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Une petite sélection (toute personnelle) des réflex argentiques que je recommanderais pour débuter

Après la petite digression amusante du Chadt CAM watch M1, revenons-en à des appareils avec lesquels nous allons pouvoir – vraiment – photographier.

Je vous avais présenté les télémétriques à objectifs fixes, puis les télémétriques à objectifs interchangeables, venons en aux reflex.

Au cours des années soixante, notamment sous l’impulsion des fabricants japonais, ce type d’appareil à pratiquement tout balayé sur son passage, au point que même Leica a vacillé à la fin des années septante, que de nombreux noms, autrefois prestigieux, ont disparu ou étaient sur le point de disparaître (Contaflex, Miranda, Ihagee, Zeiss Ikon, Alpa, etc.) tandis que Nikon, Canon, Minolta, Pentax, Olympus,Yashica, Fujica, p. ex., se taillaient la part du lion de cette nouvelle jungle où les perfectionnements allaient ouvrir la voie à l’autofocus, au flash automatique embarqué, aux rafales puissantes, aux moteurs intégrés, etc.

Du reporter de guerre au paparazzo, la nouvelle arme était le reflex et ses accessoires de combats les téléobjectifs, zoom, flashs dédiés et j’en passe.

Pourquoi un tel succès ? La visée avec un reflex est facile : vous regardez dans le viseur, qui vous permet de voir « à travers » l’objectif monté et vous voyez, directement, ce que vous allez capter. Le réglage est aisé, en tournant les bagues de réglages des objectifs pour les distances et les ouvertures. Selon les systèmes, vous pouvez tout contrôler ou la partie essentielle, la prise de vue, le boitier prenant en charge la partie réglages (automatisme). Et puis viendra le temps où le boitier pourra même faire la mise au point lui-même (autofocus), vous laissant quelques réglages à peaufiner, ou prenant la main sur tout, juste à vous laisser composer votre photo.

Je vais donc diviser mes choix entre les appareils tout mécaniques et ceux possédant un autofocus.

Un mot encore : ma sélection est imparfaite (et le sera toujours) mais je m’efforce de trouver des appareils « abordables » qui offrent un vrai plaisir de photographier, au delà des modes d’un moment.

Honnêtement, un bon appareil reflex des années septante à quatre-vingt devrait tourner aux alentours des 50€ avec un objectif. Au delà, il vous coûterait plus cher qu’à sa sortie, tenant compte des petits bobos accumulés en 40 ou 50 ans d’utilisation (remplacement des mousses, « cuirette » qui se décolle, vulcanite qui s’écaille, piles à modifier – celles au mercure étant interdites, objectifs pas forcément d’origine, etc.).

Des modes existent depuis quelques temps, sur certains modèles, au demeurant excellents, mais qui sont loin d’être rares parce que produits à des centaines de milliers voire des millions d’exemplaires.

A vous de voir si vous voulez commencer une collection, auquel cas le prix est secondaire par rapport à la rareté, la série limitée, le détail orignal, ou si vous voulez vous (re)plonger dans les plaisirs simples de la photo argentique avec le matériel adéquat.

Voici donc une première sélection, qui sera amenée à évoluer avec les appareils que je nous ferai découvrir.

Le Canon A-1, apparu en 1978, le concentré de technologie de l’époque pour les amateurs exigeants (le pro utiliseront le F-1). Et des astuces qui ont fait la réputation de cet appareil : la possibilité de surimpression, enfantine; un petit loquet pour masquer la fenêtre du viseur en cas de pose longue; l’ergonomie bien pensée qui place tout à portée de doigts (l’index en l’occurrence); et – cerise sur le gâteau – le premier appareil au monde à proposer un ordinateur intégré numérique et non plus analogique, qui autorise plusieurs modes de fonctionnement. Et avec ça un parc d’optiques réputées que l’on trouve facilement de nos jours. Il faut faire attention à la porte de la pile, fragile; le « squeeze », un petit bruit que l’on peut rapidement circonscrire sans difficultés; les mousses souvent à remplacer et c’est tout. Ah oui, son prix ! Comptez quand même autour des 150€ .

Le Minolta X-700 MPS, sorti en 1981, il offre les mêmes agréments que le Canon et il visait, à l’époque, le même public, exigeant. Il propose aussi un mode d’exposition « tout automatique », en plus des modes priorité ouverture et manuel désormais traditionnels. Le « Minolta Program System » (MPS) est ce fameux mode « tout auto » : il suffit de tourner la bague des vitesses dans cette position et vous n’avez plus qu’à vous concentrer sur la mise au point et le cadrage de la photo, l’appareil se charge de l’exposition et il le fait bien. Il bénéficie lui aussi d’un vase parc d’optiques de qualité et abordables. Quand au prix, il rattrape celui du Canon, comptez une centaine d’euros.

Le Pentax P 30, venu en 1985, il a été pensé par les ingénieurs de la marque pour amener les débutants à évoluer à leur rythme, en proposant un automatisme et la possibilité de passer en manuel. L’électronique embarquée, mesure, analyse et choisit ouverture et vitesse en fonction de la sensibilité, que vous n’aurez pas à régler puisque le codage DX (inscrit sur la bobine du film) l’aura fait pour vous. La monture est la K-A mais tous les objectifs K fonctionnent aussi, sans les automatismes dans ce cas. Ici encore vous trouverez l’optique qui vous convient facilement. Un peu moins cher que les précédents, comptez environ 50€ avec un objectif.

Un outsider comme il se doit, le Pentax ME Super qui est sorti lui en 1979. Il peut être tout automatique, comme son petit frère le ME mais il possède un mode manuel, pour plus de contrôle quand l’amateur éclairé aura acquis plus de maîtrise.C’est un boitier très compact, ce qui incite à l’emmener partout. Et les objectifs, en monture K, créés spécialement pour lui sont aussi compact (la gamme SMC Pentax M). Très agréable à prendre en mains, je trouve qu’il fait une belle synthèse entre les plus vieux boitiers, style Minolta XG et les Canon Fbt QL, ou les Nikon FE et ceux de la génération suivante, avec une électronique qui vire petit à petit vers des micro ordinateurs embarqués. Faire attention en cas d’achat : s’il ne déclenche pas sans pile, mettez le sur la position flash, il doit le faire; mais surtout, pile ou pas, s’il n’arme pas, à moins d’être un bricoleur précautionneux, passez votre chemin, il est hors service (c’est une petite pièce qui a lâché mais elle est dans les entrailles de l’appareil), c’est le cas du mien, hélas.

Vous avez remarqué que je ne parle pas du Canon AE-1, qui ne démérite pas mais dont les prix sont surfaits. Laissons passer la mode, nous y reviendrons peut-être.

Tout comme je n’ai pas repris l’excellent Alpa SI 3000 : à moins que vous n’en trouviez un à prix décent, leur cote est « surfaite ». Pour l’anecdote, j’avais mis le mien en vente il y a peu et l’enchère atteinte était de 265€ ! Franchement, il vaut le prix d’un Minolta X-700 MPS. Avis aux amateurs, le mien est remis en vente … (suite à un soucis avec le site d’enchères).

Venons en aux appareils avec autofocus, qui deviennent très proches de nos appareils actuels. Je constate que je n’en ai pas encore essayé beaucoup donc cette section peut évoluer. Je vous livre ceux que j’ai dernièrement eu en mains.

Le Canon Eos 30, nous sommes maintenant aux débuts des années deux-mille, le tournant des appareils numériques n’est pas loin. C’est donc un appareil très proche de l’ergonomie et des fonctions que nous connaissons encore aujourd’hui, mais sur pellicule ! Il accepte toutes les optiques EF et elles sont nombreuses. Evitez toutefois les optiques très modernes, conçues pour les capteurs exigeants car vous seriez déçu de vos photos. Fred (Histoires de photo) s’en est largement servi, notamment avec un 24 -105 série L. C’est une combinaison gagnante et vous trouverez l’objectif à prix intéressant en première version. Sinon une optique fixe comme un 50mm est un must à ne pas négliger. L’appareil est un des plus silencieux que je connaisse et il offre une particularité que son cousin, le 33, n’avait pas, le pilotage de l’autofocus pas l’œil, qui offre un vrai confort. C’est un appareil qui se négocie autour des 120€ et il les vaut vraiment.

Le Pentax SFX, apparu en 1987 sera le premier réflex autofocus « moderne », doté d’un flash automatique intégré. Couplé aux objectifs K-AF, il vous offre un confort et une facilité d’utilisation alors rarement atteinte, même s’il est parfois un peu lent. Sa forme un peu inhabituelle le rend peu conventionnel et son prix s’en ressent : comptez environ 50€ boitier nu. Un excellent appareil à ne pas négliger si vous en croisez un.

Le Canon Eos 3000, introduit par Canon en 1999, c’est un appareil simplifié, ce qui ne veut pas dire simpliste. Mais, p. ex., le viseur à pentamiroir (moins coûteux à produire qu’un pentaprisme) et le flash intégré activé manuellement ont contribué à maintenir ce modèle à moindre coût. Pourtant, il possède la fameuse roue PSAM avec une gamme complète de modes d’exposition automatique, y compris le réglage d’exposition au flash. Franchement, c’est vraiment un appareil école sur lequel vous pouvez monter toutes les optiques de la gamme EF. Heu … soyons réaliste, n’y mettez pas les derniers objectifs ultra pointus destinés aux numériques, mais ça vous laisse encore plein de possibilités à prix tout à fait sympa (un 28 -80 ou un 24 -105 sont l’idéal pour voyager léger, ou alors une focale fixe en 50mm). Et, surtout au prix où vous l’achèterez, vous n’aurez aucun remord à l’emporter partout, même si c’est risqué (comptez environ 25€ boitier nu).

Le Nikon F 65 est apparu en 2001, successeur du F60, en entrée de gamme, mais non dépourvu de charme et d’éléments intéressants pour l’amateur qui veut progresser à son rythme sans être déçu. Comme la plupart de ses contemporains, il est en polycarbonate, donc léger, il possède plusieurs programmes comme le Auto-Multi Program, cinq modes Vari-Program, priorité à la vitesse, priorité à l’ouverture et mode manuel complet. Il bénéficie d’un flash intégré modulable et synchronisé et sa gamme de vitesses lui permet de se tirer de presque toutes les situations (30s à 1/2000s et mode bulb). Un bon appareil qui ne vous coûtera pas non plus une fortune (+/- 40€ nu) et sur lequel vous pourrez monter un vaste parc d’optiques Nikon ou tierces. A ne pas négliger.

Pour conclure, une dernière remarque : pour les appareils plus anciens, dont les montures d’objectifs ne sont plus suivies (Canon Fd, Pentax K, Nikon Nikkor, Minolta Md, etc.), pas de soucis, faites vous plaisir et prenez ce qui vient.

Par contre, pour les appareils dont les montures existent toujours (Canon, Nikon, Pentax) il va vous falloir choisir « un camp » car vous pourriez réutiliser une partie de votre parc optique avec un appareil plus récent utilisant la même monture.

C’est ce qui fait souvent hésiter les personnes qui possèdent un vaste parc d’optiques de qualité dans leur choix lorsqu’ils envisagent de changer de marque car finalement se sont les optiques qui coûtent le plus cher et devoir réinvestir un parc entier en décourage plus d’un !

Ne vous préoccupez pas de la guéguerre soit disant existante entre Canon et Nikon : ce sont des appareils excellents, avec des choix d’ergonomie différente, des logiques propres aux marques mais à la fin, le résultat est quand même très bon.

Pour la petite histoire, alors que nous avons commencé tous les deux sur le Canon Ftb des parents, aujourd’hui mon frère est chez Nikon et je suis resté chez Canon … ça anime les soirées et les présentations de photos respectives.

Dans la mesure du possible, essayez de comparer les différents appareils et choisissez celui que vous portez le mieux, dont la logique de programme vous parle le plus, pour lequel vous trouverez, dans votre budget, le plus d’accessoires utiles. Le reste, c’est du marketing !

Mais surtout, sortez faire des photos …

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