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Koni-Omega Rapid M

Non, ce n’est pas un nouveau médicament pour booster vos défenses immunitaires, ni une moto de course, ni même une nouvelle montre …

Le Koni-Omega Rapid M est un très grand télémétrique en moyen format (rouleau ou rollfilm 120 ou 220) avec dos et objectifs interchangeables.

Tous les télémétriques n’ont pas la taille d’un Leica, la preuve ! Et Konica ne fut pas le seul, Fuji, avec ses Fujifilm GF670, Fujica GM670, Fujica GW670, Makina avec son Makina 67 et Mamya avec son Mamiya 7 se sont essayés à cet exercice.

Le Koni-Omega Rapdi M est une évolution du Koni-Omega Rapid (tout court) : avec ce modèle, il est possible de changer le magasin en cours de film grâce justement à des magasins préchargés amovibles et à fixation rapide..

Pendant les années septante et quatre-vingt, c’était l’appareil photo de mariage par excellence, grâce à son obturateur à lames et ses optiques très nettes, supplantant presque la série Hasselblad 500/501, d’ailleurs nettement plus chère et plus fragile.

Ce Rapid M fut, en tout état de cause, conçu pour être un appareil de reportage, avant de se reconvertir dans les cérémonies plus gaies. Il est solide et costaud, prévu pour affronter les situations les plus variées.

Une de ses particularités est son armement : le gros levier à droite, que vous tirez et repoussez rapidement, comme une culasse de fusil, réarme l’obturateur et fait avancer le film. Pas vraiment discret mais terriblement efficace. Et qui ne manquait pas de surprendre les invités à la noce !

Le Rapid M est très bien conçu : il est lourd, gage de stabilité, avec un télémètre très clair. Et il est bourré de sécurités :

  • Vous ne pouvez pas retirer le dos sans le dark-slide (feuille métallique à glisser entre l’objectif et le film, avec son bord rouge, sur les photos)
  • Vous ne pouvez pas prendre de photo avec le dark-slide
  • Vous ne pouvez pas retirer l’objectif sans le dark-slide.
  • Il y a un indicateur «  prêt  » à l’arrière pour indiquer que l’obturateur est armé et que le film est prêt.
  • il est possible de faire des expositions multiples mais jamais par erreur
  • et comme la pièce est importante, il y a un support pour le dark-slide à l’arrière de l’appareil pour ne pas le perdre.

L’objectif se fixe rapidement, sans réellement parler d’une baïonnette : vous déverrouillez l’objectif avec le gros bouton à gauche (face à l’appareil) et vous ôtez ce dernier, qui est maintenu en place grâce à deux tenons et au verrou. Rapide et facile. Pour autant que vous n’ayez pas oublié de placer le dark-slide sinon, impossible d’effectuer la manœuvre.

Toujours au niveau des particularités, c’est l’ensemble de la monture d’objectif qui avance et recule avec un système à crémaillère et pignon. L’image dans le télémètre et le viseur est déterminée par la mise au point et c’est une ou plusieurs broches dépassant de l’arrière de l’objectif qui assurent le réglage.

Récapitulatif des données techniques :

  • Négatif au format 6×7 cm (10 prises de vue sur un rouleau de 120 et 20 sur un 220)
  • Télémètre couplé, viseur corrigeant automatiquement la parallaxe
  • Objectifs interchangeables f5,6/58mm avec viseur optique, f3,5/90 mm, f4,5/180 mm (derniers modèles avec f3,5/135 mm) avec pare-soleil intégré,
  • Tous avec obturateur central aux vitesses B, 1/s jusqu’au 1/500 s, synchronisation M/X, pare-soleil intégré
  • Magasins pour rouleau de 120 et 220
  • Avancement couplé avec l’armement

Un peu d’histoire, en passant.

Ce sont les frères Simmon (des américains) qui ont conçu le premier Omega, en 1953. L’appareil appelé Omega 200 fut réalisé par Alfred Simmon.

Ensuite, de 1964 à 1968, c’est probablement les Berkely Brothers et Konica qui ont conçu les appareils ultérieurs, sur base du premier du nom. Ils ont produit les Koni-Omega Rapid, Koni-Omega Rapid M et enfin le Koni-Omega M. Si l’origine de l’appareil était américaine, la construction fut japonaise et vous remarquerez sur les photos le « US patent » à côté du numéro.

En 1975, c’est la firme Mamya qui reprend le flambeau et qui perpétue la gamme avec l’Omega 100 et 200, qui sera construit jusqu’en 1981.

Le Koni-Omega Rapid M fut fabriqué de 1967 à 1968 seulement. Celui que j’ai acquis porte le numéro 41.562A et il fut produit en décembre 1968

Premier constat, en recevant l’appareil, c’est du costaud !

Ensuite, je le tourne et retourne pour voir les différents éléments, en vérifiant avec le mode d’emploi, que vous pouvez trouver ICI :

Effectivement, il y a quelques boutons et il faut faire attention à toutes les sécurités, sinon rien ne fonctionne et ça fait bizarre.

Bon, j’ai compris comment enlever le dos (voir la video ici en bas), l’objectif, comment l’armer mais le déclencheur ne semble pas fonctionner. Ai-je oublié quelque chose ?

Petite précision au sujet dudit objectif : l’obturateur est à l’intérieur de celui-ci. Quelque soit donc l’objectif, l’obturateur est indépendant de l’appareil.

Donc, est-ce l’objectif qui est défaillant ou ai-je oublié une sécurité ? Bon, je creuse et vous dirai si j’ai trouvé.

Et j’ai trouvé ! Sur la sixième photo, en partant de la gauche, de haut en bas, vous verrez, objectif démonté, une tige métallique qui dépasse. En fait, lors du remontage de l’objectif, il faut que celle-ci soit dans la position indiquée par la photo sinon l’obturateur ne se réarme pas et donc impossible de déclencher.

Je pense que ce n’est pas un appareil compliqué, il faut seulement retenir une certaine routine dans l’assemblage et le remontage, vérifier que les sécurités sont ou non activées. Pour le reste, vous réglez facilement le télémètre avec le bouton à droite (photo 8 de gauche à droite, de haut en bas), réglez la vitesse et l’ouverture selon les indications de votre cellule (ou la règle du funny 16 qui fonctionne toujours) et clic !

Au demeurant, le bruit de l’obturateur est très discret, l’armement de l’appareil, un peu moins !

Les différents articles que j’ai pu lire pour préparer cette chronique s’accordent tous sur la qualité des objectifs, la taille imposante des négatifs (6×7) qui autorise de grand tirage, la solidité de l’ensemble, sa simplicité d’action.

Ce qui donne envie de l’essayer …

Une petite video pour illustrer son maniement (en japonais)

Quelques références : http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/KoniOmegaRapidM.html http://camera-wiki.org/wiki/Koni-Omega_serial_numbers en anglais, http://www.peterlanczak.de/koni_rapid_m.htm en allemand/français/anglais; http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3965-Konica_Koni-Omega%20Rapid%20M.html en français,

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