,8″, des réglages comme sur un réflex (balance des blancs, ouverture, vitesse, manuel ou automatique) y compris les modes PSAM de la marque, un flash incorporé et la possibilité de monter un flash externe, le stockage sur carte CF, la possibilité de monter des compléments optiques (lentilles pour obtenir un grand angle ou un télé-objectif), une télécommande par infra rouge, un filtre de densité neutre intégré (à partir du G3) et une batterie Li-Ion à la place de piles
Et puis il y eut une suite, du G7 au G12. De fait, le G7 a rompu avec la tradition des premiers G : exit l’objectif lumineux, on passe ici à un f2,8. Mais l’objectif se rétractait complètement dans le boitier, il apportait une stabilisation optique toujours bienvenue, un mode macro (utilisable jusqu’à 1 cm du sujet) et une plage zoom plus étendue (x6).
Autre grand changement, l’écran arrière devient fixe mais il est plus grand et mieux défini.
Encore une hérésie, le format RAW disparait, tout comme la télécommande infrarouge si pratique. Et le boitier abandonne la carte mémoire CF pour utiliser des SDHC.
Par contre, introduction de la video au format 720p en HD. Bof …
Bref, un modèle de transition qui fit frémir les partisans du PowerShot et que Canon s’empressa de corriger dès le G9, qui récupérait le format RAW, puis avec le G11 qui reprend un écran arrière articulé (que le G15 perdra à nouveau).
Pour être complet, et avant de revenir au G10 qui nous occupe, sachez qu’il y aura un G1X, un peu à part avec son grand capteur et qui introduit une gamme parallèle dans la saga familiale.
Puis Canon reprend le fil avec un G15, successeur « officiel » du G12 et un G16, qui sera le dernier de la gamme G.
Car Canon va reprendre la série parallèle des G avec un chiffre et le X : ils sont équipés de grand capteur et pourtant sont plus petits, pour concurrencer le Sony RX100. Le dernier en date est le G9 X mark II.
-« Ca va, je ne vous ai pas perdu ? »
Alors, revenons à notre G10. Il est sorti en octobre 2008 et, au passage, à reçu le prix TIPA (Technical Image Press Association) du meilleur compact expert en 2009.
Par rapport à ses prédécesseurs – comme pour se faire pardonner ses errances – Canon le dote d’un grand angle, un 28mm ouvrant à f2,8. Par contre, il rabote un peu le niveau téléobjectif, qui s’arrête au 140mm (contre 210 mm pour le G9) mais il garde la stabilisation mécanique.
Le marketing ayant encore frappé, la définition du capteur passe à 14,7Mp (contre 12,1Mp pour le G9). Ce qui effrayât nombre de possibles acheteurs, notamment à cause du bruit que cette augmentation de pixels, pour un capteur de taille identique (1/1,7″), pouvait générer. Mais Canon pare la critique en implémentant le calculateur Digic 4, qui permet de très bien gérer le bruit, du moins jusqu’à 800 Iso (après, il devient perceptible).
Mais c’est surtout au niveau de l’ergonomie que le G10 séduit : tout tombe idéalement sous les doigts, il y a pléthore de touches de raccourcis et une molette supplémentaire permet de régler directement la correction de l’exposition.
Pour le reste, on ne change pas une équipe qui gagne et on reconduit les commandes du G9 : une molette crantée, un petit pavé à quatre directions, un bouton de validation des choix, la molette avec les différents modes (le PSAM Canon : automatique, programme, priorité ouverture, priorité vitesse, manuel, modes personnalisés). Pour celui qui veut avoir toute la main sur ses réglages, c’est parfait.
Et moi, ce que j’ai toujours adoré sur ces appareils, c’est la présence d’un viseur optique. Qui est moins complet que la visée sur l’écran (on y voit plein d’infos utiles), certes, mais s’il y a du soleil, il ne vous laisse pas tomber, lui ! Et si vous regardez bien, le viseur possède un correcteur dioptrique. Le luxe !
Ensuite, il y a ce sentiment de qualité quand vous prenez le boitier en mains pour la première fois : l’assemblage est irréprochable et donne ce (juste) sentiment d’un appareil solide. Il est d’ailleurs tout en métal.
Alors oui, il est encombrant, vous ne le glisserez pas dans une poche, plutôt un petit sac, mais quelle sensation !
Ah, un mot aussi sur les modes High Iso Auto, le décalage automatique des Iso, la détection des mouvements, qui aident réellement le photographe à corriger le flou dû à ses propres tremblements ou à ses mouvements intempestifs.
Ensuite, il y a encore le I-Contrast qui augmente la luminosité et permet de conserver des détails même s’il fait sombre.
Au niveau qualité des images, nous sommes chez Canon : elles sont très bonnes, même si au delà des 1600 Iso, le bruit numérique est présent.
Et les menus ? Dans la plus pure tradition Canon : irréprochables, facile à lire et à comprendre. Pour avoir eu les deux, je peux vous dire que c’est appréciable car avec le Sony RX100, il faut s’armer de patience.
Dernier tour du propriétaire, pour ne rien oublier. Comme cette griffe flash qui permet l’utilisation des flash Speedlite, le 580EX notamment.
Si le flash intégré est largement suffisant pour des portraits de nuit, p. ex., l’utilisation de flash Cobra augmente ses performances car on peut régler les flashs depuis le boitier (correction exposition, synchro lente, etc.).
Et ce que je ne vous ai pas montré, la batterie, une Li-Ion NB-7L de 1050mAh qui autorise environ 650 photos. Confortable.
Tout est-il parfait ? Honnêtement, si je le compare à mon Lumix GX9, il est à la traine mais nous ne sommes plus dans la même catégorie, ni à la même époque.
Mais il reste extrêmement attrayant et toujours dans le coup si vous avez besoin d’un appareil sur qui compter.
Il vous offre des fonctionnalités que nous ne retrouvons plus forcément sur les compacts experts du moment, comme débuter la sensibilité à 80 Asa (jusque 1600), comme cette possibilité de monter des compléments optiques pour obtenir simplement un ultra grand angle ou un téléobjectif (il faut appuyer sur le bouton sous l’objectif pour décrocher la bague métallique qui protège le pas de vis), la possibilité de modifier vos réglages sans passer par les menus, par exemple.
On peut lui reprocher sa taille, que son écran arrière ne soit pas orientable, ni tactile mais pas sa qualité de fabrication et la qualité de ses images.
Si vous cherchez un compact expert de qualité, aujourd’hui très abordable (moins de 100€), prenez-le, il ne vous décevra pas. Je vous souhaite de trouver aussi la petite sacoche à fixer à la ceinture, en cuir noir de très grande qualité, elle offre un vrai confort de port et d’utilisation.
Ce sera un merveilleux compagnon pour la street photography, par exemple, et dans les endroits « chauds », vous ne craindrez pas qu’on tente de vous le voler ni – au pire – de l’abîmer (même si ce serait dommage). Au fait, il est quasi silencieux si vous optez pour l’arrêt des bips confirmant la mise au point ou autres réglages.
La propriétaire précédente avait oublié quelques photos sur la carte mémoire, j’en ai choisi quelques unes
Voici le second appareil acheté sur la brocante du 25 septembre et ayant appartenu au même propriétaire, le premier étant le Topcon RE Super que je vous présentais sous peu.
Il a aussi pris des coups. Sans doute cette personne était-elle un professionnel, ou un amateur éclairé et … fortuné mais pas très soigneux.
Bref, ce second appareil est toujours un appareil pro ou semi-pro, le Nikon D 100.
Vous savez que je m’aventure rarement sur les terres de cette marque car j’en connais qui sont pires que les Corses si on dit du mal de leur chouchou (comme ça vous savez que je viens de me mettre à dos deux clans redoutables).
Blague à part, et j’adore la Corse, je n’ai jamais trop eu l’occasion d’utiliser du matériel Nikon parce que j’étais équipé en Canon. Et je pense, très sincèrement, que ce sont là de grandes marques qui ont présenté respectivement des appareils de très grande qualité.
Bon, je pose la brosse à reluire, et on l’étudie ce D 100 ?
De prime abord, et c’est pour ça que je me suis penché sur lui lors de cette brocante, il fait « sérieux », tout de noir vêtu, avec la bande rouge sur l’intérieur de la poignée. Un écran sur le dessus me fait penser qu’il est dans la catégorie supérieure. Une ergonomie bien pensée, les boutons sont là où il faut. Un peu une « tronche » de F100, un écran à l’arrière en plus.
Ah oui, « D » pour digital ! Ne soyons pas sectaire, certains appareils deviennent eux aussi des « ancêtres » car ils approchent des vingt ans (celui-ci date de 2002, une éternité) et une fois n’est pas coutume, c’est donc un « ancien » appareil digital que je vais passer à « mes petites étude subjectives … ».
« Merveille technologique de Nikon, le D100 arbore un design ergonomique compact et léger (environ 700g*), compatible avec le Système Nikon qui comprend : objectifs AF Nikkor, système de flashes étendu, logiciel Capture 4,… A l’intérieur, une multitude de fonctions élaborées vous assure précision, qualité et contrôle de la prise de vue. » dixit le site Nikon France au sujet de ce boitier.
En fait, il fut l’alternative grand public des appareils professionnels de la série D1.
Pourquoi sa « bouille » semblait-elle un peu familière ? Parce qu’il a hérité des commandes du F80, un bon argentique sorti en février 2000, à l’aube du numérique.
Pour ceux qui suivent la logique Nikon, il sera suivi d’un D70 – grand public – et D200 – pour semi-pro ou amateurs éclairés.
Il sera présenté le 21 février 2002 à la convention annuelle et salon professionnel de la Photo Marketing Association (PMA). A l’époque son concurrent direct était le Canon Eos D60. Cet appareil sera remplacé en 2005.
La comparaison d’époque du D100 contre l’Eos D60 (source : Digital Photography Review).Notez que le D100 semble plus haut mais c’est dû à la position de sa monture, plus haute que celle du Canon.
Son positionnement visait clairement le grand public mais en lui donnant l’impression d’acquérir un appareil « sérieux », d’où le « dress code » proche du F100 et un prix, à l’époque, conséquent.
Et ce fut un succès commercial !
Mais que proposait donc ce Nikon D100 ?
C’est un APS sauce maison (coefficient de 1,5), avec un capteur de 6,11 millions de pixels effectifs (6,31 Mp au total) avec une taille de 7,8 µm x 7,8 µm pour les photosites.
Ok, aujourd’hui ça fait sourire, mais à l’époque, c’était pas mal et la qualité de l’image était très bonne, les ingénieurs maisons ayant décidé que les acheteurs en auraient pour leur argent.
Le capteur est un Sony (si, si, déjà).
Pour illustrer ce nouveau capteur, Sony le comparait au capteur 1/1.8″ qui équipaient les appareils grand public de l’époque (source : Digital Photography Review).
Il proposait un format optique 1,8″ avec une diagonale de 28,4 mm (taille APS), au format image 3:2. Il était (en fait, il l’est toujours) équipé d’une grille dite de Bayer (filtre de couleur primaire GRGB en mosaïque).
Sa construction nécessite un obturateur mécanique (lecture des trames interlignes), qui fonctionne de 30s au 1/4000s, plus pause B, avec un retardateur programmable de 2s à 20s. La synchro au flash est au 1/180s pour les flashs SB-80DX/28DX/50DX ou le flash intégré.
Et puis j’arrête là les considérations techniques, très nombreuses (comme pour tous les appareils numériques) mais de toute manière complètement dépassées de nos jours.
Alors, que retenir de cet appareil ?
Il faut reconnaître que Nikon a cette capacité de produire des boitiers modernes qui ont toujours l’attrait d’un appareil photo entièrement manuel, comme « avant », quand on savait encore les maitriser.
Ce qui a l’époque était encore gage pour convaincre les acheteurs, encore tiraillés entre l’argentique qui finissait et le numérique qui entrait sur la pointe des pieds, mais inexorablement.
Si vous le comparez au Nikon D40 que j’ai eu l’occasion de vous présenter, et qui date de 2006, vous aurez l’impression d’avoir un « vieux » boitier en main avec le D100. A l’époque, ça rassurait.
A l’extrême gauche le F80 (2000), puis le D100 de 2002. A droite, le D40, quatre ans plus tard. La forme, l’ergonomie générale est tout à fait différente pour le second, plus proche des appareils numériques que nous connaissons.
Ergonomiquement, c’est un appareil qu’on a bien en main, la poignée y étant pour beaucoup, confortable et assez prononcée. Il est encore relativement léger (700gr quand même nu mais encore une fois, il faut se souvenir du poids des argentiques des années deux mille). On pouvait y ajouter une poignée, avec une batterie supplémentaire, un déclencheur à distance, un haut parleur et un micro, pas pour de la video mais pour utiliser l’appareil comme « mémo vocal ».
Petite particularité de l’époque, l’écran arrière, pas mauvais (et qui pouvait être protégé par un plastique fournit avec l’appareil) ne montrait la photo prise que si vous le demandiez, ou lorsque vous naviguiez dans les menus. Il n’y a pas de « prévisualisation » de 2secondes (p. ex.) immédiate.
En parlant d’écran, il y en a un second, sur le dessus. Celui-ci fournit des infos utiles pour maitriser l’exposition, la mise au point, le type d’entrainement, etc. et plus spécifiquement des informations typiquement « numériques » telles la balance des blancs, la taille de l’image, etc.). Pratique car on voit en une seule fois la configuration globale de l’appareil. Et en plus, il est rétroéclairé.
Autre point que les photographes qui faisaient le pas aimaient retrouver : le compteur d’images est toujours apparent.
Le viseur est assez confortable et suffisamment clair bien qu’il contienne pas mal d’informations. Tout d’abord, vous verrez le cercle de mesure pondérée central et les 5 marqueurs de la zone AF. Pour ceux que ça aide, vous pouvez demander l’affichage d’une grille. En dessous, la barre d’état, qui vous donne un aperçu des paramètres du boitier et de la prise de vue.
La batterie, située dans la poignée, est une EN-EL3 Lithium-Ion battery pack (7.4 V 1400 mAh; 10.4 Wh), qui devrait tenir environ un cycle de 1000 photos.
Si nous retournons l’appareil, près de l’écran arrière, un large volet, qui bouge un peu (l’âge peut-être) cache la trappe pour une carte mémoire CF.
Comme l’ancien propriétaire y a oublié quelques photos, je vous les livre ici pour que vous vous rendiez compte des capacités de l’engin.
Quelques particularités utiles : le flash pop-up qui aide bien même si ce c’est pas un foudre de guerre; la lampe d’assistance AF, qui se met en route automatiquement si la lumière est chiche, mais que vous pouvez paramétrer; la griffe flash n’accepte que les flashs propriétaires ou compatibles; la monture est une F et donc l’appareil peut accepter presque n’importe quel objectif à monture Nikkor F. Les fonctionnalités complètes de l’appareil photo ne sont disponibles que lorsque vous utilisez des objectifs à microprocesseur AF Nikkor de type G ou D.
Pour le reste des commandes, c’est – déjà – du classique : deux molettes sous le déclencheur, qui fonctionnent de concert avec le gros bouton situé à gauche.
« En haut de l’appareil photo, sur le côté gauche du viseur, se trouvent les molettes de mode/réglages et d’entraînement. Le cadran de mode est libre de se déplacer, le cadran d’entraînement est ‘verrouillé’, cela signifie que vous devez maintenir enfoncée la petite goupille de verrouillage pour déplacer ce cadran.
Pour modifier le mode de zone de mise au point, la taille/qualité d’image, la balance des blancs ou la sensibilité ISO, tournez la molette sur la position requise, puis utilisez les molettes de commande principale ou secondaire pour modifier le réglage », nous dit le mode d’emploi.
Les touches et boutons nous rappellent des choses que nous connaissons, même si elles ne sont plus tout à fait aux mêmes endroits.
Mais l’appareil reste agréable à prendre en mains, à déclencher, à manipuler (remarquez la réglette pour corriger la dioptrie, à côté du viseur)
Que devrions nous retenir de ce boitier ? Aussi étrange que cela paraisse, avec près de 20 ans de recul, cet appareil, comme le Canon Eos D60, a réellement lancé les grandes marques dans la course aux pixels.
Nikon produisait un boitier qui n’était plus lié à un dos numérique Kodak, un vrai boitier Nikon, petit, robuste, avec une excellente qualité d’image et tout ça à un prix qui incitait à acheter l’appareil.
Si de nos jours la fiche technique ferait sourire, à l’époque, elle s’écrivait au superlatif et offrait aux plus grands nombres un excellent appareil, fiable, rapide et bien équilibré.
Est-il toujours adapté à nos besoins ? Si vous avez juste assez avec un boitier pour faire de l’illustration rapide, destinée à l’Internet, sans aucun doute, oui. Je vous renvoie à mes réflexions à ce sujet sur le Nikon D40, lui aussi un 6,1 Mp, sorti quatre ans plus tard.
Ce que je trouve intéressant avec ce D100, c’est sa proximité physique avec ce qui existait encore en argentique. On a vraiment l’impression d’un analogique avec un écran. Pour le vintage, c’est tout bon.
Si vos besoins sont donc limités et que vous en croisez un autour des 20€, avec un objectif, prenez-le, il vous servira encore bien.
En me relisant, avant de publier cet article, je me rends compte in fine que c’est difficile de « parler » d’un appareil numérique de cette époque. Soit on tombe dans la longue litanie de ces caractéristiques techniques, de toute manière totalement dépassées, soit on en fait l’impasse (ce que j’ai choisi) pour s’attarder sur ce que cet appareil à apporté de nouveau à une pratique qui était en plein chamboulement.
Les années deux mille ont été la charnière entre le monde analogique et le monde numérique. Nous connaissons la fin de l’histoire.
Et donc, rencontrer physiquement un des témoins de cette époque, c’est interpellant et curieux : j’ai le sentiment de dire des choses que ce qui est devenu un quotidien et en même temps de devoir le faire à l’imparfait.
Là où se creuse la différence avec les appareils argentique que je vous décrit habituellement, c’est que j’ai vraiment l’impression de vous présenter un objet qu’on n’a plus envie d’utiliser. Autant les argentiques peuvent rester source d’étonnement, grâce à des solutions techniques particulières et innovantes, autant ici – à moins de s’extasier sur un point technologique qui ne veut déjà plus rien dire – il est délicat de trouver quelque chose qui retienne notre attention.
Ce sera, je le crains, le triste lot de nos appareils actuels. Quand j’éprouve du respect lorsque je glisse un film dans une machine qui a plus de 40 ans, avec un réflex numérique de 20ans, la première question qui me vient est « : pourvu que la pile ne soit pas HS » et que le format soir reconnu par mon Windows 10.
Petites videos d’illustration :
Les données techniques :
Cette liste est fournie par Nikon Europe
6,1 mégapixels effectifs pour des images de 3 008 x 2 000 pixels
Compact et léger (pèse environ 700 g)
Capteur CCD à faible bruit
Contrôle d’image matricielle numérique 3D pour un contrôle précis de l’exposition, une balance des blancs automatique adaptative et une précision des couleurs optimale
Flash intégré haute performance avec contrôle du flash D-TTL
Trois modes de couleur offerts pour différents environnements de flux de travail Autofocus à cinq zones avec opération AF dynamique
Traitement d’image à grande vitesse fourni par le nouveau système monopuce LSI
Vitesse d’obturation maximale de 1/4 000 s. et vitesse de synchronisation du flash jusqu’à 1/180 sec.
Interface USB 1.1 prête à l’emploi pour une connexion rapide à l’ordinateur
Les lignes de grille à la demande peuvent être affichées dans le viseur
Les paramètres personnalisés peuvent être sélectionnés sur l’écran LCD
Compatible avec les cartes CompactFlash® Type I et Type II dont 512 Mo / 1 Go IBM MicroDrive® Le logiciel Nikon View 5.1 (fourni) permet un transfert et une visualisation faciles des images sur votre ordinateur, ainsi qu’une manipulation et une conversion rudimentaires des fichiers RAW Logiciel Nikon Capture 3 en option pour une excellente gestion des images et un fonctionnement à distance
La batterie multifonction MB-D100 en option accepte six piles 1,5 V LR6 (alcalines de type AA) ou une ou deux batteries Li-Ion pour une capacité de prise de vue étendue.
Comprend une fonction d’enregistrement/lecture de mémos vocaux, un déclencheur vertical, des molettes de commande et de sous-commande, un bouton de démarrage AF et une borne à distance à 10 broches
Si vous vous en souvenez, il y a peu, je vous présentais l’Olympus Pen-EE, un chouette petit boitier avec la particularité de faire des demis-photos.
Soit, si vous avez mis un film de 36 vues, vous en ferez 72, 48 si c’est un film de 24 poses qui est dans la chambre.
Et ça me fait penser au commentaire d’Olivier qui disait, en substance, qu’à l’époque, les fabricants trouvaient ça peu intéressant car ils voyaient leurs ventes divisées par eux. Car la qualité des images restaient bonnes même en agrandissement. Je lui répondais qu’in fine, avec l’augmentation du prix des films et de la chime, ces appareils allaient avoir une seconde chance.
De fait, les appareils photo demi-format ont commencé à disparaître à partir des années 70 alors que les compacts plein format devenaient plus petits, mais la série PEN a survécu jusque dans les années 1980. C’est déjà un gage de qualité cette longévité contre les modes, qui passent et … repassent.
Comme dans la même brocante j’ai trouvé un second Pen, je vais vous le présenter.
Autant le premier était en parfait état, propre et dans sa boîte, autant celui-ci a dû bénéficier de mes soins attentifs, mais, comme le dit la pub, « il le valait bien » !
Alors c’est bien un Pen mais le PEN-EE-2, soit le successeur de celui que je vous ai proposé.
Pour mémoire, le premier Pen est apparu en 1959. En 1961, un Pen – EE prend la relève. Il sera produit jusqu’en 1967 et sera remplacé, début 1968, par le PEN EE-2.
Si la forme générale reste assez identique, quelques modifications importantes font leur apparition.
Etes-vous doué au jeux des 7 erreurs ?
Ce qui ne change pas, c’est l’excellent groupe optique, une focale fixe D. Zuiko de 28mm ouvrant à f 3,5, de 4 éléments en 3 groupes. C’est toujours l’équivalent d’un 40mm en 24×36.
Sachez que si vous avez de la chance, vous pourrez trouver des filtres à viser au diamètre particulier de l’Olympus Pen, le 43 et demi.
Les vitesses d’obturation restent à 1/40s et 1/200s et 1/40s avec connexion flash synchro X en mode d’exposition manuel.
Si la plage de vitesses semble banale, en fait elle a été déterminée pour obtenir une profondeur de champ maximale.
Dans une lumière ambiante ensoleillée, la vitesse d’obturation sera réglée sur 1/200s et la plage d’ouverture est régulée de f/22 à environ f/8. Lorsque la lumière est inférieure à celle-ci, l’appareil photo passe à l’exposition de 1/40s et l’ouverture de l’objectif est réglée de f/11 à sa plus grande ouverture. En empêchant l’ouverture d’être trop petite, on évite la diffraction et ses reflets parasites.
Avec lui vous serez net de 1,5m à l’infini et quasi toutes vos photos prises entre 3 et 5 seront nettes.
Reste que si vous arrivez en situation de « drapeau rouge », c.-à-d. lorsque l’obturateur est verrouillé car l’éclairage n’est pas suffisant, comme avec l’ancien modèle, vous pouvez essayer de vous en sortir en réglant l’objectif sur la plus grande ouverture pour le flash, ou en verrouillant l’exposition sur un autre point plus clair, en maintenant le déclencheur enfoncé à mi-course. Puis vous recadrez votre sujet. Ça, vous ne pouviez pas le faire avec son prédécesseur.
Au rayon des nouveautés toujours, la sensibilité monte maintenant de 25 à 400 Asa (contre 200 pour l’ainé).
Autre grande innovation, une griffe flash apparait maintenant sur le capot supérieur.
Et le dos de l’appareil est monté sur charnière, plus pratique que de devoir ôter tout le dos pour recharger. Attention, n’arrachez pas la manivelle de rembobinage pour l’ouvrir, il y a un petit loquet en bas, sur la tranche pour ce faire. Par contre, vous devrez la soulever pour y glisser la nouvelle bobine.
Ce qui ne se voit pas, c’est que les calculs d’expositions et le travail de la cellule ont été revu aussi.
Le viseur était bon, ils l’ont laissé tel quel.
Lorsqu’il est activé, le drapeau contextuel rouge de sous-exposition s’affiche en bas du viseur.
Oui, je sais, le drapeau devrait être rouge, mais le mode d’emploi de l’époque propose cette photo !
Ce nouveau Pen EE-2, produit de 1968 à 1977, est – finalement et à première vue – presque le même que le Pen – EE avec l’ajout d’un sabot.
Cependant, ce que l’on sait moins, c’est qu’il partage le même mécanisme d’exposition automatique que le Trip 35, LA référence de l’époque.
Il reste un petit appareil sympa et facile à utiliser, sans prise de tête.
Le compteur de vue, très clair, ne demande plus rien d’autre que de charger le film, armer une ou deux fois (appareil fermé) jusqu’à ce que le chiffre 1 soit pointé. Vous pouvez commencer à prendre vos photos. Si cela semble plus simple, il y a néanmoins un inconvénient à cette « nouveauté » : en effet, avec l’ancien Pen – EE, vous saviez le nombre de photos restantes; ici, il vous faudra une bonne mémoire car il n’y a pas le moindre mémo pour vous rappeler quel film vous lui avez fait avaler (même pas une plaquette mémo sur le dos) !
En relisant l’article du Pen – EE premier du nom pour préparer celui-ci, je ne suis aperçu que je n’avais pas beaucoup insisté sur le côté ludique de ces appareils.
Par contre, les Lomographistes ont bien compris tout l’intérêt de ses demis-photos, permises grâce à l’excellente construction de l’appareil et à l’avancement du film, qui reste très stable.
Pourquoi ludique ? Mais parce que grâce à sa faculté de « couper en deux » une image, vous pouvez la reconstruire selon votre envie de raconter.
Vous pouvez ainsi « reconstituer » un récit, en positionnant, par exemple, deux points de vue à la suite l’un de l’autre.
Si mes propos vous semblent obscurs, je vous invite à aller voir des exemples de photos prises avec cet appareil LA, ce sera plus clair et vous donnera sans doute l’envie de tester ses étonnantes possibilités.
D’autant que les films modernes sont mieux définis que ceux de l’époque et que le dégradation (granulation) due à l’agrandissement des vues est dès lors moins sensible. Ceci étant, l’excellent objectif du Pen EE-2 sauvera la plupart de vos clichés.
Juste s’habituer au fait que si vous gardez l’appareil en position « normale », votre photo sera au format « portrait » et que vous devrez le tenir verticalement pour être en « paysage ».
Si vous deviez choisir entre les deux, lequel privilégier ?
Difficile de répondre catégoriquement : autant le second a des avantages intéressants (sensibilité, vitesses, griffe flash), ils ne disqualifient pas le premier pour autant, qui garde sa bonne bouille et ses capacités propres. Il sera juste un peu moins « tout » terrain.
Moins couru que le Trip 35, qui n’offre pas les mêmes caractéristiques, ces petits appareils se trouvent encore assez facilement. Souvent en bon état (du costaud je vous disais), il faut quand même vérifier si la cellule n’est pas définitivement HS, ce qui limite son utilisation au 1/40s seul. Les mousses seront souvent à changer, mais c’est le plus facile.
En résumé, pour environ 40€ maximum pour un bel exemplaire, ne le laissez pas passer, vous allez découvrir le monde différemment avec lui.
Ah oui, un dernier conseil : achetez-lui un bouchon d’objectif ou mettez le dans une petite sacoche noire quand nous ne vous en servez pas, la cellule au sélénium vous remercia.
Quelques pubs d’époque :
Source : Collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1969. Notez qu’ils se trompent quand ils limitent la sensibilité du EE-2 au 200Asa. Ils sont encore sur « l’ancien » PEN et les vitesses décrites sont toutes erronées !
Disons le tout de suite, celui que je vais vous présenter est plus proche de l’épave que de l’appareil entièrement fonctionnel auquel je vous habitue généralement.
Pour avoir acheté deux appareils au même vendeur, je peux vous dire que l’ancien propriétaire de ceux-ci n’était pas soigneux de son matériel, loin de là.
Mais, passées ses considérations, le boitier en lui-même a retenu mon attention par des détails qui m’ont fait penser que j’étais là devant un cas intéressant.
Alors, on y va ? Je pressens des découvertes étonnantes …
La première est que cet appareil est considéré comme le premier reflex 35mm à offrir la mesure de la lumière à travers l’objectif, le fameux TTL (Through The Lens). Nous sommes en 1963 !
Mais qui est cette société Topcon qui a commis cette merveille ?
A l’origine, en 1932, elle s’appelait Tokyo Kogaku Kikai K.K., qui se traduit en anglais par Tokyo Optical Company, Ltd., en abrégé, Topcon.
Elle était la filiale de Hattori Tokei-ten qui avait une branche de fabrication de précision appelée Seikosha, qui sera elle-même connue plus tard sous le nom de Seiko. Tokyo Kogaku restera une dépendance de Seikosha jusqu’en 1947, date à laquelle elle deviendra indépendante.
Tokyo Kogaku a été à l’origine une entreprise d’optique qui était le seul fournisseur d’équipements optiques de l’armée impériale japonaise. Nippon Kogaku (qui deviendra ensuite Nikon) était le principal fournisseur d’optique de la marine japonaise, ce qui faisait des deux entreprises les principales sociétés d’optique japonaises avant la Seconde Guerre mondiale.
De par la proximité de leur parcours, elles suivront à peu près le même chemin et seront souvent concurrentes. Ainsi elles développeront des objectifs, des lunettes, des jumelles et d’autres équipements pour l’armée. Elles seront aussi fournisseur tiers pour d’autres entreprises, sans jamais commercialiser leurs produits directement au public.
Tokyo Kogaku fabriquait notamment des lentilles à trois ou quatre éléments connues sous les noms de State, Toko et Simlar.
Au sortir de la seconde guerre, ils se sont diversifiés vers des objectifs utilisant la monture Leica (LTM 39) et équiperont les appareils photo Leotax.
Si Nikon, en 1948, a produit un premier appareil télémétrique, le fameux Nikon S, qui a connu un énorme succès, la première tentative de Tokyo Kogaku fut moins réussie. En 1937, ils lançaient un télémètre moyen format de type folding (6×4,5) appelé Lord. Seulement 50 appareils seront fabriqués, la production étant interrompue par la guerre sino-japonaise. Mais il se raconte aussi qu’il n’était pas au point et peu fiable.
Leur seul autre appareil fabriqué avant la guerre était le Minion, un autre folding qui utilisait du film 127 (4×5), qui eut plus de succès car il fut fabriqué jusqu’en 1943 et quelques années encore après la fin de la seconde guerre mondiale.
Ce Minion évolua d’ailleurs en passant à la version 35mm (Minon 35) après la guerre et un nouvel appareil, un 6×6 appelé Topcoflex vint l’épauler. C’est aussi la première fois que les lettres TOPCO apparaissent, annonçant le futur TOPCON.
Les difficultés au sortir de la guerre ne facilitent pas les choses, l’usine devra même fermer un long moment avant d’être autorisée à produire du matériel civil.
C’est ainsi qu’au début des années cinquante, Tokyo Kogaku délaisse le marché des télémètres moyen format et 35mm. Il commence à plancher sur son propre appareil innovant, un reflex 35mm, qui sortira en 1957 sous le nom de Topcon R.
Bizarrerie de l’engin, sa monture à baïonnette qui est celle de l’Exakta, celle des Ihagee Exakta … allemands.
A l’époque, l’Exakta était considéré comme l’appareil préféré des professionnels. Il y avait une large gamme d’objectifs à monture Exakta déjà disponible. Ils ont joué la carte du positionnement vers le haut en proposant un appareil japonais qui utiliserait des objectifs allemands. Il ne faut pas oublier non plus que l’appareil de référence est le digne successeur du Kine Exakta, le tout premier reflex au monde.
Mais ce qu’il faut retenir, c’est que le Topcon R, apparu en 1957 donc, a été lancé deux ans avant le Nikon F et le Canonflex.
Le design de ce Topcon R est un subtil mélange du Zeiss Ikon Contax S (le corps) et du Miranda T (le prisme amovible). Il sera produit de 1957 à 1963 et exclusivement, la société ayant arrêté la production de tous ses autres modèles.
Après ce premier coup d’éclat, un second allait bouleverser le petit mode de la photo, c’est celui que je vous présente aujourd’hui, le Topcon RE Super (aussi appelé Beseler Topcon Super D lorsque vendu par l’importateur américain, la Charles Beseler Company aux USA).
Cet appareil – sans doute inspiré par l’histoire des Ihagee Exakta encore une fois – a été pensé pour les professionnels, avec un choix d’objectifs et d’accessoires (des viseurs, des verres de visée, des moteurs, des dos de grande capacité, etc.) venant le seconder, le compléter : une première idée des « systèmes » chers au matos réservé aux pro.
Il sera, pendant plusieurs années, le choix de l’US Navy et de l’Air Force (ceux-là se reconnaissent à la mention gravée sur la semelle). Il fallait du costaud, du résistant.
Opposé lors de tests soutenus par l’armée américaine au Nikon F, il lui sera préféré : » L’US Navy et l’Air Force ont conclu que le RE Super avait une construction plus solide et une meilleure ergonomie. Ils ont préféré le déclencheur avant et l’objectif standard 58 mm f / 1,4 de Topcon, affirmant qu’il était plus net que tout ce que Nippon Kogaku ou d’autres fabricants allemands proposaient à l’époque ».
Finalement, le Topcon RE Super restera régulièrement utilisé par l’armée jusque dans les années 1980, soit bien après l’arrêt de la production de l’appareil photo.
Car ce bel engin fut produit de 1963 à 1971, avec des évolutions de détails.
Et, surtout, il proposait pour la première fois la mesure d’exposition à travers l’objectif (TTL), à pleine ouverture de l’objectif. Il battait le Spotmatic de Pentax avec plus d’un an d’avance !
Je vais y revenir, un peu de patience. Je vais d’abord vous présenter l’engin.
Premier constat, il est grand, très grand ! Massif, taillé à la serpe et pourtant, agréable à prendre en mains (les grandes surtout).
Du métal, partout, ça se sent au poids : on dépasse le kilo avec un 50mm.
Revenons donc à cette mesure TTL. Pour obtenir une mesure de la lumière dans le corps de l’appareil, le miroir reflex possède un motif de lignes claires gravées qui permettent à 7% de la lumière de l’objectif de passer à travers la cellule au CdS.
Ce sont ces lignes gravées sur le miroir qui m’ont fait pré sentir que l’appareil aurait du potentiel, outre le travail d’ajustement des pièces, que je trouvais beau.
C’était tout à fait nouveau pour l’époque car les autres reflex à cellule nécessitaient un accessoire ou une cellule externe, comme pour son grand rival, le Nikon F qui avait besoin d’un viseur séparé avec une cellule autonome.
Mais commençons le tour du propriétaire car il y a beaucoup à écrire.
Un peu comme sur les Praktica, plus modernes cependant, le déclencheur est sur la face avant, avec un filetage si besoin d’y installer un déclencheur à distance. Si cela déroute un peu au début, on s’y fait assez vite car il est très doux (pas comme le Praktica) et le mouvement d’avant vers l’arrière semble presque naturel et suscite sans aucun doute moins de risque de bougé qu’en appuyant de haut en bas (déclencheur « classique »).
Juste en dessous, le déclencheur du retardateur.
Survolons la plaque supérieures, forcément grande, qui donne un aspect épuré à l’ensemble. Au milieu, le prisme, imposant – mais le viseur est aussi grand. A sa gauche, la manivelle de rembobinage qui est aussi le connecteur du flash avec une baïonnette unique. Spécial mais comment voulez-vous monter une griffe flash sur un viseur interchangeable ?
Ensuite, sur la droite, le sélecteur de vitesse, avec son cadran pour la sensibilité des films, exprimée en Din de 15 à 33 Din, soit de 25 à 1600 Asa). Puis le levier d’armement (manquant ici) et le compteur de vues.
C’est sans doute un petit détail, mais le fait de disposer d’un compteur de vue, quelque soit le viseur utilisé est une petite prouesse, dont était dépourvu son rival, le Nikon F.
Et tant qu’à regarder les détails, sur la gauche, près de la manivelle de rembobinage, vous apercevez une seconde petite fenêtre : celle-ci reflète l’affichage de l’aiguille du posemètre dans le viseur lorsque celui-ci est monté.
Revenons au viseur, escamotable, se déverrouille grâce au petit bouton situé à sa droite (il a été forcé sur mon exemplaire et il faut faire attention à ne pas faire glisser le viseur par inadvertance).
Plusieurs verres de visée étaient proposés, pour répondre aux besoins du plus grand nombre, selon l’utilisation de l’appareil. Le stignomètre est à coïncidence, à l’horizontale.
La vue à travers ce grand viseur est très lumineuse. Une petite fenêtre intégrée vous permet de voir la flèche se déplacer lorsque vous faites un réglage (ouverture, vitesse)
Allez, hop, un peu de muscu, on place l’engin à l’envers. Car les dessous sont aussi dignes d’intérêt.
Tout d’abord, le compartiment à pile, qui fait face dans une belle symétrie au compartiment du mécanisme d’entrainement car, rappelez-vous, des moteurs étaient prévus pour l’appareil. La pile est une unique PX 625 et elle ne sert qu’à alimenter le posemètre. Passer à une pile moderne ne cause semble-t-il pas de soucis à la cellule qui accepte parfaitement les « nouveaux » 1,5 v contre les 1,35v de l’ancienne pile au mercure. Mike Eckman, qui a fait l’expérience et vérifié la tenue de la cellule pense qu’il y aurait un « circuit de pont » qui stabilise la tension. Je lui fais confiance.
Et je vous avouerai que pour une fois, c’est un plaisir d’ouvrir et fermer cette trappe, et celle de protection du mécanisme moteur, notamment grâce à la structure en dents de son pourtour, qui permet aisément de bien la positionner juste avec les doigts, et la fente en sus permet de « bloquer » celle-ci avec une pièce de monnaie (ne jamais forcer bien évidemment).
Toujours à coté de la trappe à pile, un drôle de bouton strié avec, gravé à son côté, une flèche qui indique le sens de l’ouverture.
En fait, c’est le verrou pour ouvrir le dos de l’appareil, monté sur charnière. Il faut appuyer dessus avec le bout du doigt et tourner dans le sens indiqué par la flèche. Soit je ne suis pas doué, soit il y a une protection lorsqu’un film est encore dans la chambre (ce qui est le cas ici !), soit le mécanisme est bloqué.
Bref, à tester si je parviens à terminer le film. Vous apercevez aussi un seconde levier noté « on/off ». C’est l’interrupteur d’alimentation de la cellule, ce qui permet d’économiser les piles en cas de non utilisation prolongée.
Enfin, au milieu de la semelle, vous voyez la douille pour fixer un trépied, avec une plaque qui se prolonge vers l’avant. Celle-ci est destinée à empêcher l’appareil de basculer vers l’avant lorsqu’il est posé sur une table avec un objectif monté. Vous percevez le sens du détail ?
Puisqu’avec cette vue nous revoyons le bouton qui cache le mécanisme d’entrainement du boitier, sachez que le moteur permettait de tirer jusqu’à trois images/seconde.
Bon, on le remet à l’endroit (quand je pense qui en a qui paie pour faire de la muscu !) pour regarder attentivement la face avant.
Je reviens brièvement sur le déclencheur à enfoncer d’avant en arrière, qui surplombe le levier du retardateur. Le déclencheur est fileté. Notez le petit bouton qui permet de libérer l’action du retardateur.
Et puis il y a la partie platine de l’objectif et les objectifs (j’ai la chance d’en avoir acheté deux dans le lot).
Le Topcon utilise la baïonnette de l’Ekaxta et le mécanisme prévu pour libérer l’objectif. Il faut faire pivoter le loquet à droite vers le bas, puis tourner l’objectif dans le sens anti-horaire. C’est facile, rapide et sécurisant. Pour remonter la focale, juste la positionner « point rouge face à point rouge » et tourner dans le sens horaire. Elle se bloque d’elle même au terme du mouvement.
Rassurez-vous, avec d’infinies précautions, j’ai pu ôter le filtre visé sur le 35mm. C’est lui qui a pris tout le choc, l’objectif est intact
Une petite remarque, en passant, car trouver des objectifs Topcon n’est pas facile. Vous pourrez toujours monter les objectifs Exakta mais tous ne possèdent pas la petite came qui dégage le miroir.
Il me reste un dernier levier à vous montrer, qui achève de faire entrer l’appareil dans les « modernes » avant tous les autres de par la somme de tous ces petits raffinements jamais réunis jusqu’à présent sur un même boitier.
C’est le testeur de profondeur de champ. Lorsque vous le faites glisser vers le bas, la visée s’obscurcit et vous donne une idée de la profondeur de champ.
Je ne vous ai pas encore parlé des vitesses : de 1s au 1/1000s, plus pause B, c’est clairement un appareil destiné aux professionnels (à l’époque, on dépasse rarement le 1/500s). Son obturateur est en tissu, à déplacement horizontal. Du sérieux, quoi !
Petit résumé : cet appareil propose, dès 1963, la mesure de l’exposition à travers l’objectif et cette mesure se fait à la pleine ouverture. Les objectifs du RE disposent d’un « simulateur » d’ouverture (une petite came) qui transmet l’ouverture prédéfinie au posemètre à pleine ouverture, conservant une image lumineuse dans le viseur tout en déterminant l’exposition correcte (sans plus passer par la vieille méthode dite d’arrêt). Le posemètre est indépendant du viseur car la cellule est intégrée dans le miroir à retour rapide du boitier. Des fentes minuscules dans la surface du miroir laissent passer la lumière vers la cellule CdS placée juste derrière lui. Vu la répartition des lignes et la quantité de lumière qui passe – 7% – je pense que l’on peut parler de mesure évaluative.
Ce modèle aura, nous l’avons déjà écrit, une longue carrière et sera modifié quelques fois au cours de celle-ci :
en 1970, seconde version qui permet d’utiliser des films de 25 à 1600 Asa (c’est la version que je vous présente)
en 1971, troisième version qui propose la correction d’exposition pour les contre-jours
en 1972, il est possible de bloquer le miroir et petit lifting du levier d’armement.
Hélas, ce trop plein de bonnes idées semble, en une fois, avoir épuisé la créativité de l’entreprise.
Les modèles qui ont suivi, en 1972 et 1973 sont des resucées peu conséquentes du RE Super.
Ils n’ont pas su – ou pu – s’adapter aux changements, notamment celui des nouvelles technologies (l’électronique balbutiante allait faire des progrès immenses dans les années septante et quatre-vingt).
Leur monture Exakta était certes « flexible » et proposait des optiques de grandes qualité mais son diamètre étroit posait des soucis aux objectifs grands angles (vignetage en macro). Ils l’ont gardée.
Sans doute se sont-ils laissé porter par le succès immense de leur RE Super, qui avait surpris tout le mode est séduit de nombreux professionnels, qui se sont équipés en conséquence.
Et puis les appareils se sont allégés, sont devenus très portables, sont devenus très rapides. En un mot, le RE Super devenait « as been ».
Nikon, Canon, Minolta, Olympus, Pentax ont repris la main.
Un dernier sursaut, en 1977, verra – enfin – se moderniser le vieux RE et Topcon présentera un RE 200 et un RE 300, mais il était trop tard. D’autant que les critères de qualité qui avaient prévalus dans les belles années n’étaient plus à l’ordre du jour.
Après les année quatre-vingt, l’entreprise continuera à fabriquer des équipements d’optique, mais plus liés à la photographie. En 1989, changement de nom, ils deviennent K.K. Topcon (leur nom actuel) et ils s’orientent vers les soins oculaires et les systèmes GPS.
Mais revenons à ce Topcon RE Super.
Il n’est pas vraiment rare (un petit tour sur Ebay le confirme) mais assez que pour voir ses prix monter. Ce sont surtout les objectifs qui le sont.
Ils ont beau voir été prévus solides, il y a moyen de les abîmer, rarement des les rendre tout à fait hors service.
Celui que j’ai acheté fonctionne toujours bien qu’il ait souffert.
Maintenant, est-ce un appareil encore utilisable ?
Oui, au même titre qu’un Spotmatic, qu’un Nikon F, qu’un Miranda, p. ex. mais il est grand, lourd et passera rarement inaperçu.
Il n’est pas inélégant, juste un peu hors norme, pour notre époque. Mais n’oublions pas que des milliers de photographes professionnels l’ont utilisé, avec succès. C’est juste que les temps changent …
Si je trouve un levier d’armement compatible (plus pratique que la pince de mon couteau Suisse pour armer), j’essaierai peut-être de terminer le film qui est dedans.
Dites-vous tout de même, si vous en trouvez un, que le premier achat à faire est celui d’une bonne sangle, solide et confortable (j’ai dû jeter celle qui était sur mon exemplaire, ne gardant que les passants en cuir).
Vous aurez le plaisir, la sensation d’être un de ces professionnels de l’époque.
Finalement, j’ai bien fait d’acheter ce vieux boitier qui ne payait pas de mine. J’ai découvert grâce à lui un nouveau pan de l’histoire de ce qui nous passionne, la photographie ancienne.
C’est vrai que je devrais toujours écrire « les » Pentax LX car, finalement, j’ai la chance d’en posséder deux.
Je n’ai pas pu résister et j’ai mis une pellicule dans celui qui me semblait avoir le plus servi.
Comme je partais faire une sortie photo avec des amis photographes, je l’ai emporté avec moi.
Las, alors que j’avais changé la mousse du miroir et que jusque là il déclenchait parfaitement, patatra, le dit miroir fait ses caprices : il remonte mais en deux temps, celui du décollement et celui de la remontée un peu vive ensuite !
Perturbant et désorientant pour les premiers clichés car, surpris, j’ai bougé (et comme c’était le petit matin frais et brumeux, même avec le f1,4, la lumière était chiche).
J’ai donc dû le laisser dans le camping car, au chaud.
Je vais donc passer au second, avant d’entamer – si j’ose – la réparation dont je parlais dans le premier article consacré à ce bel appareil.
Ceci étant, j’ai osé demander à Jean, le vendeur, de me confier quelques photos que lui avaient faites avec ses appareils. Car c’était bien lui le photographe, sa charmante épouse, Michèle excelle dans les textes de leurs reportages.
Et il a eu la courtoisie de m’en confier quelques unes, ce dont je le remercie infiniment.
J’ai donc le plaisir de les partager avec vous (ces photos sont sous le copyright de Jean Meuris et ne peuvent être copiées sans son autorisation).
Quand je les ai vues pour la première fois, un autre nom m’est venu à l’esprit, celui de Steve McCurry. Un bel hommage à ce travail splendide.
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