Décidément, la logique de Minolta a des logiques que la raison ignore … à bon droit, vous pourriez penser (comme moi) que le Minolta SR-1 est le premier d’une série…

Que nenni, se serait trop simple voyons, car en fait, le premier fut le SR-2, lancé en 1958, soit un an avant celui-ci.

Est-ce que parce qu’ils sont encore marqués Chiyoda Kogaku en plus du nom ? De fait, le nom Minolta ne fut le nom générique de la marque qu’en 1962.

Finalement, le Minolta SR-1 est un SR-2 pour petit budget et donc on lui a sucré quelques fonctions, comme par exemple la vitesse d’obturation qui passe de 1/1000s à 1/500s et un objectif en dotation plus lent (un Auto Rokkor PF f2)

Plusieurs versions du SR-1 ont suivi. Celui que je vous présente date de 1961. On le reconnait au support en alu fixé sur la face avant et de ce fait, le nom du modèle est déplacé vers la gauche.

Cet appendice a été ajouté pour permettre de fixer un posemètre externe au sélénium car l’appareil n’en possède pas d’origine. C’est un « antique » tout manuel, sans cellule.

Minolta SR-1
source : Collection-appareils.fr; voici à quoi ressemble l’appareil avec son photomètre ajouté

D’autres petites modifications avaient été apportées au premier modèle, comme le cadran des vitesses qui ne devait plus être soulevé et tourné. Ensuite, une petite broche en saillie a été ajoutée au cadran pour s’accrocher au posemètre. Lorsque la vitesse du film et une vitesse d’obturation appropriée sont réglées, l’appareil de mesure affiche directement sur son échelle l’ouverture recommandée, qui doit être réglée sur la bague d’ouverture de l’objectif.

Autre petite particularité, une mini baïonnette apparait sur l’œilleton, pour pouvoir y accrocher des accessoires de visée dédiés (p. ex. un viseur à angle droit).

L’obturateur est en toile à défilement horizontal et il donne les vitesses de 1s à 1/500s, plus pause B. Un X rouge indique la vitesse de synchronisation du flash, entre les chiffres 30 et 60. Sur le côté gauche du fut porte objectif il y a deux prises pour les flashs de type X ou FP (ampoule).

Sur l’arrière, un disque mémo vous permet de vous souvenir du type de film chargé.

Après le déclenchement, le diaphragme reste à ouverture réelle, la présélection ne reviendra qu’après le réarmement, grâce au petit ergot qui la règle.

Ceci étant, comme son grand frère, il possède un miroir à retour instantané, chose rare pour l’époque sur un reflex, surtout « entrée de gamme ». Rappelez-vous le Zeiss Ikon Contaflex Super que je vous présentais il y a peu, il n’en est pas pourvu.

Autre remarque à propos de cet appareil, il utilise la baïonnette dite SR qui équipe les premiers reflex de la marque. En théorie (comme chez Nikon), il est possible d’utiliser toutes les anciennes montures sur les différents reflex qui viendront ensuite, mais parfois au prix de la perte de certaines fonctions (comme les diaphragmes automatiques). Mais parler des montures nous entrainerait très loin. Voyez ce lien si vous désirez en savoir plus.

Que retenir de cet appareil ?

Ses caractéristiques techniques sont encore « rudimentaires » même s’il bénéficie déjà d’un miroir à retour instantané. Hormis cela et sauf si vous y ajoutez une cellule externe, il n’y en a pas et elle ne sera pas couplée.

Ce fut pourtant un appareil qui eut du succès car il était solide, agréable à tenir en mains, fiable et pour l’époque abordable. Il fut produit, avec quelques évolutions, de 1958 à 1967, une belle longévité.

Vous l’aurez remarqué, une pastille rouge sur l’exemplaire que je vous présente signifie cependant que celui-ci est HS (hors service). Bon, il a quand même 63 ans et je ne sais combien de personnes ont pu le manipuler, ni avec quelle délicatesse …

Je n’ai pas la capacité de réparer ces mouvements, très précis. Je le remettrai en vente « pour pièces » ou pour un bricoleur patient et équipé qui pourra lui redonner vie.

En résumé, l’appareil est typique des réflex de l’époque, tout en métal, bien dessiné, mais dépouillé des fonctions auxquelles les appareils des années suivantes nous ont habitué. En soi ce n’est pas grave mais il faut, par exemple, toujours penser à avoir une cellule à main avec soi, et savoir s’en servir …

Un boitier pour esthète ou collectionneur qui le garde en vitrine.

Si vous en trouviez un en bon état, vous devriez le négocier autour des 20€ maximum (boitier nu) du fait de sa simplicité, sauf si vous cherchez l’exemplaire particulier mais là, c’est de la collection et ce n’est pas mon domaine.

Une vieille publicité

https://i0.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1283809039.jpg?w=616
source : Collection-appareils.fr, publicité Wards de 1962

Une petite video de présentation

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_SR-1, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_SR-1, https://flynngraphics.ca/sr-1/ en anglais, https://fr.wikipedia.org/wiki/Monture_Minolta_SR, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11508, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10284, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12658 en français