Argentique

Le ЛОМО LC-A original

Voici encore un petit appareil plein d’histoires (oui, avec « s ») … vous allez comprendre pourquoi.

Tout d’abord, Lomo est l’abréviation de Leningradskoje Optiko Mechanistschéskoje Objedinénie, une usine d’armes et d’optique de Saint-Petersbourg (pour mémoire Léningrad et St Petersbourg sont la même ville, sous des régimes politiques différents).

Nous avons donc affaire à une usine d’optique et d’armement. Ce qui explique que c’est un général, Igor Petrovitch Kornitsk intégré au Ministère de la Défense et accessoirement au Conseil d’Administration de la société, qui a présenté aux directeurs de l’époque (nous sommes en 1980) un appareil photo Japonais, le Cosina CX-2, lui-même cousin assez germain d’un certain Minox 35, en leur proposant de réaliser un appareil semblable.

Il avait été frappé par la qualité optique de ce petit appareil et par son gabarit, contenu mais qui possède un système d’exposition automatique qui détermine la vitesse d’ouverture/obturation. La vitesse d’obturation va de 1/500 à 30 secondes et l’ouverture de f2.8 a f16.

Il pria donc Lomo de s’en inspirer pour produire un appareil photo russe et en 1984, les ingénieurs avaient réussi à construire un «hommage», une version fidèle mais simplifiée.

C’est en juin 1984 que commence donc la production du Lomo LC-A, pour Lomo Compact Automat, (si vous préférez en russe : ЛОМО Компакт-Автомат) au rythme de 1.100 appareils/mois.

Il reprenait l’ensemble des qualités de son inspirateur, à savoir un objectif de qualité (ici un Minitar 32mm ouvrant de f2,8 à f16), qui avait la réputation de faire « claquer » les couleurs tout en donnant un vignetage assez marqué dans les coins.

Cet appareil était essentiellement destiné au marché intérieur russe et peu connu du monde occidental … enfin, jusqu’à la chute du mur et l’effondrement de l’Union Soviétique, en 1991.

Dès ce moment, ce petit appareil n’était plus l’apanage de la clientèle soviétique, de nombreux photographes des pays alignés sur l’Union Soviétique en avaient fait la connaissance et il avait essaimé dans ces pays.

C’est ici que commence la seconde histoire.

En effet, c’est dans une boutique d’appareils photo à Prague qu’un groupe d’étudiants en art autrichien découvre un Lomo, ils en tombent immédiatement amoureux.

Ils en achètent deux et commencent à photographier avec lui mais sans aucun respect des règles, le but étant de photographier « n’importe comment ».

Et là, surprise : les photos ont un rendu extraordinaire !

Un des « trucs » du Lomo LC-A est de maintenir l’obturateur ouvert assez longtemps dans des conditions de faible luminosité, ce qui est favorable à la prise de vue à main levée même dans des conditions « limites » de prises de vue. Ensuite, l’objectif a tendance à augmenter le contraste et le vignettage, ce qui donne des images contrastées. En plus, utilisé la nuit avec un flash, il fait des merveilles car le flash fonctionne sur le deuxième rideau, qui restitue l’arrière plan d’une scène avant que le flash n’illumine l’avant

Assez rapidement, la demande de ces petits appareils explose et il devient difficile de s’en procurer car la production de l’appareil diminue (les Russes n’ont plus les moyens de s’acheter des appareils photos) et les stocks ne sont pas inépuisables. D’ailleurs la firme décide de stopper toute fabrication en 1994.

Nos étudiants autrichiens, qui entre-temps ont fondé en 1992 un mouvement (inspiré du Lo-Fi mais en photographie) appelé Lomography Society (Lomographische Gesellschaft) trouve la situation préoccupante.

Alors pour répondre à la demande toujours croissante du Lomo, ils entreprennent de négocier avec l’usine d’optique Lomo la reprise de la production de cet appareil étonnant. Après d’âpres discussions avec les dirigeants du groupe et un certain Vladimir Poutine, alors vice-maire de St Petersbourg, ils obtiennent gain de cause et la certitude de pouvoir répondre aux demandes toujours plus nombreuses.

En 1995, l’accord est scellé, même si les prix de fabrications et de production ont nettement augmenté.

Et en 1997, après avoir revu les méthodes de production afin de maintenir et la qualité et un prix raisonnable, la production est de nouveau assurée. Les Lomographistes ont fait la démonstration de l’engouement pour cet appareil, qui est apparu comme un beau moyen de communication vers l’Occident pour l’entreprise Lomo.

Une exposition des photographies réalisées aux quatre coins du monde avec cet appareil fétiche a achevé de convaincre l’usine et le sus nommé Poutine de la valeur symbolique du Lomo.

L’avenir semblait serein … las, en 2005, l’usine Lomo Optical doit cesser la production, celle-ci étant une niche de produit devenue incompatible avec leur production globale, devenue plus spécifique et de plus haute technologie.

Ni une ni deux, malgré la tuile qu’ils viennent de prendre sur le front, les Lomographes décident de reconstruire un nouveau Lomo, qui gardera les caractéristiques de l’original, augmenté de quelques nouvelles astuces

Dès 2006, ils présentent le Lomo LC-A+, le nouveau Lomo, basé comme promis sur les spécificités de l’aïeul mais augmenté de nouvelles fonctionnalités issues des suggestions faites par la communauté de Lomographes du monde entier.

Comme par exemple un commutateur pour les expositions multiples, des paramètres Iso améliorés, un filetage sur le déclencheur pour les longues expositions et, ce qui semble insignifiant au premier regard, de petites fentes sont aménagées de chaque côtés de l’objectif. Elles permettront l’ajout de nombreux accessoires intelligents (filtres, compléments optiques, etc.)

Le nouvel appareil est produit par la Lomography Society et fabriqué par Colibri, en … Chine.

Etonnant, non ? Cet appareil si discret est devenu en quelques années une vedette mondiale … tout en faisant un pied de nez colossal aux « biens pensants » de la photographie à travers l’esprit Lomography.

Pour mémoire, les dix commandements du mouvement :

1. Prends ton Lomo partout où tu vas.

2. Utilise-le tout le temps, nuit et jour.

3. La lomographie n’est pas une interférence dans ton existence, elle en fait partie.

4. Approche-toi aussi près que possible de l’objet de ton désir lomographique.

5. Ne pense surtout pas.

6. Sois rapide.

7. Tu n’as pas besoin de savoir à l’avance ce qui marque ta pellicule.

8. Tu n’as pas non plus besoin de le savoir après.

9. Déclenche à hauteur de hanche.

10. Affranchis-toi des règles.

Mais revenons au Lomo LC-A original dont le nom est inscrit en lettres cyrilliques « ЛОМО » et un petit badge CCCP au dos (parfois).

Il utilise la classification des films soviétiques Gost (en Cyrillic : ГОСТ) , assez proche mais pas vraiment alignée sur la côte ASA/ISO en faveur à l’Ouest. Ainsi, Gost 65 équivaut à 100 Iso et le plus élevé, le Gost 250 est équivalent plus ou moins au 400 Iso.

Toutefois, certains Lomo, destinés à l’exportation, utilisaient l’alphabet occidental et les paramètres Iso. Quelques uns ont même été commercialisés sous la marque « Zenit Lomo », les Zenit étant bien connu notamment du marché anglais.

Quelques appareils de l’ère soviétique apparaissent parfois sur Ebay, souvent affublés de « badges » fantaisistes pour leur donner plus de valeur.

A ma connaissance, une série spéciale de 5000 appareils a été estampillée d’un petit badge en relief sous la forme d’une bannière rouge déployée avec un cadre en bronze et des lettres. Le texte se trouve sur l’insigne à l’intérieur de la bannière, chaque mot sur une ligne distincte: «XXVIIe Congrès du PCUS » en 1986 (présidé par le président réformiste Mikhail Gorbatchev).

C’est grâce à mon ami Patrice que j’ai pu acquérir un exemplaire de cette rare série (fabriqué en 1985), que je vous présente aujourd’hui. Il est venu en ligne droite de Russie, avec sa lanière et sa petite sacoche en vrai « cuir de Russie ». Merci encore l’ami !

Bon, et il fonctionne comment le Lomo ?

Tout d’abord, il faut ouvrir la languette de protection de l’objectif et du viseur, en faisant glisser un curseur situé sous le bloc optique, ce qui anime le boitier.

C’est un appareil avec un viseur finalement très clair qui reprend dans celui-ci les quatre zones de mise au point : 0,8m – 1,5m – 3m et l’infini. Une fine « baguette » signale la distance choisie, reprise par des pictogrammes

On règle ces zones par un petit levier à gauche du bloc optique.

En choisissant une des ouvertures disponibles (de f 2.8, 4, 5.6, 8, 11, à 16), l’obturateur est bloqué au 1/60 s. Ce mode est originellement destiné à la photographie au flash. Un mode automatique (désigné par la lettre « A » parmi les ouvertures disponibles) laisse le LC-A calculer la vitesse d’obturation ainsi que le diaphragme nécessaire pour la photographie en fonction de la lumière reçue par la cellule. Pour l’utilisation de ce mode, la sensibilité du film (de 25 à 400 ASA/ISO ou 22 à 350 Gost) doit être réglée correctement à l’aide d’une molette et trois piles boutons sont nécessaires (des LR44). Un indicateur lumineux à gauche dans le viseur signale le bon fonctionnement de celles-ci. Un autre indicateur lumineux, placé à droite, signale les poses de plus de 1/30 seconde et donc un risque de sous exposition ou le besoin d’avoir recours au flash.

C’est sur la droite du même bloc, qu’il y a l’autre levier pour choisir la vitesse d’obturation et l’ouverture. Les vitesses vont de 2s à 1/500s, plus le A de l’automatisme.

Le Lomo LC-A est donc un appareil photo compact avec un système d’exposition automatique qui détermine le couple vitesse/diaphragme. Le système d’exposition permet des temps de pose en théorie jusqu’à 2 sec., mais en pratique jusqu’à 2 mn.

Comme je l’écrivais, le système d’exposition utilise trois piles SR44 ou LR44, très courantes. Qui dit automatique dit qu’il faudra veiller à avoir des piles de secours. Néanmoins, en l’absence de celles-ci, il est tout à fait possible de l’utiliser en mode manuel (mode flash) à une vitesse de 1/60 sec. et en sélectionnant le diaphragme.

L’objectif, le Minitar, a donc une plage d’ouverture de f 2,8 à f 16 pour une focale de 32mm. Il est aussi bon que celui du Cosina et garde les particularités qui ont fait son succès, cette espèce de contraste prononcé, dû au vignettage et à l’accentuation du contraste induit par la construction de l’objectif.

Enfin, en résumé, quand vous le portez à l’œil et que vous avez fait vos réglages, si vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, une diode rouge vous signale que la batterie est ok et que vous êtes dans le bon pour déclencher. Si deux diodes s’allument, à gauche et à droite, c’est que vous êtes en sous exposition et qu’il faudrait soit un trépied, soit un mur, soit un flash pour éviter les flous de bougés … mais nous sommes chez Lomography …

Si tout est bon, vous poussez à fond sur le déclencheur, doux et discret : clic-clac, la photo est dans la boite !

Ah, et vous aurez remarqué qu’on peut lui adjoindre un moteur …

A quoi faut il faire attention si vous voulez acheter un « vrai » Lomo ?

La principale cause de panne est électronique. Si tout clignote, votre Lomo servira encore de presse papier mais plus comme appareil photo car sans électronique l’obturateur restera bloqué et le système d’exposition restera muet.

Autre chose à vérifier, les mousses, qui sont souvent HS à cet âge (comme tant d’autres appareils).

Il arrive que le Lomo ne déclenche tout simplement pas : soit les piles sont HS, soit mal insérées ou, plus embêtant, c’est que l’appareil commence à décliner et qu’il risque à plus ou moins court terme de servir de presse-papier.

Ne vous laissez pas gruger par des badges fantaisistes, qui ont tendances à faire grimper les prix. Mais je n’ai pas réussi à trouver sur le Net un quelconque récapitulatif des séries spéciales « officielles ». Si quelqu’un a le tuyau, je suis preneur …

En ce qui me concerne, j’ai juste un regret : la lecture de la fenêtre du Gost (Iso/Asa) n’est pas très facile, je ne distingue pas bien les chiffres. Je crois que j’ai réussi à le caler sur 130 Gost, ce qui correspond peu ou prou au 200 Asa. Je verrai à l’expérience ce que cela donne.

Au niveau utilisation, c’est bien plus agréable qu’un Minox 35 (oui, je sais, je vieilli) car les commandes sont plus lisibles et il bénéficie d’un automatisme qui simplifie la prise de vue. Ici vous travaillez en « zone focus » et l’appareil fera le reste pour la prise de vue.

Il se glisse dans toutes les poches et la protection de son viseur/objectif est réelle, ce qui est un vrai plus.

Lorsque vous l’avez en mains, vous pouvez déclencher à la sauvette sans soucis, il se manipule aisément dans toutes les positions et – surtout – il sait rester (très) discret : le déclencheur émet un clic à peine audible (on dirait du Leica, si, si !) et le réarmement ne fait guère plus de bruit.

Qu’en est-il du prix ?

Si vous achetez un nouveau Lomo LC-A+, produit par Lomography, il vous en coûtera dans les 249€. En occasion, comptez quand même dans les 90 à 160€, sauf si vous passez par le site russe Mezok (traducteur obligatoire) ou par PhotoLubitel (idem car aussi en russe) où vous pouvez espérer faire de meilleures affaires mais attention, les vendeurs russes ne proposent que du matériel qui fonctionne (!?).

Si je résume : soit vous cherchez un appareil fiable avec quelques améliorations et vous prenez le Lomo LC-A+, soit vous aimez l’aventure (et les surprises) et optez pour un « vrai » Lomo. A chacun sa philosophie, vous connaissez la mienne.

Sachez aussi qu’il existe maintenant un Lomo LC-A+ qui utilise du film en 120mm, mais nous sortons du sujet !

Et Lomography offre une quantité étonnante d’accessoires utiles ou futiles pour combler votre Lomo LC-A+ (faites attention, les compléments optiques ne fonctionnent pas sur l’original car son objectif n’est pas prévu pour).

Petite video d’illustration

Des exemples de photos et des commentaires sur l’appareil LA

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lomo_LC-A, https://www.lomography.com/magazine/321700-lomo-lc-a-moments-partie-1-lomography, http://35mm-compact.com/minicompact/lomolca.htm en français, https://en.wikipedia.org/wiki/Lomo_LC-A, https://kosmofoto.com/2017/06/lomo-lc-a-cameras-lc-wide-lca-120/, https://microsites.lomography.com/lca+/history/ en anglais, https://www.lomography.it/magazine/321818-lomo-lc-a-moments-part-2 en italien, http://www.diariodeunpixel.com/2018/06/lomo-lc-a/ en espagnol

A titre indicatif, voici la comparaison entre les ISO/ASA/Gost

ISO arithmetic scale
+ ASA scale
ISO log scale
+ DIN scale
GOST
(Soviet pre-1987)
Example of film stock
with this nominal speed
6 original Kodachrome
810° Polaroid PolaBlue
1011° Kodachrome 8 mm film
1212°11Gevacolor 8 mm reversal film
1613°11Agfacolor 8 mm reversal film
2014°16Adox CMS 20
2515°22old Agfacolor, Kodachrome 25
3216°22Kodak Panatomic-X
4017°32Kodachrome 40 (movie)
5018°45Fuji RVP (Velvia)
6419°45Kodachrome 64, Ektachrome-X
8020°65Ilford Commercial Ortho
10021°90Kodacolor Gold, Kodak T-Max (TMX), Provia
12522°90Ilford FP4+, Kodak Plus-X Pan
16023°130Fujicolor Pro 160C/S, Kodak High-Speed Ektachrome
20024°180Fujicolor Superia 200
25025°180Tasma Foto-250
32026°250Kodak Tri-X Pan Professional (TXP)
40027°350Kodak T-Max (TMY), Tri-X 400, Ilford HP5+
50028°350 
64029°560Polaroid 600
80030°700Fuji Pro 800Z
100031°700Kodak P3200 TMAX, Ilford Delta 3200 (see text below)
125032°  
160033°1400–1440Fujicolor 1600
200034°  
250035°  
320036°2800–2880Kodak T-Max (TMZ)
400037°  
500038°  
640039°  
source : http://www.photographers-resource.co.uk/photography/exposure/Ref_iso.htm
Les réflex

Récapitulatif (très subjectif) des reflex argentiques

Je vous avais fait un premier essai à ce sujet et puis je me suis rendu compte que j’avais mis dans cet article des appareils, certes excellents, mais pas forcément à la portée de toutes les bourses, surtout celles des plus jeunes qui ont envie de découvrir le monde de l’argentique ou ceux qui hésitent à franchir le pas et ne veulent pas gaspiller leur argent.

A défaut de vide-grenier, de brocantes ou de connaissances désireuses de céder des vieux boitiers retrouvés dans le hasard d’un joyeux fourbi, j’ai écumé les petites annonces pour vous trouver des appareils qui devaient répondre à un critère essentiel, le prix.

D’abord pour prouver que ce que j’annonçais était faisable en tenant toutefois compte de 2 critères : l’appareil est-il immédiatement fonctionnel et est-il accompagné d’un objectif ?

Si je les revends tous au prix maximum de 50€ que je me suis fixé comme raisonnable, j’en ai acheté pour des prix allant dans une fourchette de 25€ à 35€ (hors frais de port, qui grèvent parfois la facture). Pour ceux-là j’ai systématiquement :

  • nettoyé les boitiers et les objectifs
  • vérifié l’état des mousses assurant l’étanchéité ou le retour des miroirs
  • et changé celles qui étaient parties en lambeaux
  • vérifié à la lampe pour certains (avec un film pour d’autres) que le boitier était étanche à la lumière
  • vérifié le compartiment des piles
  • remplacé les piles par des neuves
  • procédé à quelques bricolages (simples mais pérennes) pour assurer l’alimentation quand la pile était difficile, voire impossible à trouver
  • vérifié l’état des cuirettes, avec parfois la nécessité de recoller (voire changer) celles trop abîmées
  • vérifié avec un film test que l’appareil charge bien la pellicule (usure de certains mécanismes, notamment ceux en plastique)
  • vérifié que les cellules répondaient raisonnablement aux changements de luminosité

Ce sont des opérations que vous pourriez effectuer vous-mêmes, avec un minimum de connaissances et quelques recherches sur la Grande Toile mais dans ce cas, vous achèteriez l’appareil au même prix, à charge de faire le nécessaire pour qu’il devienne opérationnel.

Quand je revends un boitier à 50€, vous n’avez plus qu’à mettre un film dedans.

Ce fut un plaisir, pour moi aussi, de (re)découvrir quelques appareils qui furent des best-sellers en leur temps.

J’ai cependant évité ceux en dessous des années septante, réservés peut-être plus à des collectionneurs ou des esthètes qu’à des (apprentis) photographes ayant envie de (re)découvrir le monde de l’argentique à travers un reflex.

Dans le même ordre d’idée, j’ai essayé d’éviter des appareils trop spécifiques au sens où il serait difficile de trouver des accessoires utiles, les premiers étant les optiques. Parfois des montures propriétaires sont trop rares que pour trouver facilement des objectifs pour faire évoluer sa pratique.

Je garde toutefois la distinction entre appareils tout manuels et ceux dotés d’un autofocus, sans préjuger qu’ils y en aient qui soit préférables à d’autres. Par exemple, si j’apprécie beaucoup de manipuler un Pentax ME (tout manuel, c.-à-d. que vous réglez la netteté vous-même et procédez aux réglages de base, parfois suggérés par le truchement d’une cellule), je préfère travailler avec un Canon Eos 30 doté de l’autofocus. Affaire de goût personnel et pour pallier à certains déficits venant avec l’âge ou la santé …

De toute manière, et je trouve que ce serait un excellent cheminement, j’inviterais ceux qui (re)découvrent les sels d’argent de passer par les deux types d’appareils : un tout manuel d’abord, un autofocus ensuite, pour mieux comprendre le cheminement et l’apprécier à sa juste valeur.

Quoique …. en y réfléchissant bien, et après avoir écris mon article sur le Minolta Dynax 5, j’en viens à considérer l’inverse : si vous êtes vraiment néophyte, prenez plutôt un appareil relativement récent (bon, ok, ça veut dire qu’il date au moins du début des années 2000)

Pourquoi ? Mais parce que vous bénéficierez de toutes les avancées technologiques de l’époque (l’apogée de l’argentique) avec des fonctions que vous retrouvez aujourd’hui encore sur les numériques et vous aurez réellement du plaisir à obtenir de bonnes photos. Puis, vous pourrez vous laisser tenter par un argentique des années septante ou quatre-vingt, d’avant l’autofocus et les automatismes performants.

Aujourd’hui, la plupart des gens les boudent, ce qui fait que leur prix sont ridiculement accessibles. Vous n’aurez donc aucun remords à être passé par là avant de vous lancer plus loin dans la découverte du triangle d’exposition.

Ensuite, dites-vous bien que l’appareil acheté, si vous en avez pris soin, se revendra au même prix au moins, même dans quelques années …

Enfin, j’ai essayé de ne pas faire un « classement » au sens d’un premier et d’un dernier car mes envies et mes goûts ne sont sans doute pas les vôtres, qu’ils soient d’ordre esthétique ou mécanique.

Je préfère grouper les appareils par marque, en gardant donc la distinction manuel ou autofocus, en ajoutant s’ils sont tout automatique, semi-automatique (automatismes débrayables), s’ils sont priorité vitesse/ouverture (selon le choix de chacun).

Voilà …. tous (ou presque) les appareils sont repris dans la page « les appareils à vendre » et vous trouverez un lien pour chacun renvoyant à son essai pour les informations plus complètes.

Ce qui peut vous aider si vous en trouvez sur d’autres sites, les brocantes, les vides-greniers, les Emmaüs, chez un parent, un ami, …

Bonne découverte et – surtout – bon amusement !

Canon

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Canon T50xx
Canon Eos 1000Fxxx
Canon Eos 3000xxx
Canon Eos 5000xxx
Canon Eos 50exxxxxx
Canon 500Nxxxxx
Canon 300xxxxx
Canon Eos 33/30xxxxxx

Pentax

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Pentax MExxx
Pentax ME Superxxxx
Pentax P30xxx
Pentax PZ-70xxxx
Pentax SFXxxxxx
Pentax Z-10xxx

Minolta

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Minolta SR-1x
Minolta SR-7x
Minolta XG-1(n)xxxx
Minolta XG-2xxxx
Minolta 5000 AFxxx
Minolta 7000 AFxxx
Minolta 404sixxxxxx
Minolta 505si (1994)xxxxxx
Minolta 505si Super (1994)xxxxxx
Minolta 505si Super (1998)xxxxxx
Minolta Dynax 5xxxxxx
Minolta X9xxx
Minolta X700 MPSxxxxx

Fujica

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Fujica ST 605xx
Fujica ST 701xx
Fujica AX-1xxx
Fujica AX-3xxxx
Fujica AX-5xxxxx

Praktica

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Parktica B100xx
Praktica BX20xxxx
Praktica Super TL1000xx
Praktica Super TL3xx
Praktica MTL3xx
Praktica LLCxx
Praktica MTL5xx
Praktica MTL 5Bxx
Praktica MTL 50xx

Ricoh

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Ricoh KR-5xx

Nikon

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Nikon F 50xxxxx
Nikon F 60xxxxx
Nikon F 65xxxxx
Nikon EMxx

Alpa/Chinon

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Chinon CE-4xxx
Alpa si 3000xxx

Mamiya

modèlemanuelautosemi autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Mamiya MSX 500xx
Mamyia NC 1000xxxx
Mamiya DSX 1000Bxx
Mamiya ZExxx

Contax

modèlemanuelautosemi auto priorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Contax 139xxxx

Yashica

modèlemanuelautosemi-autopriorité vitessepriorité ouvertureautofocus
Yashica FR-1xxxx
Yashica TL-Electrox
Le Zinc du photographe

Podcast et émissions dédiées à la photographie

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà écris un petit article sur la photographie au cinéma.

J’y citais des films comme Blow Up, La bande à Man Ray, Le siècle de Cartier-Bresson, etc …

Je parlais aussi des DVD que vous pouvez acquérir sur la boutique ARTE, consacrés à la photographie (Les Contacts, Photo, l’intégrale).

Mais cela faisait quelques temps que je voulais me tourner vers des Podcast consacrés au médium.

J’ai trouvé un bel article qui vient de publier un magnifique article à ce sujet, dont l’auteur reprend les posdcast qu’il a lui-même testés et qu’il nous recommande.

Je ne vais, bien évidemment, pas reprendre son article mais je vous le mets en lien car il vaut le détour et vous le trouverez ICI.

Si comme lui vous avez de bonnes idées pour occuper nos longues soirées d’un printemps froid et grincheux, allez-y, partageons, je me ferai un plaisir de les relayer.

Ceci étant, bonne écoute et à bientôt.

Les nouveautés en un lieu

Pour une fois, une application pour smartphone : NEVEO

Oui, je sais, je vous écris tout le temps qu’un smartphone ne sera jamais, pour moi, un appareil photo.

Mais force est de constater que j’ai – parfois – le sentiment d’être un peu seul à penser cela quand je vois le nombre de gens qui mettent leur vie en photos sur leur GSM.

Et le pire, ce sont les images des enfants, qui grandissent, que l’on regarde à la sauvette, entre parents, collègues parfois, amis surtout et – rarement – grands parents.

Pourquoi rarement les grands parents ? Ben parce qu’ils sont victimes de la « fracture numérique » comme on dit de manière politiquement correcte … bref, non seulement beaucoup n’y comprennent rien, mais leur vue étant ce qu’elle est, ils n’y voient pas grand-chose sur les écrans des téléphones intelligents !

Enfin, bien souvent, la plupart de ces photos resteront dans le téléphone, jusqu’à la panne, la perte ou le vol de celui-ci, au grand dam de beaucoup qui ont oublié de les transférer, voire de les faire imprimer.

Et c’est ici qu’interviennent de petits malins (dans le bon sens du terme) qui proposent cette application, Neveo.

Ils ont bien compris le marché potentiel de ces photos qui « dorment » dans les GSM et qui étaient initialement destinées à la famille, surtout les grands-parents.

Ils vous proposent donc, contre un abonnement, de pouvoir faire éditer un « journal » de vos photos, qui sera envoyé chaque mois aux grands mères et grands pères contents de voir les évolutions des « chic-ouf »

En résumé, vous prenez vos photos, vous les envoyez sur le site qui se charge, une fois par mois, d’en faire un « album » – qu’ils appellent journal – et ils l’envoient quelques jours plus tard aux personnes désignées, gratuitement et partout dans le monde.

Le premier « journal – album » vous coûtera 0,99€, pour essayer, ensuite, vous devrez prendre un abonnement à 9,99€/mois pour assurer la suite des envois.

Le site est sécurisé. Puis ils essaient de rester « vert » en utilisant des papiers certifiés FSC et ils collaborent avec l’ONG Graine de vie, qui replante un arbre à chaque nouvel abonnement chez Neveo.

Je vous invite bien évidemment à aller faire un tour sur leur site pour des informations supplémentaires.

Alors vraie-fausse bonne idée ? Je ne sais pas mais j’avoue que le concept me plait car il garde un lien avec les ainés et évitent aussi que des photos restent dans l’oubli insondable d’une mémoire aléatoire. Comme quoi le papier a encore de beaux jours devant lui pour animer le monde !

L’application fonctionne indistinctement avec Apple et Androïd (Google Play).

Et puis, j’aime bien l’histoire qui a procédé à cette idée, elle sent bon le vécu et la gentillesse des plus jeunes à l’égard de leurs ainés, pour faire taire les grincheux qui ne voient jamais que les gros titres des journaux racoleurs mais pas les entrefilets où l’on met à l’honneur les idées riches d’espoir !

Ah, et pour ceux qui cherchent la traduction de « chic-ouf » : chic les petits (enfants) sont là; ouf, ils sont repartis (et nous sommes sur les genoux)

Les réflex

Le Yashica TL-Electro

Voilà un beau pavé (980gr quand même, tout nu) sorti en 1972, dans la lignée des beaux appareils de ces années là.

De fait, il succède au Yashica Electro TL -X, sorti en 1968 et produit jusqu’en 1974, qui inaugurait l’affichage lumineux chez Yashica (pour mémoire, le premier appareil avec des LED, c’est le Fujica ST 801 en 1970).

Si nous étions méchants, nous dirions qu’il est presque un clone du Pentax Spotmatic II, qui utilise la monture Pentax/Praktica M42 – notez, c’est une bonne chose car vous aurez un choix extrêmement large d’objectifs et comme il est moins « connu », vous pourrez l’acquérir pour un prix bien plus raisonnable.

Pourquoi le comparer au Pentax Spotmatic II ? Ben parce que la fiche technique est très proche … Tous les contrôles sont manuels, la mesure est TTL (à travers l’objectif), flash synchronisé via la griffe …. ceci étant, d’autres appareils de la même époque ont – sensiblement – les mêmes caractéristiques.

Les réglages sont réduits au minimum : on règle les Asa en soulevant le barillet des vitesses et on tourne celui-ci en fonction de la vitesse que l’on veut utiliser, ou qui est conseillée fonction de l’ouverture du diaphragme.

Les vitesses vont de 1s au 1/1000s, plus la pause B. La synchronisation X du flash est au 1/60s ou le 1/30s si on utilise des flashs raccordés avec un cordon (prise FP).

Il est équipé d’un retardateur mécanique d’environ 9s

Mais il y a une différence évidente par rapport au Pentax, le Yashica Electro TL utilise des diodes plutôt qu’une aiguille pour indiquer la mesure de la lumière.

On vérifie l’exposition en abaissant le levier sur la gauche du bloc optique, qui actionne la cellule. Lorsqu’on regarde dans le viseur, une espèce de « diapason » lumineux apparait : si toute la forme s’illumine, l’exposition est bonne, si seulement le haut s’éclaire, c’est signe de surexposition et si c’est seulement le bas, c’est une sous exposition.

Le réglage se fait en ouvrant ou fermant le diaphragme sur l’objectif, voire en changeant la vitesse.

Lorsque l’on enfonce le déclencheur, le bouton de commande de l’exposition revient à zéro.

Comme je l’ai déjà écris, ce sont de superbes appareils, fiables et précis. Leur électronique encaisse aussi assez bien les piles modernes de 1,5v (les piles au mercure étaient de 1,35v) sans influence notable sur la cellule. Ensuite, le fait d’avoir doré à l’or fin les contacts garantit une excellente protection contre l’oxydation et les mauvais contacts. Les appareils qui bénéficient de ce « luxe » sont marqués d’un symbole (voir photo), comme sur les Electro 35 GS, GSN, GTN, etc.

Il existe deux modèles de TL Yashica. L’un utilise une pile 6V PX28 et l’autre utilise 2 piles 1.35V PX640. Ce qui complique bien un peu les choses car ces piles, au mercure, n’existent plus et il faut trouver des correspondances modernes. Lorsque j’ai reçu le mien, il y avait 2 piles dans le compartiment, or il fonctionne avec 1 pile de 6v, je vais donc essayer de trouver une PX28 ou 28L (2CR1/3N/PC28L/L544). Je l’ai testé avec une 4LR44, il s’est animé (enfin, la cellule a répondu) mais elle est trop longue.

Ceci étant, heureusement qu’il n’est pas gourmand en alimentation car la trappe à viser pour la pile est un peu mal fichue, au dos de l’appareil, près du viseur, et il faut faire attention à ne pas abîmer le pas de vis.

Mais c’est un appareil vraiment bien construit, fait pour durer, solide, quasi 50 ans après sa sortie tout fonctionne.

Je trouve que la possibilité de monter tous les objectifs en M42 est un plus indéniable pour ce type de boitier, le parc optique est vaste et de qualité, abordable en plus.

Moins sophistiqué qu’un Yashica FR ou FR-1, c’est typiquement un appareil école, tout mécanique (hormis la gestion de la cellule), ce qui veut dire qu’il déclenchera même sans pile.

C’est un appareil qui n’est pas rare et vous en trouverez en (très) bon état à des prix vraiment raisonnables.

Et si vous croisez la route d’un bel exemplaire, laissez-vous tenter vous entrerez dans la grande famille des bons appareils école, sans remords.

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1443123475.jpg
source : Collection-appareils, Dixons 1974

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques exemples de photos faites avec cet appareil ICI

Quelques références : https://james-grundy.com/yashica-tl-electro-review/, https://cameracollector.net/yashica-tl-electro/, http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/YashicaTLElectro.html, https://www.lomography.com/magazine/41223-yashica-tl-electro, http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_TL https://laptrinhx.com/news/yashica-tl-electro-qK1EKLK/ en anglais, http://www.appaphot.be/fr/brands/yashica/yashica-tl-electro/, http://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible.php?id=99&marque=Yashica, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11855-Yashica_TL%20Electro.html, http://www.mes-appareils-photos.fr/Yashica-TL-Electro.htm en français

Les nouveautés en un lieu

Et si vous pensiez à un appareil fait sur mesure ?

C’est vrai que les différents grands constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour nous présenter des boitiers toujours plus sophistiqués, ergonomiques, adaptables, etc. et pourtant, parfois, on peut vouloir quelque chose tout à soi, rien qu’à soi … y compris en matière d’appareil photo.

Eh bien, j’ai peut-être trouvé un site, et une entreprise, qui pourrait répondre à vos envies.

Leur philosophie est particulière : ils vous proposent de créer votre propre appareil, selon vos envies ou vos besoins

Mais commençons par le début …

Dora Goodman a deux passion, la photographie argentique et l’amour du travail fait main. Alors, en 2016, elle décide de combiner ses passions et commence, dans son petit atelier à domicile, la nuit, en redessinant des boitiers argentiques, en bois, et en fabricant des sangles en cuir pour les appareils photo.

Elle a partagé sur Instagram ses premières réalisations, qui ont suscité un certain engouement parmi les photographes passionnés. Elle a alors réalisé qu’il y avait là un marché, au sens où elle pourrait satisfaire ses envie et celles des autres photographes.

Petit à petit, son atelier est devenu ruche car elle a répondu aux demandes toujours plus nombreuses de passionnés pour la personnalisation de leurs propres appareils. Son utilisation de matériaux nobles, comme le bois, le cuir, le verre lui ont permis de faire des créations uniques.

Petit à petit, elle a laissé tomber son boulot de responsable dans une boite de jeux video pour fabriquer des appareils photos et des accessoires. Bien vite rejointe par d’autres créateurs talentueux, ils ont conçus et créés leurs propres appareils, faisant évoluer leur marque.

Les premiers appareils étaient fabriqués en bois, matériaux d’exception mais qui demande un long travail, méticuleux, malheureusement devenu incompatible avec les demandes de plus en plus nombreuses. Il fallut donc trouver une autre solution et ce fut l’impression en 3D !

Partant d’un constat évident : si on pouvait construire des maisons ou des organes avec cette technique, il était possible de fabriquer un appareil photo !

La flexibilité et la conception illimitée de cette méthode leur permet de tester, en quelques heures, un nouveau concept, l’idée d’un client, de vérifier les normes de qualité qu’ils se sont fixées, tout en restant rentables, originaux, fonctionnels, esthétiques et … abordables.

Aujourd’hui, ils sont six. L’atelier à déménagé dans un vrai atelier à Budapest, qui s’est rempli de fournitures, d’appareils photos et d’imprimantes 3D.

Autre innovation, ils travaillent en « open source » ce qui leur permet d’offrir les fichiers à leur communauté mais aussi de développer leurs produits avec la contribution de celle-ci car ils veulent travailler en « porte ouverte », c.-à-d. en invitant d’autres talents locaux à les rejoindre et à collaborer.

Leur objectif est clair : aller de l’avant en explorant toujours plus avant les possibilités de la technologie d’impression 3D pour fabriquer de beaux produits faits mains. Ce qui répond aux attentes de la communauté des photographes argentiques qui veulent « leur » appareil.

Que propose Dora Goodman Cameras ?

Leur équipe de passionnés conceptualise des appareils moyen format ou à sténopé imprimés en 3D ou des appareils photo personnalisés et uniques en leur genre.

Ils veulent fabriquer l’appareil dont ils ont toujours – dont vous avez peut-être toujours – rêvé.

Pourquoi uniquement en argentique ?

Parce qu’elle résiste à l’épreuve du temps et même, continue à se développer dans un environnement de plus en plus « moderne ». Et puis – ils l’avouent – c’est une manière de laisser leur marque dans histoire photographique.

Si j’osais, je résumerais en écrivant qu’il y a le mouvement Lomography et le mouvement Dora Goodman Cameras, et ils sont tous les deux au service de cette passion qu’est la magie sans cesse renouvelée de la photo argentique.

Que proposent-ils ?

Leurs appareils sont disponibles dans leur boutique en ligne, soit sous forme de kit à assembler soi-même, soir pré-assemblé. Leurs designs sont aussi disponibles en documents open source que l’on peut télécharger librement via le GoodLab si vous possédez votre propre imprimante 3D.

Que me reste-t’il à écrire ?

Allez visiter leur site : https://www.doragoodman.com/ et leur magasin https://doragoodman.com/store/ pour vous rendre compte de la richesse de leur concept.

D’ailleurs, ils offrent des promotions pour leur 5 ans d’existence, c’est peut-être le moment d’en profiter.

Personnellement, je me laisserais tenter par le Goodman Zone moyen format … tiens, c’est quand encore mon anniversaire ?

Argentique

Le Kodak Brownie Twin 20

Dans mes délires pour découvrir des appareils différents, je vous présente ce Kodak Brownie Twin 20 qui, de prime abord, va rejoindre les appareils de la « lomographie ».

Mais ne brulons pas les étapes et commençons par le début.

C’est aux USA que cet appareil est né, en 1959, à Rochester, New York, le fief historique de la marque. D’abord fabriqué par la Eastman Kodak Co, il le sera ensuite par la Kodak Ltd en Grande Bretagne, de 1960 à 1964, date de fin de production.

En fait, comme souvent chez Kodak, les pièces étaient fabriquées aux USA et ensuite assemblés en Angleterre ou en France.

Il est de la génération de Brownie Reflex 20, Brownie Starmite, Brownie Starflash et même s’il ressemble aussi au Brownie Starlet, c’est une exception parce que ce dernier fut fabriqué en Angleterre pour le marché US et le marché français.

La différence de taille s’explique par les films utilisés : le 127 pour le Starlet et le 620 pour le Twin 20, qui donnera des négatifs carrés de 5,7cm x 5,7cm.

Il fait partie de la grande – que dis-je, de l’immense – famille des appareils « clic-clac, c’est Kodak », autrement dit de ces appareils ultra simples qui ont fait le bonheur de tant de famille de tous les côtés de l’Atlantique.

Quoique …

Cet appareil possède une caractéristique inhabituelle, il bénéficie de deux viseurs. Un premier qui permet de viser à hauteur d’œil et un second viseur à hauteur de taille, comme les anciens Box, mais en plus (beaucoup plus) lumineux. La visée directe « par dessus » est faite grâce à un miroir incliné à 45°.

Et si nous regardons bien, les deux viseurs affichent des marques de cadrage pour le format Superslide qui est en fait un format de « super dia »

slide comparison
Monture 35 mm par rapport à la monture Super Slide

Un mot au sujet de ces « super diapositives », au format 46mm : elles étaient fabriquées à partir d’un film moyen format, découpée et montée dans des cadres spéciaux, qui permettaient de les insérer dans un projecteur classique de 35mm. Le but étant de produire des images de meilleure qualité puisque plus grandes mais les projecteurs standards créaient souvent un effet de vignetage dans les coins.

C’est la position des deux viseurs, l’un à côté de l’autre (twin-twin), qui donne son nom au boitier. Leur luminosité produit une excellente qualité d’image. Même si le viseur « œil » est plutôt étroit.

Ensuite cet appareil était destiné aux photographes qui voulaient pouvoir prendre un peu plus la main sur leurs prises de vue puisque l’on pouvait contrôler l’ouverture et la mise au point.

En effet, il est équipé d’un objectif ménisque ouvrant à f11 avec une mise au point de 1,2m à l’infini mais en établissant trois plages possibles : une pour les portraits (1,2m à 2,4m), une autre pour les groupes (de 2,4m à 6m) et la dernière pour les paysages (de 6m à l’infini).

Il suffit de tourner l’objectif sur les positions indiquées sur son tube pour faire la mise au point.

En outre, le diaphragme propose aussi trois options d’ouvertures : f 13 pour les photos couleurs en plein soleil et pour le noir et blanc, f 14 au soleil ou nuageux lumineux et f 15 en plein soleil, sur le sable ou à la neige. Vous réglez ces ouvertures via un petit levier situé sous l’objectif.

Ceci étant, l’obturateur, rotatif, n’ a qu’une vitesse, le 1/40s.

Et si jamais il n’y avait pas assez de lumière, on peut lui adjoindre un flash spécifique, sur le côté gauche, avec contacts par broches.

Pour charger l’appareil – rappelez-vous en bobine de 620 – vous déverrouillez la chambre via un bouton situé dans un rond, en dessous, en le positionnant comme il se doit sur « open ». La, vous retirez tout le corps de la chambre.

Ensuite vous devrez déplacer un nouveau levier aussi sur la chambre et le mettre sur « Load » pour pouvoir installer le film. Une fois que le film est chargé dans le support et réinséré dans l’appareil photo (et verrouillé) le petit interrupteur doit être placé sur la position «EXP.1-12» pour pouvoir enrouler le film. Il s’agit d’un dispositif de prévention de la double exposition, c’est-à-dire que l’obturateur ne se déclenchera que si le film a été avancé à l’image suivante. Lors du bobinage sur l’image suivante, l’obturateur s’armera et le film s’arrêtera au bon endroit. Il n’est pas nécessaire de vérifier les chiffres à travers la petite fenêtre rouge,à l’arrière, recouverte par une plaque métallique mobile, à moins que vous n’ayez besoin de voir combien de photos il vous reste à prendre.

L’appareil que j’ai reçu était dans sa boîte, abimée mais comment faire autrement après près de 60 ans, avec son mode d’emploi et sa sangle tressée d’origine.

A part un peu de nettoyage, rien à dire sur l’aspect de l’appareil.

Je l’ai tourné et retourné en mains avant de découvrir comment l’ouvrir et voir ses entrailles, tout en plastique mais solide (là, on n’est pas chez Lomography).

Franchement, ça fait bizarre de se retrouver avec deux viseurs, surtout celui du dessus, qui me rappelle le Kodak Dualflex, mais c’est vrai qu’il est clair, mais il faut – encore – remettre l’image « à l’endroit », et je n’aime pas ça !

Autre soucis à résoudre , la transformation d’une bobine de 120 en 620 (revoir les explications du Kodak Dualflex à ce sujet).

Mais cela me donne envie de le tester, je commence à prendre goût à ces appareils qui nous apparaissent improbables mais qui ont permit de garnir tant d’albums de famille.

Le temps que je retrouve ma petite ponceuse pour préparer la bobine … et je ferai part de mes impressions d’emploi cette fois.

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276538047.jpg
source : Collection-appareils, Sears 1960.

Quelques donnés techniques :

Type de film620, 12 vues de 5,7 x 5,7 (6×6)
ObjectifMenisque acrylique 75mm f:11, 3 ouvertures : f 13,- f 14 et f 15.
Mise au point avec repères CLOSE-UPS (1,2 – 2,4m), GROUPS (2,4 – 6m) et SCENES (6m à l’infini.)
ViseurDouble viseur : optique direct à hauteur d’œil en résine acrylique et optique sur miroir « waist-level » en laiton chromé poli.
Indications de cadrage pour les diapositives dans les 2 viseurs.
ObturateurRotatif monovitesse 1/40s.
Blocage contre les doubles expositions
FlashPrise pour flash dédié KODALITE MIDGET FLASHOLDER ou ROTARY FLASHOLDER typ 1 (ampoules M2, M5 ou M25).

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://brownie-camera.com/48.shtml, https://darlscamerashelf.wordpress.com/2013/06/01/kodak-brownie-twin-20/, http://www.kodak.3106.net/index.php?p=217&cam=1578, https://www.extremetech.com/extreme/99281-the-illustrious-history-of-kodak-inventor-of-the-snapshot-digital-cameras-oled-and-more (l’histoire de Kodak), en anglais, http://www.vieilalbum.com/BrownieTwin20FR.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-571-Kodak_Brownie%20Twin%2020.html, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/browniem.html en français, https://www.sonriaalacamara.com/item/kodak-brownie-twin-20 en espagnol

Le Zinc du photographe

Gerta Pohorylle, une photographe révolutionnaire

Mais sans doute la connaissez-vous sous son nom de photo reporter : Gerta Taro.

Oui, oui, celle que l’on présente comme la compagne du grand André Friedman … avant qu’il ne devienne, grâce à elle, l’immense Robert Cappa.

Mais commençons par le début ….

Née le premier août 1910 dans l’extrémité orientale de l’Autriche-Hongrie, Gerta Pohorylle devra découvrir bien vite les affres de l’antisémitisme et de l’étroitesse d’esprit de l’époque.

Au fil des ans, consciente de ses capacités et profondément touchée par la montée des fascismes, elle prend part aux idées de gauche et s’engage dans le reportage avec celui qui allait devenir son mentor avant de devenir son égal.

Gerta Pohorylle et André Friedman, deux noms qui devaient se dissoudre pour donner naissance à deux légendes, celle de Gerda Taro et Robert Cappa, qui deviendront les reporters engagés de la guerre d’Espagne.

L’histoire extraordinaire de Gerta Taro, que j’ai résumé bien trop vite dans ces quelques lignes, je vous encourage à la découvrir dans le livre de Irme Schaber  » Gerta Taro, une photographe révolutionnaire dans la guerre d’Espagne », éd. Du Rocher, collection Anatolia, ISBN 2-268-05727-5-9.

Si le livre est parfois ardu, il est d’une extrême précision et retrace la vie extraordinaire de cette photographe dont on ne retient, à tort, que sa vie de compagne de Robert Cappa et sa mort tragique en 1937.

Or, ce livre réhabilite une grande dame, engagée dans la défense de la liberté face aux fascismes galopants des années trente. Elle la resitue dans ce monde ancien, où les lâchetés des grandes nations ont permis l’enchainement dramatique des pouvoirs fous d’Hitler, Mussolini et Franco dans une Europe divisée et revancharde.

A lire, parce que l’Histoire est un éternel recommencement et qu’il y aura toujours des femmes fortes pour en raconter les affres, au péril de leur vie ou de leur équilibre (voir aussi à ce sujet le livre sur Lee Miller, présenté dans les Incontournables)

Couverture du livre 'Gerda Taro: Une photographe révolutionnaire dans la guerre d'Espagne' par Irme Schaber, présentant des images en noir et blanc.

Argentique

Le PF, le minimum syndical du 110

Non, le PF ce n’est pas un nouveau parti politique, ni une abréviation bizarre …

Dans mes rayons des appareils étranges, celui-ci a toute sa place, même si elle est toute petite, vu la taille de l’engin !

Typique de la fin des années quatre-vingt, début nonante, ce « gadget », de par sa simplicité extraordinaire, va à l’essentiel de l’appareil photo car, oui, c’est un appareil photo !

Sa boite reprend le minimum syndical, intriguant plus que donnant des informations si on n’a jamais connu ce type d’appareil (oui, d’accord, ça ne rajeunit pas certains d’entre nous !)..

Et une fois l’objet sorti de ce carton, on n’est pas beaucoup plus avancé !

Un bidule en plastique – très plastoc – qui, en y regardant de plus près, semble posséder un objectif, un bouton de déclenchement et même (si, si), un viseur …

-« Heu, ok, mais et la carte, je la mets où ? »

Mais mon bon monsieur, c’est avec un film que ça fonctionne !

– » !? »

Mais oui, et c’est là le trait de génie de ce minuscule appareil photo, c’est d’avoir pris le pari que c’est le film qui va faire corps avec la chambre noire qu’est un appareil photo.

Mais pour cela, il fallait un film en cassette, étanche elle-même à la lumière.

Ils auraient pu le faire avec un film en 126, mais la taille n’aurait pas été si réduite.

Il restait alors un autre format qui, je le rappelle, existe toujours : le format 110.

Pour mémoire, les films en cartouche ont été inventé par Kodak pour répondre aux amateurs (très amateurs) qui éprouvaient des difficultés pour mettre leur film dans l’appareil.

Pourtant, ce n’est pas faute que les fabricants aient rivalisé d’ingéniosité pour leur faciliter la tâche. Citons Canon, Minolta, Fuji, Praktica, par exemple à ce sujet, mais bon …

Et donc avec cette « cassette » non seulement il ne faut plus « charger » le film d’un contenant (la cartouche) vers un récepteur (la bobine), puisque la cassette contient les deux, mais en plus, elle garde votre film dans le noir. Ce qui veut dire que si, par inadvertance, vous ouvrez votre boitier, il n’y aura que la vue engagée qui sera voilée (en théorie), le reste du négatif étant à l’abri.

Et donc, en 1963, Kodak lance la 126 pour alimenter ses appareils « Instamatic », qui auront un succès fou, pas tant pour la qualité de ces appareils mais pour leur simplicité d’utilisation.

Ensuite, en 1972, les émulsions et les supports ayant encore bien évolués, Kodak lance le format 110. La cartouche contient un film de 16mm de large, avec une seule perforation par image, pour faire avancer le film à la bonne longueur.

La particularité du film est qu’il est couché sur papier, qui est visible à l’arrière de la cartouche dans une petite fenêtre, ce qui permet de voir le numéro des vues. Ce papier assure aussi une meilleure étanchéité à la lumière lorsque la cartouche est dans l’appareil.

A la fin des 12 -20 ou 24 vues, pas besoin de rembobiner le film, il est bobiné dans la cartouche, que vous déposerez dans votre laboratoire pour développement.

Officiellement, Kodak cessa la production du film en 1994, Fuji en 2009 mais d’autres marques, dont Lomography, ont remis ce format au goût du jour.

On lui a souvent reproché un manque de qualité – bien souvent due à celles des appareils utilisés – mais ce format et les appareils associés ont fortement démocratisé la photographie « plaisir ». Rappelez-vous les pockets de chez Agfa que (presque) tous les enfants ont reçu en cadeau de communion dans les années quatre-vingt – nonante, pour leur plus grand bonheur !

Et donc, dans ce tout petit boitier, vous avez un mécanisme pour faire avancer les vues (la petite molette à gauche), un viseur dit « sportif », un déclencheur (le bouton rouge), un compteur de vues (si, si, sur le film lui-même !), un obturateur avec une vitesse unique, un objectif … bref, un vrai appareil photo ultra compact !

L’idée d’exploiter la cartouche comme corps de l’appareil repose en fait sur la capacité de celle-ci a assure une étanchéité suffisante à la lumière (papier au dos de l’émulsion) … mais nous ne sommes pas à l’abri d’une fuite car il faut que l’assemblage soit précis pour éviter, dès le départ, tout soucis.

Ces petits appareils ont été décliné en une multitude de formes, souvent en porte-clés, voire en porte-monnaie (la « fausse » cartouche de 110 étant destinée à recevoir la monnaie), sous des marques toutes plus farfelues les unes que les autres mais généralement avec une constance, celle d’être fabriqué en Chine (déjà).

Bref, ne vous attendez pas à des résultats extraordinaires mais voilà un appareil qui aura au moins le mérite de vous faire sourire …

Et s’il vous prenait des les collectionner, ils ne vous ruineront pas et, au point de vue place, ne vous submergeront pas non plus. Par contre, ça devient vite addictif …

Pour découvrir une multitude d’autres délires en 110, je vous recommande ce site : Collection G. Even

Quelques références : https://en.m.wikipedia.org/wiki/110_film, https://camerapedia.fandom.com/wiki/110_film, en anglais, https://mgroleau.com/photo/util/format.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_de_pellicule_photographique en français

Argentique

Le Pop Cam

Alors, au rayon des appareils improbables, il y a le … Pop Cam !

Soyons clairs, nous voici bien loin des appareils que je vous présente généralement, faits pour durer, solides et « sérieux ».

Celui-ci est tout plastique, un peu « cheap » (bibelot) mais tellement … amusant ! Vous ne serez donc pas étonné de le trouver dans la rubrique Lomography.

Je vous explique : ici pas de réglages fastidieux ou compliqués (ni vitesse, ni Asa, ni ouverture, ni flash, … rien !) MAIS un quadruple objectif, coloré.

Eh oui, il a beau être tout simple, il nous offre du ludique, du fun, et par les temps qui courent, c’est appréciable, non ?

Il ressemble à ces jetables des années quatre-vingt si ce n’est qu’il est réutilisable.

Au niveau commandes, rien de plus simple : une molette pour faire avancer le film, une manivelle (qui parait bien fragile) pour rembobiner au terme, un compteur de vues à retour automatique (si, si, en dessous), un viseur rudimentaire et … quatre objectifs, garnis chacun d’un filtre coloré différent (rouge, bleu, jaune, vert).

Alors, ça fonctionne comment ?

Vous mettez un film 135 dedans, refermez le dos et armez jusqu’à la première vue.

Vous visez (très approximativement) avec le viseur (comme sur les anciens folding) à cadre ouvert et vous déclenchez.

L’appareil va prendre quatre images en quatre couleurs différentes sur la même portion de film, avec un infime décalage entre chaque vue.

Plus besoin de Photoshoper vos images, elles le sont « à l’origine », avec un appareil à 10€.

Tout à fait dans l’esprit « lomography », ce petit appareil donnera des résultats étonnants, décalés et saturés en quatre couleurs.

J’ai eu beau retourner le Net en tous sens, je n’ai pas réussi à trouver la moindre info technique à son sujet.

Tout ce que je peux dire c’est que les lentilles sont en plastiques colorés, qu’il s’agit d’un fix focus ouvrant vraisemblablement entre f8 et f11 à une vitesse unique (1/100s ?)

Si j’en crois la pub trouvée à son sujet, le but est de produire des images « dignes  » du Pop Art et de ses montages aux couleurs improbables et vives.

Il n’a pas l’air bien étanche à la lumière (voyez la porte arrière, qui va recevoir un bout de gaffer) ce qui doit ajouter aux accidents déjà prévisibles, mais le but de ce type d’appareil est de laisser parler sa spontanéité et sa douce folie, alors pourquoi bouder son plaisir ?

Je ne sais plus comment j’ai obtenu celui-ci mais manifestement le produit n’existe plus (allez savoir pourquoi !) mais comme c’est du réutilisable, je vais essayer de ne pas le casser.

source : Le Mauritien

Chez Lomography, ils ont un produit similaire, le ActionSampler Clear, un Pop Cam qui a perdu ses couleurs mais vous permet de voir comment « ça fonctionne » grâce à son boitier transparent.

A défaut d’être utile, c’est amusant/instructif.

ActionSampler Clear

Toutefois les indications « techniques » sont plus précises et doivent être très proches de celles du Pop Cam :

Ouverture fixe f8
Vitesse d’obturation fixe 1/100s
Distance focale Quatre objectifs à un seul élément de 26 mm, obturateur à fonctionnement séquentiel
Zone d’exposition 36x24mm
Molette d’avance de film
Format de film 35 mm
Distance de mise au point fixe de 1,2 m à l’infini
Réinitialisation automatique du compteur d’images

Quelques références : https://www.lemauricien.com/actualites/technologie/lappareil-photo-pop-art-une-creativite-sans-limites/170329/, https://shop.lomography.com/fr/actionsampler-clear en français.

A vendre

Les appareils à vendre

Tous ces appareils sont à vendre. Certains sont sur le site 2ememain.be mais pas tous. Les prix sont toujours indiqués hors frais de port, qui varient en fonction du poids et du pays d’envoi.

A titre d’exemple, comptez 6,7€ pour un envoi en Belgique et 19€ pour la France, envoi par la Poste avec numéro de suivi national et/ou international.

Sauf mention contraire, tous les appareils sont fonctionnels, il n’y manque qu’un film pour commencer vos aventures argentiques.

Certains portent la mention Collector parce qu’ils sont des appareils qui ont placé une petite pierre dans l’histoire de la photographie et qu’ils sont parfois rares (et pour moi, ça ne veut pas forcément dire plus chers, sauf exception)

Si vous êtes intéressé, un message via le formulaire de contact et je vous réponds avec plaisir.

Les réflex

Le Yashica FR-1

Je vous ai déjà cité quelques Yashica mais il s’agissait des Electro 35, les premiers télémétriques à incorporer de l’électronique, avec des contacts dorés à l’or fin s’il vous plait !

Ce sont de superbes télémétriques, très agréables à utiliser et – mais vous connaissez ma faiblesse – magnifiques en version noires.

Cependant, aujourd’hui je vais vous présenter un réflex qui a une histoire intéressante, le Yashica FR-1

L’histoire de cette marque est compliquée mais en gros, elle commence en 1949 en s’appelant Yashima Seiki qui fabriquait des composants pour horloges électriques.

Tant qu’à fabriquer des éléments de précision, ils ont fabriqué aussi des éléments pour appareils photos et ils y ont manifestement pris goût car en 1953, ils présentent leur premier appareil, le Yashimaflex, un boitier double objectifs (dit TLR pour twin lens reflex) en moyen format 6×6.

Quelques changements de noms plus tard et après avoir établi une collaboration étroite avec une société d’optique (pour la fabrication de ses objectifs), en 1957, la firme fonde une filiale aux USA (New York), la Yashica Inc destinée à l’exportation de ses produits dans le pays. C’est encore à cette époque qu’ils présentent le Yashica Mat, un TLR en 6×6 qui aura une longue descendance.

Enfin, en 1958, le nom de Yashica Company Ltd remplace définitivement Yashima. Et en passant, la société rachète la firme Nicca, un fabricant de télémétriques, initialement copies de Leica, mais qui fit avancer le concept et allait donner l’occasion à Yashica de se lancer dans le télémétrique efficace.

Mais en 1959, ils sortent le Yashica Pentamatic, leur premier reflex à objectif unique, déjà pourvu d’une baïonnette propriétaire, d’un diaphragme automatique (avec un seul objectif, mais bon), et une gamme d’optiques interchangeables.

En 1962, conscients que leur monture propriétaire est un frein à leur développement, ils adoptent la monture Contax/Praktica M42. Leur nouvel appareil s’appelle Penta J.

Décembre 1965 verra l’apparition du premier télémétrique à commande électronique du monde, l’Electro 35, qui sera décliné en plusieurs variantes pour arriver au chiffre extraordinaire de 8 millions d’exemplaires vendus.

Yashica se portait bien et il alla même jusqu’à racheter son fabricant d’optique, réputé pour être le meilleur du Japon. Cet achat, combiné à l’essor des appareils, dont les TLR Mat et les reflex en 35mm allait faire reconnaître Yashica comme un fabriquant de qualité pour sa maitrise de l’électronique et la qualité de ses optiques.

En 1968, ils présentaient le Yashica TL Electro -X en 35mm : cet appareil, produit jusqu’en 1974, proposait une monture M42, une cellule TTL (à travers l’objectif) entièrement électronique, qui utilisait des flèches lumineuses (les premières LED sont apparues sur le Fujica ST 801), un obturateur Copal à plan focal vertical contrôle électroniquement.

Suivra ensuite un TL Electro 35, très similaire au Pentax Spotmatic mais utilisant un affichage de mesure éclairé similaire à celui du TL Electro X, toujours avec la monture en M42.

La réputation de Yashica a fait qu’ils ont pu commencer une collaboration avec Carl Zeiss, caché sous le nom de code « Top Secret Project 130 » pour produire un nouveau reflex professionnel avec un obturateur commandé électroniquement.

Ce sera le Contax RTS (Real Time System) qui bénéficiera d’une nouvelle gamme d’optiques de prestige, signée Carl Zeiss avec une nouvelle monture à baïonnette dite C/Y (Contax/Yashica), qui permettra de monter ces optiques tant sur la gamme Contax (haut de gamme) que Yashica.

C’est le bureau F. Alexander Porsche qui fut appelé pour le nouveau design du Contax RTS.

Finalement, le Contax RTS fut présenté à la Photokina de 1974 et il deviendra un immense succès commercial. Sur cette vague, Yashica a présenté plusieurs reflex : le FX-1 (1975), le FX-2 (1976) et le haut de gamme FR, qui utilisait certaines des fonctions du RTS, comme son déclencheur électro magnétique, sa monture acceptant les objectifs Carl Zeiss.

De fait, Yashica proposera pendant 10 ans des reflex qui suivent les évolutions de Contax, en étant certes un peu moins sophistiqués mais toujours de grande qualité, parfois plus solides.

C’est dans cette idée que sort, en avril 1977, le FR-1 (qui sera suivi par un FR-II).

Et donc ce Yashica FR-1 sera même plus performant que le Contax RTS (plus ancien il est vrai) car il propose un obturateur électronique avec modes manuel et priorité à l’ouverture. Là, Yashica sera l’égal de Nikon, Canon et Minolta sur le marché des reflex professionnels. Il sera produit de 1977 jusqu’en 1981.

Que nous propose t’il donc, ce Yashica FR-1 ?

  • la monture C/Y qui permet de monter les objectifs Carl Zeiss (très chères) ou les Yashica excellentes et (un peu) plus abordables mais tout aussi réputées
  • l’obturateur à commande électronique du RTS, offrant des vitesses de 1s à 1/1000s plus pause B
  • deux modes d’exposition (manuel et priorité ouverture)
  • avec le testeur de profondeur de champ
  • un retardateur électronique (7s, il faudra courir un peu !)
  • les informations d’exposition visibles dans le viseur.
  • une cellule à 2 photodiodes au silicium, sensible de 12 à 3200 Asa)
  • la compatibilité avec certains accessoires Contax (le moteur p. ex.)
  • le miroir très silencieux du RTS
  • sa télécommande électrique
  • possibilité d’expositions multiples

Que dire encore ? Le contrôle de l’exposition est confié à deux cellules TTL au centre du viseur, dans lequel apparaissent la vitesse choisie et l’ouverture de l’objectif. Ce sont des DEL rouges ou vertes qui indiquent si l’exposition est correcte.

L’appareil que j’ai reçu est en très bel état. Quoique je vais devoir changer les mousses du miroir et du dos, mais à cet âge-là, c’est plus que normal.

C’est un beau boitier, et vous connaissez ma faiblesse pour les boitiers en noir. Comparé au Contax, finalement son demi-frère, il n’a aucune raison de rougir. Des nombreux articles que j’ai lu pour vous proposer celui-ci, il ressort que bien souvent le Yashica était même mieux fini, plus étanche au poussières que le Contax et moins sensible aux conditions extrêmes..

C’est le paradoxe de Toyota et Lexus, Citroën et DS, … c’est le même fabriquant, les mêmes composants, avec pour les seconds « un petit quelque chose en plus » mais qui ne renie en rien la qualité des premiers qui sont souvent plus rustiques et robustes..

Sans pile (6v), l’appareil ne fonctionne pas, son obturateur étant géré électroniquement. Mais vous pouvez en contrôler le niveau par un petit bouton située à gauche, sur le capot.

Son automatisme est facile à régler et la qualité de sa cellule, alliée à la précision de l’obturateur, vous donnera toujours entière satisfaction (pour rappel, priorité ouverture), mais vous pourrez toujours basculer en mode manuel (un M lumineux apparaît alors dans le viseur) en gardant l’aide de la cellule (via le bouton de contrôle de l’exposition).

Une particularité intéressante est ce bouton du contrôle d’exposition (à l’arrière, sur l’arrête du capot) qui permet la lecture immédiate de l’exposition mais qui peut aussi être verrouillé pour des lectures d’expositions plus longues. Ceci dit, n’oubliez pas de le déverrouiller ensuite pour économiser la pile.

Le bouton de correction d’exposition peut déconcerter mais finalement c’est assez simple (surtout quand on a lu le monde d’emploi) :

  • le réglage 2 double la quantité de lumière atteignant le film (une vitesse d’obturation de 1/250s sera automatiquement abaissée à 1/125s)
  • le réglage 4 quadruple cette quantité de lumière (la vitesse de 1/250s deviendra automatiquement 1/60s)
  • le réglage 1/2 réduit la quantité de lumière de moitié (une vitesse de 1/250s deviendra 1/500s)
  • le réglage 1/4 réduit cette quantité d’un quart (une vitesse de 1:250s deviendra 1/1000s)

Vous pourrez toujours utiliser un flash Contax RTF 540, qui sera parfaitement synchronisé avec le boitier. Et si vous avez la chance de trouver des optiques Carl Zeiss T à prix raisonnable, vous pouvez les monter sur le Yashica FR-1, qui donnera le meilleur de lui-même.

En résumé, un très bel appareil, moins couru que son demi-frère mais tout aussi bon, surtout que les « spécialistes » se tourneront vers le FR, vous laissant ainsi faire de bonnes affaires en achetant le FR-1.

Son prix ? Comptez 50€ pour un boitier nu et avec un peu de chance, moins de 80€ avec une optique Yashica ou tierce.

A ce tarif là, ne le laissez pas passer, c’est un excellent boitier !

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335523440.jpg
source : Collection -appareils, Grenier-Natkin 1979.

Petite video d’illustration

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_FR_I, http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_FR_I, en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2278, https://fr.wikipedia.org/wiki/Yashica, https://fr.qaz.wiki/wiki/Yashica en français