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Le Petri 35E

Pour une fois, ce petit appareil n’était pas dans une caisse mais bien mis en valeur par son propriétaire, à côté d’un Praktica TL1000 qui fut le premier reflex de ce Monsieur, âgé, qui le vendait néanmoins lors de la Brocante annuelle d’Haine-St-Paul de ce 25 juillet 21.

Il est tout propre, dans son étui et je peux voir que le vendeur en a pris soin.

Bref, petite négociation, pour le plaisir, et j’emporte mon premier Petri.

Dimanche passé, j’avais déjà trouvé un Petri 7, pour lequel je m’étais arrêté sur un stand, mais le pauvre avait dû faire un fameux vol plané car non seulement il portait les stigmates de son atterrissage sur son capot mais, plus triste, le télémètre était complètement de travers.

Pourquoi m’étais-je arrêté pour cette marque ? Parce que je ne la connais pas et vous savez que je suis curieux …

D’ailleurs, pas facile de trouver des infos sur celle-ci, mais je vais essayer de résumer ce que j’ai pu glaner à son sujet.

Il semblerait que la société a été fondée en 1907 par Kuribayashi Yōji , fabriquant des trépieds et des boîtes noires, sous la marque Kuribayashi Seisakusho.

Leur premier appareil serait le Speed Reflex, sorti en 1912. Toutefois d’autre source cite une date de naissance en 1918 pour la fondation de la société et 1922 pour ce premier appareil. Pas facile de s’y retrouver d’autant que l’usine fut détruite lors de la seconde guerre mondiale, bombardée en 1945.

En 1930, changement de nom et la société s’appel désormais Gōshi-gaisha Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. De 1929 au seuil de la seconde guerre mondiale, elle fabrique de nombreux appareils photos appelés First, distribués par Minagawa Shōten .

Au sortir de cette guerre, en 1949, la société change de statut et devient la K.K. Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. Elle ne renouvelle pas sa collaboration avec Minagawa et doit dès lors chercher un nouveau nom pour ses appareils, la marque First appartenant in fine au distributeur.

Elle choisit finalement Karoron et Petri. Elle fabriquera des folding 4,5×6 sous ce snoms et un TLR en 6×6 appelé Petriflex.

En fait, son premier appareil 24×36 sort en 1954 (le Petri 35) et son premier reflex en 1959.

Nouveau changement de nom en 1956 puis en 1962 où elle devient la Petri Camera KK.

Et en 1968, elle sort le Petri Color 35, petit appareil très complet, qui serait inspiré du Rollei 35.

Fin de l’histoire en 1977, date de la faillite. Bien qu’elle ait été relancée sous le nom de Petri Kōgyō K.K, elle ne fabrique plus d’appareils photos mais des télescopes.

Pour rester dans la généalogie du Petri Color 35E, commençons par le Petri Color 35, sorti en 1968. C’est un petit appareil avec un viseur et un obturateur à lames. Tous les réglages se font avec trois molettes : une pour la mise au point, près du viseur, et les deux autres, sur le dessus du capot, pour régler la vitesse d’obturation et l’ouverture.

Outre une manivelle de rembobinage repliable, l’obturateur présente des vitesses de 1/15s à 1/250s plus pause B, tandis que les ouvertures de l’objectif vont de f2,8 à f22. La cellule est une CdS couplée et intégrée dans l’objectif, qui nécessite une pile PX675. La cellule est matérialisée dans le viseur par une aiguille.

Puis vint le Petri Color D, au design quasi identique sauf que le fenêtre du viseur est noire et qu’il y a la lettre D marquée sur le corps. Plus intéressant, l’obturateur monte au 1/300s. Quelques modèles portent les mots Color et D en rouge.

Enfin, en 1971, Petri introduit le Color 35E sur le marché. C’est une version simplifiée du Color 35. Ici plus d’aiguille pour la cellule car le 35E possède un programme d’exposition automatique sans aucun contrôle direct, sauf à modifier la vitesse du film. Il n’y a plus qu’un « drapeau rouge » qui apparaît dans la fenêtre du viseur en cas de sous exposition (sous 1/30s). Il utilise un mécanisme à poussoir pour étendre/rétracter l’objectif, un simple mécanisme de rotation de l’objectif pour faire la mise au point, et une manivelle de rembobinage classique.

Voilà, s’il est – relativement – facile de trouver des infos sur les Petri Color 35, en revanche, sur le Petri 35E, j’ai vraiment très peu d’infos à son sujet.

S’il garde le dos escamotable, par contre son objectif ne l’est plus, il est fixe.

Pour le reste, c’est un petit appareil tout automatique, classique des compacts de cette époque.

Il est vraiment petit, guère plus encombrant qu’un Rollei 35 si ce n’est l’objectif qui n’est pas « rentrant » comme nous l’avons écrit plus haut.

La cellule, une CdS est située sur le pourtour de l’objectif, un 40mm ouvrant à f2,8.

Les réglages sont réduits : la distances, la sensibilité de la cellule et … c’est tout ! L’appareil est un tout automatique.

Vous ne verrez rien des réglages choisi par le boitier dans le viseur, juste un « drapeau rouge » qui viendra se placer dans la fenêtre si la luminosité est trop faible (sous la vitesse de 1/.30s), à la manière des Olympus Trip.

Pour les distances, soit des pictogrammes soit des distances (en mètres et en pieds – feet) à régler sur le pourtour de l’objectif, sans renvoi dans le viseur. Ce n’est donc pas un télémétrique. Il y a bien un cadre, avec correction de la parallaxe dans le viseur, pour les photos « rapprochées » mais c’est tout. La distance minimale de mise au point est de 1m jusque l’infini

La sensibilité de la cellule est dans la moyenne des appareils de l’époque, de 25 à 500Iso. Sa position, sur le devant de l’objectif facilite l’utilisation éventuelle d’un filtre.

Les vitesses ne sont pas très larges, mais comme la plupart de ses concurrents de l’époque (je songe à l’Olympus Trip 35) : de 1/15 au 1/200s. Le flash se synchronise au 1/30s.

Ceci étant, vous le glisseriez dans une poche sans soucis, si ce n’était … son poids ! Parce qu’il n’y a quasi pas de plastique ici, que du bon métal, et ça se sent (390gr tout nu).

Ce n’est pas désagréable, mais sa densité étonne au premier abord. Et puis on se dit que ça le rend plus stable en mains, car il s’y glisse sans soucis.

Autre particularité due à sa taille, la pile qui est à l’intérieur de la chambre (tiens, tiens, comme le Rollei 35 !). Ce n’est pas gênant en soi, mais si elle vous lâche en cours de route, il faut terminer le film pour la remplacer. Notez que la pile (une LR 44 classique) ne sert qu’à alimenter la cellule et donc le boitier fonctionne toujours, même sans alimentation.

Encore une particularité, déjà évoquée brièvement : le dos qui s’escamote entièrement. Comme sur un Zorki 4k ou …un Rollei 35 (encore ?!). Comme l’assemblage est très bien fini, pas de soucis de fuite de lumière de ce côté là (on n’est pas chez Holga – de Lomography). C’est vrai que vu la taille de l’appareil, c’est finalement plus facile de remplacer le film comme ça.

L’objectif est un 40mm ouvrant à f2,8, ce qui n’est pas si mal même si nous sommes loin des f1,7 des Yashica Electro 35 ou Minolta Hi-Matic 11, voire du Canonet QL17 G3, d’un autre gabarit, il est vrai.

Voilà, je crois avoir fait le tour de ce petit appareil à la bouille sympathique mais aux infos un peu chiches.

Finalement, c’est un boitier rare mais donc les prix ne devraient pas dépasser 35€, en parfait état. Comparé au prix parfois délirant des Olympus Trip 35 déjà évoqué, si vous en trouvez un, prenez-le.

Quelques références : http://35mm-compact.com/minicompact/petri35e.htm, en français, https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Petri_cameras, en anglais, http://corect.net/pdf/PETRI_Petri35E.pdf en japonais

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