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Le Vivitar Série 1 470 PZ

Ah, vous avouerais-je que cet appareil, j’ai failli le laisser dans la caisse « à brol » dans laquelle il croupissait ?

Heu … pour ceux qui ne sont pas habitué aux belgicismes, « brol » veut dire bric à brac, ensemble de choses dépareillées, vieux trucs entassés, … vous voyez l’esprit ?

Bref, si je me suis finalement décidé à l’extirper de cette caisse c’est parce que c’était l’occasion de vous parler de cette marque autrefois bien connue des amateurs de photographie.

Alors allons-y … il était une fois deux immigrés allemands, qui avaient choisi l’Amérique pour fuir un horrible petit moustachu arrivé au pouvoir dans leur pays.

C’est à Santa Monica (Californie) que les deux compères ont commencé en tant que distributeurs de produits photographiques, en 1938. Ils créèrent la Ponder & Best Inc. ( Max Ponder et John C. Best).

Comme beaucoup d’histoires folles, Best rédigeait les factures sur la banquette arrière de leur Oldsmobile tandis que Ponder vendait leur matériel, qu’il puisait dans le coffre de la même voiture !

Ponder & Best ont entretenu des relations commerciales avec les principaux fabricants de l’époque, notamment Mamyia, Olympus, Rollei, Voigtländer, Petri, etc. devenant les distributeurs américains des entreprises au Japon et en Allemagne.

Mais en 1964, ayant perdu les droits de distribution de Rollei et Olympus, ils décident de créer leur propre marque et de re badger les équipements qu’ils vendent.

C’est ainsi que nait le nom Vivitar, leur marque, déposée en 1965.

Ils vendront essentiellement des objectifs sous ce nom, dont les fameux « série 1 » qui désignaient leur haut de gamme. Les années soixante à septante seront les années de succès, dues à leur stratégie de fournir des objectifs de qualité pour les appareils reflex à des prix moindres que ceux des fabricants.

Souvenez-vous, leur façon de faire était d’acheter du matériel chez d’autres, qu’ils rebaptisaient Vivitar, en ce compris donc les objectifs qui faisaient leur force. Mais au début des années septante, le duo décide de créer leurs propres objectifs de qualité, en sous traitant la fabrication des lentilles mais en les assemblant selon leur propre conception et spécifications. Cette nouvelle série porteront les verres Vivitar Série 1.

Les personnes dont ils se sont entouré étaient des « pointures », un certain Betensky notamment, qui est à l’origine d’idées nouvelles qui permettaient des mises au point rapprochées qui dépassaient de loin les conceptions des autres objectifs de l’époque

Finalement, Vivitar, devenue Vivitar Corp en 1979 était devenue une entreprise multinationale tant pour la fabrication que pour la commercialisation, avec des filiales au Japon, en Allemagne de l’Ouest, en France, au Canada, au Angleterre, en Belgique et en Suisse.

Parfois à grandir très vite et à devoir adopter des méthodes de travail qui externalise des secrets de fabrication, on s’expose à la contre façon, au détournement ou au vol pur et simple de ces secrets. C’est qui arriva à Vivitar.

Copié, volé et après avoir perdu quelques procès pour d’obscures raisons des lois américaines, Vivitar, qui commençait à perdre de l’argent, est racheté par le groupe Hanimex (1985), société australienne, un autre grand distributeur de produits photographiques.

La situation financière s’étant améliorée, les études pouvaient reprendre et Vivitar introduit des objectifs autofocus autonomes (alimenté par batteries) pour les montures Canon Fd, Pentax K, Nikon AI-S et quelques autres.

Las, fin des années quatre-vingt, Vivitar et Hanimex sont revendus à la société britannique Gestetner PLC (détenue par Ricoh – vous vous souvenez des photocopieurs Gestetner ?).

Vivitar abandonne peu à peu la fabrication des objectifs pour se tourner vers celle des flashs haut de gamme et des appareils photo.

En 1994, un tremblement de terre à Northridge endommage les installations principales de Vivitar, détruisant d’importants stocks de marchandises, ce qui précipite encore un peu plus la disparition des objectifs Série 1, entre temps repris par Gestetner.

De rachat en revente, Vivitar passait de la fabrication d’objectif haut de gamme à celle d’accessoires et même à celle d’appareils compacts. Elle a même tutoyé le numérique.

Mais en 2008, après un ultime rachat, les stocks et actifs de Vivitar étaient vendus en ligne, signant la fin de la société, septante ans après sa création.

Toutefois, le nom existe toujours, utilisé pour la commercialisation de matériel photographique

Encore une histoire peu commune, non ?

Mais revenons à notre Vivitar Série 1 470 PZ, pour Power Zoom.

Il fut présenté à la PMA de Las Vegas en 1992 où Vivitar offrait une profusion d’appareils photo, objectifs, jumelles et accessoires divers.

Deux appareils en fait retenaient l’attention, le 440 PZ et le 470 PZ, des quasi-jumeaux qui possèdent, entre autres caractéristiques, un flash possédant le « mode musée » (c.-à-d. un flash off), un mode automatique (qui ne s’active qu’en fonction du contexte de la photo), un mode fill-in, et l’auto focus, dans son mode paysage, permet le blocage sur l’infini. Ils possèdent encore un retardateur et un zoom 38 – 70 mm.

En fait c’est un appareil bien dans la veine de ses concurrents de la même époque : exposition, flash, mise au point, avance et rembobinage automatiques. Avec un excellent zoom assez passe-partout par ses focales étendues.

Léger, pas vraiment compact, il fonctionne avec une pile CR123. Il a été pensé pour être simple d’utilisation : vous mettez un film dedans, dont il lit le codage DX pour régler sa cellule, vous visez et il fait le reste sans que vous ayez à intervenir.

Son viseur est clair, sans surprise, avec un cadre qui suit les mouvements du zoom, avec indication de correction pour la parallaxe en cas de vue rapprochée mais sans aucune indication ni de vitesse ni d’ouverture choisie par le boitier.

Son déclencheur est très doux, le moteur pas vraiment bruyant et ses automatismes assez pertinents, y compris pour le flash, que vous pourrez toujours débrayer … dans les musées !

Si comme moi vous en trouvez un en brocante, prenez le avec vous, ce n’est pas son prix qui devrait vous effrayer : 15€ maximum s’il est fourni avec sa dragonne et son étui marqué d’un beau Série 1 en rouge sur fond noir.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Vivitar_440pz.html, https://www.fstopcameras.com/pointandshoot/vivitar-point-and-shoot-35mm-film-camera-2nax3,http://camera-wiki.org/wiki/Vivitar en anglais, https://en.silvervintageshop.fr/product-page/vivitar-series-1-450pz-zoom, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2066-Vivitar_Series%201%20440%20PZ.html en français

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