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Connaissez-vous le MIR ?

Non,, ce n’est pas une station spatiale soviétique, ni encore une célèbre lessive, ni le nom d’un rappeur, …. c’est ? ….

Un appareil photo !

Notez, si vous lisez ce site, c’est normal ….

Alors le MIR est bien soviétique et il est la version économique d’un appareil déjà pas très cher (en tout cas pour nous à l’heure actuelle), le Zorki 4

Cet appareil, qui connu quelques versions aux modifications minimes, était essentiellement réservé au marché intérieur de l’URSS. On estime qu’environ 156.000 exemplaires ont été construit. Ce qui n’est pas mal car il ne fut produit que pendant 3 ans.

Version économique parce que l’obturateur a été simplifié et il a perdu le 1/1000ème de seconde ainsi que les vitesses lentes. Néanmoins il prend le nouveau standard 1/30ème ,1/60ème etc.…..jusqu’au 1/500ème et la pose B.

Bon, les vitesses lentes, on s’en sert peu, il faut bien l’avouer (vous shootez souvent à 1s ?), ce n’est donc pas irrémédiable ni forcément préjudiciable.

Et il n’est plus livré avec le très bon Jupiter 8 mais avec un Industar 22. Ceci étant, puisqu’il utilise la monture en Ltm 39 (Leica visant), rien ne vous empêche de monter dessus ce que vous voulez, même du Leica (ce qui serait drôle).

Par contre, il garde son grand viseur, hérité si mes souvenirs sont bons du Zorki 3, le télémètre est couplé (vous voyez les réglages de votre objectif dans le viseur – réglage du patch du télémètre), le viseur comporte un réglage dioptrique toujours bien venu et vous pouvez synchroniser un flash. Ensuite, lorsque vous armez l’appareil, vous armez aussi l’obturateur. Attention, comme souvent avec les appareils russes (sauf le Zorki 6), toujours armer avant de sélectionner une vitesse, au risque de casser la mécanique des vitesses.

Il fut fabriqué par l’usine KMZ de Krasnogorsk, près de Moscou, entre 1959 et 1961.Le nom Мир = Mir, peut signifier «paix» ou «monde».

Voilà, disons que c’était la partie « technique » de la présentation car l’appareil que je vais vous montrer à une particularité.

Tout d’abord, je tiens à remercier mon ami Patrice, qui en est l’heureux propriétaire, de m’avoir permis de vous raconter son histoire singulière.

Quelques photos du Mir par lesquels vous verrez immédiatement l’air de famille avec le Zorki 4. Notez le bleuté de la fenêtre de visée (non, non, il fut produit avant Tchernobyl, quoique … vous comprendrez en lisant ce qui suit) : cette couleur renforçait le contraste du patch lors de la mise au point.

Comme nombre d’appareils soviétiques, il possède une bobine, souvent amovible, dont il faut vérifier la présence lors d’un achat.

Et puis, admirez ce cuir robuste du sac de transport, qui a généralement une odeur particulière, due – parait-il – aux bains de tannage.

Si vous regardez la seconde photo en bas à gauche, vous voyez le gros bouton pour armer l’appareil, niché entre celui-ci et la molette de réglage des vitesses, le déclencheur, la griffe porte flash puis à l’extrémité, la molette destinée au rembobinage en fin de film avec le petit levier, à sa base, pour la correction dioptrique du viseur.

Et puis, il y a cette photo

Voici la traduction de ce texte – et je remercie Maroussia pour celle-ci : « A notre très cher Youri Pietrovicht, pour votre anniversaire, votre équipe. OGM Krasnoïarsk – 26 – le 23 janvier 1961« .

La ville de Krasnoïarsk jouit d’un passé historique intéressant, que je vous invite à découvrir en cliquant sur le nom.

Mais Krasnoïarsk – 26, aussi connue sous le nom de Jeleznogorsk est aussi cette « ville fermée de Sibérie » qui a été créée en 1950 en tant que site de production de plutonium à usage militaire. Elle a été créée pour abriter les activités de fabrication des têtes nucléaires des missiles intercontinentaux. La construction de la ville va mobiliser 65 000 prisonniers du Goulag. Les usines et laboratoires se trouvent dans des installations souterraines à l’abri des attaques nucléaires. Trois réacteurs fournissent le plutonium. En outre, la ville mène des activités de recherche et développement de systèmes spatiaux, dont le célèbre programme GLONASS – une alternative russe au GPS de fabrication américaine.

Certaines sources affirment que la ville possède des installations nucléaires rappelant celles qu’on voit dans les films, construites à l’intérieur de grottes dans les montagnes qui entourent la zone – elles seraient conçues pour résister à une frappe nucléaire.

La ville n’est plus secrète depuis 1992. Au début du XXIe siècle, il ne reste plus qu’un réacteur en fonctionnement. Le Combinat minier et chimique de Krasnoïarsk (en russe : Красноярский горно-химический комбинат, Krasnoïarski gorno-khimitcheski kombinat) traite les déchets nucléaires de toutes les centrales russes. Un deuxième complexe industriel fabrique la majorité des satellites russes.

Une légende locale raconte que bien que les tentatives des services de renseignement étrangers d’infiltrer la ville n’aient jamais abouti, un résident local a déjà volé du plutonium à l’usine secrète, le conservant chez lui dans un simple bocal en verre. Lorsqu’il a été arrêté, il a déclaré que sa seule intention était d’empoisonner sa belle-mère trop intrusive.

source : https://fr.rbth.com/lifestyle/85151-cinq-villes-fermees-russie et https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeleznogorsk_(krai_de_Krasno%C3%AFarsk)

Je reste sur ma faim pour identifier l’usine, mais je me doute qu’elle ne devait pas forcément être ouverte au public !

Je vous avoue que j’adore ce genre d’histoire car elle donne une autre dimension à l’appareil que vous tenez en main. Elle vous permet de vous rapprocher, un peu, de ceux qui en ont été les propriétaires respectifs, parfois uniques et qui eux ont gardé cet appareil longtemps, parce que c’était le leur et qu’il les avait accompagné dans nombre d’étapes de leur vie. Ce sont des petits bouts d’histoire personnelle, chargée de souvenirs.

Nous n’avons pas toujours la chance de telle remarque, de telle inscription, de tel détail, mais quand nous en possédons et que nous pouvons retracer le fil, c’est un vrai bonheur.

Enfin, si vous voulez goûter aux spécialités russes, en passant dans la ville de Mons, arrêtez-vous « chez Maroussia », rue Rogier, elle vous accueillera avec plaisir.

Quelques références : http://400iso.org/WP/2014/01/pourquoi-choisir-un-appareil-telemetrique/, https://pierretizien-photos.blogspot.com/p/mir-1.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11356 en français, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mir, http://camera-wiki.org/wiki/Mir, http://www.theothermartintaylor.com/moveabletype/archives/cameras/000012.html en anglais

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