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Le Canon Eos 50E

Ah, voilà un boitier que je recherchais depuis quelque temps …

Parce qu’il a de la « gueule » cet Eos, dans sa robe bis-tons (il a existé en noir, plus rare).

Bon, d’accord, on voit tout de suite que c’est un Canon Eos, comme on dit « bon sang ne peut mentir ! » et cela fait maintenant plus de 35 ans que la gamme Eos existe.

Apparu dix ans après la naissance de la gamme (en 1985), il est un appareil conçu pour les amateurs éclairés qui voulaient les fonctions des appareils plus professionnels mais sans y laisser toutes leurs économies.

Et Canon les a parfaitement entendus, en créant un appareil en composite solide (la preuve, trente ans plus tard il est toujours en pleine forme) doté des fonctions des meilleurs appareils de la gamme d’alors.

Je m’arrête un moment sur les explications du succès de la gamme EOS.

Dès le départ, Canon a voulu que celle-ci soit évolutive. C’est-à-dire que si vous commencez avec un entrée de gamme et que vous gravissez celle-ci au fur et à mesure de vos besoins de photographe de plus en plus confirmé, vous ne serez jamais dépaysé car vous retrouvez toujours très rapidement vos marques et vos habitudes de prises de vue. Les commandes et leur logique sont toujours très proches, ce qui vous évite de devoir tout réapprendre quand vous évoluez dans la marque. Et c’est très confortable !

Même aujourd’hui, lorsque vous prenez les commandes d’un Canon Eos 5D Mark IV, si vous avez eu un Eos 50E en mains, vous ne vous sentirez pas dépaysé

L’Eos 50 et 50E ont été présenté en 1995 en Europe, aux USA sous le nom de Eos Elan II et Eos 55 au Japon.

Et dans ce boitier « en plastique » se trouvait réunies des spécifications impressionnantes, jugez plutôt :

  • Mesure TTL à six segments
  • Mode programme, priorité à l’ouverture, priorité à la vitesse, mode entièrement manuel, entièrement automatique et modes scène
  • Avertissement de bougé de l’appareil photo
  • ISO 6 à 6400 (25 à 5000 pour les films codés DX)
  • +/- 2 arrêts de compensation d’exposition
  • Transport de film motorisé, vue par vue / rafale + bracketing
  • Trois modes de mise au point automatique et mise au point manuelle
  • Vitesse d’obturation de 30sec à 1 / 4000sec
  • Retardateur électronique
  • Molettes de commande avant et arrière
  • Flash intégré
  • Synchronisation du flash au 1/125s ou à toutes les vitesses s’il s’agit d’un flash Speedlite EX (des E-TTL)
  • Écran d’information LCD du panneau supérieur
  • Fonctions de contrôle supplémentaires sur le panneau arrière
  • Fonctions personnalisées permettant de configurer d’autres préréglages selon les souhaits du photographe

Et – surtout – un contrôle apparu sur le Canon Eos 5 en 1992 : le pilotage de la mise au point par l’œil pour l’Eos 50E !

De fait, après une phase d’apprentissage où vous lui apprenez à reconnaitre votre pupille (et il est possible de mémoriser le profil de plusieurs utilisateurs), il vous obéit au doigt et … à l’œil, et il fait la mise au point là où vous regardez.

Si l’Eos 5 avait cinq capteurs répartis dans le viseur, aptes à capter votre regard, l’Eos 50E en garde trois, plus un quatrième pour le testeur de profondeur de champ. Cela fonctionne aussi bien en horizontal qu’en vertical.
Quel que soit le mode d’autofocus sélectionné, cela s’avère redoutable d’efficacité et de … facilité.

Concrètement, dans le viseur, vous regardez le point de mise au point que vous voulez utiliser, vous appuyez à mi-course sur le déclencheur et l’appareil se focalise sur lui.

Et si vous regardez en haut à gauche du viseur, toujours en appuyant le déclencheur à mi-course, vous activez l’aperçu de profondeur de champ … « comme j’vous l’dit mon bon monsieur ! »

Si cette fonction est formidable, restons les pieds sur terre car elle vous autorise de facto à regarder à gauche, à droite et au centre pour faire la mise au point mais c’est bien votre regard qui active le « collimateur » de mise au point. C’est surtout intéressant quand on veut « décadrer » sa photo sans bouger.

Et ça fonctionne parfaitement même pour les personnes qui portent des lunettes.

Cet appareil fut produit jusqu’à l’aube des années deux mille, où il fut remplacé par l’Eos 30, qui gardait ce pilotage par l’œil (et le principe de la double appellation : Eos 50E/30 pour le pilotage par l’œil, Eos 50/33 pour les boitiers sans).

Le système reste évidemment débrayable et vous pouvez alors fixer le collimateur manuellement

Outre cette particularité, le boitier est super complet :

  • modes d’autofocus : One shot (vue par vue), AI Focus (en continu), AI Servo (auto-adaptable).
  • des programmes : P (programme), Tv (priorité vitesse), Av (priorité ouverture), M (manuel), DEP (profondeur de champ), 4 modes résultats, rectangle vert.
  • position CF qui permet, via l’écran de personnaliser onze fonctions
  • position CAL permet de sélectionner le profil mémorisé d’un utilisateur pour la reconnaissance de l’oeil.

Le viseur est très informatif et répond à l’écran LCD, avec toutes les indications utiles

Voici l’appareil que j’ai reçu, assorti de son mode d’emploi et du livre de René Bouillot pour exploiter au mieux ses (nombreuses) possibilités.

Il est en parfait état, vendu donc avec sa documentation, la sangle Canon avec le cache œilleton (pour les pauses longues) et le vendeur a eu la courtoisie de mettre une batterie 2CR5 dans un sachet, à part. Si, si, il y a encore des vendeurs plus qu’honnêtes sur Ebay (merci Jlff314).

Six réglages peuvent être définis dans le logiciel, pour configurer le boitier à vos préférences :

  • les ISO, généralement lu à partir de la bobine de film via le système DX
  • le bracketing d’exposition automatique
  • la fonction réduction des yeux rouges
  • l’activation du bip ou pas lors de la mise au point
  • les expositions multiples
  • la compensation d’exposition au flash.
https://i2.wp.com/darricau.pagesperso-orange.fr/eos/images/eo_cfdis2.gif?w=695&ssl=1
source : https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/images/eo_cfdis2.gif. Une idée géniale pour ne plus chercher les infos des fonctions personnalisables, à coller dans le bouchon d’objectif.

Il possède un flash intégré plus une griffe flash, notamment pour les flashs Speedlite EX Canon qui autorisent toutes les synchronisations.

Et puisque je parle du flash, il est E-TTL, c.-à-d. qu’il déclenche un éclair de faible intensité juste avant l’exposition et mesure la lumière réfléchie, permettant ainsi le juste dosage de l’éclair. Le flash recommandé à l’époque était le Speedlite EX380.

L’appareil peut être déclenché à distance soit par un câble branché dans une prise jack soit par une télécommande infrarouge.

Autre particularité intéressante, la possibilité de rembobiner le film avant que celui-ci ne soit terminé. Normalement, en fin de course, l’appareil rembobine le film automatiquement mais si vous deviez/vouliez changer de bobine en cours de prise de vue, vous pouviez le rembobiner

Vous l’avez compris, j’aime bien ce boitier. Et là franchement, je le conseille si vous voulez vous initier avec une excellente machine à l’argentique : il possède absolument tout ce dont vous avez besoin, et même plus, pour tirer le meilleur profit d’un boitier argentique « moderne ».

Quasi aussi performant que le Eos 30, mais bien plus abordable.

Vous l’avez bien en mains car l’ergonomie Eos est toujours excellente et sa prise rassure.

Et puis, vous pouvez y monter tous les objectifs en monture EF que vous voulez (sauf les tous derniers prévus pour les capteurs très haute résolution) et ça, ça vous ouvre un parc immense et de qualité.

Comme je le faisais remarquer avec le Minolta Dynax 5, c’est – heureusement pour vous – un appareil qui a (pour le moment) moins d’aura qu’un A-1 ou un F-1 mais qui vous offre bien plus et surtout un confort d’utilisation « moderne ».

Un dernier argument pour vous convaincre ? Son prix évidemment ! Sans objectif vous pouvez déjà en trouver autour des 30€, sinon vers les 50€, prix conseillé avec un zoom trans standard de la marque.

https://i2.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1476212008.jpg?w=695
source : collection- appareils, Porst 1996 -1997

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://kosmofoto.com/2018/02/kosmopedia-canon-eos-50-50e/, http://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/eos/eoscamera/EOSElanIIE5055/eos50ElanIIspec.htm, https://simonhawketts.co.uk/2016/10/07/canon-eos-50e-35mm-autofocus-camera/, https://johns-old-cameras.blogspot.com/2012/02/canon-eos-50e.html en anglais, https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/textes/eo_ftech.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1693-Canon_EOS%2050E.html, https://darricau.pagesperso-orange.fr/eos/textes/eo_astu.htm en français

2 réponses »

  1. Je m’étais offert cet EOS 50E… en plus de mon EOS 50, car à l’époque je faisais mes photos familiales en négatif et mes photos « artistiques » en diapositives. Il me fallait donc 2 appareils et c’était assez encombrant. Mais ces deux appareils étaient vraiment supers et j’appréciais beaucoup le pilotage de la mise au point par l’œil. Pour ce qui me concerne, cette option fonctionnait très bien.
    Encore merci pour cette page de nostalgie, Jean-Pascal !
    Et bon weekend à toi.

    • Merci Phil, et je suis content de lire que je ne suis pas le seul à avoir apprécié cet appareil, qui avait quand même marqué son époque. Merci de ton appréciation et bon weekend également.

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