Argentique

Le Petri 35E

Pour une fois, ce petit appareil n’était pas dans une caisse mais bien mis en valeur par son propriétaire, à côté d’un Praktica TL1000 qui fut le premier reflex de ce Monsieur, âgé, qui le vendait néanmoins lors de la Brocante annuelle d’Haine-St-Paul de ce 25 juillet 21.

Il est tout propre, dans son étui et je peux voir que le vendeur en a pris soin.

Bref, petite négociation, pour le plaisir, et j’emporte mon premier Petri.

Dimanche passé, j’avais déjà trouvé un Petri 7, pour lequel je m’étais arrêté sur un stand, mais le pauvre avait dû faire un fameux vol plané car non seulement il portait les stigmates de son atterrissage sur son capot mais, plus triste, le télémètre était complètement de travers.

Pourquoi m’étais-je arrêté pour cette marque ? Parce que je ne la connais pas et vous savez que je suis curieux …

D’ailleurs, pas facile de trouver des infos sur celle-ci, mais je vais essayer de résumer ce que j’ai pu glaner à son sujet.

Il semblerait que la société a été fondée en 1907 par Kuribayashi Yōji , fabriquant des trépieds et des boîtes noires, sous la marque Kuribayashi Seisakusho.

Leur premier appareil serait le Speed Reflex, sorti en 1912. Toutefois d’autre source cite une date de naissance en 1918 pour la fondation de la société et 1922 pour ce premier appareil. Pas facile de s’y retrouver d’autant que l’usine fut détruite lors de la seconde guerre mondiale, bombardée en 1945.

En 1930, changement de nom et la société s’appel désormais Gōshi-gaisha Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. De 1929 au seuil de la seconde guerre mondiale, elle fabrique de nombreux appareils photos appelés First, distribués par Minagawa Shōten .

Au sortir de cette guerre, en 1949, la société change de statut et devient la K.K. Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. Elle ne renouvelle pas sa collaboration avec Minagawa et doit dès lors chercher un nouveau nom pour ses appareils, la marque First appartenant in fine au distributeur.

Elle choisit finalement Karoron et Petri. Elle fabriquera des folding 4,5×6 sous ce snoms et un TLR en 6×6 appelé Petriflex.

En fait, son premier appareil 24×36 sort en 1954 (le Petri 35) et son premier reflex en 1959.

Nouveau changement de nom en 1956 puis en 1962 où elle devient la Petri Camera KK.

Et en 1968, elle sort le Petri Color 35, petit appareil très complet, qui serait inspiré du Rollei 35.

Fin de l’histoire en 1977, date de la faillite. Bien qu’elle ait été relancée sous le nom de Petri Kōgyō K.K, elle ne fabrique plus d’appareils photos mais des télescopes.

Pour rester dans la généalogie du Petri Color 35E, commençons par le Petri Color 35, sorti en 1968. C’est un petit appareil avec un viseur et un obturateur à lames. Tous les réglages se font avec trois molettes : une pour la mise au point, près du viseur, et les deux autres, sur le dessus du capot, pour régler la vitesse d’obturation et l’ouverture.

Outre une manivelle de rembobinage repliable, l’obturateur présente des vitesses de 1/15s à 1/250s plus pause B, tandis que les ouvertures de l’objectif vont de f2,8 à f22. La cellule est une CdS couplée et intégrée dans l’objectif, qui nécessite une pile PX675. La cellule est matérialisée dans le viseur par une aiguille.

Puis vint le Petri Color D, au design quasi identique sauf que le fenêtre du viseur est noire et qu’il y a la lettre D marquée sur le corps. Plus intéressant, l’obturateur monte au 1/300s. Quelques modèles portent les mots Color et D en rouge.

Enfin, en 1971, Petri introduit le Color 35E sur le marché. C’est une version simplifiée du Color 35. Ici plus d’aiguille pour la cellule car le 35E possède un programme d’exposition automatique sans aucun contrôle direct, sauf à modifier la vitesse du film. Il n’y a plus qu’un « drapeau rouge » qui apparaît dans la fenêtre du viseur en cas de sous exposition (sous 1/30s). Il utilise un mécanisme à poussoir pour étendre/rétracter l’objectif, un simple mécanisme de rotation de l’objectif pour faire la mise au point, et une manivelle de rembobinage classique.

Voilà, s’il est – relativement – facile de trouver des infos sur les Petri Color 35, en revanche, sur le Petri 35E, j’ai vraiment très peu d’infos à son sujet.

S’il garde le dos escamotable, par contre son objectif ne l’est plus, il est fixe.

Pour le reste, c’est un petit appareil tout automatique, classique des compacts de cette époque.

Il est vraiment petit, guère plus encombrant qu’un Rollei 35 si ce n’est l’objectif qui n’est pas « rentrant » comme nous l’avons écrit plus haut.

La cellule, une CdS est située sur le pourtour de l’objectif, un 40mm ouvrant à f2,8.

Les réglages sont réduits : la distances, la sensibilité de la cellule et … c’est tout ! L’appareil est un tout automatique.

Vous ne verrez rien des réglages choisi par le boitier dans le viseur, juste un « drapeau rouge » qui viendra se placer dans la fenêtre si la luminosité est trop faible (sous la vitesse de 1/.30s), à la manière des Olympus Trip.

Pour les distances, soit des pictogrammes soit des distances (en mètres et en pieds – feet) à régler sur le pourtour de l’objectif, sans renvoi dans le viseur. Ce n’est donc pas un télémétrique. Il y a bien un cadre, avec correction de la parallaxe dans le viseur, pour les photos « rapprochées » mais c’est tout. La distance minimale de mise au point est de 1m jusque l’infini

La sensibilité de la cellule est dans la moyenne des appareils de l’époque, de 25 à 500Iso. Sa position, sur le devant de l’objectif facilite l’utilisation éventuelle d’un filtre.

Les vitesses ne sont pas très larges, mais comme la plupart de ses concurrents de l’époque (je songe à l’Olympus Trip 35) : de 1/15 au 1/200s. Le flash se synchronise au 1/30s.

Ceci étant, vous le glisseriez dans une poche sans soucis, si ce n’était … son poids ! Parce qu’il n’y a quasi pas de plastique ici, que du bon métal, et ça se sent (390gr tout nu).

Ce n’est pas désagréable, mais sa densité étonne au premier abord. Et puis on se dit que ça le rend plus stable en mains, car il s’y glisse sans soucis.

Autre particularité due à sa taille, la pile qui est à l’intérieur de la chambre (tiens, tiens, comme le Rollei 35 !). Ce n’est pas gênant en soi, mais si elle vous lâche en cours de route, il faut terminer le film pour la remplacer. Notez que la pile (une LR 44 classique) ne sert qu’à alimenter la cellule et donc le boitier fonctionne toujours, même sans alimentation.

Encore une particularité, déjà évoquée brièvement : le dos qui s’escamote entièrement. Comme sur un Zorki 4k ou …un Rollei 35 (encore ?!). Comme l’assemblage est très bien fini, pas de soucis de fuite de lumière de ce côté là (on n’est pas chez Holga – de Lomography). C’est vrai que vu la taille de l’appareil, c’est finalement plus facile de remplacer le film comme ça.

L’objectif est un 40mm ouvrant à f2,8, ce qui n’est pas si mal même si nous sommes loin des f1,7 des Yashica Electro 35 ou Minolta Hi-Matic 11, voire du Canonet QL17 G3, d’un autre gabarit, il est vrai.

Voilà, je crois avoir fait le tour de ce petit appareil à la bouille sympathique mais aux infos un peu chiches.

Finalement, c’est un boitier rare mais donc les prix ne devraient pas dépasser 35€, en parfait état. Comparé au prix parfois délirant des Olympus Trip 35 déjà évoqué, si vous en trouvez un, prenez-le.

Quelques références : http://35mm-compact.com/minicompact/petri35e.htm, en français, https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Petri_cameras, en anglais, http://corect.net/pdf/PETRI_Petri35E.pdf en japonais

Argentique

Le Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit

Oui, oui, … oui, Oskar Barnak a révolutionné la photographie en imaginant, vers 1913, l’utilisation d’un film au format réduit, le 24×36.

Et oui, en inventant dans la foulée un appareil éminemment portable, compact, le Ur-Leica, il allait bouleverser la pratique photographique.

Encore oui, dès 1932, le Leica devenait télémétrique (Leica II) et ouvrait des perspectives encore plus intéressantes.

Toujours oui, de 1934 (Leica III) à 1954 (Leica M), le Leica fut copié ou – à tout le moins – il fut « l’inspirateur » de nombreux appareils très proches, surtout en URSS (Fed, Zorki, Mir) et au Japon (tous les grands noms), même s’il faut aussi reconnaître que d’initiales copies ont parfois dépassé le maître en introduisant des améliorations significatives que celui-là n’a intégrées que bien plus tard (une cellule TTL couplée, p. ex.) ou jamais, tel le dos sur charnière d’un Canon P, contemporain du Leica M3.

Oui… mais les constructeurs japonais ont aussi révolutionné l’utilisation du télémétrique en introduisant, vers 1960 le concept du télémétrique à objectif fixe, avec une focale proche de la vison humaine et du rapport idéal du format 24×36 (41.3mm de diagonale), le 40 ou 45 mm offrant des ouvertures rapides de f1,7 ou 1,8, voire 1,9.

Les Yashica Electro, Canonet et Minolta en ont été les maîtres incontesté, aussi en rendant la pratique beaucoup plus abordable au niveau prix et facilité d’utilisation (premiers appareils avec électronique embarquée).

D’accord, j’utilise des raccourcis de l’histoire et j’oublie certainement quelques modèles emblématiques au passage (les Voigtländer p. ex.), mais ce que je veux illustrer par mes propos c’est que l’industrie japonaise a permis un essor fantastique de la pratique photographique, en proposant des appareils robustes et d’excellente qualité mécanique et optique.

Il ne faut pas oublier non plus l’apport inestimable de l’industrie de l’URSS, qui a quand même produit le plus grand nombre de boitiers télémétriques au monde avec ses Zorki, Fed, Contax/Kiev, rendant la pratique encore plus accessible, avec des appareils qui ne déméritaient pas quoiqu’ils soient parfois plus frustres que leurs inspirateurs.

Je vous ai déjà présenté, dans cet esprit le Canonet QL17 GIII, le Yashica Electro 35 G, le Yashica Electro 35 GTN,, le Zorki 4K, les Fed. En cherchant bien, vous en trouverez encore plein d’autres sur le site, pour dénicher celui qui vous fera franchir le pas (n’ayez pas peur de parcourir la rubrique « télémétriques »).

Alors, venons en à notre beau Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit … quoique je vais encore faire quelques détours …

Vous le savez, Minolta fut prolifique en matière de boitiers, de tout style et de qualité, pas avare en innovations non plus. De fait, le nom « Hi-Matic » regroupe une longue série d’appareils dont le premier fut présenté en 1962.

Il a été le premier boitier Minolta à proposer l’exposition automatique et fut vendu sous son autre nom, Ansco Autoset, l’appareil qui accompagna John Glenn en 1962 autour de la Terre.

N’en déplaise aux esprit chagrins, il n’y eut pas que Hasselblad et Nikon à s’envoyer en l’air !

Ce premier Hi-Matic offrait un objectif 45mm f2 ou f2,8 avec un télémètre et un posemètre au sélénium intégré. La vitesse et l’ouverture étaient réglées automatiquement.

Puis, en 1963, Minolta proposait un Hi-Matic 7. Son objectif était plus lumineux (f1,8) et il avait une cellule CdS, plus précise que celle au sélénium, même si dès lors il fallait envisager une pile:.

Contrairement au premier Hi-Matic, le photographe avait la possibilité de régler l’exposition manuellement ou de rester en automatique.

Ensuite, en 1966, Minolta propose un Hi-Matic 7s et un Hi-Matic 9. Tous deux des versions encore améliorées du 7 devenu très populaire.

Par exemple, le 7s était équipé du système de mesure CLC (pour Contrast Light Compensator), c.-à-d. un système composé de deux cellules CdS connectées en série, pour offrir de meilleurs résultats dans les cas de conditions d’éclairage contrastés. Il optait aussi pour une griffe flash synchronisée (contact central).

Le Hi-Matic 9 était identique au 7s hormis son optique, un chouia plus lumineuse puisque ouvrant à f1,7, gagnait des vitesses de 1/2s et 1s en plus et optait pour le système de flash Easy-Flash destiné à simplifier la prise de vue avec cet accessoire.

Enfin venait le Hi-Matic 11 en 1969. Basé sur le 9, il gagnait l’automatisme avec une priorité à l’ouverture et l’affichage de la vitesse dans le viseur.

Pour en terminer avec la série, sachez que toujours en 1969, Minolta sortait un Hi-Matic C pour compact, équipé d’un objectif repliable de 40mm ouvrant à f2,7,qui perdait quelques vitesses mais surtout le télémètre. Il bénéficiait de l’exposition automatique avec priorité à l’ouverture et sa cellule était au CdS.

Cette année 1969 verra encore la sortie d’un Hi-Matic 5, en fait un C mais sans son optique escamotable.

En 1971, on reprend le C mais Minolta l’améliore en lui confiant une optique de 40mm ouvrant à f1,7, en remettant le télémètre en place et – surtout – il le dote du système électronique Electro Control identique à celui des Yashica Electro. Ce sera le Hi-Matic E.

S’ensuit une série d’appareils moins sophistiqués et bon marché, tels le Hi-Matic F (1972), le Hi-Matic G (1974 et le Hi-Matic G2 (1982). Ces appareils perdent le bénéfice du Electro Control (dès le modèle F) pour un système plus simple mais un peu moins performant.

Arrêtons-nous quand même sur le Hi-Matic 7s II, apparu en 1977 et qui sera considéré comme l’un des meilleurs de la série notamment par son objectif 40mm ouvrant à f1,7, son exposition automatique à priorité vitesse, sa commande manuelle, le tout dans un boitier toujours compact.

Le dernier Hi-Matic sera le GF, sorti en 1984, cette fois tout en plastique (fichues années quatre-vingt ! ), avec un objectif de 38mm ouvrant à f4, avec 3 ouvertures prédéfinies désignées par des pictogrammes pour soleil – nuageux – très nuageux. La mise au point était aussi simplifiée à l’extrême avec 4 positions allant de 1m à l’infini… Horreur et décadence !

En résumé, le Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit est donc un Hi-Matic 9 amélioré, qui était lui-même un Hi-Matic 7s amélioré … ça va, vous suivez toujours ?

Techniquement, il propose :

  • un objectif Rokkor de 45mm ouvrant à f1,7
  • 3 automatismes : tout auto (programmé) – priorité à la vitesse – automatisme au flash
  • disparition du contrôle manuel … sauf pour le flash
  • cadre collimaté avec correction automatique de la parallaxe
  • télémètre à coïncidence d’images
  • renvoi dans le viseur (jeu de miroir) du type d’automatisme choisi
  • mais pas d’indications en « mode programme » dans le viseur ( vitesse, ouverture ?)
  • obturateur Seiko avec des vitesses de 1s au 1/500s
  • obturateur mécanique
  • la pile ne sert qu’à alimenter la cellule et son calculateur
  • Le système CLC, deux cellules au CdS pour plus de précision

Si je devais le classer dans mon petit palmarès des beaux télémétriques à objectif fixe, il serait accompagné du Canonet QL 17 G III, du Yashica Electro 35 GTN, du Minolta Hi-Matic 7s II, du Yashica Electro 35 GX (un peu plus compact)

C’est vraiment un bel appareil. Vous ne pourrez pas le glisser dans une poche, à moins qu’elle fut grande et solide (il fait quand même 720 gr tout nu) mais il vous accompagnera partout avec une bonne sangle confortable.

Le manipuler procure un plaisir rare, celui de toucher un objet construit pour durer autre chose qu’un bref été. 52 ans après sa sortie, il fonctionne toujours impeccablement.

L’exemplaire que j’ai acquis était en outre accompagné de son « sac tout près » en cuir. Seule la pression pour le fermer à l’arrière est abîmée.

Son esthétique est équilibrée, son maniement facile : le déclencheur, un peu long, est très doux et silencieux; les autres commandes sont sur l’objectif, comme le retardateur, l’ouverture, la distance.

A ce sujet, si j’ai bien un regret, c’est que cet objectif, excellent au demeurant, ne porte pas une bague « rapide » pour le réglage des distances, comme sur le Yashica ou le Canonet. Notez qu’on peut y remédier facilement mais les ingénieurs auraient pu y porter plus d’attention.

Si vous regardez bien, le sigle CLC est sur le devant de l’objectif, à côté de la cellule, ce qui autorise la mise en place d’un filtre, dont il sera tenu compte lors de l’exposition.

Pour activer la cellule, une pile LR44, avec éventuellement un adaptateur, ou une WeinCell pour être au plus près de la tension d’origine (1,35v), mais comme le Yashica Electro 35, le calibrage de la cellule n’est pas affecté par une légère sur tension (heureusement, les piles au mercure n’existent plus). Pour vérifier la tension de la pile, il faut amener le repère, un petit carré sur la bague de vitesse, en face du mot « check » et regarder dans le viseur, l’aiguille de la cellule se mettra en face de la position flash. Le « négatif » de la pile se met sur le dessus, c.-à-d. face au bouchon à viser.

Le viseur est clair et les marques du cadre sont bien visibles. Le patch pour effectuer la coïncidence d’image un peu moins mais on y trouve rapidement ses marques. Et, en photo de rue, où il excelle, vous pouvez toujours utiliser le zone focus pour prédéterminer la zone de prise de vue.

Des photos en soirée ou par temps plus gris ne lui font pas peur, grâce à la belle ouverture proposée par le Rokkor.

Pas de soucis pour le charger non plus, il suffit de glisser l’amorce dans la large fente du tambour de la bobine réceptrice, en n’oubliant pas ensuite de noter la bonne sensibilité du film. Un témoin apparait pour indiquer si le film est bien accroché et chargé.

A noter que pour ouvrir le dos de l’appareil, ce qui traduit un peu son âge, comme les premiers Electro 35, c’est un loquet qu’il faut dégager et pas en tirant sur la bobine de rembobinage

La sensibilité du film se règle sur le fut de l’objectif, avec une sensibilité de 25 à 500 Asa, tout à fait dans la norme de ces époques où les films n’étaient pas encore très sensibles (il faudra attendre 1976 pour bénéficier d’un film couleur rapide – FUJICOLOR F-II 400 ISO – et 1984 pour atteindre le 1600Iso en couleur – toujours chez Fujifilm)

C’est un appareil qui fonctionne soit en tout automatique, si vous faites coïncider la marque AA sur l’objectif avec le repère, soit en semi-automatique si vous réglez la vitesse, auquel cas, il règle lui-même le diaphragme.

Pour le flash, vous devez mettre le repère sur le sigle flash et vous pouvez régler la puissance du flash en indiquant sur l’objectif la distance du sujet.

Bon, vous l’aurez compris, ce boitier m’a charmé et j’espère vous avoir donné l’envie de le découvrir aussi.

Ce n’est pas un appareil rare même s’il est peu courant. Vous devriez pouvoir le trouver aux alentours des 50€ en très bon état. Il est moins couru que le Canonet QL17 G III ou le Yashica Electro 35 GTN (qui atteignent des prix complètement dingues) et pourtant il offre peu ou prou les mêmes agréments.

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276289054.jpg
source : Collection-appareils, Flash 1971,

Petite video d’illustration

Le mode d’emploi est par LA

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_Hi-Matic_11,, https://thiscreativemidlife.com/minolta-hi-matic-11/,, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Hi-Matic_11 en anglais, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1629-Minolta_Hi-Matic%2011.html, http://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/telemetriques/minolta_Hi-matic_11.html en français

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Les plus beaux (et utilisables) télémétriques à objectifs interchangeables (toujours à mon humble avis)

Après le petit exercice d’hier sur les télémétriques à objectifs fixes, passons à ceux dont vous pouvez changer la focale.

Ce sera plus compliqué car je pense faire une distinction entre les « anciens » et les « modernes » (histoire de rester dans la tradition de la polémique).

Et donc, au rang des anciens, je place dans l’ordre de mes préférences :

Le Zorki 1C, copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Soyons de bon compte, le viseur n’est pas pratique, ni la manière de le charger, tout comme sur les Leica de l’époque et il faut utiliser le zone focus pour prérégler l’appareil avant la prise de vue. Mais, équipé d’un Industar 22 dit rentrant, vous pouvez – réellement – le mettre dans une poche. Et quand vous le sortez, effet garanti pour les passants attentifs, qui généralement entameront la conversation, au point d’oublier que vous les avez mis en boite. L’utilisation d’une cellule est recommandée, soit à main, soit à placer dans la griffe porte flash (mais c’est moins joli). Mais son avantage décisif, c’est son prix, souvent autour des 100€ avec l’objectif, soit de 4 à 5 fois moins cher qu’un Leica IIIf (pour retrouver l’agrément d’utilisation)

Le Fed 1G , l’autre copie du Leica 2. Je ne vais pas répéter ce que je viens d’écrire car si la marque change, le résultat est le même. Et comme pour le précédant, le prix modeste vous permettra, le cas échéant, de vous offrir une belle optique, soit rentrante pour garder l’avantage de la compacité, soit fixe.

Le Leica IIIf, dit « l’original », qui est une évolution du même Leica 2 qui a servi de base aux 2 premiers cités. Fondamentalement qu’a t’il de plus ? Une fabrication plus complexe et plus soignée, un peu plus d’onctuosité dans les commandes. Pour le reste, il est aussi peu pratique pour la visée ou le chargement du film et c’est l’objectif qui fera la différence pour le rendu de vos photos, comme pour les deux premiers. Ah oui, il y a le prestige Leica et sa réputation de solidité et de réparabilité, qui existe aussi, rassurez-vous, pour les appareils russes (ICI). Toujours est-il que le prix s’en ressent, comptez environ 400€ pour un boitier nu.

Ces appareils font partie de l’histoire de la photographie en 35mm, initiée rappelons-le par les inventions d’Oskar Barnak tout d’abord de l’utilisation différente d’un film destiné au cinéma et ensuite de son Leica, premier vrai appareil compact et ultra transportable, modulable ensuite.

S’en servir pour photographier aujourd’hui, c’est accepter quelques contraintes (visée, chargement, réglage des vitesses, cellule indépendante) mais c’est prendre le plaisir de découvrir comment faisaient « les anciens » pour obtenir de biens belles images. Je dirais que c’est presque un état d’esprit.

Voilà, j’en viens à mes « modernes » que je présente par préférence, pas par date de fabrication :

Le Zeiss Ikon ZM qui est pour moi LE télémétrique absolu. Il est beau, pratique, ergonomique, léger, facile à charger, précis (cellule et visée), en un mot : moderne ! Vous pouvez y monter toutes les optiques en monture M et celles de Voigtländer, si elles sont – un peu – plus abordables que les Zeiss Leica, sont aussi proches de l’excellence. Même son prix, je vous le concède conséquent – comptez 1900€ nu – est pourtant encore un avantage car un Leica 7, son seul concurrent, est au triple de sa valeur.

Le Leica M5, car il est le vilain petit canard de la famille et que j’aime bien ces gens là ! Blague à part, c’est un excellent appareil, le premier à avoir proposé une cellule TTL précise et des réglages extrêmement faciles et rapides. Sauf pour le charger, ce qui se fait toujours par la semelle même si Leica a – un peu – facilité la tâche du photographe pressé. Forcément en monture M, vous pouvez tout lui monter dessus, même des russes comme le Jupiter 3 f1,5, avec une bague d’adaptation (mais pas le Jupiter 12, un grand angle qui rentre très fort dans le boitier). Il se négocie autour des 1000€ nu.

Le Canon P, contemporain du Leica M3 et M2, il a – pour moi – le gros avantage d’avoir aussi un magnifique viseur, collimaté du 35 au 100mm et surtout il possède un dos sur charnière. C’est un magnifique télémétrique, très bien dessiné et solide, qui accepte tous les objectifs en Ltm 39 dont des objectifs Canon qui sont excellents et peuvent aussi atteindre des prix pharaoniques (le f1:0,95 est himalayen !). Le boitier seul se négocie autour des 200€n ce qui le rend très abordable, vu sa qualité.

Et dans la famille des « modernes », il y a les appareils russes qui ont évolués, se détachant de leur modèle initial pour proposer parfois des solutions innovantes, que Leica utilisera 10 ans plus tard (p. ex. une cellule embarquée)

Le Zorki 6, qui est très compact, donne une bonne sensation de solidité (tout métal) et qui autorise – enfin – de pouvoir changer les vitesses quand on veut (appareil armé ou non). Il simplifie aussi le chargement grâce à son dos sur charnière. Mais son argument massue, c’est son prix : moins de 80€ avec un objectif ! Et comme il est toujours en monture Ltm 39 (Leica visant), le parc optique est immense et adapté à toutes les bourses.

Le Fed 3b, dont les commandes sont d’une onctuosité rarement atteinte, le déclencheur très discret (un petit flop) et assez facile à charger (dos amovible). Ce n’est pas le plus sexy de la bande mais il reste « sortable » et comme ici aussi vous pouvez monter ce que vous voulez comme optique en Ltm 39, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas l’essayer. D’autant que son prix n’est surement pas un obstacle : comptez autour des 60€ avec un Industar 61. Comme pour le premier cité, n’oubliez pas votre cellule à main

Le Fed 4b, bon d’accord, il n’est pas beau mais 10 ans avant Leica, il nous sortait une cellule intégrée au boitier. Pas encore couplée, mais vous l’avez sous les yeux et vu ce qu’elle était chargée en sélénium, elle résiste au temps, pour autant que vous la couvriez ou utilisez le « sac tout prêt » en cuir généralement vendu avec l’appareil. Ses commandes sont très douces et il est discret … enfin, autant qu’une armoire normande puisse l’être ! Même son prix n’est pas une excuse : comptez environ 40€ pour un appareil fonctionnel avec un objectif 50mm.

Un outsider enfin, le Zorki 4 ou le Zorki 4K, qui fut sans doute le télémétrique le plus fabriqué au monde. Ce n’est pas le plus beau mais il bénéficie d’un beau viseur, clair, avec correction dioptrique, son levier d’armement, agréable et plus facile que de tourner un bouton (le Zorki 4), sa discrétion au déclenchement (un flop très doux). Pas trop onéreux (comptez 60€ avec objectif), il semble faire le lien entre l’ancienne génération de par sa forme et la nouvelle puisqu’il fut fabriqué jusque dans les années quatre-vingt.

Si vous voulez voir de quoi il est capable, je vous invite à découvrir ce site car le photographe utilise un Zorki 4 pour ses sorties de Street photography.

« Mais, me direz-vous, quel attrait pour l’utilisation de ces appareils où tout est manuel ? »

Mais celui de la différence, celui de la recherche esthétique (bon, ok par pour le Fed 4b, on est d’accord) et – surtout – celui du temps que l’on accepte de consacrer à sa passion, celle de faire des photos, pensées, réfléchies, voulues ou non pas prises à la sauvette comme je le vois si souvent avec les « dégaineurs » de smartphone ! Utiliser un télémétrique, c’est comprendre comment l’appareil devient le prolongement de votre regard, naturellement, car la visée peut se faire les deux yeux ouverts pour « capter » l’air du temps qui va précéder le moment où vous appuierez sur le déclencheur.

Un célèbre exemple est le travail de Henri Cartier-Bresson (HCB pour les intimes) qui humait l’endroit avant de figer l’instant désiré. Même s’il fut reporter et pas des moindres (co-fondateur de Magnum), il savait anticiper l’espace et le temps qui allait donner l’image, même dans les situations d’urgence.

Un dernier mot encore, peut-être : si ces appareils acceptent différentes optiques, généralement du 28 au 135mm, souvent vous vous contenterez de celle qui vous correspond le mieux. Ce peut être du 50mm (le plus proche de la vision humaine) ou du 35mm qui offre des plans plus larges ou qui vous oblige à aller au plus près du sujet. Cela fait partie de l’expérience télémétrique.

Je vous souhaite donc de belles découvertes.

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Les plus beaux télémétriques à objectifs fixes (à mon humble avis)

Si vous me suivez régulièrement, vous savez que j’ai beaucoup hésité entre des télémétriques à objectifs fixes et ceux à objectifs interchangeables … pour finalement (presque) toujours utiliser la même focale à savoir le 28 ou le 35mm parce qu’elles permettent de bien utiliser le zone focus en photo de rue.

Mais la distance focale, c’est une habitude à prendre, ou plutôt à trouver. Ainsi lorsque j’utilisais les Yashica Electro 35 ou le Canonet 17, je m’étais habitué au 40 – 45mm, finalement très proches de la vision humaine.

Et j’avoue que dans cette gamme d’appareils, vous aurez le choix et ils sont, pour la plupart, toujours fonctionnels sans trop d’interventions.

Voici le Top 3 de ceux que j’ai utilisé et apprécié :

Le Canonet QL 17 G III est un superbe appareil, sorti en 1972, surtout si vous arrivez à le trouver en livrée noire, à mon avis la plus belle mais aussi – sorry – la plus chère (comptez environ 200€). Pas de difficultés au niveau des piles, quoique si vous utilisez la LR44 à tout faire, il faut compenser en sous exposant un peu ou alors utiliser la WeinCell MRB 625 qui respecte le voltage initial. Juste vérifier l’état des mousses qui ont tendances à se laisser aller, mais l’intervention est super simple à faire. A part ça, un appareil facile à prendre en mains, avec un objectif de légende : un 40mm ouvrant à f1,7 qui permet de travailler même en début de soirée, à main levée. Déclencheur discret, assistance à la mise au point (le petit ergot sur le fut de l’objectif), un chargement de film simplifié (le QL pour quick load), un viseur clair et collimaté, une position automatique fiable … et vous voilà parti baguenauder dans la Ville

Le Yashica Electro 35 GTN, qui aurait mérité un exæquo avec le Canonet si je n’étais pas si attaché à cette marque. Et en plus, c’est avec un Yashica que j’ai ouvert ma découverte de ces magnifiques appareils : un Electro 35 GTN noir – comme il se doit ! Même dans cette couleur, il est plus abordable que le Canonet : comptez environ 150€ pour un bel exemplaire. Lui aussi est sorti au début des années septante. Sa particularité est d’avoir des contacts dorés à l’or fin, ce qui assure une meilleure longévité de ceux-ci est une meilleure connectivité. Un objectif fabuleux de 45mm ouvrant lui aussi à f1,7 pour vous offrir les mêmes fantaisies que le Canonet. Pour les piles, là aussi la sempiternelle LR44 fera l’affaire et l’appareil accepte mieux la sensible différence de voltage. Vérifiez les mousses aussi mais l’opération est toujours facile à faire. Certains auteurs font mention d’un souci avec un amortisseur en caoutchouc qui poserait problème. Honnêtement, et j’en ai eu plusieurs entre les mains, je n’ai jamais eu le moindre soucis à ce niveau là. Mêmes remarques que précédemment au niveau déclencheur, viseur, position automatique, … Un must lui aussi

Le Konica C35 automatic, lui aussi apparu en 1972. Il est un peu plus petit que les deux précédents et un peu simplifié mais pour le confort du photographe qui cherche justement un appareil facile et rapide à mettre en œuvre. Un magnifique objectif de 38mm ouvrant à f2,8, un automatisme qui fonctionne super bien (cellule précise), un déclencheur sensible et discret, une taille contenue, un chargement facile : il ne lui manque rien. Il existe aussi en noir, toujours plus cher mais, personnellement, pour celui -ci, je trouve que le bis-tons lui va bien. Comptez entre 80 et 100€ pour un bel exemplaire. Ici aussi, au niveau pile, la bonne vieille LR44 fait l’affaire. Vérifier les mousses (histoire connue) et prévoir un bouchon d’objectif car la cellule est toujours sur ON, ce qui décharge la pile. Un film dans la chambre et vous voilà parti bien équipé pour la Street.

Voilà, ça c’est mon trio de tête, mais il y a de beaux outsiders :

Le Canonet QL 19 G III, qui est exactement le même que le 17 si ce n’est son objectif qui ouvre à f1,9 (les numéros reprennent, vous l’avez compris, les focales). Généralement boudé au profit de son grand frère, il est pourtant tout aussi excellent. Si vous mettez un film rapide dedans, vous compenserez la différence d’ouverture en basse lumière. Il se trouve entre 50 et 100€. Une très belle affaire.

Le Yashica Electro 35 GSN, qui est exactement le même que le GTN si ce n’est que le second nommé est considéré comme Pro parce que livré d’office en noir ! Vous aurez donc le même objectif 45mm ouvrant à f1,7, le même mode programme, les mêmes sensations au déclenchement … mais vous devriez le payer autour des 50 à 60€. Une autre bonne affaire.

Le Minolta Hi-Matic 7s, malheureusement, j’ai possédé cet appareil avant de commencer à bâtir le site et je l’ai revendu pour acheter le Yashica dont question plus haut. C’est aussi un superbe appareil avec un objectif magnifique de 45mm ouvrant à f1,8, avec position automatique. Il est lui aussi sensible au voltage de la pile, il vaut mieux utiliser une WeinCell MRB 625. Je pouvais lui reprocher un objectif un peu moins maniable que les Canon ou Yashica et surtout un déclencheur avec une longue course, déroutante mais néanmoins très discret. Un très bel appareil aussi tout métallique. Il se négocie souvent autour des 60€ car moins recherché.

Argentique

Des Russes tout à fait utilisables et (encore) très abordables

Si vous êtes un peu habitué au site, vous aurez déjà – peut-être – lu quelques articles sur les appareils russes.

Petit résumé pour vous y retrouver :

Je ne prétends pas avoir fait le tour, il y en a encore bien d’autres. Je vous suggère, par exemple, un petit tour sur le site de Monsieur Sylvain Halgand (en français) et Soviets Cameras (en anglais)

Vous y découvrirez un vaste monde qui s’étend, grosso modo, des années trente aux années quatre-vingt.

Et un paradoxe : si les appareils russes sont, pour certains, des copies de Leica et Contax notamment, à un moment ou un autre, ils s’en sont écartés et ont tracé leur propre voie. Pas avec les mêmes moyens ni les mêmes technologies que les appareils allemands, ou japonais (autres grands concurrents) mais ce sont eux qui ont produit le plus grand nombre d’appareils télémétriques au monde, rendant cette pratique abordable pour de très nombreuses personnes dont les budgets n’étaient pas illimités.

Je l’ai souvent écris mais un appareil photo n’est jamais qu’une boite noire destinée à recueillir les faisceaux lumineux qui écriront votre photo. Certaines sont sophistiquées, d’autres moins, mais le résultat reste le même : si les rayons lumineux ont bien été guidés, notamment à travers un objectif de qualité, ils arriveront en bon état sur la pellicule et votre photo sera la meilleure possible, tenant compte des réglages effectués, de votre créativité, de vos envies de suivre, ou pas, les « règles » de la photographie.

En ce sens, les appareils russes sont exemplaires car ils vous permettent d’utiliser les meilleurs objectifs possibles car ils sont (hormis les Kiev en monture Contax) à la norme dite Ltm 39, soit Leica visant. Vous aurez donc l’embarras du choix, chez Zeiss, chez Voigtländer, chez Leica, chez Jupiter, chez Industar, chez Canon (et j’en oublie sans doute)…

Ceci étant, si vous voulez découvrir les prémices de l’argentique, vous vous tournerez peut-être vers un Zorki 1c, un Fed 2, un Zorki 4 ou 4K, un Fed 1g.

Ces appareils ont beaucoup de charme mais ils ne sont pas les plus faciles à utiliser même s’ils n’ont rien de rédhibitoire, c’est une question de patience pour les apprivoiser.

Les appareils plus récents comme le Zorki 6, le Fed 3b, le Fed 4b seront peut-être plus simples de prime abord.

Si vous n’avez pas lu les articles dont je vous notais les références en début d’article, je résume :

  • le Fed 4b possède déjà une cellule, non couplée mais fonctionnelle. C’est une bonne aide pour s’initier à l’argentique
  • Le Zorki 6 a deux petits avantages, même s’il n’a pas de cellule : le dos est monté sur charnière (plus facile pour mettre le film) et vous ne devez plus réfléchir à armer l’appareil avant de modifier les vitesses

Vous pouvez vous baser sur ces quelques explications pour partir à la découverte mais rien ne vous empêche, à travers vos lectures des sites mis en référence, d’essayer d’autres modèles. Je n’ai voulu que vous donner des pistes de réflexion, des trucs et astuces pour trouver celui qui partagera vos déambulations photographiques.

Enfin, les prix de ces appareils sont encore contenus sur les différents sites de vente (Ebay mais aussi le site russe Meshok – prévoir un traducteur !). Ce qui vous permettra de choisir une bonne optique pour accompagner votre appareil.

Prenons un exemple simple : un Fed 4b se négocie autour de 60€ avec un Industar 61. Si vous cherchez un Leica M5 (lui aussi avec cellule – couplée ici), vous tournerez autour des 1200€ boitier nu !

Y a pas photos, comme on dit … et tous les appareils russes peuvent aussi être réparés et réglés. Un site incontournable à cet effet : Oleg Photocameras.

A vous de faire vos propres explorations et bon amusement.

Argentique

Première sortie avec le Canon P

Dans mon sac Peak Design Everiday Sling 5l (ouf !) j’ai mis côte à côte le Leica M3 et le Canon P, avec 2 cellules à main (ben oui, j’ai chargé 2 types de pellicules de sensibiltiés différentes, celles que j’avais sous la main, confinement oblige).

Et je ne reviendrai pas sur la facilité du chargement de la pellicule dans le Canon P par rapport au Leica … quoique !

Comme il reste encore un peu de place, j’y ai glissé aussi le Fuji X20 : tout l’univers télémétrique est réuni.

Les balades étant réduites à leur plus simple expression, je vais quand même tenter de finir les films, en attendant de pouvoir les porter au labo.

Bref, je vais pouvoir utiliser les 2 grands rivaux et vous faire part de mes observations, très subjectives.

Tout d’abord, au niveau prise en main, comme je l’avais déjà signalé, c’est kifkif : les deux sont agréables et tout tombe naturellement sous les doigts. Le réglage de l’objectif du Canon est un régal, avec sa petite barre latérale qui aide à la vitesse de mise au point, tandis que le Jupiter 3 demande un peu plus d’attention.

Pour ce qui est du « bruit », les 2 se valent : un clic assourdi pour le Leica, la même chose en plus métallique pour le Canon, et le réarmement se fait dans un silence presque parfait (à peine un petit « rrrrr… » au moment d’armer, et deux fois pour le Leica M3 avec son armement en 2 coups). Ceci étant, vu le peu de personnes présentes, ce n’était vraiment pas un soucis, j’aurais pu armer un Canon A35F sans que quiconque ne le remarque !

Le patch du Leica est un peu plus lumineux mais celui du Canon ne démérite pas, et quand il y a beaucoup de lumière, c’est même confortable qu’il soit un peu assombri.

Au niveau de la visée, le Leica est très clair (hélas sans le cadre pour le 35mm) et on sait visualiser un cadre éventuellement différent avec le petit levier sur la gauche, qui simule la visée avec le 90 ou le 135 mm. Pour le Canon, il faut bien coller son œil au viseur pour bien voir le cadre en 35mm (sans que ce soit vraiment contraignant, sauf peut-être avec des lunettes ?) mais en 50 et 100 mm, pas de soucis, les cadres étant gravés dans le verre. Cela semble juste un peu moins « aérien » qu’avec le Leica mais sans être désagréable ni difficile.

Si je devais ergoter un peu (c’est – vraiment – pour le plaisir), je regrette que le levier d’armement du Leica soit si proche de la griffe flash. En effet, si celui-ci n’est pas un peu dégagé (mode rapide), j’accroche systématiquement la griffe. Ensuite, le retardateur est trop sensible car à chaque fois que je prends l’appareil, je l’accroche et j’entends le petit bruit de minuterie se mettre en route une fraction de seconde.

Très honnêtement, il sera quasi impossible de départager ces deux là, sauf pour des questions d’esthétique ou … de mode ! En effet, le Leica aura toujours plus de cote à la revente, mais sera aussi près de 8 fois plus cher qu’un Canon P à l’achat. De quoi vous permettre d’investir dans de beaux cailloux car, finalement, ce sont eux qui feront la différence au bout du compte. Le Canon P accepte toutes les optiques en standard LTM 39.

En résumé, voilà deux beaux challengers à avoir dans son sac (enfin, au moins un des deux, restons raisonnables) pour arpenter les rues et se faire plaisir avec des appareils qui ont plus de 60 ans maintenant et qui fonctionnent toujours parfaitement.

Voilà, personnellement, je vais garder le Canon P. Soyons de bons comptes, le Leica est tout aussi bon, mais vous le savez maintenant, même si je ne suis pas collectionneur, j’essaie de garder une certaine cohérence dans les appareils que j’utilise et je reste – tant que faire se peut – fidèle à une marque qui ne m’a – jusqu’à présent – jamais déçu.

Argentique

Le Leica M3, mythe ou réalité ?

Ben oui, dans la vie, faut parfois prendre des risques, alors je m’attaque au mythe du Leica M3 !

Si vous avez lu les articles précédents, concernant le petit comparatif des télémétriques que je vous propose, j’ai finalement eu en mains quelques beaux exemples de ces appareils réputés : du Zorki Ic au Canon P, en passant par le Leica IIIf, un Kiev 4AM et un Zorki 4K.

Mais me direz-vous, ce sont soit des Leica, soit des copies ! Oui, et non (mes lecteurs normands vont être ravis) car oui, Oskar Barnak a inventé un appareil compact en 1913 (le Ur-Leica) mais le premier télémétrique fut le Kodak Autographic Spécial (1916), et non, car dans les années ’30, Leica, Contax, Zeiss ont développés leurs propres modèles, qui ont inspiré d’autres constructeurs (Foca p. ex. en France) et suscité quelques copies, dont des appareils russes, mais aussi japonais (Nikon, Canon, Minolta,…).

Donc tous n’ont pas copié Leica mais beaucoup s’en sont inspirés, avec parfois des avancées que Leica a lui-même intégrées … après.

Ça, c’était avant 1953 car à cette date, Leica a présenté le M3. Qu’avait-il de plus ? Tout d’abord, il a inauguré une nouvelle monture, pour remplacer le vissage de l’objectif sur l’appareil, ce qui était plus rapide pour changer de focale et plus sûr (pas de risque de dévissage, même partiel, qui fausse la mise au point). La fameuse monture M était née. Autre avantage de celle-ci, elle améliore la précision du télémètre avec une correction automatique de la parallaxe. Ensuite, adoption d’un levier d’armement qui assure l’armement de l’obturateur et l’avancement du film, avec le déclencheur dans le prolongement de ce levier. Et, surtout, adoption d’un bloc viseur télémètre aux images confondues, qui supprime les deux « viseurs » des anciens modèles. Grâce à cette prouesse technique, l’image est claire et lumineuse, avec un cadre collimaté avec correction automatique de la parallaxe. Trois cadres sont disponibles, qui couvrent les champs des objectifs 50 – 90 et 135mm.

Oui mais, dès 1951, Zorki présentait le Zorki 3 M qui, s’il utilisait toujours la monture à vis, proposait déjà dans une seule et même fenêtre le viseur et le télémètre ! Ok, il n’était pas collimaté mais le principe était déjà là. Mais c’est une autre histoire …

D’autres améliorations sont à relever, comme la présence d’une « porte » au dos de l’appareil, qui permet de mieux insérer le film et celle-ci est munie d’un presse-film; le compteur de vue est interne et se remet à zéro lorsqu’on enlève la bobine réceptrice; le barillet des vitesses reprend toutes les vitesses (rapides et lentes ensembles, enfin !) et il ne tourne plus lors de l’armement et du déclenchement (on peut changer les vitesses avant ou après avoir armé).

Un bel appareil, en plus, esthétiquement, aux lignes assez intemporelles; mélange Art Déco, du streamline et de l’influence du Bauhaus.

Il connu bien sûr quelques modifications pendant sa carrières, et une descendance, mais le principal était là, dès le début. Il fut fabriqué de 1954 à 1966, à 226 178 exemplaires.

Cet appareil a reçu le meilleur accueil chez les plus grands photographes et il a ouvert une longue lignée de M. Quelques images et photographes célèbres, pour mémoire, que vous pourrez retrouver facilement sur la toile : la photo de Che Guevara d’Alberto Diaz Gutiérrez, dit Korda- 1960 (prise avec un M2, le petit frère du M3); le dernier concert des Beatles par Jim Marshall – 1966; une fleur contre des fusils de Marc Riboud (prise avec un M4, le successeur du M3) – 1967.

De nombreux photographes de Magnum ont utilisé le M3 et son petit frère, le M2.

Pourtant ses jours étaient comptés car un nouveau venu pointait le bout de son nez ; le reflex, dont le fameux Nikon F (1959) puis le Canon F-1 (1971) et ils allaient le remplacer sur la plupart des fronts de guerre.

Cependant, le M3 a gardé de nombreux adeptes, tant en reportage qu’en photo familiale, et en photo de rue, où il excelle par sa discrétion (taille et silence de fonctionnement).

Utiliser un Leica M3, et les M argentique en général, c’est une démarche, au delà de l’aspect snob que d’aucun attache à la possession de ces appareils. Il faut avouer que Leica est cher, très cher (et toutes les raisons données n’enlèvent pas les zéros à ajouter au premier chiffre !). Il faut souvent se résoudre à se tourner vers l’occasion, ce que j’ai fait, vous me connaissez maintenant. Les bonnes occasions existent toujours, même s’il est parfois nécessaire de mettre la main à la pâte.

Les premières photos du M3 que j’ai acheté montraient des signes évidents de pertes importantes dans la vulcanite (le revêtement granuleux en caoutchouc cuit). Un petit coup sur le côté (près du compteur de vue), ce dont j’avais été averti lors de l’achat (les vendeurs allemands, comme les Japonais, sont d’une extrême correction, en général), mais il était précisé que l’appareil fonctionnait parfaitement (visée, vitesses, soit le principal somme toute). Quelques recherches sur le Net pour voir comment faire, une bonne adresse pour les nouveaux recouvrements (http://www.aki-asahi.com/store/, c’est un incontournable, pour les mousses aussi) et me voilà recevant (en une semaine) le « covering » du Japon.

De grandes feuilles de papier sur la table, quelques lames de scalpel pour faire sauter les morceaux et racler les restes de colle, puis des cotons tige avec de l’acétone pour dissoudre toute la colle restante et bien dégraisser le métal. Enfin, avec précaution, pose du nouveau cuir, d’un beau Navy Blue Crinkled Emboss, en cuir de vachette. Il est comme neuf et, je pense, discrètement personnalisé. Ça m’a pris moins de deux heures, sans me presser. Faisable, non ?

Ceci étant, résumons-nous :

  • le Leica M3 a créé une rupture dans la lignée des télémétriques de la marque, introduisant des innovations qui le rendaient bien plus facile d’utilisation
  • c’est un bel appareil, fidèle aux principes du Bauhaus (la ligne épouse la fonction)
  • c’est un appareil solide, construit pour durer (et toujours réparable) même s’il n’est pas indestructible
  • c’est un appareil discret (bruit, taille) à défaut d’être léger (logique, il est tout en métal)

MAIS

  • les années ’60 ont sonné le glas de la plupart des télémétriques, supplantés par le reflex, plus polyvalent et souple d’utilisation
  • le Leica M3 s’est réfugié dans des niches photographiques, même s’il n’a pas tout à fait déserté les différents fronts de l’époque
  • sa qualité de fabrication – et celle de ses successeurs (même s’il y eu des ratés) – a créé une aura qui autorise la marque à pratiquer des prix … costauds !
  • et – encore plus paradoxal – un « club » d’inconditionnels s’est constitué autour de cette légende de qualité, qui acceptent ces prix exhaustifs, créant une sorte d’élite photographique
  • au delà des ces « esthètes » de la marque, il est intéressant de découvrir le mythe et de s’y frotter, en connaissant ses limites (usage des focales limitées, manipulations qui demandent un peu de connaissances en photographie à l’ancienne) et le coût que cela représente, mais qui reste comme un investissement (le prix de revente est quasi toujours garanti).

Ma conclusion, toute personnelle, enfin : j’ai pris beaucoup de plaisir à manipuler cet appareil, à lui rendre un aspect discrètement plus moderne, mais je n’aurai aucun remord à le revendre car je trouve le Leica M5 plus adapté à ma pratique photographique.

Pour terminer, ne changeons pas nos bonnes habitudes, quelques références pour les curieux : http://www.posephoto.net/2013/09/lhistoire-de-leica.html ou http://summilux.net/materiel/Leica-M3, http://www.posephoto.net/2013/09/lhistoire-de-leica.html

Argentique

Leica III f, un peu d’histoire …

Bon, je résume la légende : en 1913, Oskar Barnak (1879 – 1936), ingénieur chez Leitz et photographe, eut l’excellente idée d’adapter le film utilisé par le cinéma pour la photographie. Ce film, qui défilait verticalement, il le mit à l’horizontale et il définit le format 24×36 que nous connaissons aujourd’hui.

Ce génial inventeur souffrait d’asthme et il rêvait d’appareil portable car, à l’époque, les chambres étaient reines. Ces engins, fabriqués en bois et nécessitant l’utilisation d’un trépied, étaient lourds, encombrants et malcommodes.

Il eut donc une seconde idée géniale, celle de concevoir un appareil tout petit, éminemment portable et utilisant la nouvelle pellicule en 24×36. Il créa ainsi le premier Leica, appelé Ur-Leica. Il n’y en eut que 3, qui servaient à son usage personnel et celui de Ernst Leitz (le patron de l’entreprise où il travaillait, rappelez-vous) et au développement de son idée de « petit film » facile à charger et à développer, ainsi qu’au développement d’objectif pour cet appareil (ben oui, Leitz était une fabrique d’optique tout de même).

La facilité de chargement était aussi un argument important. A l’époque, les Brownie de Kodak nécessitaient d’être renvoyé en usine pour charger/décharger les films qu’ils contenaient. Avec la cartouche contenant le film, inventé par Barnack, le photographe s’affranchissait de cette étape. Il pouvait charger ses pellicules lui-même (au mètre), ou acheter des cartouches toutes faites, les mettre dans son appareil et les retirer une fois le film exposé, sans intermédiaire.

Quand j’écris que c’était plus facile … vous prenez la cartouche à droite, vous tirez environ 10 cm de film, vous recoupez la bande amorce comme indiqué sur le dessin, vous glissez la languette dans la fente de la bobine réceptrice (à gauche), vous réintroduisez simultanément les deux dans l’appareil, en faisant glisser le film dans la fente en bas de l’image, vous « clipsez » la bobine et la cartouche, armez une fois pour vérifier que le film est bien inséré (le bouton de rembobinage doit tourner), refermez la plaquette et sa clé de sécurité, armez encore 2 fois pour être certain, remettez le compteur de vue à zéro, et c’est parti … en fait, avec un peu d’habitude, c’est assez rapide… bien plus que les semaine d’attente pour que votre Brownie ne revienne de chez Kodak

Bref, il fallut encore attendre 10 ans avant de voir cet appareil commercialisé, la guerre de 14-18 était entretemps passée par là.

Le premier Leica fut le Leica I ou encore appelé Leica A et il sortait en 1925. Oskar Barnak avait eu le temps de perfectionner son premier jet et donc ce Leica I possédait un objectif fixe mais rentrant (gain de place), deux rideaux pour l’obturateur (ce qui permettait d’armer l’appareil sans devoir masquer l’objectif), un compteur de vue manuel et un viseur (pas encore télémétrique).

Evidemment, après le Leica I vint le Leica II. Nous sommes en 1932 et cet appareil contient tout ce qui fera la réputation et les « standards » de l’appareil dit télémétrique. En effet, c’est cet appareil qui introduit le principe du télémètre couplé et les objectifs interchangeables au pas de vis 39, notamment.

Ensuite, en 1933, Leitz présenta le nouveau Leica, le Leica III. Si la forme restait la même, le télémètre avait encore évolué, on pouvait dorénavant porter le Leica avec des lanières (introduction des œillets de portage), le viseur était équipé d’une correction dioptrique. Bien sûr cet appareil connu des améliorations mais la silhouette restait la même et ce fut un succès commercial. Les plus grands photographes de reportage ont utilisés cette fabuleuse machine.

La photo appelée « mort d’un milicien » de Robert Capa (1936), la photo « Le drapeau rouge sur le Reichstag » d’Evgueni Khaldei (1945) – à ce sujet, la photo fut bien prise avec un vrai Leica et non une copie russe ! , « Supports de générateurs hydroélectriques, chez Siemens-Schuckert », de Paul Wolff (1936), les photos de la guerre d’Espagne de Greta Taro (compagne de Robert Capa), les premières photos d’Henri Cartier-Breson (1930), les photos d’Elliott Erwitt dont la célèbre North Carolina-USA (montrant la ségrégation raciale aux USA), David Douglas Duncan, célèbre photographe de guerre américain, …. et tant d’autres ont démontré que cet appareil était, à l’époque, une des meilleurs au monde et surtout le plus passe-partout et solide, quelque soit le terrain des opérations.

Le Leica IIIf fut le dernier représentant des Leica à vis (objectifs à viser) … depuis 15 ans, un nouvel appareil était en gestation …

1954 créa une rupture et ouvrait une nouvelle légende : le Leica M3 apparut sur le marché … mais c’est une autre histoire que je vous raconterai quand je vous présenterai l’appareil.

Heu… pour être tout à fait complet, le système à vis eut un dernier sursaut, le Leica IIIg, produit après la sortie du M3, mais seulement quelques années, de 1957 à 1960. Etait ce pour satisfaire les irréductibles fervents du Leica de la (première) légende ?

Le Leica IIIf qui nous préoccupe fut produit de 1950 à 1957. D’abord présenté sans retardateur (comme le mien, qui date de 1951), il intégra ensuite cet accessoire.

Personnellement, je trouve que c’est un très bel appareil, qui fait la synthèse entre les plus anciens et qui propose déjà des solutions plus modernes, comme les deux viseurs très rapprochés, qui évitent – presque – la gymnastique d’aller de l’un à l’autre

Il délivre des images de très haute qualité provenant d’un appareil photo petit et léger. Heu, ça dépend quand même aussi des optiques montées dessus: pour ma part, j’ai installé un Jupiter 3 de 1955 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5) . De nos jours, le Leica IIIf est l’un des moyens les moins coûteux d’accéder au système Leica. Et, surtout, il a l’air si décalé et si ancien que personne ne vous en voudra d’être pris en photo avec ça !

Par contre, l’action, la prise de vue rapide, c’est pas sa tasse de thé – en tout cas pour nous qui redécouvrons cet appareil qui fut quand même de reportage (voir paragraphe ci plus haut). Le Leica IIIf se règle avant la prise de vue : il faut armer l’appareil, vérifier avec une cellule à main (ou la règle du « sunny 16 ») l’ouverture, régler la vitesse en fonction, cadrer, vérifier avec le télémètre, recadrer et … déclencher ! Ouf … Quoique cela puisse être, finalement, un avantage : vous pensez à la photo que vous allez saisir, vous réfléchissez aux réglages pour lesquels vous optez, vous examinez votre cadre avant de déclencher … Toute une philosophie en somme … Quoique les photographes de reportage de l’époque s’en accommodaient fort bien, question de pratique.

De fait, il est vraiment petit, surtout avec un objectif rentrant (comme le Zorki 1c que je vous ai présenté il y a peu). Il est en tout cas moins grand que le M3 qui lui succède. Il est léger : tout nu, il pèse 432gr (contre 592 pour le M3) et avec un Jupiter 3, il fait 582 gr sur la balance. Enfin, il est silencieux, juste un clic un peu sourd.

Comparaison de tailles : derrière à gauche, le Leica M3 et à son côté, le Leica M5; devant, le Zorki Ic et le Leica IIIf

Une bien belle machine à faire des photos et à rêver …

Ceci étant, la qualité de fabrication, qui est bien réelle, à son revers : à moins d’être un excellent bricoleur, patient, méticuleux, il est difficile de démonter un Leica IIIf, ne fut-ce que pour nettoyer le télémètre qui, avec les années, peut devenir un peu moins lumineux. Vous verrez quelques tutos à ce sujet sur la grand toile. Par comparaison, démonter un Zorki Ic est (presque) un jeu d’enfant et bien plus facile. Et pourtant, le Zorki Ic ne démérite pas au niveau qualité de fabrication. Pour la petite histoire, le SAV de Leica peut encore vous assurer l’entretien et quelques réparations sur ces vieux appareils. Costaud je vous disais …

Comparatif entre le Zorki Ic (à gauche) et le Leica III f (à droite)

Je vais attendre un peu avant de vous présenter les sensations de prise de vue et les photos captées avec cet appareil, les circonstances actuelles (confinement) ne me permettent pas de déposer le film dans mon labo habituel ni de sortir bien loin.

Comme souvent, je vous mets en lien quelques sites de références : https://www.kenrockwell.com/leica/screw-mount/iiif.htm en anglais et http://www.summilux.net/avis/LeicaIIIf.html , http://www.vieilalbum.com/Archiv04FR.htm. en français

Argentique

Première sortie avec le Leica M5

Une sortie en ville qui s’apparente à déambuler dans un monde post apocalypse … vraiment étrange … tout ça à cause d’un petit virus au nom bizarre …

Bref, le ciel était laiteux, il ne faisait pas franchement froid, juste un peu humide sur la ville de Mons, avec son marché dominical. Qui ressemblait à un triste désert, avec des scènes irréalistes de (très) rares chalands faisant la file en respectant les distances, en ligne ou en quinconce … jamais je n’ai pu photographier la Ville avec autant de latitude ! Rendez-vous compte, la Grand’ Place vide, le Marché aux Herbes désert !

Que dire sur le Leica M5 ? Il fait son poids le bougre (937 gr exactement avec son objectif, sa pile et un film en 36 pauses) il n’est pas très facile à porter car c’est un modèle de 1973 avec 2 lugs (je traduis : 2 attaches) sur un seul côté, le gauche, qui devrait le faire porter à la verticale. A l’époque, les ingénieurs de Leica trouvaient ça ergonomique … peut-être mais comme je ne possède pas la lanière ad hoc, je le porte à la main, ou dans mon sling (entendez, mon sac bandoulière). Notez qu’à partir de 1975, ces mêmes ingénieurs ont replacé un troisième lug (attache) sur le côté droit (vous donnant ainsi le choix du portage)

Ceci étant, il est plus volumineux qu’un M3, que le Canon P, ou le Leica IIIf et le Zorki 1c, mais pas désagréable en main : je le sens bien et les « commandes » tombent naturellement sous les doigts.

à titre de comparaison : derrière, de gauche à droite Kiev 4AM, Leica M5; au milieu, le Leica M3; devant, de gauche à droite Canon P, Zorki I et Leica IIIf

En fait de commandes, pas besoin ici de lire 590 pages d’explications indigestes : vous avez réglé la sensibilité ISO (ou ASA), vous réglez l’ouverture, vérifiez dans le viseur ce que dit la cellule et adaptez la vitesse en fonction (ou l’inverse). Simple, rapide, efficace !

Heu … le mode d’emploi fait 36 pages et vous avez compris comment tout fonctionne.

J’ai équipé mon M5 d’un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7, très clair et facile à régler. Avec le grand « patch » du télémètre, c’est un régal, même si j’ai commandé des « black focus wrench » (je traduis : des bouts de caoutchouc à coller pour mieux sentir la bague de distances).

J’avais envisagé de l’équiper de mon Jupiter 12 mais de par la conception de la cellule – en fait un bras articulé qui porte la cellule et se place devant le rideau juste avant le déclenchement – ce n’est pas possible car c’est un objectif qui « rentre » profondément dans le corps de l’appareil et donc qui empêcherait le bras de se déployer, risquant de l’endommager. Quelques autres objectifs aux mêmes particularités ne peuvent être de ce fait montés sur le M5.

le Voigtländer est peut-être moins prestigieux qu’un objectif Leitz mais il est abordable

De fait, comme le M5 est le premier Leica équipé d’une mesure de l’exposition à travers l’objectif (TTL), il n’y a pas d’appendice disgracieux sur le capot (comme les M3), qui sont des télémètres non couplés. Vous devez armer l’appareil pour que la cellule soit opérationnelle (ça économise la pile), puis, lorsque vous visez, une aiguille sur la barre inférieure du verre de visée vous indique où vous devez faire coïncider une autre aiguille, qui bouge avec le sélecteur de vitesse. Vous voyez ainsi apparaître, lors de votre composition, la vitesse sélectionnée, que vous pouvez modifier soit avec le diaphragme, soit la vitesse. Facile, rapide et précis, le sélecteur de vitesse étant un poil plus large que le capot, ce qui vous permet de le faire tourner du bout de l’index sans avoir à quitter de l’œil votre composition.

Ensuite, au niveau discrétion, lorsque vous déclenchez, c’est juste un petit « clic » à peine audible, tout comme lorsque vous réarmez. Vous ne dérangerez personne avec cet appareil même lors d’un discours ou d’un concert. Honnêtement, j’avais toujours été septique quand au silence de fonctionnement des Leica, mais avec celui-ci, c’est un fait avéré.

Bon, il y a quand même un truc agaçant avec cet appareil : le chargement du film ! Il faut ôter la semelle, ouvrir la petite porte au dos, engager la cartouche de film avec une longueur d’amorce d’environ 10cm tirée, amorce que vous devez faire glisser entre les lamelles de la bobine réceptrice, fixe. Je manque sans doute de pratique, mais j’avoue que j’ai un peu galéré avant d’y arriver correctement.

L’avantage de cet assemblage étrange (semelle, porte) est d’assurer une très bonne étanchéité à la lumière une fois le tout refermé.

Résultat ? Ben disons dans … – on ne sait pas vu le confinement prévu jusqu’au 19/04/20 – mais le temps de déposer le film au labo et de le recevoir, développé et scanné en haute résolution sur un CD.

Sinon, première impression : très bonne, vraiment. L’appareil fait son poids mais il est tout à fait portable, même si je cherche une lanière pour avoir plus facile. Il est agréable à prendre en main (juste une petite remarque : j’accroche sans cesse le bouton du retardateur) et facile à régler. Silencieux comme dit plus haut. Restera à voir la qualité des photos délivrées.

Franchement, si je n’ai aucun scrupules à revendre le Leica M3, je sais que je garderai ce M5 : il a été mon premier Leica et surtout, il est très agréable à utiliser.

Mal aimé par les puristes de la marque, il mérite pourtant le détour, ne fut-ce parce qu’il a déjà une cellule, précise, intégrée et que, hormis les 2 attaches bizarrement placées sur le côté, il est très agréable à manipuler. Son poids le rend très stable.

Franchement, un bon achat à prévoir, d’autant que les prix ne s’envolent pas encore sur le grand site de vente, sur lequel vous en trouverez pas mal en excellent état. Attention toutefois, il n’en fut pas produit des centaines de millier (96.999 exactement).

Pour des infos techniques plus complètes, je vous suggère http://www.summilux.net/materiel/Leica-M5 en français, ou http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T37/2129.pdf et https://www.japancamerahunter.com/2012/04/the-leica-m5-the-lost-leica/ en anglais

Argentique

Canon P

Le Canon P est un appareil télémétrique, mis sur le marché en 1958 et ce jusqu’en 1961.

P pour Populaire, car Canon voulait produire un appareil télémétrique simplifié à moindre coût. Et ce fut un succès commercial avec la vente de 87875 exemplaires.

Ses plus :

  • monture visante LTM 39 mm
  • télémètre combiné à une correction automatique de la parallaxe avec des cadres pour les focales 35, 50 et 100 mm
  • armement par levier, obturateur à rideaux en acier donnant de la seconde au 1/1000s, synchro X et M au 1/25s
  • dos à charnière
  • manivelle de rembobinage intégrée dans le capot

Contemporain des Leica M2 et M3, il est sans conteste très moderne avec son dos à charnière, son levier de rembobinage, sa sécurité contre l’ouverture accidentelle du dos, son levier d’armement rapide.

Par comparaison :

  • les Leica M3 n’avaient pas de cadre pour le 35 mm (le 50, le 90 et le 135 mm étaient seuls affichés. Les Leica M2 – contemporains du Canon P (1958) – eux, en étaient pourvus mais le compteur de vues était manuel.
  • Tous les deux étaient à chargement par la semelle, certes simplifié depuis les Leica I à III, puisqu’il y a une « trappe » qui permet de bien positionner le film, et la bobine réceptrice est amovible. Tandis que le Canon a un dos monté sur charnières et une bobine réceptrice fixe.
  • Les Leica possèdent depuis toujours des rideaux en toile caoutchoutée qui assure une belle discrétion lors du déclenchement, qui nécessitent tôt ou tard un réglage (pour les retendre). Le Canon a un obturateur en lamelles métalliques, qui donnent un bruit un peu plus « sec » sans être plus bruyant. Les lamelles sont extrêmement fines et doivent faire l’objet d’attention pour ne pas les froisser complètement (à vérifier lors de l’achat de ce type d’appareil) – mon exemplaire est légèrement atteint et cela ne porte pas conséquence sur les photos.
  • Point de vue esthétique, c’est affaire du goût de chacun mais, perso, je les trouve chacun très beaux : d’inspiration Bauhaus et streamline, les Leica sont assez intemporels; le Canon est plus carré mais ses formes tendues sont très modernes pour l’époque et il y a aussi une grande recherche du détail (voir la manivelle de rembobinage).
  • Au niveau optique, les cailloux de chez Leitz sont magnifiques mais ceux de chez Canon ne déméritent pas (certains sont aussi inabordables que ceux du confrère allemand !).
  • Le Leica M3 inaugurait une nouvelle monture, plus facile et plus sécurisée pour les objectifs (baïonnette) alors que le Canon restait fidèle à l’ancien standard Ltm 39, qui assurait un parc optique immense (pour l’époque) sans nécessiter une bague d’adaptation, mais le principe du vissage était moins rapide et plus délicat (l’objectif pouvait ne pas être bien visé et donc fixé, ou alors trop serré et difficile à enlever)

Comme je l’écrivais, la qualité des optiques Canon de l’époque en font des objectifs recherchés et parfois à des prix … stratosphériques (surtout le 50 mm f1:1,2 ou le fameux f1:0,95 !).

Ici pas de plastique, que du bon métal. L’appareil n’est donc pas léger mais il tombe bien en main, très bien équilibré et si vous avez la chance de trouver un objectif dit rapide (comme celui illustré ici), c’est un régal pour les réglages.

Je rêvais d’un beau télémétrique et j’en ai trouvé un chez Canon.

Je vous encourage à lire l’article consacré au Leica M3 (Première sortie avec le Leica M3) pour y découvrir le comparatif que je propose avec le Canon P … qui reste un « maître achat » pour découvrir la photographie télémétrique avec un appareil de qualité. Tout comme je vous encourage à lire l’article intitulé « première sortie avec le Canon P« .

Pour des infos plus techniques, comme d’habitude, je vous recommande http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10534-Canon_P.html, en français, ou en anglais https://www.casualphotophile.com/2017/08/11/canon-p-camera-review/