Argentique

L’Olympus Pen-EE

Une des dernières brocantes de l’année, une charmante dame qui revendait un petit appareil qui lui appartenait et qu’elle avait remisé avec soin, et me voici propriétaire, le temps de sa découverte, d’un Olympus Pen EE.

Je vous ai déjà présenté un Olympus de poche, le Trip 35. Un appareil qui a toujours beaucoup de succès, encore de nos jours, grâce à la qualité de sa fabrication et de son optique, qui fut réutilisée jusqu’au Mju !

Celui-ci est aussi petit, très « vintage » et aussi de très bonne qualité.

Avec une particularité, c’est un demi-format, comme, par exemple, le Fujica Half ou le Canon Demi.

Ici, j’ai eu la chance d’acquérir un exemplaire avec sa boîte d’origine, le mode d’emploi, de la pub, sa gaine en cuir.

Mais commençons les présentations : Olympus Pen, Pen comme plume pour écrire au quotidien. Ce petit appareil ayant fonction de bloc-note à emporter partout.

Ensuite EE pour Electric Eye, la fameuse cellule en nid d’abeille autour de l’objectif. Une cellule au sélénium, qui n’a pas besoin de pile pour fonctionner mais qu’il convient de protéger de la lumière si on veut qu’elle tienne dans le temps. Gaine ou bouchon d’objectif recommandé fermement.

C’est le célèbre designer Yoshihisa Maitani qui va commettre cette petite merveille et une autre tout aussi connue, le PEN F original (faudra que j’en trouve un !) : le petit PEN est destiné au grand public tandis que le PEN F, un vrai 24X36, est destiné aux photographes experts. Ce brillant ingénieur sortira ensuite le plus petit reflex avec pentaprisme du monde (1973), l’Olympus OM-1 : O pour Olympus, M pour Maitani. Mais c’est une autre histoire ….

-« Mais pourquoi avoir opté pour le demi-format ? »

Pour répondre à un cahier des charges draconiens, qui voulait que l’appareil soit le moins coûteux possible tout en étant d’excellente qualité. Loin de décourager Monsieur Maitani, il a l’idée de réduire la taille du boitier tout en gardant le format en vogue, le 24×36, mais en cadrage vertical, le 18×24. Il va simplifier tant que faire se peut l’appareil, en renonçant au levier d’armement, qu’il remplace par une molette crantée, toute fine (si les pignons sont nombreux, ça ne se voit pas et le résultat est d’une élégance rare); il supprime le contrôle de l’ouverture, de la vitesse d’obturation et de la mise au point et il crée sans doute le premier appareil vraiment compact au monde !

Le PEN de 1959 est une réussite technique et commerciale

Celui que j’ai acheté est sans doute une deuxième version, car le simili cuir est gaufré, mais il porte le mot « Olympus » sur la plaque devant et PEN-EE embossé sur le capot alors que généralement il devrait y avoir Olympus Pen sur la plaque. Mais il possède les « nouvelles » vitesses du 1/40s et 1/200s au lieu du 1/60s intial.

Un petit boitier tout en rondeurs, avec son cuir gris, caractéristique. Notez que si l’envie vous en prend, il existe chez Aki-Asahi des tas de couleurs différentes, juste pour le plaisir.

Point de vue boutons et machins, c’est le minimum syndical : un déclencheur en saillie, une petite molette avec sa manivelle, une roue crantée en plastique pour ré armer, un compteur de vue; en dessous, le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film et une clé pour ouvrir le dos (qui s’escamote en entier); sur la face avant, une prise PC (synchro flash). C’est tout, et ça suffit très amplement pour faire des (bonnes) photos.

Car ce petit appareil, qui est un fix-focus (un objectif fixe), a une excellente réputation.

Déjà celle de son objectif, un D. Zuiko de 28mm ouvrant à f3,5, trois composants en quatre éléments. C’est l’équivalent d’un 40mm en 24×36 puisque nous sommes ici avec un 18x24mm, j’y reviendrai. Il offre une grande profondeur de champ, une belle résolution et un joli contraste pour une si petite chose.

Ensuite, celle de sa facilité d’utilisation : soit vous le laissez en tout automatique et la cellule commande l’ouverture du diaphragme (de f3,5 à f22) selon la lumière, soit en manuel.

La seule chose que vous devez régler, au moment de mettre un film dedans, c’est la valeur de sa sensibilité, en ASA. L’appareil gère les sensibilités de 10 à 200 Asa.

Les vitesses, vous ne devrez pas vous en préoccuper, c’est le Pen qui la gère. Son obturateur va de 1/40s à 1/200s.

Si jamais vous n’aviez pas assez de lumière, un signal rouge (qu’on surnomme le « drapeau ») apparait dans le viseur et vous empêche de déclencher si vous êtes en mode automatique. Vous devez alors passer en manuel pour « forcer » la photo ou monter un flash (synchro au 1/40s). Quand je note « forcer » la photo, c’est quand vous vous mettez sur la position flash (bague autour de l’objectif, les chiffres oranges) sans le flash et que vous réglez l’ouverture en tenant compte des réglages d’une cellule à main, sachant que la vitesse de synchro sera constante au 1/40s

Il y a quand même une autre chose que vous devrez régler, j’allais l’oublier, c’est le compteur de vue.

Car nous touchons ici la particularité de ce petit bloc-note : il est en demi-format comme je le précisais au départ. Ce qui veut dire que vous tirerez 72 vues d’un film de 36, 40 d’un film de 20, …

Et donc, lorsque vous aurez mis un nouveau film dans la chambre, après avoir armé et déclenché trois fois (boitier refermé), vous devrez indiquer au compteur le nombre de vues qu’il va décompter.

En effet, ce compteur vous indique le nombre de vues restantes.

Là, je râle, car voulant tester ce fameux compteur, j’ai modifié le chiffre indiqué. Or, en voulant ouvrir l’appareil pour photographier la chambre, je me suis aperçu qu’il y avait un film à l’intérieur. Bon, il y aura quelques images grillées mais j’ignore combien il reste à tirer maintenant ! Je verrai bien.

Le viseur vous donne une image verticale si vous le tenez « normalement ». Si vous le tenez à la verticale, l’image sera alors horizontale. Etrange mais logique.

Et donc, sur un film en 24×36 vous ferez des photos en 18×24, du demi-format.

Pour en revenir au viseur, il est étonnamment lumineux pour sa taille, avec un cadre clair qui délimite la zone de prise de vue. Son grossissement est de 0,5 (la « magnification »).

Lorsque vous ouvrez l’appareil (une clé à tourner en dessous, qui libère le dos en entier), vous voyez la chambre divisée en deux. Les guides film et la plaque de pression dans le dos assurent un transport constant et fluide de la pellicule. C’est important si vous voulez faire des mini séries de photos, qui doivent se correspondre.

Voilà donc un petit boitier de 330 gr, que l’on glisse dans n’importe quelle poche ou petit sac, toujours prêt à déclencher.

Heu … le fabricant préconise quand même de n’armer l’appareil qu’au moment de prendre la photo pour ne pas laisser les ressorts de l’obturateur inutilement tendus et prolonger ainsi son espérance de vie.

Mais ça a dû être construit costaud car, présenté au public en 1961, de très nombreux exemplaires fonctionnent toujours comme au premier jour.

Redoutable de discrétion – le déclencheur ne fait quasi pas de bruit – il est le compagnon idéal des sorties en Street. Son obturateur central a en plus le bon goût d’éliminer quasi toutes vibrations.

Et puis, avec ses demis-photos, c’est presque un jeu de créer des histoires car l’esprit de la série, ou du « panorama » vient facilement : hop, une première photo, hop la seconde qui suit l’histoire …

Quelques exemples de photos prises par le PEN-EE à découvrir ICI.

Alors que penser de ce petit appareil rondouillard et sympa ?

Il est toujours parfaitement dans le coup. Il faut juste vérifier que la cellule fonctionne encore en essayant de déclencher dans différentes conditions de lumière. Si le « drapeau » rouge apparait systématiquement, c’est mauvais signe, même si vous pouvez toujours l’utiliser en mode manuel, à la seule vitesse du 1/40s alors.

Au niveau prix, comptez environ 40€ pour un exemplaire en très bon état, un peu plus si comme le mien il est dans sa boite.

Vous verrez, on ne se lasse pas de ce petit PEN-EE.

Deux videos d’illustration

Et au cas où vous devriez démonter :

Petite publicité d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Photo Hall 1964.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://retrofilmcamera.com/olympus-pen-ee/, https://www.aperturepreview.com/olympus-pen-ee, https://www.imagingpixel.com/p/olympus-pen-ee.html, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_Pen, https://pimhens.be/collection-item/olympus-pen-ee-2, https://mikeeckman.com/2019/03/olympus-pen-ee-s-1962/ en anglais, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=46945, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1000-Olympus_Pen%20EE.html

Argentique

Le Kodak Retina IIIc

Celui-là je ne m’attendais pas à le trouver sur une brocante, et pourtant. Mais comme il s’agissait d’un « vide-grenier » professionnel, il m’a fallu négocier ferme pour l’emporter à un prix déjà bien plus raisonnable.

Je l’ai examiné sous toutes les coutures et relevé chaque détails qui allaient me permettre d’argumenter.

Mais il y en avait somme toute pas tant que ça. De plus, en « bon professionnel » de la brocante, il ne connaissait pas réellement la valeur de ce Kodak. Je m’en tire donc à bon compte pour vous présenter un appareil d’avant la grosse production de masse à laquelle la marque va nous habituer par la suite …

Mais commençons par un peu d’histoire pour le situer dans le temps ce Kodak Retina IIIc.

Celle-ci commence en 1934 et Kodak propose un pliant qui utilise une toute nouvelle cartouche, inventée pour eux de toute manière, celle du 24x36mm.

Source : Wikipedia, le premier Retina de 1934 (il ressemble furieusement au Wellix me semble-t-il)

Pour ceux que la petite histoire ne passionne pas, désolé, mais avec Kodak, on ne peut pas passer à côté.

Je vais essayer d’être bref.

Cet appareil a été imaginé par August Nagel, concepteur prolifique et entrepreneur intelligent qui fut un des fondateurs de Zeiss Ikon lorsqu’il fusionna sa société, Contessa-Nettel AG avec Zeiss et ICA. Nous sommes en 1919.

En 1928, il quitte le groupe pour recréer une société propre, la Nagel Camera Werks AG. Il fabriqua des appareils à plaques de verres, puis à film en feuille à feuille et enfin à film en rouleau, au fil des avancées technologiques.

Finalement, en 1931, il revend sa société à Kodak AG (Allemagne), qui s’appelle alors Kodak AG-Dr. Nagel Werk.

C’est là qu’il développe les pliants de la gamme Retina, conçus pour recevoir la nouvelle cartouche de film Kodak préchargé.

Ce qui était une petite révolution car auparavant, si le film en format 24×36 existait bien, il fallait que le photographe charge lui-même le film, vendu en rouleau, dans les cartouches généralement propriétaires des marques, et tout ça en chambre noire ou dans un sac étanche à la lumière. Ce n’était pas forcément pratique, vous en conviendrez.

Notre bon August Nagel développait, dès le début des années trente, un appareil photo utilisant le format 35mm mais aussi une cartouche préchargée, que l’on pouvait utiliser aussi bien dans un Leica qu’un Contax, les appareils phares de cette génération de « nouveaux » boitiers qui délaissaient le format 127 (créé pour être utilisé dans des appareils plus petits que ceux utilisant le format roi de l’époque, le 120).

Outre la réduction de la taille des films, le fait de les mettre dans une cartouche étanche et préchargée, éliminait le recours au papier pour protéger la surface sensible et augmentait donc le nombre de vues par rouleau.

Et tant qu’à créer des appareils au format réduit, il se devait de les « compacter » au maximum. c’est ainsi qu’il eut recours à la technique du « folding » ou appareil à soufflet. Une fois replié, ceux-ci dont effectivement très compacts et la plupart pouvaient se glisser dans une (grande) poche.

Dès lors, tous les Retina, du milieu des années trente à la fin des années cinquante, étaient des appareils pliant avec un soufflet court, un panneau d’objectif avec l’obturateur monté dessus et un couvercle en métal. Autre particularité, les objectifs se déploient automatiquement lorsqu’on ouvre l’appareil (si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un soucis sur l’exemplaire qu’on vous propose – parfois, il suffit d’un rien pour que ça coince mais c’est l’objet d’une discussion pour diminuer le prix, le cas échéant).

Je ne vais pas rentrer dans les détails des appareils d’avant ou d’après guerre (cela intéresse surtout les collectionneurs et je pars du principe que ce qui vous motive, c’est de comprendre comment ces appareils fonctionnent et, pourquoi pas, d’en essayer un).

Juste retenir, semble-t-il (car tous les experts ne sont pas encore d’accord là-dessus !), que les Retina d’avant guerre ont des numéros (Nr.) et ceux d’après guerre se reconnaissent au « Type » dans lequel ils sont classés.

Alors, en gros, il y a les Retina avec juste un viseur ou ceux avec un télémètre qui sont dit « Retina I » et dont la genèse porte de 1934 à 1941.

Ensuite, la seconde guerre ayant tout chamboulé, on retrouvera les Retina dits « II » des années 1945 à 1960 avec là aussi des appareils avec un simple viseur et appelés « III » s’ils ont un télémètre.

-« Ça va, je ne vous ai pas encore perdu ? »

Allez, on reprend : si vous voulez perdre votre latin, sachez qu’il y a aussi des distinctions en fonction des années qui utilisent des objectifs précis : pour les appareils d’avant guerre, Schneider Xenar f:3,5 F=5 cm, Schneider Retina-Xenar f:3,5 F=5 cm, Kodak-Anastigmat f:3,5 F=5 cm, Kodak-Anastigmat Ektar f3,5 F=5 cm avec des obturateurs Compur ou Compur Rapid avant guerre; Schneider Xenon f2,8 F=5 cm, Schneider Retina-Xenon f:2,8 F=5 cm, Schneider Xenon f2 F=5 cm, Schneider Retina-Xenon f:2 F=5 cm et même Kodak-Ektar f:3,5 F=5 cm toujours avec obturateur Compur ou Compur Rapid.

Heu … vous voulez vraiment la liste de ceux d’après guerre ? Alors pour les plus courageux, ils se trouvent ICI.

Petit aparté, en passant : si un vendeur vous déclare, après vous avoir donné le prix du Retina que vous convoitez, qu’il a vérifié sur Internet sa cote, soit vous riez doucement, soit vous lui demandez s’il a bien vérifié si la cote valait pour un (au hasard) Retina III avec un Schneider Retina-Xenon C f:2,0 de 50mm avec obturateur Synchro-Compur ou pour celui que vous avez en mains !

Voilà, voilà … vous en savez assez, je pense, que pour que nous nous plongions dans l’analyse de ce Kodak Retina IIIc.

Ah oui, juste vous signaler qu’il existe encore un Kodak Retina IIIC (lettre majuscule), juste pour compliquer la vie de celui, tout content, qui vient de trouver un IIIc (lettre minuscule).

Alors juste un mot de celui-là : il est le dernier de la gamme, fabriqué en 1959. Il est généralement plus grand que son ainé (bien que basé sur le même boitier), plus complexe aussi, avec un excellent viseur à correction de parallaxe de lignes projetées (comme sur les Leica M3), avec des lignes de cadre intégrées pour une gamme d’objectifs somme toute limitée au 35, 50 et 80mm.

Revenons donc au Retina IIIc qui nous préoccupe donc.

C’est à la Photokina de 1954 qu’il fut présenté au public. Il était alors le plus cher de la gamme des modèles Retina. Il sera fabriqué jusqu’en 1957.

Comparé aux anciens modèles, le Retina Ia et le IIa, il est entièrement repensé et revu : le bloc lentille extensible glisse vers l’avant et devient beaucoup plus rigide. La « porte » qui s’ouvre vers la droite ne joue plus le rôle de support, elle déplace simplement l’ensemble du bloc optique/obturateur vers l’intérieur (quand on le referme) ou vers l’extérieur (quand on l’ouvre). Le déclencheur est maintenant positionné sur le corps de l’appareil.

Ce qui m’a frappé, lorsque j’ai ouvert le « sac tout prêt » de l’exemplaire que je vous présente, ce sont les deux fenêtres en façade, qui m’ont immédiatement fait penser à un appareil avec télémètre.

Ensuite, c’est la drôle de gâchette, située en dessous, qui m’a fait de l’œil.

Enfin, la petite porte, devant, qui m’indiquait qu’il devait y avoir une cellule.

Puis, comme je regardais l’objectif, les noms de Schneider-Kreuznach ont retenu toute mon attention, surtout que l’ouverture de f2 pour le 50mm était prometteur. Il s’agit du Retina-Xenon C.

L’obturateur est un Compur Synchro qui donne les vitesses de 1s à 1/500s plus la pause B.

L’objectif ouvre lui de f2 à f 22, ce qui est confortable.

Mais comment ça marche ?

Généralement, vous le trouverez avec son « sac tout prêt » qui, en principe, garde la lanière de portage. Bien que l’appareil soit pourvu d’œillets. Vous ouvrez la face avant, que vous laisser pendre (ou que vous pouvez ôter en faisant glisser vers le haut le bouton pression).

Pour déployer le bloc objectif/obturateur, vous poussez vers le centre de la porte avant, le drôle de petit bouton métallique qui est au bord.

En s’ouvrant vers la droite, la porte extirpe le bloc objectif/obturateur, qui se bloque en position.

Là, vous découvrez la beauté et la complexité de l’appareil. Le bloc en métal massif comprend :

  • comme déjà précisé, l’objectif
  • autour de lui, l’obturateur
  • le mécanisme pour renvoyer au viseur le mouvement de l’objectif (télémètre couplé)
  • le réglage des vitesses
  • le réglage de l’ouverture
  • le réglage pour la synchro flash (tirette verte en dessous à gauche face à l’objectif)

Au fait, car ce n’est pas évident à voir, sauf à ouvrir le dos de l’appareil, il y a bien un petit soufflet à l’intérieur du bloc qui se déploie.

Notez les ergots rétractables, au dessus et en dessous du bloc : lorsque vous avez remis la bague des distances sur l’infini, vous pourrez appuyer dessus et l’ensemble rentrera dans le boitier. Ne forcez jamais pour refermer l’appareil. Si vous n’avez pas fait tourner le bague des distances sur l’infini, il est impossible de refermer le bloc.

Pour régler la distance, l’objectif possède un ergot en demi lune, strié, qui assure un bonne préhension pour une réglage précis.

Comme le télémètre est couplé (pas comme sur un Franka Solida III par exemple), les mouvements de l’objectif font faire déplacer un patch, que vous devrez faire coïncider avec l’image vue.

Avant de prendre des photos, après voir chargé la cartouche de film, vous devrez régler la sensibilité de ce dernier sur la molette à droite sur le capot de l’appareil. Ce n’est pas le plus facile car il faut faire tourner la couronne des ASA/DIN avec une petite pastille en saillie. Vous aurez le choix entre 10 et 650 Asa. Remarquez les deux signes entourés : le premier représente la fenêtre fermée, le second la cellule découverte.

Notez que sur la molette de l’autre côté, vous avez un pense bête, en Din, de la valeur choisie, et qui n’est pas plus facile à régler (molette interne avec une roue dentée à faire tourner).

L’utilisation de la cellule (non couplée) est assez simple : volet ouvert, appareil dirigé vers le sujet, vous verrez une aiguille noire se déplacer dans le cadre de la cellule. Il faut faire coïncider la flèche rouge avec celle-ci et vous aurez l’indication de l’indice de lumination, que vous retrouverez sur la bague de l’objectif.

Vous pouvez travailler avec la cellule dégagée ou fenêtre fermée, ce qui donne une mesure indirecte. Un peu comme avec une cellule à main somme toute.

Lorsque vous portez votre œil au viseur, vous y découvrez les lignes de cadre pour le 50mm et le patch au milieu.

Ah oui, j’allais oublier : vous pouvez changer les focales de cet appareil, pas en changeant l’objectif entier mais en libérant la lentille frontale (comme sur le Zeiss Ikon Contaflex, par exemple).

Ce qui implique, si vous aviez l’idée saugrenue de vouloir utiliser autre chose que le 50mm, de devoir utiliser un accessoire pour corriger la parallaxe des 35 et 80mm (comme sur les anciens Leica).

Et encore faudrait-il avoir la chance (ce que je vous souhaite) de trouver les dites lentilles.

Vous dégagez la lentille en la faisant tourner dans le sens anti horaire et la remettez en tournant dans l’autre sens.

La cellule, au sélénium, est cachée derrière un volet métallique percé d’un petit trou en son centre. Le posemètre est dit à double plage.

Le compteur de vue, qui s’incrémente d’une photo en moins à la fois, se remet à zéro en appuyant sur le bouton juste derrière lui. Petite bizarrerie, il vous indique le nombre de vues restantes et lorsque vous arrivez à la photo 1, l’armement de l’appareil est impossible. Kodak a prévu cette précaution pour ne pas arracher le film de la bobine semble-t-il (ça vaut bien le double armement du Leica M3 pour les mêmes raisons).

-« Mais comment le compteur sait-il le nombre de photos du film ? »

Hé bien parce que c’est vous qui lui indiquez le chiffre sur lequel il va démarrer. Après avoir chargé votre film, en appuyant alternativement sur le bouton de remise à zéro et en faisant glisser le bouton à l’arrière de l’appareil, vous notez le nombre de départ (pour être plus clair, voyez la video ci-dessous vers 14’50 » ).

Si vous avez terminé le film, pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut dégager le verrou, en dessous, après avoir pressé le bouton de rembobinage et rembobiné la pellicule.

Un mot enfin de cette drôle de gâchette, en dessous, qui sert de ré armeur. Ça me fait penser au Ricoh 35 ou à certains accessoires Leica pour ré armer plus vite.

Sur mon exemplaire, elle ne revient pas toujours à sa place initiale, sauf si je déclenche (heureusement). Sans doute un manque de lubrifiant. Sa place est inhabituelle mais on s’y fait. Toutefois, l’actionner avec le sac tout près dans le passage, c’est soit sportif, soit du masochisme.

Voilà, je pense avoir fait le tour du propriétaire.

Que penser de ce Kodak Retina IIIc ?

Il est vachement bien construit, avec du métal partout ou presque. Franchement, nous sommes à des années lumière de ce que Kodak produira en masse plus tard. Cet appareil est fait pour durer pas pour être jeté.

Son télémètre est précis, facile à mettre en oeuvre.

Si l’appareil est compact lorsqu’il est replié, il faut toutefois constater qu’un Leica M3 (sorti en 1954) sera encore plus compact, mais sans cellule.

Esthétiquement, c’est un bel appareil, qui attire l’œil. Si vous en trouvez un, faites vous plaisir mais sachez que son prix peut être conséquent, car il est rare

Après, c’est le plaisir de photographier avec un boitier de qualité, qui sort de l’ordinaire.

Une chouette video (en anglais mais vous pouvez régler la langue de traduction)

Des publicités de l’époque

Source : Collection-appareils, Photo Hall, mai 1957
Source : Collection-appareils, Odéon Photo 1956.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Quelques données techniques :

Période de production : mars 1954 à juillet 1957
Production : 160 383+
Plages de numéros de série : 50001 à 199914, 450336 à 460383
Appareil photo 35 mm pliable avec viseur
Objectif fixe : f2 50 mm Schneider Kreuznach Xenon ou f2.0 50 mm Rodenstock Heligon (6 éléments)
Composant avant interchangeable (baïonnette)
Objectifs alternatifs : f4 80 mm, f4 35 mm, f5.6 35 mm
Obturateur : Synchro-Compur (Valeur lumineuse) 1 sec – 1/500
Levier d’armement situé sur la base de la caméra, prévention de la double exposition
Retardateur – Synchronisation Flash X & M
Viseur : Bright Line + Marques de correction de parallaxe

Lecture du compteur d’exposition découplé en valeurs lumineuses (LV) Incident Light Cover
Télémètre couplé – forme losange
Taille du filtre 32 mm

Dimensions : Largeur – 122 mm Hauteur – 85 mm Profondeur – 90 mm (ouvert) 47 mm (fermé)

Quelques références : https://photojottings.com/kodak-retina-iiic-review/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Retina_IIIc, https://www.cameraquest.com/ret3c.htm, https://en.wikipedia.org/wiki/Kodak_Retina, https://retinarescue.com/, https://retinarescue.com/retina3cdifferences.html, https://retinarescue.com/retina3ctype021.html en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2578, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=20538, en français.

Argentique

Le Minolta srT 100X

Ah, les Minolta SRT !

Du bon, du costaud, … et avec une cote qui grimpe, qui grimpe … Mais pourquoi ?

Je l’écris et le réécris à l’envi, Minolta est une marque disparue trop tôt et qui a laissé quelques belles machines à la mémoire des passionnés d’argentique.

Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire (quoique, ça me tente bien) alors je vous renvoie sur le site de Monsieur Suandeau qui a fait ça de main de … passionné.

Alors je vais résumer pour ce qui nous intéresse ici, le Minolta srT 100X.

Car il a une particularité, celle de sa monture, la célèbre MC, qui offrait des objectifs communiquant avec l’appareil photo afin que le photographe compose et puisse mesurer la lumière avec l’objectif grand ouvert. Cette série débute en 1966 et se clôture en 1986, avec l’introduction de l’autofocus dont Minolta fut le pionnier avec le 7000 AF sorti en 1985. Pendant cette période, 26 appareils différents vont utiliser cette monture.

C’est le SRT 101 qui ouvre la lignée et qui sera produit pendant 9 ans.

Un appareil à mise au point manuelle disposant de cellule fiable. Les concurrents de l’époque étaient le Pentax Spotmatic ou l’Olympus OM.

Qu’est-ce qui a fait le succès de cette gamme SRT ?

D’abord un viseur lumineux, un bouton de test de batterie, un obturateur en tissu qui pouvait donner des vitesses au 1/1000s, la possibilité de continuer à photographier même avec une pile épuisée (sans plus avoir de cellule alors) car l’obturateur était mécanique.

Un bagage assez unique à l’époque, qui a séduit quelques grands photographes, dont W. Eugene Smith qui a capté une des images les plus fortes du 20e siècle, celle de Tomoko Umeara dans son bain et qui dénonçait l’empoissonnement au mercure du village de pêcheurs japonais Minamata par l’usine Chisso.

Source : l’image historique du jour

Le SRT 101 sera suivi d’un SRT 202 puis SRT 303, les plus sophistiqués et destinés professionnels ou amateurs très éclairés et … fortunés.

Alors Minolta a sorti une version « ligth », le SRT 100, destinée au public plus nombreux des amateurs.

Pour faire des économies, le constructeur a réduit la vitesse au 1/500s, viré le verrouillage du miroir et le retardateur, supprimé la lecture des vitesses dans le viseur.

Ce qui n’a pas empêché cet appareil de bien se vendre, on estime que 130.000 exemplaires ont fait le bonheur d’autant d’amateurs.

Les ingénieurs de chez Minolta ne s’y sont pas trompé car c’est sur ce modèle (le srT 101b pour être précis) qu’ils ont créé les derniers boitiers de la gamme SRT, dont ce srT 100X.

Et ils l’ont revigoré avec une vitesse maxi de 1/1000s (comme les modèles pro de l’époque) et une griffe porte accessoires bien venue.

Ce Minolta srT 100X (ou SRT 200 aux USA et au Canada) sera donc le dernier représentant de la série des SRT de Minolta.

Présenté en 1977, il sera un peu revu en 1979 (cellule unique et non plus CLC), en le simplifiant un peu.

Normalement accompagné d’un très bon et économique MC Rokkor PF 55mm ouvrant à f2, il accepte cependant toutes les optiques en monture MC de l’époque.

Bon, je résume : l’appareil propose des vitesses de 1s à 1/1000s, plus une pause B, la synchro flash est au 1/60s; il n’a pas de retardateur et s’il n’a plus le relevage du miroir, il garde un bouton poussoir pour tester la profondeur de champ; il gagne un sabot avec contact central pour un flash et garde une prise X pour la synchro de flash plus anciens; le viseur est très clair et il y a deux aiguilles qu’il faut faire coïncider, sur la droite, pour le réglage de l’ouverture en fonction des indications de la cellule; un bouton, sur la semelle met en œuvre ou coupe la cellule et sert aussi à tester la batterie, une PX 625 classique.

Tiens, mais vous ai-je dit qu’il était TTL (mesure à travers l’objectif) et que sa cellule – CCL – était révolutionnaire pour l’époque ?

CCL pour « Contrast Light Compensator » : c’est un système de mesure à double cellule photoélectrique qui est conçu pour mieux compenser les situations d’éclairage à contraste élevé.

Introduit en 1966 sur le Minolta SR-T 101 ce système de mesure unique est conçu pour résoudre un problème de mesure moyenne simple. S’il y avait trop de ciel sur votre photo, le compteur classique sous-exposerait tout le reste. L’innovation de Minolta a consisté à utiliser deux cellules de posemètre, l’une pour la partie inférieure de la photo, l’autre pour la zone supérieure (qui était souvent ce ciel lumineux).

Le boitier compare la sortie des deux cellules photoélectriques (CdS = sulfure de cadmium) et le génie de ce système est que plutôt d’utiliser des circuits complexes pour calculer une exposition idéale, la cellule mesurant le bas de la photo était deux fois plus sensible, donc lorsque la sortie des deux cellules était moyennée, le premier plan avait environ un arrêt de plus que le ciel.

De plus, pour d’autres types de photographie, le CLC n’était pas significativement différent d’un posemètre classique. Il est resté une caractéristique de la famille d’appareils photo SR-T jusqu’à ce que les derniers modèles soient abandonnés en 1981. Le CLC a également été utilisé sur le premier système SLR professionnel de Minolta, le XK/XM/X-1 conçu pour concurrencer le Nikon F2 et le Canon F-1.

Ces deux cellules surveillaient les parties les plus claires et les plus sombres de la scène et atténuaient le contraste entre les ombres et les hautes lumières. Cela signifiait que plus de détails dans les ombres étaient conservés. Ce système unique pouvait mesurer de 6 à 6400 ISO (je vous rappelle que les premiers SRT en étaient équipé dès 1966 !) et le système de mesure du viseur prenait en compte la vitesse d’obturation, l’ouverture et l’ISO. C’est quelque chose que nous tenons pour acquis aujourd’hui, mais c’était une véritable révolution pour les photographes à l’époque.

En tout cas, les premiers modèles, comme celui que je vous présente, ont gardé cette cellule. Par la suite, pour simplifier encore le boitier, en 1979, Minolta remplacera le posemètre CLC par une simple cellule Cds à pondération centrale. Sur ces modèles, le sigle CLC disparait.

Mon conseil serait donc, en cas d’achat, d’essayer de vous tourner vers les modèles munis de ce sigle. Ils ne sont pas les plus courant car on estime que 100.000 exemplaires ont été produit avant le changement de 1979.

Notez que la brochure dont sont issues ces vues présente conjointement le srT 100X et le srT 101b

Que vous dire d’autre sur cet appareil, un peu boudé il est vrai, au profit des SRT 101, 202 et 303 ?

Il est facile à prendre en main (le mode d’emploi fait 49 pages). Lourd (700gr) il inspire confiance, le métal étant très présent. Il vaut mieux envisager une bonne sangle que le ridicule bout de plastique vendu avec à l’origine (ok, ça fait « vintage » mais vos cervicales ne sont pas à la mode).

Comme je l’ai déjà indiqué, le viseur est clair avec un stignomètre central à micro prisme, facile à régler avec un minimum d’habitude.

Sur la droite, deux aiguilles, dont une en forme de rond, doivent coïncider pour la mise au point juste de la vitesse et de l’analyse de la lumière.

Attention que sur le srT 100X il n’y a pas le rappel de la vitesse dans le viseur.

Pour le reste, c’est du classique :

  • vous ouvrez la trappe sous l’appareil pour y glisser une PX 625
  • ceci fait, vous tournez le bouton qui commande la cellule sur ON
  • vous ouvrez l’appareil en tirant sur la molette de rembobinage et le dos s’ouvre
  • vous glissez l’amorce du film dans la fente surdimensionnée de la bobine réceptrice
  • vous armez deux ou trois fois en vérifiant que la molette de gauche tourne (signe que le film est bien accroché)
  • vous réglez la sensibilité du film en soulevant la molette des vitesses
  • vous portez l’appareil à l’œil et faites coïncider les deux aiguilles en ajustant soit la vitesse soit l’ouverture ou les deux
  • il vous reste à déclencher : clic-clac, c’est dans la boite !

Je remarque que Minolta, à l’instar de Canon avec son Quickload, soigne la mise en place du film dans l’appareil, grâce à une bobine largement échancrée, ce qui facilite le chargement, la hantise des photographes amateurs.

Si vous décidez de changer d’objectif, il faut actionner le petit bouton rond, à gauche sur la platine de la monture et déverrouiller dans le sens anti-horaire. Pour le remontage faire apparaitre face à face les points rouges de l’objectif et de la platine et tourner dans le sens de votre montre (pour peu qu’elle soit encore à aiguilles).

Que penser de ce Minolta srT 100X ?

Il inspire confiance de par son apparente simplicité et sa construction tout en métal. Il est fait pour durer, la preuve, près de 50 ans plus tard, j’ai le plaisir de vous en présenter un très bel exemplaire.

J’ai juste dû changer la mousse du miroir et remettre une nouvelle pile pour qu’il soit prêt pour de nouvelles aventures.

Bon, d’accord, il n’a pas de retardateur, mais vous ferez comme tout le monde : préréglage de la prise de vue et trouver une personne sympathique qui va appuyer sur le déclencheur quand vous aurez arboré votre plus beau sourire.

Celui que j’ai acheté est équipé d’un magnifique MC Rokkor PF 50mm ouvrant à f 1,7.

Moins couru que ses grands frères, il reste une superbe occasion.

Si vous en trouvez un avec son objectif, sortez sans hésitation un billet de 50€, il les vaut largement et il vous accompagnera longtemps. Notez qu’à ce prix là, il vous faudra sans doute changer la mousse du miroir, mais ce n’est pas difficile.

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA

Petite video d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Que vous pouvez télécharger (en français)

Des références : , https://lowendmac.com/2018/minolta-clc-the-first-semi-intelligent-slr-metering-system/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_SRT_100X, https://www.japancamerahunter.com/2016/05/camera-geekery-minolta-srt-100x-review/, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_SR-T_100X en anglais; https://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/reflexes/sr_mc_md/Minolta_SRT_100x.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta-SRT100X.htm, https://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/Histoire_reflexes_Minolta/histoire_SLR.html, le site de référence sur l’histoire de la marque, en français,

Argentique

Le Pentax LX, un mythe entre les mains.

Une brocante, dans un petit village du Namurois, Martouzin. Charmant, le village, avec ses maisons de pierre taillée, ses fermes et ce petit quelque chose qui fait qu’on s’y sente bien sous le soleil d’août.

Pendant que je bavardais avec un camping-cariste, mon épouse, partie en éclaireur, découvre des appareils argentiques chez un vendeur. Une marque retient son attention, Pentax.

Alors qu’un orage soudain et très bref pousse les chalands à se réfugier sous les tonnelles présentes, le vendeur propose à mon épouse de rester sous la sienne, le temps que je la rejoigne.

Ce que je fais quelques minutes plus tard et elle me dit « viens vite voir, il y a un monsieur qui vend des vieux Pentax. J’ai retenu la marque parce que tu en avais parlé la dernière fois. Il me dit que se sont des LX et qu’il en a deux à vendre, dont un qui est en panne ».

-« Des quoi ? Non, je rêve ! » et j’hâte le pas pour rejoindre le stand.

Là, tout sourire, un Monsieur m’attend et me montre ses appareils et m’explique en quelques mots leur origine – il fut sans doute le premier à utiliser le LX en Belgique – et les voyages qu’ils ont fait en sa compagnie et celle de son épouse, Michèle.

Impressionnant : le sous-continent indien, de l’Himalaya au golfe du Bengale, du désert du Thar aux rives de l’Océan Indien, le Pendjab, la Turquie, le Ladakh, le Pakistan, les Chemins de Compostelle et la Slovaquie. Je dois en oublier.

Mon cher Jean, vous m’impressionnez et me confortez dans l’achat de vos appareils, que vous me cédez parce que je vous ai expliqué un peu l’origine du site et que vous savez que je les traiterai avec respect.

Certes, ils ont des bosses, un des deux fait des caprices, mais ils sont chargé de tant d’histoires que je ne peux pas les laisser là.

Vous y ajoutez quelques accessoires et j’ai du mal à cacher mon enthousiasme.

Ainsi débute l’histoire singulière des Pentax LX que je vais vous présenter.

Jean et Michèle, photographes et reporters, vous ne les avez pas choisi par hasard vos Pentax LX car ils répondaient à vos attentes de baroudeurs, curieux des autres et de l’ailleurs. Techniquement très avancés, ils allaient, sans faillir, vous permette de raconter les histoires de ces gens du bout du monde.

Et j’ai cru comprendre qu’ils ont été de fidèles compagnons, longtemps.

Ils font partie de ces appareils mythiques dont on rêve tous, un jour, d’en toucher un et de se rendre compte des sensations qu’ils produisent.

Je place dans cette catégorie, le Canon F-1 et le New F-1, le Fujica AX-5, les Nikon F2 ou F3 (faudra que j’en trouve un, un jour), le Minolta Dynax 9 et le XK (deux autres rêves) et ce Pentax LX.

Mais commençons par le début.

En 1980, Pentax fêtait ses soixante ans d’existence, et comment écrit-on 60 en Latin ? … Vous avez trouvé : LX.

Pour cet anniversaire, et parce que Pentax s’est surtout attaché depuis un moment aux moyens formats, délaissant quelque peu le secteur du réflex pro au profit de celui des amateurs, peut-être plus rentable mais moins « glamour » que les professionnels qui sillonnent la planète de tous les conflits, ils vont frapper un grand coup et attaquer de front le champion de l’époque, le Nikon F3.

A l’époque, sur le ring, il y avait donc le Nikon F3, le Canon F-1, le Minolta XK, l’Olympus OM-1 et pas de Pentax ! Il fallait réagir et revenir n’était pas concevable : être devant était la seule option, question de fierté.

Chaque détail de cet appareil sera pensé pour les photographes pro : compacité, robustesse – grâce à sa carrosserie en alliage d’aluminium qui lui confère résistance et légèreté (565gr nu) , interchangeabilité, somme des accessoires, facilité d’emploi, ergonomie. Tout !

Source : http://frbb.free.fr/LX2/pages4,5.html. La carrosserie en alliage d’aluminium spécial.

Un premier exemple : l’échelle des vitesses est lisible même dans une ambiance très sombre, ou quand le miroir est relevé, grâce à un miroir semi transparent. Le LX est le seul appareil qui permette une mesure de la lumière miroir relevé (la condition étant d’armer l’appareil pour amener le premier rideau muni d’une structure réfléchissante en place).

Mais surtout, ce boitier propose un « système » complet qui permet de répondre aux besoins variés des professionnels et des amateurs très éclairés (et un peu fortunés).

Source : le Système LX

-« Mais Pentax n’est pas le seul à proposer un tel système ! »

Objection retenue. En effet, Canon et Nikon le font aussi, mais Pentax pousse le bouchon très loin avec ses viseurs et ses verres de visée interchangeables, par exemple. Ils dotent le LX d’une foule d’accessoires qui visent à couvrir les besoins les plus pointus, dans le médical ou l’industrie notamment.

« Bon sang ne saurait mentir » dit-on dans la sagesse populaire : le LX sera au catalogue pendant vingt ans (avec quelques variations sur un même thème, celui de l’excellence), un record.

Ceci étant, vous me connaissez, je me suis pas trop porté sur la technique. Aussi je vais relever les éléments les plus significatifs, ceux qui ont forgé la légende du LX.

Je pourrais déjà en quelques mots vous brosser les caractéristiques : utilisation de la monture d’objectif à baïonnette K (monture « universelle » introduite avec le Pentax K1000), automatisme à priorité diaphragme ou semi-automatisme réglages croisés, mesure TTL au flash, mesure en temps réel et sur le plan du film pendant l’exposition, viseur et verres de visée interchangeables, retardateur, test de profondeur de champ et relevage manuel du miroir (commandés par un même levier et bouton poussoir, celui du retardateur qui a en fait 3 fonctions), large gamme d’accessoires et d’options.

L’objectif standard est le SMC PentaxX-M 50mm f1,7 ou mieux, le f1,4 (les objectifs de la série SMC avaient introduit le traitement super-multi-couches). Une bague d’adaptation permet encore d’utiliser les objectifs en monture à vis M42, comme les Super Takumar (sous réserve d’effectuer la mesure de lumière en ouverture réelle dans ce cas-là).

Source : le Sytème LX. Si avec ceci vous ne trouvez pas votre bonheur ...

Avouez que déjà rien qu’avec ça, on salive …

Alors allons-y après cet apéro rapide, on attaque les choses sérieuses …

L’obturateur possède des rideaux en titanium, il est électromécanique à plan-focal horizontal.

Les vitesses peuvent fonctionner sans piles. Appelons-les « manuelles » dès lors. Elles sont contrôlées mécaniquement de X, la synchro flash au 1/175s, au 1/2000s. Plus une pause B.

Si vous passez en automatique (avec des piles cette fois), l’exposition est contrôlée électroniquement en continu de 1/2000s à 125 secondes. En semi-automatique, elles varient en continu de 8s à 1/2000s

Avec cet appareil, pas d’angoisse si on tombe à court de piles, on peut toujours photographier et les vitesses disponibles sont largement suffisantes que pour se sortir de bien des situations.

Tiens, à propose des piles, il faut deux piles alcalines de 1,5V LR44, ou à l’oxyde d’argent (S76 ou équivalent). Elles alimentent l’ensemble des dispositifs électroniques, en réglage automatique ou manuel. Les diodes dans le viseur clignotent quand la tension devient insuffisante. Si elles vous lâchent complètement, le miroir se bloque mais il se dégage quand on place le sélecteur sur l’une des vitesses mécaniques.

L’armement se fait par levier, ou via un moteur (en fait, il en a existé deux, le Moteur LX et le Winder LX). Le déclencheur comporte un verrou de sécurité. En tout cas sur la seconde version du LX, la première en était dépourvue.

Petite remarque en passant : il y eut trois variantes du LX, qui sont plutôt des évolutions dictées par les remarques des photographes. J’en dévoile quelques unes au fil du récit.

Les vitesses se règlent grâce à un bouton moleté et cranté (couronne caoutchoutée), près du déclencheur. Vous pouvez aussi choisir de le mettre sur « automatique ». Le boitier devient alors un automatique à priorité ouverture.

La sensibilité du film se règle, elle, avec la molette de l’autre côté. Gainée de caoutchouc cranté et munie d’un verrou, elle ne risque pas de « glisser » même en cours de déplacements en milieux difficiles.

Cette sensibilité s’étend de 6 à 3200 Asa, en tout cas sur la seconde version, qui corrigeait ce que les photographes ont critiqué sur la première, qui ne montait que jusqu’à 1600 Asa.

Bien évidemment, il existe un correcteur d’exposition qui « monte » ou « descend » de 2 valeurs avec incréments d’un tiers de valeur à chaque cran. La position neutre étant celle du 1X. Un verrou empêche aussi de modifier par erreur la correction (là, je vous avoue que c’est un peu plus agaçant car on ne peut pas modifier celle-ci « à la volée » ce qui est, j’en conviens, une vilaine habitude venue des appareils numériques).

Le viseur (heu, en fait, il y en a huit différents et 12 verres de visées), outre donc que vous pouvez le moduler à vos besoins, affiche les vitesses avec indication par diodes, qui se déplacent à côté de l’échelle de l’exposition (classique : vert = exposition correcte; orange = vitesse lente, risque de bougé; rouge sur ou sous exposition).

Source : http://frbb.free.fr/LX2/pages6,7,8.html

Un drapeau coloré signale le fonctionnement automatique ou manuel. Ensuite, une petite fenêtre, située en bas des viseurs à prismes permet de lire l’ouverture sur l’échelle des diaphragmes de l’objectif. Pensez à les nettoyer avec un coton-tige le cas échéant.

Et là je me rends compte qu’il y aurait encore tant à dire sur la foule de petits détails qui en font un grand boitier, comme le roulement à billes qui garantit un déroulement et un entraînement du film sans à-coups; comme des joints d’étanchéité à la base et au dos du boitier pour augmenter la protection contre les poussières et l’humidité, même avec le moteur monté; comme le fait que chaque viseur interchangeable LX comporte à sa base des rainures destinées à éviter l’introduction de poussières ou d’impuretés à l’intérieur du boîtier; comme le sélecteur de vitesses et le dispositif de correction de l’exposition qui sont protégés par des joints spéciaux en mousse; comme des points d’attaches disposés au quatre coins de la face du boîtier, afin de permettre le transport de l’appareil en position verticale ou horizontale; comme des pastilles de caoutchouc situées sous la semelle du boîtier et qui assurent la stabilité de l’appareil quand celui-ci est posé sur une table ou tout autre surface lisse; comme le compteur de vue, qui incrémente lorsque vous utilisez l’appareil et décompte les vues lorsque vous rembobinez, ce qui permet, notamment, de laisser l’amorce sortie, par exemple (source : Le Système LX).

Source : http://frbb.free.fr/LX2/pages4,5.html. Les joints d’étanchéités.

Mais venons-en à la cerise : la cellule IDM (Mesure Directe Intégrée) à mesure directe, LE cœur du Pentax LX.

C’est en fait un système de mesure intégrale directe de la lumière.

-« Heu … mais encore ? »

Je vous explique : une diode photosensible au silicium est placée à la base de la chambre du miroir. Ce système permet la mesure intégrale de la luminosité au niveau du plan film en temps réel et durant l’exposition.

Cette cellule au silicium disposée sur le « plancher » de la chambre et orientée vers le rideau mesure la lumière sur une trame imprimée sur le premier rideau – un réseau de pastilles blanches (gris à 18%) ou en temps réel sur le rideau et le plan du film pour les vitesses lentes. Ce système permet la mesure intégrale de la lumière au niveau du plan du film en temps réel durant l’exposition, en réglage automatique, manuel ou avec un flash TTL, et conserve l’affichage des données même en réglage manuel.

Si vous vous en souvenez, le Leica M5 possédait un capteur photosensible mobile, de type photo-résistant (au sulfure de cadmium), d’un diamètre de 8 mm, couvrant 10 % de la surface de l’image. Ce capteur est situé à l’extrémité d’un bras pivotant : lors de l’armement, il vient se placer au centre du champ, contre le premier rideau. Le Minolta – Leica CL reprendra la même disposition.

Quant au Zeiss Ikon ZM, il mesure la lumière réfléchie sur une barre grise peinte sur les lames de l’obturateur. La surface est large et la cellule est très précise (évaluative).

Mais ici, ce système permet de conserver sans aucun couplage les automatismes et l’affichage dans le viseur (quelque soit le viseur choisi d’ailleurs, et même sans viseur !).

La cellule IDM disposée sous le miroir réalise la mesure de la lumière :
– exposition manuelle, miroir baissé: à travers le miroir semi transparent et par le miroir secondaire.
– exposition manuelle, miroir relevé: sur le premier rideau dont le quadrillage offre une réflexion similaire à une pellicule.
– en automatique et flash TTL: l’affichage avant le déclenchement est fait comme ci-dessus, mais l’exposition est contrôlée en temps réel par réflexion sur le film. (source : page perso du LX)

« Le système exclusif Pentax IDM (Mesure Directe Intégrée) garantit au professionnel que l’exposition automatique est extrêmement précise et instantanée aussi bien en lumière ambiante qu’en mode flash automatique TTL. » dixit une brochure de Pentax en 1985 (source : http://frbb.free.fr/LX2/pages2,3.html)

Source : krg.pagesperso. La cellule du LX
Source : http://frbb.free.fr/LX2/pages6,7,8.html. Le schéma du passage complet de la lumière dans le boitier

Vous l’aurez compris, l’avantage de ce système est que la mesure de la lumière se fait toujours en temps réel, même avec un flash TTL, pour assurer la meilleure qualité possible.

Le Pentax LX en détails :

Source : http://frbb.free.fr/LX2/pages9,10,11.html

En quatre images, et leurs légendes, vous avez fait le tour de ce petit bijou de technologie (Brochure Pentax de 1985).

-« Aaah, c’est beau, non ? »

Cependant, tout est-il parfait dans le meilleur des mondes ?

Ben non, sinon Dieu/Allah/Vishnou et consorts n’existeraient pas !

Que peut-on lui reprocher à ce LX ? Sur les premiers modèles – mais certains de la troisième variante semblent aussi être touché – un phénomène appelé « sticky mirror » ou « miroir collant »,c.-à-d. qu’alors que la descente du miroir est amortie en fin de course par une butée élastique sur le coté gauche de la chambre (vu par la baïonnette), parfois cette butée s’écrase avec les chocs du miroir et le matériau se dégrade; il devient collant au point de retenir le miroir et retarder sa remontée au déclenchement.
Encore, la butée écrasée positionne le miroir trop incliné vers le bas et la mise au point est faussée (infini impossible).

Si cela devait se produire avec votre appareil, un lien qui me semble plus qu’utile ICI (en anglais) pour corriger le problème soi-même.
N’oublions pas, quand même que ces appareils ont plus ou moins 40 ans de bons et loyaux services. Car ce ne sont pas des boitiers que l’on a laissé dans un tiroir, ils étaient fait pour prendre la route et photographier.

Lorsque vous montez le petit grip devant – ce qui augmente encore la facilité de prise en mains – il ne reste plus que la possibilité de monter une sangle en tenue verticale. Il faudra attendre les années 2000 et la version finale (commémorative) pour bénéficier d’attaches sur les côtés … un peu tard.

Notons que le Leica M5, dans sa configuration initiale, ne proposait pas autre chose.

Ceux de Jean et Michèle ont pris mille chemins et ils ont toutes ces traces qui les rendent si attachant … Et je me demande encore lequel était celui de Jean, celui de Michèle ?

Si vous en cherchez un, à quoi faut-il dès lors s’attendre ?

A un prix conséquent, selon l’état du LX qu’on vous propose. A des griffes, une patine des bords du boitier, à la mousse du miroir qu’il faudra refaire pour éviter les ennuis (si ça n’a déjà été fait), à vérifier que les couronnes en caoutchouc des molettes de réglages sont toujours bien là, que vous avez bien les attaches pour y glisser une sangle (au moins deux), que les « aiguilles » de la bobine réceptrice ne soient pas cassées ou pliées (ça rend le chargement plus délicat), que les différents verrous fonctionnent, qu’il déclenche à toutes les vitesses et que la cellule soit opérationnelle, que le cadre de l’oculaire, en plastique, soit en bon état (il me semble un peu fragile, les rails pour y glisser un accessoire ayant tendance à se laisser aller).

De fait, un peu comme pour tous les réflex que vous voulez acheter, mais comme celui-ci vous sera proposé à un prix costaud, autant être vigilant.

En résumé, Pentax a réellement frappé fort avec ce LX, qui surclassait sur bien des points ses concurrents de l’époque. Compact, léger, adaptable à toutes les situations de prises de vue (paysage, portrait, reportage en milieu hostile, médical, scientifique, …), il a marqué de son empreinte plus de vingt ans de production. On estime à un peu plus de 10 millions le nombre d’appareils produits. C’est beaucoup et peu à la fois, sachant en outre que beaucoup ont souffert et disparu au fil des ans. Ce qui explique sa relative rareté, encore accentuée par les prix généralement pratiqués.

Je vous avoue que je suis très heureux d’en posséder … deux !

Petit aparté amusant : Jean est un utilisateur convaincu de ce LX; Pascal, un ami, ne jure que par cet appareil et, vous le savez, mon prénom est … Jean-Pascal ! Je ne pouvais décemment pas passer à côté de ce boitier mythique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Pour le manuel de réparation (en anglais) :

Quelques exemples de photos prises avec le Pentax LX LA

Quelques videos d’illustration :

Les pubs de l’époque

Source : http://frbb.free.fr/LX/couvLX.html. Brochure Pentax 1981.
Source : Pentaxiste.org
Source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1981
Source : Collection-appareils, Camara 1981, le trio de tête des années quatre-vingt. Lisez l’encart bleu en bas de page, il résume la situation.

Le côté technique

PENTAX LX CARACTERISTIQUES

Type: Appareil 24 x 36 reflex mono-objectif à système IDM de mesure de la lumière sur le plan du film, exposition automatique à priorité à l’ouverture ou semi-automatique ; contrôle automatique intégré TTL des flashes Pentax types « T » et « C ».
Monture: Monture à baïonnette Pentax à couplage automatique du diaphragme.
Obturateur: Electromécanique plan-focal à course horizontale, en titanium ; vitesses manuelles contrôlées mécaniquement de 1/2000s à « X » (1/75s) et électroniquement de 1/60s à 4s ; la pose B et les vitesses mécaniques fonctionnent sans pile , exposition automatique contrôlée électroniquement en continu de 1/2000s à 125 secondes ; verrou de déclencheur ; verrouillage automatique du sélecteur sur la position « AUTOMATIC », avec bouton de déblocage ; volet obturateur prévu pour utilisation du dos Watch Data LX.
Contrôle du flash: Contrôle direct par mesure TTL sur le plan du film de la lumière ambiante et de l’éclair électronique avec les flashes Pentax séries « T » et « C » ; caractéristiques « dédiées » avec ces modèles: commutation automatique de la vitesse sur la synchro au moment de la charge avec rappel du témoin de charge dans le viseur et du témoin d’efficacité de l’éclair. Synchro automatique et rappel du témoin de charge avec les autres flashes Pentax « dédiés ».
Synchro flash: Prises normalisées FP et X plus contacts spécifiques pour contrôle automatique intégré TTL, sur le devant du boîtier sabot-contact à couplages TTL et spécifiques sur prisme de visée standard FA-1.
Retardateur/testeur de profondeur de champ: Levier multi-fonctions pour activer le retardateur de 4 à 12s, contrôler la profondeur de champ et relever le miroir.
Mesure de l’exposition: A pleine ouverture, intégrale pondérée, derrière l’objectif (TTL) en modes automatique et semi-auto. Le système intégré de mesure directe (IDM) mesure la lumière sur le plan du film par cellule au silicium: les vitesses rapides d’exposition sont mesurées sur une trame imprimée sur le premier rideau et les vitesses lentes sur le rideau et le film en temps réel. Mesure TTL de la lumière ambiante et de l’éclair du flash avec les flashes Pentax dédiés type « T » ou « C ». Exposition semi-auto de IL 1 à IL 19 (pour 100 ASA en mètres avec objectif f/1,4) ; en mode automatique variation en continu de IL – 6,5 à IL 20 (125s à f/1,2 -1/2000s à f/22 pour 100 ASA, dans les conditions normales de température et d’humidité). Système de mesure activé par une légère pression sur le déclencheur avec extinction automatique après 25 secondes. Echelle des sensibilités admissibles: de 6 à 3600 ISO.
Correction d’exposition: En mode automatique correction jusqu’à ± 2 IL par sélecteur gradué 1/4X, 1/2X, 1X, 2X et 4X avec encliquetages intermédiaires par 1/3 IL. Signal rouge dans le viseur rappelant la correction lorsque le correcteur n’est pas sur la position normale IX. Verrouillage (avec bouton de déblocage) automatique en position 1X.
Viseur: Viseur à prisme standard FA-1 avec prisme à faces argentées montrant 98% de l’image enregistrée en vertical et 95% en horizontal ; transmission des informations concernant la prise de vues. Système incorporé de correction dioptrique par petite vis. Viseur amovible par levier de déverrouillage.
Informations dans le viseur: Affichage par diodes tricolores des vitesses d’obturation mesurées en TTL: vertes pour vitesses permettant la prise de vue à main levée de 1/2000s à 1/30s ; jaunes pour expositions lentes de 1/15s à 4s ; rouges signalant une surexposition ou une pose longue ; témoin de charge de flash et de synchro automatique avec flashes dédiés et TTL. Signal bleu de fonctionnement automatique (sur position « A ») ou de vitesse sélectionnée manuellement. Ouvertures affichées dans les viseurs FA-1, FA-1W, FC-1 et FD-1.
Ecrans de visée: Ecran de visée standard type SC-21 à stigmomètre central et couronne de microprismes sur champ dépoli mat, interchangeable avec 11 autres écrans par la monture porte-objectif.
Transport du film: Système de chargement simplifié par dispositif Pentax à aiguilles magiques. Levier d’armement rapide à une seule action course 120′ après dégagement de 25′ ; témoin d’armement incorporé. Peut recevoir l’entraîneur Winder LX et le moteur LX.
Alimentation: Deux piles alcalines ou à l’oxyde d’argent de 1,5 V pour alimenter les circuits électroniques en modes automatique et semi-auto. Clignotement des diodes dans le viseur lorsque les piles s’épuisent. Blocage du miroir lorsque les piles sont épuisées.
Miroir: Large miroir à retour réduisant les risques de vignettage rapide. Verrouillage du miroir possible en position haute.

Dos: Dos standard à fenêtre aide-mémoire incorporée. Interchangeable avec dos Dial Data LX, Watch Data LX et dos grande capacité LX.
Dimensions du boîtier: 144,5 mm X 90,5 mm X 50,0 mm avec viseur standard FA-1.
Poids du boîtier: 565 g avec viseur standard FA-1.
Autres caractéristiques: Poignée en option ; joints spéciaux pour interdire l’entrée de poussière et d’humidité ; patins caoutchouc à la base du boîtier pour améliorer la stabilité sur les surfaces planes ; rondelle d’espacement pour fixer sur pied l’appareil équipé d’un objectif de grand diamètre.

Des références : https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-6701-Pentax_LX.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11130-Pentax_LX.html, https://www.pentaxiste.org/pratique/Brochure-publicitaire-sur-les, http://35mm-compact.com/reflex/pentax-lx.htm, https://krg.pagesperso-orange.fr/collection/lx.htm, excellent site, incontournable, http://frbb.free.fr/LX/couvLX.html, http://frbb.free.fr/LX/pages%202%20%E0%205.html, sans doute LE site de référence du LX, en français, https://en.wikipedia.org/wiki/Pentax_LX, https://klassik-cameras.de/Pentax_LX.html, https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-lx.html, https://mikeeckman.com/2022/05/pentax-lx-1980/, en anglais

Argentique

Le Canonet 28

Vous vous rendez compte, je n’ai pas encore parlé de ce petit Canonet, qui a pourtant fait les beaux jours de plein de photographe !

Le Canonet QL 19 GIII et le Canonet QL17 GIII avaient déjà été présentés, et un rapide survol du Canonet 28 aurait dû me faire revenir sur son cas.

Eh bien, je répare cette erreur aujourd’hui avec ce petit 28 trouvé dans une brocante (comme son prédécesseur, revendu entre-temps). Il est propre et il fonctionne, au premier abord (arme et déclenche); la pile est absente (une PX625) mais pas de traces d’oxydation dans le compartiment, c’est déjà bon signe. Les mousses sont à refaire, comme d’habitude. Et j’ai la chance de recevoir un petit flash Kako 220S qui accompagne cet appareil depuis toujours.

C’est sa propriétaire qui me le vend, avec un petit pincement, vite évanoui quand je lui explique ma démarche.

Alors, ce Canonet 28 ?

C’est le petit dernier de la série des Canonet et je devrais même préciser des « New Canonet » comme le QL 17 et le QL 19.

Pourquoi New ? Parce que ces boitiers ont existé avant, sous les mêmes dénominations mais avec les technologies de l’époque, qui devaient, logiquement, évoluer, notamment les cellules et l’électronique embarquée.

Prenons le temps d’une petite revue « historique » de l’ensemble pour mieux comprendre :

En 1961, Canon lance le Canonet 19 – rappelez-vous, le chiffre indique l’ouverture de l’objectif, un f1,9 ici.

Outre cette ouverture très favorable, il embarquait une technologie innovante pour la mesure de la lumière, appelée Electric Eye (EE). Des cellules photoélectriques positionnées autour de l’objectif (le fameux « nid d’abeille ») mesurait l’intensité de la lumière et ajustait alors la vitesse d’ouverture. Ce qui amène Canon à le déclarer comme un appareil « automatique » : « « Inutile de déterminer les expositions correctes, le Canonet le fait pour vous… automatiquement. Vous êtes assuré d’obtenir des images parfaites… toujours » dixit le mode d’emploi.

Si l’on en croit la légende, il s’est vendu en deux heures l’équivalent d’un stock d’une semaine à la sortie de cet appareil !

Puis, en 1964, apparait le Canonet S, équipé d’un objectif ouvrant à f1,7. Une très belle optique à six éléments en quatre groupes.

Un million de Canonet avait déjà été vendu à la sortie de ce nouveau modèle !

Ensuite, en 1965, Canon introduit une nouvelle fonction appelée QL pour « quick load » ou chargement rapide. Il en profite pour structurer sa gamme de Canonet, basée sur l’ouverture des objectifs. Nous aurons donc un QL 17 en haut de gamme, un QL 19 et un QL 25, l’entrée de gamme, avec un objectif de 45mm ouvrant à f2,5 de 5 éléments en 4 groupes.

Dans cette nouvelle mouture, exit la cellule en nid d’abeille autour de l’objectif mais apparition d’une toute petite cellule de mesure sur le haut de l’objectif, qui restera le signe distinctif tout au long de la vie de cette gamme.

Outre ces changements, les QL ont aussi introduit la pleine ouverture et le contrôle de la vitesse d’obturation, ainsi qu’un mode d’exposition automatique à priorité vitesse.

Le premier Canonet 28 est apparu lui en 1968. C’était le modèle économique de la gamme : un objectif ouvrant à f2,8 composé de quatre éléments en trois groupes. Il était équipé d’un obturateur Seiko LA (les autres avaient des obturateurs Copla SV – sauf le QL 19E équipé lui d’un Seiko SE électronique).

Le boitier était en métal avec quelques touches de plastiques et ne possédait pas de télémètre à coïncidence mais travaillait avec la mise au point par zones, celles-ci étant gravées sur le fut de l’objectif et visibles dans le viseur. Le flash est un « flash cube », exit donc la prise accessoire sur le dessus.

Moins pratique et précis que ses grands frères, il a néanmoins trouvé son public, grâce à un prix réduit et une bonne qualité de fabrication.

Pour suivre, en 1969, sortent les New Canonet QL 17 (et QL 17 L pour luxe). Suivent en 1971 les versions « New » des QL 19 et 28. La forme reste carrée mais diminue, elle se modernise aussi, rendant assez intemporels ces boitiers

Enfin, en 1972, apparaissent les derniers et – à mon avis (que je partage avec beaucoup d’autres) meilleurs Canonet jamais sortis : les QL GIII. G pour « grade » et trois car la troisième génération.

Si la ligne reste proche des appareils plus anciens, elle se re-stylise, modernise et devient commune à toute la gamme.

Quoiqu’il n’y aura jamais de New Canonet 28 ni QL ni GIII. Même s’il s’est perfectionné au fil du temps, gagnant une visée télémétrique, une position automatique simplifiée qui sera elle à priorité ouverture (vitesse pour les autres), un corps toujours métallique, un objectif de 40mm ouvrant à f2,8 (4 éléments en 3 groupes). Ce petit appareil sympathique et toujours très apprécié en Street photography (il est très silencieux) s’est vendu comme des petits pains de 1971 à 1976, date de fin de sa fabrication.

Techniquement, le boitier utilise donc le principe du couplage de la cellule, la Electronic Eye, au contrôle de l’exposition, du moins dans le mode automatique.

L’obturateur Copal est couplé au système d’exposition électronique qui détermine le couple diaphragme/vitesse. La plage d’exposition va de 1/30s à f2,8 à 1/680s à f14,5.

Si vous voulez passer au mode manuel, la vitesse passe alors au 1/30s et vous pouvez choisir votre ouverture (de f2,8 à f16)

Vous pouvez dans ce cas utiliser un flash électronique et si, cerise sur le gâteau, vous trouvez un Canolite D – le flash dédié au Canonet 28 – vous pouvez rester en mode automatique et vous serez alors synchro aux vitesses. Notez que je pense que le petit flash, le Kako 220S donné avec mon exemplaire est synchronisé.

La sensibilité des films utilisables va de 25 Asa à 400. Ce qui peut paraître peu, d’autant que, en position automatique, si l’appareil considère que vous êtes hors de sa plage de fonctionnement, il va se bloquer, vous empêchant de prendre la photo et – selon les vœux des ingénieurs nippons – vous empêcher de gâcher de la pellicule sur ou sous exposée. La cellule EE (Electronic Eye) est une CdS.

La seule solution alors est de passer en manuel, avec – pourquoi pas – une cellule à main et à recomposer votre cliché.

Un mot aussi du viseur, clair, bien dégagé et complet. Vous avez des lignes jaunes bien lisibles pour délimiter les lignes de cadre, dont celles corrigées pour la parallaxe et, sur la droite, l’échelle des vitesses. Le patch, jaune, est bien visible. Facile à mettre au point et rapide (avec un minimum d’entrainement).

Sa forme carrée, typique de ces années-là, le rend agréable à prendre en mains. Pas trop lourd (+/- 500gr), pas trop grand, il est facilement transportable et ne ruinera pas vos cervicales en cas de longue balade dans les rues.

Le mettre dans une poche me semble difficile, mais un petit sac suffit.

Même si son objectif est considéré comme « lent » – un 40mm ouvrant à f2,8, sa construction de cinq éléments en quatre groupes lui donne une belle cohérence et il s’en tire plutôt bien, même en cas de faible lumière.

La mise au point commence à 0,80cm, ce qui le rend confortable à l’utilisation « passe partout » à laquelle il est destiné.

En pratique :

  • vous ouvrez le dos de l’appareil en tirant sur la bobine de rembobinage, à gauche. S’il n’est pas équipé du système QL, il n’en demeure pas moins facile à charger d’une nouvelle pellicule
  • le déclencheur est lui aussi assez court et précis, assez silencieux. L’obturateur étant dans l’objectif, il n’y a quasi pas de vibrations au déclenchement (pratique si vous êtes à la limite du « bougé » en faible lumière
  • l’armement est relativement court et précis. Comme souvent, le levier peut être éloigné du corps pour un réarmement plus rapide, si besoin.
  • sous l’appareil, vous ouvrez la petite porte coulissante en plastique noir et glissez dedans soit un PX625 soit un adaptateur dans lequel vous glissez une LR44 ou, mieux, une pile bouton comme on les met dans les appareils auditifs, une 675(pensez cependant que ces piles zinc-air se déchargent plus vite)
  • lorsque le film est engagé, un petit témoin (petite fenêtre au dos du boitier) vous indique si celui-ci est bien attaché et avance correctement
  • vous réglez la sensibilité au moyen d’une petite tirette sur le côté gauche de l’objectif (de 25 à 400 Asa)
  • vous visez à travers l’objectif et vous réglez la distance avec la bague en alu striée sur les côtés pour amener le patch jaune en coïncidence avec le sujet
  • soit vous avez réglé l’appareil sur A et il se charge de tout, en ayant en mémoire que si la scène est sous ou sur exposée, il refusera de déclencher, à moins d’avoir monté un flash sur la griffe
  • soit vous êtes en manuel et vous réglez l’ouverture à votre mode, de f2,8 à f16
  • en fin de film, vous appuyez sur le petit bouton sous la semelle, qui va déverrouiller le mécanisme et vous rembobinez avec la molette de gauche

Difficile de faire plus simple, non ?

Ne nous trompons pas, si les GL 17 GIII, voire GL 19 GIII tirent la couverture à eux sur le marché de la seconde main, avec des prix souvent indécents, le Canonet 28 reste un investissement (le vilain mot !) intéressant.

Moins sophistiqué que ses grands frères, il rend néanmoins d’excellents services et de nombreux photographes l’ont bien compris, qui s’en servent sans jugement mais pour leur plus grand plaisir.

La qualité de ses photos, sa simplicité de mise en œuvre et de manipulation en font un « must have » presque incontournable quand votre portefeuille est moins bien garnis et que, cependant, vous voulez vous lancer dans l’argentique sans trop de risques.

Autrement dit, si vous en trouvez un à prix intéressant (max. 40€), en parfait état, ne le boudez pas, il sera un fidèle compagnon de voyage.

Tout au plus, vous devrez changer les mousses de la chambre, une opération bénigne qui vous occupera une demi-heure tout au plus. Si vous ne sentez pas l’âme de découper les mousses, vous en trouverez ICI toutes prêtes et d’excellente qualité sinon LA.

Quelques pubs d’époque :

Source : Collection-appareils, Photokina 1969
Source : Collection-appareils, même si l’appareil ne fut plus fabriqué dès 1976, il se vendait encore en 1981 ! Grenier-Natkin 1981.

Comme d’habitude, une petite video d’illustration :

Et si vous deviez y faire quelques interventions :

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI, LA, LA aussi, LA encore et encore LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des sites de références : https://benber.fr/presentation-du-canonet-28/, http://35mm-compact.com/compact/canonet28.htm, https://www.ecribouille.net/argentique-canonet-ql-28-sans-pile/, https://melisange.wixsite.com/paris-photo/product-page/canonet-28, https://lafillerenne.fr/blog/738/ en français, https://casualphotophile.com/2018/11/19/canon-canonet-28-camera-review/, https://casualphotophile.com/2018/11/19/canon-canonet-28-camera-review/, https://www.lomography.com/magazine/53429-reviewing-the-canon-canonet-28 en anglais

Argentique

Le Ultra FEX

Honnêtement, cela faisait un moment que je voyais ces appareils et à chaque fois que j’en trouvais un, je le prenais en main, le tournais dans tous les sens pour ensuite le reposer sans même demander le prix.

Alors pourquoi ai-je pris celui-ci ? Parce qu’il était propre, avec son « sac tout prêt », pas rouillé, pas fissuré, que l’objectif coulissait normalement, … en gros, il semblait en excellent état.

Et parce que je voulais, une fois pour toute, satisfaire ma curiosité.

J’ai déjà craqué pour des appareils en bakélite, comme les Eura de Ferrania, l’Agfa Clack ou le Lubitel 2 par exemple.

Pour ces trois là, pas de soucis, ils utilisent du film en 120. Par contre, pour celui-ci, ce sera du 620. Autant vous dire d’emblée que je ne vais pas me lancer dans la transformation d’une bobine de 120 en 620, j’ai pourtant déjà expliqué comment faire avec la présentation du Kodak Dualflex. D’autant que vous devriez utiliser les anciennes bobines de 620 pour certains boitiers, celles en métal avec un trou central qui traverse la bobine de haut en bas. Celles en plastique modernes ne fonctionnent dès lors pas sur tous les modèles.

Vous trouverez sur Lomography des exemples de photos prises avec cet appareil, comme ICI.

Mon propos est plutôt de vous présenter cette drôle de machine, qui a fait le bonheur de millier de photographes peu fortunés et garni de très nombreux livres photo de famille, en France surtout.

Celui que j’ai acheté une bouchée de pain sur une brocante est accompagné de son sac tout prêt, coutumier de l’époque. Ils sont tous deux en bon état et j’ai juste dû leur donner un petit coup de chiffon pour les débarrasser de la poussière accumulée.

Mais commençons par le début.

FEX pour France Export, qui a produit cet appareil de 1947 à 1962. Mais c’est un ingénieur d’origine allemande, Fritz, puis Friedrich et enfin Frédéric Kaftanski, né le 18 novembre 1899 à Essen dans la Rhur qui a utilisé le mot FEX, la marque créé par son père, Julius.

Ce sont les Ets Kafta, à Paris, qui vendirent les premiers FEX en France, en 1945.

Et tant qu’à faire un peu d’histoire et le tour de l’Europe, rappelons que c’est Léo Baekeland, chimiste belge né à Gand en 1863, qui a inventé en 1906 la bakélite, ce « plastique » qui a permis les formes les plus folles et les plus « aérodynamiques » de l’époque, jusqu’à ce que les plastiques prennent le relais, dans les années soixante, détrônant cette matière qu’il était difficile de colorer et qui se brisait rapidement lors d’un choc.

Fritz Kaftanski, devant fuir la montée du nazisme, est passé par Prague, la Slovaquie de l’époque (1942), et a délocalisé certaines productions en Italie, en Slovaquie et en France

Mais revenons au mot FEX, le France Exportation. Il fut le fruit d’une association avec un chimiste français dans les années quarante, Monsieur Lucien Bouchetal De La Roche. Celui-ci va aider Fritz Kaftanski à vendre ses premiers appareils en France, qui seront produits par les Ets FEX à Lyon. Il s’agit d’un appareil en bois- le Compa FEX, très rare – les moules des autres créations de notre inventeur de génie étant resté à Prague ou dans l’entreprise français M.I.O.M. Cet appareil était équipé d’un objectif Angénieux, le nec plus ultra français de l’époque.

Officiellement, c’est en 1943 qu’apparait l’Entreprise FEX (France Export) dont le domaine d’activité sera de diffuser des produits d’entretien, le domaine de Messieurs De Marencour et Bouchetal De La Roche

Ce n’est qu’en 1944 que les premiers modèles en bakélite noire sortent d’usine.

-« Ca va, vous suivez toujours ? »

Pour faire court, sachez que Kaftanski a créé la société Kafta en 1946, avec l’aide de Bouchetal etc. qui sera une succursale de FEX pour la vente des appareils SUPERFEX, la visionneuse SCOPARETTE, les posemètres TEMPOR et IRIS ainsi qu’à partir de 1947, une caméra qui projette, la PROJECTA CAMERA (des inventions de notre ingénieur prolixe).

En fait, les deux sociétés étaient tellement unies que plus personnes ne savaient qui faisaient quoi, alors que c’est très simple : les Ets KAFTA fabriquent et vendent les SCOPARETTE et distribuent les SUPERFEX, et les Ets FEX fabriquent et vendent les SUPERFEX et distribuent les SCOPARETTE.

-« Si, si, là je vous sent perdus … »

Allez, j’abrège : l’ULTRAFEX est en fait un SUPERFEX muni d’un objectif rectangulaire rétractable.

Le premier modèle, sorti donc en 1947 (oui, oui, je l’ai déjà noté plus haut, faut suivre un peu !) avait un énooorme défaut : il n’avait pas de guidage de bobine débitrice, et avec un format 6X9 – bobine de 120, il arrivait souvent que celle-ci se coince et à terme, le film se déchirait.

Source : Collection argentique, vous pouvez noter qu’il n’y a pas d’axe de bobine à droite (face à l’appareil) mais la forme du boitier est bien là, qui n’évoluera quasi pas entre 1947 et 1962

Cette anomalie fut corrigée dès 1948 par le rajout d’un axe de bobine. C’est le deuxième modèle.

Source : Collection argentique, ici vous voyez non seulement la bobine réceptrice mais aussi la protection contre la double exposition (?) qui consiste en un verrou en métal qui se glisse sous le déclencheur.

Viendront ensuite toutes une série de modifications minimes, qui permettent aux collectionneurs de se régaler (les vis du bloc sont-elles fendues verticalement ou horizontalement ?) mais qui ne changeront pas grand chose au fonctionnement de l’appareil. En tout, il y eut huit modèles et on compte trente-quatre versions différentes.

Ah, un dernier mot sur l’histoire de la marque : c’est une question de brevet, le N° 940.421 délivré le 14 mars 1949 à Bouchetal De La Roche qui sera l’initiateur de la scission des deux sociétés. Celui du fameux tube rectangulaire déposé aussi par l’ami Fritz mais qui ne sera enregistré lui qu’en 1951(les hasards de l’après-guerre).

Cette énième péripétie aura pour conséquence que les appareils ULTRA FEX verront leur sérigraphie évoluer (les collectionneurs en gloussent encore) au fil des disputes.

Voilà, voilà ….

Et l’appareil que je vous présente dans tout ça, que propose -t’il concrètement ?

  • Un objectif Touret – Narrat, à ménisque, fabriqué par des transfuges de chez Angénieux qui …. (bon, les plus curieux iront lire la suite LA)
  • un obturateur non synchronisé à deux vitesses plus pause B
  • un diaphragme à deux positions – Intense et Normal
  • un guidage de la bobine
  • un étonnant reflet bleu dans la lentille, résultat d’une couronne bleu foncé placée dans l’objectif mais qui n’a d’autre utilité que de faire croire que la lentille est traitée
  • un cache métallique pivotant qui protège la fenêtre rouge au dos du boitier, fenêtre qui sert aussi de compteur de vue
  • un crochet en plastique qui bloque le déclencheur pour éviter les erreurs

Tenant compte de ces caractéristiques, il semble que ce soit un modèle de 1950.

Parce que celui-ci n’a pas l’emplacement pour le mot France ou Himalaya réservé sur la face avant, qu’il a bien le cadre du viseur chromé, la face avant est visée avec des vis sans fentes, il a un écrou pour le fixer sur un trépied (le pas est dit « du Congrès » soit 3/8″, qui nécessite un adaptateur pour les fixations modernes en 1/4″), il n’a pas de synchro pour le flash, mais le crochet de verrou du déclencheur est en plastique et pas en métal et il possède un cache métallique pour la fenêtre rouge à l’arrière.

Bref, il ressemble à un joyeux assemblage de pièces diverses et communes à d’autres modèles, sans doute un modèle de transition ou, comme ça arrivait souvent, un assemblage dû à des pièces manquantes et qu’on allait piocher dans les stocks.

Techniquement, il est équipé d’un objectif « Optic Spécial Fexar »équivalent à un 85mm (ouvrant à f11) grâce au tube allonge qui le met à la bonne distance de la pellicule. Il faut bien déployer le tube jusqu’à l’apparition d’une flèche rouge pour que la position soit correcte.

La mise au point se fait à partir de 2m jusque l’infini.

Il n’a que deux vitesses, le 1/25s et le 1/100s, plus une pause B, que vous réglez avec le bouton au côté droit de l’objectif (quand on le regarde de face).

Le diaphragme a aussi deux positions : normale ou intense. Normale quand il fait gris, sans trop de soleil; intense lorsque ce dernier brille, qu’il y a de la neige, du sable, en gros beaucoup de lumière. Dans ce cas, un écran avec un trou plus petit vient se placer devant l’obturateur. Ces ouvertures doivent correspondre à f16 et f22.

Parlons-en de l’obturateur, un simple volet relié à un ressort, que l’on voit lorsque la chambre est ouverte. Aussi simpliste que sur le Diana, par exemple.

Le déclencheur n’est pas synchronisé à l’avancement du film et est donc toujours prêt à être enfoncé. Bonjour les doubles expositions chez les distraits qui n’auront pas avancé leur pellicule et appuyé par inadvertance sur ce maudit bouton. Car il existe bien une astuce « anti distraction » mais que vous devrez manœuvrer le fameux crochet en plastique (fragile) que vous êtes censé remettre sous le déclencheur entre deux photos.

Ce petit crochet est contre le déclencheur lorsque l’appareil est fermé et ce n’est que celui-ci déployé que vous pouvez le faire tourner, dégageant ainsi le déclencheur. Si vous armez l’appareil et oubliez de re glisser le crochet sous le déclencheur, vous êtes bon pour de multi expositions, et comme vous n’avez que huit photos sur un film de 620, prudence.

Remarquez aussi le rond bleu foncé autour de l’objectif. Il s’agit d’un anneau en aluminium dont la fonction n’est pas claire : utile ou simplement pour faire penser que la lentille est traitée ?

Lorsque l’appareil est ouvert (deux tirettes métalliques sur les côtés pour ôter le dos en entier), vous verrez que le plan du film est incurvé, ce qui est une astuce courante pour les objectifs à ménisque à élément unique afin de maximiser la netteté dans les coins, mais il n’y a pas de plaque de pression du film.

Par contre, la porte arrière incurvée de l’appareil photo comporte plusieurs bandes horizontales qui exercent une pression sur le film lors de son transport à travers l’appareil photo.

Le Ferrania Eura et l’Agfa Clack utilisent la même astuce.

Petite remarque encore : les premiers modèles munis d’un bobine réceptrice étaient un peu plus compliqués à charger car il fallait dévisser la longue tige qui tenait la bobine pour enlever le film exposé, puis la remettre dans la nouvelle bobine réceptrice pour y accrocher le nouveau film.

Un avertissement à l’intérieur de la porte arrière indique « Utilise les bobines 6 × 9 à joues réduites ».

Raison pour laquelle dès le début de l’article j’ai indiqué que je n’essayerai pas de mettre une cartouche dans cet appareil car il faut une bobine avec un petit cercle au dessus et en dessous (le fameux « joues réduites »), moins courante que les 620 classiques.

Un appareil « simple » comme le proclamait les pubs de l’époque (voir plus bas) mais dont les résultats ne sont absolument pas mauvais. Je vous renvoie sur le compte Flickr de Lance Rothstein qui a eu la patience de l’essayer, avec des images très belles.

Mais à tout choisir, pour la même qualité d’image, je préfère l’Eura de Ferrania, plus simple d’utilisation (bobine de 120).

Aussi étrange que cela puisse paraître, cet appareil – et ses variantes dues à son histoire compliquée – s’est vendu en quantité énorme. De fait, il répondit aux besoins d’une population peu argentée mais désireuse d’un appareil simple et assez efficace. On en trouve régulièrement en brocante (braderie pour nos amis français) mais pas toujours en bon état (coups, fissures, rouille, morceaux manquants, etc.).

Que penser alors de cet Ultra FEX ? A moins d’être collectionneur, ou d’avoir envie de décorer votre intérieur – j’ai vu un modèle relooké par des adeptes du Steampunk, étonnant !-, je pense qu’il n’a pas beaucoup d’intérêt. Si néanmoins il vous tente, ne payez pas plus de 15€ pour un exemplaire en parfait état, avec son sac tout prêt.

Quelques délicieuses pubs d’époque :

Source : mes appareils photos, pub placée en 1955 dans Sciences et Vie
Source : mes appareils-photos

Pour le mode d’emploi, c’est ci-dessous ou ici pour la version « ligth ».

Source : PhilCameras
Source : Collections-appareils

Une petite video d’illustration

Et si le cœur vous en dit d’en restaurer un

Des références : https://lafillerenne.fr/blog/1144/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Fex-Ultra-Fex.htm, http://kaftafex.free.fr/date_ultrafex.html à mon avis LE site de référence sur la marque, http://fexmania.fr/index.php?/category/3, http://clicclac1.free.fr/old/Appareils_francais/FexIndo/ultra-fex1.htm, https://www.philcameras.be/fex/, http://glangl1.free.fr/Pages/FEX/Page_Ultrafex.html, http://www.vieilalbum.com/UltraFex4FR.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-220-Fex%20Indo_Ultra-Fex.html en français, https://mikeeckman.com/2020/10/fex-ultra-fex-1947/, http://camera-wiki.org/wiki/Ultra-Fex, https://labeauratoire.wordpress.com/2012/07/15/the-ultra-fex-620-6×9-camera/, http://www.artdecocameras.com/cameras/fex-indo/ultra-himalaya/ en anglais

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Et pourquoi pas la macro en argentique ? La suite par Olivier

Les Flashs « Macro »

              Comme cela était abordé dans le précédent article, le prix des équipements optiques associés à la macrophotographie a  fait  que très peu de personne se sont lancé dans cette activité. De plus, un néophyte se rendra vite compte que cette activité requiert bien souvent d’autres accessoires. Le simple objectif spécifique  est indispensable mais pas toujours suffisant. En effet, les conditions de prise de vue demandent  très souvent une lumière conséquente que l’environnement extérieur ne peut fournir. Finalement, un éclairage additionnel sera requis pour des situations d’intérieures et un flash dédié vous sera certainement d’une grande utilité. Toutefois, les prix élevés associés à ces équipements vous feront  bien évidement préférer le matériel d’occasion qui, même s’il ne reprend pas les spécificités de votre boitier, sera largement suffisant pour arriver à de très bons résultats. Nous allons vous expliquer dans cet article pourquoi la lumière vous fera défaut dans la majorité des situations et comment faire pour utiliser un flash qui ne peut utiliser les automatismes qui sont associés à votre boitier.

Mais pourquoi vais-je donc avoir besoin d’un flash ?

              Et bien vous allez être confronté au problème de la profondeur de champ. En effet, en Macro, un objectif standard (et même un objectif macro) n’en a aucune ! La preuve, cette photo d’un circuit électronique (carte de décodage d’un ancien caméscope SONY).

Pour les trois photos suivantes qui nous serviront de support didactique, j’ai utilisé un Olympus OM-2n avec des flashs en mode « Full Automatic Control ». Cette fonctionnalité permet de mesurer l’éclairement associé au flash à travers l’objectif et décharge l’utilisateur de tout calcul d’ouverture du diaphragme.

Vous vous rendez vite compte que le haut des composants est bien net alors que la base est floue. Quand un objectif est utilisé à pleine ouverture, il n’y a même pas un centimètre de profondeur de champ.

              Alors  utilisons notre flash (COBRA) pour éclairer la scène… Et ainsi fermer le diaphragme et donner de la profondeur de champ…

Cette fois, nous avons un peu plus de profondeur de champ, mais la position du flash (qui est resté sur la griffe porte accessoire) provoque un éclairage non uniforme et des ombres apparaissent.

Utilisons maintenant un flash annulaire (spécifique macro)

Cette fois, il n’y a plus d’ombre parasite mais la photo obtenue semble sans relief. En effet, les ombres donnent de la profondeur et ce n’est pas ce qui est recherché par les personnes qui utilisent la macro de manière industrielle.

              Finalement, si vous voulez faire de la macro, il faudra garder à l’esprit les problèmes d’éclairage ou de profondeur de champ. Donc, imaginer que l’on pourra avoir des photos aussi éclatantes que celles que l’on rencontre sur le net, est quand même illusoire si on se limite uniquement à l’achat d’un objectif macro.

Commençons par quelques spécificités…

                            Un flash « Macro » est un flash avec un faible nombre guide.

              Et oui, oubliez les nombres guides (NG) supérieurs à 20. Les flashs « Macro » se situeront dans la plage NG 8 à NG 15 au maximum et encore, vous serez bien content de pouvoir faire varier la puissance (De la puissance maximale à 1/16 ou 1/32 de cette puissance). Si vous avez la chance d’avoir un flash pouvant accepter un cordon de synchronisation, alors vous pouvez espérer positionner ce flash de manière à exposer correctement le sujet. En effet, quand vous avez un sujet à faible distance de mise au point, la zone couverte par le flash n’est pas nécessairement la zone où se situe le sujet. Un flash à tête orientable est donc indispensable. Or les flashs ayant un faible nombre guide ne sont JAMAIS à tête orientable. Le cordon de synchronisation vous permet de palier à ce défaut si le flash concerné est capable de le recevoir.

a) Exemple de flash de forte puissance à tête orientable

Le flash T-32 (Olympus) possède une tête orientable qui peut descendre d’une dizaine de dégrée vers le bas. C’est suffisant pour éclairer un sujet très proche de l’objectif. Mais sa puissance trop importante surexposera systématiquement le sujet en MACRO.

b) Exemple de flash de moyenne puissance à tête fixe

Sa faible puissance (NG 20 quand même) rend le T-20 plus adapté à l’éclairage des sujets rapprochés, toutefois l’absence de tête orientable et son incapacité à doser la puissance en mode manuel le rendent d’un emploi délicat en MACRO.

              De plus, les flashs ayant un faible nombre guide sont des flashs d’entrée de gamme et ne sont pas prévus pour être utilisés en mode déporté. Il faudra trouver les précieux accessoires qui vous permettront de le faire. Dans le cas du système Olympus, il faut 3 éléments qui seront difficiles à réunir.

Un cordon de synchronisation                 Une griffe accessoire spécifique                            un sabot pour le flash

              Donc, vouloir utiliser le T-20 dans une situation ou le sujet est à quelques dizaines de cm de votre objectif ne sera pas si facile que cela. Si vous n’êtes pas pressé, regardez régulièrement les sites de vente de matériel d’occasion, si vous voyez passer ce type de matériel, il y a de forte chance pour que vous soyez aussi la seule personne intéressée et vous finirez par compléter votre équipement pour le rendre utilisable en macro.

c) Les flashs  annulaires

              Ces flashs sont dédiés MACRO et sont proposés à des tarifs bien trop élevés compte tenu de leur utilisation exclusive. Qui va dépenser le prix de deux ou trois objectifs pour un flash qui sera utilisé deux ou trois fois par an. Par exemple, Olympus a eu deux flashs dédiés MACRO dans sa gamme, le T-28 et le T-10

A gauche le T-28, à droite le T-10

              Les prix demandés en occasion pour de tels équipements vous feront vite tourner les talons (150 à 250 Euro). Mais rien n’est perdu et de très vieux modèles proposés par d’autres constructeurs sont tout à fait capables de vous exposer correctement votre sujet. Il faudra toutefois revenir sur les spécificités de la macrophotographie pour être en mesure de réaliser correctement votre exposition. Ainsi, le choix que vous avez fait de rester sur des  appareils photos argentiques n’ayant que très peu d’électronique devient un avantage car vous pouvez utiliser du matériel qui n’intéresse pas les possesseurs d’appareils numériques.

Exemples de flash MACRO proposés par SUNPAK.

A gauche le Sunpak GX8R, à droite, le Sunpak DX8R

Pour le Flash SUNPAK DX8R, j’exprime tous mes remerciements à une personne rencontrée par l’intermédiaire d’un site de vente entre particulier qui m’a donné ce matériel pour que je puisse vous proposer cet article en ayant l’opportunité de concilier les explications et les photos expérimentales.

              Ces deux modèles ne sont pas capables d’utiliser les fonctionnalités des boitiers récents et, pour l’un d’entre eux, il possède un niveau de tension au niveau des contacts du sabot qui risque de griller les précieux circuits électroniques d’un appareil numériques. Bref, vous aller être obligé de travailler en manuel et uniquement avec des appareils ayant une électronique simple et robuste ( CANON série A, Olympus OM-1 ou OM-2, Fujica AX , NIKON F …. ) et un sabot standard .  Allez passons à la pratique…

                                          Une photo « Macro » se fait avec un papier et un crayon.

              Aussi curieux que cela puisse paraitre, vous allez vous retrouver sans aucune assistance pour mettre vos paramètres de prise de vue. Il faudra réfléchir un peu et vous remettre en mémoire vos premières notions de photographie. Seuls les plus chanceux d’entre nous ont des appareils ayant une capacité TTL au flash, sans compter qu’il faut aussi que le flash soit doté du sabot adapté pour garder les automatismes du boitier. Je suis l’un de ces chanceux, car j’ai un Olympus OM-2n et un flash annulaire équipé d’un sabot dédié Olympus. Toutefois, cette configuration servira de configuration de référence pour vérifier si notre procédure de travail pour un appareil utilisé en semi-automatique donne une bonne exposition du sujet.

a)  Le doubleur de focale  (avec fonction MACRO)

              C’est la solution la plus économique pour ceux qui pensent se limiter au grossissement 1:1.  Cette solution vous obligera à faire quelques petits calculs si vous utilisez un flash. En effet, ce type de complément optique vous prend beaucoup de luminosité. Ce qui est équivalent à la perte de deux diaphragmes (si vous avez la chance d’avoir la notice d’utilisation du doubleur, cette information y figure obligatoirement, avec un doubleur vous n’envoyez  sur la pellicule qu’un quart de la scène qui est vue par l’objectif). Dans le doute, n’hésitez pas à faire l’expérience suivante pour évaluer l’impact du doubleur sur l’exposition.

– Olympus OM-1n  associé à un 100 mm  (Ici, un Zuiko 100 mm, f:2.8)

Une mesure avec cet objectif me donne pour une scène d’extérieure, une vitesse de 1/60 et une ouverture de f:8

– Olympus OM-1n  associé au doubleur et à un 50 mm  (Ici, un Zuiko 50 mm, f:1.8)

Une mesure avec cette association me donne pour la même scène d’extérieure, une vitesse de 1/60 et une ouverture de f:4  (soit une perte de luminosité de deux diaphragmes).

              Si vous avez un OM-2n avec un flash réalisant la mesure en TTl,  alors déclenchez sans vous poser trop de question et tout se passera bien…Pour les autres cas, on se grattera la tête…

              Prenons un cas pratique : Imaginons que vous avez un 50 mm f1:1.8 associé à un doubleur de focale ayant la fonction Macro. Votre sujet se trouve à 37 cm du plan de votre film et  vous avez un flash annulaire utilisable seulement en manuel. Le premier travail que vous devez faire est de convertir les ouvertures de votre objectif en ouvertures réelles associées au doubleur de focale.  Si votre plus petite ouverture est de f:16, alors mettre f:16 sera équivalent à mettre une ouverture de f:32 (- 2 diaphragmes) mettre l’ouverture à f:2.8 revient à une ouverture réelle de f:5.6.

C’est le moment de regarder le dos de votre flash et de déchiffrer le tableau de réglage.

Les réglages possibles sont les suivants pour une pellicule de100 ASA:

distance (cm)Puissanceouvertureouverture corrigée
37:            fullf:22f:11
37:            1/2f:16f:8
37:            1/4f:11f:5.6
37:            1/8f:8f:4
37:           1/16f:5.6f:2.8

              L’ouverture corrigée est la valeur que vous allez mettre sur votre objectif pour avoir l’ouverture demandée par le flash. Finalement, vous avez 5 réglages possibles. A la vue des ouvertures conseillées, vous comprenez pourquoi votre flash de nombre guide 30 ne sera pas utilisable (vous allez finir par mettre des filtres de densité les uns sur les autres !). Le constructeur vous propose aussi des diagrammes pour déterminer l’ouverture de l’objectif.

              On retrouve les valeurs proposées par la réglette de calcul et si un changement de puissance est requis, il faut recalculer l’ouverture : une ouverture de f:32 à pleine puissance se traduira par une ouverture de f:16 au 1/4 de puissance. Pour ceux qui se poseraient la question du choix de la distance, il ne faut pas oublier que même les flashs macros ont parfois un fonctionnement automatique et la cellule de mesure n’est pas placée sur l’anneau mais sur la griffe du flash, donc à proximité du plan du film, d’ou le choix de privilégier le calcul de la distance en partant du plan du film.

              Passons à la pratique…  Utilisons notre appareil semi-automatique (Ici un Olympus OM-1n) avec le flash SUNPAK DX8R en manuel. L’objectif est un 50 mm f1.8 associé à un doubleur de focale ayant la fonction Macro.

On voit immédiatement que la photo obtenue est similaire à celle obtenue avec l’Olympus OM-2n avec le flash annulaire en mode « Full Automatic Control ». Donc notre procédure de réglage est parfaitement validée.

Voici la même photo réalisée sans tenir compte de la perte de deux diaphragmes causés par le doubleur de focal.

Heureusement que notre négatif est tolérant à la sous-exposition (ILFORD FP-4) car nous voyons toujours le sujet photographié. On a quand même une sous-exposition de deux diaphragmes.

              En conclusion, si vous voulez vous initier à la macro, dépenser quelques dizaines d’euro dans un doubleur de focale capable de vous donner le rapport 1:1  est largement suffisant. Ajouter par la suite un flash annulaire (un vieux !) que vous trouverez à moins de 50 euro et vous serez équipé pour 90% des photos que vous voudrez faire.

b) Les bagues allonges ou le soufflet macro.

              Cette fois, c’est bien plus difficile d’évaluer la perte de luminosité causée par l’ajout d’un tel équipement. Voyons déjà le résultat en lumière du jour. On remarque déjà que le rapport d’agrandissement est supérieur à celui des photos précédentes et nous sommes presque au tirage le plus faible. C’est le FUJICA AX-3 qui s’est prêté au jeu…

Inutile de chercher de la qualité quand on est à pleine ouverture et avec aucun apport de lumière autre que la lumière du jour. L’absence de profondeur de champ est encore plus dommageable  avec un soufflet macro. Plus vous augmentez l’agrandissement, plus la profondeur de champ est faible.

              De plus, un soufflet est difficile d’utilisation, un support (pied photo) est indispensable et le flash est bien évidement requis dans toutes les circonstances car le grossissement dépassera 1:1 au tirage minimum.  Et pour la correction de luminosité ? Un soufflet ne contient aucun élément optique, c’est juste un moyen d’augmenter artificiellement le tirage d’un objectif. Il n’y a donc à priori aucune perte de luminosité. Donc l’utilisation d’un flash annulaire en mode manuel ne devrait pas provoquer de modification du réglage du diaphragme.

Allez, vérifions cette hypothèse…

              La photo de référence faite en « Full Automatic Control » par l’OM-2n associé à un soufflet (Low cost) et au flash SUNPAK DX8R. (La pellicule utilisée est une ILFORD FP-4 qui a un peu mal vieilli, alors ne partez pas du principe que le soufflet donne de mauvais résultat, bien au contraire).

Cela sera la photo de référence et nous ferons toute un série de photos en mode manuel en partant du réglage de référence donné par la réglette de calcul du flash et en augmentant l’ouverture d’un diaphragme à chaque nouvelle photo.

              J’ai sélectionné la photo utilisant le réglage de référence (sans modification du diaphragme) et la photo ayant une ouverture de + 1 EV.

Correction +0 EV                                                                     correction + 1 EV

              En fait, aucune des photos réalisées avec de faibles corrections (+/- 1 EV) ne semblent impossible à traiter, aussi bien par le scanner que par l’agrandisseur. Je pense que l’utilisation du soufflet avec une correction nulle ou de +1 EV ne posera pas de problème pour la majorité des photos.  La tolérance de la pellicule fera le reste ! 

              Par contre, je n’encourage pas du tout le néophyte à investir dans un soufflet MACRO. En effet celui-ci ne peut pas être utilisé sans support. De plus le flash est requis et compte tenu du rapport d’agrandissement (bien supérieur à 1:1 ) il est souhaitable d’avoir une loupe de mise au point pour s’assurer de la netteté de la photo (encore un achat à faire !)

CONCLUSION.

              Si vous voulez occasionnellement faire de la macro, alors investissez dans un doubleur de focale ayant la fonction macro (en général, les doubleurs à 7 lentilles le font). Cela vous donnera un équivalent d’un 100 mm allant jusqu’au rapport 1:1. Vous arriverez à un prix bien plus faible qu’un objectif MACRO. Si vous voyez passer un flash MACRO (comme les flashs SUNPAK), cela vous donnera un petit plus pour les situations ou la lumière est trop faible. Laissez de coté les soufflets MACRO qui sont réservés à des amateurs qui auront des besoins bien supérieurs aux vôtres. Les bagues allonges ne seront pas vraiment utiles car la somme que vous devrez débourser pour avoir un jeu complet (3 bagues) sera identique ou supérieure au doubleur macro. De plus le doubleur macro est aussi un doubleur que vous pourrez utiliser sur un 200 mm pour en faire exceptionnellement un 400 mm.

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Et pourquoi pas la macro en argentique ? Par Olivier.

S’il y a bien une « discipline » qui eut le vent en poupe dans les années septante et quatre-vingt, c’est la macrophotographie.

Exigeante, rigoureuse, elle demandait – et demande toujours – de la patience, de l’ingéniosité, de la persévérance … et un brin de matériel.

Qu’il n’est pas évident de (re)trouver car souvent dispersé au gré des ventes successives ou des retrouvailles dans des greniers, des caves, des brocantes.

Pourtant, c’est un tel bonheur de pouvoir révéler ces petits détails de la vie, de la nature avec le rendu si particulier de l’argentique.

Personnellement, j’y touche de manière anecdotique, par période, me contentant souvent de « proxiphotographie », qui ne nécessite pas de matériel adapté, un simple téléobjectif permettant souvent de découvrir des beautés autrement difficilement visibles.

Par contre, notre ami Olivier en est un fervent et talentueux adepte. Aussi, lorsqu’il m’a proposé des articles traitant du sujet, je lui ai laissé carte blanche.

Vous découvrirez ici le premier de deux articles entièrement consacré à la macrophotographie, avec le soucis du détail de notre ami, qui essaiera de vous donner l’envie de plonger au cœur des fleurs de votre jardin, de tutoyer les papillons, d’admirer les interstices des pierres de vos chemins, …

Il va surtout essayer de vous faire faire les bons choix dans l’acquisition de votre matériel, pour éviter tant les déconvenues que les achats onéreux et peu utiles.

Bref, suivez le guide …

La macrophotographie

              A l’époque où nos appareils argentiques étaient dans quasiment toutes les mains, les personnes qui s’adonnaient à la macrophotographie n’étaient pas nombreuses. Le prix demandé pour un CANON AE-1, un Olympus OM-10 ou un FUJICA AX-3 sans oublier les NIKON F3… faisait qu’un tel achat se programmait sur plusieurs mois. Dans de telles conditions, les équipements non indispensables comme ceux associés à la macrophotographie ne représentaient que de très faibles volumes de vente. Le résultat est qu’aujourd’hui vous risquez fort de ne pas trouver ce qu’il vous faut pour faire de la macrophotographie. Il faut donc bien connaitre les équipements associés pour ne pas se diriger vers des solutions inadéquates. Dans la plupart des cas que rencontrent les photographes amateurs, les objectifs conventionnels ayant une mis au point rapproché seront suffisants pour les photos demandant un peu plus de détail.

Exemple de photo réalisée au moyen d’un zoom 35-105 ayant une fonction de mise au point rapprochée sur la focale 35 mm.

Zoom couramment rencontré sur les sites de ventes entre particuliers ayant une fonction de mise au pont rapprochée qui permet dans notre cas d’atteindre un grossissement de 1:4 ( x 0.25 ) sur la focale  35 mm ( ZOOM TOKINA 35-105 f:3.5-4.5 )

              Nous allons vous proposer une série d’article sur la macrophotographie qui vous montreront les différents équipements existants et comment les utiliser. Vous serez en mesure de sélectionner, en fonction de vos besoins et de vos capacités financières, les accessoires qui vous conviendront le mieux.  Nous verrons en particulier que des équipements vendus à des tarifs prohibitifs ne les valent pas et que leur utilisation demande d’autres accessoires qui seront très difficile à se procurer.

              Ainsi, dans cet article nous allons aborder les différents équipements que l’on peut rencontrer et qui seront tout à fait utilisables si un jour vous souhaitez que l’objet photographié soit de la même taille sur le négatif. Et oui, la macro, c’est cela : grossissement   1:1 .  Vous vous rendrez vite compte que la plupart des objectifs ayant l’appellation MACRO ne sont que trop souvent des objectifs avec une mise au point en distance réduite. En fait, seuls les constructeurs d’appareils photos utilisent le terme MACRO pour leurs objectifs ayant un rapport de grossissement de 1:1 (cette habitude s’est vite perdue par la suite). C’est pourquoi nous allons voir le matériel que vous pourrez trouver en occasion et nous vous donnerons une idée des possibilités. Dans tous les cas, il faut garder à l’esprit qu’un élément de la chaine ne vous donnera pas la chaine complète. Si vous souhaitez rentrer dans le monde de la macrophotographie, il faut garder en tête que votre pellicule est sensible à la lumière et qu’un éclairage peu adapté ruinera tous les efforts que vous avez faits. De plus, il faudra aussi perdre certaines habitudes : en macrophotographie, la bague de mise au point n’est pas l’élément qui pilote la netteté sur la photo. En effet, c’est l’appareil qui doit bouger. Vous choisissiez le rapport de grossissement et c’est vous qui vous déplacez pour avoir une image nette dans le viseur. Avec cette procédure, on comprend mieux pourquoi les glissières de mise au point sont toujours sur les sites de vente de matériel photographique. Lorsque vous voyez une photo faite en macrophotographie, il y a bien souvent le rapport de grossissement dans la légende, cette information ne sera pertinente que si vous avez respecté la méthode décrite.

Glissière de mise au point utilisée aujourd’hui pour la macro.

              Bien évidement, une glissière est associée à un trépied qui vous aidera à supprimer les bougés pour des poses longues. Pour les poses courtes ne générant pas de bougés, vous devrez conserver cet automatisme qui consiste à bouger l’appareil pour avoir une image nette. La bague de mise au point ne vous servira qu’à initier un cadrage sommaire et à choisir le rapport de grossissement.

              Bien que la logique veuille que les objectifs estampillés « MACRO » soit les objectifs à utiliser dans ce domaine, il reste parfaitement possible d’avoir de bons résultats sans ces rares sésames. Il faut en premier éviter les zooms (le nombre de lentille ne leur permet pas d’accepter des compléments optiques sans dégradation de l’image). Les focales fixes ayant une faible ouverture sont par contre préférables. Elles accepteront les compléments optiques et ne monteront pas de vignetages prononcés (non homogénéité de l’exposition sur la pellicule). Finalement, deux solutions s’offrent à vous.

a) Focale fixe + complément optique.

Un objectif de 50 mm f 1:1.8 associé à des bagues allonges peut vous permettre d’approcher un ratio de 1:1 . Mais nous allons voir que d’autres solutions sont envisageables.

Ces deux objectifs de 50 mm CANON (ouverture f 1:1.8) associés à un jeu de bagues allonges vous permettront pour peu de frais de faire vos premières photos en macro. Pour avoir des possibilités réelles de réglage, il vous faudra un jeu de 3 bagues de longueurs différentes (12, 20 et 36 mm). Il y a de fortes chances que le 50 mm soit facile à trouver sur le net, mais cela sera moins évident pour les 3 bagues. Comme les bagues allonges ne comportent pas d’élément optique, c’est la qualité de fabrication et les précisions d’usinage qui feront la différence. J’ai déjà expérimenté des bagues « génériques » qui finissaient par user la couronne de fixation du boitier !

Pour le même prix (voir même pour un prix inférieur à 3 bagues allonges), vous pouvez trouver des doubleurs de focale avec une fonction MACRO.

Doubleur de focale (remplace le jeu de 3 bagues allonges).

Cet OLYMPUS OM-1n est équipé d’un 50 mm f 1:1.8 et d’un doubleur de focale ayant la fonction macro.

En utilisation normale, c’est un doubleur de focale, notre 50 mm se comporte comme un 100 mm.

Dès que l’on tourne la bague de mise au point du doubleur, la surprise arrive et on atteint le rapport de grossissement de 1:1.

              Toutefois, ces doubleurs ont généralement 7 lentilles et elles viennent se rajouter aux lentilles de l’objectif. Si vous utilisez un zoom en complément à ces doubleurs, vous risquez fort d’avoir des photos peu nettes ou ayant peu de contraste. Il faut privilégier les objectifs ayant peu de lentilles.

b) Les objectifs MACRO,

              Si la chance vous accompagne lors d’un vide grenier, vous pouvez trouver un objectif MACRO (de la marque de votre appareil) qui est capable d’aller au grossissement 1:1 . Il sera plus cher qu’un 50 mm classique mais si le vendeur n’est pas l’acheteur initial du matériel, vous pourrez sans doute le négocier à la baisse. Et oui, le nombre de personne intéressée par la MACRO n’est pas élevé.

Ce MAMIYA NC-1000S m’a été vendu avec son objectif MACRO de 50 mm, c’est la présence de l’objectif qui m’a fait acheter ce boitier en occasion.

             

Cet objectif, fabriqué par MAMIYA, est bien un objectif MACRO car il atteint le grossissement de 1:1 à la mise au point à distance minimale (le grossissement est donné au moyen de l’échelle orange en tête d’objectif).

             

Vue de détail de l’échelle de grossissement. On comprend mieux pourquoi, c’est au photographe de bouger son appareil et non à la bague de mise au point de tourner pour avoir une photo nette.
Ce 90 mm TAMRON (monté sur un CANON AE-1p) est bien connu des photographes argentiques, il est généralement vendu plus de 100 euro mais il restera sur l’étagère à un tel prix car pour atteindre le grossissement de 1:1, il faut lui ajouter un complément optique (doubleur) qui sera très difficile à trouver.

A la distance de mise au point minimale, le rapport de grossissement sera de 1:2 et non de 1:1.

              L’échelle de grossissement vous montre immédiatement que le rapport 1:1 ne sera acquis qu’au moyen du doubleur de focale (2x) spécifique à cet objectif. On commence à entrevoir les problèmes liés à la macrophotographie. Bien trop souvent l’achat d’un élément provoque le besoin d’autres équipements pour arriver à la situation désirée (agrandissement de 1:1). Alors il faut être prudent et certains équipements vendus à des tarifs déraisonnés sont des pièges à éviter. Ainsi, le 90 mm TAMRON est trop souvent proposé en occasion à un prix de plus de 100 euros. Il faut rajouter la bague spécifique adaptée à votre boitier (10 à 20 Euro) et le doubleur de focale spécifique (50-70 euro). On arrive à un montant un peu inférieur à 200 Euro, ce qui est bien trop élevé pour atteindre le grossissement de 1:1 !  (Un objectif de 50 mm Macro vous sera proposé à un montant de l’ordre de 50 à 100 Euro).

              Par contre, il faut éviter les objectifs dit « macro » ne présentant qu’une mise au point rapprochée. Ce sont généralement des zooms qui offrent par cet artifice la même mise au point que la focale fixe pour la plus faible focale. Par exemple, un zoom 80-200 vous proposera la fonction ‘macro’ sur la focale 80 mm et vous vous rendrez compte que la distance minimale de mise au point sur cette focale est similaire à celle d’une focale fixe de 90 mm standard.

c) les soufflets MACRO,

              Equipement emblématique de la macrophotographie, les soufflets ne sont pourtant pas des équipements très pratiques d’utilisation. Il vous faudra certainement un pied photo et une glissière de mise au point. Toutefois, ces deux derniers éléments sont toujours fabriqués et ne sont pas proposés à des tarifs excessifs (surtout s’ils viennent de Chine !). Les soufflets permettent des grossissements supérieurs à 1:1 avec des objectifs standards comme les 50 mm. Il ne faut donc pas les négliger si vous en trouvez un en brocante pour un tarif acceptable (20 à 40 euros), Un prix supérieur ne pourra s’expliquer que pour un équipement de marque. 

Soufflet MACRO FUJICA trouvé en brocante. Hélas, le rail de mise au point était vendu à part par FUJICA, donc il n’est pas complet mais reste utilisable car les deux blocs supports (boitier et objectif) sont mobiles et peuvent palier à l’absence de rail de mise au point. D’après mes souvenirs, j’ai dû le payer une vingtaine d’Euro.

Soufflet MACRO adaptable pour Olympus acheté un prix dérisoire car c’est une version vraiment dépouillée. C’est la version « basique » du soufflet sans aucun élément de confort.

Ainsi, si vous trouvez un soufflet de marque sur un site internet ou en braderie à un prix qui vous semble acceptable, il faut faire très attention car les soufflets n’étaient généralement pas vendus avec tous les accessoires qui rendent leur utilisation bien plus confortable. L’absence de rail de mise au point est quand même un élément préjudiciable. Autant préférer un soufflet adaptable à un prix dérisoire qui fera le même travail.

Regardons quand même le fonctionnement d’un soufflet de marque et comparons-le au fonctionnement du soufflet adaptable.

1) Le soufflet adaptable.

              Deux blocs de fixation (boitier, objectif) dont l’un est mobile. Un soufflet étanche à la lumière relie ces deux composants (d’ou le nom de l’équipement). Il n’y a aucun lien mécanique entre les deux blocs. La présélection du diaphragme n’est pas transmise au boitier. Le boitier considère qu’il est à pleine ouverture. Du coté de l’objectif, le bloc qui le reçoit possède un ergot qui force la fermeture du diaphragme. En fait on se retrouve avec un système de mesure « diaphragme fermé » comme sur les anciens appareils en monture 49 mm à viser.  Vous pouvez aussi bien utiliser un boitier semi-automatique qu’un boitier à priorité à l’ouverture, mais pas de boitier à priorité vitesse car celui-ci ne sera pas en mesure de transmettre l’ouverture à l’objectif. En fait, je ne peux que vous conseiller d’utiliser votre boitier en mode semi-automatique.

              Olympus OM-1n équipé du soufflet adaptable. Le tirage du soufflet est ici bien suffisant pour avoir un agrandissement supérieur à 1. L’absence de liberté de mouvement du bloc arrière est un problème car vous pouvez vous retrouver dans une situation ou l’objet est net s’il est situé entre l’objectif et la partie avant du soufflet. De plus, une fois que la mise au point sera terminée à pleine ouverture, il ne faudra pas oublier de remettre le diaphragme à une ouverture compatible avec le sujet que vous comptez photographier. Ce n’est que dans cette situation que vous pourrez déterminer la vitesse d’obturation.

              Le diaphragme a été fermé à l’ouverture désirée et il est maintenant possible de régler la vitesse d’obturation sur l’appareil (sauf s’il est en priorité vitesse) les circuits électroniques calculeront très bien la vitesse adéquate.  Vous pouvez aussi en profiter pour vérifier la profondeur de champ.

2) Le soufflet de marque.

Il est évident que les constructeurs de premiers plans (CANON, NIKON, FUJICA, Olympus…) ne proposeront pas de soufflet « Low Cost ». Ils n’ont bien souvent qu’un seul soufflet adapté à la macrophotographie dans leur gamme et il ne sera vraiment utilisable que si vous prenez tous les accessoires associés comme le rail de mise au point ou le viseur d’angle à grossissement variable pour affiner votre mise au point. CANON, OLYMPUS, NIKON, FUJICA…  vous proposeront un soufflet ou la commande de la fermeture du diaphragme se fera en automatique lors du déclenchement.

C’est pour cette raison que vous avez ce curieux déclencheur souple avec deux sorties. L’une va vers le bloc support de l’objectif et l’autre va vers le boitier. Ces deux flexibles ne sont pas interchangeables. L’un aura une commande avancée par rapport à l’autre, on ferme en premier le diaphragme et ensuite on déclenche l’appareil. Ce confort ne sera vraiment exploité que si votre boitier est en mode priorité diaphragme car si vous avez un boitier semi-automatique, vous serez condamné à fermer le diaphragme pour faire vos réglages d’exposition. Heureusement, il y a un petit bouton qui va vous y aider. Sur le bloc avant du soufflet, il y a toujours une commande manuelle pour fermer de diaphragme à la valeur présélectionnée.

              Il est évident que la finition d’un soufflet de marque est bien meilleure que la finition d’un soufflet adaptable. Toutefois, s’il vous manque des éléments (comme la double commande), vous serez condamné à une utilisation similaire au soufflet « Low-Cost ».

               Finalement, ce n’est pas la peine de dépenser des sommes déraisonnables pour des équipements comme les soufflets macro car vous avez peu de chance d’avoir un ensemble complet. A l’époque, un soufflet de marque coutait plus cher qu’un objectif (135 ou 200 mm), il fallait lui adjoindre un viseur d’angle (même tarif que le soufflet !) et le rail de mise au point. Très peu de photographe faisaient l’investissement complet. (Mais les bonnes occasions, cela arrive parfois).

En conclusion, je vous donne une analyse qui reprend ce qui a été dit.

Equipement                    Grossissement maxi                     Prix                                                

Objectif macro                              1:1                                     élevé (50 à 100 Euro)                 

Bagues allonges                            1:1                                     faible (10 à 20 Euro)

Doubleur + extension                   1:1                                     faible (20 à 30 Euro)

Soufflet                                         > 1:1                                  moyen à élevé (30 à 150 euro)

              Vous pouvez, bien sûr, associer les bagues allonges à votre soufflet et utiliser votre objectif macro… Pour la majorité d’entre nous qui nous limiterons à des photos de fleurs ou d’insectes, l’objectif à mise au point rapprochée sera certainement suffisant. Il ne faut toutefois pas oublier que la photo prise ne sera réellement intéressante que si l’objet photographié couvre au moins 80% de la surface de la pellicule.

              Un prochain article sera consacré aux flashs MACRO qui sont des accessoires bien pratiques pour compenser les manques de luminosité couramment rencontrées en macrophotographie. Vous y découvrirez des petites astuces qui vous permettront d’utiliser correctement les différents équipements abordés dans cette présentation.